en-fr  THREE MEN IN A BOAT by JEROME K. JEROME. CHAPTER XI. Medium
CHAPITRE XI

Le lendemain, je me suis réveillé à six heures et George l'était aussi. Nous nous sommes tournés et retournés pour essayer de nous rendormir mais sans y parvenir. S'il y avait eu une raison particulière pour laquelle nous n'aurions pas dû nous rendormir mais nous lever et nous habiller à ce moment-là, nous nous serions affalés en regardant nos montres et aurions dormi jusqu'à dix heures. Comme il n’y avait aucune nécessité pour que nous nous levions avant deux heures au moins et que nous lever à cette heure-ci serait une absurdité totale, c’est seulement en accord avec le pur esprit de contradiction général que nous avons tous deux eu le sentiment que rester couchés cinq minutes de plus serait fatal pour nous.
George a dit que le même genre de chose, en bien pire, lui était arrivé il y a quelque dix-huit mois, alors qu'il logeait seul chez une certaine Mme Gippings. Il a dit que sa montre s'était mise à dérailler un soir et s'était arrêtée à huit heures et quart. Il ne s'en était pas rendu compte sur le moment parce que, pour une raison ou une autre, il avait oublié de la remonter en se couchant (événement inhabituel chez lui) et l'avait suspendue au-dessus de son oreiller sans y faire attention.
C'est arrivé pendant l'hiver, presque le jour le plus court, une semaine de brouillard par dessus le marché, aussi, le fait qu'il fasse encore très sombre lorsque George se leva ce matin-là, ne lui fut d'aucune aide pour connaître l'heure. Il leva le bras et regarda sa montre. Il était huit heures et quart.
— Que les anges et tous les saints du Paradis nous protègent, s'écria George et dire que je devais être en ville à neuf heures. Pourquoi personne ne m'a appelé ? Oh, quelle honte ! Et il jeta la montre à terre, sauta hors du lit, prit un bain froid, se lava, s'habilla, se rasa à l'eau froide, car il n'avait pas le temps de la faire chauffer, et , jetant un dernier regard au réveil, il se précipita.
Que ce soit le choc qu'elle avait reçu quand il l'avait jetée sur le lit ou non, George ne put l'affirmer, mais il était certain que sa montre avait recommencé à fonctionner à partir de huit heures et quart et indiquait maintenant neuf heures moins vingt.
George la ramassa et dévala l'escalier. Au salon, tout était sombre et silencieux : il n'y avait ni feu ni petit déjeuner. George a dit que c'était vraiment honteux de la part de Mme G. et il a décidé qu'il lui dirait ses quatre vérités en rentrant ce soir. Puis il s'est rué vers son manteau et son chapeau et, saisissant son parapluie, il s'est dirigé vers la porte d'entrée. La porte n'était même pas déverrouillée. George maudit cette vieille et paresseuse Mme G. et trouva très étrange que les gens ne puissent se lever à une heure décente, il déverrouilla la porte et sortit précipitamment.
Il a couru de toutes ses forces un quart de mile et au bout de cette distance, une chose étrange et curieuse a commencé à germer dans son esprit : pourquoi y avait-il si peu de monde et qu'aucun magasin n'était ouvert ? Cette matinée était effectivement très sombre et brumeuse mais cela semblait inouï que ce fût au point de stopper toute activité. Il devait se rendre à son travail. Pourquoi les autres resteraient-ils au lit sous prétexte qu'il faisait sombre et brumeux.
Finalement, il arriva à Holborn. Pas un seul volet n'était ouvert ! pas un bus dans les parages ! Il vit trois hommes, l'un était un policier, l'autre poussait une charrette pleine de choux et le troisième conduisait une calèche délabrée. George sortit sa montre et regarda l'heure : il était neuf heures moins cinq ! Il s'arrêta et prit son pouls. Il se baissa et se tâta les jambes. Puis, tenant toujours sa montre à la main, il se dirigea vers le policier et lui demanda s'il pouvait lui dire quelle heure il était.
— Quelle heure il est ? répondit l'homme en lui jetant un regard plein de suspicion, Eh bien, si vous tendez l'oreille vous allez entendre l'heure sonner.
George tendit l'oreille et une horloge à proximité lui apporta très rapidement la réponse.
— Mais elle n'a sonné que trois coups ! s'exclama George scandalisé, après le dernier coup.
— Eh bien, vous en espériez combien ? répondit l'agent.
Mais neuf, dit George en brandissant sa montre.
— Vous savez où vous habitez ? s'enquit d'un air sévère le gardien de l'ordre public.
George réfléchit et donna l'adresse.
— Oh ! c'est là où vous habitez, sûr ? a répondu l'homme ; eh bien, suivez mon conseil, rentrez tranquillement et reprenez votre montre avec vous ; et n'en faites pas davantage.
Et George a fait demi-tour, a marché tout songeur et est rentré chez lui.
Au début, quand il est entré, il a décidé de se déshabiller et de se recoucher ; mais quand il a pensé qu'il lui faudrait se rhabiller, faire de nouveau sa toilette, prendre un autre bain, il a décidé qu'il ne le ferait pas, mais qu'il s'installerait et s'endormirait dans le fauteuil.
Mais il n'arrivait pas à s'endormir : il ne s'était jamais senti plus éveillé de sa vie ; il a allumé la lampe, a sorti l'échiquier et a fait une partie contre lui-même. Mais même cela l'a ennuyé vite, c'était trop lent ; alors il a abandonné les échecs et essayé de lire. Il ne fut pas plus capable de trouver quelque intérêt à son livre, alors il a remis son manteau et est parti se promener.
Ce fut une promenade terriblement solitaire et morne, et tous les policiers qu’il rencontrait le considéraient avec une suspicion non dissimulée, tournaient leurs lanternes vers lui et le suivaient, cela eut un tel effet sur lui qu'il commença à sentir comme s’il avait réellement fait quelque chose et il commença à glisser dans les rues et à se cacher dans des entrées sombres quand il entendait les pas d'un représentant de l'ordre se rapprocher.
Bien sûr, cette conduite rendit les policiers plus méfiants que jamais, ils vinrent le dénicher et lui demandèrent ce qu’il faisait là-bas ; et quand il répondit : « Rien », qu'il était simplement sorti pour une promenade (il était alors quatre heures du matin), ils eurent l'air de ne pas le croire et deux agents de police en civil le raccompagnèrent chez lui pour voir s'il vivait vraiment là où il avait dit. Ils l'ont vu entrer avec sa clé, puis ils ont pris position en face et ont surveillé la maison.
Il pensait qu'il allait allumer le feu en entrant et se préparerait un petit déjeuner, juste pour passer le temps ; mais il ne semblait pas capable de toucher à quoi que ce soit, de la pelletée de charbon à la cuillerée à thé, sans le faire tomber ou s'empêtrer dedans et en faisant un tel bruit qu'il craignait mortellement de réveiller Mme G. et qu'elle croie que c'étaient des cambrioleurs, ouvre sa fenêtre et hurle « Police ! », et que ces deux agents ne se précipitent pour le menotter et le conduire au commissariat.
Il était dans un tel état psychique à ce moment-là qu'il se figurait devant un tribunal, tentant d'expliquer les circonstances au jury sans que personne ne le croie, se voyait condamné à une peine de vingt ans d'emprisonnement et imaginait que sa mère en mourrait, le cœur brisé. Alors il renonça à essayer de prendre un petit déjeuner, il s'enveloppa dans son pardessus et s'assit dans le fauteuil jusqu'à ce que Mme G. descende à sept heures et demie.
Il a dit qu'il ne s'était plus jamais levé en avance depuis ce matin-là : ça lui avait servi de leçon.
Nous étions assis, blottis dans nos couvertures, pendant que George m'avait raconté cette authentique histoire et, quand il a eu fini, je me suis donné la mission de réveiller Harris du bout de mon aviron. Le troisième coup d'aiguillon fut le bon : il s'est retourné de l'autre côté, il a dit qu'il se lèverait dans une minute, et qu'il allait lacer ses bottines. Nous lui avons rapidement rappelé où il se trouvait, à l'aide de la gaffe, il s'est alors soudainement redressé, envoyant Montmorency, qui s'était endormi sur sa poitrine, valdinguer à l'autre bout du bateau.
Puis nous avons relevé la bâche, avons tous les quatre passé la tête par-dessus bord, et avons regardé l'eau en frissonnant. L'idée, hier soir, était de nous lever tôt ce matin, de rejeter nos couvertures et nos châles, et après avoir repoussé la bâche, de sauter dans la rivière en poussant des cris joyeux et de nous régaler d'une longue et délicieuse baignade. Curieusement, maintenant que ce moment était arrivé, l'idée semblait moins tentante. L'eau semblait peu engageante et frisquette, le vent était glacial.
— Eh bien, qui y va en premier ? finit par demander Harris.
On ne se bousculait pas. George régla la question en rentrant dans la cabine et en enfilant ses chaussettes. Montmorency poussa un hurlement involontaire, comme si le simple fait de penser à la chose lui faisait horreur, Harris dit qu'il serait très difficile de remonter sur le bateau et il s'en alla à la recherche de son pantalon.
Je n'avais pas totalement envie de renoncer bien qu'un plongeon ne me tentait pas vraiment. Il pourrait y avoir des morceaux de bois ou des algues, me disais-je. J'avais l'intention de trouver un compromis en allant au bord de la rivière et en m'aspergeant d'eau ; j'ai donc pris une serviette et suis descendu sur la berge, puis je me suis faufilé jusqu'à la branche d'un arbre qui s’enfonçait dans l'eau.
Il faisait un froid mordant. Le vent était cinglant. Finalement, j'ai décidé que ce n'était pas le moment de faire mes ablutions. J'allais retourner dans le bateau et m'habiller ; j'ai fait volte-face, mais, ce faisant, cette imbécile de branche a cédé, et moi et la serviette sommes tombés ensemble dans une énorme éclaboussure ; je me suis retrouvé au milieu de la flotte avec un gallon d'eau de la Tamise dans les poumons avant même de réaliser ce qui s'était passé.
« Par Neptune ! ce vieux Jéjé y est allé , ai-je entendu Harris dire au moment où je refaisais surface. Je n'aurais pas cru qu'il ait eu le cran de le faire. Et toi ?
— Tout baigne ? a brait George.
— Elle est super bonne, ai-je crachoté. Vous avez tort de ne pas en profiter. Je n'aurais voulu manquer ça pour rien au monde. Pourquoi vous n'essayez pas ? Il suffit d'un rien.
Mais je n'ai pas pu les convaincre.
Une chose assez amusante m'est arrivée ce matin en m'habillant. J'étais transi lorsque je suis remonté dans le bateau, et dans ma précipitation pour enfiler ma chemise, je l'ai accidentellement envoyée à la flotte. Cela m'a mis en rage, surtout quand George a éclaté de rire. Je ne voyais pas là matière à rire, je l'ai dit à George et il a ri de plus belle. Je n'ai jamais vu quelqu'un rire à ce point. J'ai fini par perdre mon sang-froid, et je lui ai fait remarquer qu'il était le dernier des crétins, mais ça l'a rendu encore plus hilare. Et puis, au moment où j'attrapais la chemise, je me suis rendu compte que ce n'était pas du tout ma chemise, mais celle de George, que j'avais prise pour la mienne, alors le comique de la chose m'est soudainement apparu et je me suis mis à rire. Et plus j’ai regardé, de la chemise mouillée de George à George, éclatant de rire, plus je me suis amusé, et j’ai tellement ri que je devais la laisser retomber dans l’eau.
— Ne vas-tu pas… tu ne vas pas le faire sortir ? dit George, entre deux hurlements.
Je ne pouvais pas lui répondre sur le moment, tellement je riais, mais, entre deux éclats de rire j'ai réussi crier : — Ce n'est ma chemise, c’est la tienne !
De toute ma vie, je n'ai jamais vu un visage humain passer de la gaîté à la gravité aussi soudainement.
— Quoi ! cria-t-il en sautant. Toi, sale con ! Tu ne peux pas faire attention ? Pourquoi diable ne vas-tu pas t'habiller sur la rive ? Tu es incapable de te tenir sur un bateau, vraiment. Donne-moi la gaffe.
J'ai essayé de lui faire voir le comique de la chose, mais il ne pouvait pas. George est parfois très bouché en voyant une blague.
Harris nous a proposé des œufs brouillés pour le petit déjeuner. Il a dit qu'il allait les faire cuire. Il semblait, selon lui, qu'il ait été très fort pour préparer des œufs brouillés. Il en faisait souvent pour les pique-niques et pour les sorties en bateau. Il était vraiment bon pour ça. Ceux qui avaient goûté à ses œufs brouillés, d'après ce que nous avions pu déduire de ses dires, n'avaient plus apprécié aucune nourriture après cela, et se laissaient dépérir et mourir s'ils ne pouvaient en avoir.
Il nous a fait saliver à l'entendre parler de tout ça, et nous lui avons passé le réchaud , la poêle à frire et tous les œufs qui n'avaient pas été cassés et balancés en vrac dans le panier, et nous lui avons demandé de commencer.
Il a eu quelque soucis pour casser ses œufs— ou plus exactement, moins pour les casser que pour les mettre dans la poêle une fois cassés, sauver son pantalon et les empêcher de couler dans sa manche. Mais il a fini par en mettre une demi-douzaine dans la poêle, s'est assis à côté et les a battus à la fourchette.
Ça nous a semblé un travail harassant, pour autant que George et moi avons pu en juger. Il se brûlait chaque fois qu'il s'approchait de la poêle, il laissait tout tomber et dansait sur place autour du réchaud, secouant les doigts et en pestant sur tout. En effet, chaque fois que George ou moi regardions vers lui, on pouvait être sûr qu'il exécutait son numéro. Au début, nous avons pensé que cela faisait partie de la recette.
Nous ne savions pas ce qu'étaient des œufs brouillés, et nous imaginions une sorte de plat des peaux-rouges ou des Iles Sandwich à l'origine qui nécessitait des danses et des incantations pour réaliser la recette. Montmorency vint mettre son museau dessus, le gras a sauté en le brûlant , il se mit alors à danser en jappant.. Au total, ce fut une des opérations les plus intéressantes et amusantes à laquelle il m'ait été donné d'assister. George et moi avons vraiment été déçus qu'elle se soit terminée.
Le résultat n'a pas été exactement le succès escompté par Harris. Ça paraissait bien peu par rapport au travail fourni. On avait mis six œufs dans la poêle, et il n'en était ressorti rien d'autre qu'une cuiller à café d'une chose brûlée et peu ragoûtante.
Harris a dit que c'était à cause de la poêle, et il pensait que c'eut été bien meilleur si nous avions eu une poissonnière avec une gazinière; aussi avons-nous décidé de ne pas retenter la recette de ce plat avant d'avoir récupéré ces instruments domestiques.
À la fin du petit déjeuner, le soleil était devenu plus puissant et le vent était tombé. Le matin était aussi beau que l'on pouvait désirer. On voyait peu de choses nous rappelant le XIXe siècle ; et, alors que nous regardions la rivière dans le soleil du matin, nous pouvions presque imaginer que les siècles qui nous séparaient de ce matin du juin 1515, devenu célèbre pour toujours, avaient été effacés et que nous, fils de chevaliers paysans dans des vêtements de toile grossière, une dague à la ceinture, attendions d'assister à l'écriture de cette page époustouflante d'histoire, dont le sens allait être traduit aux gens du peuple environ quatre cents ans plus tard par un certain Oliver Cromwell, qui l'avait profondément étudiée.
C'est un beau matin d'été, ensoleillé, doux et immobile. Mais dans les airs, on sent palpiter comme un frisson d'agitation. Le roi Jean a dormi à Duncroft Hall, et la veille, la petite ville de Staines a retenti du tintement des hommes d'armes, du martèlement des grands chevaux sur ses pavés rugueux, des cris des capitaines, des sinistres jurons d'archers barbus, des messagers, des piquiers et des lanciers mercenaires au langage étrange.
Les compagnies de chevaliers et de châtelains aux masques empanachés y ont chevauché salis par le voyage et la poussière. Et tout au long de la soirée, les portes des timides citadins s'ouvrent sans hésitation pour laisser entrer des groupes de soldats, pour lesquels il faut trouver pension et hébergement, et le meilleur de chaque, ou malheur à la maisonnée et à tout ce qui s'y trouve ; car, en ces temps tumultueux, l'épée est juge et jury, plaignante et bourreau, et paie pour ce qu'elle prend en épargnant ceux à qui elle le prend, s'il lui plaît d'agir ainsi.
Autour du feu de camp de la place du marché, de plus en plus de soldats des barons se rassemblent, mangeant et buvant sans retenue, éructant des chansons à boire, jouant aux dés et se querellant à mesure de l'avancée de la soirée et de sa poursuite tard en avant. Les lueurs du foyer jettent des ombres pittoresques sur leurs armes enchevêtrées aux silhouettes grossières. Les enfants de la ville tournent autour d'eux et les regardent, émerveillés, les jeunes et robustes paysannes, hilares, s'approchent de la taverne et plaisantent avec les soldats qui se pavanent, au contraire des jeunes prétendants du village qui, se sentant méprisés, se tiennent à l'écart, un sourire vide accroché à leur visage large et rougeaud. Et dans les champs environnants scintillent les faibles lumières des camps plus éloignés. Ici se rassemblent les disciples d'un grand seigneur, et là, les mercenaires français de Jean le traitre rôdent comme des loups à l'extérieur de la ville.
Ainsi, avec des sentinelles dans chaque rue sombre et des feux de bivouac scintillant sur chaque hauteur, la nuit s'est dissipée, et sur cette belle vallée de la vieille Tamise, le matin s'est levé sur ce grand jour dont l'issue déterminera le destin des siècles à venir.
Depuis que l'aube grise s'est levée, dans la partie basse des deux îles, juste au-dessus de l'endroit où nous nous trouvons, on entend de grandes clameurs et le son de l'activité de nombreux ouvriers. Le grand pavillon apporté là-bas hier soir est érigé et les menuisiers s'activent à clouer des rangées de sièges, tandis que les apprentis de la ville de Londres sont là avec des étoffes et des soieries multicolores, des toiles d’or et d’argent.
Et maintenant, regardez ! Depuis la route qui serpente le long de la rivière à partir de Staines, une demi-douzaine de vigoureux hallebardiers, à la solde des barons, ceux-là, riant et discutant de leur voix gutturale, montent et s'arrêtent à une centaine de mètres au-dessus de nous, sur l'autre rive, où ils reposent leurs armes et attendent.
Et ainsi, heure après heure, de nouveaux groupes, de nouvelles bandes d'hommes armés marchent le long de la route, leurs casques et leurs cuirasses reflètent les longs rayons rasants de la lumière matinale, jusqu'à ce que, à perte de vue, le chemin semble encombré d'acier scintillant et de fringants destriers. Et des cavaliers criards galopent de groupe en groupe, et de petites banderoles flottent paresseusement dans la brise tiède, et de temps en temps il y a un émoi plus grand lorsque les rangs se séparent, et qu'un grand baron sur son cheval de bataille avec sa garde d'écuyers autour de lui, passe pour prendre son poste à la tête de ses serfs et vassaux.
Et en haut de la pente de Cooper's Hill, juste en face, sont rassemblés les rustres et les bourgeois curieux qui se sont précipités hors de Staines et personne ne sait vraiment de quoi il retourne, mais chacun a une version différente du grand événement qu’ils sont venus voir ; et certains disent que beaucoup de bien retombera sur tout le monde de l'ouvrage de cette journée ; mais les vieillards secouent la tête, car ils ont déjà entendu de tels contes.
Et toute la rivière jusqu’à Staines est parsemée de petites embarcations, de bateaux et de minuscules coracles — lesquels, de nos jours, n'ont plus la faveur que des plus pauvres. Au-dessus des rapides, où, des années plus tard, on trouvera la coquette écluse de Bell Weir, ces embarcations conduites ici à dos d'homme ou propulsées par de robustes rameurs, s'entassent maintenant au plus près qu'elles peuvent des grandes barges couvertes, prêtes à accueillir le roi Jean et où la charte décisive attend sa signature.
Il est midi et nous, et tout le monde, attendons avec impatience, la rumeur court que Jean, véritable Houdini du Moyen Âge, avait de nouveau échappé aux mains des barons et s'était enfui de Duncroft Hall, ses mercenaires sur ses pas, et qu'il œuvrera bientôt à d'autres tâches que signer des chartes pour la liberté de son peuple.
Pas ainsi ! Cette fois, c'est une poigne de fer qui le tenait, et il s'est débattu et tortillé en vain. Au loin sur la route, un petit nuage de poussière se soulève, se rapproche et grandit, le martèlement des sabots s'intensifie et, entre les groupes épars de soldats entraînés, une brillante cavalcade composée de seigneurs et de chevaliers richement vêtus se fraie un chemin. À l'avant, à l'arrière et sur les côtés de cette troupe chevauchent les cadets des barons et, au milieu d'eux, le roi Jean.
Il se dirige vers les embarcations prêtes à appareiller et les barons sortent de leurs rangs pour le rejoindre. Il les salue d'un sourire ou d'un rire, il prononce quelques paroles douces et agréables, comme s'il s'agissait d'une fête donnée en son honneur et à laquelle il aurait été invité. Mais au moment où il se dresse sur sa selle avant de descendre de cheval, il jette un coup d’œil rapide vers ses propres mercenaires français, massés à l’arrière, puis vers les rangs menaçants des hommes des barons qui l’encerclent.
Est-il trop tard ? Un coup féroce contre le cavalier sans méfiance à ses côtés, un cri vers ses troupes françaises, une charge désespérée sur les lignes non préparées devant lui, et ces barons rebelles pourraient regretter le jour où ils osèrent contrecarrer ses plans ! Une main plus hardie aurait peut-être fait tourner la chance, même à ce stade. Si un Richard avait été là-bas ! la tasse de liberté aurait pu être saisie des lèvres d'Angleterre, et le goût de la liberté retenu pendant une centaine d'années.
Mais le cœur du roi Jean se serre devant la face sévère des combattants anglais et le bras du roi Jean retombe sur ses rênes ; il met pied à terre et prend place dans la première barge. Et les barons l'y suivent, leurs mains gantées sur la poignée de leurs épées, et l'ordre est donné de larguer les amarres.
Lentement, les lourdes barges aux ponts éclatants quittent la rive de Runningmede. Lentement, luttant contre le courant rapide, elles progressent avec lourdeur jusqu'à accoster doucement contre la rive de la petite île qui portera désormais le nom d'île Magna Charta. Et le roi Jean a posé le pied sur le rivage et nous attendons dans un silence à couper le souffle jusqu'à ce qu’un grand cri retentisse et que la grosse pierre angulaire du temple de la liberté anglaise soit — aujourd'hui nous en sommes convaincus — fermement posée.
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CHAPTER XI.
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I woke at six the next morning; and found George awake too.
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We both turned round, and tried to go to sleep again, but we could not.
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He said his watch went wrong one evening, and stopped at a quarter-past eight.
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He reached up, and hauled down his watch.
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It was a quarter-past eight.
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Why didn’t somebody call me?
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George snatched it up, and rushed downstairs.
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In the sitting-room, all was dark and silent: there was no fire, no breakfast.
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The door was not even unbolted.
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At length he reached Holborn.
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Not a shutter was down!
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not a bus was about!
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George pulled out his watch and looked at it: it was five minutes to nine!
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He stood still and counted his pulse.
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He stooped down and felt his legs.
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George listened, and a neighbouring clock immediately obliged.
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“But it’s only gone three"!
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said George in an injured tone, when it had finished.
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“Well, and how many did you want it to go"?
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replied the constable.
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“Why, nine,” said George, showing his watch.
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“Do you know where you live"?
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said the guardian of public order, severely.
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George thought, and gave the address.
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“Oh!
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that’s where it is, is it"?
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And George went home again, musing as he walked along, and let himself in.
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Somehow, now the morning had come, the notion seemed less tempting.
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The water looked damp and chilly: the wind felt cold.
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“Well, who’s going to be first in"?
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said Harris at last.
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There was no rush for precedence.
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I did not altogether like to give in, though I did not relish the plunge.
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There might be snags about, or weeds, I thought.
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It was bitterly cold.
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The wind cut like a knife.
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I thought I would not throw the water over myself after all.
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“By Jove!
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old J.’s gone in,” I heard Harris say, as I came blowing to the surface.
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“I didn’t think he’d have the pluck to do it.
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Did you"?
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“Is it all right"?
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sung out George.
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“Lovely,” I spluttered back.
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“You are duffers not to come in.
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I wouldn’t have missed this for worlds.
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Why won’t you try it?
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It only wants a little determination”.
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But I could not persuade them.
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Rather an amusing thing happened while dressing that morning.
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It made me awfully wild, especially as George burst out laughing.
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I never saw a man laugh so much.
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“Ar’n’t you—you—going to get it out"?
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said George, between his shrieks.
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“What!” he yelled, springing up.
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“You silly cuckoo!
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Why can’t you be more careful what you’re doing?
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Why the deuce don’t you go and dress on the bank?
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You’re not fit to be in a boat, you’re not.
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Gimme the hitcher”.
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I tried to make him see the fun of the thing, but he could not.
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George is very dense at seeing a joke sometimes.
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Harris proposed that we should have scrambled eggs for breakfast.
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He said he would cook them.
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It seemed, from his account, that he was very good at doing scrambled eggs.
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He often did them at picnics and when out on yachts.
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He was quite famous for them.
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It seemed harassing work, so far as George and I could judge.
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unit 119
unit 120
We thought at first that it was a necessary part of the culinary arrangements.
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George and I were both quite sorry when it was over.
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The result was not altogether the success that Harris had anticipated.
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unit 126
There seemed so little to show for the business.
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It is a fine summer morning—sunny, soft, and still.
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But through the air there runs a thrill of coming stir.
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The firelight sheds quaint shadows on their piled-up arms and on their uncouth forms.
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And now, lo!
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Not so!
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Is it too late?
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A bolder hand might have turned the game even at that point.
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Had it been a Richard there!
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Slowly the heavy, bright-decked barges leave the shore of Runningmede.
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francevw 17513  translated  unit 1  2 months, 1 week ago
francevw 17513  commented  2 months, 1 week ago

Bonjour les amis !
Voici un petit résumé trouvé sur Babelio. Petite précision, nous avons décidé d'utiliser le passé composé plutôt que le passé simple pour rendre nos traductions plus vivantes et modernes.

Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien) est un roman comique de Jerome K. Jerome, publié en 1889. Il narre les aventures de George, Harris, Jérôme et Montmorency (le chien), entreprenant un voyage sur la Tamise.
Las de la vie qu'ils mènent à Londres, trois amis décident de prendre des vacances. Malgré les protestations du chien Montmorency, les voilà partis en bateau sur la Tamise, bien résolus à mener une vie saine, heureux de découvrir les charmes de la campagne anglaise. Mais ils n'avaient pas compté avec ces événements capables de transformer le moindre voyage en une pittoresque aventure... et un simple récit en chef-d'œuvre de l'humour anglais.
Le livre est parsemé d'anecdotes comiques, mais aussi de réflexions sur la philosophie de l'existence, les illusions que nous entretenons volontiers sur le monde et sur nous-mêmes, et la nécessité de ne pas trop charger de luxe la barque de sa vie.

by francevw 2 months, 1 week ago

CHAPTER XI.

I woke at six the next morning; and found George awake too. We both turned round, and tried to go to sleep again, but we could not. Had there been any particular reason why we should not have gone to sleep again, but have got up and dressed then and there, we should have dropped off while we were looking at our watches, and have slept till ten. As there was no earthly necessity for our getting up under another two hours at the very least, and our getting up at that time was an utter absurdity, it was only in keeping with the natural cussedness of things in general that we should both feel that lying down for five minutes more would be death to us.
George said that the same kind of thing, only worse, had happened to him some eighteen months ago, when he was lodging by himself in the house of a certain Mrs. Gippings. He said his watch went wrong one evening, and stopped at a quarter-past eight. He did not know this at the time because, for some reason or other, he forgot to wind it up when he went to bed (an unusual occurrence with him), and hung it up over his pillow without ever looking at the thing.
It was in the winter when this happened, very near the shortest day, and a week of fog into the bargain, so the fact that it was still very dark when George woke in the morning was no guide to him as to the time. He reached up, and hauled down his watch. It was a quarter-past eight.
“Angels and ministers of grace defend us!” exclaimed George; “and here have I got to be in the City by nine. Why didn’t somebody call me? Oh, this is a shame!” And he flung the watch down, and sprang out of bed, and had a cold bath, and washed himself, and dressed himself, and shaved himself in cold water because there was not time to wait for the hot, and then rushed and had another look at the watch.
Whether the shaking it had received in being thrown down on the bed had started it, or how it was, George could not say, but certain it was that from a quarter-past eight it had begun to go, and now pointed to twenty minutes to nine.
George snatched it up, and rushed downstairs. In the sitting-room, all was dark and silent: there was no fire, no breakfast. George said it was a wicked shame of Mrs. G., and he made up his mind to tell her what he thought of her when he came home in the evening. Then he dashed on his great-coat and hat, and, seizing his umbrella, made for the front door. The door was not even unbolted. George anathematized Mrs. G. for a lazy old woman, and thought it was very strange that people could not get up at a decent, respectable time, unlocked and unbolted the door, and ran out.
He ran hard for a quarter of a mile, and at the end of that distance it began to be borne in upon him as a strange and curious thing that there were so few people about, and that there were no shops open. It was certainly a very dark and foggy morning, but still it seemed an unusual course to stop all business on that account. He had to go to business: why should other people stop in bed merely because it was dark and foggy!
At length he reached Holborn. Not a shutter was down! not a bus was about! There were three men in sight, one of whom was a policeman; a market-cart full of cabbages, and a dilapidated looking cab. George pulled out his watch and looked at it: it was five minutes to nine! He stood still and counted his pulse. He stooped down and felt his legs. Then, with his watch still in his hand, he went up to the policeman, and asked him if he knew what the time was.
“What’s the time?” said the man, eyeing George up and down with evident suspicion; “why, if you listen you will hear it strike”.
George listened, and a neighbouring clock immediately obliged.
“But it’s only gone three"! said George in an injured tone, when it had finished.
“Well, and how many did you want it to go"? replied the constable.
“Why, nine,” said George, showing his watch.
“Do you know where you live"? said the guardian of public order, severely.
George thought, and gave the address.
“Oh! that’s where it is, is it"? replied the man; “well, you take my advice and go there quietly, and take that watch of yours with you; and don’t let’s have any more of it”.
And George went home again, musing as he walked along, and let himself in.
At first, when he got in, he determined to undress and go to bed again; but when he thought of the redressing and re-washing, and the having of another bath, he determined he would not, but would sit up and go to sleep in the easy-chair.
But he could not get to sleep: he never felt more wakeful in his life; so he lit the lamp and got out the chess-board, and played himself a game of chess. But even that did not enliven him: it seemed slow somehow; so he gave chess up and tried to read. He did not seem able to take any sort of interest in reading either, so he put on his coat again and went out for a walk.
It was horribly lonesome and dismal, and all the policemen he met regarded him with undisguised suspicion, and turned their lanterns on him and followed him about, and this had such an effect upon him at last that he began to feel as if he really had done something, and he got to slinking down the by-streets and hiding in dark doorways when he heard the regulation flip-flop approaching.
Of course, this conduct made the force only more distrustful of him than ever, and they would come and rout him out and ask him what he was doing there; and when he answered, “Nothing,” he had merely come out for a stroll (it was then four o’clock in the morning), they looked as though they did not believe him, and two plain-clothes constables came home with him to see if he really did live where he had said he did. They saw him go in with his key, and then they took up a position opposite and watched the house.
He thought he would light the fire when he got inside, and make himself some breakfast, just to pass away the time; but he did not seem able to handle anything from a scuttleful of coals to a teaspoon without dropping it or falling over it, and making such a noise that he was in mortal fear that it would wake Mrs. G. up, and that she would think it was burglars and open the window and call “Police!” and then these two detectives would rush in and handcuff him, and march him off to the police-court.
He was in a morbidly nervous state by this time, and he pictured the trial, and his trying to explain the circumstances to the jury, and nobody believing him, and his being sentenced to twenty years’ penal servitude, and his mother dying of a broken heart. So he gave up trying to get breakfast, and wrapped himself up in his overcoat and sat in the easy-chair till Mrs. G came down at half-past seven.
He said he had never got up too early since that morning: it had been such a warning to him.
We had been sitting huddled up in our rugs while George had been telling me this true story, and on his finishing it I set to work to wake up Harris with a scull. The third prod did it: and he turned over on the other side, and said he would be down in a minute, and that he would have his lace-up boots. We soon let him know where he was, however, by the aid of the hitcher, and he sat up suddenly, sending Montmorency, who had been sleeping the sleep of the just right on the middle of his chest, sprawling across the boat.
Then we pulled up the canvas, and all four of us poked our heads out over the off-side, and looked down at the water and shivered. The idea, overnight, had been that we should get up early in the morning, fling off our rugs and shawls, and, throwing back the canvas, spring into the river with a joyous shout, and revel in a long delicious swim. Somehow, now the morning had come, the notion seemed less tempting. The water looked damp and chilly: the wind felt cold.
“Well, who’s going to be first in"? said Harris at last.
There was no rush for precedence. George settled the matter so far as he was concerned by retiring into the boat and pulling on his socks. Montmorency gave vent to an involuntary howl, as if merely thinking of the thing had given him the horrors; and Harris said it would be so difficult to get into the boat again, and went back and sorted out his trousers.
I did not altogether like to give in, though I did not relish the plunge. There might be snags about, or weeds, I thought. I meant to compromise matters by going down to the edge and just throwing the water over myself; so I took a towel and crept out on the bank and wormed my way along on to the branch of a tree that dipped down into the water.
It was bitterly cold. The wind cut like a knife. I thought I would not throw the water over myself after all. I would go back into the boat and dress; and I turned to do so; and, as I turned, the silly branch gave way, and I and the towel went in together with a tremendous splash, and I was out mid-stream with a gallon of Thames water inside me before I knew what had happened.
“By Jove! old J.’s gone in,” I heard Harris say, as I came blowing to the surface. “I didn’t think he’d have the pluck to do it. Did you"?
“Is it all right"? sung out George.
“Lovely,” I spluttered back. “You are duffers not to come in. I wouldn’t have missed this for worlds. Why won’t you try it? It only wants a little determination”.
But I could not persuade them.
Rather an amusing thing happened while dressing that morning. I was very cold when I got back into the boat, and, in my hurry to get my shirt on, I accidentally jerked it into the water. It made me awfully wild, especially as George burst out laughing. I could not see anything to laugh at, and I told George so, and he only laughed the more. I never saw a man laugh so much. I quite lost my temper with him at last, and I pointed out to him what a drivelling maniac of an imbecile idiot he was; but he only roared the louder. And then, just as I was landing the shirt, I noticed that it was not my shirt at all, but George’s, which I had mistaken for mine; whereupon the humour of the thing struck me for the first time, and I began to laugh. And the more I looked from George’s wet shirt to George, roaring with laughter, the more I was amused, and I laughed so much that I had to let the shirt fall back into the water again.
“Ar’n’t you—you—going to get it out"? said George, between his shrieks.
I could not answer him at all for a while, I was laughing so, but, at last, between my peals I managed to jerk out:
“It isn’t my shirt—it’s yours”!
I never saw a man’s face change from lively to severe so suddenly in all my life before.
“What!” he yelled, springing up. “You silly cuckoo! Why can’t you be more careful what you’re doing? Why the deuce don’t you go and dress on the bank? You’re not fit to be in a boat, you’re not. Gimme the hitcher”.
I tried to make him see the fun of the thing, but he could not. George is very dense at seeing a joke sometimes.
Harris proposed that we should have scrambled eggs for breakfast. He said he would cook them. It seemed, from his account, that he was very good at doing scrambled eggs. He often did them at picnics and when out on yachts. He was quite famous for them. People who had once tasted his scrambled eggs, so we gathered from his conversation, never cared for any other food afterwards, but pined away and died when they could not get them.
It made our mouths water to hear him talk about the things, and we handed him out the stove and the frying-pan and all the eggs that had not smashed and gone over everything in the hamper, and begged him to begin.
He had some trouble in breaking the eggs—or rather not so much trouble in breaking them exactly as in getting them into the frying-pan when broken, and keeping them off his trousers, and preventing them from running up his sleeve; but he fixed some half-a-dozen into the pan at last, and then squatted down by the side of the stove and chivied them about with a fork.
It seemed harassing work, so far as George and I could judge. Whenever he went near the pan he burned himself, and then he would drop everything and dance round the stove, flicking his fingers about and cursing the things. Indeed, every time George and I looked round at him he was sure to be performing this feat. We thought at first that it was a necessary part of the culinary arrangements.
We did not know what scrambled eggs were, and we fancied that it must be some Red Indian or Sandwich Islands sort of dish that required dances and incantations for its proper cooking. Montmorency went and put his nose over it once, and the fat spluttered up and scalded him, and then he began dancing and cursing. Altogether it was one of the most interesting and exciting operations I have ever witnessed. George and I were both quite sorry when it was over.
The result was not altogether the success that Harris had anticipated. There seemed so little to show for the business. Six eggs had gone into the frying-pan, and all that came out was a teaspoonful of burnt and unappetizing looking mess.
Harris said it was the fault of the frying-pan, and thought it would have gone better if we had had a fish-kettle and a gas-stove; and we decided not to attempt the dish again until we had those aids to housekeeping by us.
The sun had got more powerful by the time we had finished breakfast, and the wind had dropped, and it was as lovely a morning as one could desire. Little was in sight to remind us of the nineteenth century; and, as we looked out upon the river in the morning sunlight, we could almost fancy that the centuries between us and that ever-to-be-famous June morning of 1215 had been drawn aside, and that we, English yeomen’s sons in homespun cloth, with dirk at belt, were waiting there to witness the writing of that stupendous page of history, the meaning whereof was to be translated to the common people some four hundred and odd years later by one Oliver Cromwell, who had deeply studied it.
It is a fine summer morning—sunny, soft, and still. But through the air there runs a thrill of coming stir. King John has slept at Duncroft Hall, and all the day before the little town of Staines has echoed to the clang of armed men, and the clatter of great horses over its rough stones, and the shouts of captains, and the grim oaths and surly jests of bearded bowmen, billmen, pikemen, and strange-speaking foreign spearmen.
Gay-cloaked companies of knights and squires have ridden in, all travel-stained and dusty. And all the evening long the timid townsmen’s doors have had to be quick opened to let in rough groups of soldiers, for whom there must be found both board and lodging, and the best of both, or woe betide the house and all within; for the sword is judge and jury, plaintiff and executioner, in these tempestuous times, and pays for what it takes by sparing those from whom it takes it, if it pleases it to do so.
Round the camp-fire in the market-place gather still more of the Barons’ troops, and eat and drink deep, and bellow forth roystering drinking songs, and gamble and quarrel as the evening grows and deepens into night. The firelight sheds quaint shadows on their piled-up arms and on their uncouth forms. The children of the town steal round to watch them, wondering; and brawny country wenches, laughing, draw near to bandy ale-house jest and jibe with the swaggering troopers, so unlike the village swains, who, now despised, stand apart behind, with vacant grins upon their broad, peering faces. And out from the fields around, glitter the faint lights of more distant camps, as here some great lord’s followers lie mustered, and there false John’s French mercenaries hover like crouching wolves without the town.
And so, with sentinel in each dark street, and twinkling watch-fires on each height around, the night has worn away, and over this fair valley of old Thame has broken the morning of the great day that is to close so big with the fate of ages yet unborn.
Ever since grey dawn, in the lower of the two islands, just above where we are standing, there has been great clamour, and the sound of many workmen. The great pavilion brought there yester eve is being raised, and carpenters are busy nailing tiers of seats, while ’prentices from London town are there with many-coloured stuffs and silks and cloth of gold and silver.
And now, lo! down upon the road that winds along the river’s bank from Staines there come towards us, laughing and talking together in deep guttural bass, a half-a-score of stalwart halbert-men—Barons’ men, these—and halt at a hundred yards or so above us, on the other bank, and lean upon their arms, and wait.
And so, from hour to hour, march up along the road ever fresh groups and bands of armed men, their casques and breastplates flashing back the long low lines of morning sunlight, until, as far as eye can reach, the way seems thick with glittering steel and prancing steeds. And shouting horsemen are galloping from group to group, and little banners are fluttering lazily in the warm breeze, and every now and then there is a deeper stir as the ranks make way on either side, and some great Baron on his war-horse, with his guard of squires around him, passes along to take his station at the head of his serfs and vassals.
And up the slope of Cooper’s Hill, just opposite, are gathered the wondering rustics and curious townsfolk, who have run from Staines, and none are quite sure what the bustle is about, but each one has a different version of the great event that they have come to see; and some say that much good to all the people will come from this day’s work; but the old men shake their heads, for they have heard such tales before.
And all the river down to Staines is dotted with small craft and boats and tiny coracles—which last are growing out of favour now, and are used only by the poorer folk. Over the rapids, where in after years trim Bell Weir lock will stand, they have been forced or dragged by their sturdy rowers, and now are crowding up as near as they dare come to the great covered barges, which lie in readiness to bear King John to where the fateful Charter waits his signing.
It is noon, and we and all the people have been waiting patient for many an hour, and the rumour has run round that slippery John has again escaped from the Barons’ grasp, and has stolen away from Duncroft Hall with his mercenaries at his heels, and will soon be doing other work than signing charters for his people’s liberty.
Not so! This time the grip upon him has been one of iron, and he has slid and wriggled in vain. Far down the road a little cloud of dust has risen, and draws nearer and grows larger, and the pattering of many hoofs grows louder, and in and out between the scattered groups of drawn-up men, there pushes on its way a brilliant cavalcade of gay-dressed lords and knights. And front and rear, and either flank, there ride the yeomen of the Barons, and in the midst King John.
He rides to where the barges lie in readiness, and the great Barons step forth from their ranks to meet him. He greets them with a smile and laugh, and pleasant honeyed words, as though it were some feast in his honour to which he had been invited. But as he rises to dismount, he casts one hurried glance from his own French mercenaries drawn up in the rear to the grim ranks of the Barons’ men that hem him in.
Is it too late? One fierce blow at the unsuspecting horseman at his side, one cry to his French troops, one desperate charge upon the unready lines before him, and these rebellious Barons might rue the day they dared to thwart his plans! A bolder hand might have turned the game even at that point. Had it been a Richard there! the cup of liberty might have been dashed from England’s lips, and the taste of freedom held back for a hundred years.
But the heart of King John sinks before the stern faces of the English fighting men, and the arm of King John drops back on to his rein, and he dismounts and takes his seat in the foremost barge. And the Barons follow in, with each mailed hand upon the sword-hilt, and the word is given to let go.
Slowly the heavy, bright-decked barges leave the shore of Runningmede. Slowly against the swift current they work their ponderous way, till, with a low grumble, they grate against the bank of the little island that from this day will bear the name of Magna Charta Island. And King John has stepped upon the shore, and we wait in breathless silence till a great shout cleaves the air, and the great cornerstone in England’s temple of liberty has, now we know, been firmly laid.