Aldo PALAZZESCHI - Il controdolore.
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29 Décembre 1913.


« Dieu n'a ni corps, ni main, ni pied, c'est purement et simplement un esprit».

Mais ceux qui ont voulu donner aux hommes une image de ce créateur de l'univers, ont dû se servir d'une image humaine et ils nous l'ont montré comme un homme. Ce fut un très grand colosse, ou nu, aux membres et aux muscles cyclopéens, vêtu d'un péplum magnifique et de sandales, cheveux et barbe merveilleux, l'index titanesque de sa main levée avec un terrible air de commandement : lumière ou ténèbres, vie ou mort.

Si vous tenez à le représenter comme un homme, pour la commodité de votre cerveau, cet esprit suprême et infini, pourquoi le faire grand, puisque vous devez forcément fixer des limites à cette grandeur ? La vôtre ne pourra jamais arriver jusqu'à la sienne, pensez donc à un homme comme vous et vous serez à votre place. Pourquoi en péplum et pas en habit ? Pourquoi en coturnes et pas en chaussures sport ordinaires ? Parce qu'une image sérieuse et relativement grande est plus compréhensible qu'une autre relativement petite et joyeuse. C'est son esprit que vous devriez réussir à comprendre; son corps, qui n'existe pas, vous pouvez vous le représenter comme vous voulez.

Si moi je le représente comme un homme, je ne le vois ni plus grand ni plus petit que moi. Un petit bonhomme de taille moyenne, d'âge moyen, de corpulence moyenne, qui m'étonne pour une seule raison : tandis que moi je le trouve titubant et effrayé, lui me regarde en riant à gorge déployée. Sa petite figure ronde rit divinement comme incendiée par un rire énorme et éternel, et son petit ventre tremblotte, tremblotte de joie. Pourquoi cet esprit devrait-il être la perfection du sérieux et non celle de la joie ? D'après moi, l'univers se concentre dans sa bouche divine en un éternel éclat de rire mouvant. Non il n'a pas créé, rassurez-vous, dans un but tragique, ou mélancolique, ou nostalgique ; il a créé parce que ça l'amusait. Vous travaillez pour bien nourrir vos enfants et vous-même, pas pour bailler longuement de faim avec eux. Lui, il a travaillé pour alimenter sa joie et en offrir à ses dignes créatures. Et vous comprendrez bien que pour s’amuser tous éternellement, il faut des spectacles curieux et éternels !

Comment avez-vous pu penser qu’il aurait créé si cela avait été ennuyeux ? Comment pouvait-il nous venir de cette force démesurée, œuvre de fainéant sans esprit ! Laissez donc tout votre sérieux de côté, si vous voulez comprendre quelque chose sur lui et sur sa création, et spécialement sur cette partie minuscule qui nous concerne : notre terre. Le soleil, par exemple, sera son jeu préféré pour de longues et interminables parties de ballon ; la lune son miroir comique aux reflets verruqueux, il pourra ainsi se voir dans les postures les plus ridicules. Notre terre n'est donc que l'un de ses nombreux jouets consistant précisément en ceci : un champ partagé par un maquis très dense d'aubépine, de ronces, d'épines, d'aiguillons. Il a placé l'homme d'un côté en lui disant : traverse-le, là est la gloire, la grandeur, la vie des élus, tu vivras avec les quelques courageux qui le traverseront comme toi. Tu riras de la douleur des paresseux, des lâches, des victimes, des couards, des vaincus.

Dés le début l'homme est surtout resté dehors à se lamenter, à considérer l'épaisseur du roncier, à mesurer la proportion, la longueur, la quantité, la position des épines, à tenter de les dénombrer, à y chercher une introuvable ouverture, à faire des comparaisons entre ceci et cela, au lieu de s'y jeter résolument. Certains sont au milieu, incapables d'avancer ou de reculer, préférant vivre avec une épine dans l'œil, plutôt que d'en affronter une on ne sait où. Ceux-ci crient désespérément, et leurs plaintes découragent toujours plus ceux qui sont encore dehors, tandis qu'ils font toujours plus éclater de rire et se tenir le ventre pour ne pas se liquéfier de joie, les rares qui vivent en riant, protégés par leur seigneur, qui au centre de tout rit encore plus qu'eux.

Les pleurnicheries des multitudes extérieures, excitent interminablement la chaleur de leur allégresse; les cris désespérés de ceux qui sont dans la haie leur provoquent des accès de liesse. Voilà à peu près le jeu.

L'homme qui traversera courageusement la douleur humaine jouira du spectacle divin de son Dieu.

Il se fera semblable à lui, traversant ce purgatoire d’épines qu’il lui a imposé pour s'amuser tout d'abord et communiquer la même joie à ses bien-aimés, lui, corps humain, mais absolument parfait, qui n'a sur ses membres de joie nulle cicatrice de douleur.

Hommes, vous n’avez pas été créés, non, pour souffrir; rien n’a été fait dans les heures de tristesse ni pour la tristesse; tout a été fait pour la joie éternelle. La douleur est passagère (vous seuls en perennisez l'existence par votre crainte) ; la joie est éternelle. Voilà le vrai péché originel, voilà les seuls fonts baptismaux. Lâches ! Peureux ! Fainéants ! Irrésolus ! Retardataires ! Traversez les buissons ! Vous êtes bien superficiels si vous pensez que ce qu'on appelle habituellement sérieux est profond. La supériorité de l'homme sur tous les animaux c'est que lui seul est doué du privilège divin du rire. Ces derniers ne pourront jamais communiquer avec Dieu. Une misérable petite souris peut nous faire entendre sa plainte, ses gémissements ; aucun animal ne nous a encore donné à entendre un seul chaleureux éclat de rire sonore.

Que le rire (joie) soit plus profond que les pleurs, cela est démontré par le fait que l'homme, dès sa naissance, quand il est encore incapable de tout, est pourtant très capable de longues et interminables pleurnicheries. Avant qu'il puisse se payer le luxe d'un bel éclat de rire il aura dû suivre une bonne maturation.

IL FAUT S'HABITUER A RIRE DE TOUT CE DONT ON PLEURE HABITUELLEMENT, développant ainsi notre profondeur. L'HOMME NE SE PEUT CONSIDÉRER SÉRIEUSEMENT QUE LORSQU'IL RIT. Le sérieux dans ce cas provient de l'admiration, de l'envie, de la vanité. CE QU'ON APPELLE DOULEUR HUMAINE N'EST QUE LE CORPS CHAUD ET INTENSE DE LA JOIE RECOUVERT D'UNE GÉLATINE DE FROIDES LARMES GRISÂTRES. Décortiquez et vous trouverez le bonheur.

On a fait jusqu'à la nausée un pathos périmé sur les infortunes humaines ; les difformités du corps, les maladies, les passions, la misère, la vieillesse, les cataclysmes, les famines, furent toutes considérées comme des catastrophes à baigner de larmes. Si elles avaient été un tant soit peu approfondies, elles seraient déjà les les sources les plus vives de notre allégresse. Rien ne fut créé avec mélancolie, souvenez-vous en bien; RIEN N'EST TRISTE AU FOND, TOUT EST JOYEUX.

Un jour la nature, cette vieille peintre académique, après avoir déposé sur son tableau mille nuances spasmodiques de lumières et de couleurs, avec ses couchers de soleil et ses aurores, mille tons de vert et de bleu, «Voilà ! aurait-elle dit à la fin en ouvrant la porte de son atelier à un homme sans yeux : — venez, regardez !». Et vous croyez vraiment qu'elle ait été assez bébête pour faire cela, si ce n'était plein d'esprit !

L'aveugle représente la profondeur, le privilège de toutes les vues. Il porte en lui la joie de toutes les lumières et de toutes les couleurs. Si vous le regardez d'un air larmoyant, vous êtes de pauvres petits cerveaux à deux sous.

Riez-lui donc au visage à cet enfant chéri ! La nature vous l’indique pour cela. Êtes-vous encore des êtres compatissants ? Il ne vous verra pas. Êtes-vous encore des lâches peureux ? Mais il est le seul qui ne pourra pas se battre contre vous.

Un bossu, la nature vous le montre pour que vous riiez dans son dos, et justement derrière lui, dans son dos, il possède le trésor de sa gaieté. Un poète bossu qui chanterait douloureusement toute sa vie ne pourrait jamais, au grand jamais, être un homme profond, mais le plus superficiel de cette terre. Il se serait contenté de pleurer sur la surface de sa bosse comme un enfant à qui on fait «bouh», après nous avoir volé l’écrin de son trésor dorsal pour ne pas avoir su le déchiffrer.

PLUS UN HOMME DÉCOUVRIRA DE RIRE DANS LA DOULEUR, PLUS IL SERA UN HOMME PROFOND.

On ne peut rire intimement qu’après avoir laborieusement creusé la douleur humaine. L’homme riant du rire lui-même, ou se servant de la joie déjà extraite par d’autres, est, soit un paresseux, soit un impuissant, et il rit, comme si on le chatouillait sous la gorge, d'un rire mécanique. C’est comme si on croyait se nourrir en regardant manger. Ainsi ont fait jusqu’à présent les arts, le théâtre, la littérature : flotter sur la douleur humaine, se servir de la joie déjà extraite par quelqu'un d'autre, en nous la montrant déjà sortie, sans nous enseigner comment la découvrir.

LE MONOLOGUE D'HAMLET, LA JALOUSIE D'OTHELLO, LA FOLIE DE LEAR, LA FURIE D'ORESTE, LA FIN DE MARGUERITE GAUTIER, LES PLAINTES D'OSWALD, VUS ET ENTENDUS PAR UN PUBLIC INTELLIGENT DOIVENT SUSCITER LES PLUS FRACASSANTS ECLATS DE RIRE.

Fixez bien la mort en face et elle vous fournira ample matière à rire pour toute votre vie. J'AFFIRME QUE LES SOURCES SUPRÊMES DE LA JOIE HUMAINE SE TROUVENT DANS L'HOMME QUI RIT, DANS L'HOMME QUI MEURT.

IL FAUT ÉDUQUER NOS ENFANTS AU RIRE, au rire le plus débridé, le plus insolent, au courage de rire bruyamment dès qu'ils en ressentent la nécessité, à l'habitude d'approfondir tous les fantasmes, toutes les apparences tristes et douloureuses de leur enfance, à la capacité de s'en servir pour leur propre joie. Pour exercer cet esprit d'exploration de la douleur humaine, nous les soumettrons dès leur plus jeune âge à quelques épreuves faciles. Nous leur fournirons des jouets éducatifs, marionnettes bossues, aveugles, cancéreux, maladroits, éthiques, syphilitiques, qui, mécaniquement, pleurent, crient, sont assaillis d’épilepsie, de peste, de choléra, d'hémorragies, d'hémorroïdes, d'écoulements, de folie, qui s’évanouissent, râlent et meurent. Puis leur maîtresse sera hydropique, malade d’éléphantiasis, ou bien très maigre, sèche, grande, avec un cou de girafe. On alternera les deux à l'insu des élèves, elles seront mises côte à côte, on les fera pleurer, se tirer les cheveux, se pincer, dire aïe ! ouille ! sur tous les tons possibles et imaginables, de toutes les manières les plus dégoûtantes.

Un maître tout petit, bossu rachitique, et un autre gigantesque à la face impubère, à la voix toute fluette et aux sanglots comme un fil de verre. Un autre le houspillera, ou lui fera des reproches d'une voix caverneuse, tandis que le petit bossu le chatouillera derrière les genoux. Les différents types mis ensemble, alternés, qu'on a fait pleurer, se poursuivre, dire aïe ! ouille ! sur tous les tons, on les a fait mourir.

Les enseignants entreront toujours dans les classes de façon variée mais très savante. Un matin, le maître aura le visage bandé à cause d'un mal de dents; un matin, il aura une joue enflée comme s'il avait reçu une pomme de terre et lorsqu'il enlèvera son chapeau, il aura, au milieu de son crâne luisant, une grosse bosse rose et brillante, de la taille d'une pomme, des bubons et des furoncles géniaux, des bandages, et il fixera les élèves, et tournera dans la classe, sérieux, irascible ou mélancolique, nostalgique, romantique ; pris d'un amour stupide pour la maîtresse hydropique, ou non partagé pour la girafe. Il sera boiteux, borgne, purulent, estropié. Ces enseignants seront rémunérés en fonction de leurs qualités naturelles plus ou moins marquées.

Pour habituer leurs élèves à rire sincèrement de toutes les choses dites sérieuses, ils devront certes posséder des aptitudes très particulières, l'intelligence pratique des jeunes consciences et des cerveaux malléables.

La dame hydropique ahanera trois fois et tombera morte sur son fauteuil. La longue et sèche, au cou de girafe, mourra avec des bonds de sauterelle et tombera contre le mur, les jambes en l'air, après avoir parcouru la salle de classe en tous sens. De longues et savantes leçons de grimaces, de pleurs les plus variés, de tous les gémissements possibles. On procédera à de faux enterrements dans la cour de l'école : les cercueils, après la dernière bénédiction du cadavre, seront ouverts pour les trouver pleins de friandises ou de figurines pour les plus petits, ou bien en sortiront des centaines de souriceaux, blancs d'abord, puis gris, puis noirs, ou encore le cadavre sera en pâte brisée pour les plus grands, en chocolat pour les plus petits, et ils s'en disputeront joyeusement les membres. Ou bien un vent terrible va se lever, ou encore au moment de l'ouverture du couvercle son nez s'allongera de deux mètres au dessus de son visage, toujours pour les plus grands.

Les tardifs, ceux qui sont irrémédiablement prédisposés à la mélancolie, incapables de pénétrer d'un seul millimètre à l'intérieur des choses, ceux qui rient peu et mal, en somme les imbéciles des nouvelles générations seront d'abord soignés avec amour, par des leçons privées, par tous les moyens possibles, pour développer toutes leurs possibilités, puis ils seront expulsés, mis dans des hospices appropriés où ils grandiront et vivront les pauvres malheureux sérieux.

La mort des personnes les plus chères, tous leurs malheurs, vous procureront vos moments de joie les plus intenses. Pensez donc : en ces moments ils en touchent le fond et ils vous en communiquent la profondeur, que vous soustrairez de la douleur en les réfléchissant. Je crois que même un pauvre idiot qui, toute la vie, a été incapable de voir par lui-même, devra au moins se rappeler à cette heure-là, les souffles de la maîtresse hydropique, les étirements de la grande et sèche, les gémissements, les cris, les grimaces des enseignants, etc. les funérailles pendant lesquelles sont sorties toutes sortes de souris, celles où le cadavre a gonflé tant et tant et s'est élevé dans l'azur, ou encore celles où il a gouté un délicieux doigt de pâte sucrée, ou un œil caramélisé. Oh ! les bacchanales des nouveaux enterrements ! Les retours de cimetière, nouveaux carnavals ! Les spectacles dans les hôpitaux, théâtres des nouvelles générations ! Pensez à notre bonheur et à celui de nos maldaes habitués à être entourés de visages sombres reflétant la mort, quand ils verront autour d'eux dans les postes d'observation appropriés , des dames bossues, tordues, louches, couvertes de bubons, en décolleté, les observer à la dérobée avec leurs petites lunettes ; de jeunes hommes très élégants, teigneux, sans nez, bossus, louches, les regarder en riant aux éclats, comment ne se sentiraient-ils pas maîtres de la joie qui réside au fond de leur chair même ? On peut tout espérer de la bonne éducation des jeunes. Combattons donc une éducation fausse et erronée, le respect humain, la retenue, la ligne, la beauté, la jeunesse, la propreté, la liberté ! C’est-à-dire, approfondissons ces choses et nous y trouverons leur dernière substance, le vrai.

Rire quand on en a envie, c'est-à-dire quand notre esprit, notre instinct le plus profond nous en suggèrent le droit, développer ce qui est la seule faculté divine de l’être humain. J'ai vu des jeunes gens, en particulier des enfants, éclater d'un rire instinctif à la nouvelle d’un malheur qui frappait leur famille ou l'un de leurs amis. S'il y avait eu quelqu’un pour réprimander cette créature précocement brillante, la déviant du juste chemin sur lequel, instinctivement, elle faisait ses premiers pas, que pour lui s’élève donc la guillotine, car le joyeux spectacle de l’univers n’est pas pour pour ses yeux.

J'affirme que, même dans les conditions actuelles de notre conscience humaine si bouleversée, dévoyée par une éducation erronée, l'homme le plus grave, le plus mûr, qui après avoir surmonté une des plus graves difficultés de sa vie n'a pas eu envie de faire un croche-pied, voire ne l'ait pas fait, était indigne de remporter cette victoire. Dorénavant, pensez-y, toute votre vie sera une série ininterrompue de croche-pieds.

Jeunes gens, votre compagne sera bossue, borgne, maladroite, chauve, sourde, débraillée, édentée, malodorante, elle aura des gestes de singe, une voix de perroquet, etc. Ce sont les seules créatures qui ont déjà réalisé en elles le patrimoine du bonheur. Ne vous attardez pas sur sa beauté, si par malheur pour vous, elle vous paraît belle, approfondissez et vous trouverez sa difformité. Ne vous allongez pas mollement dans l’onde de son parfum, un souffle aigu de cette puanteur qui est la vérité profonde de sa chair que vous adorez, pourrait un jour vous surprendre, défaire d'un trait votre rêve fragile, vous rendre prisonniers de la douleur. Ne vous attardez pas sur l’heure brève de votre jeunesse et de la sienne, vous resterez forcément à flot sur la douleur humaine. Approfondissez-la et vous en aurez la vieillesse, vérité qui autrement vous restera inconnue quand vous la posséderez et serez en proie à la nostalgie. Ne vous arrêtez à aucun degré de la difformité, du vieux, ils n’ont pas de limite comme le beau et le jeune; ils sont infinis.

Rassurez-vous, vous aurez plus de plaisir à voir courir trois charognes, que trois pur sang. Le pur sang a en lui la charogne qu'il deviendra; cherchez-la, découvrez-la, ne vous attardez pas sur ses traits d'une splendeur fugace. Pensez avec joie à sa vieillesse et à la vôtre. Au fond de celle-ci est la profondeur de votre vie. Vous aurez la joie de créer un être nouveau. Pensez au bonheur de voir grandir autour de vous beaucoup de petits bossus, aveugles, de petits nains, boiteux, tous explorateurs divins de la joie. Au lieu de faire porter la perruque à votre compagne, si elle n'est pas complètement chauve vous lui ferez raser les cheveux de près, et faites-lui rembourrer le dos, si elle n'est pas vraiment bossue.

Que le mobilier de votre maison soit bancal ; chaises, lits, tables basses qui tombent, que se renversent, qui se brisent. Quand vos chaussures sont neuves, imaginez-les et visualisez-les vieilles et cassées ; pour l’amour de Dieu, ne cherchez pas à les voir en bon état quand elles seront usées : vous serez perdus. Brisez, tordez mentalement le mobilier de votre maison, usez mentalement vos chaussures, vos vêtements. Prevedete fra i vostri figli un gobbo, o sappiate vedere uno storpio [p. 179 modifica]nel vostro figlio più sano, una vecchia bagascia rauca in una giovinetta dalla voce d’usignuolo. Approfondite, approfondite sempre; fissate la vecchiaia.

Venite! Venite! Nuovi eroi, nuovi genii della risata, sbucate nelle nostre braccia che vi attendono, fra le nostre bocche che ridono ridono ridono, fuori dalla macchia pungente del dolore umano.

CONCLUSIONI NOI FUTURISTI VOGLIAMO GUARIRE LE RAZZE LATINE, E SPECIALMENTE LA NOSTRA, DAL DOLORE COSCIENTE, LUE PASSATISTA aggravata dal romanticismo cronico, dall’affettività mostruosa e dal sentimentalismo pietoso che deprimono ogni italiano. Vogliamo perciò sistematicamente: 1. DISTRUGGERE IL FANTASMA romantico ossessionante e doloroso DELLE COSE dette GRAVI, estraendone e sviluppandone il ridicolo, col sussidio delle scienze, delle arti, della scuola.

2. Combattere il dolore fisico e morale con la loro stessa parodia. Insegnare ai bambini la massima varietà di sberleffi, di boccacce, di gemiti, lagni, strilli, per preservarli dagli abituali pianti.

3. Svalutare tutti i dolori possibili, penetrandoli, guardandoli da ogni lato, anatomizzandoli freddamente.

4. INVECE DI FERMARSI NEL BUIO DEL DOLORE, ATTRAVERSARLO CON SLANCIO, PER ENTRARE NELLA LUCE DELLA RISATA.

5. Crearsi fino da giovani il desiderio della vecchiaia, per non essere prima turbati dal fantasma di essa, poi da quello di una giovinezza che non potemmo godere. Sapersi creare la sensazione di tutti i possibili mali fisici e morali nell’ora di maggior salute e di serenità della nostra vita.

6. Sostituire l’uso dei profumi con quello dei puzzi. Fate invadere un salone da ballo da un odore fresco di rose e voi lo cullerete in un vano passeggero sorriso, [p. 180 modifica]fatelo invadere da quello più profondo della merda (profondità umana stupidamente misconosciuta) e voi lo farete agitare nell’ilarità, nella gioia. Voi prendete ai fiori le loro cime, i loro petali: siete dei superficiali; essi vi domandano quello che ci avete in fonde al vostro corpo di più intimo, di più maturo per la loro felicità: sono più profondi di voi.

7. Trarre dai contorcimenti e dai contrasti del dolore gli elementi della nuova risata.

8. Trasformare gli ospedali in ritrovi divertenti, mediante five o’ clock thea esilarantissimi, café-chantants, clowns. Imporre agli ammalati delle fogge comiche, truccarli come attori, per suscitare fra loro una continua gaiezza. I visitatori non potranno entrare nei palchetti delle corsie se non dopo esser passati per un apposito istituto di laidezza e di schifo, nel quale si orneranno di enormi nasi foruncolosi, di finte bende, ecc. ecc.

9. Trasformare i funerali in cortei mascherati, predisposti e guidati da un umorista che sappia sfruttare tutto il grottesco del dolore. Modernizzare e rendere comfortables i cimiteri mediante buvettes, bars, skating, montagne russe, bagni turchi, palestre. Organizzare scampagnate diurne e bals masqués notturni nei cimiteri.

10. Non ridere nel vedere uno che ride (plagio inutile), ma saper ridere nel vedere uno che piange. Istituire società ricreative nelle stanze mortuarie, dettare epitaffi a base di bisticci, calembours e doppi sensi. Sviluppare perciò quell’istinto utile e sano che ci fa ridere di un uomo che cade per terra e lasciarlo rialzare da sè comunicandogli la nostra allegria.

11. Trarre tutto un nuovo comico fecondo da una mescolanza di terremoti, naufragi, incendi, ecc.

12. Trasformare i manicomi in scuole di perfezionamento per le nuove generazioni.
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29 Dicembre 1913.
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«Dio non à né corpo, né mani, né piedi, è un puro e semplicissimo spirito».
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Perchè in peplo e non in tait?
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Perchè in coturno e non con un comune paio di scarpe walk-over?
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Se io me lo figuro uomo, non lo vedo né più grande né più piccino di me.
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Perchè dovrebbe questo spirito essere la perfezione della serietà e non quella dell’allegria?
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Secondo me, nella sua bocca divina si accentra l’universo in una eterna motrice risata.
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Egli lavorò per tenere alimentata la gioia sua ed offrirne alle sue degne creature.
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Come avevate potuto pensare che egli avesse creato se ciò fosse stata cosa tediosa?
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Come poteva venirci da questa forza smisurata, opera da perditempo senza spirito!
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Riderai del dolore dei poltroni, dei paurosi, dei caduti, dei vili, dei vinti.
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Ecco press’a poco il giuoco.
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Ecco il vero peccato originale, ecco il solo fonte battesimale.
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Vili!
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Paurosi!
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Poltroni!
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Incerti!
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Ritardatari!
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Passate la macchia!
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SE CREDETE CHE SIA PROFONDO CIÒ CHE COMUNEMENTE S’INTENDE PER SERIO SIETE DEI SUPERFICIALI.
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Essi non potranno mai comunicare con Dio.
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Prima che possa pagarsi il lusso di una bella risata avrà dovuto seguire una buona maturazione.
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L’UOMO NON PUÒ ESSERE CONSIDERATO SERIAMENTE CHE QUANDO RIDE.
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La serietà in tal caso ci viene dalla ammirazione, dall’invidia, dalla vanità.
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Scortecciate e troverete la felicità.
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Nulla fu creato con malinconia, ricordatelo bene; NULLA È TRISTE PROFONDAMENTE, TUTTO È GIOIOSO.
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E credete proprio che essa fosse così sciocchina da farlo, se ciò non era spiritoso!
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Il cieco ci rappresenta la profondità, il privilegio di tutte le viste.
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Egli à chiusa in sé la gioia di tutte le luci e di "tutti i colori.
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Se voi lo guardate, con aria lagrimosa siete dei poveri cervellini da tre centesimi.
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E ridetegli pure in faccia, a questo beniamino!
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Natura ve lo indica per questo.
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Siete ancora degli esseri compassionevoli?
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Egli non vi vedrà.
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Siete ancora dei vili paurosi?
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Ma egli è il solo che non potrà battersi con voi.
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Non si può intimamente ridere se non dopo aver fatto un lavoro di scavo nel dolore umano.
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E come se uno credesse di sfamarsi guardando mangiare.
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Fissate bene in viso la morte, ed essa vi fornirà tanto da ridere per tutta la vita.
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ohi!
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in tutti i toni possibili e immaginabili, nelle maniere più desolanti.
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I varii tipi messi insieme, alternati, fatti piangere, rincorrere, dire ahi!
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ohi!
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in tutti i toni, fatti morire.
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Gl’insegnanti entreranno nelle classi sempre con svariata sapientissima maniera.
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Sarà zoppo, guercio, marcio, sciancato.
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A seconda delle loro più o meno intense qualità naturali saranno questi insegnanti retribuiti.
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La signora idropica darà tre enormi soffi e cadrà [p. 176 modifica]morta sulla sua poltrona.
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Lunghe sapienti lezioni di boccacce, di pianti i più svariati, di tutti i possibili lamenti.
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Oh!
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i baccanali dei nuovi funerali!
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I ritorni dai cimiteri, nuovi carnevali!
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Gli spettacoli [p. 177 modifica]negli ospedali, teatri delle nuove generazioni!
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Tutto è da sperare dalla buona educazione dei giovani.
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Cioè, approfondiamo queste cose e troveremo in esse la loro ultima sostanza, il vero.
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D’ora in poi, pensate, tutta la nostra vita sarà una serie interminabile di sgambetti.
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Sono queste le sole creature che hanno in loro realizzato già il patrimonio della felicità.
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Voi godrete di più a veder correre tre carogne, rassicuratevi, che tre puro-sangue.
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Pensate con gioia alla sua ed alla vostra vecchiaia.
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In fondo ad essa è la profondità della vostra vita.
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Avrete la gioia di creare un nuovo essere.
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Approfondite, approfondite sempre; fissate la vecchiaia.
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Venite!
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Venite!
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Vogliamo perciò sistematicamente: 1.
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2.
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Combattere il dolore fisico e morale con la loro stessa parodia.
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3.
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4.
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6.
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Sostituire l’uso dei profumi con quello dei puzzi.
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7.
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8.
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ecc.
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Organizzare scampagnate diurne e bals masqués notturni nei cimiteri.
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11.
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29 Dicembre 1913.

«Dio non à né corpo, né mani, né piedi, è un puro e semplicissimo spirito».

Ma chi volle dare un’immagine agli uomini di questo fattore dell’universo, dovette servirsi di una immagine umana e ce lo fece vedere uomo. Fu un omone grande grande, o nudo, dalle membra e dai muscoli ciclopici, con un magnifico peplo e con sandali, con capelli e barba meravigliosi, con l’indice titanico della mano levata in aria terribile di comando: luce o tenebre, vita o morte.

Se uomo volete raffigurarvelo, per comodità del vostro cervello, questo spirito supremo ed infinito, perchè grande, quando voi dovete forzatamente fissare dei limiti a questa grandezza? La vostra non potrà mai arrivare alla sua, dunque pensate addirittura ad un uomo come voi e sarete al vostro posto. Perchè in peplo e non in tait? Perchè in coturno e non con un comune paio di scarpe walk-over? Perché un’immagine seria e relativamente grande è più facile di una relativamente piccola e allegra. È il suo spirito che voi dovete riuscire a scoprire; il suo corpo, che non esiste, potete raffigurarvelo come vi pare e piace.

Se io me lo figuro uomo, non lo vedo né più grande né più piccino di me. Un omettino di sempre media statura, di sempre media età, di sempre medie proporzioni, che mi stupisce per una cosa soltanto: che mentre io lo considero titubante e spaventato, egli mi guarda ridendo a crepapelle. La sua faccettina [p. 171 modifica]rotonda divinamente ride come incendiata da una risata infinita ed eterna, e la sua pancina tremola, tremola in quella gioia. Perchè dovrebbe questo spirito essere la perfezione della serietà e non quella dell’allegria? Secondo me, nella sua bocca divina si accentra l’universo in una eterna motrice risata. Egli non à creato no, rassicuratevi, per un tragico, o malinconico, o nostalgico fine; à creato perchè ciò lo divertiva. Voi lavorate per alimentare bene voi e i vostri figli, non per fare con essi lunghi sbadigli di fame. Egli lavorò per tenere alimentata la gioia sua ed offrirne alle sue degne creature. E comprenderete bene che por divertirsi tutti in eterno, ce ne vogliono dei curiosi ed eterni spettacoli!

Come avevate potuto pensare che egli avesse creato se ciò fosse stata cosa tediosa? Come poteva venirci da questa forza smisurata, opera da perditempo senza spirito! Bando dunque a tutta la vostra serietà, se volete comprendere qualche cosa di lui e della sua creazione, e specialmente di questa piccolissima parte che ci riguarda: la nostra terra. Il sole sarà, por esempio, il suo giuoco preferito per lunghe interminabili partite di pallone; la luna il suo specchio comico dalla luce tutta bitorzoluta, cosicché egli potrà vedervisi nelle più ridicole maniere. La nostra terra non è dunque che uno di questi suoi tanti giocattoli fatto precisamente così: un campo diviso da una fittissima macchia di marruche, spini, pruni, pungiglioni. À posto l’uomo da un lato dicendo ad esso: attraversala, là è la gioia, è il largo, la vita degli eletti, vivrai coi pochi coraggiosi che come te l’attraversarono. Riderai del dolore dei poltroni, dei paurosi, dei caduti, dei vili, dei vinti.

Fino dal primo momento l’uomo è in massima parte rimasto fuori a lamentarsi, a considerare lo spessore dell’oscuro ammasso del prunaio, a misurare la proporzione, la lunghezza, la quantità, la posizione degli spunzoni, a tentare di contarne il numero, a cercarvi un introvabile pertugio, a far paragoni fra questo e quello, invece di buttarvisi dentro risoluto. Alcuni [p. 172 modifica]vi sono in mezzo, incapaci di andare avanti o indietro, preferendo vivere con un pruno in un occhio, piuttosto che affrontarne uno non si sa dove. Questi gridano disperatamente, e i loro lagni scoraggiano sempre più quelli che sono ancora fuori, mentre fanno sempre più sganasciare dalla risa e tenersi la pancia per non liquefarsi dalla gioia, quei pochissimi che vivono ridendo, protetti dal loro signore, che al centro di tutte le cose ride più di loro.

Il piagnucolamento delle moltitudini esterne, solletica perennemente il bollore della loro allegrezza; le grida disperate di quelli che stanno dentro la siepe gli fanno dare lanci di giubilo. Ecco press’a poco il giuoco.

L’uomo che attraverserà coraggiosamente il dolore umano godrà dello spettacolo divino del suo Dio.

Egli si farà simile a lui, attraversando questo purgatorio di spine ch’egli gli à imposto per godere primo lui e comunicare la stessa gioia ai suoi diletti, egli, corpo umano, ma perfettissimo, che non à sulle sue membra di gioia una sola cicatrice di dolore.

Uomini, non siete creati, no, per soffrire; nulla fu fatto nell’ora di tristezza e per la tristezza; tutto fu fatto per il gaudio eterno. Il dolore è transitorio (voi soli ne eternate l’esistenza con la vostra paura); la gioia è eterna. Ecco il vero peccato originale, ecco il solo fonte battesimale. Vili! Paurosi! Poltroni! Incerti! Ritardatari! Passate la macchia! SE CREDETE CHE SIA PROFONDO CIÒ CHE COMUNEMENTE S’INTENDE PER SERIO SIETE DEI SUPERFICIALI. La superiorità dell’uomo su tutti gli animali è che ad esso solo fu dato il privilegio divino del riso. Essi non potranno mai comunicare con Dio. Un piccolo e misero topo, può farci udire il suo pianto, i suoi lamenti; nessun animalo ci à fatto ancora udire una calda sonora risata.

Che il riso (gioia) è più profondo del pianto (dolore), ce lo dimostra il fatto che l’uomo, appena nato, quando è ancora incapace di tutto, è però abilissimo di lunghi [p. 173 modifica]interminabili piagnistei. Prima che possa pagarsi il lusso di una bella risata avrà dovuto seguire una buona maturazione.

BISOGNA ABITUARSI A RIDERE DI TUTTO QUELLO DI CUI ABITUALMENTE SI PIANGE, sviluppando la nostra profondità. L’UOMO NON PUÒ ESSERE CONSIDERATO SERIAMENTE CHE QUANDO RIDE. La serietà in tal caso ci viene dalla ammirazione, dall’invidia, dalla vanità. QUELLO CHE SI DICE IL DOLORE UMANO NON È CHE IL CORPO CALDO ED INTENSO DELLA GIOIA RICOPERTO DI UNA GELATINA DI FREDDE LAGRIME GRIGIASTRE. Scortecciate e troverete la felicità.

Si è fino alla nausea fatto del vieto romanticismo sopra le sventure umane; le deformità del corpo, le malattie, le passioni, la miseria, la vecchiaia, i cataclismi, le carestie, furono ritenute sciagure tutte da bagnare di pianto. Se esse fossero state un tantino approfondite, noi le avremmo già come le fonti più vive della nostra allegrezza. Nulla fu creato con malinconia, ricordatelo bene; NULLA È TRISTE PROFONDAMENTE, TUTTO È GIOIOSO.

Un giorno natura, questa vecchia pittrice da accademia, dopo avere impartite al suo quadro mille spasmodiche sfumature di luci e di colori, coi suoi tramonti e colle sue aurore, mille toni di verde e di azzurro, «Ecco! — ella avrebbe detto alla fine aprendo la porta del suo studio a un uomo senz’occhi: — venite, guardate!». E credete proprio che essa fosse così sciocchina da farlo, se ciò non era spiritoso!

Il cieco ci rappresenta la profondità, il privilegio di tutte le viste. Egli à chiusa in sé la gioia di tutte le luci e di "tutti i colori. Se voi lo guardate, con aria lagrimosa siete dei poveri cervellini da tre centesimi.

E ridetegli pure in faccia, a questo beniamino! Natura ve lo indica per questo. Siete ancora degli esseri compassionevoli? Egli non vi vedrà. Siete ancora dei vili paurosi? Ma egli è il solo che non potrà battersi con voi.

Un gobbo, natura ve lo indica perchè gli ridiate [p. 174 modifica]dietro, e proprio dietro nella schiena essa gli pose il tesoro della sua giocondità. Un poeta gobbo che continuasse per tutta la vita a cantare dolorosamente non potrebbe essere mai e poi mai un uomo profondo, ma il più superficiale di questa terra. Egli si sarebbe fermato a piagnucolare alla superficie della sua gobba come un fanciullo alla parola «bao» dopo averci rubato lo scrigno del suo tesoro dorsale per non essere stato capace di penetrarlo.

MAGGIOR QUANTITÀ DI RISO UN UOMO RIUSCIRÀ A SCOPRIRE DENTRO IL DOLORE, PIÙ EGLI SARÀ UN UOMO PROFONDO.

Non si può intimamente ridere se non dopo aver fatto un lavoro di scavo nel dolore umano. L’uomo che ride del riso stesso, o servendosi della gioia già scavata da altri, o è un poltrone, o un impotente, e ride, come se uno gli facesse il solletico sotto la gola, un riso meccanico. E come se uno credesse di sfamarsi guardando mangiare. Così furono fino ad ora le arti, il teatro, la letteratura: galleggiare sul dolore umano, servirsi della gioia già scavata da un altro, facendocela vedere già fuori senza insegnarci il modo di scuoprirla.

IL SOLILOQUIO DI AMLETO, LA GELOSIA DI OTELLO, LA PAZZIA DI LEAR, LE FURIE DI ORESTE, LA FINE DI MARGHERITA GAUTIER, I GEMITI DI OSVALDO, VEDUTI ED ASCOLTATI DA UN PUBBLICO INTELLIGENTE DEVONO SUSCITARE LE PIÙ CLAMOROSE RISATE.

Fissate bene in viso la morte, ed essa vi fornirà tanto da ridere per tutta la vita. IO AFFERMO ESSERE NELL’UOMO CHE PIANGE, NELL’UOMO CHE MUORE, LE MASSIME SORGENTI DELLA GIOIA UMANA.

BISOGNA EDUCARE AL RISO I NOSTRI FIGLI, al riso più smodato, più insolente, al coraggio di ridere rumorosamente non appena ne sentano la necessità, all’abitudine di approfondire tutti i fantasmi, tutto le apparenze funebri e dolorose della loro infanzia, alla capacità di servirsene per la loro gioia. [p. 175 modifica]Per esercitare questo spirito di esplorazione nel dolore umano, fino dai primi anni li sottoporremo a prove facili. Gli forniremo giocattoli educativi, fantocci gobbi, ciechi, cancrenosi, sciancati, etici, sifilitici, che meccanicamente piangano gridino, si lamentino, vengano assaliti da epilessia, peste, colera, emorragie, emorroidi, scoli, follia, svengano, rantolino, muoiano. Poi la loro maestra sarà idropica, ammalata di elefantiasi, oppure secca secca, lunga, con collo di giraffa. Le due saranno alternate ad insaputa della scolaresca, messe vicino, fatte piangere, fatte tirarsi i capelli, i pizzicotti, dire ahi! ohi! in tutti i toni possibili e immaginabili, nelle maniere più desolanti.

Un maestro piccolino piccolino, gobbo rachitico, ed uno gigantesco dalla faccia impubere, dalla voce esilissima, e dal pianto come un filo di vetro. Un altro lo bastonerà, o lo rimprovererà con voce cavernosa, mentre il gobbettino gli farà il pizzicorino dietro i ginocchi. I varii tipi messi insieme, alternati, fatti piangere, rincorrere, dire ahi! ohi! in tutti i toni, fatti morire.

Gl’insegnanti entreranno nelle classi sempre con svariata sapientissima maniera. Una mattina il maestro sarà fasciato per male di denti; una mattina avrà gonfia una guancia come per una patatata ricevuta o levandosi il cappello avrà sopra il cranio lucido un enorme bitorzolo in mezzo, roseo lucente grosso come una mela, bubboni e furoncoli geniali, bendaggi, e fisserà gli alunni, e girerà per la classe serio, irato o malinconico, nostalgico, romantico, stupidamente innamorato della maestra idropica, o non corrisposto dalla giraffa. Sarà zoppo, guercio, marcio, sciancato. A seconda delle loro più o meno intense qualità naturali saranno questi insegnanti retribuiti.

Per abituare i loro alunni a ridere sinceramente di tutte le cose dette serie dovranno certo possedere specialissime attitudini, intelligenza pratica delle giovani coscienze, dei teneri cervelli.

La signora idropica darà tre enormi soffi e cadrà [p. 176 modifica]morta sulla sua poltrona. Quella lunga lunga secca, col collo di giraffa, morirà con lanci da cavalletta e cadrà contro il muro colle gambe all’insù, dopo aver percorso in tutti i sensi la sua classe. Lunghe sapienti lezioni di boccacce, di pianti i più svariati, di tutti i possibili lamenti. Si faranno nel cortile della scuola falsi funerali: le bare verranno, dopo l’estrema benedizione del cadavere, scoperte e trovate piene di dolciumi o di figurine per i più piccoli, o partiranno da esse centinaia di topolini, prima bianchi, poi grigi, poi neri, o il cadavere sarà di pasta frolla per i più grandi, di cioccolata per i più piccoli, ed essi se ne contenderanno allegramente le membra. O si alzerà in aria terribile, o all’alzarsi del coperchio il suo naso si eleverà oltre due metri sulla sua faccia, per i più grandi ancora.

I tardivi, QUELLI PREDISPOSTI IRRIMEDIABILMENTE ALLA MALINCONIA, incapaci di addentrarsi un solo millimetro nell’interno delle cose, quelli che ridono poco e male, gl’imbecilli insomma delle nuove generazioni VERRANNO prima CURATI con amore, con lezioni private, con ogni possibile mezzo, per sviluppare ogni loro possibilità, verranno poi espulsi, MESSI IN APPOSITI RICOVERI, DOVE CRESCERANNO E VIVRANNO i poveri infelici serii.

Le morti delle persone più care, tutte le loro sciagure, vi forniranno i momenti della vostra gioia più intensa. Pensate: essi ne toccano in quegli istanti il fondo e ve ne comunicano la profondità, che voi rispecchiandoli sottrarrete dal dolore. Io credo che anche un povero idiota che sia stato per tutta la vita incapace di vedere da sè, dovrà almeno ricordarsi in quell’ora i soffi della maestra idropica, gli stiracchiamenti di quella lunga e secca, i gemiti, i gridi, le boccacce degli insegnanti ecc.; il funerale dal quale saltarono fuori tanti topolini, quello nel quale il cadavere gonfiò gonfiò e salì per l’azzurro, o quello nel quale gustò un delizioso dito di pasta dolce, o un occhio caramellato. Oh! i baccanali dei nuovi funerali! I ritorni dai cimiteri, nuovi carnevali! Gli spettacoli [p. 177 modifica]negli ospedali, teatri delle nuove generazioni! Pensate alla nostra felicità e a quella dei nostri malati abituati a vedersi intorno facce tetre che rispecchiano la morte, quando si vedranno intorno negli appositi palchetti di osservazione, dame gobbe torte guercie, piene di bubboni, in décolleté, sbirciarli coi loro occhialini; elegantissimi giovani intignati, senza naso, gobbi, guerci, guardarli ridendo a crepapelle, come non si sentiranno essi padroni della gioia che è in fondo alla loro stessa carne? Tutto è da sperare dalla buona educazione dei giovani. Combattiamo dunque una educazione falsa e sbagliata, il rispetto umano, la compostezza, la linea, la bellezza, la giovinezza, la ricchezza, la pulizia, la libertà! Cioè, approfondiamo queste cose e troveremo in esse la loro ultima sostanza, il vero.

Ridere quando se ne à voglia, quando cioè il nostro ingegno, il nostro istinto più profondo ce ne suggeriscono il diritto, sviluppare questa che è la sola facoltà divina dell’essere umano. Ò veduto persone giovani, in special modo fanciulli, scappare a ridere istintivamente alla notizia di una sciagura che colpiva la loro famiglia o taluno dei loro amici. Se vi fosse stato taluno che avesse rimproverato quella creatura precocemente geniale, sviandola dal giusto cammino sul quale istintivamente muoveva i primi suoi passi, per colui s’innalzi pure la ghigliottina, che il giocondo spettacolo dell’universo non è per i suoi occhi.

Io affermo che anche nelle attuali circostanze della nostra coscienza umana rovesciata, sviata da una falsa educazione, l’uomo il più grave, il più maturo, che dopo aver superata una delle più gravi difficoltà della sua vita non si è sentito la voglia di fare uno sgambetto e non l’abbia addirittura fatto, era indegno di vincere quella battaglia. D’ora in poi, pensate, tutta la nostra vita sarà una serie interminabile di sgambetti.

Giovani, la vostra compagna sarà gobba, orba, sciancata, calva, sorda, sganasciata, sdentata, [p. 178 modifica]puzzolente, avrà gesti da scimmia, voce da pappagallo, ecc. Sono queste le sole creature che hanno in loro realizzato già il patrimonio della felicità. Non vi attardate sulla sua bellezza, se disgraziatamente per voi ella vi sembra bella, approfonditela, e ne avrete la deformità. Non vi adagiate mollemente sull’onda del suo profumo; una spira acuta di quel puzzo ch’è la verità profonda della sua carne che adorate, potrebbe un giorno sorprendervi, sfasciare d’un tratto il vostro fragile sogno, farvi prigionieri del dolore. Non vi attardate sull’ora breve della vostra e della sua giovinezza, rimarrete per forza a galla sul dolore umano. Approfonditela e ne avrete la vecchiaia, verità che altrimenti vi rimarrà sconosciuta quando la possederete e sarete preda della nostalgia. Non vi fermate a nessun grado del deforme, del vecchio, essi non hanno come il bello e il giovane un limite; essi sono infiniti.

Voi godrete di più a veder correre tre carogne, rassicuratevi, che tre puro-sangue. Il puro sangue à in sé la carogna che sarà; cercatela, scuopritela, non attardatevi sulle sue linee di fugace splendore. Pensate con gioia alla sua ed alla vostra vecchiaia. In fondo ad essa è la profondità della vostra vita. Avrete la gioia di creare un nuovo essere. Pensate alla felicità di vedervi crescere attorno tanti piccoli gobbettini, orbiciattoli, nanerelli, zoppuncoli, esploratori divini di gioia. Invece di far mettere la parrucca alla vostra compagna, se non è calva del tutto voi la farete radere fino alla lucidità, e fatele imbottire la schiena, se non è proprio gobba.

Sganasciata sia la mobilia della vostra casa; sedie, letti, tavolini che cadono, che si rovesciano, che s’infrangono. Quando le vostre scarpe sono nuove pensatele e vedetele vecchie e rotte, per carità non cercate di vederle in buono stato quando saranno sfasciate: voi sarete perduti. Sganasciate, sdrucite mentalmente il mobilio della vostra casa, rompete mentalmente le vostro scarpe, i vostri abiti. Prevedete fra i vostri figli un gobbo, o sappiate vedere uno storpio [p. 179 modifica]nel vostro figlio più sano, una vecchia bagascia rauca in una giovinetta dalla voce d’usignuolo. Approfondite, approfondite sempre; fissate la vecchiaia.

Venite! Venite! Nuovi eroi, nuovi genii della risata, sbucate nelle nostre braccia che vi attendono, fra le nostre bocche che ridono ridono ridono, fuori dalla macchia pungente del dolore umano.

CONCLUSIONI

NOI FUTURISTI VOGLIAMO GUARIRE LE RAZZE LATINE, E SPECIALMENTE LA NOSTRA, DAL DOLORE COSCIENTE, LUE PASSATISTA aggravata dal romanticismo cronico, dall’affettività mostruosa e dal sentimentalismo pietoso che deprimono ogni italiano. Vogliamo perciò sistematicamente:

1. DISTRUGGERE IL FANTASMA romantico ossessionante e doloroso DELLE COSE dette GRAVI, estraendone e sviluppandone il ridicolo, col sussidio delle scienze, delle arti, della scuola.

2. Combattere il dolore fisico e morale con la loro stessa parodia. Insegnare ai bambini la massima varietà di sberleffi, di boccacce, di gemiti, lagni, strilli, per preservarli dagli abituali pianti.

3. Svalutare tutti i dolori possibili, penetrandoli, guardandoli da ogni lato, anatomizzandoli freddamente.

4. INVECE DI FERMARSI NEL BUIO DEL DOLORE, ATTRAVERSARLO CON SLANCIO, PER ENTRARE NELLA LUCE DELLA RISATA.

5. Crearsi fino da giovani il desiderio della vecchiaia, per non essere prima turbati dal fantasma di essa, poi da quello di una giovinezza che non potemmo godere. Sapersi creare la sensazione di tutti i possibili mali fisici e morali nell’ora di maggior salute e di serenità della nostra vita.

6. Sostituire l’uso dei profumi con quello dei puzzi. Fate invadere un salone da ballo da un odore fresco di rose e voi lo cullerete in un vano passeggero sorriso, [p. 180 modifica]fatelo invadere da quello più profondo della merda (profondità umana stupidamente misconosciuta) e voi lo farete agitare nell’ilarità, nella gioia. Voi prendete ai fiori le loro cime, i loro petali: siete dei superficiali; essi vi domandano quello che ci avete in fonde al vostro corpo di più intimo, di più maturo per la loro felicità: sono più profondi di voi.

7. Trarre dai contorcimenti e dai contrasti del dolore gli elementi della nuova risata.

8. Trasformare gli ospedali in ritrovi divertenti, mediante five o’ clock thea esilarantissimi, café-chantants, clowns. Imporre agli ammalati delle fogge comiche, truccarli come attori, per suscitare fra loro una continua gaiezza. I visitatori non potranno entrare nei palchetti delle corsie se non dopo esser passati per un apposito istituto di laidezza e di schifo, nel quale si orneranno di enormi nasi foruncolosi, di finte bende, ecc. ecc.

9. Trasformare i funerali in cortei mascherati, predisposti e guidati da un umorista che sappia sfruttare tutto il grottesco del dolore. Modernizzare e rendere comfortables i cimiteri mediante buvettes, bars, skating, montagne russe, bagni turchi, palestre. Organizzare scampagnate diurne e bals masqués notturni nei cimiteri.

10. Non ridere nel vedere uno che ride (plagio inutile), ma saper ridere nel vedere uno che piange. Istituire società ricreative nelle stanze mortuarie, dettare epitaffi a base di bisticci, calembours e doppi sensi. Sviluppare perciò quell’istinto utile e sano che ci fa ridere di un uomo che cade per terra e lasciarlo rialzare da sè comunicandogli la nostra allegria.

11. Trarre tutto un nuovo comico fecondo da una mescolanza di terremoti, naufragi, incendi, ecc.

12. Trasformare i manicomi in scuole di perfezionamento per le nuove generazioni.