Emilio Salgari - I solitari dell'Oceano (1904)
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Fin
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Les fauves humains.


Un immense hurlement, terrible, semblant sorti de cent gorges de fauves en fureur, éclate comme un coup de tonnerre dans les profondeurs de la cale, faisant fuir précipitamment les fous de Bassan fuligineux et les petits pétrels qui s'étaient posés sur les vergues du bateau.

A ce hurlement qui semble annoncer le déchainement d'une tempête bien plus terrible que celles qui bouleversent les océans, les marins dispersés de la proue à la poupe interrompent leur manœuvre et se regardent l'un l'autre avec des yeux terrifiés.

Le capitaine lui-même qui déambule sur la passerelle s'arrête brusquement et une soudaine pâleur envahit sa peau brûlée par le soleil des tropiques.

Un jeune matelot posté sur le gaillard d'avant laisse filer l'écoute de trinquette et jette un regard rapide à la mer.

– Les requins sont de retour ! – s'écrie-t-il. – Un autre homme à dévorer !

– Et c'est le dixième !

– Hé, bosseman ! Tu peux faire préparer un autre hamac et un boulet de canon. — Un vieux marin aux épaules un peu voutées, la poitrine nue et poilue comme celle d'un singe et le visage couvert de poils presque jusqu'aux yeux, grimpe lestement sur le bastingage, en s'agrippant aux haubans.

– Tu vois, bosseman ? – demande le jeune matelot annonçant la présence des tigres de la mer. – Ils ont flairé un autre mort !

Trois énormes requins du genre carcharias, longs de cinq à six mètres, sortent de l'eau leurs têtes monstrueuses en montrant les dents triangulaires barbelées qui garnissent leurs immenses gueules demi-circulaires. Leurs petits yeux, presque ronds, à l'iris vert sombre et la pupille bleuâtre, se fixent, avec une convoitise ardente, sur le bastingage de babord comme si la proie longtemps convoitée devait en tomber dans leurs mâchoires .

– Canailles ! – s'exclama le vieux en les menaçant du poing; – Vous en avez déjà englouti dix !

– Et qui sait combien d'autres finiront dans le ventre de ces maudits carcharias, dit le jeune matelot qui l'avait rejoint.

– Oui, si quelque chose de pire ne nous tue pas avant, grogna rageusement le vieux.

– Que veux-tu dire bosseman ?

– Que la peste qui rampe à bord peut devenir moins dangereuse que la peste jaune qui est dans l'entrepont, répondit le vieux. – Tu les entends hurler ? Ils peuvent devenir pires que des bêtes féroces. Tu me comprends, Frasquito ?

Tu crois ? demanda le jeune homme en pâlissant.

– Que nous finirons mal et que ce ne sera pas la peste qui nous enverra reposer dans les entrailles de ces carcharias.

– On sera pris entre deux feux ?

– Oui entre la peste qui tue et la jaune qui nous mettra en pièces.

Une nouvelle bordée de hurlements encore plus formidables, plus sauvages, plus effrayants, résonna dans le ventre du vaisseau, faisant trembler jusqu'aux planches du pont.

– De l'air !... De l'air !... rugissaient toutes ces voix, à l'accent plein de menaces. – On crève !

Le capitaine était descendu en hâte de la passerelle, les traits contractés et la main droite convulsivement posée sur la crosse du revolver qu'il portait à la ceinture.

Le capitaine Carvadho, commandant et propriétaire du bateau, était un vrai géant qui savait, d'un seul regard, faire trembler l'équipage entier.

C'était un véritable ogre des mers, rude, brutal, incapable de se faire aimer, mais par contre très capable de se faire craindre .

Il avait cinquante ans, et pourtant quelle force il y avait encore dans ce torse d'hippopotame, mal équarri et robuste comme celui d'un gorille !

C'était un de ces hommes qui se vantent de tuer un bœuf d'un coup de poing et de terrasser un taureau sans effort.

Il mesurait près de six pieds. Il avait des épaules d'Hercule, des bras comme des troncs d'arbre, une tête massive, hérissée de cheveux encore noirs, le font bas et rugueux, et deux yeux étincelants à faire peur.

Sous l'effet des clameurs qui augmentaient rapidement en intensité, un afflux de sang lui était monté à la tête, donnant à sa peau tannée par le soleil et par les vents une teinte de bronze. – Que veulent encore ces chiens ? hurla-t-il. – Ils veulent de la mitraille ? Nous en avons en abondance à bord.

Le vieux marin s'était avancé, tandis que tous les autres s'étaient prudemment reculés vers les bordés, tant l'éclat du géant ne laissait rien prévoir de bon.

– Capitaine, dit le vieux.

– Que veux-tu, Francisco ?

– Les requins sont arrivés.

– Qu'ils se noient.

– Ils ont senti un autre mort.

– Qu'ils le mangent.

– Il faudra le leur donner.

– Va le chercher.

– Les Chinois sont furieux et ils me mettraient en pièces.

– Aurais-tu peur ? demanda le capitaine.

Le vieux marin avait pâli.

– Monsieur, dit-il d'une voix ferme. Il y a vingt ans que l'on m'a nommé bosseman, et j'ai fait vingt fois le tour du monde.

– Pour apprendre à avoir peur d'une bande de Chinois, dit le capitaine d'un ton moqueur.

– Ils sont quatre cents, Monsieur.

– Il suffira de deux décharges de mitraille pour les décimer comme il faut, dit le commandant avec un sourire atroce.

– Si on vous permet un tel massacre, dit une voix derrière lui. – Vous semblez avoir oublié qu’il y a ici un représentant du gouvernement péruvien.

Le géant s’était retourné avec la rapidité d’une bête féroce, serrant la crosse du revolver.

Un homme qui venait de la plage arrière, tenant par la main un jeune homme de seize ou dix-sept ans, s'était approché silencieusement du capitaine, avait prononcé ces mots qui devaient faire l’effet d’un coup de fouet sur le loup de mer brutal.

C’était un bel homme de trente ans, à l’aspect distingué,, vêtu élégamment de flanelle blanche, avec sur la tête un de ces grands panamas que l'on ne trouve pas à moins de quatre cents lires, même en Amérique centrale.

C’était un vrai spécimen de cette belle race hispano-américaine que l'on admire dans toutes les villes de la côte. Taille moyenne, à la fois robuste et agile, des yeux très noirs, veloutés et taillés en amande, les cheveux bouclés et très noirs avec des reflets aile des corbeau, la peau légèrement bronzée, les mains et pieds de petite taille.

Le jeune homme qui le suivait lui ressemblait parfaitement. Il était également brun, très robuste pour son âge, des cheveux longs qui échappaient de son chapeau de paille pour tomber sur ses épaules, des yeux magnifiques, des lèvres un peu charnues et rouges comme des cerises mures.

Comme on l’a dit, le géant s’était retourné avec la violence d'une bête féroce qui va s’abattre sur sa proie. Se retrouvant en présence de ces deux hommes calmes et sereins, il fit une grimace et dit : – Qu'est-ce que vous voulez, Monsieur Cyrillo de Ferreira? Il semble que vous vous mêliez un peu trop de mes affaires.

– Je vous disais qu'il y a quelqu'un pour vous empêcher de commettre le massacre, répondit le plus âgé d'une voix ferme, et ce quelqu'un est le commissaire du gouvernement du Pérou.

– C'est vrai, dit ironiquement le capitaine. – J'avais oublié que le gouvernement avait accroché à mes basques un commissaire pour surveiller le transport des coolies. Malheureusement pour vous, le gouvernement a oublié de vous avertir d'une chose très importante.

– Et quoi donc ? demanda le commissaire en pâlissant.

– Que son pouvoir ne s’étend pas jusqu’au milieu de l’océan Pacifique.

– Et vous voulez conclure Monsieur Carvadho ?

– Que je suis le seul à commander à bord de mon vaisseau, répondit le géant, croisant les bras dans un geste de défi.

Monsieur Cyrillo de Ferreira était resté muet, stupéfait par ces paroles brutales.

– Monsieur, dit-il en s'avançant. – Je représente ici le Pérou.

Le capitaine se tourna vers les marins qui assistaient impassibles à la scène et dit : – Amenez le pavillon péruvien et hissez le brésilien qui est le mien.

Puis, regardant fixement monsieur Ferreira, il reprit : – Et maintenant monsieur, vous n'êtes plus sous la protection de votre pavillon et vous ne représentez pour moi qu'un simple intrus à bord de mon Alcione. Si, à la première terre que nous reconnaîtrons, vous souhaitez débarquer avec votre frère, libre à vous. Je vous avertis toutefois qu'en Nouvelle-Zélande il y a des sauvages qui nourrissent une vraie passion pour les rôtis de chair humaine.

Monsieur Ferreira avait rapidement levé la main pour souffleter le géant, mais celui-ci rapide comme l'éclair avait pointé son revolver en disant : – Si vous faites un pas je vous tue !

– Pirate ! hurla le péruvien.

– J'ai la peau plus épaisse que celle d'un éléphant pour subir les insultes, dit le capitaine en haussant les épaules.

Entretemps le jeune homme avait saisi fermement la main droite de son frère en lui disant : – Ne risque pas ta vie contre ce négrier. Nous en référerons au gouvernement.

– Libre à vous de le faire, monsieur Ioao de Ferreira, dit le capitaine en regardant le jeune homme. – Reste à voir si ce rapport pourra arriver au Pérou avec vous. Il tourna le dos aux deux frères et monta à la passerelle en criant : – Canonniers, à vos pièces ! Double charge de mitraille dans les canons; Allons, hissez le mort et jetez-le aux requins !

Quatre matelots dont un Malais, après une courte hésitation s'étaient approchés de l'écoutille principale, tandis qu'un cinquième faisait descendre d'un étai un cable muni d'un solide crochet d'acier.

Entretemps les deux canons situés l'un sur le gaillard et l'autre sur le château d'avant, avaient été pointés de façon à croiser leurs tirs vers le centre du bateau, tandis que les matelots s'alignaient le long des bastingages armés de haches, de manivelles et de harpons. Le bosseman, le vieux Francisco, s’était approché de l’écoutille, disant aux quatre marins : – Que personne ne touche le mort si vous ne voulez pas être emportés par la peste.

– Nous nous tiendrons éloignés de cette charogne, dit un marin poilu comme le bosseman. – Que la peste emporte les Chinois.

Sur un signe du bosseman, on fit glisser l’écoutille sur ses rainures et au-dessous, apparut une solide grille de bois, retenue par des crochets de deux doigts d'épaisseur.

Des cris terribles qui finirent en un rugissement immense, assourdissant, échappèrent par ces ouvertures, et cinquante mains s’agrippèrent aux traverses de bois, les secouant furieusement et cherchant, mais en vain, à les briser.

– Quel orage ! s'exclama le bosseman. – Si tous ces Chinois pouvaient monter sur le pont cinq minutes, il ne resterait pas de nous un petit morceau de viande gros comme un paquet de tabac !

Au-dessous de ces mains, on voyait apparaître des visages jaunâtres, horriblement altérés, et on voyait des nattes se balancer de façon désordonnée.

Des regards pleins de haine se fixèrent sur le bosseman, tandis que des centaines de voix rauques et grinçantes hurlaient sur tous les tons : – De l'air ! ... De l'air ! ...

– On meurt !

– À mort le pirate !

– Donnez-nous sa tête !

– Enfants du démon ! Ouvrez ou nous coulons le bateau !

– Silence, perroquets jaunes ! – cria le bosseman.

– A mort ! vociféraient au contraire ces centaines de voix.

Et les mains s'agrippaient plus fort aux barreaux de la grille, en les secouant avec toujours plus de fureur, tandis que les yeux s'injectaient de sang.

Autour de ces groupes de damnés, à la proue et à la poupe, le boucan, au lieu de diminuer, augmentait épouvantablement.

On entendait des clameurs qui n'avaient plus rien d'humain, des rugissements de fauves en fureur, des chaînes cogner les parois, puis des coups sourds comme si des poutres avaient frappé puissamment les flancs du gros navire.

– Silence ! tonna le bosseman. – Passez-nous le mort ou nous le laisserons pourrir parmi vous. Bas les pattes ou je vous les fais couper à coup de hache.

Cette menace loin de calmer les Chinois enfermés dans l'entrepont comme des bêtes féroces, sembla plutôt augmenter leur rage.

Tout à coup pourtant une voix perçante comme une prompette, s'éleva de l'entrepont, dominant toutes ces clameurs sauvages : – Place à la mort !...

Comme par enchantement les cris cessèrent et les mains abandonnèrent les barreaux de la grille.

– Sao-King a parlé, firent cinquante voix.

– Levez les grilles vous-mêmes dit le bosseman

Un matelot plaça le crochet de fer dans un barreau et libéra les charnières, tandis que les autres s'accrochaient à la corde passée dans une poulie.

La lourde grille fut hissée d'un côté et une deuxième corde également muni d'un crochet fut descendue dans l'entrepont.

Un homme apparut portant un un corps humain inerte sur l'épaule, dont les traits étaient crispés, les yeux horriblement écarquillés et la bouche tordue et barbouillée d'une écume sanglante.

Sa poitrine nue était couverte de taches luisantes, un peu enflées.

– Prenez-le, dit l'homme qui l'avait porté.

– L'ami, dit le bosseman, avec un sourire atroce. – Tu as attrapé la peste en portant cette charogne. Demain nous viendrons prendre ta carcasse que les requins attendent déjà.

– A moins que je ne prenne moi-même ta vieille peau, répondit le Chinois d'une voix sombre.

– Ah ! Tu es Sao-King, le chef des coolies ! s'exclama le bosseman tandis qu'un frisson lui parcourait les os. – Ohé ! Hissez !

Le crochet avait été passé dans la ceinture de gros cuir qui enserrait les flancs du mort et celui-ci était resté seul, se balançant à l'extrémité de la corde.

– Hisse donc ! cria le bosseman en se retirant précipitamment, de peur que le mort ne le touche.

– Morbleu ! s'exclama un matelot. – S'il est lourd ce mort ! On dirait qu'il a du plomb dans le ventre.

– C'est la peur qui affaiblit tes bras, mon cher Nobre, dit le bosseman, saisissant la corde à son tour pour aider ses camarades. – Veillez à refermer la grille dès que le mort aura touché le pont.

En quelques tractions les cinq matelots eurent hissé le cadavre, bien qu'il eût paru à tous extraordinairement lourd. – La grille ! cria le maître.

Le matelot que nous avons entendu appeler Nobre s'était élancé pour détacher le crochet et la laisser retomber, quand ses camarades le virent reculer avec un cri de terreur.

L'homme qui avait porté le cadavre, Sao-King, le chef des coolies, était monté en même temps que celui-ci.

Avant que les matelots abasourdis n'aient pensé à le renvoyer dans l'entrepont, le Chinois avait abandonné les flancs du mort et d'une rapide pirouette s'était élancé sur le pont.

Tout l'équipage, au lieu de se jeter sur le Céleste, s'était précipitamment éloigné, se réfugiant à la proue et à la poupe.

Le bosseman et ses compagnons avaient fui eux aussi, mais pas avant d'avoir laissé tomber la grille pour empêcher les Chinois enfermés dans l'entrepont de profiter de cet événement inattendu pour se répandre sur le pont comme une légion de diables.

– Il a porté le mort ! avait crié le vieux Francisco. – Il est pestiféré !

A cet instant, le cadavre, livré à lui-même, s'était abattu sur la grille avec un bruit sourd, replié sur lui-même.

Sao-King avait jeté un long regard de pitié sur son malheureux compagnon, puis, profitant de l'espace vide qui s'était fait autour de lui, il fit quelques pas vers le capitaine qui le regardait anxieusement, pâle comme un linge.

– J'ai à vous parler, dit Sao-King.

– Ne t'approche pas ! hurla le géant d'une voix étranglée. – Tu apportes la peste !

– J'ai à vous parler, répéta énergiquement le Chinois.

– Tuez-le ! cria le commandant avec ses cheveux dressés sur la tête.

Et comme personne n’osait bouger, il arma précipitamment son arme et la pointa sur le Chinois qui continuait à avancer, un sourire méprisant sur les lèvres.
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Le belve umane.
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– I pesci-cani sono giunti ancora!
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– esclama.
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– Un altro uomo da divorare!
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– Ed è il decimo!
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– Ehi, bosmano!
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Puoi far preparare un’altra amaca ed una palla di cannone.
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– Vedi, bosmano?
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– domanda il giovane marinaio che ha annunciata la presenza delle tigri del mare.
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– Hanno fiutato un altro morto!
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– Canaglie!
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– esclamò il vecchio minacciandoli col pugno.
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– Ne avete già inghiottiti dieci!
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– Sì, se qualche cosa di peggio non ci finirà prima – brontolò il vecchio, coi denti stretti.
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– Cosa vuoi dire, bosmano?
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– Odi come urlano?
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Possono diventare peggiori delle belve feroci.
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M’intendi, Frasquito?
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– Tu credi?
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– chiese il giovane impallidendo.
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– Verremo presi fra due fuochi?
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– Sì, fra la peste che uccide e quella gialla che ci farà in pezzi.
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– Aria!...
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Aria!...
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– ruggivano tutte quelle voci, con accento ripiene di minaccia.
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– Si muore!
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Era un vero orco di mare, ruvido, brutale, incapace di farsi amare, ma invece molto temere.
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Misurava quasi sei piedi.
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[p. 5 modifica] – Che cosa vogliono ancora quei cani?
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– urlò.
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– Vogliono della mitraglia?
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A bordo ne abbiamo in abbondanza.
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– Capitano – disse il vecchio.
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– Cosa vuoi, Francisco?
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– I pescicani sono giunti.
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– Che s’affoghino.
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– Hanno fiutato un altro morto.
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– Che se lo mangino.
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– Bisognerà darglielo.
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– Va’ a prendertelo.
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– I cinesi sono furibondi e mi farebbero a pezzi.
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– Avresti paura?
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– chiese il capitano.
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Il vecchio marinaio era diventato pallido.
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– Signore – disse con tono fermo.
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– Sono vent’anni che mi hanno nominato bosmano ed ho fatto venti volte il giro del mondo.
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– Per imparare ad aver paura d’un branco di cinesi – disse il capitano con accento beffardo.
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– Sono quattrocento, signore.
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– Se vi si permetterà un simile massacro – disse una voce dietro di lui.
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– Pare che abbiate dimenticato che qui vi è un rappresentante del governo peruviano.
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Il gigante si era voltato colla rapidità d’una belva feroce, stringendo il calcio della pistola.
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Il giovane che lo seguiva gli rassomigliava perfettamente.
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Pare che vi immischiate un po' troppo nei miei affari.
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– È vero – disse il capitano con ironia.
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Disgraziatamente per voi, il governo si è dimenticato di avvertirvi d'una cosa molto importante.
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unit 84
– E quale?
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– chiese il commissario diventando pallido.
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unit 86
– Che il suo potere non si estende fino in mezzo all'Oceano Pacifico.
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– E volete concludere signor Carvadho?
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Il signor Cyrillo de Ferreira era rimasto muto, come stupito da quelle brutali parole.
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– Signore – disse poi facendosi innanzi.
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– Io rappresento qui il Perù.
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Se alla prima terra che incontreremo vorrete sbarcare assieme a vostro fratello, siete padronissimo.
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– Pirata!
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– urlò il peruviano.
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Faremo rapporto al governo.
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unit 102
– Padronissimo di farlo, signor Ioao de Ferreira – disse il capitano guardando il giovanotto.
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unit 103
– Vedremo però se quel rapporto potrà giungere al Perù assieme a voi.
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unit 105
Doppia carica di mitraglia nei cannoni.
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unit 106
Orsù, issate il morto e gettatelo ai pescicani!
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unit 110
– Ci terremo lontani da quella carogna – disse un marinaio villoso al pari del bosmano.
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unit 111
– Che la peste se la tengano i cinesi.
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unit 114
– Che bufera!
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unit 115
– esclamò il bosmano.
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unit 119
Aria!...
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unit 120
– Moriamo!
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unit 121
– Morte al pirata!
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– Dateci la sua testa!
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– Figli del demonio!
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Aprite o affondiamo la nave!
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unit 125
– Silenzio, pappagalli gialli!
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unit 126
– gridò il bosmano.
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unit 127
– A morte!
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unit 128
– vociferavano invece quelle centinaia di voci.
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unit 132
– Silenzio!
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unit 133
– tuonò il bosmano.
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unit 134
– Passate il morto o lo lasceremo imputridire fra voi!
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unit 135
Via le mani o ve le faccio tagliare colle scuri.
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unit 138
Come per incanto le grida cessarono e le mani abbandonarono le traverse della grata.
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unit 139
– Sao-King ha parlato – dissero cinquanta voci.
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unit 140
– Alzate le grate voi – disse il bosmano.
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unit 144
Il petto nudo era coperto di macchie lucenti, un po' rigonfie.
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– Prendete – disse l'uomo che lo aveva portato.
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– Amico – disse il bosmano, con un sorriso atroce.
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– Tu ti sei presa la peste portando questa carogna.
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Domani verremo a prendere la tua carcassa che i pescicani già aspettano.
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– Purché non prenda invece io la tua vecchia pelle – rispose il cinese con voce cupa.
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– Ah!
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Tu sei Sao-King, il capo dei coolies!
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– esclamò il bosmano, mentre un brivido gli correva per le ossa.
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– Ohe!
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Issate!
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– Issa dunque!
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– gridò il bosmano, ritirandosi precipitosamente, per paura che il morto lo toccasse.
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– Corpo d'una fregata!
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– esclamò un marinaio.
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– Come pesa questo morto!
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Si direbbe che ha del piombo nel ventre.
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– Attenti a chiudere la grata appena il morto toccherà il ponte.
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[p. 9 modifica] – La grata!
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– gridò il mastro.
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Col cadavere era salito anche l'uomo che lo aveva portato, Sao-King, il capo dei coolies.
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– Ha portato il morto!
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– aveva gridato il vecchio Francisco.
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– È appestato!
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– Ho da parlarvi – disse Sao-King.
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– Non avvicinarti!
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– urlò il gigante con voce strozzata.
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– Tu porti la peste!
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– Ho da parlarvi – ripeté il cinese con energia.
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– Uccidetelo!
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– gridò il comandante mentre i capelli gli si rizzavano sulla fronte.
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Le belve umane.

Un urlo immenso, terribile, che sembra uscito dalle gole di cento fiere in furore, scoppia come un colpo di tuono nelle profondità della stiva, facendo fuggire precipitosamente le sule fuliginose ed i piccoli petrelli che si erano posati sui pennoni della nave.

A quell’urlo che pare annunci lo scatenarsi d'una bufera ben più tremenda di quelle che sconvolgono gli oceani, i marinai sparsi a prora ed a poppa interrompono la loro manovra e si guardano in viso con occhi atterriti.

Anche il capitano che passeggia sulla passerella si arresta bruscamente e un rapido pallore si diffonde sulla sua pelle bruciata dal sole dei tropici.

Un giovane marinaio che si trova sul castello di prora lascia andare la scotta della trinchettina e lancia un rapido sguardo sul mare.

– I pesci-cani sono giunti ancora! – esclama. – Un altro uomo da divorare!

– Ed è il decimo!

– Ehi, bosmano! Puoi far preparare un’altra amaca ed una palla di cannone. —

Un vecchio marinaio dalle spalle un po’ curve, col petto nudo e villoso come quello d’una scimmia ed il volto coperto di pelo fino quasi agli occhi, s’arrampica lestamente sulla murata, aggrappandosi alle sartie.

– Vedi, bosmano? – domanda il giovane marinaio che ha annunciata la presenza delle tigri del mare. – Hanno fiutato un altro morto!

Tre enormi pesci-cani del genere dei charcharias, lunghi da cinque a sei metri, emergono le loro teste mostruose e mostrano i loro denti triangolari e frastagliati che guerniscono le loro immense bocche semi-circolari. [p. 4 modifica]

I loro occhi piccoli, quasi rotondi, coll’iride verde oscura e la pupilla azzurrognola, si fissano, con ardente bramosìa, sulla murata di babordo come se di là dovesse piombare fra le loro mascelle la preda lungamente agognata.

– Canaglie! – esclamò il vecchio minacciandoli col pugno. – Ne avete già inghiottiti dieci!

– E chissà quanti andranno a finire nel ventre di quei maledetti charcharias – disse il giovane marinaio che lo aveva raggiunto.

– Sì, se qualche cosa di peggio non ci finirà prima – brontolò il vecchio, coi denti stretti.

– Cosa vuoi dire, bosmano?

– Che la peste che serpeggia a bordo può diventare meno pericolosa della peste gialla che sta nel frapponte – rispose il vecchio. – Odi come urlano? Possono diventare peggiori delle belve feroci. M’intendi, Frasquito?

– Tu credi? – chiese il giovane impallidendo.

– Che noi la finiremo male e che non sarà la peste che ci manderà a riposare nelle viscere di quei charcharias.

– Verremo presi fra due fuochi?

– Sì, fra la peste che uccide e quella gialla che ci farà in pezzi.

Un nuovo scoppio di urla più formidabili, più selvagge, più paurose, rimbombò nel ventre del vascello, facendo tremare perfino le tavole della tolda.

– Aria!... Aria!... – ruggivano tutte quelle voci, con accento ripiene di minaccia. – Si muore!

Il capitano era disceso frettolosamente dal ponte di comando coi lineamenti contratti e la destra posata convulsivamente sul calcio della pistola che teneva nella cintura.

Il capitano Carvadho, comandante e proprietario della nave, era un vero gigante che sapeva, con un solo sguardo, far tremare l’intero equipaggio.

Era un vero orco di mare, ruvido, brutale, incapace di farsi amare, ma invece molto temere.

Aveva cinquant’anni, eppure quanta forza esisteva ancora in quel torso da ippopotamo, male squadrato e robusto come quello d’un gorilla!

Era uno di quegli uomini che si vantano di ammazzare un bove con un pugno e di atterrare, senza fatica, un toro.

Misurava quasi sei piedi. Aveva spalle da ercole, braccia che parevano tronchi d’albero, una testa massiccia, irta di capelli ancora neri, con una fronte bassa e rugosa, e due occhi che mandavano lampi da far paura.

Udendo quei clamori che crescevano rapidamente d’intensità, un’ondata di sangue gli era affluita al capo dando alla sua pelle arsa dal sole e dai venti, una tinta bronzea. [p. 5 modifica]

– Che cosa vogliono ancora quei cani? – urlò. – Vogliono della mitraglia? A bordo ne abbiamo in abbondanza.

Il vecchio marinaio s’era fatto innanzi, mentre tutti gli altri si erano prudentemente tirati verso le murate, nulla prevedendo di buono dallo scoppio d’ira del gigante.

– Capitano – disse il vecchio.

– Cosa vuoi, Francisco?

– I pescicani sono giunti.

– Che s’affoghino.

– Hanno fiutato un altro morto.

– Che se lo mangino.

– Bisognerà darglielo.

– Va’ a prendertelo.

– I cinesi sono furibondi e mi farebbero a pezzi.

– Avresti paura? – chiese il capitano.

Il vecchio marinaio era diventato pallido.

– Signore – disse con tono fermo. – Sono vent’anni che mi hanno nominato bosmano ed ho fatto venti volte il giro del mondo.

– Per imparare ad aver paura d’un branco di cinesi – disse il capitano con accento beffardo.

– Sono quattrocento, signore.

– Basteranno due scariche di mitraglia per decimarli a dovere – disse il comandante con un atroce sorriso.

– Se vi si permetterà un simile massacro – disse una voce dietro di lui. – Pare che abbiate dimenticato che qui vi è un rappresentante del governo peruviano.

Il gigante si era voltato colla rapidità d’una belva feroce, stringendo il calcio della pistola.

Un uomo che era uscito allora dal quadro di poppa, tenendo per mano un giovanotto di sedici o diciassette anni, si era accostato silenziosamente al capitano, pronunciando quelle parole che dovevano fare l’effetto d’un colpo di frusta sul brutale lupo di mare.

Era un bell’uomo di trent’anni, dall’aspetto distinto, vestito elegantemente di flanella bianca, con in testa uno di quegli ampi cappelli di Panama che anche nell’America centrale non si pagano meno di tre o quattrocento lire.

Era un vero tipo di quella bella razza ispano-americana che si fa ammirare in tutte le città della costa. Statura media, robusta ed insieme agile, occhi nerissimi, vellutati e tagliati a mandorla, capelli ricciuti e pure nerissimi coi riflessi delle ali dei corvi, pelle leggermente abbronzata, mani e piedi piccoli.

Il giovane che lo seguiva gli rassomigliava perfettamente. Era del pari bruno, molto robusto per la sua età, coi capelli lunghi che gli sfuggivano sotto il cappello di paglia arruffandosi sulle spalle, occhi splendidi, labbra un po’ carnose e rosse come ciliegie mature.

Come si disse, il gigante si era voltato coll’impeto d’una fiera che sta per scagliarsi sulla preda. [p. 6 modifica]

Vedendosi dinanzi quei due, entrambi calmi, tranquilli, fece una smorfia, poi disse:

– Che cosa volete voi, signor Cyrillo de Ferreira? Pare che vi immischiate un po' troppo nei miei affari.

– Vi diceva che v'è qualcuno che v'impedirà di commettere il massacro, – rispose il più anziano con voce ferma, – e che questo qualcuno è il commissario del governo del Perù.

– È vero – disse il capitano con ironia. – M'ero dimenticato che il governo m'aveva appiccicato ai fianchi un commissario per sorvegliare il trasporto dei coolies. Disgraziatamente per voi, il governo si è dimenticato di avvertirvi d'una cosa molto importante.

– E quale? – chiese il commissario diventando pallido.

– Che il suo potere non si estende fino in mezzo all'Oceano Pacifico.

– E volete concludere signor Carvadho?

– Che a bordo della mia nave comando io solo – rispose il gigante, incrociando le braccia con atto di sfida.

Il signor Cyrillo de Ferreira era rimasto muto, come stupito da quelle brutali parole.

– Signore – disse poi facendosi innanzi. – Io rappresento qui il Perù.

Il capitano si volse verso i marinai i quali assistevano impassibili a quella scena e disse:

– Ammainate la bandiera peruviana e issate quella brasiliana che è la mia.

Poi guardando fisso il signor de Ferreira, riprese:

– Ed ora signore, voi non siete più sotto la protezione della vostra bandiera e per me non rappresentate che un semplice intruso a bordo del mio Alcione. Se alla prima terra che incontreremo vorrete sbarcare assieme a vostro fratello, siete padronissimo. Vi avverto però che alla Nuova Zelanda vi sono dei selvaggi che hanno una vera passione per gli arrosti di carne umana.

Il signor de Ferreira aveva alzata rapidamente una mano, pronto a schiaffeggiare il gigante, ma questi rapido come il lampo aveva alzata la pistola, dicendo:

– Se fate un passo vi uccido!

– Pirata! – urlò il peruviano.

– La mia pelle è più grossa di quella d'un elefante per sentire le offese – disse il capitano alzando le spalle.

Il giovanotto in quel frattempo aveva afferrata strettamente la destra del fratello, dicendogli:

– Non esporre la tua vita contro questo negriero. Faremo rapporto al governo.

– Padronissimo di farlo, signor Ioao de Ferreira – disse il capitano guardando il giovanotto. – Vedremo però se quel rapporto potrà giungere al Perù assieme a voi. [p. 7 modifica]

Volse le spalle ai due fratelli e salì sul ponte di comando, gridando:

– Cannonieri, ai vostri pezzi! Doppia carica di mitraglia nei cannoni. Orsù, issate il morto e gettatelo ai pescicani!

Quattro marinai, fra i quali un malese, dopo una breve esitazione si erano accostati al boccaporto maestro, mentre un quinto faceva scendere da uno straglio una fune munita d'un solido gancio d'acciaio.

Nel frattempo i due pezzi di cannone situati uno sul cassero e l'altro sul castello di prora, erano stati puntati in modo da incrociare i loro fuochi verso il centro della nave, mentre i marinai si schieravano lungo le murate impugnando scuri, manovelle e ramponi. Il bosmano, il vecchio Francisco, si era accostato al boccaporto, dicendo ai quattro marinai:

– Che nessuno tocchi il morto, se non volete che la peste vi prenda.

– Ci terremo lontani da quella carogna – disse un marinaio villoso al pari del bosmano. – Che la peste se la tengano i cinesi.

Ad un cenno del bosmano il boccaporto fu fatto scorrere nelle sue scanalature e sotto apparve una robusta grata di legno, trattenuta da arpioni grossi due dita.

Urla terribili che finirono in un ruggito immenso, assordante, sfuggirono attraverso a quelle aperture, e cinquanta mani s'aggrapparono alle traverse di legno scuotendole furiosamente e cercando, ma invano, di schiantarle.

– Che bufera! – esclamò il bosmano. – Se tutti questi cinesi potessero salire in coperta per cinque minuti, di noi non rimarrebbe un pezzetto di carne grossa come un pacco di tabacco!

Al di sotto di quelle mani si vedevano apparire dei volti giallastri, spaventosamente alterati e si vedevano ondeggiare disordinatamente delle code.

Sguardi pregni d'odio si fissarono sul bosmano, mentre centinaia di voci rauche e stridenti urlavano su tutti i toni:

– Aria!... Aria!...

– Moriamo!

– Morte al pirata!

– Dateci la sua testa!

– Figli del demonio! Aprite o affondiamo la nave!

– Silenzio, pappagalli gialli! – gridò il bosmano.

– A morte! – vociferavano invece quelle centinaia di voci.

E le mani s'aggrappavano con maggior forza alle traverse della grata, scuotendole con crescente furore, mentre gli sguardi s'iniettavano di sangue.

Intorno a quei gruppi di dannati, a prora ed a poppa del frapponte, il baccano invece di scemare aumentava in modo spaventoso.

S'udivano clamori che più nulla avevano d'umano, ruggiti di [p. 8 modifica]belve furibonde, catene a sbattacchiare contro le pareti, poi dei colpi sordi come se delle travi percuotessero poderosamente i fianchi della grossa nave.

– Silenzio! – tuonò il bosmano. – Passate il morto o lo lasceremo imputridire fra voi! Via le mani o ve le faccio tagliare colle scuri.

Quella minaccia lungi dal calmare i cinesi rinchiusi nel frapponte come belve feroci, parve invece che aumentasse la loro rabbia.

Ad un tratto però una voce squillante come una tromba, s'alzò nel frapponte, dominando tutti quei clamori selvaggi:

– Largo alla morte!...

Come per incanto le grida cessarono e le mani abbandonarono le traverse della grata.

– Sao-King ha parlato – dissero cinquanta voci.

– Alzate le grate voi – disse il bosmano.

Un marinaio cacciò il gancio di ferro in una traversa e aprì gli arpioni, mentre gli altri s'aggrappavano alla corda passata in un boscello.

La pesante grata fu issata da un lato ed una seconda corda pure armata d'un gancio, fu calata nel frapponte.

Un uomo apparve portando sulle spalle un corpo umano privo di moto, coi lineamenti contratti, gli occhi orrendamente spalancati e la bocca contorta e lorda d'una schiuma sanguigna.

Il petto nudo era coperto di macchie lucenti, un po' rigonfie.

– Prendete – disse l'uomo che lo aveva portato.

– Amico – disse il bosmano, con un sorriso atroce. – Tu ti sei presa la peste portando questa carogna. Domani verremo a prendere la tua carcassa che i pescicani già aspettano.

– Purché non prenda invece io la tua vecchia pelle – rispose il cinese con voce cupa.

– Ah! Tu sei Sao-King, il capo dei coolies! – esclamò il bosmano, mentre un brivido gli correva per le ossa. – Ohe! Issate!

Il gancio era stato passato nella cintura di grossa pelle che stringeva i fianchi del morto e questi era rimasto isolato, dondolando all'estremità della corda.

– Issa dunque! – gridò il bosmano, ritirandosi precipitosamente, per paura che il morto lo toccasse.

– Corpo d'una fregata! – esclamò un marinaio. – Come pesa questo morto! Si direbbe che ha del piombo nel ventre.

– È la paura che indebolisce le tue braccia, mio caro Nobre – disse il bosmano, afferrando a sua volta la fune per aiutare i compagni. – Attenti a chiudere la grata appena il morto toccherà il ponte.

Con poche strappate i cinque marinai issarono il cadavere, quantunque a tutti fosse parso d'un peso straordinario. [p. 9 modifica]

– La grata! – gridò il mastro.

Il marinaio che abbiamo udito chiamare Nobre s'era slanciato per staccare il gancio e lasciarla cadere, quando i suoi compagni lo videro indietreggiare mandando un grido di terrore.

Col cadavere era salito anche l'uomo che lo aveva portato, Sao-King, il capo dei coolies.

Prima che i marinai stupiti, avessero pensato a ricacciarlo nel frapponte, il cinese aveva abbandonata la cintola del morto e con un rapido volteggio s'era slanciato sulla tolda.

Tutto l'equipaggio invece di gettarsi addosso al celestiale si era precipitosamente allontanato rifugiandosi a prora ed a poppa.

Anche il bosmano ed i suoi compagni erano fuggiti, dopo però d'aver lasciato cadere la grata per impedire ai cinesi rinchiusi nel frapponte di approfittare di quell'inaspettato avvenimento e rovesciarsi in coperta come una legione di demoni.

– Ha portato il morto! – aveva gridato il vecchio Francisco. – È appestato!

In quel momento il cadavere, abbandonato a se stesso, era precipitato con sordo rumore sulla grata, ripiegato su se stesso.

Sao-King aveva guardato il suo disgraziato compagno con una lunga occhiata di commiserazione, poi approfittando del vuoto che gli si era fatto d'intorno, mosse alcuni passi verso il capitano che lo guardava con estrema ansietà, pallido come un cencio lavato.

– Ho da parlarvi – disse Sao-King.

– Non avvicinarti! – urlò il gigante con voce strozzata. – Tu porti la peste!

– Ho da parlarvi – ripeté il cinese con energia.

– Uccidetelo! – gridò il comandante mentre i capelli gli si rizzavano sulla fronte.

E siccome nessuno osava muoversi armò precipitosamente la pistola e la puntò sul cinese che continuava ad avanzarsi con un sorriso sprezzante sulle labbra.