Il testamento dell’orbo da Rettorgole - Antonio Fogazzaro - Idillii spezzati (1902)
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Fin
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L'histoire suivante me fut contée par mon ami M. «En 1872, me dit-il, j'étais stagiare chez le notaire X. de Vicence. Un matin d'août, vers dix heures un paysan de Rettorgole entra au bureau et pria le notaire de venir avec lui recueillir les dernières dispositions de son père, qui était, selon son expression « mal à mourir». Le notaire voulut que je l'accompagne et nous partîmes entassés tous les trois dans une pauvre voiturette sans coussins, brinquebalant au trot bancal d'une vielle rosse, sur un siège bien amer pour deux notaires maigres et habitués à d'excellents fauteuils. X. faisait la tête et bougonnait des malédictions envers le monde entier, je faisais de même, et le paysan imperturbable nous décrivait la maladie de son père, un certain Matteo Cucco, surnommé l'Aveugle de Rettorgole, car il n'avait qu'un oeil «Il y voit mieux, monsieur, avec son œil unique, dit le fils maussade et respectueux, que nous trois avec six yeux». Non loin de la ville nous quittâmes la grand route et nous allâmes nous fourrer dans le bourbier desséché d'une petite piste qui s'enfonçait dans les champs, où la voiturette sautait plus que jamais. Heureusement on arriva rapidement au but, une misérable masure posée dans la boue où habitent les cochons et les gens, dans un bourbier nauséabond; appuyée de l'autre côté à une grange, à un porche bien aéré et au sec. X. et moi nous nous apprêtions à entrer dans la cuisine, mais notre guide nous avertit que le malade n'était pas dans la maison. La chaleur et la puanteur étaient telles dans sa chambre qu'on avait dû le transporter dans la grange. Il fallait maintenant monter dans la grange par une échelle à partir du porche. X. sortit de ses gonds. Il éructait que jamais il ne lui était arrivé pareille histoire, que jamais il ne grimperait sur cette échelle. Il voulait retourner immédiatement en ville. Le paysan tenait cependant l'échelle en répétant qu'elle était bien ferme et solide; et, dans la grange, un de ses semblables, accouru au bruit, l'avait aussi empoignée et aidait de la voix : « Venez, monsieur ! n'ayez pas peur, monsieur Elle est sûre, monsieur !» Moi non plus, qui ai horreur de la gymnastique et de l'alpinisme, je n'appréciais pas beaucoup cette ascension aérienne; mais enfin un certain sentiment du devoir associé à une certaine curiosité, à une certaine envie de raconter plus tard l'aventure, l'emporta. Je montai très prudemment et, une fois en sécurité, je persuadai X. d'y monter aussi. En haut il fallait bien regarder où l'on mettait les pieds, pour ne pas trébucher. Nous trouvâmes un misérable grabat, crasseux, et un vieillard chauve étendu dessus, émacié, le visage osseux et jaune, un œil fermé et l'autre à demi éteint. Il respirait difficilement, mais il ne semblait pas à l'agonie. Deux hommes étaient près de lui, un à gauche l'autre à droite ; deux visages rasés, maigres, rusés. L'un tenait un rameau en main et chassait les mouches du visage du moribond, l'autre introduisait dans la bouche édentée de croûtons de pain sec et des copeaux de fromage. — Mangez, père , disait-il, mangez, père». Plus loin, une vieille assise dans le foin, tenait son visage entre ses mains. D'un autre côté quelques paysans, de toute évidence les témoins, parlaient entre eux à voix basse. Il ne manquait ni la table, ni l'encrier, ni la chaise. On nous dit que le malade avait fait ses dévotions la veille, qu'il ne parlait plus, mais qu'il comprenait tout et pouvait s'exprimer par gestes. Dans ces conditions, X. refusait absolument de rédiger le testament. On fit un essai. « Père ! — cria, penché sur le mourant, celui qui lui administrait le pain et le fromage, — me laissez-vous le porc ?» Le vieux fit signe que non de la tête. « Le laissez-vous à Tita ?» Le vieux opina de la tête. « Et la terre de Polegge à qui la laissez-vous ?» Le vieux regarda l'homme qui était venu nous chercher. « A Gigio, pas vrai ?» Le vieux fit oui de la tête. « Vous voyez, monsieur, qu'il comprend tout » conclut, à raison, l'interrogateur en s'adressant à X. Celui-ci voulut néanmoins interroger la femme du malade, la vieille qui pleurait accroupie dans le foin. Elle confirma , avec une soudaine éloquence, que Matteo était en pleine possession de ses facultés, qu'à peine une demi-heure avant il avait fait comprendre qu'il ne voulait pas, contrairement aux conseils du vétérinaire, laisser saigner un bœuf. Elle affirma, quant au testament, connaître depuis un certain temps les intentions de son mari. Elle dit cela très agitée et avec beaucoup d'émotion. Elle avait l'air d'une brave femme; personne ne l'aurait suspectée de vouloir tromper le notaire. De fait, celui-ci lui demanda les renseignements nécessaires concernant les héritiers et le patrimoine. Il n'y avait que trois fils, tous présents. Le patrimoine, bien supérieur à ce que l’on pouvait imaginer d'après ces apparences, comprenait une vingtaine d'hectares de bon terrain, en partie à Polegge, en partie à Rettorgole, une autre maison à Bertersinella, plusieurs animaux, plusieurs denrées, encore invendues. Ce que dit la vieille femme fut confirmé par ses fils et les témoins. Le notaire aurait souhaité qu’on suggère au vieil homme un arrangement sommaire, au moins une répartition des biens par tranches. Ce ne fut pas possible. Femme, fils et témoins firent observer que la ferme volonté de l’homme était d’attribuer spécifiquement certains biens à chacun de ses enfants. Parmi les témoins, il y avait un vieillard assez raffiné qui offrit du tabac au notaire et, lui parlant avec un sourire de compassion pour l’ignorance des autres paysans et de satisfaction pour sa propre sagesse, le rassura, avant même que la question était été soulevée, sur l'importance des parts par rapport à la part réservataire. « Matìo est un finaud », dit-il. Alors X. se mit à interroger le vieux et je me mis à écrire sous sa dictée. Ainsi, à force d’interrogations et de signes, les maisons, les champs, les bœufs, le cheval, le porc, jusqu'à l'infâme charrette, tout passa par ma plume au profit de Gigio, de Tita et de Checco, les trois fils du testateur. « Et votre femme ? s'écria X. Vous ne voulez pas laisser quelque chose à votre femme ?» le vieil homme fit signe que non, et tous, y compris l'épouse confirmèrent que c'était là sa volonté bien connue. « Bien, maugréa X. la loi s’en charge. Donc, nous nous en remettrons à la loi.» «M'sieur, dit la vieille stoïque, - je n'ai pas l'intention de toucher quoi que ce soit. La faim j'en ai déjà souffert, et j'en souffrirai après.» Mon patron ne l’écouta pas et se disposa à lire le testament à voix haute. Je lui cédai la place et je regardais, tandis que X. lisait, un beau coq fier, qui avait sauté du porche jusqu'au bord de la grange. J’entendis quelque chose, je me retournai et vis une jeune paysanne avec un nourrisson dans le bras, rousse, débraillée, haletante. « Qu'est-ce que vous faites ici, vous ? — me dit-elle en me lançant un regard flamboyant. — Vous m'assassinez moi et mon enfant ?» Un tumulte s'ensuivit, la vieille se mit debout, ses fils se lancèrent contre la nouvelle venue. X. sauta également sur ses pieds et ordonna à tous de ne pas bouger. « Qui est cette femme ?» dit-il d'un ton autoritaire. Ce fut la mère qui répondit : « Je vais vous le dire moi, monsieur, qui elle est. C'est notre fille, comprenez-vous. Mais elle, comprenez-vous, elle n'a droit à rien, rien du tout. Son père lui en a déjà même trop donné, bien trop. Je ne sais pas...» « Vous aussi, mère ! — Interrompit la jeune femme avec amertume. — Je comprends ça de mes frères qui ont toujours été chiens pour moi ; mais vous ? Qu'est-ce que je suis moi ? je ne suis pas de votre sang moi, pour que vous me trahissiez aussi vous ? Qu'est-ce que vous pouvez dire sur moi, vous ? Qu'est-ce que vous pouvez dire sur mon mari ?» « Assez, assez, assez ! — cria X. en déchirant le testament. — Vous devriez avoir honte, tous autant que vous êtes ! Et si quelqu'un ouvre la bouche je l'envoie en prison !

Les témoins étaient livides de peur, les fils livides de rage, la mère et la fille se lançaient des regards menaçants; mais personne ne dit mot pendant que X. furieux déchirait le papier en petits morceaux. Soudain, la jeune femme bougea, et, sans que personne n’ose la retenir, elle alla droit au mourant et déposa l'enfant auprès de lui.

«Père, s'écria-t-elle rudement, si vous voulez que je meure faim, je mourrai; mais laissez-lui une tranche de polente à cet enfant ! » Le vieux, ne pouvant faire un autre signe hostile, ferma le seul œil qu'i avait. Je n’oublierai jamais l’oreiller avec les deux têtes, la tête blonde du bébé couleur de lait, ses iris bleus riant à sa mère, la tête chauve du sinistre vieillard, sombre dans l’ombre de la mort. L’idée sombre que la Puissance des Ténèbres se penchait sur cet oreiller et s'accaparait de l'une des deux âmes me fit frémir. Même X. regardait avec stupéfaction ce qui me semblait être une farce monstrueuse du destin. À ce moment, voilà le prêtre, un brave homme simple que je connais. Il vit l’enfant sur le lit, il comprit mal, son visage s'illumina, «Oh bien, bien, dit-il, Dieu soit loué.» L'enfant se mit à pleurer et sa mère fit le geste de le reprendre, mais Don Rocco ne le permit pas. «Laissez, laissez, dit-il en prenant le pouls du malade. Laissez-le mourir avec un angelot à son côté. Désormais nous y sommes.» Et il se mit à réciter les prières des agonisants. X. peu amateur de tels spectacles, préféra l’échelle. Personne ne se leva pour l’aider et je devais donc le suivre : mais, avant de partir à pied avec lui, curieux comme vous me connaissez, je me retournai un instant. Fils et témoins avaient disparu, je ne sais où. La jeune mère, ayant repris l’enfant qui pleurait, ne s’occupait que de le couvrir de baisers et de caresses, comme si lui seul eut mérité son attention. La vieille, fidèle jusqu’au bout à l’homme dont elle avait partagé et servi les passions avec une sorte de dévotion sauvage, priait, agenouillée près de son lit.

En cheminant à travers des champs de maïs vigoureux et brillant, à travers de grasses prairies, le long de rangs de grands aulnes enlacés par des festons de vigne où le raisin se colorait déjà, je me demandais pourquoi tant de beauté innocente de la nature, tant de vie florissante, tant de fruits magnifiques devaient alimenter dans le cœur humain les cupidités les plus sinistres, les haines les plus détestables. « Je ne vous comprends pas, dit l'ami M. en conclusion, il doit y avoir une erreur dans le système imaginé par les hommes pour profiter de tant de grâce divine ». « Je le crains aussi, dis-je. — Je crains qu'il n'y ait un vice radical, l'égoïsme. Mais laissons faire au Maître de la terre et des hommes, il nous trouvera bien un remède».
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Il caldo e il puzzo erano tali nella sua camera che avevan dovuto portarlo sul fienile.
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Sul fienile, adesso, bisognava salirci dal portico con una scala a piuoli.
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X. andò sulle furie.
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Tempestava che mai non gli era toccato un caso simile, che mai non avrebbe salita quella scala.
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Voleva tornar subito in città.
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noi gai paura, sior!
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Salii con grande prudenza e, quando fui al sicuro, persuasi X. di salirvi anche lui.
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Lassù bisognava poi guardar bene dove si mettevano i piedi, per non sprofondare.
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Respirava con stento, ma non pareva però agonizzante.
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Aveva due uomini accanto, uno a sinistra e l'altro a destra; due faccie rase, magre, astute.
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Da un’altra parte alcuni contadini, evidentemente i testimoni, discorrevano fra loro sotto voce.
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Non mancava il tavolino, nè il calamaio, nè la sedia.
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In queste condizioni X. non voleva saperne di stendere il testamento.
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Si tentò una prova.
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«Pare!
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«Ghe lo lassèu qua a Tita?» Il vecchio accennò di si.
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«A Gigio, no xe vero?» Il vecchio accennò di sì.
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Disse poi, quanto al testamento, che conosceva da un pezzo le intenzioni del marito.
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Questo lo disse con grande agitazione e commozione.
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Pareva una buona donna; nessuno avrebbe sospettato che volesse ingannar il notaio.
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Infatti questi chiese a lei le informazioni opportune sugli eredi legittimi e sul patrimonio.
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V’erano soltanto tre figli maschi, tutti presenti.
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Quanto la vecchia disse fu confermato dai figli e dai testimoni.
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Non fu possibile.
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«Matìo xe fin,» dìss’egli.
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Allora X. si pose a interrogare il vecchio e io mi posi a scrivere sotto la sua dettatura.
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«E vostra moglie?
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— gridò X.
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«Bene — brontolò X.
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— a questo provvede la legge.
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«Cossa fali qua, eli?
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— mi diss’ella piantandomi in viso due occhi sfolgoranti.
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X. balzò pure in piedi e impose a tutti di non muoversi.
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«Chi è questa donna?» diss’egli imperiosamente.
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Fu la madre che rispose: «Ghe lo dirò mi, sior, chi la xe.
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Nostra fiola la xe, intendelo.
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Ma a ela, intendelo, no ghe va gnente, no ghe va.
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So pare el ghi n’a dà anca massa, el ghi n’a dà.
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A no so...» «Anca vu, mare!
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— Interruppe la giovane amaramente.
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— Pazienza me fradei che i xe sempre stà cani con mi; ma vu?
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Cossa sonti mi?
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no son del vostro sangue mi, ca me gabiè da tradir anca vu?
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Cossa podìo dir, vu de mi?
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Cossa podio dir de me mario?» «Basta, basta, basta!
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— gridò X.
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[p. 180 modifica]stracciando il testamento.
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— Vergognatevi tutti quanti!
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E chi apre il becco lo faccio andar in galera!
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Anche X. guardava attonito ciò che mi pareva uno scherzo mostruoso del destino.
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In [p. 181 modifica] quel punto ecco il prete, un buon uomo semplice che conosco.
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«Lasciate, lasciate, — disse pigliando il polso dell’infermo.
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— Lasciatelo morire con un angioletto a lato.
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Oramai ci siamo.» E si mise a recitar le preghiere degli agonizzanti.
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X. poco amante di simili spettacoli, preferì la scala a piuoli.
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Figli e testimoni erano spariti, non so da qual parte.
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— Temo che vi sia un vizio radicale di egoismo.
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Ma lasciamo fare al Padrone della terra e degli uomini che ci troverà bene il rimedio.»
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La storia che segue mi fu raccontata dal mio amico M.

«Nel 1872 — mi diss’egli — ero praticante presso il notaio X. di Vicenza. Una mattina di agosto, verso le dieci capitò nello studio un contadino di Rettorgole e pregò il notaio di andar con lui a raccogliere le ultime disposizioni di suo padre, che stava, secondo si espresse «mal da morte.» Il notaio volle che io lo accompagnassi e partimmo ammucchiati tutti e tre in un misero biroccino senza cuscini, saltando, al trotto sgangherato d’una vecchia rozza, sopra un sedile molto amaro per due notai magri e avvezzi a due poltrone eccellenti. X. aveva il muso lungo e brontolava maledizioni ad ogni scossa, io fremevo pure, [p. 174 modifica]e il contadino imperterrito ci descriveva la malattia del padre, un tal Matteo Cucco, detto l’Orbo da Rettorgole, perchè aveva un occhio solo «El ghe vede pi elo, sior, con quell’ocio solo — disse l’afflitto e rispettoso figlio — co no fa nualtri tre con sìe.» Non molto fuori della città lasciammo la strada maestra e ci cacciammo in un pantano secco di stradicciuola affondata nei campi, dove il biroccino saltava peggio che mai. Per fortuna si arrivò presto alla meta, una misera casaccia piantata nel fango dove son le abitazioni del maiale e della gente, in una mota puzzolenta; appoggiata dall’altra parte a un gran fienile, a un portico arioso e asciutto. X. e io stavamo per entrare in cucina, ma il nostro conduttore ci avvertì che l’ammalato non era in casa. Il caldo e il puzzo erano tali nella sua camera che avevan dovuto portarlo sul fienile. Sul fienile, adesso, bisognava salirci dal portico con una scala a piuoli. X. andò sulle furie. Tempestava che mai non gli era toccato un caso simile, che mai non avrebbe salita quella scala. Voleva tornar subito in città. Intanto il contadino teneva la scala ripetendo ch’era ben [p. 175 modifica]ferma e salda; e, sul fienile, un altro suo simile accorso al rumore l’aveva abbrancata anche lui e aiutava pure con la voce: «El vegna, sior! noi gai paura, sior! La xe franca, sior!» Neppur io, che odio la ginnastica e l’alpinismo, ci avevo tutti i gusti a quell’ascensione aerea; ma insomma un certo sentimento del dovere misto a una certa curiosità, a una certa voglia di raccontar poi l’avventura, mi vinse. Salii con grande prudenza e, quando fui al sicuro, persuasi X. di salirvi anche lui. Lassù bisognava poi guardar bene dove si mettevano i piedi, per non sprofondare. Trovammo un giaciglio miserabile, sucido, e distesovi sopra un vecchio calvo, smunto, dalla faccia ossuta e gialla, con un occhio chiuso e l’altro semispento. Respirava con stento, ma non pareva però agonizzante. Aveva due uomini accanto, uno a sinistra e l'altro a destra; due faccie rase, magre, astute. Uno teneva in mano una frasca e cacciava le mosche dal viso del moribondo, l’altro gli andava ficcando nella bocca sdentata pezzetti di pane secco e pezzetti di formaggio. — Magnè, pare — diceva — magnè, pare.» Più discosto, seduta [p. 176 modifica]sul fieno, una vecchia si teneva il viso fra le mani. Da un’altra parte alcuni contadini, evidentemente i testimoni, discorrevano fra loro sotto voce. Non mancava il tavolino, nè il calamaio, nè la sedia. Ci fu detto subito che l’ammalato aveva fatte le sue devozioni il giorno prima, che non parlava più, ma che capiva tutto e poteva far segni. In queste condizioni X. non voleva saperne di stendere il testamento. Si tentò una prova. «Pare! — gridò curvo sul morente colui che gli somministrava il pane e il formaggio, — me lo lassèu a mi el porco?» Il vecchio accennò col capo di no. «Ghe lo lassèu qua a Tita?» Il vecchio accennò di si. «E la tera de Polegge a chi ghe la lassèu?» Il vecchio guardò l’uomo che era venuto a prenderci. «A Gigio, no xe vero?» Il vecchio accennò di sì. «Vedelo, sior, s’el capisse tutto» conchiuse, non a torto, l’interrogatore volgendosi a X.

Questi volle tuttavia chiederne alla moglie dell’ammalato, la vecchia che piangeva accoccolata sul fieno. Ella confermò, con una subita parlantina, che Matteo era nel pieno possesso della sua [p. 177 modifica]mente, che solo mezz'ora prima s’era fatto intendere di non volere, contro il consiglio del veterinario, lasciar salassare un bue. Disse poi, quanto al testamento, che conosceva da un pezzo le intenzioni del marito. Questo lo disse con grande agitazione e commozione. Pareva una buona donna; nessuno avrebbe sospettato che volesse ingannar il notaio. Infatti questi chiese a lei le informazioni opportune sugli eredi legittimi e sul patrimonio. V’erano soltanto tre figli maschi, tutti presenti. Il patrimonio, molto superiore a quanto si poteva immaginare da quelle apparenze, comprendeva una ventina d’ettari di buon terreno, parte a Polegge, parte a Rettorgole, un’altra casa a Bertersinella, parecchi animali, parecchi generi ancora invenduti. Quanto la vecchia disse fu confermato dai figli e dai testimoni. Il notaio avrebbe desiderato che si suggerisse al vecchio una disposizione sommaria, almeno un riparto della sostanza per quote. Non fu possibile. Moglie, figli e testimoni osservavano che la volontà fissa dell’uomo era d’assegnare specificatamente certi dati enti a ciascuno de' suoi figliuoli. Fra i testimoni [p. 178 modifica]v’era un vecchiotto alquanto rincivilito che offerse tabacco al notaio e parlandogli con un sorriso pieno di compatimento per l’ignoranza degli altri contadini e di soddisfazione per la propria sapienza, lo rassicurò, prima ancora che la questione fosse sollevata, sulla misura delle quote, rispetto alla legittima. «Matìo xe fin,» dìss’egli. Allora X. si pose a interrogare il vecchio e io mi posi a scrivere sotto la sua dettatura. Cosi, a forza d’interrogazioni e di segni, le case, i campi, i buoi, il cavalluccio, il maiale, persino il biroccino infame, tutto passò per la mia penna a beneficio di Gigio, di Tita e di Checco, i tre figli del testatore. «E vostra moglie? — gridò X. — Non volete lasciar qualche cosa a vostra moglie?» Il vecchio accennò di no, e tutti, compresa la moglie, confermarono che questa era la sua conosciuta volontà. «Bene — brontolò X. — a questo provvede la legge. Per questo ci rimetteremo alla legge.» «Sior, — disse la vecchia stoica — mi no intendo che me gai da tocar gnente. La fame la go patia prima e la patirò anca dopo.» Il mio principale non le diede retta e si dispose a [p. 179 modifica]leggere il testamento ad alta voce. Io gli cedetti il posto e stavo guardando, mentre X. leggeva, un bel gallo orgoglioso saltato su dal portico sull’orlo del fienile. Udii qualche cosa, mi voltai e mi vidi incontro una giovane contadina con un lattante in braccio, rossa, scarmigliata, ansante. «Cossa fali qua, eli? — mi diss’ella piantandomi in viso due occhi sfolgoranti. — Me sassìneli mi e la me creatura?» Successe un trambusto, la vecchia si alzò in piedi, i suoi figli si slanciarono contro la nuova venuta. X. balzò pure in piedi e impose a tutti di non muoversi. «Chi è questa donna?» diss’egli imperiosamente. Fu la madre che rispose: «Ghe lo dirò mi, sior, chi la xe. Nostra fiola la xe, intendelo. Ma a ela, intendelo, no ghe va gnente, no ghe va. So pare el ghi n’a dà anca massa, el ghi n’a dà. A no so...» «Anca vu, mare! — Interruppe la giovane amaramente. — Pazienza me fradei che i xe sempre stà cani con mi; ma vu? Cossa sonti mi? no son del vostro sangue mi, ca me gabiè da tradir anca vu? Cossa podìo dir, vu de mi? Cossa podio dir de me mario?» «Basta, basta, basta! — gridò X. [p. 180 modifica]stracciando il testamento. — Vergognatevi tutti quanti! E chi apre il becco lo faccio andar in galera!

I testimoni erano lividi di spavento, i figli erano lividi di rabbia, la madre e la figlia si guardavano minacciose in viso; ma nessuno proferì più parola mentre X. furibondo andava stracciando la carta in minuti pezzi. A un tratto la giovine si scosse, e, senza che alcuno osasse trattenerla, andò dritta al morente, gli posò accanto la sua creatura.

«Pare — gridò ruvidamente — s’a voli ca mora de fame mi, morirò; ma lassèghe na feta de polenta a questo chive!» Il vecchio, non potendo fare altro segno ostile, chiuse il solo occhio che aveva. Mai non dimenticherò il guanciale con le due teste, la testa bionda del bambino color di latte, ridente dalle iridi azzurre alla madre, la testa calva del vecchione arcigno, scura nell’ombra della morte. L’idea sinistra che la Potestà delle Tenebre si aggravava su quel guanciale e stava pigliando per sé una delle due anime, mi fece rabbrividire. Anche X. guardava attonito ciò che mi pareva uno scherzo mostruoso del destino. In [p. 181 modifica] quel punto ecco il prete, un buon uomo semplice che conosco. Vide il bambino sul letto, capì male, si fece ilare in viso, «Oh bene, bene — diss’egli — Dio sia lodato.» Il bambino si mise a piangere e sua madre fece l'atto di riprenderselo, ma Don Rocco non lo permise. «Lasciate, lasciate, — disse pigliando il polso dell’infermo. — Lasciatelo morire con un angioletto a lato. Oramai ci siamo.» E si mise a recitar le preghiere degli agonizzanti. X. poco amante di simili spettacoli, preferì la scala a piuoli. Nessuno si mosse per aiutarlo e perciò dovetti seguirlo io: ma, prima di partire a piedi con lui, tornai su, curioso come mi conosci, un momento. Figli e testimoni erano spariti, non so da qual parte. La giovine madre, ripreso il bambino piangente, non si occupava che di chetarlo con baci e carezze, come s’egli solo meritasse attenzione da lei. La vecchia, fedele fino all’ultimo all’uomo del quale aveva divise e servite le passioni con una specie di devozione selvaggia, pregava inginocchiata al suo letto.

Camminando poi attraverso campi di rigoglioso, lucente granturco, attraverso prati floridi, lungo [p. 182 modifica]filari di grandi ontani allacciati da festoni di viti dove l’uva già nereggiava, pensavo perchè mai tanta bellezza innocente di natura, tanto fiore di vita, tanta benedizione di frutti avessero ad alimentare nel cuore umano le cupidigie più bieche, gli odii più esecrandi. «Non la intendo — conchiuse l’amico M. — Vi dev’essere qualche sbaglio nel sistema che gli uomini hanno ideato per servirsi di tanta grazia di Dio.» «Lo temo anch’io — dissi. — Temo che vi sia un vizio radicale di egoismo. Ma lasciamo fare al Padrone della terra e degli uomini che ci troverà bene il rimedio.»