Italo Svevo - Corto viaggio sentimentale (1928) - Stazione di Milano
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Avec une douce violence, M. Aghios se sépara de sa femme et, à pas pressés, il tenta de se perdre dans la foule qui se pressait à l'entrée de la gare.

Il fallait abréger ces adieux ridicules, quand ils se prolongent, entre deux vieux époux. Bien qu'on fût à un de ces endroits où chacun est pressé et n'a pas le temps de regarder son voisin même pour en rire, M. Aghios sentait naître dans son esprit le voisin qui rit. En fait, il devenait lui-même entièrement ce voisin. Comme c'est étrange ! Il devait feindre une tristesse qu'il ne ressentait pas, alors qu'il était rempli de joie et d'espoir et qu'il avait hâte qu'on le laissât tranquille pour en profiter. C'est pourquoi il courait, pour se soustraire au plus vite aux simulacres. Pourquoi toutes ces discussions ? Il est vrai qu'il n'avait pas été séparé de sa femme depuis de nombreuses années, mais un voyage jusque chez lui à Trieste, où elle le rejoindrait deux semaines plus tard, ne valait pas la peine qu'on en parle.

Au lieu de cela on en avait parlé sans cesse depuis de nombreux jours. La décision avait été extrêmement difficile à prendre justement perce que tous deux l'avaient désirée et tous deux avaient jugé nécessaire de dissimuler leur désir pour l'atteindre plus sûrement.

Il aurait pu pleurer si cela avait été une séparation pour toute sa vie ou du moins pour une grande partie de celle-ci. Mais de cette façon, il pouvait s'avouer à lui-même qu'il s'en allait joyeusement. D'autant plus qu'il savait qu'il lui faisait plaisir à elle aussi.

Ces dernières années, Mme Aghios s'était attachée à son fils d'un amour passionné et exclusif. Lorsqu'il était absent, elle se sentait seule, même à côté de son mari, et plus seule encore parce qu'elle ne parlait pas de sa douleur, sachant que M. Aghios en aurait ri. Mais M. Aghios connaissait cette douleur, il se désolait de ne pas pouvoir la soulager et faisait semblant de l'ignorer pour ne pas s'importuner. « Une double contrainte ! » pensait M.Aghios qui avait lu quelques ouvrages de philosophie. « Double car elle est à moi et à elle ! »

A présent, Mme Aghios voulait encore rester à Milan pour ne pas laisser seul son fils, qui devait passer un examen important. M. Aghios n'attachait pas beaucoup d'importance à des examens qui peuvent être repassés et il savait aussi que son fils, qui n'aimait pas rester à Milan, les repasserait volontiers. Mais maintenant, s'il voulait partir seul, il devait lui aussi insister pour que la mère reste afin de protéger son fils dans une telle circonstance. La dame restait donc à Milan pour faire plaisir à son mari, mais M. Aghios, qui avait soigneusement étudié l'état d'esprit de sa femme, partit vexé, sans le dire, car il aurait autrement compromis sa liberté de voyager seul.

C'était vraiment une séparation qui devait être écourtée, car même au dernier moment, Mme Aghios était capable de changer toutes ses dispositions lorsqu'elle comprendrait la situation. C’était une femme qui n’admettait pas ne pas faire son devoir. Et Monsieur Aghios pensa que le léger ressentiment qu’il ressentait à l'égard de sa femme, un sentiment très désagréable, disparaitrait dès qu’il serait seul. Correndo fu già più giusto. En prolongeant ces adieux, sa femme révélait son remords de l'avoir laissé seul et il pensa : "Comme elle est honnête ! Elle ne m'aime pas du tout, mais elle veut tenir jusqu'au bout les promesses qu'elle a faites à l'autel . Elle se désole de ne pas savoir faire ce qu'elle devrait. Une grande douleur pour elle et un gros ennui pour moi ! .

Mais pourquoi M. Aghios se sentait-il si empli de joie et d'espoir au moment de pouvoir enfin quitter sa femme légitime ? Voulait-il aller s'amuser et déshonorer ses cheveux presque entièrement blancs en courant après les femmes ?

Oh ! Il ne faut pas dire des choses pareilles. En attendant, un vieux ne peut pas courir, et puis M. Aghios n'avait pas couru après les femmes même dans sa jeunesse. Bien entendu, la femme ne pouvait pas être entièrement exclue de sa joie et de son espérance. Cette joie et cette espérance étaient si complètes que la femme - la femme idéale, peut-être dépourvue de jambes et de bouche - ne pouvait en être absente. Elle gisait dans l'ombre, mêlée à de nombreux autres fantasmes, dont elle constituait une part importante. Mais la femme n'est pas toujours identique dans le désir. Il est vrai qu'elle sert avant tout à l'amour, mais on la désire parfois pour la protéger et la sauver. C'est un bel animal, mais faible aussi , que l'on caresse si c'est possible et que l'on caresse tout de même sinon.

Monsieur Aghios avait besoin de vie et c'est pour cela qu'il voyageait seul. Il se sentait vieux et encore plus vieux à côté de sa vieille femme et de son jeune fils. Quand il donnait le bras à sa femme, il devait ralentir le pas, et quand il marchait à côté de son fils, il sentait que celui-ci devait ralentir. Ils l’entouraient avec respect. Depuis qu’il avait été malade son épouse avait gardé une attitude d'infirmière qui supprimait tout instinct chevaleresque de la part de l’homme. Le fils, ensuite, avait le plus grand respect pour son père, mais il le reprenait et le corrigeait quand, poussé par son imagination fervente, il inventait des étymologies qui ne reposaient sur aucune science, ou déplaçait, ou encore déformait des faits historiques, tandis que le jeune homme, qui avait pourtant eu du mal à terminer le lycée, se souvenait du grec et du latin que monsieur Aghios n’avait jamais connu, et il savait - comme sa mère - exactement ce qu'il savait. Et ce n'est pas confortable d'être un père qui a tort !

Mais ce n'était pas tout, même s'il était assez important pour monsieur Aghios d'être laissé dans ses vieux jours entièrement en paix, entièrement y compris dans son ignorance, dans laquelle il vivait depuis tant d'années qu'elle était devenue la base de sa vie.

Tout malaise qu'il ressentait, M. Aghios l'attribuait à la vieillesse, mais il pensait qu'une partie de ce malaise lui venait de sa famille. Il est vrai qu'il n'avait jamais été aussi vieux qu'aujourd'hui, mais il ne s'était jamais senti, non seulement vieux, mais aussi tout à fait rouillé. Et la rouille venait certainement de sa famille, de cette ambiance close où il y a de la moisissure et de la rouille. Comment ne pas se rouiller dans une telle monotonie ? Il voyait tous les jours les mêmes visages, entendait les mêmes paroles, était obligé aux mêmes égards et aux mêmes faux-semblants, car il câlinait pourtant tous les jours sa femme, qui le méritait bien. Même la sécurité dont on jouit en famille endort, rigidifie et sclérose.

Se serait-il senti plus fort, à l’air cru, loin de sa famille ? Ce bref voyage serait un essai, parce que ses affaires lui fourniraient un prétexte pour d’autres voyages. Certes, il n’espérait pas devenir aussi vivant que lors de son dernier voyage à Londres, où il avait séjourné plusieurs mois, vingt ans auparavant, sans sa femme qui était alors une très jeune mère.

Il avait alors terriblement souffert de la solitude. Il y avait eu de sa part une impatience irritée devant la méfiance et l'indifférence dont il se sentait entouré. Il regardait avec envie et désir la vie intense qui l’entourait et le repoussait. Une fois, dans la salle de lecture de l’hôtel, il s’était mis à lire seul quand un jeune garçon aux joues roses, d'une dizaine d'années, s'approcha de lui et lui adressa des paroles qu'il ne comprit pas du tout, car on sait bien que l’anglais des enfants est le plus difficile. Monsieur Aghios était ému de trouver enfin un ami. Il lui parla, et il sembla aussi que l’enfant comprenait, parce qu’il répondit beaucoup plus longuement. Malheureusement tout en anglais ! Et pour se rapprocher de lui, vu que les mos ne servaient à rien, monsieur Aghios caressa ses cheveux blonds. Mais alors apparut, à la porte de la salle, un homme qui parut indigné que son enfant eut à faire avec un étranger : "Philip ! Viens !" s'exclama-t-il, et l'enfant s'éloigna aussitôt, après avoir jeté un regard effrayé à la personne en qui il avait confiance et qui pourrait certainement représenter pour lui un danger, étant donné qu’il s'éloignait d'elle avec tant de hâte.

Et le sombre chagrin de la solitude nuisit aussi à ses affaires, car Monsieur Aghios finit par considérer tous ses clients comme des ennemis. Et il y eut pire, car le vertueux monsieur Aghios si sobre, eut recours à l'absinthe pour se sentir plus vivant, une boisson qui remplace parfaitement l'amitié et la conversation. Il n'en prit pas trop, mais suffisamment pour se causer des troubles nerveux qui cessèrent quand, de retour au pays, il retrouva avec bonheur sa vie familiale qui dès le début rendit inutile tout autre stimulant.

Mais la douleur dont on se souvient n’est pas toujours de la douleur. Maintenant, il y ressentait une vie intense. Oh ! S'il avait été possible de recréer toute cette impatience et cette douleur ! Quel renouveau de sa vie ! La vie ne peut être faite que d'effort, de ressentiment et d'attente de la joie ! Il était entouré de trop d'amis, qui, même s'ils le blessaient parfois, ne lui laissaient pas de réelle possibilité de rébellion. Il avait besoin de vivre parmi des inconnus et peut-être même des ennemis. il se rappelait avec admiration sa rébellion envers la Grande Bretagne. Il n'avait étudié des questions politiques et économiques rien que pour pouvoir attaquer le grand Empire, qui avait une organisation quasi parfaite, mais pas tout à fait parfaite et ne se sentait pas capable du moindre effort pour atteindre à la perfection. Et son retour en Italie fut lui aussi un voyage vivifié par les plus hautes espérances. Parmi d'autres bagages, il emportait également un petit paquet contenant un peu de terre ramassée à Londres près d'un terrain rocheux. Tout le monde ignorait ce paquet, que monsieur Aghios maintenait humide, à part l'agent des douanes de Chiasso, qui avait été sur le point d'arrêter le voyageur et d'envoyer cette terre pour analyse. Cet homme, payé par le gouvernement, était sur le point d'empêcher la fortune de l’Italie ! Monsieur Aghios souriait avec affection en se souvenant de sa grande naïveté. La naïveté aussi est la vie, et même le véritable début frais et parfumé de la vie. Il faut savoir qu'on avait raconté à Monsieur Aghios que Darwin croyait que la roche de Grande-Bretagne avait été transformée en terre fertile par un vermisseau. Ce fut assez pour lui faire espérer qu’il pourrait aussi favoriser l’œuvre lente du vermisseau dans son propre pays. Il dispersa cette terre sur un terrain karstique en Italie, et se sentit supérieur et enthousiaste. Peu lui importait que l'on se souvienne de son nom lorsque, dans quelques siècles, il n'y aurait plus de roches à fleur de terre en Italie. On arrive à de telles hauteurs dans la solitude ! A présent il souriait de lui-même. Il avait vécu trop longtemps en famille pour être capable de mesurer sa grandeur passée. La famille était comme un voile derrière lequel on s’abritait pour vivre en sécurité et tout oublier. A présent il en mourait rempli d'espoir. C'était probablement une épreuve qui le décevrait. Alors il serait content. Rien ne serait perdu. Il retournerait derrière ce voile pour vivre dans la pénombre, protégé, en sécurité, mais mourant résigné. C'est ainsi ! Comme les mourants qui, aveuglés par le terme tout proche, ne connaissent d'autre effort que de retenir la vie qui veut se détacher d'eux, incapables de voir, d'entendre ou de saluer autre chose, concentrés qu'ils sont dans le labeur devenu difficile de respirer et de digérer.

Il restait presque un quart d'heure avant le départ et M. Aghios ralentit le pas. Peut-être avait-il été trop pressé de se détacher de sa femme et il souffrait qu'elle puisse lui en vouloir car, bien sûr, elle méritait tout, y compris des égards.

Un petit fox terrier vint en hésitant lui renifler les pieds. «Tu es déjà là, mon vieux copain »? pensa le vieux. Ce n'était certainement pas le premier chien qu'il voyait à Milan, mais c'était le premier à s'approcher de lui depuis qu'il était seul. Et il le regarda avec tendresse, tandis que le chien reculait - il cherchait sans doute son maître - puis s'éloigna en sautillant, regardant une dernière fois celui qui l'avait effrayé, ses molles oreilles juvéniles collées à sa tête. Le vieux le regarda s'éloigner avec admiration. La démarche sur quatre pattes est toujours plus naturelle que la démarche sur deux pattes. Celle du petit chiot, tantôt sautillant, tantôt fouinant, avec ces mouvements encore mal coordonnés de ses quatre pattes, était la naïveté même. Et M. Aghios pensa, le cœur lourd, aux grands dangers que courait la blanche bestiole. — Gare au canicide ! pensa-t-il.

Les chiens sont de grands amis du voyageur. Même en Angleterre, ils ressemblent aux nôtres et ils nous font retrouver en eux un morceau de la patrie. Pas mieux élevés que les nôtres, curieux comme ceux-ci de toutes les saletés de la rue, envahissants, bruyants, obéissants quand ils ont connu le fouet, affectueux et toujours étonnés que ceux qui les aiment n'acceptent pas de se laisser passer la langue sur le visage. Ils parlent la même langue. Et Aghios, dans sa solitude, les aimait et les épiait, découvrant leur caractère et ses causes. Radicalement différents de nous, qui regardons pendant qu’ils reniflent, il est étrange qu’entre nous et eux il se soit établi une relation aussi intime, une grande chance pour nous, certainement basée sur un malentendu chez le chien. Peut-être que le chat s’approche plus de nous parce qu’il nous ressemble plus et nous connaît mieux. Quant au chien, il doit sa sincérité à son sens dominant, l’odorat. Sa façon de percevoir lui fait croire que toute trahison est immédiatement découverte dans ce monde, car il ne voit pas les surfaces trompeuses, il analyse précisément l'âme des choses, leur odeur. Il se peut aussi que son sens le trompe ou qu’il morde souvent des innocents à l’odeur désagréable, mais il ne le sait pas et s'il est contrarié dans son dessein, il s’adapte, mais en grognant. Bien souvent, une loi supérieure l’arrête et l’enchaîne et, sans conviction, il doit la subir; il y est habitué. Mais, le dessein de trahir, il ne peut pas l' accueillir, pensant qu’avec son sens il pourrait le découvrir, et son maître d'autant mieux, car il ne serait pas son maître s'il ne possédait pas des sens plus parfaits que les siens.

Un monde sincère donc, que celui des odeurs. Mais il semble qu’il s’éloigne plus de la réalité que celui des lignes et des couleurs. Le pauvre chien est toujours celui qui se fait avoir parce qu’il est mal informé. Cependant, quelques douleurs lui sont épargnées. Il n’est étranger nulle part. Il suo senso è essenzialmente socievole. Ogni incontro casuale si fa subito intimo e al naso vengono offerte per la verifica le parti più recondite. Rifiutarle è una vera sgarbatezza che provoca la reazione più violenta. Che vita più naturale che non la nostra! Nella vita più affollata di Londra un uomo è all’altro nient’altro che un impedimento a procedere. Come fare? Anche se il signor Aghios fosse stato accettato quale dittatore della vita di società, egli non avrebbe saputo imporre il sorriso reciproco di saluto fra sconosciuti. Esso, imposto, sarebbe divenuto una smorfia orrida e mai avrebbe potuto significare un sincero saluto di fratello. L’affetto è anch’esso una fatica; e nessuno vi si sottopone per regola; il vero riposo è l’indifferenza. Dai cani, diretti dagli odori, l’indifferenza di fronte alla vita non c’è mai. Non sono mai semplici indifferenti stranieri, ma sempre amici o nemici. Un treno non è una cosa piccola, ma il signor Aghios nella vasta stazione non trovava il suo. Doveva pur esserci nella stazione, in qualche posto, l’indicazione necessaria per trovarlo, ma il signor Aghios non la vedeva. Di solito sua moglie lo dirigeva. Il signor Aghios fiutò inutilmente a destra e a sinistra. Vide un facchino che gli correva incontro. Era il fatto suo. Gli consegnò la piccola valigetta che tanto facilmente avrebbe potuto portare da solo e domandò del treno. Sentì il bisogno di scusarsi: "È leggera, ma mi pesa perché sono vecchio".

Aveva parlato al facchino per farselo amico. Già sentiva il bisogno degli amici occasionali che non attentano alla propria libertà. Il facchino, un uomo tozzo e svelto, sorrise e borbottò qualche cosa in meneghino, che il signor Aghios non intese. Buona che c’era stato il sorriso e il signor Aghios, con buona volontà e passo celere, seguì l’amico che, la valigetta in mano, lo precedeva correndo. Lo seguiva e già l’amava. Come era bella l’invenzione delle mance! Specialmente delle piccole, quelle che non dolgono. Perciò egli era piuttosto avaro, perché regalando molto in una volta, il piacere era breve e si restava poi paralizzati per lungo tempo. Sua moglie era più generosa e quando trovava un bisogno che non poteva essere lenito che con una somma grossa, essa la dava. Ma era un modo di disporre della roba altrui, perché agli altri bisognava poi dire: "Ho disposto già altrimenti di quanto vi spettava". Egli era veramente generoso solo talvolta, per volontà della moglie, com’era molte altre cose ancora quando essa lo voleva.

In viaggio bisognava conquistarsi degli amici, perché altrimenti si percorre questa terra ch’è la vera, la grande nostra patria, col cipiglio dello straniero. Ed il signor Aghios sfruttava le sue piccole mance da vero avaro e voleva con esse comperare non molta, ma un’amicizia duratura. Perciò cominciava col pagare un prezzo inferiore alla tariffa. Di solito l’altro non protestava, ma restava a guardare, interdetto, il poco denaro che teneva nella mano aperta. Allora appena il signor Aghios metteva in quella mano una moneta alla volta, finché essa si chiudeva e sulla faccia del facchino appariva un sorriso. Così quel sorriso, che aveva tardato a nascere, si stampava meglio nel ricordo del signor Aghios e gli appianava qualche miglio di strada. Talvolta, prima ch’egli arrivasse a dare tutta la mancia, il facchino si stancava e se ne andava con una brutta parola. Il signor Aghios se ne andava allora con la mancia in tasca, ma aveva avuto tuttavia la sua soddisfazione perché egli si divideva da un nemico bensì, ma non da uno straniero.

Bisognò scendere per uno scalone sotto terra e risalire, dopo aver percorso un corridoio, alla banchina sulla quale bisognava aspettare il treno non ancora giunto da Torino.

Il facchino domandò al signor Aghios se doveva aspettare con lui. Se non fosse stato necessario di parlare in meneghino il signor Aghios avrebbe trattenuto l’amico dell’ultima ora. Così invece lo congedò e restò nella solitudine allietata dall’ultimo suo sorriso di ringraziamento. S’erano guardati per un istante negli occhi quasi a dichiararsi la loro reciproca benevolenza. E il signor Aghios, per aumentare tale benevolenza, aggiunse alla mancia una sigaretta.

Molta gente aspettava sulla banchina. Accanto ad una colonna erano accatastati molti poveri bagagli, una sola valigia chiusa, due ceste legate, di cui una chiusa da un panno rosso e l’altra verde sbiadito. Una donna sedeva sulla valigia con un poppante in grembo e una fanciullina di dieci anni, ben difesa dal freddo da un vestitino consunto, dormiva su una cesta, la testa appoggiata sul fianco della madre. "Sloggiano?" pensò il signor Aghios. Vide poi avvicinarsi un contadino che, mentre correva, esaminava dei biglietti ferroviari certo allora acquistati. La giovine donna ebbe un respiro vedendolo. Doveva aver sofferto di essere rimasta sola tanto a lungo. Quello non era un viaggio con tutta quella famiglia. Un’emigrazione, una fuga.

Poi il signor Aghios non guardò più la gente che lo circondava e s’incantò per qualche minuto a guardare il fumo che denso usciva dal camino di una locomotiva fuori della stazione. Il vento lo spingeva. Uscendo dal camino a nuclei, veniva subito diminuito e diffuso dal vento. Ogni nucleo, nell’atto che subiva tale distruzione, pareva si spogliasse e tradisse l’esistenza entro di lui di una testa, un grugno, un essere animato. E tale testa, prima di disfarsi, spalancava degli occhi smisurati per guardare meglio e per guardare meglio finiva con lo spalancarsi tutta. Una processione di teste spaventate e minacciose. "Poche linee di vita bastano a significare l’essenza della vita, la paura o minaccia" moralizzò il signor Aghios.

Il treno entrò sbuffando in stazione. In quell’istante il signor Aghios sentì la voce della moglie che lo chiamava: "Giacomo!".

Si volse a lei e forse non seppe celare un gesto d’impazienza. Egli l’amava com’essa meritava, ma la sua assenza non era stata lunga abbastanza per fargli desiderare di rivederla. Proprio era bastato il suono della sua voce per strapparlo a quella lieta benevolenza ch’egli riversava su tutte e cose e persone. Eppoi gli portava essa forse l’annunzio che non poteva più viaggiare solo? Ma egli sarebbe partito tuttavia.

La signora dovette indovinare parte del suo stato d’animo perché, interdetta, gli domandò: "Ti secco tanto?" e fece l’atto di ritornare sui suoi passi. Fu un attimo brutto.

Questo poi no, il signor Aghios non l’avrebbe ammesso. Si poteva pensare a questo mondo quello che si voleva, ma non bisognava rivelare quel pensiero tanto bello e giusto finché restava celato nel proprio animo e tanto ingiurioso quando sbucava alla luce del sole. "Non ti avevo riconosciuta!" disse subito. E, presala per la mano, l’attirò a sé. Essa si sottrasse all’abbraccio, perché era tanto bene educata che non avrebbe ammesso una cosa simile in pubblico. Ma fu subito convinta, perché essa credeva al marito. Era una fede di cui il signor Aghios in passato era stato beato. Da qualche tempo lo seccava. Era proprio un modo di semplificare troppo la vita. Oramai anche questa fede aveva qualche cosa di gelido come tutta la loro relazione.

Sorridendo essa gli disse che non era per rivederlo un’altra volta che gli era corsa dietro, ma perché aveva dimenticato di dirgli che la signora Luisi lo pregava di avvertire il gioielliere di Venezia che essa tratteneva il filo di perle offertole e che il signor Luisi avrebbe provveduto fra pochi giorni al pagamento.

Poi, sempre sorridendo, gli domandò: "Ricordi ancora quello che hai nella tasca di petto?".

L’Aghios portò subito la mano a quella tasca e, trovatala gonfia, ricordò: "Non dubitare! Ci penso sempre".

Ma qui essa non gli credette, perché s’era accorta che per ricordare di aver seco una somma forte di denaro, egli aveva dovuto toccare quella tasca. E s’impensierì, per i denari e non per lui. "Ho fatto tanto male di lasciarti partire solo." Si guardò irresoluta in giro. Poi sospirò, "Già! Ora non c’è più tempo".

Erano ambedue contenti che non ci fosse più tempo, ma il signor Aghios era anche adirato di sentirsi trattare quale un bambino. "Pensi forse ch’io perderò il denaro?" domandò risentito. "M’hai trovato distratto così perché proprio pensavo di fare un giro per Trieste per vedere se non potevo trovare il denaro più a buon mercato per la rinnovazione di parte del nostro debito." E mentre parlava guardò ancora una volta il camino della lontana locomotiva donde continuava a sbucare del fumo denso. Non era che fumo informe ora, non teste, non minaccia, non spavento.

"È una leggerezza di viaggiare con tanto contante in tasca" disse ancora la signora con voce calda che domandava scusa.

Sì! Era una leggerezza. Dal giorno prima avevano deciso di comperare un vaglia, anche per rendere quella tasca più leggera. Ma lo aveva disturbato di andare con quel denaro alla banca e aveva rimandato quell’operazione fino a quel giorno stesso. Poi, sul più bello, erano venuti a trovare il figliuolo tre giovini che con lui studiavano. Il vecchio s’era incantato a star a sentire i loro piani per l’avvenire ora che avevano finiti gli studii. Egli non avrebbe aperto bocca per paura di sentirsi correggere da quei dotti, ma ricordava che all’uscita dalla scuola egli era stato più timido, esitante, pauroso. Uno di loro trovava la sua posizione già fatta, ma riteneva che il suo intervento avrebbe significato un progresso per l’azienda in cui doveva entrare. Il secondo, poi, che non trovava nulla di fatto dai suoi antenati, con tutta calma s’apprestava all’emigrazione. Gli spettavano tante cose che l’Italia non poteva fornirgli. Il terzo invece manifestava un grande disprezzo per la politica, ma pensava di dedicarvisi. Non aveva alcun partito ancora e aveva tempo di pensarci. Intanto sarebbe entrato in un ufficio governativo. E il vecchio non s’accontentava di pensare che il mondo non fosse più quello in cui era nato lui, ma s’incantava a studiare quale dei due mondi avesse avuto ragione. Non c’era verso! Uno dei due aveva sbagliato. Forse egli non sapeva meglio, ma in sua gioventù gli avevano spiegato che sulla terra non ci fosse gioia abbastanza per contentare tutti ed egli l’aveva creduto e, uscito dalla scuola, timidamente aveva bussato alla porta del mondo per domandare: "C’è un posticino anche per me? Potrò conquistarlo?". Questo era il mondo d’allora, quando a questo mondo si era in meno. Che dopo il mondo si sia allungato e allargato? E il vecchio era stato tenuto al suo posto e impedito di andar a comperare il vaglia dal rancore di essere nato in un mondo più difficile.

"Già, adesso non c’è più tempo. Sta sicura che per il denaro non c’è pensiero. Addio!" e le offerse il bacio dell’addio. Essa si lasciò baciare sulla guancia e lo baciò poi anche lei sulla guancia. Egli si guardò d’intorno cercando di trovare un altro segno d’affetto da darle. Trovò! Le prese la destra e la portò alle labbra. Era lietissimo di aver trovato. La solitudine a cui s’avviava sarebbe stata abbellita da tale congedo. Egli s’accinse di montare sul vagone dimenticando di prendere la valigetta che il facchino aveva deposta in terra. Essa la sollevò e gliela porse ridendo molto. Per scusarsi il signor Aghios mormorò: "È il facchino che l’ha lasciata lì. Non trovavo il treno..." La signora Aghios rise ancora: "E come arriverai a Trieste senza il facchino?".

Era destino! Dovevano dividersi in broncio.

Il signor Aghios di malavoglia rispose: "Il difficile è di trovare il treno. Poi non lo guido mica io".

E la signora, sempre ridendo insistentemente: "Per fortuna!" disse.

Non c’era più il tempo di pensare ad una risposta. Avrebbe subito potuto dire che neppure lei avrebbe saputo dirigere il treno, poi che non era tanto difficile perché c’erano le rotaie e infine che la valigetta non conteneva niente d’importante, ma non disse niente. Era meglio sorriderle ancora una volta e andare via in pace. Ma il rancore c’era nell’animo suo ed era male. Saltò esitante nel vagone. Nel corridoio del vagone era difficile di muoversi, ma con decisione giovanile il signor Aghios con la valigetta in mano si fece posto ed arrivò alla prossima finestra che aperse. Il treno in quel momento si mise in moto.

Il signor Aghios chiamò la moglie che aveva continuato a guardare la porta per la quale egli era sparito. Essa corrispose vivamente al suo saluto. La banchina era ormai deserta. Egli per un istante stornò gli occhi dalla moglie per guardare il posto ove era giaciuto il bagaglio dei contadini. Quel bagaglio era sparito e chissà che fatica per farlo entrare nel vagone. Poi ritornò con l’occhio alla moglie che aveva levato di tasca il fazzoletto e gli faceva dei vivi segni di saluto. Corrispose al suo saluto mandandole un bacio. La fine elegante figura della moglie che da vicino si scorgeva un po’ disseccata dall’età, ora, come il movimento del treno aumentava la distanza fra di loro, gli appariva veramente graziosa con quel velo roseo che, puntato sul cappello, si muoveva nella brezza. E, avviandosi alla sua solitudine, guardando quella figura snella, volle avere il pensiero preciso e sincero e pensò: "Più m’allontano da lei e più l’amo". Poi si sentì la coscienza tranquilla. Per il momento, insomma, egli si trovava in ordine con la legge umana e divina, perché egli, sinceramente, amava la propria donna.

Per vederla più a lungo si sporse dalla finestra. Vedeva bene? La moglie portava la mano al cuore con gesto esagerato. Non era possibile ch’essa, una persona tanto equilibrata, volesse far vedere a degli estranei un dolore esagerato perché la lasciava sola. Eppure pareva che quel grande gesto fosse accompagnato da grida.

Poi, quando non la vide più, indovinò. Con quel gesto essa aveva voluto fargli un’ultima raccomandazione di badare ai denari che aveva nella tasca del petto. Meno male! Sorrise e, obbediente, per attenuare il rimorso che sentiva di amare la moglie più che mai ora che non la vedeva affatto, si toccò con grande energia la tasca del petto. Il portafogli, gonfio delle trenta banconote da mille, c’era tuttavia.
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Bisognava abbreviare quegli addii ridicoli se prolungati fra due vecchi coniugi.
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Anzi lui stesso intero diveniva quel vicino.
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Che strano!
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Perciò correva, per sottrarsi più presto alle simulazioni.
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Perché tante discussioni?
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Se ne aveva parlato invece da molti giorni e continuamente.
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Ma così poteva confessare a se stesso che s’allontanava giocondamente.
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Tanto più che sapeva di fare un piacere anche a lei.
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"Una duplice costrizione!"
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pensava il signor Aghios che aveva letto qualche opera filosofica.
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"Duplice perché mia e sua! "
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Era una donna che non ammetteva di non fare il proprio dovere.
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Correndo fu già più giusto.
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Non m’ama affatto, ma fino all’ultimo vuol tenere le promesse fatte all’altare.
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Si rammarica di non sapere fare quello che dovrebbe.
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Una grande pena per lei e una bella seccatura per me!
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".
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Oh!
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Non bisogna dire una cosa simile.
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Certo dalla sua gioia e speranza non bisognava escludere del tutto la donna.
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Giaceva nell’ombra fusa con molti altri fantasmi, parte importante degli stessi.
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Ma la donna non è sempre la stessa nel desiderio.
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È vero che prima di tutto serve all’amore, ma talvolta la si desidera per proteggerla e salvarla.
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Il signor Aghios aveva bisogno di vita e perciò viaggiava solo.
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Si sentiva vecchio e ancora più vecchio accanto alla vecchia moglie e al giovine figliuolo.
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Lo circondavano di tutto il rispetto.
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E non è mica comodo di essere un padre che ha torto!
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E la ruggine proveniva sicuramente dalla famiglia, l’ambiente chiuso ove c’è muffa e ruggine.
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Come non irrugginire in tanta monotonia?
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Persino la sicurezza di cui si gode in famiglia addormenta, irrigidisce e avvia alla paralisi.
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Si sarebbe egli sentito più forte all’aria rude fuori della famiglia?
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Aveva sofferto allora orrendamente della solitudine.
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Guardava con invidia e desiderio la vita intensa che lo circondava e respingeva.
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Il signor Aghios si commosse al trovare finalmente un amico.
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Disgraziatamente tutte in inglese!
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Come along!"
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Ma il dolore ricordato non è sempre dolore.
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Ora egli vi sentiva la vita intensa.
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Oh!
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Se si avesse potuto ricreare tutta quell’impazienza e quel dolore!
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Quale rinnovamento di vita!
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La vita non può essere che sforzo, risentimento e attesa di gioia!
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Aveva bisogno di vivere fra ignoti e magari nemici.
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Ricordava con ammirazione la sua ribellione alla Granbretagna.
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E il ritorno in Italia fu anch’esso un viaggio animato dalle più alte speranze.
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Costui, pagato dal Governo, stava per impedire la fortuna d’Italia!
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Il signor Aghios sorrideva pieno di affetto al ricordare la propria grande ingenuità.
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Anche l’ingenuità è vita, anzi, il vero esordio fresco fragrante della vita.
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Sparpagliò quella terra su certo terreno carsico in Italia, e si sentì elevato e animato.
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A tanta altezza si arrivava nella solitudine!
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Adesso sorrideva di se stesso.
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Aveva vissuto troppo tempo in famiglia per poter intendere la propria passata grandezza.
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La famiglia era come un velo dietro al quale ci si riparava per vivere sicuri e dimentichi di tutto.
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Ora egli ne moriva pieno di speranza.
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Probabilmente era una prova che gli avrebbe procurato una delusione.
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E allora si sarebbe accontentato.
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Nulla ci sarebbe stato di perduto.
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Proprio così!
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Mancava quasi un quarto d’ora alla partenza e il signor Aghios, rallentò il passo.
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Un piccolo fox terrier venne esitante ad annusargli i piedi.
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"Sei già qui, vecchio amico?"
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pensò il vecchio.
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Il vecchio gli guardò dietro ammirando.
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Il passo su quattro zampe è sempre più ingenuo di quello su due.
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E il signor Aghios pensò col cuore pesante ai grandi pericoli che la bianca bestia correva.
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"Guardati dal canicida!"
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pensò.
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Grandi amici del viaggiatore sono i cani.
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Persino in Inghilterra somigliano ai nostri e ci fanno ritrovare in essi un pezzo di patria.
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Parlano la stessa lingua.
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E il cane deve la sua sincerità al suo senso predominante, l’olfatto.
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Mondo sincero perciò quello degli odori.
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Pare però che si allontani dalla realtà più di quello delle linee e dei colori.
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Il povero cane è sempre il truffato perché male informato.
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Tuttavia qualche dolore gli è risparmiato.
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In nessun posto egli ’e straniero.
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Il suo senso è essenzialmente socievole.
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Che vita più naturale che non la nostra!
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Come fare?
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Non sono mai semplici indifferenti stranieri, ma sempre amici o nemici.
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Di solito sua moglie lo dirigeva.
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Il signor Aghios fiutò inutilmente a destra e a sinistra.
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Vide un facchino che gli correva incontro.
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Era il fatto suo.
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Aveva parlato al facchino per farselo amico.
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Lo seguiva e già l’amava.
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Come era bella l’invenzione delle mance!
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Specialmente delle piccole, quelle che non dolgono.
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Perciò cominciava col pagare un prezzo inferiore alla tariffa.
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Il facchino domandò al signor Aghios se doveva aspettare con lui.
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Molta gente aspettava sulla banchina.
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"Sloggiano?"
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pensò il signor Aghios.
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La giovine donna ebbe un respiro vedendolo.
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Doveva aver sofferto di essere rimasta sola tanto a lungo.
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Quello non era un viaggio con tutta quella famiglia.
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Un’emigrazione, una fuga.
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Il vento lo spingeva.
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Una processione di teste spaventate e minacciose.
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Il treno entrò sbuffando in stazione.
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Si volse a lei e forse non seppe celare un gesto d’impazienza.
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Ma egli sarebbe partito tuttavia.
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e fece l’atto di ritornare sui suoi passi.
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Fu un attimo brutto.
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Questo poi no, il signor Aghios non l’avrebbe ammesso.
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"Non ti avevo riconosciuta!"
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disse subito.
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E, presala per la mano, l’attirò a sé.
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Ma fu subito convinta, perché essa credeva al marito.
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Era una fede di cui il signor Aghios in passato era stato beato.
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Da qualche tempo lo seccava.
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Era proprio un modo di semplificare troppo la vita.
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Ci penso sempre".
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E s’impensierì, per i denari e non per lui.
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"Ho fatto tanto male di lasciarti partire solo."
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Si guardò irresoluta in giro.
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Poi sospirò, "Già!
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Ora non c’è più tempo".
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"Pensi forse ch’io perderò il denaro?"
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domandò risentito.
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Non era che fumo informe ora, non teste, non minaccia, non spavento.
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Sì!
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Era una leggerezza.
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Gli spettavano tante cose che l’Italia non poteva fornirgli.
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Non aveva alcun partito ancora e aveva tempo di pensarci.
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Intanto sarebbe entrato in un ufficio governativo.
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Non c’era verso!
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Uno dei due aveva sbagliato.
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Potrò conquistarlo?".
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Questo era il mondo d’allora, quando a questo mondo si era in meno.
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Che dopo il mondo si sia allungato e allargato?
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"Già, adesso non c’è più tempo.
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Sta sicura che per il denaro non c’è pensiero.
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Addio!"
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e le offerse il bacio dell’addio.
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Trovò!
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Le prese la destra e la portò alle labbra.
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Era lietissimo di aver trovato.
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La solitudine a cui s’avviava sarebbe stata abbellita da tale congedo.
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Essa la sollevò e gliela porse ridendo molto.
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Era destino!
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Dovevano dividersi in broncio.
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Poi non lo guido mica io".
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E la signora, sempre ridendo insistentemente: "Per fortuna!"
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disse.
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Non c’era più il tempo di pensare ad una risposta.
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Era meglio sorriderle ancora una volta e andare via in pace.
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Ma il rancore c’era nell’animo suo ed era male.
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Saltò esitante nel vagone.
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Il treno in quel momento si mise in moto.
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Essa corrispose vivamente al suo saluto.
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La banchina era ormai deserta.
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Corrispose al suo saluto mandandole un bacio.
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Poi si sentì la coscienza tranquilla.
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Per vederla più a lungo si sporse dalla finestra.
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Vedeva bene?
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La moglie portava la mano al cuore con gesto esagerato.
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Eppure pareva che quel grande gesto fosse accompagnato da grida.
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Poi, quando non la vide più, indovinò.
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Meno male!
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Il portafogli, gonfio delle trenta banconote da mille, c’era tuttavia.
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Con dolce violenza il signor Aghios si staccò dalla moglie e a passo celere tentò di perdersi nella folla che s’addensava all’ingresso della stazione.

Bisognava abbreviare quegli addii ridicoli se prolungati fra due vecchi coniugi. Ci si trovava bensì in uno di quei posti ove tutti hanno fretta e non hanno il tempo di guardare il vicino neppure per riderne, ma il signor Aghios sentiva costituirsi nell’animo proprio il vicino che ride. Anzi lui stesso intero diveniva quel vicino. Che strano! Doveva fingere una tristezza che non sentiva, quando era pieno di gioia e di speranza e non vedeva l’ora di essere lasciato tranquillo a goderne. Perciò correva, per sottrarsi più presto alle simulazioni. Perché tante discussioni? Era vero ch’egli da molti anni non s’era staccato dalla moglie, ma un viaggio sino a casa sua, a Trieste, ove essa due settimane appresso l’avrebbe raggiunto, era cosa di cui non valeva la pena di parlare.

Se ne aveva parlato invece da molti giorni e continuamente. La decisione era stata difficilissima proprio perché ambedue l’avevano desiderata e ambedue per raggiungerla sicuramente avevano creduto necessario di tener celato il loro desiderio.

Avrebbe potuto piangere se si fosse trattato di un distacco per tutta la vita o almeno per gran parte di essa. Ma così poteva confessare a se stesso che s’allontanava giocondamente. Tanto più che sapeva di fare un piacere anche a lei.

Negli ultimi anni la signora Aghios s’era attaccata di un affetto appassionato ed esclusivo al figliuolo. Quando questi era lontano essa si sentiva sola anche accanto al marito e più sola ancora perché del suo dolore non parlava, sapendo che il signor Aghios ne avrebbe riso. Ma il signor Aghios sapeva di quel dolore, si offendeva di non poterlo lenire e fingeva d’ignorarlo per non seccarsi. "Una duplice costrizione!" pensava il signor Aghios che aveva letto qualche opera filosofica. "Duplice perché mia e sua! "

Adesso la signora Aghios voleva rimanere ancora a Milano per non lasciare solo il figliuolo che doveva passare un esame importante. Il signor Aghios non dava gran peso agli esami che si possono ripetere e sapeva anche che il figliuolo, cui il soggiorno a Milano non spiaceva, li avrebbe ripetuti volentieri. Ma adesso, se voleva partire solo, anche lui doveva insistere perché la madre restasse a tutelare il figliuolo in tanto frangente. Così la signora restava a Milano per compiacere il marito, ma il signor Aghios, che l’animo della signora aveva accuratamente spiato, partiva offeso, senza però dirlo, perché altrimenti avrebbe compromesso la sua libertà di viaggiare solo.

Era veramente un congedo che bisognava abbreviare, perché anche all’ultimo momento la signora Aghios era capace di mutare ogni disposizione quando avesse indovinato come stavano le cose. Era una donna che non ammetteva di non fare il proprio dovere. E il signor Aghios pensò che il lieve rancore che sentiva per la moglie, un sentimento sgradevolissimo, sarebbe sparito non appena si sarebbe trovato solo. Correndo fu già più giusto. La moglie prolungando quegli addii rivelava il suo rimorso di lasciarlo partire solo ed egli pensò: "Come è onesta! Non m’ama affatto, ma fino all’ultimo vuol tenere le promesse fatte all’altare. Si rammarica di non sapere fare quello che dovrebbe. Una grande pena per lei e una bella seccatura per me! ".

Ma perché il signor Aghios si sentiva tanto pieno di gioia e di speranza al momento di poter finalmente abbandonare la sua legittima consorte? Voleva forse andar a divertirsi e disonorare i suoi capelli quasi del tutto bianchi correndo dietro alle donne?

Oh! Non bisogna dire una cosa simile. Un vecchio intanto non sa correre e poi il signor Aghios non era corso dietro alle donne neppure quand’era giovine. Certo dalla sua gioia e speranza non bisognava escludere del tutto la donna. Era tanto piena quella gioia e speranza che la donna - la donna ideale, mancante magari di gambe e di bocca - non poteva esserne assente. Giaceva nell’ombra fusa con molti altri fantasmi, parte importante degli stessi. Ma la donna non è sempre la stessa nel desiderio. È vero che prima di tutto serve all’amore, ma talvolta la si desidera per proteggerla e salvarla. È un animale bello, ma anche debole, che se si può si accarezza e se non si può si accarezza ancora.

Il signor Aghios aveva bisogno di vita e perciò viaggiava solo. Si sentiva vecchio e ancora più vecchio accanto alla vecchia moglie e al giovine figliuolo. Quando aveva al braccio la moglie doveva rallentare il passo e quando camminava accanto al figliuolo sentiva che questi doveva rallentarlo. Lo circondavano di tutto il rispetto. Dacché era stato ammalato la moglie aveva conservato il fare dell’infermiera che aboliva ogni istinto di cavalleria da parte dell’uomo. Il figliuolo poi aveva tutto il rispetto per il padre, ma lo educava e lo correggeva quando egli, spinto dalla sua fervida fantasia, inventava etimologie non basate su alcuna scienza o spostava o svisava fatti storici, mentre il giovinetto, che pur tanto aveva stentato a finire il Liceo, ricordava il suo greco e latino che il signor Aghios mai aveva conosciuti e sapeva - come sua madre - esattamente quello che sapeva. E non è mica comodo di essere un padre che ha torto!

Ma non era tutto qui, benché fosse abbastanza importante per il signor Aghios di essere lasciato nei suoi vecchi anni interamente in pace, interamente cioè compresa la sua ignoranza, nella quale viveva da tanti anni da farne la base della vita.

Ogni malessere che sentiva il signor Aghios lo diceva vecchiaia, ma pensava che una parte di tale malessere gli venisse dalla famiglia. Sta bene che vecchio come ora non era mai stato, ma mai s’era sentito, oltre che vecchio, anche tanto ruggine. E la ruggine proveniva sicuramente dalla famiglia, l’ambiente chiuso ove c’è muffa e ruggine. Come non irrugginire in tanta monotonia? Vedeva ogni giorno le stesse facce, sentiva le stesse parole, era obbligato agli stessi riguardi e anche alle stesse finzioni, perché egli tuttavia accarezzava giornalmente sua moglie che certamente lo meritava. Persino la sicurezza di cui si gode in famiglia addormenta, irrigidisce e avvia alla paralisi.

Si sarebbe egli sentito più forte all’aria rude fuori della famiglia? Il breve viaggio sarebbe stato un esperimento, perché i suoi affari gli avrebbero fornito il pretesto ad altri viaggi. Certo non sperava di divenire tanto vivo come nel suo ultimo viaggio a Londra, ove aveva soggiornato varii mesi, vent’anni prima, senza la moglie ch’era stata allora una giovanissima madre.

Aveva sofferto allora orrendamente della solitudine. C’era stata da lui un’impazienza irosa della sfiducia e dell’indifferenza da cui si sentiva circondato. Guardava con invidia e desiderio la vita intensa che lo circondava e respingeva. Una volta, nella stanza di lettura dell’albergo, s’era messo a leggere solitario quando fu avvicinato da un bel ragazzo roseo, di dieci anni circa, che gl’indirizzò delle parole ch’egli non intese affatto, perché si capisce che l’inglese dei bambini è il più difficile. Il signor Aghios si commosse al trovare finalmente un amico. Gli parlò e parve anche che il fanciullo intendesse perché rispose con molte più parole di quelle avute. Disgraziatamente tutte in inglese! E per avvicinarsi a lui, visto che la parola non serviva, il signor Aghios gli accarezzò i biondi capelli. Ma allora apparve alla porta della sala un signore che parve indignato che il bambino suo avesse da fare con uno straniero: "Philip! Come along!" esclamò e il bambino subito s’allontanò, dopo di aver gettata un’occhiata spaventata sulla persona cui aveva dimostrato fiducia e da cui certamente poteva derivargli un pericolo, visto che con tanta premura da essa lo si allontanava.

E il dolore iracondo della solitudine danneggiò anche i suoi affari, perché il signor Aghios finì col considerare quali nemici tutti i suoi clienti. E ci fu anche di peggio, perché il sobrio virtuoso signor Aghios, per sentirsi più animato ricorse all’uso dell’assenzio, una bibita che sostituisce benissimo l’amicizia e la conversazione. Non ne prese troppo, ma abbastanza da procurargli dei disturbi nervosi che cessarono quando, rimpatriato, rientrò felice nella vita familiare che rese superfluo ogni altro stimolo da principio.

Ma il dolore ricordato non è sempre dolore. Ora egli vi sentiva la vita intensa. Oh! Se si avesse potuto ricreare tutta quell’impazienza e quel dolore! Quale rinnovamento di vita! La vita non può essere che sforzo, risentimento e attesa di gioia! Egli era circondato da troppi amici, che, se anche talvolta lo ferivano, non gli consentivano una vera ribellione. Aveva bisogno di vivere fra ignoti e magari nemici. Ricordava con ammirazione la sua ribellione alla Granbretagna. Aveva studiato questioni politiche ed economiche solo per poter aggredire il grande Impero, il quale aveva un’organizzazione quasi perfetta, ma non perfetta del tutto e non si sentiva capace del piccolo sforzo per arrivare alla perfezione. E il ritorno in Italia fu anch’esso un viaggio animato dalle più alte speranze. Fra l’altro bagaglio egli portava seco anche un piccolo pacchetto contenente un po’ di terra raccolta a Londra nelle vicinanze di un terreno roccioso. Di quel pacchetto, che il signor Aghios teneva umido, nessuno sapeva fuori dell’agente del dazio a Chiasso, ch’era stato in procinto di fermare il viaggiatore e mandare all’analisi quella terra. Costui, pagato dal Governo, stava per impedire la fortuna d’Italia! Il signor Aghios sorrideva pieno di affetto al ricordare la propria grande ingenuità. Anche l’ingenuità è vita, anzi, il vero esordio fresco fragrante della vita. Bisogna sapere che al signor Aghios era stato raccontato che il Darwin riteneva che la roccia della Granbretagna fosse stata convertita in terra fertile da un vermicello microscopico. Bastò questo per fargli sperare di poter promuovere l’opera lenta dei vermicello anche nel proprio paese. Sparpagliò quella terra su certo terreno carsico in Italia, e si sentì elevato e animato. Non gl’importava che fosse ricordato il suo nome quando, di lì a qualche secolo, in Italia, a fior di terra non ci sarebbe più stata della roccia. A tanta altezza si arrivava nella solitudine! Adesso sorrideva di se stesso. Aveva vissuto troppo tempo in famiglia per poter intendere la propria passata grandezza. La famiglia era come un velo dietro al quale ci si riparava per vivere sicuri e dimentichi di tutto. Ora egli ne moriva pieno di speranza. Probabilmente era una prova che gli avrebbe procurato una delusione. E allora si sarebbe accontentato. Nulla ci sarebbe stato di perduto. Egli sarebbe ritornato dietro a quel velo per vivere nella penombra, protetto, sicuro, ma moribondo rassegnato. Proprio così! Come i moribondi che, abbacinati dalla meta vicina, non conoscono altro sforzo che di trattenere la vita che vuol staccarsi da loro, incapaci di vedere, sentire o salutare le altre cose, concentrati come sono nel lavoro divenuto difficile di respirare e digerire.

Mancava quasi un quarto d’ora alla partenza e il signor Aghios, rallentò il passo. Forse aveva dimostrata troppa fretta di staccarsi dalla moglie e gli doleva ch’essa avrebbe potuto risentirsene perché, certo, essa meritava tutto, anche riguardi.

Un piccolo fox terrier venne esitante ad annusargli i piedi. "Sei già qui, vecchio amico?" pensò il vecchio. Certo non era il primo cane ch’egli vedesse a Milano, ma era il primo che gli si accostasse dacché egli era solo. E lo guardò con affetto, mentre il cane arretrò - cercava certo il suo padrone - e poi saltellò via guardando ancora un’ultima volta chi l’aveva spaventato, le molli orecchie giovanili aderenti alla testa. Il vecchio gli guardò dietro ammirando. Il passo su quattro zampe è sempre più ingenuo di quello su due. Quello del piccolo giovine cane, che ora saltellava ora cercava, con quei movimenti non ancora bene associati delle quattro zampe, era l’ingenuità stessa. E il signor Aghios pensò col cuore pesante ai grandi pericoli che la bianca bestia correva. "Guardati dal canicida!" pensò.

Grandi amici del viaggiatore sono i cani. Persino in Inghilterra somigliano ai nostri e ci fanno ritrovare in essi un pezzo di patria. Non meglio educati dei nostri, curiosi come questi di tutte le porcherie sulla via, invadenti, rumorosi, obbedienti quando conobbero la frusta, affettuosi e sempre stupiti che chi li ama non accetti di lasciar passarsi la loro lingua sulla faccia. Parlano la stessa lingua. E l’Aghios nella solitudine li amò e spiò scoprendone il carattere e le sue cause. Radicalmente differenti da noi, che guardiamo mentre essi annusano, è strano che fra noi e loro si sia costituita una relazione tanto intima, nostra grande fortuna, dal cane basata certo su un malinteso. Forse il gatto a noi s’accosta di più perché a noi meglio somiglia e meglio ci conosce. E il cane deve la sua sincerità al suo senso predominante, l’olfatto. Il suo modo di percepire gli fa credere che a questo mondo ogni tradimento sia subito scoperto perché egli non vede le superfici ingannevoli, egli analizza proprio l’anima delle cose, il loro odore. Può essere che anche il suo senso lo truffi o ch’egli spesso addenti degl’innocenti dall’odore sgradevole, ma egli non lo sa e se è impedito nel suo proposito s’adatta, ma ringhiando. Tante volte una legge superiore lo arresta e lo incatena e, senza convinzione, egli deve subirla; vi è abituato. Ma il proposito di tradire egli non può accogliere, pensando ch’egli col suo senso sarebbe capace di scoprirlo e tanto meglio dunque il suo padrone, che non sarebbe il suo padrone se non avesse dei sensi più perfetti dei suoi.

Mondo sincero perciò quello degli odori. Pare però che si allontani dalla realtà più di quello delle linee e dei colori. Il povero cane è sempre il truffato perché male informato. Tuttavia qualche dolore gli è risparmiato. In nessun posto egli ’e straniero. Il suo senso è essenzialmente socievole. Ogni incontro casuale si fa subito intimo e al naso vengono offerte per la verifica le parti più recondite. Rifiutarle è una vera sgarbatezza che provoca la reazione più violenta. Che vita più naturale che non la nostra! Nella vita più affollata di Londra un uomo è all’altro nient’altro che un impedimento a procedere. Come fare? Anche se il signor Aghios fosse stato accettato quale dittatore della vita di società, egli non avrebbe saputo imporre il sorriso reciproco di saluto fra sconosciuti. Esso, imposto, sarebbe divenuto una smorfia orrida e mai avrebbe potuto significare un sincero saluto di fratello. L’affetto è anch’esso una fatica; e nessuno vi si sottopone per regola; il vero riposo è l’indifferenza. Dai cani, diretti dagli odori, l’indifferenza di fronte alla vita non c’è mai. Non sono mai semplici indifferenti stranieri, ma sempre amici o nemici. Un treno non è una cosa piccola, ma il signor Aghios nella vasta stazione non trovava il suo. Doveva pur esserci nella stazione, in qualche posto, l’indicazione necessaria per trovarlo, ma il signor Aghios non la vedeva. Di solito sua moglie lo dirigeva. Il signor Aghios fiutò inutilmente a destra e a sinistra. Vide un facchino che gli correva incontro. Era il fatto suo. Gli consegnò la piccola valigetta che tanto facilmente avrebbe potuto portare da solo e domandò del treno. Sentì il bisogno di scusarsi: "È leggera, ma mi pesa perché sono vecchio".

Aveva parlato al facchino per farselo amico. Già sentiva il bisogno degli amici occasionali che non attentano alla propria libertà. Il facchino, un uomo tozzo e svelto, sorrise e borbottò qualche cosa in meneghino, che il signor Aghios non intese. Buona che c’era stato il sorriso e il signor Aghios, con buona volontà e passo celere, seguì l’amico che, la valigetta in mano, lo precedeva correndo. Lo seguiva e già l’amava. Come era bella l’invenzione delle mance! Specialmente delle piccole, quelle che non dolgono. Perciò egli era piuttosto avaro, perché regalando molto in una volta, il piacere era breve e si restava poi paralizzati per lungo tempo. Sua moglie era più generosa e quando trovava un bisogno che non poteva essere lenito che con una somma grossa, essa la dava. Ma era un modo di disporre della roba altrui, perché agli altri bisognava poi dire: "Ho disposto già altrimenti di quanto vi spettava". Egli era veramente generoso solo talvolta, per volontà della moglie, com’era molte altre cose ancora quando essa lo voleva.

In viaggio bisognava conquistarsi degli amici, perché altrimenti si percorre questa terra ch’è la vera, la grande nostra patria, col cipiglio dello straniero. Ed il signor Aghios sfruttava le sue piccole mance da vero avaro e voleva con esse comperare non molta, ma un’amicizia duratura. Perciò cominciava col pagare un prezzo inferiore alla tariffa. Di solito l’altro non protestava, ma restava a guardare, interdetto, il poco denaro che teneva nella mano aperta. Allora appena il signor Aghios metteva in quella mano una moneta alla volta, finché essa si chiudeva e sulla faccia del facchino appariva un sorriso. Così quel sorriso, che aveva tardato a nascere, si stampava meglio nel ricordo del signor Aghios e gli appianava qualche miglio di strada. Talvolta, prima ch’egli arrivasse a dare tutta la mancia, il facchino si stancava e se ne andava con una brutta parola. Il signor Aghios se ne andava allora con la mancia in tasca, ma aveva avuto tuttavia la sua soddisfazione perché egli si divideva da un nemico bensì, ma non da uno straniero.

Bisognò scendere per uno scalone sotto terra e risalire, dopo aver percorso un corridoio, alla banchina sulla quale bisognava aspettare il treno non ancora giunto da Torino.

Il facchino domandò al signor Aghios se doveva aspettare con lui. Se non fosse stato necessario di parlare in meneghino il signor Aghios avrebbe trattenuto l’amico dell’ultima ora. Così invece lo congedò e restò nella solitudine allietata dall’ultimo suo sorriso di ringraziamento. S’erano guardati per un istante negli occhi quasi a dichiararsi la loro reciproca benevolenza. E il signor Aghios, per aumentare tale benevolenza, aggiunse alla mancia una sigaretta.

Molta gente aspettava sulla banchina. Accanto ad una colonna erano accatastati molti poveri bagagli, una sola valigia chiusa, due ceste legate, di cui una chiusa da un panno rosso e l’altra verde sbiadito. Una donna sedeva sulla valigia con un poppante in grembo e una fanciullina di dieci anni, ben difesa dal freddo da un vestitino consunto, dormiva su una cesta, la testa appoggiata sul fianco della madre. "Sloggiano?" pensò il signor Aghios. Vide poi avvicinarsi un contadino che, mentre correva, esaminava dei biglietti ferroviari certo allora acquistati. La giovine donna ebbe un respiro vedendolo. Doveva aver sofferto di essere rimasta sola tanto a lungo. Quello non era un viaggio con tutta quella famiglia. Un’emigrazione, una fuga.

Poi il signor Aghios non guardò più la gente che lo circondava e s’incantò per qualche minuto a guardare il fumo che denso usciva dal camino di una locomotiva fuori della stazione. Il vento lo spingeva. Uscendo dal camino a nuclei, veniva subito diminuito e diffuso dal vento. Ogni nucleo, nell’atto che subiva tale distruzione, pareva si spogliasse e tradisse l’esistenza entro di lui di una testa, un grugno, un essere animato. E tale testa, prima di disfarsi, spalancava degli occhi smisurati per guardare meglio e per guardare meglio finiva con lo spalancarsi tutta. Una processione di teste spaventate e minacciose. "Poche linee di vita bastano a significare l’essenza della vita, la paura o minaccia" moralizzò il signor Aghios.

Il treno entrò sbuffando in stazione. In quell’istante il signor Aghios sentì la voce della moglie che lo chiamava: "Giacomo!".

Si volse a lei e forse non seppe celare un gesto d’impazienza. Egli l’amava com’essa meritava, ma la sua assenza non era stata lunga abbastanza per fargli desiderare di rivederla. Proprio era bastato il suono della sua voce per strapparlo a quella lieta benevolenza ch’egli riversava su tutte e cose e persone. Eppoi gli portava essa forse l’annunzio che non poteva più viaggiare solo? Ma egli sarebbe partito tuttavia.

La signora dovette indovinare parte del suo stato d’animo perché, interdetta, gli domandò: "Ti secco tanto?" e fece l’atto di ritornare sui suoi passi. Fu un attimo brutto.

Questo poi no, il signor Aghios non l’avrebbe ammesso. Si poteva pensare a questo mondo quello che si voleva, ma non bisognava rivelare quel pensiero tanto bello e giusto finché restava celato nel proprio animo e tanto ingiurioso quando sbucava alla luce del sole. "Non ti avevo riconosciuta!" disse subito. E, presala per la mano, l’attirò a sé. Essa si sottrasse all’abbraccio, perché era tanto bene educata che non avrebbe ammesso una cosa simile in pubblico. Ma fu subito convinta, perché essa credeva al marito. Era una fede di cui il signor Aghios in passato era stato beato. Da qualche tempo lo seccava. Era proprio un modo di semplificare troppo la vita. Oramai anche questa fede aveva qualche cosa di gelido come tutta la loro relazione.

Sorridendo essa gli disse che non era per rivederlo un’altra volta che gli era corsa dietro, ma perché aveva dimenticato di dirgli che la signora Luisi lo pregava di avvertire il gioielliere di Venezia che essa tratteneva il filo di perle offertole e che il signor Luisi avrebbe provveduto fra pochi giorni al pagamento.

Poi, sempre sorridendo, gli domandò: "Ricordi ancora quello che hai nella tasca di petto?".

L’Aghios portò subito la mano a quella tasca e, trovatala gonfia, ricordò: "Non dubitare! Ci penso sempre".

Ma qui essa non gli credette, perché s’era accorta che per ricordare di aver seco una somma forte di denaro, egli aveva dovuto toccare quella tasca. E s’impensierì, per i denari e non per lui. "Ho fatto tanto male di lasciarti partire solo." Si guardò irresoluta in giro. Poi sospirò, "Già! Ora non c’è più tempo".

Erano ambedue contenti che non ci fosse più tempo, ma il signor Aghios era anche adirato di sentirsi trattare quale un bambino. "Pensi forse ch’io perderò il denaro?" domandò risentito. "M’hai trovato distratto così perché proprio pensavo di fare un giro per Trieste per vedere se non potevo trovare il denaro più a buon mercato per la rinnovazione di parte del nostro debito." E mentre parlava guardò ancora una volta il camino della lontana locomotiva donde continuava a sbucare del fumo denso. Non era che fumo informe ora, non teste, non minaccia, non spavento.

"È una leggerezza di viaggiare con tanto contante in tasca" disse ancora la signora con voce calda che domandava scusa.

Sì! Era una leggerezza. Dal giorno prima avevano deciso di comperare un vaglia, anche per rendere quella tasca più leggera. Ma lo aveva disturbato di andare con quel denaro alla banca e aveva rimandato quell’operazione fino a quel giorno stesso. Poi, sul più bello, erano venuti a trovare il figliuolo tre giovini che con lui studiavano. Il vecchio s’era incantato a star a sentire i loro piani per l’avvenire ora che avevano finiti gli studii. Egli non avrebbe aperto bocca per paura di sentirsi correggere da quei dotti, ma ricordava che all’uscita dalla scuola egli era stato più timido, esitante, pauroso. Uno di loro trovava la sua posizione già fatta, ma riteneva che il suo intervento avrebbe significato un progresso per l’azienda in cui doveva entrare. Il secondo, poi, che non trovava nulla di fatto dai suoi antenati, con tutta calma s’apprestava all’emigrazione. Gli spettavano tante cose che l’Italia non poteva fornirgli. Il terzo invece manifestava un grande disprezzo per la politica, ma pensava di dedicarvisi. Non aveva alcun partito ancora e aveva tempo di pensarci. Intanto sarebbe entrato in un ufficio governativo. E il vecchio non s’accontentava di pensare che il mondo non fosse più quello in cui era nato lui, ma s’incantava a studiare quale dei due mondi avesse avuto ragione. Non c’era verso! Uno dei due aveva sbagliato. Forse egli non sapeva meglio, ma in sua gioventù gli avevano spiegato che sulla terra non ci fosse gioia abbastanza per contentare tutti ed egli l’aveva creduto e, uscito dalla scuola, timidamente aveva bussato alla porta del mondo per domandare: "C’è un posticino anche per me? Potrò conquistarlo?". Questo era il mondo d’allora, quando a questo mondo si era in meno. Che dopo il mondo si sia allungato e allargato? E il vecchio era stato tenuto al suo posto e impedito di andar a comperare il vaglia dal rancore di essere nato in un mondo più difficile.

"Già, adesso non c’è più tempo. Sta sicura che per il denaro non c’è pensiero. Addio!" e le offerse il bacio dell’addio. Essa si lasciò baciare sulla guancia e lo baciò poi anche lei sulla guancia. Egli si guardò d’intorno cercando di trovare un altro segno d’affetto da darle. Trovò! Le prese la destra e la portò alle labbra. Era lietissimo di aver trovato. La solitudine a cui s’avviava sarebbe stata abbellita da tale congedo. Egli s’accinse di montare sul vagone dimenticando di prendere la valigetta che il facchino aveva deposta in terra. Essa la sollevò e gliela porse ridendo molto. Per scusarsi il signor Aghios mormorò: "È il facchino che l’ha lasciata lì. Non trovavo il treno..."

La signora Aghios rise ancora: "E come arriverai a Trieste senza il facchino?".

Era destino! Dovevano dividersi in broncio.

Il signor Aghios di malavoglia rispose: "Il difficile è di trovare il treno. Poi non lo guido mica io".

E la signora, sempre ridendo insistentemente: "Per fortuna!" disse.

Non c’era più il tempo di pensare ad una risposta. Avrebbe subito potuto dire che neppure lei avrebbe saputo dirigere il treno, poi che non era tanto difficile perché c’erano le rotaie e infine che la valigetta non conteneva niente d’importante, ma non disse niente. Era meglio sorriderle ancora una volta e andare via in pace. Ma il rancore c’era nell’animo suo ed era male. Saltò esitante nel vagone. Nel corridoio del vagone era difficile di muoversi, ma con decisione giovanile il signor Aghios con la valigetta in mano si fece posto ed arrivò alla prossima finestra che aperse. Il treno in quel momento si mise in moto.

Il signor Aghios chiamò la moglie che aveva continuato a guardare la porta per la quale egli era sparito. Essa corrispose vivamente al suo saluto. La banchina era ormai deserta. Egli per un istante stornò gli occhi dalla moglie per guardare il posto ove era giaciuto il bagaglio dei contadini. Quel bagaglio era sparito e chissà che fatica per farlo entrare nel vagone. Poi ritornò con l’occhio alla moglie che aveva levato di tasca il fazzoletto e gli faceva dei vivi segni di saluto. Corrispose al suo saluto mandandole un bacio. La fine elegante figura della moglie che da vicino si scorgeva un po’ disseccata dall’età, ora, come il movimento del treno aumentava la distanza fra di loro, gli appariva veramente graziosa con quel velo roseo che, puntato sul cappello, si muoveva nella brezza. E, avviandosi alla sua solitudine, guardando quella figura snella, volle avere il pensiero preciso e sincero e pensò: "Più m’allontano da lei e più l’amo". Poi si sentì la coscienza tranquilla. Per il momento, insomma, egli si trovava in ordine con la legge umana e divina, perché egli, sinceramente, amava la propria donna.

Per vederla più a lungo si sporse dalla finestra. Vedeva bene? La moglie portava la mano al cuore con gesto esagerato. Non era possibile ch’essa, una persona tanto equilibrata, volesse far vedere a degli estranei un dolore esagerato perché la lasciava sola. Eppure pareva che quel grande gesto fosse accompagnato da grida.

Poi, quando non la vide più, indovinò. Con quel gesto essa aveva voluto fargli un’ultima raccomandazione di badare ai denari che aveva nella tasca del petto. Meno male! Sorrise e, obbediente, per attenuare il rimorso che sentiva di amare la moglie più che mai ora che non la vedeva affatto, si toccò con grande energia la tasca del petto. Il portafogli, gonfio delle trenta banconote da mille, c’era tuttavia.