AMOUR PROPRE ET ARGENT SALE - Jean Pierre MARTINEZ - INTRODUCTION.SCÈNE 5 -
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SCENA 5- Delphine prende un caffè. Vanessa arriva in vestaglia.
Vanessa - Ciao Delphine... E ancora grazie per la vostra ospitalità.
Delphine – Va tutto bene. Hai dormito bene?
Vanessa - No... ma non ha niente a che fare con il letto.
Delphine - Sì, ho visto le bottiglie vuote.
Vanessa - Non sono gli unici cadaveri che mi hanno ossessionata stanotte... Delphine - Vuoi un caffè?
Vanessa - Grazie, sì.
Delphine le serve una tazza di caffè.
Vanessa — So che non mi hai mai amata.
Delphine (presa alla sprovvista) — Ma perché dici cosí ?
Vanessa — Non ho detto che mi odi... Ma mi consideri una donna mantenuta, vero? una piccola borghese dalla mentalità ristretta.
Delphine (cercando di scherzare) - Dimentichi inoltre... appena appena troppo reazionaria.
Vanessa - Avevi ragione... Nemmeno io mi amavo... Delphine - E adesso?
Vanessa - Ora non so più dove mi trovo.
Delphine – C’est un début... Vanessa – Il ne faut pas me juger, tu sais... Cet argent, même si ça vous paraît étrange, j’en ai vraiment besoin... Delphine – Je t’écoute... Tu peux me faire confiance... Vanessa – Je ne m’entends plus avec Marc. Il a une maîtresse. Et la sienne, crois-moi, elle existe bien... Delphine – Tu la connais ?
Vanessa – C’est son assistante, à l’agence immobilière. Elle a dix ans de moins que lui. Et surtout, elle a dix ans de moins que moi.
Delphine – Tu n’as qu’à le quitter... Vanessa – Ce n’est pas si simple... Il ne voulait déjà pas divorcer, pour ne pas avoir à me laisser la moitié de nos biens, et me verser une pension alimentaire. Alors maintenant que je vais hériter... Delphine – Il le sait ?
Vanessa – Il était là quand Carlos est passé, la dernière fois.
Delphine – Mais enfin, il ne peut pas refuser le divorce !
Vanessa – Je ne travaille pas. Je dépends complètement de lui. Et puis il y a les enfants... C’est un tordu, tu sais. Si tout ça se terminait devant un juge, je ne sais pas de quoi il serait capable, pour le seul plaisir de me séparer de mes enfants.
Delphine – C’est-à-dire ?
Vanessa – Il prétendra que je suis fragile, psychologiquement. Que j’ai déjà fait une tentative de suicide... Delphine – C’est vrai ?
Vanessa – C’était un accident, je t’assure ! Je prends des calmants, c’est vrai. Ce jour-là, j’en ai pris deux que je n’aurais pas dû prendre ensemble. J’ai fait un malaise. Le SAMU est venu... Marc prendra prétexte de ça pour avoir la garde des enfants. Je ne le supporterais pas... Et là crois-moi, je ne me raterai pas... Delphine – Je comprends... Mais tu ne peux pas continuer comme ça... Vanessa – Cet argent me permettrait de partir. Quitte à lui en laisser une partie, pour qu’il me fiche la paix... Delphine – Tu ne peux pas céder à ce chantage. C’est ignoble... Vanessa – Je ne sais plus... Il me fait peur... Quand Carlos est venu, il a été très aimable avec lui, mais quand il est parti, il m’a dit qu’il voulait sa part, sinon... Delphine – Sinon quoi ? (Vanessa serre un peu plus la robe de chambre contre elle) C’est quoi, ces bleus que tu caches sous ta robe de chambre... Vanessa – Ce n’est rien... Je suis tombée... Delphine – Pas à moi, Vanessa... Vanessa – Je sais, c’est difficile à croire... On pense que ça n’arrive que dans les milieux modestes... Tu te demandes comment je peux accepter ça... Delphine – C’est à toi que je le demande.
Vanessa – Je n’ai jamais été habituée à décider de quoi que ce soit.
Delphine – Tu veux que Frédéric lui parle ? C’est ton frère, après tout... Vanessa – Marc se vengerait sur moi... Sur les enfants, peut-être... Je t’en prie, n’en parle pas à Frédéric... Delphine – Tu ne peux pas accepter ça, Vanessa. Il faut te faire aider... On sonne. Delphine sort et revient avec Carlos.
Carlos – Bonjour Vanessa... Je ne pensais pas vous trouver là, mais ce n’est pas plus mal que je vous vois tous les deux, avec votre frère... Delphine – Je vous laisse... Je vais prévenir Frédéric. Il est dans la douche... Elle sort.
Carlos – Je regrette le choix de votre frère. Vous devriez le convaincre d’accepter.
Vanessa – Mon frère n’est pas quelqu’un de facile à convaincre... Carlos – Oui, j’ai remarqué... Vanessa – Je le comprends, mais moi je n’ai pas le choix.
Carlos – Pourquoi ?
Vanessa – Disons que... cet argent me permettrait de reconquérir mon indépendance. Si mon mari accepte de me laisser partir, évidemment.
Carlos – Votre mari ne vous rend pas heureuse ?
Vanessa – Je veux divorcer, depuis longtemps... Mais... j’ai peur.
Carlos – Peur ? Peur de quoi ?
Vanessa – Je préfère ne pas en parler... Carlos se lève et, délicatement, désigne le bleu sur la joue de Vanessa, caché derrière une mèche des cheveux.
Carlos – Votre mari a déjà levé la main sur vous ?
Le silence de Vanessa résonne comme un aveu. Plus brusquement, Carlos écarte la robe de chambre pour dégager les épaules de Vanessa, et il aperçoit d’autres traces.
Carlos (glacial) – C’est lui qui vous a fait ça...?
Vanessa rajuste sa robe de chambre.
Vanessa – Je voudrais divorcer, mais il ne veut pas.
Carlos – Il ne veut pas...?
Vanessa – Maintenant qu’il sait que je vais toucher un gros héritage, il veut sa part.
Carlos – Vous n’avez pas fait de contrat de mariage ?
Vanessa – Non.
Carlos – Alors il n’a aucun droit sur votre héritage.
Vanessa – Je sais... Mais... ce n’est pas si simple.
Carlos – Ne vous inquiétez pas... Je vais lui expliquer... Vanessa – Je ne pense pas que ça suffira, malheureusement.
Carlos – Ça suffira, croyez-moi. Je n’ai pas l’air, comme ça, mais... je peux être très persuasif.
Frédéric arrive, et semble étonné par la proximité de Carlos et de Vanessa. Il remarque aussi le trouble de sa sœur.
Carlos – Même si pour ce qui votre frère, je n’ai pas encore réussi à le convaincre... Vanessa – Je vais finir de m’habiller... Elle sort.
Carlos – Votre sœur est quelqu’un de très attachant.
Frédéric – C’est plutôt le mot collant qui me viendrait à l’esprit, mais... oui.
Carlos – C’est aussi quelqu’un de très fragile. Certains pourraient en abuser... Frédéric – Que voulez-vous dire ?
Carlos hésite, mais change de sujet.
Carlos – Vous devriez accepter ma proposition.
Frédéric – « Votre » proposition ?
Carlos – Celle de votre père.
Frédéric – Mais il n’a pas volontairement décidé de me léguer cet argent, n’est-ce pas ? Je suis juste l’héritier en ligne directe... Carlos – Il n’a pas eu le temps de rédiger un testament. Mais je sais qu’il aurait voulu que cet héritage vous revienne.
Frédéric – Et si tout simplement, je n’étais pas fait pour être riche... Carlos – Personne n’est fait pour être riche. C’est tout l’intérêt de l’être... Frédéric – J’aurais seulement besoin de cent mille euros pour régler mes problèmes de trésorerie.
Carlos – Désolé. Il ne s’agit pas d’un legs, mais d’un héritage. C’est tout ou rien.
Frédéric – Je ne sais pas.
Carlos – Je repasserai demain avec la procuration. Vous n’aurez qu’à signer. Et je m’occuperai du reste. En attendant, je voulais vous remettre ça... Il lui tend un gros cahier.
Frédéric – Qu’est-ce que c’est ?
Carlos – Son journal.
Frédéric – Son journal ? Vous voulez dire son journal intime ?
Carlos – Ou son journal de bord, comme vous préférez.
Frédéric – Je ne savais pas que les mafiosos tenaient un journal... Ça peut-être compromettant, non ?
Carlos – Je l’ai retrouvé dans ses papiers. Vous le lirez plus tard. J’espère que cela vous aidera à comprendre certaines choses... Frédéric – Vous l’avez lu ?
Carlos – Je l’ai parcouru... Je préférais y jeter un coup d’œil avant de vous le confier.
Frédéric prend le cahier.
Frédéric – Merci. Vous voulez boire quelque chose ? Il me reste quelques fonds de bouteilles... Carlos – Une autre fois... J’ai une affaire urgente à régler... (Il jette un dernier regard au tableau en cours) J’aime beaucoup vos tableaux... Votre père en avait plusieurs, chez lui... Frédéric – Pardon ?
Carlos – Il les faisait acheter par un galeriste de Londres. Il avait une très haute opinion de vous. Ne le décevez pas... Il s’en va. Laissant Frédéric abasourdi. Delphine revient.
Delphine – Ça va ?
Frédéric – C’est mon père qui faisait acheter ces toiles, à Londres, par mon presque unique client soi-disant russe.
Delphine – Tu es sûr ?
Frédéric – En fait c’est lui qui me permet de vivoter depuis toutes ces années. Sans lui je n’aurais pas vendu une toile.
Delphine – C’est dingue, cette histoire... comme dirait ta sœur.
Frédéric – Je ne voulais pas de cet argent sale, mais en réalité, je vivais déjà avec... Delphine – Alors qu’est-ce qu’on fait ?
Frédéric – Un peu plus ou un peu moins... C’est ma sœur qui a raison, l’argent c’est toujours sale.
Delphine – Tu acceptes l’héritage, finalement ?
Frédéric – On trouvera bien un moyen de faire un don à une association, comme disait ma sœur... Histoire de soulager notre conscience à peu de frais...
Noir
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SCÈNE 5 Delphine prend un café.
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Vanessa arrive en robe de chambre.
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Vanessa – Bonjour Delphine...
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Et encore merci pour votre hospitalité.
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Delphine – C’est normal.
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Tu as bien dormi...?
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Vanessa – Non... mais ça n’a rien à voir avec la literie.
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Delphine – Oui, j’ai vu les cadavres de bouteilles.
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Vanessa – Merci, oui.
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Delphine lui sert une tasse de café.
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Vanessa – Je sais que tu ne m’as jamais aimée.
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Delphine (prise de court) – Mais pourquoi tu dis ça ?
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Une petite bourgeoise à l’esprit étroit.
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Delphine (essayant de plaisanter) – Tu oublies aussi... un peu réac sur les bords.
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Vanessa – Maintenant, je ne sais plus où j’en suis.
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Il a une maîtresse.
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Vanessa – C’est son assistante, à l’agence immobilière.
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Elle a dix ans de moins que lui.
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Et surtout, elle a dix ans de moins que moi.
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Alors maintenant que je vais hériter... Delphine – Il le sait ?
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Vanessa – Il était là quand Carlos est passé, la dernière fois.
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Delphine – Mais enfin, il ne peut pas refuser le divorce !
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Vanessa – Je ne travaille pas.
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Je dépends complètement de lui.
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Et puis il y a les enfants... C’est un tordu, tu sais.
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Delphine – C’est-à-dire ?
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Vanessa – Il prétendra que je suis fragile, psychologiquement.
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Vanessa – C’était un accident, je t’assure !
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Je prends des calmants, c’est vrai.
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J’ai fait un malaise.
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Je ne le supporterais pas...
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Delphine – Tu veux que Frédéric lui parle ?
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Il faut te faire aider... On sonne.
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Delphine sort et revient avec Carlos.
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Il est dans la douche... Elle sort.
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Carlos – Je regrette le choix de votre frère.
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Vous devriez le convaincre d’accepter.
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Carlos – Pourquoi ?
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Si mon mari accepte de me laisser partir, évidemment.
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Carlos – Votre mari ne vous rend pas heureuse ?
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Vanessa – Je veux divorcer, depuis longtemps... Mais... j’ai peur.
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Carlos – Peur ?
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Peur de quoi ?
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Carlos – Votre mari a déjà levé la main sur vous ?
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Le silence de Vanessa résonne comme un aveu.
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Carlos (glacial) – C’est lui qui vous a fait ça...?
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Vanessa rajuste sa robe de chambre.
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Vanessa – Je voudrais divorcer, mais il ne veut pas.
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Carlos – Il ne veut pas...?
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Carlos – Vous n’avez pas fait de contrat de mariage ?
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Vanessa – Non.
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Carlos – Alors il n’a aucun droit sur votre héritage.
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Vanessa – Je sais... Mais... ce n’est pas si simple.
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Carlos – Ça suffira, croyez-moi.
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Je n’ai pas l’air, comme ça, mais... je peux être très persuasif.
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Il remarque aussi le trouble de sa sœur.
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Carlos – Votre sœur est quelqu’un de très attachant.
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Carlos – C’est aussi quelqu’un de très fragile.
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Certains pourraient en abuser... Frédéric – Que voulez-vous dire ?
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Carlos hésite, mais change de sujet.
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Carlos – Vous devriez accepter ma proposition.
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Frédéric – « Votre » proposition ?
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Carlos – Celle de votre père.
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Mais je sais qu’il aurait voulu que cet héritage vous revienne.
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Carlos – Désolé.
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Il ne s’agit pas d’un legs, mais d’un héritage.
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C’est tout ou rien.
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Frédéric – Je ne sais pas.
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Carlos – Je repasserai demain avec la procuration.
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Vous n’aurez qu’à signer.
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Et je m’occuperai du reste.
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Frédéric – Qu’est-ce que c’est ?
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Carlos – Son journal.
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Frédéric – Son journal ?
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Vous voulez dire son journal intime ?
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Carlos – Ou son journal de bord, comme vous préférez.
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Carlos – Je l’ai retrouvé dans ses papiers.
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Vous le lirez plus tard.
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Frédéric prend le cahier.
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Frédéric – Merci.
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Vous voulez boire quelque chose ?
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Carlos – Il les faisait acheter par un galeriste de Londres.
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Il avait une très haute opinion de vous.
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Ne le décevez pas... Il s’en va. Laissant Frédéric abasourdi.
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Delphine revient.
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Delphine – Ça va ?
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Delphine – Tu es sûr ?
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Sans lui je n’aurais pas vendu une toile.
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Delphine – C’est dingue, cette histoire... comme dirait ta sœur.
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Delphine – Tu acceptes l’héritage, finalement ?
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Noir
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SCÈNE 5

Delphine prend un café. Vanessa arrive en robe de chambre.
Vanessa – Bonjour Delphine... Et encore merci pour votre hospitalité.
Delphine – C’est normal. Tu as bien dormi...?
Vanessa – Non... mais ça n’a rien à voir avec la literie.
Delphine – Oui, j’ai vu les cadavres de bouteilles.
Vanessa – Ce n’est pas les seuls cadavres qui m’ont hantée cette nuit...
Delphine – Tu veux un café ?
Vanessa – Merci, oui.
Delphine lui sert une tasse de café.
Vanessa – Je sais que tu ne m’as jamais aimée.
Delphine (prise de court) – Mais pourquoi tu dis ça ?
Vanessa – Je n’ai pas dit que tu me détestes... Mais tu me considères comme une femme entretenue, non ? Une petite bourgeoise à l’esprit étroit.
Delphine (essayant de plaisanter) – Tu oublies aussi... un peu réac sur les bords.
Vanessa – Tu avais raison... Moi non plus je ne m’aimais pas...
Delphine – Et maintenant ?
Vanessa – Maintenant, je ne sais plus où j’en suis.
Delphine – C’est un début...
Vanessa – Il ne faut pas me juger, tu sais... Cet argent, même si ça vous paraît étrange, j’en ai vraiment besoin...
Delphine – Je t’écoute... Tu peux me faire confiance...
Vanessa – Je ne m’entends plus avec Marc. Il a une maîtresse. Et la sienne, crois-moi, elle existe bien...
Delphine – Tu la connais ?
Vanessa – C’est son assistante, à l’agence immobilière. Elle a dix ans de moins que lui. Et surtout, elle a dix ans de moins que moi.
Delphine – Tu n’as qu’à le quitter...
Vanessa – Ce n’est pas si simple... Il ne voulait déjà pas divorcer, pour ne pas avoir à me laisser la moitié de nos biens, et me verser une pension alimentaire. Alors maintenant que je vais hériter...
Delphine – Il le sait ?
Vanessa – Il était là quand Carlos est passé, la dernière fois.
Delphine – Mais enfin, il ne peut pas refuser le divorce !
Vanessa – Je ne travaille pas. Je dépends complètement de lui. Et puis il y a les enfants... C’est un tordu, tu sais. Si tout ça se terminait devant un juge, je ne sais pas de quoi il serait capable, pour le seul plaisir de me séparer de mes enfants.
Delphine – C’est-à-dire ?
Vanessa – Il prétendra que je suis fragile, psychologiquement. Que j’ai déjà fait une tentative de suicide...
Delphine – C’est vrai ?
Vanessa – C’était un accident, je t’assure ! Je prends des calmants, c’est vrai. Ce jour-là, j’en ai pris deux que je n’aurais pas dû prendre ensemble. J’ai fait un malaise. Le SAMU est venu... Marc prendra prétexte de ça pour avoir la garde des enfants. Je ne le supporterais pas... Et là crois-moi, je ne me raterai pas...
Delphine – Je comprends... Mais tu ne peux pas continuer comme ça...
Vanessa – Cet argent me permettrait de partir. Quitte à lui en laisser une partie, pour qu’il me fiche la paix...
Delphine – Tu ne peux pas céder à ce chantage. C’est ignoble...
Vanessa – Je ne sais plus... Il me fait peur... Quand Carlos est venu, il a été très aimable avec lui, mais quand il est parti, il m’a dit qu’il voulait sa part, sinon...
Delphine – Sinon quoi ? (Vanessa serre un peu plus la robe de chambre contre elle) C’est quoi, ces bleus que tu caches sous ta robe de chambre...
Vanessa – Ce n’est rien... Je suis tombée...
Delphine – Pas à moi, Vanessa...
Vanessa – Je sais, c’est difficile à croire... On pense que ça n’arrive que dans les milieux modestes... Tu te demandes comment je peux accepter ça...
Delphine – C’est à toi que je le demande.
Vanessa – Je n’ai jamais été habituée à décider de quoi que ce soit.
Delphine – Tu veux que Frédéric lui parle ? C’est ton frère, après tout...
Vanessa – Marc se vengerait sur moi... Sur les enfants, peut-être... Je t’en prie, n’en parle pas à Frédéric...
Delphine – Tu ne peux pas accepter ça, Vanessa. Il faut te faire aider...
On sonne. Delphine sort et revient avec Carlos.
Carlos – Bonjour Vanessa... Je ne pensais pas vous trouver là, mais ce n’est pas plus mal que je vous vois tous les deux, avec votre frère...
Delphine – Je vous laisse... Je vais prévenir Frédéric. Il est dans la douche...
Elle sort.
Carlos – Je regrette le choix de votre frère. Vous devriez le convaincre d’accepter.
Vanessa – Mon frère n’est pas quelqu’un de facile à convaincre...
Carlos – Oui, j’ai remarqué...
Vanessa – Je le comprends, mais moi je n’ai pas le choix.
Carlos – Pourquoi ?
Vanessa – Disons que... cet argent me permettrait de reconquérir mon indépendance. Si mon mari accepte de me laisser partir, évidemment.
Carlos – Votre mari ne vous rend pas heureuse ?
Vanessa – Je veux divorcer, depuis longtemps... Mais... j’ai peur.
Carlos – Peur ? Peur de quoi ?
Vanessa – Je préfère ne pas en parler...
Carlos se lève et, délicatement, désigne le bleu sur la joue de Vanessa, caché derrière une mèche des cheveux.
Carlos – Votre mari a déjà levé la main sur vous ?
Le silence de Vanessa résonne comme un aveu. Plus brusquement, Carlos écarte la robe de chambre pour dégager les épaules de Vanessa, et il aperçoit d’autres traces.
Carlos (glacial) – C’est lui qui vous a fait ça...?
Vanessa rajuste sa robe de chambre.
Vanessa – Je voudrais divorcer, mais il ne veut pas.
Carlos – Il ne veut pas...?
Vanessa – Maintenant qu’il sait que je vais toucher un gros héritage, il veut sa part.
Carlos – Vous n’avez pas fait de contrat de mariage ?
Vanessa – Non.
Carlos – Alors il n’a aucun droit sur votre héritage.
Vanessa – Je sais... Mais... ce n’est pas si simple.
Carlos – Ne vous inquiétez pas... Je vais lui expliquer...
Vanessa – Je ne pense pas que ça suffira, malheureusement.
Carlos – Ça suffira, croyez-moi. Je n’ai pas l’air, comme ça, mais... je peux être très persuasif.
Frédéric arrive, et semble étonné par la proximité de Carlos et de Vanessa. Il remarque aussi le trouble de sa sœur.
Carlos – Même si pour ce qui votre frère, je n’ai pas encore réussi à le convaincre...
Vanessa – Je vais finir de m’habiller...
Elle sort.
Carlos – Votre sœur est quelqu’un de très attachant.
Frédéric – C’est plutôt le mot collant qui me viendrait à l’esprit, mais... oui.
Carlos – C’est aussi quelqu’un de très fragile. Certains pourraient en abuser...
Frédéric – Que voulez-vous dire ?
Carlos hésite, mais change de sujet.
Carlos – Vous devriez accepter ma proposition.
Frédéric – « Votre » proposition ?
Carlos – Celle de votre père.
Frédéric – Mais il n’a pas volontairement décidé de me léguer cet argent, n’est-ce pas ? Je suis juste l’héritier en ligne directe...
Carlos – Il n’a pas eu le temps de rédiger un testament. Mais je sais qu’il aurait voulu que cet héritage vous revienne.
Frédéric – Et si tout simplement, je n’étais pas fait pour être riche...
Carlos – Personne n’est fait pour être riche. C’est tout l’intérêt de l’être...
Frédéric – J’aurais seulement besoin de cent mille euros pour régler mes problèmes de trésorerie.
Carlos – Désolé. Il ne s’agit pas d’un legs, mais d’un héritage. C’est tout ou rien.
Frédéric – Je ne sais pas.
Carlos – Je repasserai demain avec la procuration. Vous n’aurez qu’à signer. Et je m’occuperai du reste. En attendant, je voulais vous remettre ça...
Il lui tend un gros cahier.
Frédéric – Qu’est-ce que c’est ?
Carlos – Son journal.
Frédéric – Son journal ? Vous voulez dire son journal intime ?
Carlos – Ou son journal de bord, comme vous préférez.
Frédéric – Je ne savais pas que les mafiosos tenaient un journal... Ça peut-être compromettant, non ?
Carlos – Je l’ai retrouvé dans ses papiers. Vous le lirez plus tard. J’espère que cela vous aidera à comprendre certaines choses...
Frédéric – Vous l’avez lu ?
Carlos – Je l’ai parcouru... Je préférais y jeter un coup d’œil avant de vous le confier.
Frédéric prend le cahier.
Frédéric – Merci. Vous voulez boire quelque chose ? Il me reste quelques fonds de bouteilles...
Carlos – Une autre fois... J’ai une affaire urgente à régler... (Il jette un dernier regard au tableau en cours) J’aime beaucoup vos tableaux... Votre père en avait plusieurs, chez lui...
Frédéric – Pardon ?
Carlos – Il les faisait acheter par un galeriste de Londres. Il avait une très haute opinion de vous. Ne le décevez pas...
Il s’en va. Laissant Frédéric abasourdi. Delphine revient.
Delphine – Ça va ?
Frédéric – C’est mon père qui faisait acheter ces toiles, à Londres, par mon presque unique client soi-disant russe.
Delphine – Tu es sûr ?
Frédéric – En fait c’est lui qui me permet de vivoter depuis toutes ces années. Sans lui je n’aurais pas vendu une toile.
Delphine – C’est dingue, cette histoire... comme dirait ta sœur.
Frédéric – Je ne voulais pas de cet argent sale, mais en réalité, je vivais déjà avec...
Delphine – Alors qu’est-ce qu’on fait ?
Frédéric – Un peu plus ou un peu moins... C’est ma sœur qui a raison, l’argent c’est toujours sale.
Delphine – Tu acceptes l’héritage, finalement ?
Frédéric – On trouvera bien un moyen de faire un don à une association, comme disait ma sœur... Histoire de soulager notre conscience à peu de frais...
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