INCONTRO DI VECCHI AMICI - Italo Svevo
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Roberto Eris était né dans une famille honorable mais non opulente. Il avait atteint et dépassé sa trentième année dans une situation plutôt modeste. Puis, comme il avait l'habitude de dire, il s'était fâché, il avait abandonné rêves et préjugés et il s'était jeté dans la vie des affaires avec la détermination de celui qui n'a pas de temps à perdre. Au début il fit de bonnes affaires dues à la chance et ensuite grâce à une astuce consciente et concrète. En somme, il devint millionnaire à force d’affaires dont chacune lui laissait le sentiment de n’avoir pas été conduite avec assez de sagacité. On conçoit qu’avec un maître d’une exigence si insatiable, il fût appelé à parvenir loin. Il se maria, eut des chevaux, une demeure somptueusement meublée et crut avoir enfin résolu le problème de son existence. On sait que la richesse ne peut résoudre un tel problème mais la conquête de la fortune et la satisfaction apportée par le succès remplissent très bien la plus vide des existences.

A 40 ans il avait également réglé la question de gagner toujours plus en travaillant moins Il avait tout un personnel à ses ordres. Ce n'était pas par paresse qu'il avait cessé de de revoir lui-même sa correspondance et sa comptabilité mais la conviction que s'occuper de détails l'empêchait de voir toutes les possibilités qui s'offraient à lui sur les marchés. Il avait autrefois rêvé de philosophie et de littérature. Aujourd'hui il rêvait des affaires mais il les réalisait tout de suite. Les gens ignorent généralement comment un bon rêveur peut devenir un grand homme d'affaires. Le risque demeure dans le rêve, tandis que la substance se concrétise dans la réalité. Ainsi, en rêvant, on peut mieux percevoir et prévoir le risque et l'éviter. Erlis ne connut pas les dures leçons de la vie réelle. Il rêva trop souvent de sa ruine pour devoir la subir. Même certaines habitudes de lettré lui furent utiles. On découvre de bonnes affaires dans les barèmes de prix tout comme des idées dans le dictionnaire. Et puis, en cherchant longuement à atteindre le chef d'œuvre, on s'accoutume assurément aux habitudes de la fourmi qui sont très utiles dans les affaires.

Il arpentait très souvent les rues comme il courrait autrefois après les images. Il avait une très belle femme, une douce compagne qui aimait l'entendre parler de ses affaires. En bon lettré, il ne disait jamais l'exacte vérité de sorte que le récit de ses affaires en était moins ennuyeux. Il les revoyait de nouveau en les racontant et souvent, après les avoir enjolivées avec sa femme, il se précipitait pour les corriger car il les avait mieux comprises. Mais ce n'est pas de ses réussites dont je veux parler. Je voulais seulement dire qu'après avoir été très pauvre il était aujourd'hui très riche et qu'il s'en réjouissait. Il ne faut pas croire qu'un succès qui change la vie de quelqu'un ne donne qu'une joie éphémère. Cette joie se renouvelle à chaque instant. Pour Erlis, la joie se renouvelait chaque fois qu'il pouvait saluer de haut des gens dont il avait autrefois convoité les salutations ; chaque fois qu'il voyait arriver en humble demandeur un ami qui s'était autrefois son égal ou son supérieur. Erlis faisait preuve d'une grande générosité sans rechercher la publicité. C'était une façon de mieux apprécier sa réussite. Il prêtait de l'argent à ses vieux amis pauvres sans exiger de reçu. Ce geste généreux soulignait et mettait en valeur son succès.

Il avait un enfant qu'il aimait beaucoup mais dont il s'occupait peu. Transformé en homme d'affaires il avait gardé son égotisme de lettré. Il n'avait pas de temps pour les autres mais on ne pouvait rien lui reprocher car il était bon pour tous.. Il avait échafaudé des idées sur la liberté de sa femme et de son fils par lesquelles il s'exonérait d' intervenir intimement dans leur destinée. Il voyait l'enfant une fois par jour. Il ne supportait pas qu'il joue auprès de lui car ses idées étaient dérangées par les bruits désordonnés de l'enfant. Il aimait son fils et il voulait ce qu'il y avait de mieux pour lui tout en le faisant soigneusement surveiller, soigner et instruire par d'autres.

Erlis avait conservé une autre habitude de l'ancien lettré qu'il était. Il arpentait souvent les boulevards. Ses pensées aimaient le rythme de la marche : elles était de cette façon poussées et retenues et mieux analysées.

Un jour, sur Corso, il regardait distraitement autour de lui et calculait comment, à certains moments, le prix d'un emballage influençait celui d'une marchandise. Il collectait certaines marchandises par train, les faisait emballer sur place, puis les réexportait. Désormais, le coût de l'emballage avait augmenté, mais cela ne pouvait que le pousser à rechercher des profits encore plus importants, et il souriait vaguement à ses bénéfices et à son succès.

« Toi à Trieste ?» lui demanda quelqu’un qu’il avait peut-être aperçu sans le reconnaître. Il le reconnut : le vieux Miller. Il ne l'avait pas vu depuis peut-être dix ans. Pourtant, ils avaient été très proches bien des années auparavant, quand Erlis était enfant et que le vieil homme, qui devait avoir plus de soixante-dix ans, était d’une grande maturité. Miller était le père du beau-frère d’Erlis. La sœur d'Erlis était morte en couches très jeune, laissant une enfant qui était morte quelques années plus tard de la diphtérie. Le veuf quitta la ville, se remaria et ainsi les deux familles se détachèrent entièrement alors que les parents d'Erlis étaient encore en vie. Le vieux Miller lui aussi devait avoir vécu de nombreuses années loin de Trieste chez son fils. Un peu bizarre et exigeant, comme Erlis l'avait appris par des amis communs, le vieux n'avait pu s'accorder avec sa bru et il était revenu à Trieste où il vivait d'une retraite modeste mais qui suffisait à ses besoins. La famille Miller avait été importante dans la vie du jeune Erlis. Ce vieil homme à l'esprit concret l'avait parfois encouragé à abandonner ses rêves littéraires et à ses consacrer à la vie pratique. Son jeune beau-frère l'avait également poussé à plus de sérieux dans la vie. Il avait supporté leurs conseils qu'il croyait sans fondement car il savaient qu'ils l'aimaient. Il les avait de son côté aidés fraternellement dans leurs nombreux malheurs. Le dernier, la mort de la petite fille, avait fait sur lui une impression énorme ; il l’avait décrite et analysée à plusieurs reprises dans des ébauches de nouvelles qu’il n’avait jamais achevées et qui gisaient encore intactes dans un tiroir dont l’existence était ignorée même de sa femme. À cette époque, on ne connaissait pas encore le puissant médicament qui rend aujourd’hui la diphtérie beaucoup moins dangereuse, et l’on n’avait pas encore trouvé le moyen de permettre au malade de respirer sans recourir à la grave opération de la trachéotomie. La petite, à demi étouffée, avait dû attendre pendant des heures l’arrivée du médecin. Le vieux Miller courait par la ville en hurlant comme un fou : il obtenait la promesse que le médecin viendrait aussitôt et rentrait chez lui dans l’espoir de trouver que l’enfant se serait remise d’elle-même. Il ne supportait pas de la voir dans cet état et se réveillait pour chercher un autre médecin. L'opération fut finalement exécutée à deux heures du matin et Erlis tenait la petite dans ses bras pendant qu'on lui ouvrait la gorge. La petite condamnée se reprit tout de suite et sourit à son oncle. Elle avait six ans et comme elle avait toujours vécu avec des adultes qui ne vivaient que pour elle, elle était un peu bavarde et femmelette avant l'heure. Elle ne pouvait plus parler à cause de l'opération qui l'avait rendue aphone et Erlis n'oublia jamais cette souffrance muette et pleine de dignité. Elle mourut dans la matinée avec une grimace qui pouvait être un sourire ou un sanglot. Puis Erlis avait tenu compagnie au vieil homme et à son beau-frère et avait pleuré avec eux.

La vie avait continué son cours, et désormais, il n'y avait plus aucun contact entre lui et les Miller. Pourtant, se retrouvant face au vieil homme, Erlis ressentit une légère émotion : il ne se souvenait pas bien de lui, mais le voir lui rappelait ce qu'il avait été à une autre époque. Il se souvenait de sa propre jeunesse.

Le vieil homme sembla ému de le revoir et il fut facile à Erlis de paraître ému lui aussi. Ils se serrèrent la main longuement en se regardant dans les yeux. L'âge avait vraiment ravagé cet organisme autrefois si solide. Il était petit et extraordinairement maigre alors qu'il avait été plutôt fort dans le passé. La peau de son visage était desséchée et ravinée et il avait les yeux un peu trop humides. Le grand âge est une maladie qui plus que toute autre attire notre compassion et Erlis oublia le sujet qui le préoccupait tant sur le rapport entre ses marchandises et l'emballage.

Ils marchèrent l'un près de l'autre. Le vieil homme avait dit avoir reçu de bonnes nouvelles par son fils et avait demandé : « Tu es marié ? Combien d'enfants as-tu ? » Puis, soudain, sur un ton un peu sardonique : « Et la littérature ? » Erlis sourit. La littérature ne lui faisait plus de mal. Il parlait de son travail avec une modestie délibérée, se plaignant d'avoir trop de travail. Son entreprise ne portait pas son nom et il le dit au vieil homme qui en ancien commerçant en comprit immédiatement l'importance et sursauta. "Tu es propriétaire de cette entreprise ?" Son admiration était évidente et Erlis s'en réjouit. De cette façon il retrouva facilement son ancienne affection et ils marchèrent longtemps ensemble. Le vieux se plaignit de sa bru qui l'avait éloigné de son fils. Il vivait seul désormais de la petite retraite que ses anciens employeurs lui avaient accordée. Son fils l'aidait grandement.

On était un jour férié mais cependant Erlis fut arrêté en chemin par des amis en affaires. Il les quittait après avoir répondu avec assurance aux questions qui lui étaient adressées. Le vieux l'admirait de toute évidence. "Tu es vraiment devenu un homme toi !" s'exclama-t-il. « Si votre père vous voyait, il serait si heureux. » Erlis semblait, lui aussi, croire que son défunt père aurait été ravi de découvrir un tel homme d'affaires en la personne de son fils. À vrai dire, ces dernières années, le vieux Erlis s'était laissé convaincre par les ambitions de Roberto et avait espéré le voir se faire un nom dans la littérature. Un mort fidèle à sa nature, il ne protesta pas et Miller parlait certainement de bonne foi. Et alors, il ne faisait aucun doute que le vieux Erlis se serait contenté d'apprendre que Roberto était un homme fort. Le succès était l'essentiel, quel que soit le domaine. Ils avaient ainsi parlé de tout ce qui les unissait, et cela suffisait à renouer les liens que la vie elle-même avait tissés et dénoués. Le vieux le tutoyait et, comme au temps de son enfance, il continuait à vouvoyer son vieil ami. Ni l'un ni l'autre ne s'apercevait de la bizarrerie de cette habitude. Ils savaient pourtant tous les deux que le seul homme fort parmi eux était Erlis. Miller avait été un bon employé et il touchait aujourd'hui une retraite qui, à ses dires, lui suffisait. Il avait travaillé toute sa vie exploité sous la direction des autres et c'est seulement dans les dernières années qu'il avait regretté d'avoir été trop faible et indolent. Ils allaient se séparer quand Erlis eut une idée. « Pourquoi ne viendriez-vous pas déjeuner chez moi ? » Le vieil homme hésita. « On l’attendait pour déjeuner chez sa soi-disant logeuse, celle qui lui louait la chambre et lui servait le dîner. » Puis il accepta. Erlis insistait beaucoup, et le vieil homme, curieux de voir la maison de son jeune ami, qu’il considérait comme millionnaire." Il se rendit au centre-ville. Erlis n’aimait pas perdre de temps à vaquer à ses occupations.
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Roberto Erlis era nato di buona ma non ricca famiglia.
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Aveva raggiunto e oltrepassato il trentesimo anno d’età in posizione piuttosto umile.
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Si capisce che con un maestro talmente incontentabile egli doveva arrivare lungi.
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Aveva un corpo d’impiegati che eseguivano i suoi ordini.
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In passato egli aveva sognato filosofia e letteratura.
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Ora sognava affari ma li realizzava subito.
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Il rischio resta nel sogno e il sodo viene nella realtà.
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Cosí sognando il rischio lo si vede e prevede meglio e lo si evita.
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Erlis non ebbe le dure lezioni della realtà.
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Sognò la rovina troppe volte per aver a subirla.
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Anche certe abitudini di letterato gli furono utili.
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Nel listino si scoprono gli affari come nel vocabolario le idee.
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Camminava molto solo le vie come quando correva dietro alle immagini.
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Aveva nella bellissima moglie una dolce compagna che amava sentirlo parlare dei suoi affari.
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Ma non è del suo successo che voglio parlare.
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Volevo soltanto dire che essendo stato molto povero era ora molto ricco e che se ne compiaceva.
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Questa gioia si rinnova ad ogni tratto.
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Erlis faceva abbondanti carità senz’affatto ricercare la pubblicità.
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Era un modo di sentire meglio la sua riuscita.
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Prestava dei denari ai suoi vecchi amici poveri senza domandare alcuna ricevuta.
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Il gesto generoso sottolineava ed accentuava il suo successo.
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Aveva un bambino di cui s’occupava poco ma che amava molto.
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Mutatosi in uomo d’affari gli era rimasto l’egotismo del letterato.
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Egli vedeva il bambino una volta al giorno.
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Erlis aveva conservato un’altra abitudine dell’antico letterato.
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Camminava molto le vie.
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Il suo pensiero amava il ritmo del passo: Cosí era spinto e trattenuto e meglio analizzato.
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Egli ritirava certe merci in vagone, le faceva imballare sul posto e le riesportava.
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«Tu a Trieste?» gli disse qualcuno ch’egli aveva forse guardato ma non ravvisato.
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Lo riconobbe: Il vecchio Miller.
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Non lo aveva visto forse da dieci anni.
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Miller era il padre di un cognato di Erlis.
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I Miller erano stati importanti nella vita giovanile di Erlis.
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Anche il giovine cognato lo aveva spinto a maggiore serietà nella vita.
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Dal canto suo egli li aveva assistiti fraternamente nelle loro tante disgrazie.
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La bambina mezza soffocata aveva dovuto attendere per delle ore l’arrivo del medico.
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Non sopportava di vederla in quello stato e ritornava a destare qualche altro medico.
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Subito la piccola condannata si riebbe e sorrise allo zio.
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Morí alla mattina con una smorfia che poteva aver voluto essere un sorriso o un pianto.
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Poi Erlis aveva fatta buona compagnia al vecchio e al cognato e aveva pianto con loro.
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Ricordava la propria gioventú.
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Il vecchio parve commosso di rivederlo e ad Erlis riuscí facile di aver un aspetto simile.
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Si strinsero lungamente la mano e si guardarono negli occhi.
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L’età aveva veramente imperversato su quell’organismo altre volte tanto solido.
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Era piccolo e straordinariamente esile mentre anni prima era stato piuttosto forte.
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Aveva il viso dalla pelle asciutta e solcata e gli occhi un po’ troppo umidi.
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Camminarono uno accanto all’altro.
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Eppoi tutt’ad un tratto un po’ sardonico: «E la letteratura?».
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Erlis sorrise.
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La letteratura non gli doleva piú.
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Raccontò con modestia voluta dei suoi affari lagnandosi di aver troppo da fare.
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«Tu sei il proprietario di quella firma?» L’ammirazione era evidente ed Erlis l’assaporò.
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Cosí ritrovò facilmente l’antico affetto e camminarono lungamente insieme.
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Il vecchio si lagnò della nuora che lo aveva allontanato dal suo figliuolo.
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Viveva ora solo della piccola pensione che i suoi antichi principali gli avevano assegnata.
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Il figliuolo lo aiutava abbondantemente.
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Si era di festa ma tuttavia Erlis fu fermato sulla via da amici d’affari.
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Li congedava dopo di aver risposto con sicurezza alle domande che gli erano rivolte.
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Il vecchio evidentemente lo ammirava.
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«Sei divenuto un vero uomo tu!» esclamò.
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Ma da quel buon morto ch’era non protestava e Miller certo parlava in buona fede.
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La riuscita era l’importante e in qualunque campo sia.
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Né l’uno né l’altro s’accorgeva della stranezza del costume.
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Eppure ambedue sapevano che il forte fra di loro era il solo Erlis.
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Stavano per dividersi quando Erlis ebbe una idea.
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«Perché non verrebbe a pranzo da me?» Il vecchio esitò.
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Poi accettò.
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Si andò al centro della città.
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Erlis amava di non perdere del tempo per recarsi ai suoi affari.
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Roberto Erlis era nato di buona ma non ricca famiglia. Aveva raggiunto e oltrepassato il trentesimo anno d’età in posizione piuttosto umile. Poi — come soleva dire lui — s’era arrabbiato, aveva abbandonato ubbie e sogni e s’era gettato nella vita degli affari con la risolutezza di chi non vuol perdere tempo. Fece degli affari buoni da prima dovuti ad una bella fortuna e piú tardi ad un’astuzia voluta e pratica. In complesso egli divenne milionario a forza d’affari di cui ognuno gli dava l’impressione di non essere stato abbastanza accorto. Si capisce che con un maestro talmente incontentabile egli doveva arrivare lungi. Si sposò, possedette dei cavalli, una casa sontuosamente arredata e gli parve di aver sciolto il problema della sua vita. Si sa che la ricchezza non scioglie un problema simile ma la conquista della ricchezza e la soddisfazione del successo sanno riempire la vita piú vuota.

A 40 anni egli aveva sciolto anche il problema di guadagnare sempre di piú lavorando di meno. Aveva un corpo d’impiegati che eseguivano i suoi ordini. Non era per poltroneria che aveva abbandonato l’uso di rivedere lui stesso la sua corrispondenza e la sua contabilità ma la convinzione che l’occuparsi di un dettaglio gli toglieva la visione di tutte le possibilità che per lui s’aprivano sul mercato. In passato egli aveva sognato filosofia e letteratura. Ora sognava affari ma li realizzava subito. Non si ha generalmente l’idea come un buon sognatore possa divenire un grande uomo d’affari. Il rischio resta nel sogno e il sodo viene nella realtà. Cosí sognando il rischio lo si vede e prevede meglio e lo si evita. Erlis non ebbe le dure lezioni della realtà. Sognò la rovina troppe volte per aver a subirla. Anche certe abitudini di letterato gli furono utili. Nel listino si scoprono gli affari come nel vocabolario le idee. Eppoi volendo lungamente attentare al capolavoro ci si abitua certamente alle abitudini della formica e quelle sono molto utili negli affari.

Camminava molto solo le vie come quando correva dietro alle immagini. Aveva nella bellissima moglie una dolce compagna che amava sentirlo parlare dei suoi affari. Da buon letterato egli non diceva mai la precisa verità e perciò l’esposizione dei suoi affari era meno noiosa. Parlandone egli li rivedeva ancora una volta e spesso, dopo di averli svisati con la moglie, correva a correggerli avendoli capiti meglio. Ma non è del suo successo che voglio parlare. Volevo soltanto dire che essendo stato molto povero era ora molto ricco e che se ne compiaceva. Non è da credersi che un successo che cambia la vita di una persona dia una gioia di piccola durata. Questa gioia si rinnova ad ogni tratto. Per Erlis la gioia si rinnovava ogni qualvolta poteva salutare dall’alto in basso delle persone delle quali in passato aveva ambito il saluto; ogni qualvolta si vedeva capitare quale petente umile un amico che in passato s’era creduto suo uguale o superiore. Erlis faceva abbondanti carità senz’affatto ricercare la pubblicità. Era un modo di sentire meglio la sua riuscita. Prestava dei denari ai suoi vecchi amici poveri senza domandare alcuna ricevuta. Il gesto generoso sottolineava ed accentuava il suo successo.

Aveva un bambino di cui s’occupava poco ma che amava molto. Mutatosi in uomo d’affari gli era rimasto l’egotismo del letterato. Non aveva tempo per altri e non poteva derivargliene un rimprovero perché egli era buono con tutti. Aveva elaborato delle idee di libertà per sua moglie e per suo figlio per le quali era esonerato d’intervenire troppo intimamente nel loro destino. Egli vedeva il bambino una volta al giorno. Non tollerava che giuocasse accanto a lui perché le sue idee erano turbate dai rumori puerili incomposti. Amava il figlio augurandogli tutto il bene possibile facendolo accuratamente sorvegliare e curare ed istruire dagli altri.

Erlis aveva conservato un’altra abitudine dell’antico letterato. Camminava molto le vie. Il suo pensiero amava il ritmo del passo: Cosí era spinto e trattenuto e meglio analizzato.

Un giorno, in Corso guardava distrattamente intorno a sé e calcolava come il prezzo di certi imballaggi in certi istanti modificavano il prezzo di una merce. Egli ritirava certe merci in vagone, le faceva imballare sul posto e le riesportava. Ora l’imballaggio era aumentato ma ciò non poteva avere altra conseguenza che di spingerlo alla ricerca di un utile maggiore ed egli sorrideva vagamente al suo utile e al suo successo.

«Tu a Trieste?» gli disse qualcuno ch’egli aveva forse guardato ma non ravvisato. Lo riconobbe: Il vecchio Miller. Non lo aveva visto forse da dieci anni. Eppure erano stati molto intimi molti anni prima quando Erlis era un ragazzo e il vecchio che ora doveva contare oltre i 70 anni un uomo molto maturo. Miller era il padre di un cognato di Erlis. La sorella di Erlis era morta giovanissima di parto lasciando una bambina che pochi anni appresso era morta anch’essa di difterite. Il vedovo abbandonò la città, si sposò un’altra volta e cosí avvenne un totale distacco fra le due famiglie quando i genitori di Erlis erano ancora vivi. Anche il vecchio Miller doveva aver passato parecchi anni lontano da Trieste in casa del figliuolo. Un po’ bizzarro ed esigente — come Erlis aveva appreso da certi amici comuni — il vecchio non aveva saputo andare d’accordo con la nuora ed era ritornato a Trieste ove viveva di una pensione non grande ma sufficiente ai suoi bisogni. I Miller erano stati importanti nella vita giovanile di Erlis. Quel vecchio da uomo pratico lo aveva qualche volta stimolato ad abbandonare i suoi sogni di letteratura e dedicarsi alla vita pratica. Anche il giovine cognato lo aveva spinto a maggiore serietà nella vita. Egli aveva tollerato le loro istruzioni che allora credeva sbagliate sapendo che lo amavano. Dal canto suo egli li aveva assistiti fraternamente nelle loro tante disgrazie. L’ultima, la morte della bambina aveva fatta un’enorme impressione ad Erlis e l’aveva descritta ed analizzata piú volte in certi abbozzi di novelle che non aveva mai terminate e che giacevano tuttavia indistrutte in un suo cassetto la cui esistenza era ignorata persino dalla moglie. In allora non si era conosciuto ancora il medicinale potente che oramai rende tanto meno pericolosa la difterite e non si era ancora trovato il modo di rendere possibile la respirazione all’ammalato senza imprender quella grave operazione della tracheotomia. La bambina mezza soffocata aveva dovuto attendere per delle ore l’arrivo del medico. Il vecchio Miller correva per la città urlando come un pazzo: Otteneva la promessa che il medico sarebbe venuto subito e ritornava a casa nella speranza di trovare che la bambina si sarebbe riavuta da sé. Non sopportava di vederla in quello stato e ritornava a destare qualche altro medico. Finalmente alle due di notte l’operazione fu fatta ed Erlis tenne in braccio la bambina mentre le aprivano il collo. Subito la piccola condannata si riebbe e sorrise allo zio. Aveva sei anni e avendo vissuto sempre in compagnia degli adulti che per lei vivevano era un po’ chiacchierina e donnicciuola veramente precoce. Ora non poteva parlare essendo stata resa afona dall’operazione e quella sofferenza muta e composta non fu piú dimenticata da Erlis. Morí alla mattina con una smorfia che poteva aver voluto essere un sorriso o un pianto. Poi Erlis aveva fatta buona compagnia al vecchio e al cognato e aveva pianto con loro.

La vita era passata su tutto ciò ed oramai fra lui e i Miller non v’era piú alcun punto di contatto. Tuttavia trovandosi dinanzi al vecchio Erlis provò una lieve emozione: Non ricordava molto il vecchio ma vedendolo ricordava se stesso come era stato in altra epoca. Ricordava la propria gioventú.

Il vecchio parve commosso di rivederlo e ad Erlis riuscí facile di aver un aspetto simile. Si strinsero lungamente la mano e si guardarono negli occhi. L’età aveva veramente imperversato su quell’organismo altre volte tanto solido. Era piccolo e straordinariamente esile mentre anni prima era stato piuttosto forte. Aveva il viso dalla pelle asciutta e solcata e gli occhi un po’ troppo umidi. La grande età è una malattia che provoca piú di tutte la nostra compassione e Erlis dimenticò la quistione che tanto lo preoccupava del rapporto fra la sua merce e l’imballaggio.

Camminarono uno accanto all’altro. Il vecchio aveva raccontato di aver avute buone notizie dal figliuolo e s’informava: «Ti sei sposato: Quanti bambini hai?». Eppoi tutt’ad un tratto un po’ sardonico: «E la letteratura?». Erlis sorrise. La letteratura non gli doleva piú. Raccontò con modestia voluta dei suoi affari lagnandosi di aver troppo da fare. La sua firma non portava il suo nome ed egli lo disse al vecchio che essendo stato commerciante ne capí subito l’importanza e diede un balzo. «Tu sei il proprietario di quella firma?» L’ammirazione era evidente ed Erlis l’assaporò. Cosí ritrovò facilmente l’antico affetto e camminarono lungamente insieme. Il vecchio si lagnò della nuora che lo aveva allontanato dal suo figliuolo. Viveva ora solo della piccola pensione che i suoi antichi principali gli avevano assegnata. Il figliuolo lo aiutava abbondantemente.

Si era di festa ma tuttavia Erlis fu fermato sulla via da amici d’affari. Li congedava dopo di aver risposto con sicurezza alle domande che gli erano rivolte. Il vecchio evidentemente lo ammirava. «Sei divenuto un vero uomo tu!» esclamò. «Se tuo padre ti vedesse come se ne compiacerebbe.» Anche Erlis sembrò di credere che il defunto suo padre si sarebbe compiaciuto nello scoprire nel figliuolo un tale uomo d’affari. Veramente, negli ultimi anni, il vecchio Erlis s’era lasciato convincere dalle ambizioni di Roberto ed aveva sperato di vederlo conquistarsi un grande nome nelle belle lettere. Ma da quel buon morto ch’era non protestava e Miller certo parlava in buona fede. Eppoi non v’era dubbio che al vecchio Erlis sarebbe bastato di sentire che Roberto era un uomo forte. La riuscita era l’importante e in qualunque campo sia. Avevano cosí parlato di tutto quello che li legava e ciò bastava per riannodare i nodi che la stessa vita aveva annodati e sciolti. Il vecchio gli dava del “tu” e ritornato alle abitudini puerili egli continuava a dare del “lei” al vecchio amico. Né l’uno né l’altro s’accorgeva della stranezza del costume. Eppure ambedue sapevano che il forte fra di loro era il solo Erlis. Miller era stato un buon impiegato ed ora percepiva una rendita che — come diceva lui — gli bastava. Aveva lavorato tutta la sua vita diretto e sfruttato dagli altri e solo nei piú tardi anni aveva rimpianto d’essere stato troppo debole e inerte. Stavano per dividersi quando Erlis ebbe una idea. «Perché non verrebbe a pranzo da me?» Il vecchio esitò. Lo aspettavano a pranzo dalla cosidetta sua padrona, quella cioè che gli dava a fitto la stanza e gli faceva da pranzo. Poi accettò. Erlis era molto insistente e al vecchio venne la curiosità di conoscere quella casa del giovine suo amico ch’egli considerava quale un milionario. Si andò al centro della città. Erlis amava di non perdere del tempo per recarsi ai suoi affari.