Alan Kurdi va verso Marsiglia. Ma Parigi vuole rimandarla da noi.
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Andrea Indini - Mercredi 23/09/2020 - 19h40.


La "solidarité obligatoire entre états membres", et comment ! "Relâchement de la pression migratoire sur les pays côtiers", et comment ! Toutes les bonnes résolutions visant à dépasser le processus de Dublin, avancées aujourd'hui par la Commission européenne dans le cadre du nouveau Pacte sur les migrations et l'asile, ont volé en éclats dès que la première embarcation chargée de migrants a été repoussée par l'Italie et a poursuivi sa route vers le port de Marseille.

"Nous sommes toujours aux côtés de l'Italie depuis deux ans dans le mécanisme de solidarité pour la gestion des débarquements. Nous vous demandons donc de répondre favorablement à la demande formulée par l’ONG d’accoster dans le port sûr le plus proche", a scandé le ministre de l'Intérieur français, Christophe Castaner, faisant preuve, au lieu de la solidarité tant vantée mais peu pratiquée, de la ferme intention de rejeter le problème sur Rome.

Le bateau en question est (pour changer) le Alan Kurdi de l’ONG allemande Sea Eye. Parti le 11 septembre du port de Burriana, où les autorités ibériques ont "confirmé" - ce qui avait déjà été déclaré par l'Allemagne, état du pavillon - que les certifications et l’équipement sont réguliers, le navire a pris en charge en l’espace d’une semaine plus de 130 immigrants clandestins et a fait route vers notre pays pour les faire aborder dans le port de Lampedusa. « Ces personnes sont particulièrement vulnérables», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux en lançant le S.O.S. aux autorités italiennes qui, à ce même moment, devaient gérer au moins 26 débarquements clandestins. Les hommes de la Garde Côtière et de la Brigade financière étaient engagés sans répit dans les opérations de secours tandis que le hotspot de Lampedusa, qui venait d'être vidé, avait dépassé les mille présences pour une capacité de 192 places.

Même si le Alan Kurdi se trouvait dans le SAR de Malte, la demande d'un port sûr était immédiatement adressée à Rome, avec la certitude de trouver sans problèmes une fois encore les portes ouvertes. Mais l'Italie n'avait pas donné le feu vert à l'entrée dans le port de Lampedusa, mais, après avoir secouru deux femmes, un homme et cinq enfants, dont le plus jeune avait seulement cinq mois, elle s'était mise en contact avec le centre de contrôle allemand à Brême pour rediriger la demande vers l'Allemagne. Aucune réponse n'est arrivée des Ministères des Transports et des Affaires Etrangères. Et c'est ainsi qu'aujourd'hui Jan Ribbeck, commandant des opérations et membre du Conseil de Sea Eye, a décidé de faire route vers Marseille, port d'escale que l'ONG a l'habitude de rejoindre pour se ravitailler. Le Maire par intérim de la ville, Benoit Payan, s'est tout de suite dit prêt à accueillir les 125 immigrés qui se trouvaient à bord. Il a écrit sur Twitter : «Nous ne laisserons pas mourir les naufragés en Méditerranée, il s'agit de notre histoire, de notre tradition, de nos valeurs».

La solidarité de Marseille ne doit pas avoir plu du tout à Paris. Dans la soirée, le Ministère de l'Intérieur français a tout de suite demandé à Rome d'accueillir le navire humanitaire allemand. Puis il a souligné : «Depuis deux ans nous sommes toujours aux côtés de l'Italie dans le mécanisme de solidarité pour la gestion des navires, nous vous demandons donc de répondre favorablement à la demande formulée par l'ONG d'accoster dans le port sûr le plus proche.» Castaner n'a pas expliqué pourquoi le processus ne pouvait pas se dérouler en sens inverse. Autrement dit, faire débarquer les 125 immigrés clandestins en France, puis acheminer ceux qui en ont le droit dans d'autres pays européens, et laisser pour une fois à Paris le soin de rapatrier ceux qui ne peuvent avoir le statut de réfugiés. Il n'a pas non plus expliqué pourquoi, dans l'imaginaire européen, l'Italie devrait toujours être le premier lieu d'accostage des bateaux partant d'Afrique du Nord, avec tous les problèmes que cela comporte. Pourtant, aujourd'hui même, la Commission européenne s'est targuée d'avoir jeté les bases d'un nouveau pacte entre les États membres qui, selon elle, introduira une plus grande solidarité au sein de l'Union européenne. Ursula Von der Leyen a présenté le plan avec enthousiasme, le définissant comme un nouveau départ qui permettra de concilier les intérêts divergents et légitimes, en trouvant un équilibre entre responsabilité et solidarité. «C'est un pas important», s'est également fait l'écho le premier ministre Giuseppe Conte, réitérant la nécessité d'une «garantie concernant les rapatriements et les réaffectations». Si le «nouveau départ» est un énième bras de fer entre Paris et Rome, il est certain que nous ne réussirons jamais à surmonter les problèmes rencontrés avec l'échec de la Convention de Dublin.
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Andrea Indini - Mer, 23/09/2020 - 19:40.
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Altro che "solidarietà obbligatoria tra Stati membri".
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Altro che "allentamento della pressione migratoria sui Paesi costieri".
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La solidarietà di Marsiglia non dev'essere affatto piaciuta a Parigi.
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Castaner non ha spiegato perché il processo non possa avvenire al contrario.
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Il ministro non è Castaner, ma Darmanin.

by Mac 5 years, 7 months ago

Andrea Indini - Mer, 23/09/2020 - 19:40.

Altro che "solidarietà obbligatoria tra Stati membri". Altro che "allentamento della pressione migratoria sui Paesi costieri". Tutti i buoni propositi per superare il sistema Dublino, avanzati oggi dalla Commissione europea nel nuovo Patto sulle migrazioni e l'asilo, sono andati a farsi benedire non appena la prima nave carica di immigrati è stata respinta dall'Italia e si è messa a fare rotta verso il porto di Marsiglia.

"Da due anni siamo sempre al fianco dell'Italia nel meccanismo di solidarietà per la gestione degli sbarchi. Le chiediamo quindi di rispondere favorevolmente alla richiesta formulata dall'Ong di attraccare nel porto sicuro più vicino", ha scandito il ministro dell'Interno francese Christophe Castaner dimostrando, al posto della tanto sbandierata ma poco praticata solidarietà, la ferma intenzione di scaricare il problema su Roma.

L'imbarcazione in questione è (tanto per cambiare) la Alan Kurdi dell'ong tedesca Sea Eye. Partita l'11 settembre dal porto di Burriana, dove le autorità iberiche hanno "confermato" quanto già affermato dallo Stato di bandiera, la Germania, ovvero che le certificazioni e l'equipaggiamento sono regolari, la nave ha caricato nel giro di una settimana oltre 130 immigrati clandestini e ha fatto rotta verso il nostro paese per scaricarli nel porto di Lampedusa. "Queste persone sono particolarmente vulnerabili", ha scritto sui social lanciando l'sos alle autorità italiane che, proprio in quelle ore, si trovavano a dover gestire almeno 26 approdi clandestini. Gli uomini della Guardia costiera e della Guardia di Finanza erano impegnati senza sosta nelle operazioni di soccorso, mentre l'hotspot di Lampedusa, che era stato appena svuotato, aveva superato le mille presenze a fronte di una capienza di 192 posti.

Sebbene la Alan Kurdi si trovasse nella Sar di Malta, la richiesta di un porto sicuro era subito stata indirizzata a Roma, con la certezza di trovare ancora una volta le porte aperte senza problemi. L'Italia, però, non aveva dato il via libera ad entrare nel porto di Lampedusa ma, dopo aver soccorso due donne, un uomo, cinque bambini, il più piccolo dei quali ha solo cinque mesi, si era messa in contatto con il centro di controllo tedesco a Brema per "reindirizzare" la richiesta alla Germania. Dai ministeri tedeschi dei Trasporti e degli Esteri non è mai arrivata alcuna risposta. E così oggi Jan Ribbeck, comandante delle operazioni e membro del consiglio di Sea Eye, ha deciso di fare rotta verso Marsiglia, porto di scalo che solitamente l'ong usa per fare rifornimento. Il sindaco ad interim della città, Benoit Payan, si è subito detto pronto ad accogliere i 125 immigrati che si trovano a bordo. "Non lasceremo morire i naufraghi nel Mediterraneo - ha scritto su Twitter - si tratta della nostra storia, della nostra tradizione, dei nostri valori".

La solidarietà di Marsiglia non dev'essere affatto piaciuta a Parigi. In serata il ministero dell'Interno francese ha subito chiesto a Roma di accogliere la nave umanitaria tedesca. "Da due anni siamo sempre al fianco dell'Italia nel meccanismo di solidarietà per la gestione degli sbarchi - ha sottolineato - le chiediamo quindi di rispondere favorevolmente alla richiesta formulata dall'Ong di attraccare nel porto sicuro più vicino". Castaner non ha spiegato perché il processo non possa avvenire al contrario. E cioé far sbarcare i 125 clandestini in Francia e poi ricollocare chi ne ha diritto negli altri Paesi europei e lasciare una volta tanto a Parigi il compito di rimpatriare quelli che non possono avere lo status di rifugiati. Né ha spiegato perché, nell'immaginario europeo, debba essere sempre l'Italia il primo approdo dei barconi che partono dal Nord Africa, con tutti i problemi che questo comporta. Eppure, proprio oggi, la Commissione europea si era vantata di aver posto le basi per un nuovo patto tra gli Stati membri che, a loro dire, introdurrà maggiore solidarietà all'interno dell'Unione europea. Ursula Von der Leyen ha presentato il piano con entusiasmo definendolo un "nuovo inizio" che permetterà di conciliare interessi divergenti e legittimi, trovando un equilibrio tra "responsabilità e solidarietà". "È un passo importante", ha fatto eco anche il premier Giuseppe Conte ribadendo la necessità di "certezza su rimpatri e ridistribuzioni". Se il "nuovo inizio" è l'ennesimo braccio di ferro tra Parigi e Roma, è certo che i problemi che avevamo col fallimentare Trattato di Dublino non riusciremo mai a superarli.