Fanta-Ghirò, persona bella - ITALO CALVINO.
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Fantaghirò, belle personne.
fable de Italo Calvino.
Dans l'ancien temps vécut un Roi qui n'avait pas d'enfant mâle, mais seulement trois belles filles.
La première s'appelait Calorina, la deuxième Assuntina et la troisième Fantaghirò belle personne, car elle était la plus belle de toutes.
Ce Roi souffrait d'une étrange maladie que personne n'avait jamais pu guérir, de sorte que le pauvre homme passait ses journées reclus dans une chambre où il y avait trois chaises, une bleue, une noire et une rouge. Ses filles, en venant le voir le matin, regardaient toujours sur quelle chaise il s'était assis. La bleue voulait dire joie ; la noire signifiait la mort ; la rouge représentait la guerre.
Un jour les filles entrèrent dans la chambre et virent le Roi assis sur la chaise rouge, celle de la guerre. L'aînée dit "Monsieur mon père, qu'est-il arrivé ?".
"J'ai reçu", répondit-il, "une lettre du Roi notre voisin qui me déclare la guerre. Et maintenant je ne sais où donner de la tête. Malade comme je suis, je ne peux conduire moi-même notre armée. Je dois trouver un bon général mais je ne sais vraiment pas où chercher, en si peu de temps".
L'aînée dit : "Si vous le permettez, le général ce sera moi. Vous verrez que je suis capable de commander les soldats.
"Rien à faire, ce n'est pas l'affaire des femmes", s'écria le Roi impatienté.
"Mettez-moi à l'épreuve", insista l'aînée. "En tous cas, avant de me battre, je veux aller chez notre voisin pour lui demander des explications et pour voir si l'on peut éviter la guerre".
"Bon d'accord", soupira le Roi. "Mais si, en cours de route, tu te comportes comme une femme, tu reviendras sans protester".
La fille accepta le compromis. Alors le Roi appela Tonino, son écuyer de confiance, et il lui commanda de monter à cheval et d'accompagner la Princesse à la guerre. Il ajouta ensuite : " Fais attention, cependant, si ma fille commençait à parler chiffons, tu devrais la ramener immédiatement au Palais".
Aussitôt dit, aussitôt fait, la Princesse et l'écuyer montèrent à cheval et partirent pour le royaume du voisin, suivis de toute l'armée. Après un bon bout de chemin, ils arrivèrent dans une belle roselière. "Quels beaux roseaux !", s'écria la Princesse. "Si nous les avions chez nous, que de belles quenouilles nous pourrions en tirer, pour filer la laine".
"A la maison, à la maison" cria à l'instant le fidèle Tonino. Vous avez laissé échapper une pensée de femme." Et ils rentrèrent donc chez eux, emmenant à leur suite leurs mille soldats.
Le lendemain, sa fille cadette alla voir le Roi et proposa de commander la bataille.
Le Roi lui imposa le mêmes conditions qu'à l’aînée, et mit à ses côtés le brave Tonino. Ils partirent sans perdre un instant, l’armée toujours derrière eux.
Devant les roseaux, la princesse garda la bouche bien fermée, mais quand ils traversèrent une forêt aux fûts hauts et droits, il lui échappa : "Regarde, Tonino, quels beaux poteaux lisses et droits ! Si nous pouvions les emporter, qui sait combien de beaux fuseaux nous pourrions en tirer, pour filer la laine."
"À la maison, à la maison", éclata Tonino, "vous vous êtes souvenue d'affaires de femmes."
Ils retournèrent au Palais très attristés, les soldats sur leurs talons. Le pauvre Roi ne savait plus comment remédier à cette situation fâcheuse et se voyait déjà perdu. Sur ces entrefaites, Fantaghirò se présenta chez lui et lui fit mille cajoleries, le priant de l’envoyer à la guerre.
"N'en parle même pas !", dit, tout d'abord, le Roi. "Tu es trop petite. Tes sœurs aînées n’ont pas réussi, comment peux-tu prétendre que je te fasse confiance ?" "Je vous comprends, Père", répondit Fantaghirò avec un sourire, "mais que vous coûte-t-il de me tester ? Au fond, il n’y a rien à perdre. Vous verrez que je vous ferai honneur."
Elle insista tellement que le Roi fut bien obligé de l'écouter. Il appela donc le fidèle Tonino et lui donna les mêmes instructions qu’auparavant. Pendant que les deux hommes parlaient, Fantaghirò s'habilla en guerrier avec une épée et des armes. On aurait dit un vaillant dragon.
Bref, elle et Tonino montèrent à cheval et partirent, emmenant avec eux, encore une fois, toute l'armée. Ils passèrent la roselière, dépassèrent la forêt de fûts bien droits, et la jeune fille resta muette comme une carpe. Quand ils arrivèrent à la frontière, elle ordonna aux soldats de s’arrêter et dit à l’écuyer : "Reste là avec notre armée. Avant de commencer la guerre, je veux parler à notre ennemi en tête à tête."
Le Roi ennemi était un beau jeune homme. Il lui suffit de jeter un coup d’œil à Fantaghirò pour se dire : "Ce prince n’est pas un homme comme les autres. Je suis prêt à jurer que c'est une fille." Mais à voix haute, il dit seulement : "Venez avec moi, Prince. Je veux que vous soyez mon invité au Palais, pour que nous apprenions à nous connaître et que nous parlions un peu de nos affaires."
Quand ils arrivèrent au Palais, le Roi courut vers sa mère et lui parla à la hâte du guerrier qui commandait l'armée adverse. Il criait presque, pris par la passion qu’il sentait dans son cœur : Fantaghirò, belle personne, Il a des yeux noirs et des mots doux, O ma mère, Il ressemble à une demoiselle.
"Emmène-le dans la salle d'armes" dit la mère. Si c'est vraiment une femme, elle ne les regardera pas et ne voudra sûrement pas les toucher".
Le Roi suivit ce sage conseil, mais avec un maigre résultat. En fait, Fantaghirò enleva les épées du mur et se mit à les essayer une par une, les manipulant avec une grande dextérité, comme l'aurait fait un homme. Puis elle prit les pistolets et les fusils, et les essaya aussi, pour voir comment ils se chargeaient et s’ils tiraient bien.
Et le roi retourna auprès de sa mère, tout essoufflé, le cœur battant la chamade, et lui dit : "Il s’est comporté comme un homme. Mais je suis pourtant toujours du même avis : Fantaghirò, personne belle, Il a des yeux noirs et des mots doux, O Mère, je pense que c’est une demoiselle." Sa mère réfléchit quelques instants. Puis, émue du désespoir de son fils, elle dit : "Invite notre hôte à dîner. S'il prend le pain et l'appuie contre sa poitrine pour le couper, c’est sûrement une femme. Si, au contraire, il le tranche en le tenant en l’air, c’est certainement un homme, et tu as perdu la tête pour rien."
Ce test aussi se passa bien pour Fantaghirò. En fait, la princesse coupa le pain en l’air, avec un geste de guerrier. Et pourtant le roi n’était pas encore convaincu. Il retourna donc chez sa mère, désespéré, et il lui dit : «Il a fait le contraire d'une femme. Moi, cependant, je reste toujours sur la même idée : Fantaghirò, belle personne, aux yeux noirs et aux douces paroles, Ô mére, ressemble à une demoiselle.» Sa mère lui dit : «Tu m'as l'air d'un fou. Mais si tu en fais une fixation, tu dois faire un troisième essai. Prie notre hôte de passer une nuit dans ton lit. Si c'est une fille, elle te dira sûrement non.» Le Roi alla tout de suite voir Fantaghirò et lui dit : «Si tu veux me rendre heureux, viens dormir dans mon lit».
«Cela me ferait plaisir aussi, Majesté», répondit Fantaghirò. «Si vous le voulez, ce soir nous dormirons ensemble».
Ils dînèrent ensemble avant de se mettre au lit. La bouteille de vin destinée à Fantaghirò contenait un puissant somnifère qui aurait dû endormir la jeune fille. Mais elle, rusée, n'en but pas même une gorgée.
Quand ils eurent fini de dîner, juste avant d’aller au lit, elle dit : «Portons un toast, avant de nous coucher». Ils échangèrent un baiser, se tinrent bras dessus, bras dessous, et pendant ce temps Fantaghirò chantait : Bois, allons, compagnon, Sinon je te tuerai.
Le Roi répondait : Ne me tue pas, camarade, car je boirai !
Et entre temps il buvait, sans s'en apercevoir, de la bouteille qui contenait le somnifère. Si bien que, lorsqu'il arriva dans sa chambre, il se jeta sur le lit, tout habillé comme il était. Il lui suffit de quelques instants pour s’endormir, ronflant comme un animal.
À son réveil, le lendemain matin, le Roi vit Fantaghirò déjà debout, portant déjà l’uniforme de dragon. Il ne pouvait plus dire si c’était une femme ou un homme. Imaginez le désespoir dans lequel il tomba et la passion qui lui brûlait le cœur ! Il eut l’impression de mourir de chagrin. Il retourna donc auprès de sa mère, qui commença à le gronder pour sa folie. Lui pourtant persistait à dire : «Fantaghirò, belle personne, aux yeux noirs et aux douces paroles, Ô mére, ressemble à une demoiselle.»
A ce moment la mère avait presque perdu le peu de patience qui lui restait, elle dut pourtant s'incliner devant sa fixation. «Je t'accorde une dernière épreuve», lui dit-elle alors, «mais ce sera vraiment la dernière. Invite Fantaghirò à se baigner nue avec toi dans le bassin aux poissons que nous avons au jardin. Si c'est une femme, elle refusera de venir, ou du moins elle devra révéler son secret».
Le Roi, en effet, lança cette invitation à Fantaghirò qui lui répondit : « J'ai peine à le croire. Chez moi je suis habituée à me laver tous les jours, et il y a déjà un bon moment que je n'entre pas dans l'eau. Toutefois, nous devrons nous baigner demain matin. Maintenant je ne peux vraiment pas».
Puis, tandis que le Roi s'en allait tout content, la jeune fille appela le fidèle Tonino et lui commanda : «Monte à cheval et apporte une lettre à mon père. Mais recommande-lui de faire immédiatement ce que je lui demande, autrement je suis perdue».
Dans la lettre Fantaghirò demandait au Roi son père de lui envoyer à bride abattue un soldat pour le lendemain matin, l'informant qu'il était à l'agonie, et qu'il voulait revoir son fils adoré avant de mourir.
Tonino partit au grand galop. Le jour suivant, les choses se passèrent comme prévu. En milieu de matinée Fantaghirò et le Roi amoureux se rencontrèrent au jardin, devant le bassin aux poissons.
Il ne perdit pas de temps pour se déshabiller, et il plongea dans l’eau en criant : «Jette tes vêtements, et rejoins-moi. Il fait si chaud ; un bain, c’est ce qu’il nous faut.»
Mais elle n'était pas pressée. «J’ai trop chaud pour me mouiller, dit-elle, et je suis tout en sueur.
Avant de venir dans l'eau, je veux me rafraîchir un peu. Autrement je serai malade».
En réalité, elle essayait de faire traîner les choses en longueur, en attendant que le messager de son père ne la raccompagne chez elle saine et sauve. Elle avait beau attendre, personne n'arrivait. Entre temps, toutefois, le Roi continuait à lui demander de se déshabiller et d'entrer dans le bassin avec lui.
Fantaghirò dit : «Je ne puis te satisfaire. J'ai de terribles frissons dans les jambes et les épaules. C'est mauvais signe, tu sais. Il y a quelque malheur dans l'air.»
«Ce n'est rien,» répondit le Roi. «Déshabille-toi et viens dans l'eau, car ici on est très bien.»
À ce moment on entendit un bruit. Fantaghirò, toute heureuse, s'exclama : «Un cheval ! Je vois un cheval qui arrive au galop avec un de mes soldats en croupe.»
Un instant plus tard le soldat était devant elle et lui tendit la lettre de son père.
Fantaghirò prit le message et l’ouvrit en hâte. Après l'avoir lue, elle dit au Roi : «Je suis désolé, Majesté, mais j’ai reçu de mauvaises nouvelles. Mon père est mourant et il veut me revoir avant de fermer les yeux pour toujours. Je disais bien que ces frissons étaient mauvais signe. Je dois rentrer à la maison en hâte. Si vous voulez, faisons la paix tout de suite. Puis, à votre convenance, vous pourrez me rendre visite dans mon royaume. Le bain, nous le prendrons une autre fois.»
Imaginez le désespoir du roi. Il était convaincu plus que jamais que Fantaghirò fût une femme , et il mourait de passion. Mais il dut s'adapter à son destin cruel et la laisser partir sans avoir la preuve définitive de ses soupçons.
Toutefois, avant de partir, Fantaghirò passa par la chambre où elle avait dormi et déposa un feuillet sur le lit sur lequel elle avait écrit : Fantaghirò est venue Femme et femme ell s'en va, mais le Roi ne l'a pas connue.
Le matin suivant, quand le Roi pénétra dans la chambre pour voir au moins le lit où avait dormi son mystérieux hôte, il trouva le message sur le lit et en resta sidéré, entre la peine et la joie. Puis il courut chez sa mère. «Maman, maman, c'est moi qui avais raison.
Fantaghirò est une femme. Voici le billet qu'elle a écrit elle-même, de ses mains.» Et sans même attendre la réponse de sa mère, il fit atteler le carrosse et se partit en grande hâte sur les traces de Fantaghirò.
La princesse, cependant, était en présence de son père et lui rapportait ce qui s'était passé ces jours-là et comment elle avait fait la paix avec l'ennemi sans livrer une seule bataille. Elle n’avait pas encore fini son récit, qu’on entendit un grand bruit dans la cour.
C’était le Roi amoureux, qui arrivait plus vite qu’un éclair pour revoir la femme qu’il aimait. Ils eurent une grande conversation. La conclusion fut qu’ayant fait la paix entre les deux royaumes, Fantaghirò pouvait aussi épouser son amoureux sans plus de problèmes.
Aussitôt aussitôt fait, le jeune Roi l'emmène à son Palais, où ils vécurent heureux et contents avec son épouse pendant de nombreuses années. Avec le temps, Fantaghirò fut nommée héritière de son père, et devint Reine des deux royaumes.
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Fantaghirò, persona bella.
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fiaba di Italo Calvino.
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Ai tempi antichi visse un Re che non aveva figli maschi, ma soltanto tre belle ragazze.
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La celeste voleva dire allegria; la nera significava morte; la rossa stava per guerra.
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Disse la maggiore “Signor padre, che cosa è successo?”.
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“Ho ricevuto”, rispose lui, “una lettera del Re nostro vicino che mi dichiara guerra.
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Ora non so proprio dove sbattere la testa.
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Malato come sono, non posso guidare da me il nostro esercito.
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Dovrò trovarmi un buon generale ma non so proprio dove cercarlo, così di fretta”.
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Disse la maggiore: “Se lei me lo permette, il generale sarò io.
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Vedrà che sono capace di comandare i soldati”.
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“Niente da fare, queste non sono cose da donna”, esclamò il Re spazientito.
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“Mi metta alla prova, la prego”, insistette la maggiore.
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“E va bene”, sospirò il Re.
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“Ma se lungo la via ti comporti da femmina, tornerai indietro senza protestare”.
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La figliola accettò il patto.
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Dopo un bel pezzo di cammino, arrivarono a un bel canneto.
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“Che belle canne!”, esclamò la Principessa.
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“Se le avessimo a casa, sai quante belle rocche potremmo ricavarne, per filare la lana”.
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“A casa, a casa” gridò sull’istante il fido Tonino.
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“Lei si è lasciata sfuggire un pensiero da donna”.
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E così tornarono a casa, portandosi appresso i loro mille soldati.
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Il giorno dopo, andò dal Re la figlia mezzana, offrendosi di comandare lei la battaglia.
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Partirono senza perdere un solo minuto, con l’esercito sempre dietro.
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Se potessimo portarli con noi, chissà quanti bei fusi ne potremmo trarre, per filare la lana”.
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“A casa, a casa”, sberciò Tonino, “lei si è ricordata di cose da donne”.
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Tornarono al Palazzo molto rattristati, con i soldati alle calcagna.
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2 “Neanche a parlarne”, disse all’inizio il Re.
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“Tu sei troppo bambina.
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In fondo, non ci rimette niente.
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Vedrà che le farò onore”.
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Tanto disse che il Re dovette darle retta per forza.
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Chiamò dunque il fido Tonino e gli diede le stesse istruzioni di prima.
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Pareva un bel dragone valoroso.
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Passarono il canneto, passarono il bosco di pali e la ragazza rimase muta come un pesce.
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Prima di cominciare la guerra, voglio parlare con il nostro nemico a quattr’occhi”.
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Il Re nemico era un bel giovanotto.
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Sono pronto a giurare che è una ragazza”.
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Ma ad alta voce disse solo: “Venga con me, signor Principe.
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Disse la madre: “Portalo nella stanza delle armi.
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Se è veramente una donna, non le guarderà e non vorrà certo toccarle”.
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Il Re seguì quel saggio consiglio, ma con scarsi risultati.
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Poi, commossa dalla disperazione del figlio disse: “Invita il nostro ospite a pranzo.
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Se prende il pane e l’appoggia al petto per tagliarlo, è sicuramente una donna.
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Se invece lo taglia tenendolo per aria è certo un uomo, e tu hai perso la testa per niente”.
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Anche quella prova andò bene per Fantaghirò.
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Infatti, la Principessa tagliò il pane a mezz’aria, con un gesto da guerriero.
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Eppure il Re non era ancora convinto.
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Tornò dunque da sua madre, tutto sconsolato, e le disse: “Ha fatto il contrario di una donna.
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Ma se hai quest’idea fissa, ti conviene fare una terza prova.
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Prega il nostro ospite di trascorrere una notte nel tuo letto.
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“Farebbe piacere anche a me, Maestà”, rispose Fantaghirò.
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“Se lei vuole, stasera si dormirà assieme”.
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Prima di mettersi a letto cenarono insieme.
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Ma lei, furba, non ne bevve nemmeno un sorso.
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Il Re rispondeva: Non m’ammazzare, compagno, perché io berrò!
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E intanto bevevo, senza accorgersene, dalla bottiglia che conteneva il sonnifero.
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Sicché, quando arrivò in camera sua, si buttò sul letto vestito com’era.
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Gli bastarono pochi istanti per addormentarsi, che russava come un animale.
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Non avrebbe più potuto dire se era donna, o uomo.
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Figuratevi la disperazione in cui cadde e la passione che gli bruciava il cuore!
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Gli pareva di morire per il dispiacere.
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Tornò dunque dalla madre, che cominciò a sgridarlo per la sua pazzia.
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“Ti concedo un’ultima prova”, gli disse dunque, “ma sarà proprio l’ultima.
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Invita Fantaghirò a fare il bagno nuda con te nella vasca dei pesci che abbiamo in giardino.
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Se è donna, rifiuterà di venire, o comunque dovrà svelare il suo segreto”.
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Il Re, infatti, fece quell’invito a Fantaghirò che gli disse: “Non mi pare vero.
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A casa mia sono abituata a lavarmi tutti i giorni, e ora è un bel pezzo che non entro nell’acqua.
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Il bagno, comunque, dovremo farlo domani mattina.
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Ora non posso proprio”.
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Ma raccomandagli di fare subito a quello che gli chiedo, altrimenti sono perduta”.
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Tonino filò di gran carriera.
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Il giorno dopo, le cose andarono secondo i piani.
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Fa tanto caldo, un bagno è quello che ci vuole”.
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Ma lei non aveva fretta.
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“Ho troppo caldo per bagnarmi”, diceva “e sono tutto sudato.
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Prima di venire nell’acqua voglio rinfrescarmi un po’.
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Altrimenti mi prendo un malore”.
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Aveva un bell’aspettare, non spuntava nessuno.
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Intanto però il Re continuava a chiederle di svestirsi e di entrare nella vasca con lui.
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Disse Fantaghirò: “Non posso accontentarti.
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Ho brividi tremendi alle gambe e alle spalle.
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È un brutto segno, sai.
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C’è qualche disgrazia nell’aria”.
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“Non è nulla”, rispondeva il Re.
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“Spogliati e vieni nell’acqua, che qui si sta proprio bene”.
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In quel mentre sentì un rumore.
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Fantaghirò, tutta contenta, esclamò: “Un cavallo!
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Vedo un cavallo che arriva di corsa con uno dei miei soldati in groppa”.
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Un istante più tardi il soldato era davanti a lei, e le porse la lettera di suo padre.
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Fantaghirò prese il messaggio e l’aprì di premura.
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Quando l’ebbe letta, disse al Re: “Mi rincresce, Maestà, ma ho ricevuto delle cattive notizie.
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Mio padre è in punto di morte e vuole rivedermi prima di chiudere gli occhi per sempre.
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Lo dicevo io che quei rividi erano un brutto segno.
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Devo tornare a casa di corsa.
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Se vuole, facciamo la pace subito.
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Poi, con suo comodo, potrà venirmi a trovare le mio regno.
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Il bagno lo faremo un’altra volta”.
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Figuratevi voi la disperazione del Re.
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Era più che mai convinto che Fantaghirò fosse una donna, e moriva dalla passione.
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Poi corse dalla madre.
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“Mamma, mamma, avevo ragione io!
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Fantaghirò è donna.
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Ecco il foglio che ha scritto lei stessa, con le sue mani”.
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Non aveva ancora finito il suo racconto, che sentì un gran rumore nel cortile.
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Era il Re innamorato, che arrivava più veloce di un lampo per rivedere la donna che amava.
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Parlarono fitto per un bel po’.
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Con il tempo, Fantaghirò fu nominata erede di suo padre, e diventò Regina dei due regni.
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Fantaghirò, persona bella.
fiaba di Italo Calvino.
Ai tempi antichi visse un Re che non aveva figli maschi, ma soltanto tre belle ragazze.
La prima si chiamava Calorina, la mezzana Assuntina e l’ultima Fantaghirò persona bella,
perché era la più bella di tutte.
Questo Re soffriva uno strano male che nessuno era mai riuscito a guarire, sicché,
pover’uomo, passava le sue giornate chiuso in una camera nella quale c’erano tre sedie,
una celeste, una nera e una rossa. Le sue figliole, quando andavano a trovarlo la mattina,
guardavano sempre su quale sedia s’era seduto. La celeste voleva dire allegria; la nera
significava morte; la rossa stava per guerra.
Un giorno le ragazze entrarono nella camera e videro il Re seduto sulla sedia rossa,
quella della guerra. Disse la maggiore “Signor padre, che cosa è successo?”.
“Ho ricevuto”, rispose lui, “una lettera del Re nostro vicino che mi dichiara guerra. Ora
non so proprio dove sbattere la testa. Malato come sono, non posso guidare da me il
nostro esercito. Dovrò trovarmi un buon generale ma non so proprio dove cercarlo, così di
fretta”.
Disse la maggiore: “Se lei me lo permette, il generale sarò io. Vedrà che sono capace di
comandare i soldati”.
“Niente da fare, queste non sono cose da donna”, esclamò il Re spazientito.
“Mi metta alla prova, la prego”, insistette la maggiore. “In ogni caso, prima di battermi
voglio andare dal nostro vicino per chiedergli qualche spiegazione e per vedere se
riusciamo a evitare la guerra”.
“E va bene”, sospirò il Re. “Ma se lungo la via ti comporti da femmina, tornerai
indietro senza protestare”.
La figliola accettò il patto. Il Re chiamò allora Tonino, il suo scudiero più fidato, e gli
ordinò di montare a cavallo e di accompagnare la Principessa alla guerra. Poi aggiunse:
“Bada, però, che se mia figlia comincia a parlare di cose da donna, tu dovrai riportarla
subito al Palazzo”.
Detto fatto, la Principessa e lo scudiero montarono a cavallo e partirono per il regno del
vicino, seguiti dall’intero esercito. Dopo un bel pezzo di cammino, arrivarono a un bel
canneto. “Che belle canne!”, esclamò la Principessa. “Se le avessimo a casa, sai quante
belle rocche potremmo ricavarne, per filare la lana”.
“A casa, a casa” gridò sull’istante il fido Tonino. “Lei si è lasciata sfuggire un pensiero
da donna”. E così tornarono a casa, portandosi appresso i loro mille soldati.
Il giorno dopo, andò dal Re la figlia mezzana, offrendosi di comandare lei la battaglia.
Il Re fece con lei gli stessi patti che aveva fatto con la maggiore e le mise alle costole il
buon Tonino. Partirono senza perdere un solo minuto, con l’esercito sempre dietro.
Davanti al canneto la Principessa tenne la bocca ben chiusa, ma quando passarono
attraverso un bosco di pali alti e dritti, le sfuggì detto: “Guarda, Tonino, che bei pali lisci e
dritti! Se potessimo portarli con noi, chissà quanti bei fusi ne potremmo trarre, per filare la
lana”.
“A casa, a casa”, sberciò Tonino, “lei si è ricordata di cose da donne”.
Tornarono al Palazzo molto rattristati, con i soldati alle calcagna. Il Re poveraccio non
sapeva più come rimediare a quella incresciosa situazione e si vedeva già perduto. In quel
mentre si presentò da lui Fantaghirò e gli fece mille moine chiedendogli di mandarla alla
guerra.
2
“Neanche a parlarne”, disse all’inizio il Re. “Tu sei troppo bambina. Non sono riuscite
nell’impresa le tue sorelle maggiori, come puoi pretendere che io mi fidi di te?”
“La capisco, signor padre”, rispose Fantaghirò con un sorriso, “ma che cosa le costa
mettermi alla prova? In fondo, non ci rimette niente. Vedrà che le farò onore”.
Tanto disse che il Re dovette darle retta per forza. Chiamò dunque il fido Tonino e gli
diede le stesse istruzioni di prima. Mentre i due uomini parlavano tra loro, Fantaghirò si
vestì da guerriero con tanto di spada e pistole. Pareva un bel dragone valoroso.
Insomma, per farla breve, lei e Tonino montarono a cavallo e partirono portandosi
dietro, ancora per una volta, tutto l’esercito. Passarono il canneto, passarono il bosco di
pali e la ragazza rimase muta come un pesce. Quando arrivarono al confine, ordinò ai
soldati di fermarsi e disse allo scudiero: “Tu resta qua con la nostra armata. Prima di
cominciare la guerra, voglio parlare con il nostro nemico a quattr’occhi”.
Il Re nemico era un bel giovanotto. Gli bastò dare una sola occhiata a Fantaghirò per
dire tra sé e sé: “Questo Principe non è un uomo come gli altri. Sono pronto a giurare che è
una ragazza”. Ma ad alta voce disse solo: “Venga con me, signor Principe. Voglio averla
come ospite al mio Palazzo, così potremmo conoscerci meglio e parlare un po’ delle nostre
faccende”.
Quando arrivarono al Palazzo, il Re corse da sua madre e le riferì in fretta e furia del
guerriero che comandava l’esercito avversario. Gridava quasi, preso dalla passione che
sentiva nel cuore:
Fantaghirò, persona bella,
Ha occhi neri e parole dolci,
O mamma mia, mi pare una donzella.
Disse la madre: “Portalo nella stanza delle armi. Se è veramente una donna, non le
guarderà e non vorrà certo toccarle”.
Il Re seguì quel saggio consiglio, ma con scarsi risultati. Infatti, Fantaghirò staccò le
spade dal muro e si mise a provarle una a una, maneggiandole con grande destrezza,
come avrebbe fatto un uomo. Poi prese le pistole e gli schioppi, e provò anche quelli, per
vedere come si caricavano e se sparavano a dovere.
Il re tornò dalla madre tutto trafelato, con il cuore che gli faceva tuppete tappete per la
passione, e le disse “Si è comportato da uomo. Io però sono sempre della stessa idea:
Fantaghirò, persona bella,
Ha occhi neri e parole dolci,
O mamma mia, mi pare una donzella.”
La madre ci pensò su qualche istante. Poi, commossa dalla disperazione del figlio disse:
“Invita il nostro ospite a pranzo. Se prende il pane e l’appoggia al petto per tagliarlo, è
sicuramente una donna. Se invece lo taglia tenendolo per aria è certo un uomo, e tu hai
perso la testa per niente”.
Anche quella prova andò bene per Fantaghirò. Infatti, la Principessa tagliò il
pane a mezz’aria, con un gesto da guerriero. Eppure il Re non era ancora convinto. Tornò
dunque da sua madre, tutto sconsolato, e le disse: “Ha fatto il contrario di una donna. Io,
però, sono sempre della medesima idea:
Fantaghirò, persona bella,
Ha occhi neri e parole dolci,
O mamma mia, mi pare una donzella.”
3
Disse la madre: “Mi sembri matto. Ma se hai quest’idea fissa, ti conviene fare una terza
prova. Prega il nostro ospite di trascorrere una notte nel tuo letto. Se è una ragazza, ti dirà
sicuramente di no.”
Il Re andò subito a trovare Fantaghirò e le disse: “Se vuoi farmi felice, vieni a dormire
nel mio letto”.
“Farebbe piacere anche a me, Maestà”, rispose Fantaghirò. “Se lei vuole, stasera si
dormirà assieme”.
Prima di mettersi a letto cenarono insieme. La bottiglia di vino destinata a Fantaghirò
conteneva un potente sonnifero che avrebbe dovuto far addormentare la ragazza. Ma lei,
furba, non ne bevve nemmeno un sorso.
Quando ebbero finita la cena, un attimo prima di andare a letto, disse: “Facciamo un
brindisi, prima di coricarci”. Si scambiarono un bacio, si presero a braccetto, e intanto
Fantaghirò cantava:
Bevi, su, compagno,
Sennò t’ammazzerò.
Il Re rispondeva:
Non m’ammazzare, compagno,
perché io berrò!
E intanto bevevo, senza accorgersene, dalla bottiglia che conteneva il sonnifero. Sicché,
quando arrivò in camera sua, si buttò sul letto vestito com’era. Gli bastarono pochi istanti
per addormentarsi, che russava come un animale.
Al risveglio, il mattino dopo, il Re vide Fantaghirò già in piedi, con l’uniforme da
dragone già addosso. Non avrebbe più potuto dire se era donna, o uomo. Figuratevi la
disperazione in cui cadde e la passione che gli bruciava il cuore! Gli pareva di morire per il
dispiacere. Tornò dunque dalla madre, che cominciò a sgridarlo per la sua pazzia. Lui
però insisteva a dire:
Fantaghirò, persona bella,
Ha occhi neri e parole dolci,
O mamma mia, mi pare una donzella.
A quel punto la madre aveva perso ormai quel po’ di pazienza che le restava, tuttavia
dovette arrendersi davanti alla sua fissazione. “Ti concedo un’ultima prova”, gli disse
dunque, “ma sarà proprio l’ultima. Invita Fantaghirò a fare il bagno nuda con te nella
vasca dei pesci che abbiamo in giardino. Se è donna, rifiuterà di venire, o comunque dovrà
svelare il suo segreto”.
Il Re, infatti, fece quell’invito a Fantaghirò che gli disse: “Non mi pare vero. A casa mia
sono abituata a lavarmi tutti i giorni, e ora è un bel pezzo che non entro nell’acqua. Il
bagno, comunque, dovremo farlo domani mattina. Ora non posso proprio”.
Poi, mentre il Re se ne andava tutto contento, la ragazza chiamò il fido Tonino e gli
ordinò: “Monta a cavallo e porta una lettera a mio padre. Ma raccomandagli di fare subito
a quello che gli chiedo, altrimenti sono perduta”.
Nella lettera Fantaghirò chiedeva al Re suo padre di mandarle di gran corsa un soldato
per l’indomani mattina, con il messaggio che lui era in fin di vita, e che voleva rivedere il
suo adorato figlio prima di morire.
Tonino filò di gran carriera. Il giorno dopo, le cose andarono secondo i piani. A metà
mattina Fantaghirò e il Re innamorato si incontrarono nel giardino, davanti alla vasca dei
pesci.
4
Lui non perse tempo per spogliarsi, e si tuffò nell’acqua gridando: “Butta via i vestiti, e
raggiungimi. Fa tanto caldo, un bagno è quello che ci vuole”.
Ma lei non aveva fretta. “Ho troppo caldo per bagnarmi”, diceva “e sono tutto sudato.
Prima di venire nell’acqua voglio rinfrescarmi un po’. Altrimenti mi prendo un malore”.
In realtà cercava di tirare le cose in lungo, in attesa che il messaggero di suo padre la
riportasse a casa sana e salva. Aveva un bell’aspettare, non spuntava nessuno. Intanto
però il Re continuava a chiederle di svestirsi e di entrare nella vasca con lui.
Disse Fantaghirò: “Non posso accontentarti. Ho brividi tremendi alle gambe e alle
spalle. È un brutto segno, sai. C’è qualche disgrazia nell’aria”.
“Non è nulla”, rispondeva il Re. “Spogliati e vieni nell’acqua, che qui si sta proprio
bene”.
In quel mentre sentì un rumore. Fantaghirò, tutta contenta, esclamò: “Un cavallo! Vedo
un cavallo che arriva di corsa con uno dei miei soldati in groppa”.
Un istante più tardi il soldato era davanti a lei, e le porse la lettera di suo padre.
Fantaghirò prese il messaggio e l’aprì di premura. Quando l’ebbe letta, disse al Re: “Mi
rincresce, Maestà, ma ho ricevuto delle cattive notizie. Mio padre è in punto di morte e
vuole rivedermi prima di chiudere gli occhi per sempre. Lo dicevo io che quei rividi erano
un brutto segno. Devo tornare a casa di corsa. Se vuole, facciamo la pace subito. Poi, con
suo comodo, potrà venirmi a trovare le mio regno. Il bagno lo faremo un’altra volta”.
Figuratevi voi la disperazione del Re. Era più che mai convinto che Fantaghirò fosse
una donna, e moriva dalla passione. Ma dovette adattarsi al suo crudele destino, e lasciarla
partire senza avere la prova definitiva dei suoi sospetti.
Comunque, prima di partire, Fantaghirò passò per la camera in cui aveva dormito e
mise sul letto un foglio sul quale aveva scritto:
Fantaghirò
Donna è venuta e donna se ne va,
Ma il Re conosciuta non l’ha.
Il mattino seguente, quando il Re andò in quella camera per vedere almeno il letto in
cui il suo misterioso ospite aveva dormito, trovò il messaggio sul letto e rimase di sasso,
tra il dispiacere e l’allegria. Poi corse dalla madre. “Mamma, mamma, avevo ragione io!
Fantaghirò è donna. Ecco il foglio che ha scritto lei stessa, con le sue mani”. E senza
nemmeno aspettare la risposta di sua madre, fece attaccare la carrozza e si mise di gran
carriera sulle tracce di Fantaghirò.
La principessa, intanto, era alla presenza di suo padre e gli riferiva delle cose che erano
successe in quei giorni e come aveva fatto pace con il nemico senza combattere nemmeno
una battaglia. Non aveva ancora finito il suo racconto, che sentì un gran rumore nel cortile.
Era il Re innamorato, che arrivava più veloce di un lampo per rivedere la donna che
amava. Parlarono fitto per un bel po’. La conclusione fu che avendo fatto la pace tra i due
regni, Fantaghirò poteva anche sposare il suo innamorato senza più problemi.
Detto fatto, il giovane Re la portò nel suo Palazzo, dove lui e la sua sposa vissero felici
e contenti per molti anni. Con il tempo, Fantaghirò fu nominata erede di suo padre, e
diventò Regina dei due regni.