Un veglione a Roma - Ippolito Nievo.
Difficulty: Hard    Uploaded: 5 years ago by Mac     Last Activity: 4 years, 12 months ago
3% Upvoted
64% Translated but not Upvoted
61 Units
67% Translated
3% Upvoted
Le cardinal Antonelli, envieux des grandes fêtes cordialement offertes par Milan à son Roi, et voulant prouver au général Goyon l'amour filial témoigné à son gouvernement par le peuple romain, décida d'ouvrir lui aussi les salles du Vatican à un bal grandiose.

Un bal au Vatican ? Ne faites pas l'étonné. David dansait devant l'arche et Alexandre V accoutuma les murailles du palais des papes à bien d'autres spectacles. Au contraire, étant donné la trop grande modestie des personnes invitées à la fête, le grand Pénitencier décida d'autoriser le port des masques.

Un grand programme fut imprimé par l'imprimerie pontificale, diffusé dans toutes les cours d'Europe, et affiché partout dans la ville éternelle, et dans les autres lieux qui bénéficient encore de la béatitude du gouvernement des prêtres. Je ne l'ai pas lu, mais je suppose qu'il aura contenu la promesse de certaines indulgences à ceux qui auront dansé un certain nombre de polkas. Comme il est improbable que le Saint-Père eût été assis sur le trône de saint Pierre au moment où il écrivait un programme tout à fait mondain, il me semble permis à tout fidèle catholique de supposer dans ce document quelque grosse entorse à son infaillibilité.

Au soir du jour fixé, ce fut à Rome un grand concours de diligences, de voitures, et même de charrettes. La place saint Pierre était encombrée de gens qui descendaient de cheval, qui criait et déchargeait des malles ; les gésuites, les diplomates, les argousins retraités et les vieilles bigotes formaient la majorité. Certains, pour économiser des bagages étaient déjà masqués qui en Arlequin, en clown, ou en bûcheron ; plusieurs gardaient leur houppelande et le fameux chapeau de saint Ignace pour se protéger du froid ; mais par dessous ils avaient déjà revêtu des costumes plus provocants à la "débardeur" !

Huit énormes voitures de cour, quatre en provenance d'Ancône et quatre de Naples, avaient pénétré en grand secret dans le palais de l'ambassade autrichienne. Les plus étranges commentaires couraient sur le contenu de ces voitures : les plus malins des prélats se perdaient en conjectures ; Antonelli s'était vanté de les démasquer, si c'étaient des masques, avant même qu'ils n'aient prononcé une parole.

Les salles furent ouvertes à neuf heures. Le gouvernement du Saint-Siège étant éminemment conservateur, l'éclairage était entièrement assuré par des chandelles de cire. Le gaz, comme s'il était suspect d'hérésie n'a pas encore pu pénétrer à Rome.

Il est vrai que les tentures sentaient l'encens et rappelaient la sacristie, mais vu le manque de temps, on avait fait des miracles. C'est même une preuve supplémentaire contre ces incrédules qui nient à notre époque la permanence des miracles.

La cohue était extraordinaire, assez joyeuse et bigarrée. Mais quand on en vint au premier quadrille, Antonelli s'aperçut qu'il manquait des danseuses et que les rares présentes étaient depuis trop longtemps dévouées au Saint-Siège pour pouvoir gambiller.

L'illustre homme d'état maudit en son cœur l'obstacle de la clôture qui le privait d'une phalange si jeune et enjouée de courtisanes ; mais il se souvint à temps de la parabole de l'Évangile, et il envoya par tous les carrefours serviteurs et domestiques pour recruter des danseuses à tout prix. Etant donné que le peuple romain a été le prince du monde, toutes les romaines peuvent égaliser les princesses. D'ailleurs, le Saint-Père est le serviteur des serviteurs de Dieu ; et il doit accueillir sans réserve à sa cour même les servantes des hommes.

Je ne dirai pas que les nouvelles invitées fleurassent le patchouli, mais elles furent assez nombreuses pour animer la fête. Les Pierrots, débardeurs et Arlequins étaient au septième ciel à cause de la compagnie bien accrue ; et les vieilles bigotes, vêtues le plus souvent en jardinières, marmonnaient des oraisons très peu dévotes contre la préférence accordée aux dernières intruses.

A dix heures la joie, le mouvement, la confusion étaient à leur comble. Le coup d'œil était magnifique. Les cardinaux qui, vu le clinquant bien suffisant de leur costume, n'avaient pas cru opportun d'en changer, ressemblaient à autant de coquelicots dans un pré bariolé de fleurs. Antonelli regardait souvent la porte, attendant la mascarade de l'ambassade autrichienne ; mais personne ne se montrait encore.

À onze heures, un grand bruit se fit dans l'escalier, et un remue-ménage indicible s'ensuivit à l'entrée. On commença à murmurer : le Saint-Père, le Saint-Père ! Mais le cardinal Patrizi fit observer que Sa Sainteté ne pourrait pas consacrer la fête de sa présence, car le Saint-Esprit ne lui avait donné aucune inspiration précise en telle matière. Par ailleurs, le Concile de Trente n'avait pas prévu ce cas dans ses mille canons.

Antonelli courut vers la porte car il prévoyait quelque chose de bizarre, et il ne voulait pas être le dernier à l'observer.

Imaginez le spectacle le plus émouvant et le plus édifiant qu'un cœur chrétien puisse imaginer. C'était une longue file de jeune garçons et de pucelles vêtus de lin blanc et portant la palme du martyre. Ils avançaient deux par deux en baissant modestement les yeux derrière la toile cirée de leurs masques et, parvenu en présence du cardinal ministre d'État, l'un d'eux, qui semblait être le chef, lui présenta un mémoire marqué du seau de Sa Majesté Impériale et Royale-Apostolique.

Le cardinal sentit son cœur palpiter, il prit le pli, l'ouvrit et le lut avec une hâte extraordinaire.

Révérendissime Eminence !

Notre Majesté apostolique ne peut qu'être profondément émue par les restrictions auxquelles est soumis le successeur des Apôtres. Mais hélas, nous ne sommes pas au mieux non plus à Vienne ; et nous regrettons de devoir limiter pour des raisons de force majeure l'excès de notre zèle.

Preso adunque consiglio col nostro Eminentissimo Elemosiniere il cardinal Rauscher, e veduti i bisogni nostri e quelli della Santa Sede, abbiamo deciso di spedirvi due dozzine di martiri d'ambo i sessi perché voi vogliate usarne secondo la vostra prudenza alla maggior gloria di Dio in tutte le vostre urgenze.

Queste potranno fare una degna comparsa nella gran dimostrazione mascherata che ci annunziate; e impetrateci intanto dal cielo una valida benedizione.

Firmato: Cecco Beppo Il cardinale aveva appena finito di impallidire a questa lettera e di accogliere alla meglio i ventiquattro martiri che puzzavano d'acquavita, e parlavano il piú puro toscano di Agram, quando gli convenne tornare alla porta per un nuovo ricevimento.

— Oh mamma mia!... Oh per san Gennaro, malannaggia a questi f... di Romani!... Come fa freddo a Roma! — gridavano alla rinfusa molte voci che si avvicinavano.

Cos'era? Erano altri ventiquattro martiri che mandava al suo Santissimo Padre il Bombino di Napoli scusandosi di non mandare il general Pianelli perché ne aveva bisogno per martirizzare i suoi popoli.

— Signori martiri! — gridò con voce solenne il cardinale che a quel secondo colpo era diventato di tutti i colori. — Ringrazio i vostri padroni della loro cortesia. Che volete che vi dica? Abbiamo cominciato coi martiri sul serio; finiremo piú allegramente coi martiri in maschera!... Oggi balliamo; e domani provvederò... per non esser martire io —.

La festa ricominciò allora piú animata che mai: e i martiri ballarono insieme agli altri dimenticando con molta disinvoltura il futuro supplizio. Alle due un cameriere segreto venne ad avvertire che Sua Santità aveva volontà di dormire, e ch'era abbastanza persuaso del grande affetto del popolo di Roma.

Chi andò di qua, chi andò di là; molti sbagliarono la porta di casa e si vuole anche il letto. I catecumeni furono alloggiati a spese del governo nel collegio De Propaganda; e fu soltanto il giorno appresso dopo la loro partenza da Roma che il cardinal Antonelli da un dispaccio telegrafico di don Margotto rilevò che la doppia mascherata anziché essere un omaggio di due sovrani falliti era un satirico scherzo di Pasquino.

Arsenico
unit 2
Un ballo al Vaticano?
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 3
Non fatene le meraviglie.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 14
Alle nove si apersero le sale.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 16
Il gaz come sospetto d'eresia non ha potuto ancora penetrare a Roma.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 19
La calca era straordinaria, e abbastanza allegra e variata.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 26
Alle dieci la gioia, il movimento, la confusione erano al colmo.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 27
Il colpo d'occhio era stupendo.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 31
Cominciarono a bisbigliare; il Santo Padre, il Santo Padre!
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 33
D'altronde il Concilio di Trento non aveva Previsto il caso nei suoi mille canoni.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 39
Eminenza Reverendissima!
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 5 years ago
unit 45
— Oh mamma mia!...
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 46
Oh per san Gennaro, malannaggia a questi f... di Romani!...
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 47
Come fa freddo a Roma!
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 48
— gridavano alla rinfusa molte voci che si avvicinavano.
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 49
Cos'era?
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 51
— Signori martiri!
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 53
— Ringrazio i vostri padroni della loro cortesia.
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 54
Che volete che vi dica?
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 56
Oggi balliamo; e domani provvederò... per non esser martire io —.
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None
unit 61
Arsenico
0 Translations, 0 Upvotes, Last Activity None

Invidioso il cardinal Antonelli delle grandi e cordiali feste fatte da Milano al suo Re, e volendo provare al generale Goyon il filiale amore professato al suo governo dal popolo romano, decise anch'esso di aprire le sale del Vaticano ad una grandiosa festa da ballo.

Un ballo al Vaticano? Non fatene le meraviglie. Davidde danzava innanzi all'arca, ed Alessandro V avvezzò le pareti del palazzo papale a ben altri spettacoli. Anzi, considerata la troppa modestia delle persone che sarebbero intervenute alla festa, il gran Penitenziere decise di permettere l'uso delle maschere.

Un gran programma fu stampato in latino dalla tipografia pontificia, diramato presso tutte le corti d'Europa, e affisso a tutti i canti della città eterna, e degli altri luoghi che godono ancora la beatitudine del governo dei preti. lo non l'ho letto; ma m'immagino che vi sarà stata promessa qualche indulgenza a chi ballasse un certo numero di polke. Siccome non è presumibile che il Santo Padre fosse seduto sulla cattedra di san Pietro mentre scriveva un programma affatto mondano, cosí mi sembra lecito ad ogni fedel cattolico il supporre in quel documento qualche granchio preso dalla sua infallibilità.

La sera del giorno fissato fu a Roma un gran concorso di diligenze, di vetture e perfino di biroccini. La piazza di san Pietro era ingombra di gente che smontava, gridava, e scaricava bauli, gesuiti, diplomatici, birri smessi, e vecchie bigotte componevano la maggioranza. Alcuni per risparmio di bagaglio erano già in maschera chi da arlecchino, chi da pagliaccio, o da spacca-legna; parecchi serbavano il tabarrone e il famoso cappello di sant'Ignazio per garantirsi dal freddo; ma sotto avevano già indosso i piú provocanti vestiti alla debardeur!

Otto enormi carrozzone di corte, quattro provenienti da Ancona e quattro da Napoli erano entrate con gran segretezza nel palazzo dell'ambasceria austriaca. Si facevano i piú strani commenti sul contenuto di quelle vetture: i prelati piú furbi si perdevano in conghietture; Antonelli si era vantato che se erano maschere, egli le avrebbe indovinate prima che dicessero una parola.

Alle nove si apersero le sale. Siccome il governo della Santa Sede è eminentemente conservatore, cosí l'illuminazione era tutta a candele di cera. Il gaz come sospetto d'eresia non ha potuto ancora penetrare a Roma.

Gli addobbi, è vero, avevano odore d'incenso e ricordavano la sacristia; ma, vista la strettezza del tempo, si eran fatti miracoli. Anzi questa è una prova di piú contro quegli increduli che negano nel nostri tempi la continuità dei miracoli.

La calca era straordinaria, e abbastanza allegra e variata. Ma quando si venne a combinare la prima quadriglia, Antonelli s'accorse che si mancava di ballerine e che le poche intervenute erano da troppo tempo devote alla Santa Sede per poter menare le gambe.

L'illustre uomo di stato maledisse in cuor suo l'ostacolo della clausura che gli toglieva una falange sí giovane e briosa di cortigiane; ma gli sovvenne a tempo della parabola del Vangelo e mandò fuori pei trivii e pei quadrivii servi e staffieri che reclutassero ballerine ad ogni costo. Considerato che il popolo romano fu principe del mondo, tutte le donne romane si possono uguagliare alle principesse. D'altronde il Santo Padre è servo dei servi di Dio; e non deve aver riguardo ad accogliere nella sua corte anche le serve degli uomini.

Non dirò che le nuove invitate odorassero di patchouli, ma furono abbastanza numerose per animare la festa. I pierrots, i debardeurs, gli arlecchini erano al sette cieli per la ben cresciuta compagnia; e le vecchie bigotte, vestite la maggior parte da giardiniere, borbottavano giaculatorie assai poco devote contro la preferenza dimostrata alle ultime intruse.

Alle dieci la gioia, il movimento, la confusione erano al colmo. Il colpo d'occhio era stupendo. I cardinali, che, visto il bastevole sfarzo del loro vestito, non avevano creduto opportuno di cambiarlo, sembravano tanti papaveri in un prato variopinto di fiori. Antonelli guardava spesso la porta aspettando la mascherata dell'ambasceria austriaca; ma non compariva ancora nessuno.

Alle undici si udí un gran rumore sulla scala; e successe all'ingresso un rimescolamento indicibile. Cominciarono a bisbigliare; il Santo Padre, il Santo Padre! Ma il cardinal Patrizi fece osservare che Sua Santità non avrebbe potuto consacrare la festa della sua presenza, perché lo Spirito Santo non gli aveva dato in proposito una ispirazione precisa. D'altronde il Concilio di Trento non aveva Previsto il caso nei suoi mille canoni.

Antonelli corse verso la porta, perché prevedeva qualche cosa di strano, e non volle esser l'ultimo ad osservare.

Immaginatevi lo spettacolo piú commovente ed edificante che si possa mai immaginare da un cuore cristiano. Era una lunga fila di giovanetti e di verginelle con vestiti di candido lino e la palma del martirio in mano. Avanzavano a due a due sbassando modestamente gli occhi dietro l'incerato della maschera; e, giunto in presenza del cardinale ministro di stato, uno che sembrava il capo gli presentò un memoriale bollato col suggello di S. M. I. R. e Apostolica.

Il cardinale sentí un palpito nel cuore, e prese il piego e lo aperse e lo lesse con premura straordinaria.

Eminenza Reverendissima!

La nostra apostolica Maestà non può essere che profondamente commossa dalle strettezze in cui versa il successore degli Apostoli. Ma pur troppo anche noi a Vienna non siamo in gran fiore; e ci dispiace di dover limitare per ragioni di alta necessità l'eccesso del nostro zelo.

Preso adunque consiglio col nostro Eminentissimo Elemosiniere il cardinal Rauscher, e veduti i bisogni nostri e quelli della Santa Sede, abbiamo deciso di spedirvi due dozzine di martiri d'ambo i sessi perché voi vogliate usarne secondo la vostra prudenza alla maggior gloria di Dio in tutte le vostre urgenze.

Queste potranno fare una degna comparsa nella gran dimostrazione mascherata che ci annunziate; e impetrateci intanto dal cielo una valida benedizione.

Firmato: Cecco Beppo

Il cardinale aveva appena finito di impallidire a questa lettera e di accogliere alla meglio i ventiquattro martiri che puzzavano d'acquavita, e parlavano il piú puro toscano di Agram, quando gli convenne tornare alla porta per un nuovo ricevimento.

— Oh mamma mia!... Oh per san Gennaro, malannaggia a questi f... di Romani!... Come fa freddo a Roma! — gridavano alla rinfusa molte voci che si avvicinavano.

Cos'era? Erano altri ventiquattro martiri che mandava al suo Santissimo Padre il Bombino di Napoli scusandosi di non mandare il general Pianelli perché ne aveva bisogno per martirizzare i suoi popoli.

— Signori martiri! — gridò con voce solenne il cardinale che a quel secondo colpo era diventato di tutti i colori. — Ringrazio i vostri padroni della loro cortesia. Che volete che vi dica? Abbiamo cominciato coi martiri sul serio; finiremo piú allegramente coi martiri in maschera!... Oggi balliamo; e domani provvederò... per non esser martire io —.

La festa ricominciò allora piú animata che mai: e i martiri ballarono insieme agli altri dimenticando con molta disinvoltura il futuro supplizio. Alle due un cameriere segreto venne ad avvertire che Sua Santità aveva volontà di dormire, e ch'era abbastanza persuaso del grande affetto del popolo di Roma.

Chi andò di qua, chi andò di là; molti sbagliarono la porta di casa e si vuole anche il letto. I catecumeni furono alloggiati a spese del governo nel collegio De Propaganda; e fu soltanto il giorno appresso dopo la loro partenza da Roma che il cardinal Antonelli da un dispaccio telegrafico di don Margotto rilevò che la doppia mascherata anziché essere un omaggio di due sovrani falliti era un satirico scherzo di Pasquino.

Arsenico