Lélia de George Sand. Notice.
Difficulty: Medium    Uploaded: 1 month ago by Oplusse     Last Activity: 4 weeks ago
0% Upvoted
100% Translated but not Upvoted
23 Units
100% Translated
0% Upvoted

George Sand.
Lélia (1839 - seconda versione).

LELIA.

NOTA.

Dopo 'Indiana e Valentine', ho scritto 'Lélia', senza un seguito né un piano, in modo disordinato e con l'intenzione, in linea di principio, di scriverlo solo per me stessa. Non avevo un sistema, non appartenevo a nessuna scuola, pensavo a malapena al pubblico; non avevo ancora un'idea chiara di cosa fosse la pubblicità. Non ho mai creduto di essere in grado di impressionare o influenzare le menti altrui.
Era modestia? Posso affermare di sì, anche se attribuirsi una virtù così rara non sembra affatto modesto. Ma poiché, nel mio caso, non si trattava di una virtù, lo dico per quel che è. Non era uno sforzo della mia ragione, un trionfo sulla vanità naturale della nostra specie, ma piuttosto una disattenzione per i fatti, un'innata mancanza di lungimiranza, una tendenza ad assorbirmi in una ricerca intellettuale, senza ricordare che al di là del mondo dei miei sogni esisteva un mondo di realtà su cui i miei pensieri, sereni o cupi, potevano avere un qualche effetto.
Sono rimasto quindi molto sorpreso dall'impatto di questo libro e dai sostenitori e dagli oppositori che ha suscitato. Non ho bisogno di dire cosa penso del contenuto dell'opera: l'ho già detto nella prefazione alla seconda edizione e da allora non ho cambiato idea.
Il libro è stato scritto in buona fede, sotto il peso di una sofferenza interiore quasi mortale, interamente morale, filosofica e religiosa, che creava ansie inspiegabili in chi vive senza cercare la causa e lo scopo della vita. I miei cari amici, con i quali ero solitamente allegro (poiché tali preoccupazioni inevitabilmente annoiano chi non le condivide), rimasero ammutoliti dallo stupore mentre leggevano pagine così amare e cupe. Non capirono nulla e mi chiesero da dove mi fosse venuto questo incubo. Chi in seguito leggerà la storia della mia vita intellettuale non si stupirà più che il dubbio sia stato per me una questione così seria e una crisi così terribile.
Eppure non sono stato un'eccezione agli occhi di tutti. Molti hanno sofferto di fronte ai problemi della vita, mille volte di più che di fronte ai fatti reali e ai mali con cui essa ci travolge. •Falsi devoti hanno affermato che è un crimine esprimere una simile lamentela contro il mistero con cui Dio sceglie di avvolgere la sua volontà nei nostri destini. Io non la penso come loro; persisto nel credere che il dubbio sia un diritto senza il quale la fede non sarebbe né una vittoria né un merito.
GEORGE SAND.
Nohant, 13 gennaio 1854.
unit 1
George Sand.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 1 month ago
unit 2
Lélia (1839 — 2e version).
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 1 month ago
unit 3
LÉLIA.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 1 month ago
unit 4
NOTICE.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 1 month ago
unit 8
Était-ce modestie ?
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 4 weeks, 1 day ago
unit 10
Mais comme, chez moi, ce n’était pas vertu, je dis la chose comme elle est.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 4 weeks, 1 day ago
unit 16
Ils n’y comprirent goutte, et me demandèrent où j’avais pris ce cauchemar.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 4 weeks ago
unit 18
Pourtant je n’ai pas été une exception aux yeux de tous.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 4 weeks ago
unit 22
GEORGE SAND.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 4 weeks ago
unit 23
Nohant, 13 janvier 1854.
1 Translations, 0 Upvotes, Last Activity 4 weeks ago

George Sand.
Lélia (1839 — 2e version).

LÉLIA.

NOTICE.

Après « Indiana et Valentine », j’écrivis « Lélia », sans suite, sans plan, à bâtons rompus, et avec l’intention, dans le principe, de l’écrire pour moi seule. Je n’avais aucun système, je n’appartenais à aucune école, je ne songeais presque pas au public ; je ne me faisais pas encore une idée nette de ce qu’est la publicité. Je ne croyais nullement qu’il pût m’appartenir d’impressionner ou d’influencer l’esprit des autres.
Était-ce modestie ? Je puis affirmer que oui, bien qu’il ne paraisse guère modeste de s’attribuer une vertu si rare. Mais comme, chez moi, ce n’était pas vertu, je dis la chose comme elle est. Ce n’était pas un effort de ma raison, un triomphe remporté sur la vanité naturelle à notre espèce, mais bien une insouciance du fait, une imprévoyance innée, une tendance à m’absorber dans une occupation de l’esprit, sans me souvenir qu’au delà du monde de mes rêves, il existait un monde de réalités sur lequel ma pensée, sereine ou sombre, pouvait avoir une action quelconque.
Je fus donc très étonnée du retentissement de ce livre, des partisans et des antagonistes qu’il me créa. Je n’ai point à dire ce que je pense moi-même du fonds de l’ouvrage : je l’ai dit dans la préface de la deuxième édition, et je n’ai pas varié d’opinion depuis cette époque.
Le livre a été écrit de bonne foi, sous le poids d’une souffrance intérieure quasi mortelle, souffrance toute morale, toute philosophique et religieuse, et qui me créait des angoisses inexplicables pour les gens qui vivent sans chercher la cause et le but de la vie. D’excellents amis qui m’entouraient, avec lesquels j’étais gaie à l’habitude (car de telles préoccupations ne se révèlent pas sans ennuyer beaucoup ceux qui ne les ont point), furent frappés de stupeur en lisant des pages si amères et si noires. Ils n’y comprirent goutte, et me demandèrent où j’avais pris ce cauchemar. Ceux qui liront plus tard l’histoire de ma vie intellectuelle ne s’étonneront plus que le doute ait été pour moi une chose si sérieuse et une crise si terrible.
Pourtant je n’ai pas été une exception aux yeux de tous. Beaucoup ont souffert devant le problème de la vie, mille fois plus que devant les faits et les maux réels dont elle nous accable. De faux dévots ont dit que c’était un crime d’exhaler ainsi une plainte contre le mystère dont il plaît à Dieu d’envelopper sa volonté sur nos destinées. Je ne pense pas comme eux ; je persiste à croire que le doute est un droit sans lequel la foi ne serait pas une victoire ou un mérite.
GEORGE SAND.
Nohant, 13 janvier 1854.