Come fa il mondo ad andare avanti. Gianni CELATI
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Comment fait le monde pour avancer. Gianni Celati.

Dans un petit village de la province de Parme, non loin du Pô, on m'a raconté l'histoire d'un vieux typographe qui avait pris sa retraite parce qu'il voulait finalement écrire un mémoire auquel il réfléchissait depuis longtemps. Son mémoire devait traiter du sujet suivant : comment le monde fait-il pour aller de l'avant.

Étant à la retraite, le vieux typographe se promenait toute la journée sur sa mobylette, et, au fil de ses promenades, il lisait tout ce qu'il voyait d'écrit. En fait, il avait toujours beaucoup aimé lire et il avait toujours pensé que, pour comprendre comment le monde va de l'avant, il fallait beaucoup lire.

Avec le temps pourtant, il s'était aperçu qu'il ne restait plus aucun endroit où poser le regard sans trouver des mots à lire. Publicités, enseignes, affiches dans les vitrines, murs tapissés de tracts faisaient que, après une demi-journée dehors, il avait déjà lu des milliers et des milliers de mots. Aussi en rentrant chez lui, il n'avait plus envie de lire des livres, ni d'écrire ; il voulait seulement regarder les matchs de foot à la télévision.

Il commença à penser qu'il n'arriverait jamais à écrire son mémoire, parce qu'il y avait trop à lire. Mais comme, en se promenant sur sa mobylette, il voyait toujours plus de mots écrits, toujours plus de tracts et d'affiches publicitaires partout, un jour il lui vint le désir de savoir au moins comment cela s'était produit : pourquoi les mots à lire, partout, se multipliaient-ils toujours ? Quelque chose avait dû se passer.

Il alla en parler avec un grossiste en viandes, qui importait de la viande de Russie, et qui, parce qu'il allait souvent en Russie, savait peut-être ce qui était arrivé. Le grossiste lui dit seulement que les gens pensaient mieux se porter s'ils mangeaient toujours plus de viande, aussi, il devait trouver toute la viande qu'ils lui demandaient, et, pour cela il lui fallait aller en Russie, où cependant, pour autant qu'il sache, il ne s'était rien passé.

Le typographe se rendit alors à l'université de Parme. Là-bas il trouva seulement des étudiants qui ne savaient rien, et des professeurs qui passaient leur vie à parler, et à force de parler, selon lui, ils étaient tous devenus fous. Il comprit qu'eux non plus ne pouvaient pas l'aider.

L'après-midi, il emmenait souvent sa petite fille faire un tour sur le porte-bagages de la mobylette, et il lui expliquait son problème. Sa petite fille lui conseilla d'aller parler à son professeur de sciences qui habitait à l'extérieur du village et qui était aussi un jeune inventeur.

L'inventeur était un jeune homme aux cheveux longs jusqu'aux épaules, toujours vêtu d'une salopette de mécanicien. Il dit au typographe qu'il n'y avait jamais pensé auparavant, à ce problème, et ainsi tous trois, le typographe, la petite fille et l'inventeur, commencèrent à y réfléchir.

Puisque, selon le typographe, il fallait repartir du problème de comment fait le monde pour aller de l'avant, tous trois repartirent de là. Ils y réfléchirent et discutèrent, arrivant à cette première conclusion : que le monde va de l'avant parce que les gens y pensent, c'est-à dire qu'ils pensent à le faire avancer.

Cependant, comment les gens font-ils pour y penser ? Qu'est-ce-que penser ? Alors tous trois (et particulièrement la fille qui avait la passion des études scientifiques) s'achetèrent des fascicules scientifiques dans les kiosques ; une encyclopédie à crédit, des livres, et ils se mirent à étudier. Ils apprennent que les impulsions externes et internes sont un courant électrique qui voyage le long des nerfs (...) passant par des points appelés synapses où elles (les impulsions) doivent faire un petit saut, qu'il y aurait ensuite une dépolarisation comme dans les batteries des voitures, et dans le cerveau il n'y a donc rien d'autre que des schémas électriques toujours variables.

Je ne sais pas grand-chose de leurs études, sinon les constats d'échec auxquels ils sont arrivés, exprimés un jour dans le bar du typographe. Dans le bar, il a expliqué que personne ne peut dire, et il n'est aucun fascicule ni encyclopédie qui l'explique, comment on réussit à se souvenir d'une assiette de soupe que l'on a mangée le mois précédent, puisqu'il n'existe plus de trace électrique de cette soupe dans le cerveau.

Tous trois s'adonnent alors à des essais pratiques avec un électroencéphalographe acheté par l'inventeur dans une vente judiciaire.

Ils étudient différents types d'ondes cérébrales, selon que l'un dorme, ou soit éveillé, qu'il ait sommeil ou soit en colère. Puis ils se mettent à faire des expériences avec une plante dans un vase.

Ils attachent aux feuilles de la plante deux électrodes reliées à l'électroencéphalographe et voient que la plante réagit différemment quand quelqu'un passe devant elle. Les ondes que l'on peut lire sur l'écran de l'encéphalogramme, changent de tracé selon ce que fait ou pense la personne qui est devant la plante. Un jour, par exemple, le jeune inventeur a giflé la fille, et le tracé des ondes s'est rempli de pointes, comme si la plante s'était offensée. Une autre fois, il a soufflé plusieurs mots flatteurs à l'oreille du concierge de son école qui se trouvait devant la plante ; et sur l'écran sont apparues des ondes étirées, comme les ondes du cerveau d'un dormeur.

Ces résultats poussent les trois à chercher ce que pensent les gens, au moyen d'une plante et de l'encéphalographe. Il commencent par se demander : à quoi pensent les gens riches par exemple ?
Ils se font prêter une camionnette et, de nuit, vont se poster devant les demeures des riches, aux alentours du village.

Pendant que la fille et le typographe surveillent la rue, le jeune escalade le mur et va fixer les électrodes sur les branches d'un arbre particulièrement proche d'une fenêtre de la maison. Poi trascrivono i tipi di onde che compaiono sullo schermo dell’encefalografo nel furgoncino.
In quelle villette ci sono sempre alberi davanti alla facciate, con rami che arrivano vicino a una finestra. Piazzando gli elettrodi su un ramo adatto, i tre sperano di capire, attraverso le reazioni dell'albero, cos'ha in testa la gente sempre chiusa nelle villette a guardare la televisione. E ancora viva, già morta, o solo addormentata? Pensa, non ci pensa, o solo sogna che qualcosa succede?

Continuano a fare queste spedizioni per gran parte di un'estate, accumulando moltissimi diagrammi. Li confrontano tra di loro, li confrontano con altri diagrammi riportati sui libri, e alla fine capiscono di non capir niente di quello che succede.

Allora hanno l'idea di scrivere una lettera al sindaco, per illustrare tutti i loro fallimenti. Il sindaco passa la lettera all'assessore alla cultura, il quale organizza una conferenza pubblica sull'argomento che appassiona i tre: come fa il mondo ad andare avanti?
Viene chiamato a parlare un conferenziere che va in giro a far conferenze su tutto, sempre facendo riferimento alla sua infanzia e ai suoi ricordi. Costui in meno di un'ora risolve il problema, risponde alle obiezioni del tipografo, della bambina e dell'inventore, e conclude la conferenza. Il pubblico applaude contentissimo di sentire che là fuori c'è un mondo così facile da spiegare che uno se la può cavare in mezz'ora.

Poi tutti, appena escono dalla sala e si ritrovano in strada, dimenticano immediatamente quello che hanno sentito, il conferenziere dimentica quello che ha detto, e l'indomani nessuno ricorda neanche più il titolo della conferenza. Nel piccolo paese tutto continua ad andare avanti come prima, a parte il fatto che ci sono sempre più parole sui muri, sempre più insegne, sempre più scritte pubblicitarie dovunque il tipografo giri gli occhi.
Tratto da : Gianni Celati, Narratori delle pianure, Feltrinelli, Milano, 1985. https://italiano.sismondi.ch/letteratura/testi-brevi/Celati_Come_fa_il_mondo.doc
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Come fa il mondo ad andare avanti.
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Il suo memoriale avrebbe dovuto trattare questo argomento: come fa il mondo ad andare avanti.
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Doveva essere successo qualcosa.
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Il tipografo è andato allora all'università di Parma.
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Ha capito che neanche lì non potevano aiutarlo.
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Però, come fa la gente a pensarci?
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Cos'è pensare?
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Poi passano a far esperimenti con una pianta in un vaso.
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Cominciano con il chiedersi: a cosa pensano ad esempio i ricchi ?
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E ancora viva, già morta, o solo addormentata?
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Pensa, non ci pensa, o solo sogna che qualcosa succede?
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Come fa il mondo ad andare avanti.

In un piccolo paese in provincia di Parma, non lontano dal Po, mi è stata raccontata la storia di un vecchio tipografo che s'era ritirato dal lavoro perché voleva finalmente scrivere un memoriale a cui pensava da tanto tempo. Il suo memoriale avrebbe dovuto trattare questo argomento: come fa il mondo ad andare avanti.

Essendo in pensione, il vecchio tipografo andava in giro tutto il giorno sul motorino, e andando in giro leggeva tutte le scritte che vedeva. Infatti gli era sempre piaciuto molto leggere e aveva sempre pensato che, per capire come fa il mondo ad andare avanti, bisogna leggere molto.

Con il tempo però s'è accorto di non poter piu mettere gli occhi quasi da nessuna parte senza trovare delle parole stampate da leggere. Pubblicità, insegne, scritte nelle vetrine, muri tappezzati di manifesti facevano che lui, dopo una mezza giornata fuori casa, avesse già letto migliaia e migliaia di parole stampate. Così tornando a casa non aveva piu voglia né di leggere libri, né di scrivere; aveva solo voglia di guardare delle partite di calcio alla televisione.

Ha cominciato a pensare che non sarebbe mai riuscito a scrivere il suo memoriale, perché c'era troppo da leggere. Ma siccome, andando in giro sul motorino vedeva sempre più parole stampate, sempre più manifesti e scritte pubblicitarie dappertutto, un giorno gli è sorto il desiderio di sapere almeno cosa fosse successo: perché le parole da leggere in giro aumentavano sempre? Doveva essere successo qualcosa.

È andato a parlarne con un grande grossista di carni, che importava carne dalla Russia e che, andando spesso in Russia, forse poteva sapere cos'era successo. Il grossista gli ha detto soltanto che la gente crede di stare meglio a mangiare sempre più carne, così lui doveva trovare tutta la carne che gli chiedevano e per quello doveva andare in Russia, dove però, che lui sapesse, non era successo niente.

Il tipografo è andato allora all'università di Parma. Qui trovava solo studenti che non ne sapevano niente, e professori che passavano la vita a parlare, e a forza di parlare secondo lui erano diventati tutti pazzi. Ha capito che neanche lì non potevano aiutarlo.

Al pomeriggio spesso portava in giro la sua nipotina sul portapacchi del motorino, ed esponeva a lei il suo problema. La nipotina l'ha consigliato di andare a parlare con il suo professore di scienze che abitava fuori dal paese ed era anche un giovane inventore.

Il giovane inventore era uno con capelli lunghi fino alla schiena, che portava sempre un grembiule da meccanico. Ha detto al tipografo che non ci aveva mai pensato prima a quel problema e così i tre, il tipografo, la nipotina e l’inventore, hanno cominciato a pensarci.

Poiché secondo il tipografo bisognava sempre ripartire dal problema di come fa il mondo ad andare avanti, i tre sono ripartiti di lì. Ci pensano e discutono, giungendo a questa prima conclusione: che il mondo va avanti perché la gente ci pensa, cioè ci pensa a mandarlo avanti.

Però, come fa la gente a pensarci? Cos'è pensare? Allora i tre (in particolare la bambina che aveva una gran passione per gli studi scientifici) si comprano delle dispense scientifiche nelle edicole; una enciclopedia a rate, dei libri, e cominciano a studiare. Imparano che gli impulsi esterni e interni sono una corrente elettrica che viaggia lungo i nervi (...) passando per punti detti sinapsi in cui debbono (gli impulsi) fare un piccolo salto, che sarebbe poi una depolarizzazione come nelle batterie delle macchine, e così nel cervello non c'è altro che schemi elettrici sempre variabili.

Non so molto di questi loro studi, tranne le conclusioni fallimentari a cui sono arrivati, enunciate un giorno nel bar dal tipografo. Nel bar ha spiegato che nessuno può dire, e non c'è dispensa o enciclopedia che lo spieghi, in che modo uno riesce a ricordarsi d’un piatto di minestra che ha mangiato il mese prima, dato che non c'è piu traccia elettrica di quella minestra nel suo cervello.

I tre si dedicano allora ad esperimenti pratici con un encefalografo comprato dall'inventore in un'asta giudiziaria.

Studiano i diversi tipi di onde cerebrali, secondo se uno dorme, se è sveglio, se ha sonno o è arrabbiato. Poi passano a far esperimenti con una pianta in un vaso.

Attaccano alle foglie della pianta due elettrodi collegati con l'encefalografo, e vedono che la pianta reagisce in modi diversi quando qualcuno passa davanti. Le onde che si possono leggere sullo schermo dell'encefalografo, cambiano il loro tracciato secondo quello che fa o pensa la persona che sta davanti alla pianta. Un giorno, ad esempio, il giovane inventore ha dato uno schiaffo alla bambina, e il tracciato delle onde sullo schermo è diventato tutto a picchi, come se la pianta si offendesse. Un'altra volta ha detto molte parole lusinghiere nell'orecchio del bidello della sua scuola posto davanti alla pianta ; e sullo schermo sono apparse delle onde distese, come le onde del cervello d'uno che dorme.

Questi risultati spingono i tre a cercar di capire cosa pensa la gente, per mezzo d'una pianta e dell'encefalografo. Cominciano con il chiedersi: a cosa pensano ad esempio i ricchi ?
Si fanno prestare un furgoncino e di notte vanno ad appostarsi davanti alle ville dei ricchi nei dintorni del paese.

Mentre la bambina e il tipografo sorvegliano la strada, il giovane inventore scavalca il muro e va a piazzare gli elettrodi sui rami d'un albero particolarmente vicino a una finestra della villa. Poi trascrivono i tipi di onde che compaiono sullo schermo dell’encefalografo nel furgoncino.
In quelle villette ci sono sempre alberi davanti alla facciate, con rami che arrivano vicino a una finestra. Piazzando gli elettrodi su un ramo adatto, i tre sperano di capire, attraverso le reazioni dell'albero, cos'ha in testa la gente sempre chiusa nelle villette a guardare la televisione. E ancora viva, già morta, o solo addormentata? Pensa, non ci pensa, o solo sogna che qualcosa succede?

Continuano a fare queste spedizioni per gran parte di un'estate, accumulando moltissimi diagrammi. Li confrontano tra di loro, li confrontano con altri diagrammi riportati sui libri, e alla fine capiscono di non capir niente di quello che succede.

Allora hanno l'idea di scrivere una lettera al sindaco, per illustrare tutti i loro fallimenti. Il sindaco passa la lettera all'assessore alla cultura, il quale organizza una conferenza pubblica sull'argomento che appassiona i tre: come fa il mondo ad andare avanti?
Viene chiamato a parlare un conferenziere che va in giro a far conferenze su tutto, sempre facendo riferimento alla sua infanzia e ai suoi ricordi. Costui in meno di un'ora risolve il problema, risponde alle obiezioni del tipografo, della bambina e dell'inventore, e conclude la conferenza. Il pubblico applaude contentissimo di sentire che là fuori c'è un mondo così facile da spiegare che uno se la può cavare in mezz'ora.

Poi tutti, appena escono dalla sala e si ritrovano in strada, dimenticano immediatamente quello che hanno sentito, il conferenziere dimentica quello che ha detto, e l'indomani nessuno ricorda neanche più il titolo della conferenza. Nel piccolo paese tutto continua ad andare avanti come prima, a parte il fatto che ci sono sempre più parole sui muri, sempre più insegne, sempre più scritte pubblicitarie dovunque il tipografo giri gli occhi.
Tratto da : Gianni Celati, Narratori delle pianure, Feltrinelli, Milano, 1985.

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