George Sand — Lélia (1839 – 2e version) — Première partie — Chapitre V.
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•V You are such a child. •Barely born, and already you are in a hurry to live! •Because I have to tell you, you have not really lived yet, Sténio.

•Why are you in such a hurry? •Are you afraid you will not reach that cursed point where we all end up? •You will end up there just like the others. •Prenez donc votre temps, faites l’école buissonnière, et franchissez le plus tard que vous pourrez le seuil de l’école où l’on apprend la vie.

•Heureux enfant, qui demande où est le bonheur, comment il est fait, s’il l’a goûté déjà, s’il est appelé à le goûter un jour ! •Ô profonde et précieuse ignorance ! •Je ne te répondrai pas, Sténio.

•Ne crains rien, je ne te flétrirai pas au point de te dire une seule des choses que tu veux savoir. •Si j’aime, si je puis aimer, si je te donnerai du bonheur, si je suis bonne ou perverse, si tu seras fait grand par mon amour, ou anéanti par mon indifférence : tout cela, vois-tu, c’est une science téméraire que Dieu refuse à ton âge et qu’il me défend de te donner. •Attends !

•Je te bénis, jeune poëte, dors en paix. •Demain viendra beau comme les autres jours de ta jeunesse, paré du plus grand bienfait de la Providence, le voile qui cache l’avenir.
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V. Enfant que vous êtes !
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À peine vous êtes né, et déjà vous êtes pressé de vivre !
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car il faut vous le dire, vous n’avez pas encore vécu, Sténio.
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Pourquoi donc tant vous hâter ?
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Craignez-vous de ne pas arriver à ce but maudit où nous échouons tous ?
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Vous viendrez vous y briser comme les autres.
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V.



Enfant que vous êtes ! À peine vous êtes né, et déjà vous êtes pressé de vivre ! car il faut vous le dire, vous n’avez pas encore vécu, Sténio.

Pourquoi donc tant vous hâter ? Craignez-vous de ne pas arriver à ce but maudit où nous échouons tous ? Vous viendrez vous y briser comme les autres. Prenez donc votre temps, faites l’école buissonnière, et franchissez le plus tard que vous pourrez le seuil de l’école où l’on apprend la vie.

Heureux enfant, qui demande où est le bonheur, comment il est fait, s’il l’a goûté déjà, s’il est appelé à le goûter un jour ! Ô profonde et précieuse ignorance ! Je ne te répondrai pas, Sténio.

Ne crains rien, je ne te flétrirai pas au point de te dire une seule des choses que tu veux savoir. Si j’aime, si je puis aimer, si je te donnerai du bonheur, si je suis bonne ou perverse, si tu seras fait grand par mon amour, ou anéanti par mon indifférence : tout cela, vois-tu, c’est une science téméraire que Dieu refuse à ton âge et qu’il me défend de te donner. Attends !

Je te bénis, jeune poëte, dors en paix. Demain viendra beau comme les autres jours de ta jeunesse, paré du plus grand bienfait de la Providence, le voile qui cache l’avenir.