De toutes les couleurs - Jean Pierre Martinez - Acte 15 - Tout est clair
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De toutes les couleurs - Jean Pierre Martinez - Acte 15 - Tout est clair.
Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.
Maria – Ça m’apprendra à être honnête ! J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.
Ramirez – Donc, vous maintenez l’avoir trouvé par terre, derrière une banquette, sur votre lieu de travail ?
Maria – Évidemment, puisque c’est la vérité !
Ramirez – Pourtant, quand mes collègues vous ont interpellée sur la voie publique pour un contrôle de routine, c’est bien dans votre sac qu’ils ont trouvé ce portefeuille. Plus de trois jours après que son propriétaire ait signalé sa disparition... Maria – J’ai préféré le garder quelque temps, au cas où quelqu’un viendrait le réclamer à la boîte. Mais j’allais justement le porter au commissariat !
Ramirez – Bien sûr... Maria – Ce que c’est que les préjugés... Vos collègues non plus, ils n’ont rien voulu savoir. Il paraît que je suis défavorablement connue des services de police... Ramirez – Reconnaissez que ça, ce n’est faux... Maria – Défavorablement, peut-être... Mais pas comme pickpocket !
Ramirez – En ouvrant ce portefeuille, vous auriez facilement pu identifier son propriétaire et lui téléphoner. Il y avait une carte de visite à l’intérieur.
Maria – Eh, je ne suis pas de la police, moi ! C’est personnel, un portefeuille. C’est comme un sac à main. Et puis je vous fais remarquer que je n’ai pas non plus touché à l’argent liquide. Il ne manque pas un euro. Vous n’avez qu’à lui demander, à ce type, s’il manque de l’argent dans son portefeuille !
Ramirez – On lui demandera ensemble, à ce brave homme. Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous. Il sera là d’une minute à l’autre.
Maria pousse un soupir de soulagement.
Maria – Eh ben voilà ! Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers. Vous verrez qu’il me remerciera. Allez savoir, peut-être même qu’il me donnera une petite récompense... Ramirez – Ne vous réjouissez pas trop vite quand même... Il a porté plainte... Maria – Porté plainte ? Mais pourquoi ?
Ramirez – Pour un vol à l’arraché.
Maria – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?
Ramirez – Vous ou une autre, on verra bien. Ça sert à ça une confrontation... Maria – Dans ce cas, pas de souci. Il ne peut pas me reconnaître, puisque je ne l’ai pas volé, son portefeuille !
Ramirez – Si vous le dites... Maria – Vous verrez... Il dira que ce n’est pas moi, et il me fera des excuses. Vous aussi, j’espère... L’inspecteur lui lance un regard qui en dit long. Son téléphone sonne, il répond.
Ramirez – Oui Sanchez... OK, envoyez-les moi... (Se tournant vers Maria) L’heure de vérité... Entre un homme d’un certain âge, très digne, accompagné de sa femme, plus revêche. Ramirez se lève pour les accueillir.
Ramirez – Entrez, je vous en prie.
Homme (embarrassé) – Merci, Inspecteur... Femme (apercevant Maria) – Alors c’est elle... Maria – Oui, c’est moi qui ai retrouvé le portefeuille de votre mari. Bonjour Monsieur... Homme (timidement) – Madame... Maria (à Ramirez) – Ça se voit tout de suite que ce n’est pas le genre d’homme à envoyer une innocente en prison.
Ramirez – Alors Monsieur Delamare... Vous reconnaissez cette femme ?
L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.
Homme – C’est-à-dire que... Maria – Moi, en tout cas, j’ai l’impression de vous avoir déjà avoir vu quelque part. À mon travail, peut-être. Mais je vois défiler tellement de monde... Femme – Eh ben, vas-y, dis-le que c’est elle!
Le brave homme semble très mal à l’aise.
Ramirez – Monsieur, je vous écoute... C’est cette femme qui vous a volé votre portefeuille, oui ou non ?
Homme – Je... Je ne me souviens plus très bien... Il faisait noir... Ramirez – Noir ? Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi ! À ma connaissance, on n’a signalé aucune éclipse dans la région ces jours-ci... Homme – Non, non, bien sûr... J’ai dit noir... C’est plutôt moi qui... J’ai un blanc. Je veux dire que tout cela s’est passé si vite. Quoi qu’il en soit, cette personne n’est pas mon agresseur, Inspecteur... L’inspecteur ne semble pas convaincu par cette affirmation.
Ramirez – Vous êtes sûr ?
Homme – Absolument.
Maria – Ah ! Vous voyez bien !
Ramirez – Je vous rappelle, Monsieur Delamare, que vous avez porté plainte contre X. Maria – Contre X ?
Ramirez – Si cette déposition a pour seul but de permettre à cette femme d’éviter des ennuis avec la justice, il s’agirait d’un faux témoignage.
L’homme jette un regard inquiet vers son épouse, et se décide à parler.
Homme – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti. (Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout.) On ne m’a pas volé ce portefeuille. En fait... Je l’ai perdu... L’inspecteur prend le temps de digérer cette information, avant de répondre d’un ton sévère.
Ramirez – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse. C’est très grave, vous savez ? Vous pourriez être poursuivi... Pourquoi ce mensonge?
Le respectable vieillard est un peu perdu.
Homme – Quand j’ai raconté à mon épouse que j’avais perdu mon portefeuille, elle m’a conseillé de le déclarer volé. C’était plus simple, pour le remboursement par l’assurance, vous comprenez ?
Femme (embarrassée) – Je pensais que la personne qui trouverait le portefeuille le garderait pour elle... Ramirez – C’est en effet ce qui arrive le plus souvent... Femme (à nouveau agressive) – Et puis je croyais que la police avait mieux à faire que de s’occuper d’un petit vol comme ça... Avec tout ce qu’on voit en ce moment... Ramirez – Malheureusement pour vous, il reste quand même des gens honnêtes. Et la police fait parfois bien son travail... (L’homme, penaud, regarde ses chaussures.) Bon... Je vous épargnerai les poursuites judiciaires pour cette fois... Femme – Merci Monsieur l’Inspecteur... Homme – Toutes nos excuses, Inspecteur, vraiment... Maria – Ça alors.. Et moi ? Personne ne me présente ses excuses ?
L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.
Ramirez – Mais il y a une dernière chose qui m’intrigue, Monsieur Delamare... Vous avez déclaré que ce vol imaginaire avait eu lieu dans la rue, à Vincennes.
Homme – C’est là où nous habitons, ma femme et moi... Ramirez – Pourtant, cette dame a retrouvé votre portefeuille, absolument intact, sous une banquette de l’établissement où elle travaille, dans le neuvième arrondissement de Paris. Il n’est pas arrivé là par hasard, tout de même... Homme – Je... Je ne sais pas, Inspecteur.
Ramirez – Aviez-vous des raisons de mentir aussi sur l’endroit où vous avez perdu ce portefeuille?
L’épouse revêche jette un regard étonné vers son mari, attendant elle aussi une explication.
Maria – Ah mais oui, ça y est... Je me souviens où je l’ai vu, ce vieux vicieux. Au boulot !
La femme se tourne vers Maria.
Femme – Au boulot ? Auriez-vous l’obligeance de me dire, chère Madame, dans quel genre d’établissement vous exercez vos talents ?
Maria – Ben, je suis strip-teaseuse ! Dans un cabaret à Pigalle !
La femme jette un regard assassin à son mari.
Ramirez – Je crois que maintenant, tout est clair...
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Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.
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Maria – Ça m’apprendra à être honnête !
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J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.
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Maria – Évidemment, puisque c’est la vérité !
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Mais j’allais justement le porter au commissariat !
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Il y avait une carte de visite à l’intérieur.
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Maria – Eh, je ne suis pas de la police, moi !
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C’est personnel, un portefeuille.
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C’est comme un sac à main.
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Il ne manque pas un euro.
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Ramirez – On lui demandera ensemble, à ce brave homme.
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Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous.
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Il sera là d’une minute à l’autre.
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Maria pousse un soupir de soulagement.
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Maria – Eh ben voilà !
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Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers.
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Vous verrez qu’il me remerciera.
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Mais pourquoi ?
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Ramirez – Pour un vol à l’arraché.
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Maria – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?
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Ramirez – Vous ou une autre, on verra bien.
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Son téléphone sonne, il répond.
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Ramirez se lève pour les accueillir.
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Ramirez – Entrez, je vous en prie.
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Ramirez – Alors Monsieur Delamare... Vous reconnaissez cette femme ?
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L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.
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À mon travail, peut-être.
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Le brave homme semble très mal à l’aise.
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Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi !
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Je veux dire que tout cela s’est passé si vite.
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Ramirez – Vous êtes sûr ?
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Homme – Absolument.
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Maria – Ah !
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Vous voyez bien !
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Homme – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti.
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(Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout.)
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On ne m’a pas volé ce portefeuille.
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Ramirez – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse.
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C’est très grave, vous savez ?
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Vous pourriez être poursuivi... Pourquoi ce mensonge?
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Le respectable vieillard est un peu perdu.
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Et moi ?
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Personne ne me présente ses excuses ?
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L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.
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Au boulot !
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La femme se tourne vers Maria.
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Femme – Au boulot ?
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Maria – Ben, je suis strip-teaseuse !
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Dans un cabaret à Pigalle !
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La femme jette un regard assassin à son mari.
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Ramirez – Je crois que maintenant, tout est clair...
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De toutes les couleurs - Jean Pierre Martinez - Acte 15 - Tout est clair.
Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.
Maria – Ça m’apprendra à être honnête ! J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.
Ramirez – Donc, vous maintenez l’avoir trouvé par terre, derrière une banquette, sur votre lieu de travail ?
Maria – Évidemment, puisque c’est la vérité !
Ramirez – Pourtant, quand mes collègues vous ont interpellée sur la voie publique pour un contrôle de routine, c’est bien dans votre sac qu’ils ont trouvé ce portefeuille. Plus de trois jours après que son propriétaire ait signalé sa disparition...
Maria – J’ai préféré le garder quelque temps, au cas où quelqu’un viendrait le réclamer à la boîte. Mais j’allais justement le porter au commissariat !
Ramirez – Bien sûr...
Maria – Ce que c’est que les préjugés... Vos collègues non plus, ils n’ont rien voulu savoir. Il paraît que je suis défavorablement connue des services de police...
Ramirez – Reconnaissez que ça, ce n’est faux...
Maria – Défavorablement, peut-être... Mais pas comme pickpocket !
Ramirez – En ouvrant ce portefeuille, vous auriez facilement pu identifier son propriétaire et lui téléphoner. Il y avait une carte de visite à l’intérieur.
Maria – Eh, je ne suis pas de la police, moi ! C’est personnel, un portefeuille. C’est comme un sac à main. Et puis je vous fais remarquer que je n’ai pas non plus touché à l’argent liquide. Il ne manque pas un euro. Vous n’avez qu’à lui demander, à ce type, s’il manque de l’argent dans son portefeuille !
Ramirez – On lui demandera ensemble, à ce brave homme. Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous. Il sera là d’une minute à l’autre.
Maria pousse un soupir de soulagement.
Maria – Eh ben voilà ! Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers. Vous verrez qu’il me remerciera. Allez savoir, peut-être même qu’il me donnera une petite récompense...
Ramirez – Ne vous réjouissez pas trop vite quand même... Il a porté plainte...
Maria – Porté plainte ? Mais pourquoi ?
Ramirez – Pour un vol à l’arraché.
Maria – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?
Ramirez – Vous ou une autre, on verra bien. Ça sert à ça une confrontation...
Maria – Dans ce cas, pas de souci. Il ne peut pas me reconnaître, puisque je ne l’ai pas volé, son portefeuille !
Ramirez – Si vous le dites...
Maria – Vous verrez... Il dira que ce n’est pas moi, et il me fera des excuses. Vous aussi, j’espère...
L’inspecteur lui lance un regard qui en dit long. Son téléphone sonne, il répond.
Ramirez – Oui Sanchez... OK, envoyez-les moi... (Se tournant vers Maria) L’heure de vérité...
Entre un homme d’un certain âge, très digne, accompagné de sa femme, plus revêche. Ramirez se lève pour les accueillir.
Ramirez – Entrez, je vous en prie.
Homme (embarrassé) – Merci, Inspecteur...
Femme (apercevant Maria) – Alors c’est elle...
Maria – Oui, c’est moi qui ai retrouvé le portefeuille de votre mari. Bonjour Monsieur...
Homme (timidement) – Madame...
Maria (à Ramirez) – Ça se voit tout de suite que ce n’est pas le genre d’homme à envoyer une innocente en prison.
Ramirez – Alors Monsieur Delamare... Vous reconnaissez cette femme ?
L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.
Homme – C’est-à-dire que...
Maria – Moi, en tout cas, j’ai l’impression de vous avoir déjà avoir vu quelque part. À mon travail, peut-être. Mais je vois défiler tellement de monde...
Femme – Eh ben, vas-y, dis-le que c’est elle!
Le brave homme semble très mal à l’aise.
Ramirez – Monsieur, je vous écoute... C’est cette femme qui vous a volé votre portefeuille, oui ou non ?
Homme – Je... Je ne me souviens plus très bien... Il faisait noir...
Ramirez – Noir ? Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi ! À ma connaissance, on n’a signalé aucune éclipse dans la région ces jours-ci...
Homme – Non, non, bien sûr... J’ai dit noir... C’est plutôt moi qui... J’ai un blanc. Je veux dire que tout cela s’est passé si vite. Quoi qu’il en soit, cette personne n’est pas mon agresseur, Inspecteur...
L’inspecteur ne semble pas convaincu par cette affirmation.
Ramirez – Vous êtes sûr ?
Homme – Absolument.
Maria – Ah ! Vous voyez bien !
Ramirez – Je vous rappelle, Monsieur Delamare, que vous avez porté plainte contre X.
Maria – Contre X ?
Ramirez – Si cette déposition a pour seul but de permettre à cette femme d’éviter des ennuis avec la justice, il s’agirait d’un faux témoignage.
L’homme jette un regard inquiet vers son épouse, et se décide à parler.
Homme – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti. (Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout.) On ne m’a pas volé ce portefeuille. En fait... Je l’ai perdu...
L’inspecteur prend le temps de digérer cette information, avant de répondre d’un ton sévère.
Ramirez – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse. C’est très grave, vous savez ? Vous pourriez être poursuivi... Pourquoi ce mensonge?
Le respectable vieillard est un peu perdu.
Homme – Quand j’ai raconté à mon épouse que j’avais perdu mon portefeuille, elle m’a conseillé de le déclarer volé. C’était plus simple, pour le remboursement par l’assurance, vous comprenez ?
Femme (embarrassée) – Je pensais que la personne qui trouverait le portefeuille le garderait pour elle...
Ramirez – C’est en effet ce qui arrive le plus souvent...
Femme (à nouveau agressive) – Et puis je croyais que la police avait mieux à faire que de s’occuper d’un petit vol comme ça... Avec tout ce qu’on voit en ce moment...
Ramirez – Malheureusement pour vous, il reste quand même des gens honnêtes. Et la police fait parfois bien son travail... (L’homme, penaud, regarde ses chaussures.) Bon... Je vous épargnerai les poursuites judiciaires pour cette fois...
Femme – Merci Monsieur l’Inspecteur...
Homme – Toutes nos excuses, Inspecteur, vraiment...
Maria – Ça alors.. Et moi ? Personne ne me présente ses excuses ?
L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.
Ramirez – Mais il y a une dernière chose qui m’intrigue, Monsieur Delamare... Vous avez déclaré que ce vol imaginaire avait eu lieu dans la rue, à Vincennes.
Homme – C’est là où nous habitons, ma femme et moi...
Ramirez – Pourtant, cette dame a retrouvé votre portefeuille, absolument intact, sous une banquette de l’établissement où elle travaille, dans le neuvième arrondissement de Paris. Il n’est pas arrivé là par hasard, tout de même...
Homme – Je... Je ne sais pas, Inspecteur.
Ramirez – Aviez-vous des raisons de mentir aussi sur l’endroit où vous avez perdu ce portefeuille?
L’épouse revêche jette un regard étonné vers son mari, attendant elle aussi une explication.
Maria – Ah mais oui, ça y est... Je me souviens où je l’ai vu, ce vieux vicieux. Au boulot !
La femme se tourne vers Maria.
Femme – Au boulot ? Auriez-vous l’obligeance de me dire, chère Madame, dans quel genre d’établissement vous exercez vos talents ?
Maria – Ben, je suis strip-teaseuse ! Dans un cabaret à Pigalle !
La femme jette un regard assassin à son mari.
Ramirez – Je crois que maintenant, tout est clair...