en-fr  Anne of Green Gables (1908) / CHAPTER XXXIV Medium
CHAPITRE XXXIV

UNE ÉTUDIANTE À QUEEN'S.

Les trois semaines suivantes furent bien remplies aux Pignons Verts, car Anne se préparait à aller à l'université Queen's, il y avait beaucoup de couture à faire et beaucoup de choses dont il fallait discuter et à organiser. Le trousseau d'Anne était amplement suffisant et joli — Matthew y veillait —, et Marilla, pour une fois, ne fit aucune objection à tout ce qu'il avait acheté ou suggéré. De plus, un soir, elle était montée dans la chambre du pignon est, les bras chargés d’un délicat tissu vert pâle.
— Anne, voici quelque chose pour te faire une jolie robe légère. Je suppose que tu n'en as pas vraiment besoin, tu as plein de jolies tenues ; mais j'ai pensé que tu aimerais peut-être porter quelque chose de très habillé si on te demandait de participer à une soirée en ville, à une fête ou quelque chose de ce genre. Le bruit court que Jane, Ruby et Josie ont des « robes du soir » comme elles disent, et je ne veux pas que tu sois en reste. J'ai demandé à Mme Allan de m'aider en allant le chercher en ville la semaine dernière et nous demanderons à Emily Gillis de t'en faire une « robe de soirée ». Emily a bon goût et ses talents de couturière sont sans pareils.
— Oh ! Marilla, c'est absolument ravissant, s'exclama Anne. Merci beaucoup. Je pense que tu ne devrais pas être si gentille avec moi... cela rend chaque jour mon départ plus difficile.
La robe verte fut agrémentée d'autant de plis, de volants et de fronces que le goût d'Emily le permettait. Anne la porta un soir pour la montrer à Matthew et Marilla et leur récita « Le vœu de la jeune fille » dans la cuisine. Tandis que Marilla admirait son visage radieux et expressif ainsi que ses mouvements gracieux, ses pensées la ramenèrent au soir où Anne était arrivée aux Pignons Verts, et sa mémoire raviva l'image vivante de l'étrange enfant effrayée dans sa robe de lin d'un brun jaunâtre, le cœur brisé de les yeux larmoyants. Quelque chose dans son souvenir fit pleurer Marilla.
— Dis-donc, ma récitation te fait pleurer, Marilla, dit Anne gaiement, se penchant sur la chaise de Marilla pour déposer un baiser papillon sur la joue de cette dernière. Alors, j'appelle ça un triomphe total.
— Non, je ne pleurais pas pour ton texte, déclara Marilla, qui aurait détesté se laisser aller à une telle faiblesse pour n'importe quel « truc poétique ». Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la petite fille que tu étais, Anne. Et je m'étais mise à rêver que tu aurais pu rester une petite fille, même avec toutes tes étranges manières. Tu as grandi maintenant, tu t'en vas, tu as l'air si grande, si élégante et si différente avec cette robe, c'est comme si tu n'avais jamais fait partie d'Avonlea et, en y pensant, j'ai eu le sentiment de me retrouver toute seule.
— Marilla! Anne s'assit sur les genoux de Marilla, prit son visage ridé entre ses mains et plongea un regard grave et tendre dans ses yeux. — Je n'ai pas tant changé . . . pas tant. Le sécateur m'a juste un peu rafraîchie et j'ai fait de nouvelles pousses. La vraie Anne — là, ici — c'est toujours la même. Il n'y aura aucune différence où que j'aille et quelle que soit mon apparence extérieure ; dans mon cœur je serai toujours ta petite Anne, qui vous aimera, toi, Matthew ainsi que mes chers Pignons verts, toujours plus chaque jour de sa vie.
Anne appuya sa joue fraiche et jeune contre celle, ridée de Marilla, et, de sa main, tapota l'épaule de Matthew. Marilla aurait donné tout ce qu'elle possédait pour avoir le don d'Anne de mettre des mots sur ses sentiments ; mais sa nature et ses habitudes en avaient voulu autrement, et elle ne pouvait que serrer dans ses bras sa petite en la pressant tendrement sur son cœu e, espérant qu'elle ne s'en aille jamais.
Matthew, sentant ses yeux s'embuer, se leva et sortit. Sous la voute bleue étoilée de la nuit estivale, il se dirigea nerveusement par le jardin vers la barrière sous les peupliers.
— Eh bien, je pense que nous ne l'avons pas trop gâtée, murmura-t-il avec fierté. Finalement, mettre mon grain de sel de temps en temps n'a pas été, il me semble, une mauvaise chose. Elle est intelligente et belle, et aimante aussi, ce qui est mieux que tout le reste. Elle a représenté une bénédiction pour nous, et il n'y a jamais eu hasard plus heureux que celui provoqué par Mme Spencer... si tant est que ce fût un hasard. Mais je ne crois pas que c'en fût un. J'imagine que c'était la providence car le Tout-Puissant a vu que nous avions besoin d'elle.
Le jour où Anne devait partir pour la ville arriva enfin. Matthew et elle partirent un beau matin de septembre, après une séparation larmoyante avec Diana et une plus simple et moins éplorée avec Marilla — du moins du côté de celle-ci. Mais quand Anne fut partie, Diana essuya ses larmes et alla à un pique-nique au bord de la plage, aux Dunes blanches, avec quelques-uns de ses cousins de Carmody, où elle parvint sans difficulté à bien s'amuser, tandis que Marilla s'était farouchement plongée dans un travail inutile et s'y était adonnée toute la journée avec ce genre de chagrin des plus amers — cette douleur qui consume et qui ronge et que les larmes contenues ne parviennent pas à éponger. Mais cette nuit-là, quand Gabriella alla se coucher, consciente que la chambre du petit pignon situé au bout du couloir était dépourvue de toute vie juvénile et qu'aucune respiration sereine n'animerait plus, elle enfouit son visage dans son oreiller et pleura sur sa fille avec des sanglots passionnés qui la plongèrent dans le désespoir lorsqu'elle fut redevenue suffisamment calme pour se dire qu'il était vraiment exagéré de se laisser aller de la sorte pour une simple créature de Dieu.
Anne et les autres étudiants d'Avonlea arrivèrent en ville juste à temps pour s'empresser d'aller à l'Académie. Cette première journée se déroula de façon assez agréable dans une excitation tourbillonnante, à faire la connaissance de tous les nouveaux étudiants, à essayer de repérer les professeurs au coup d'œil ainsi qu'à se répartir et s'organiser dans les classes. Anne essaya de s'inscrire au cours de deuxième année, comme le lui avait conseillé Mlle Stacy ; Gilbert Blytthe fit le même choix. Ce qui signifiait faire ses deux années de licence de professorat de première classe en une année au lieu de deux, en cas de succès ; mais signifiait aussi une énorme charge de travail en plus. Jane, Ruby, Charlie et Moody Spurgeon, qui n'étaient pas dévorés par les démons de l'ambition, se contentèrent de rejoindre la du cours de seconde classe. Anne ressentit une grande solitude en se retrouvant seule dans une salle au milieu de cinquante étudiants dont elle ne connaissait aucun,en dehors du grand garçon brun de l'autre côté de la salle, et comme elle s'en faisait tristement la réflexion, ce qu'elle savait de lui ne lui était pas d'une grande aide. Bien qu'elle ait été indéniablement soulagée de se trouver dans la même classe, la vieille rivalité pouvait encore continuer, et Anne n'aurait vraiment pas su comment faire si elle n'existait plus.
— Je ne me serais pas sentie bien sans ça, pensait-elle. Gilbert semblait terriblement déterminé. J'imagine qu'il est en train de se demander dés à présent comment remporter la médaille. Que son menton est beau ! Je ne l'avais jamais remarqué. J'aurais vraiment voulu que Jane et Ruby soient venues en classe de première, elles aussi. Je suppose cependant que je me sentirai moins comme un chat dans une souricière quand je serai habituée. Je me demande lesquelles parmi ces filles ici deviendront mes amies. C'est vraiment une spéculation intéressante. Bien sûr, j'ai promis Diana qu'aucune fille de la Royale, quand bien même je l'apprécierais beaucoup, ne deviendrait jamais aussi chère à mes yeux qu'elle ne l'est ; mais j'ai beaucoup de secondes meilleures places à donner. J'aime l'allure de cette fille aux yeux marron et à la ceinture rouge. Elle semble vive et a le teint rose ; et il y en a une plus pâle, une blonde qui regarde par la fenêtre. Elle a de beaux cheveux et on dirait qu'elle en sait long sur les rêves. J'aimerais bien les connaître toutes les deux — bien les connaître — suffisamment bien pour marcher avec elles mes bras autour de leur taille et les appeler par leurs surnoms. Mais pour l'instant, je ne les connais pas et Elles ne me connaissent pas et ne veulent sans doute pas me connaître particulièrement. Oh, on se sent si seul !
Et pourtant, au soir, quand Anne se retrouva seule dans sa chambre et que la nuit tombait, l'impression de solitude fut encore bien plus forte. Elle ne partageait pas la pension avec les autres filles qui avaient toutes de la famille en ville pour s'occuper d'elles. Mlle Josephine Barry aurait aimé l'héberger, mais Beechwood était si loin de l'académie que c'était inenvisageable alors Mlle Barry dénicha une pension de famille, assurant à Matthew et Marilla que c'était le meilleur endroit pour Anne.
La dame qui la tient est une femme du monde désargentée, expliqua Mlle Barry. Son mari était un officier britannique et elle sélectionne avec soin les pensionnaires qu'elle prend. Anne ne rencontrera aucune personne douteuse sous son toit. La cuisine est bonne et la maison est proche de l’Académie, dans un quartier tranquille.
Tout cela était bien beau — et en fait s'avéra exact —, mais cela n’aida pas concrètement Anne quand elle fut en proie aux premiers déchirements causés par le mal du pays. Son regard fit tristement le tour de son étroite petite chambre aux murs tapissés d'un papier terne sans le moindre décor, avec un petit lit de fer et une bibliothèque vide. Un horrible étranglement lui noua la gorge quand elle pensa à sa propre chambre blanche des Pignons Verts, d'où elle aurait perçu avec une joie ineffable la présence des grandes étendues vertes du dehors, celle des pois de senteur poussant dans le jardin et celle encore d'un clair de lune tombant sur le verger ou du ruisseau serpentant au bas de la colline, ou bien du vent nocturne jouant dans les branches des épinettes, celle d'un vaste ciel étoilé et enfin de la lumière à la fenêtre de Diana scintillant à travers le rideau des arbres. Rien de tout cela ici. Anne savait que derrière sa fenêtre se trouvaient une rue austère, un réseau de fils téléphoniques zébrant le ciel, des bruits de pas étrangers et mille lumières se reflétant sur des visages inconnus. Elle sentit que les pleurs allaient la submerger et elle lutta pour les retenir.
Je ne pleurerai pas. C'est idiot — et c'est de la faiblesse — tiens, voilà qu'une larme me coule le long du nez. Il y en aura d'autres à venir ! Je dois penser à quelque chose de plaisant pour les arrêter. Mais il n'y a rien de plaisant hormis ce qui est lié à Avonlea, et cela ne fait qu'aggraver les choses: quatre, cinq, je rentre chez moi vendredi prochain, mais cela va me sembler durer cent ans. Oh, Matthew est presque rentré à la maison maintenant — et Marilla est à la porte, guettant son retour dans l'allée — six, sept, huit — oh, ça ne sert à rien de les compter ! EIles ruissellent à présent. Je ne peux pas me remonter le moral — je ne veux pas me remonter le moral. Il est plus doux d'être malheureux !
Le flot de larmes serait venu, sans doute, si Josie Pye n'était pas apparue à ce moment-là. Dans sa joie de voir un visage familier, Anne oublia qu'il n'y avait jamais eu beaucoup d'amitié entre elle et Josie. Comme elle faisait partie de la vie d’Avonlea, même une fille Pye était la bienvenue.
— Je suis tellement contente que tu sois venue, dit sincèrement Anne.
— Tu pleurais, remarqua Josie en accentuant la pitié dans sa voix. Je suppose que tu as le mal du pays — certaines personnes ont si peu de contrôle d'eux-mêmes à cet égard. Je n'ai aucune intention d'être nostalgique, je te le garantis. La ville est très agréable ici par rapport à ce trou perdu d'Avonlea. Je me demande comment j'y ai survécu si longtemps. Tu ne devrais pas pleurer, Anne ; ce n'est pas convenable, car ton nez et tes yeux deviennent rouges, et alors tu parais toute rouge. J'ai passé un moment délicieux à l'Académie aujourd'hui. Notre professeur de français est tout simplement à tomber. Sa moustache vous donnerait des palpitations au cœur. As-tu quelque chose à manger dans le coin, Anne ? Je meurs littéralement de faim. Oh, je suppose que Marilla t'a largement fournie en gâteau. C'est pourquoi je suis passée. Sinon je serais allée au parc écouter l'orchestre jouer avec Franck Stockley. Il loge à la même pension que moi, et il a l'esprit sportif. Il t'a remarquée dans la classe aujourd'hui et il m'a demandé qui était la rouquine. Je lui ai répondu que tu étais une orpheline adoptée par les Cuthbert et que personne n'en savait beaucoup sur ton passé.
Anne était en train de se demander si, après tout, la solitude ne valait pas mieux que la compagnie de Josie Pye, lorsque Jane et Ruby firent leur apparition, portant chacune un bout de ruban aux couleurs de la Royale (rouge et violet) épinglé fièrement au revers de leur veste. Comme Josie ne « parlait » plus à Jane pour le moment, elle devint momentanément inoffensive.
— Eh bien, dit Jane en soupirant, j'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs lunes depuis le matin. Je devrais être chez moi en train d'étudier mon Virgile — cet affreux vieux professeur nous a donné pour commencer vingt lignes pour demain. Mais je ne pouvais tout simplement pas me mettre au travail ce soir. Anne, il me semble que je vois des traces de larmes. Si tu as pleuré, dis-le-moi. Ça restaurera mon amour-propre, car je versais des larmes avant l'arrivée de Ruby. Ça ne me dérangerait pas d'être une bécasse si quelqu'un d'autre l'était aussi Du gâteau ? Tu vas me donner un petit morceau, n'est-ce pas ? Merci. Il a le vrai goût d'Avonlea.
Ruby, en apercevant le planning de la Royale sur la table, voulut savoir si Anne allait essayer de remporter la médaille d'or.
Anne s'empourpra et admit qu'elle y pensait.
— Oh, ça me rappelle, dit Josie, que la Royale va remettre une bourse Avery finalement. Je l'ai appris aujourd'hui. Frank Stockley me l'a dit — son oncle est l'un des membres du conseil d'administration, vous savez. Ça sera annoncé à l'Académie demain.
Une bourse Avery ! Anne sentit son cœur battre plus vite et les horizons de son ambition se déplacèrent et s'élargir comme par magie. Avant que Josie n'ait dévoilé la nouvelle à Anne, le summum de son aspiration avait été une licence provinciale d'enseignement, la classe de première, avec peut-être la médaille. Mais d'un seul coup, Anne se voyait maintenant remporter la bourse Avery, prendre des cours d'art au collège de Redmond, et être diplômée en toge et toque, le tout avant que l'écho des paroles de Josie ne se soit éteint. Car la bourse d’études Avery concernait l'anglais et Anne sentit que le costume était taillé à sa mesure.
À sa mort, un riche industriel du Nouveau-Brunswick avait fait don d'une partie de sa fortune pour financer un grand nombre de bourses d'études à attribuer aux divers lycées et académies des Provinces maritimes, en fonction de leurs classements respectifs. On s'était demandé si on allait en attribuer un à la Royale, mais le problème fut finalement réglé, et à la fin de l'année, le diplômé le mieux classé en anglais et en littérature anglaise recevrait la bourse—deux-cent-cinquante dollars par an pendant quatre ans pour l'université de Redmond. Pas étonnant qu'Anne se soit couchée ce soir là avec des picotements d'excitation.
— Je gagnerai cette bourse si c'est une question de travail, conclut-elle. Matthew ne serait-il pas fier si j'obtenais le B.A ? (baccalauréat). Oh, quel délice d'avoir de l'ambition. Je suis tellement contente d'en avoir plein. Et on en voit jamais le bout — c'est ce que je préfère. Dès que vous atteignez un objectif, vous en voyez un autre qui brille plus haut encore. Cela rend la vie tellement plus intéressante.
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CHAPTER XXXIV.
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A QUEEN'S GIRL.
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"Anne, here's something for a nice light dress for you.
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Emily has got taste, and her fits aren't to be equalled".
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"Oh, Marilla, it's just lovely," said Anne.
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"Thank you so much.
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Something in the memory brought tears to Marilla's own eyes.
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"Now, I call that a positive triumph".
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"I just couldn't help thinking of the little girl you used to be, Anne.
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And I was wishing you could have stayed a little girl, even with all your queer ways.
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"Marilla!"
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"I'm not a bit changed—not really.
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I'm only just pruned down and branched out.
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The real me—back here—is just the same.
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Matthew, with a suspicious moisture in his eyes, got up and went out-of-doors.
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"Well now, I guess she ain't been much spoiled," he muttered, proudly.
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"I guess my putting in my oar occasional never did much harm after all.
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She's smart and pretty, and loving, too, which is better than all the rest.
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I don't believe it was any such thing.
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It was Providence, because the Almighty saw we needed her, I reckon".
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The day finally came when Anne must go to town.
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"I wouldn't feel comfortable without it," she thought.
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"Gilbert looks awfully determined.
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I suppose he's making up his mind, here and now, to win the medal.
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What a splendid chin he has!
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I never noticed it before.
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I do wish Jane and Ruby had gone in for First Class, too.
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I wonder which of the girls here are going to be my friends.
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It's really an interesting speculation.
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I like the look of that girl with the brown eyes and the crimson waist.
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She has lovely hair, and looks as if she knew a thing or two about dreams.
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Oh, it's lonesome"!
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The lady who keeps it is a reduced gentlewoman," explained Miss Barry.
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Anne will not meet with any objectionable persons under her roof.
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The table is good, and the house is near the Academy, in a quiet neighbourhood".
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She knew that she was going to cry, and fought against it.
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I won't cry.
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It's silly—and weak—there's the third tear splashing down by my nose.
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There are more coming!
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I must think of something funny to stop them.
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They're coming in a flood presently.
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I can't cheer up—I don't want to cheer up.
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It's nicer to be miserable"!
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As a part of Avonlea life even a Pye was welcome.
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"I'm so glad you came up," Anne said sincerely.
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"You've been crying," remarked Josie, with aggravating pity.
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"I suppose you're homesick—some people have so little self-control in that respect.
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I've no intention of being homesick, I can tell you.
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Town's too jolly after that poky old Avonlea.
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I wonder how I ever existed there so long.
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I'd a perfectly scrumptious time in the Academy to-day.
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Our French professor is simply a duck.
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His moustache would give you kerwollops of the heart.
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Have you anything eatable around, Anne?
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I'm literally starving.
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Ah, I guessed likely Marilla'd load you up with cake.
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That's why I called round.
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Otherwise I'd have gone to the park to hear the band play with Frank Stockley.
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He boards same place as I do, and he's a sport.
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He noticed you in class to-day, and asked me who the red-headed girl was.
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"Well," said Jane with a sigh, "I feel as if I'd lived many moons since the morning.
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But I simply couldn't settle down to study to-night.
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Anne, methinks I see the traces of tears.
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If you've been crying do own up.
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I don't mind being a goose so much if somebody else is goosey, too.
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Cake?
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You'll give me a teeny piece, won't you?
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Thank you.
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It has the real Avonlea flavour".
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Anne blushed and admitted she was thinking of it.
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The word came to-day.
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Frank Stockley told me—his uncle is one of the board of governors, you know.
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It will be announced in the Academy to-morrow".
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An Avery scholarship!
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No wonder that Anne went to bed that night with tingling cheeks!
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"I'll win that scholarship if hard work can do it," she resolved.
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"Wouldn't Matthew be proud if got to be a B.
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A.?
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Oh, it's delightful to have ambitions.
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I'm so glad I have such a lot.
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And there never seems to be any end to them—that's the best of it.
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It does make life so interesting".
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francevw 17592  commented  3 months ago

Update: Thank to Gaby and her watching the movie, we now know that:
1. Anne only use the formal form ("vous") at the start, but later (we agreed for Chapter XI) she will say "tu" to Marilla and Matthew, and the formal form with everybody else but her classmates. Marilla and Rachel are friends and they use "tu".
2. She likes overstatements and superlatives.
3. We need to translate "green gables" by "les pignons verts" as it is done in the movie.
https://en.wikisource.org/wiki/Anne_of_Green_Gables_(1908)Voici la liste des lieux (et leurs traductions) fréquemment utilisés dans cet ouvrage.
The Idlewild = le Havre Sauvage
The White Sands = les Dunes Blanches
The Birch Path = le Sentier/Chemin des Bouleaux
The Haunted Wood = le Bois hanté
Orchard Slope = la Colline au Verger
Lover’s Lane = le Chemin des Amoureux

Anne of Green Gables (1908)

Written for all ages, it has been considered a children's novel since the mid-twentieth century. It recounts the adventures of Anne Shirley, an 11-year-old orphan girl who is mistakenly sent to Matthew and Marilla Cuthbert, a middle-aged brother and sister who had intended to adopt a boy to help them on their farm in Prince Edward Island. The novel recounts how Anne makes her way with the Cuthberts, in school, and within the town. Since publication, Anne of Green Gables has sold more than 50 million copies and has been translated into 20 languages. It has been adapted as film, made-for-television movies, and animated and live-action television series. — Excerpted from Anne of Green Gables (1908) on Wikipedia, the free encyclopedia.

by francevw 3 months ago

CHAPTER XXXIV.

A QUEEN'S GIRL.

THE next three weeks were busy ones at Green Gables, for Anne was getting ready to go to Queen's, and there was much sewing to be done, and many things to be talked over and arranged. Anne's outfit was ample and pretty, for Matthew saw to that, and Marilla for once made no objections whatever to anything he purchased or suggested. More—one evening she went up to the east gable with her arms full of a delicate pale green material.
"Anne, here's something for a nice light dress for you. I don't suppose you really need it; you've plenty of pretty waists; but I thought maybe you'd like something real dressy to wear if you were asked out anywhere of an evening in town, to a party or anything like that. I hear that Jane and Ruby and Josie have got 'evening dresses,' as they call them, and I don't mean you shall be behind them. I got Mrs. Allan to help me pick it in town last week, and we'll get Emily Gillis to make it for you. Emily has got taste, and her fits aren't to be equalled".
"Oh, Marilla, it's just lovely," said Anne. "Thank you so much. I don't believe you ought to be so kind to me—it's making it harder every day for me to go away".
The green dress was made up with as many tucks and frills and shirrings as Emily's taste permitted. Anne put it on one evening for Matthew's and Marilla's benefit, and recited "The Maiden's Vow" for them in the kitchen. As Marilla watched the bright, animated face and graceful motions her thoughts went back to the evening Anne had arrived at Green Gables, and memory recalled a vivid picture of the odd, frightened child in her preposterous yellowish-brown wincey dress, the heartbreak looking out of her tearful eyes. Something in the memory brought tears to Marilla's own eyes.
"I declare, my recitation has made you cry, Marilla," said Anne gaily, stooping over Marilla's chair to drop a butterfly kiss on that lady's cheek. "Now, I call that a positive triumph".
"No, I wasn't crying over your piece," said Marilla, who would have scorned to be betrayed into such weakness by any "poetry stuff." "I just couldn't help thinking of the little girl you used to be, Anne. And I was wishing you could have stayed a little girl, even with all your queer ways. You're grown up now and you're going away; and you look so tall and stylish and so—so—different altogether in that dress—as if you didn't belong in Avonlea at all—and I just got lonesome thinking it all over".
"Marilla!" Anne sat down on Marilla's gingham lap, took Marilla's lined face between her hands, and looked gravely and tenderly into Marilla's eyes. "I'm not a bit changed—not really. I'm only just pruned down and branched out. The real me—back here—is just the same. It won't make a bit of difference where I go or how much I change outwardly; at heart I shall always be your little Anne, who will love you and Matthew and dear Green Gables more and better every day of her life".
Anne laid her fresh young cheek against Marilla's faded one, and reached out a hand to pat Matthew's shoulder. Marilla would have given much just then to have possessed Anne's power of putting her feelings into words; but nature and habit had willed it otherwise, and she could only put her arms close about her girl and hold her tenderly to her heart, wishing that she need never let her go.
Matthew, with a suspicious moisture in his eyes, got up and went out-of-doors. Under the stars of the blue summer night he walked agitatedly across the yard to the gate under the poplars.
"Well now, I guess she ain't been much spoiled," he muttered, proudly. "I guess my putting in my oar occasional never did much harm after all. She's smart and pretty, and loving, too, which is better than all the rest. She's been a blessing to us, and there never was a luckier mistake than what Mrs. Spencer made—if it was luck. I don't believe it was any such thing. It was Providence, because the Almighty saw we needed her, I reckon".
The day finally came when Anne must go to town. She and Matthew drove in one fine September morning, after a tearful parting with Diana and an untearful, practical one—on Marilla's side at least—with Marilla. But when Anne had gone Diana dried her tears and went to a beach picnic at White Sands with some of her Carmody cousins, where she contrived to enjoy herself tolerably well; while Marilla plunged fiercely into unnecessary work and kept at it all day long with the bitterest kind of a heartache—the ache that burns and gnaws and cannot wash itself away in ready tears. But that night, when Marilla went to bed, acutely and miserably conscious that the little gable room at the end of the hall was untenanted by any vivid young life and unstirred by any soft breathing, she buried her face in her pillow, and wept for her girl in a passion of sobs that appalled her when she grew calm enough to reflect how very wicked it must be to take on so about a sinful fellow creature.
Anne and the rest of the Avonlea scholars reached town just in time to hurry off to the Academy. That first day passed pleasantly enough in a whirl of excitement, meeting all the new students, learning to know the professors by sight and being assorted and organized into classes. Anne intended taking up the Second Year work, being advised to do so by Miss Stacy; Gilbert Blythe elected to do the same. This meant getting a First Class teacher's license in one year instead of two, if they were successful; but it also meant much more and harder work. Jane, Ruby, Josie, Charlie, and Moody Spurgeon, not being troubled with the stirrings of ambition, were content to take up the Second Class work. Anne was conscious of a pang of loneliness when she found herself in a room with fifty other students, not one of whom she knew, except the tall, brown-haired boy across the room; and knowing him in the fashion she did, did not help her much, as she reflected pessimistically. Yet she was undeniably glad that they were in the same class; the old rivalry could still be carried on, and Anne would hardly have known what to do if it had been lacking.
"I wouldn't feel comfortable without it," she thought. "Gilbert looks awfully determined. I suppose he's making up his mind, here and now, to win the medal. What a splendid chin he has! I never noticed it before. I do wish Jane and Ruby had gone in for First Class, too. I suppose I won't feel so much like a cat in a strange garret when I get acquainted, though. I wonder which of the girls here are going to be my friends. It's really an interesting speculation. Of course I promised Diana that no Queen's girl, no matter how much I liked her, should ever be as dear to me as she is; but I've lots of second-best affections to bestow. I like the look of that girl with the brown eyes and the crimson waist. She looks vivid and red-rosy; and there's that pale, fair one gazing out of the window. She has lovely hair, and looks as if she knew a thing or two about dreams. I'd like to know them both—know them well—well enough to walk with my arm about their waists, and call them nicknames. But just now I don't know them and they don't know me, and probably don't want to know me particularly. Oh, it's lonesome"!
It was lonesomer still when Anne found herself alone in her hall bedroom that night at twilight. She was not to board with the other girls, who all had relatives in town to take pity on them. Miss Josephine Barry would have liked to board her, but Beechwood was so far from the Academy that it was out of the question; so Miss Barry hunted up a boarding-house, assuring Matthew and Marilla that it was the very place for Anne.
The lady who keeps it is a reduced gentlewoman," explained Miss Barry. "Her husband was a British officer, and she is very careful what sort of boarders she takes. Anne will not meet with any objectionable persons under her roof. The table is good, and the house is near the Academy, in a quiet neighbourhood".
All this might be quite true, and, indeed, proved to be so, but it did not materially help Anne in the first agony of homesickness that seized upon her. She looked dismally about her narrow little room, with its dull-papered, pictureless walls, its small iron bedstead and empty bookcase; and a horrible choke came into her throat as she thought of her own white room at Green Gables, where she would have the pleasant consciousness of a great green still outdoors, of sweet peas growing in the garden, and moonlight falling on the orchard, of the brook below the slope and the spruce boughs tossing in the night wind beyond it, of a vast starry sky, and the light from Diana's window shining out through the gap in the trees. Here there was nothing of this; Anne knew that outside of her window was a hard street, with a network of telephone wires shutting out the sky, the tramp of alien feet, and a thousand lights gleaming on stranger faces. She knew that she was going to cry, and fought against it.
I won't cry. It's silly—and weak—there's the third tear splashing down by my nose. There are more coming! I must think of something funny to stop them. But there's nothing funny except what is connected with Avonlea, and that only makes things worse—four—five—I'm going home next Friday, but that seems a hundred years away. Oh, Matthew is nearly home by now—and Marilla is at the gate, looking down the lane for him—six—seven—eight—oh, there's no use in counting them! They're coming in a flood presently. I can't cheer up—I don't want to cheer up. It's nicer to be miserable"!
The flood of tears would have come, no doubt, had not Josie Pye appeared at that moment. In the joy of seeing a familiar face Anne forgot that there had never been much love lost between her and Josie. As a part of Avonlea life even a Pye was welcome.
"I'm so glad you came up," Anne said sincerely.
"You've been crying," remarked Josie, with aggravating pity. "I suppose you're homesick—some people have so little self-control in that respect. I've no intention of being homesick, I can tell you. Town's too jolly after that poky old Avonlea. I wonder how I ever existed there so long. You shouldn't cry, Anne; it isn't becoming, for your rose and eyes get red, and then you seem all red. I'd a perfectly scrumptious time in the Academy to-day. Our French professor is simply a duck. His moustache would give you kerwollops of the heart. Have you anything eatable around, Anne? I'm literally starving. Ah, I guessed likely Marilla'd load you up with cake. That's why I called round. Otherwise I'd have gone to the park to hear the band play with Frank Stockley. He boards same place as I do, and he's a sport. He noticed you in class to-day, and asked me who the red-headed girl was. I told him you were an orphan that the Cuthberts had adopted, and nobody knew very much about what you'd been before that".
Anne was wondering if, after all, solitude and tears were not more satisfactory than Josie Pye's companionship when Jane and Ruby appeared, each with an inch of Queen's colour ribbon—purple and scarlet—pinned proudly to her coat. As Josie was not "speaking" to Jane just then she had to subside into comparative harmlessness.
"Well," said Jane with a sigh, "I feel as if I'd lived many moons since the morning. I ought to be home studying my Virgil—that horrid old professor gave us twenty lines to start in on to-morrow. But I simply couldn't settle down to study to-night. Anne, methinks I see the traces of tears. If you've been crying do own up. It will restore my self-respect, for I was shedding tears freely before Ruby came along. I don't mind being a goose so much if somebody else is goosey, too. Cake? You'll give me a teeny piece, won't you? Thank you. It has the real Avonlea flavour".
Ruby, perceiving the Queen's calendar lying on the table, wanted to know if Anne meant to try for the gold medal.
Anne blushed and admitted she was thinking of it.
"Oh, that reminds me," said Josie, "Queen's is to get one of the Avery scholarships after all. The word came to-day. Frank Stockley told me—his uncle is one of the board of governors, you know. It will be announced in the Academy to-morrow".
An Avery scholarship! Anne felt her heart beat more quickly, and the horizons of her ambition shifted and broadened as if by magic. Before Josie had told the news Anne's highest pinnacle of aspiration had been a teacher's provincial license, Class First, at the end of the year, and perhaps the medal! But now in one moment Anne saw herself winning the Avery scholarship, taking an Arts course at Redmond College, and graduating in a gown and mortar-board, all before the echo of Josie's words had died away. For the Avery scholarship was in English, and Anne felt that here her foot was on her native heath.
A wealthy manufacturer of New Brunswick had died and left part of his fortune to endow a large number of scholarships to be distributed among the various high schools and academies of the Maritime Provinces, according to their respective standings. There had been much doubt whether one would be allotted to Queen's, but the matter was settled at last, and at the end of the year the graduate who made the highest mark in English and English Literature would win the scholarship—two hundred and fifty dollars a year for four years at Redmond College. No wonder that Anne went to bed that night with tingling cheeks!
"I'll win that scholarship if hard work can do it," she resolved. "Wouldn't Matthew be proud if got to be a B. A.? Oh, it's delightful to have ambitions. I'm so glad I have such a lot. And there never seems to be any end to them—that's the best of it. Just as soon as you attain to one ambition you see another one glittering higher up still. It does make life so interesting".