Si morissi prima di svegliarmi
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Si je meurs avant de me réveiller.

Cornell Woolrich.

La petite qui occupait le banc devant moi en cinquième A s'appelait Millie Adams. Je ne me souviens pas de grand chose d'elle, parce qu'alors j'avais neuf ans ; aujourd'hui je vais en avoir douze. Ce dont je me souviens clairement sont ses bonbons et le fait que, subitement, nous ne nous vîmes plus.
Millie Adams avait l'habitude de manger son casse-croûte en classe, plutôt que dans la cour. Un jour, tandis que je m'apprêtais à sortir de classe, elle ouvrit dans lequel elle apportait son déjeuner et je réussi à voir, à l'intérieur, les sucettes vertes, mes préférées. — Où les as-tu prises ? lui demandai-je.
« On me les a données, répondit Millie. C'est un secret».
Bien sûr je ne la crus pas ; Millie n'avait pas d'argent pour des sucettes, et monsieur Beiderman, propriétaire de la pâtisserie, ne les donnait jamais à crédit, et d'autant moins s'agissant de sucettes à cinquante centimes, emballées dans du papier sulfurisé.
«Je parie que tu les as volées !, dis-je.
— Non ! s'exclama Millie indignée. Je te dis qu'un homme me les a données !
Il est très sympathique ; je l'ai rencontré au coin de la rue, ce matin, en venant à l'école. Il m'a appelée et, en sortant des sucettes de sa poche, il m'a dit : "Écoute, petite, tu veux une sucrerie ?". Il m'a dit que j'étais la fille la plus belle qu'il ait vu passer ce matin, pendant qu'il... ».
Soudain elle mit la main sur sa bouche et s'exclama : «Oh ! J'ai oublié ! Il m'a prévenue de ne le dire à personne, sinon il ne me donnera plus de sucettes.
— Laisse-moi goûter, lui dis-je, et je ne le dirai à personne.
— Tu le jures ?
— Je le jure», répondis-je.
Le lendemain, quand Millie ouvrit son panier de déjeuner, elle avait une sucette à l'orange ; et celles-là aussi sont mes préférées.
Naturellement je me glissai auprès d'elle et nous partageâmes les sucettes.
«Hum! me dit-elle à un moment où elle était en veine de confidences.
C'est un homme très sympathique ; il a des yeux énormes et regarde sans arrêt autour de lui.
Demain il me donnera une sucette à la cannelle. Il m'a dit que, s'il l'oubliait, je devais le lui rappeler. Et puis, je peux aller avec lui et choisir ce que je veux. Il a une grande maison dans le bois, pleine de sucettes, de pastilles à la gomme et de craies de couleur... je peux prendre tout ce que je veux.»
Le lendemain, à la sortie, à trois heures de l'après-midi, je fis bien attention à rester loin d'elle ; je ne voulais pas que mes camarades pensent que je m'intéressais aux gamines ; mais Millie s'approcha juste quand je commençais à jouer à la balle avec Eddie Riley.

«Regarde, murmura-t-elle, voilà l'homme qui me donne les sucettes. Il est sous le store, tu le vois ? Tu me crois maintenant ?» Je regardai et ne vis rien d'extraordinaire. L'homme avait un costume râpé et les bras si longs qu'ils lui arrivaient aux genoux ; il me rappelait les singes du zoo. L'ombre bleutée du store lui cachait à moitié le visage et le dos, mais ces yeux exorbités brillaient dans l'ombre.
Il se grattait un doigt avec un canif, et regardait sans cesse aux alentours, comme s'il ne voulait pas que quelqu'un voie ce qu'il faisait.
J'eus honte qu'Eddie Riley me vît parler avec une fille ; et puis Millie avait terminé les sucettes. Aussi je lui dis en râlant : Pff ! Qu'est-ce que ça peut me faire ! Eddie, envoi-moi la balle !»
À deux reprises, Eddie ne réussit pas à arrêter mes tirs et, pendant qu'il courait derrière le ballon, j'en profitai pour regarder autour de moi ; Millie et l'homme, main dans la main, descendaient la rue. Soudain l'homme se sépara d'elle et partit dans la direction opposée, comme s'il avait oublié quelque chose. Juste alors arriva monsieur Murphy, l'agent préposé à la circulation, et il s'arrêta devant l'école comme il le faisait toujours à l'heure de sortie des élèves. Ce fut tout.
Le lendemain Millie ne vint pas à l'école. Le surlendemain j'attendis avec impatience l'arrivée de Millie avec toutes les sucettes que, m'avait-elle dit, elle partagerait avec moi ; mais son banc resta vide.
Nous n'avons plus vu Millie. Un jour, environ trois mois après les événements dont je viens de parler, nous vîmes madame Hammer, notre maîtresse, qui avait les yeux rouges comme si elle avait pleuré ; à ce moment elle sonnait la cloche.
En 5ème B, en 6ème A et en 6ème B j'eus de la chance, car aucune fille n'occupa le banc devant le mien. Mais en 7ème A arriva une nouvelle, qui venait d'une autre école ; elle s'appelait Jeanie Myers. Elle portait toujours une blouse blanche et ses cheveux étaient une masse de boucles châtain tirées en arrière, sur la nuque.
Elle me plût tout de suite, parce qu'elle avait de bonnes notes et surtout elle m'était très utile : elle me laissait regarder par-dessus son épaule, ainsi je pouvais copier les réponses justes. En général les filles sont égoïstes, mais celle-là était vraiment comme un bon camarade. C'est pourquoi, lorsqu'un de mes amis se mit à l'ennuyer, je lui donnai un coup de poing sur le nez ; après quoi, ils se comportèrent tous comme il faut.
«Tommy Lee, tu es vraiment merveilleux ! » me dit-elle.
Jeanie était dingue de craies de couleur ; elle en avait toujours quelques unes sur elle et quand on tombait sur un mur ou une grille striée de rayures rouges et jaunes on pouvait être certain qu'elle était passée par là. Elle semblait incapable d'aller quelque part sans laisser une trace de son passage.
Comme Janie dépensait tout l'argent qu'on lui donnait en craies, je fus surpris de la voir un jour, pendant la récréation, défaire le papier d'une sucette à cinquante centimes.

Elle était verte, c'est-à-dire au citron, une de mes préférées.
«Hier soir, lui reprochai-je, tu n'as pas voulu me prêter un centime pour les sucettes et maintenant je vois que tu t'en es acheté une à cinquante.
Égoïste !
— Je ne me la suis pas achetée ! me répondit-elle. Un homme me l'a offerte ce matin, tandis que je venais à l'école.
— Ah oui ! Et depuis quand les grands offrent-ils des sucettes aux enfants ? lui demandai-je.
— Et pourtant celui-ci l'a fait ! Il a un magasin plein de sucettes et il suffit que j'y aille pour en prendre. Il ne me fera rien payer.»
Un instant, un sentiment étrange s'empara de moi. Il me semblait que quelqu'un d'autre de ma connaissance pouvait avoir des sucettes gratuitement. J'essayai par tous les moyens de m'en souvenir, mais en vain.
Après avoir sucé la friandise un moment, Jeanie m'en donna la moitié. Elle était vraiment très sympathique.
Le lendemain, pendant la récréation, elle s'approcha de moi et me dit à voix basse : «Reste un peu, après ; j'en ai une autre.»
Elle garda son panier fermé jusqu'à ce que les autres s'en aillent ; alors elle l'ouvrit et me montra une sucette de couleur orange, parmi mes préférées elle aussi.
De retour en classe, je m’assis près d'elle et ainsi nous partageâmes ce régal.
De temps en temps je regardais le tableau, sur lequel il n'y avait rien d'écrit.
Je voulais à tout prix capturer un souvenir fugitif : quelque chose qui avait un lien avec une sucette eu citron, suivie d'une sucette à l'orange.
J'avais l'impression d'avoir déjà vécu ces moments
À trois heures la cloche sonna, et tous les enfants s'en allèrent, sauf elle.
Je restai jouer au ballon avec moi-même ; je shootais dedans, je le lançais en l'air et j'essayais de le frapper quand il retombait. En courant après comme cela je m'éloignai de l'école de pratiquement deux blocs sans m'en rendre compte. Soudain, le ballon s'arrêta aux pieds d'une personne qui se tenait sous un auvent, sur le trottoir.
Je me penchai pour le récupérer et, et me relevant, je vis que c'était un homme ; il était debout, presque immobile, dans l'ombre bleue de l'auvent. Ils avait de grands yeux qui vous dévisageaient et ses bras étaient comme ceux d'un chimpanzé que j'avais vu au zoo. Je ne réussis pas à comprendre ce que signifiait le mouvement qu'il faisait avec ses doigts : il les ouvrait et les fermait comme s'il voulait attraper quelque chose qui lui échappait.
Il me regarda à peine ; je le regardai un instant et il me sembla l'avoir vu avant, quelque part ; surtout ses yeux exorbités.
Je m'en allai avec mon ballon, et il resta immobile : seuls ses doigts bougeaient, comme je l'ai dit.
Je lançai le ballon très haut et tout à coup, en même temps que lui, un nom sembla m'arriver du ciel : Millie Adams ! Je me souvenais à présent où j'avais vu ces yeux exorbités et qui avait partagé avec moi les sucettes vertes et orange. C'est lui qui les lui donnait, et, résultat de ces cadeaux... Millie n'était plus revenue à l'école. Je savais ce que je devais dire à Jeanie : de ne plus s'approcher de cet homme parce que, si elle le faisait, il lui arriverait quelque chose. Je ne savais pas quoi, mais c'était certainement quelque chose de mal.
J'eus si peur que j'arrêtai de jouer au ballon, je courus vers l'école et j'entrai. En regardant par une fenêtre je vis que Jeanie était sur le banc et faisait ses devoirs, tandis que madame Flagg, en face d'elle, corrigeait quelque chose. Ne sachant que faire, je tapotai sur les vitres pour attirer l'attention de Jeanie ; elle me vit, mais madame Flagg aussi me vit et me fit entrer en classe.
«Bien, Tom, me dit-elle, acide comme un citron, vu que tu sembles incapable de t'éloigner de l'école, il vaut mieux t'asseoir et te mettre à étudier. Après quelques minutes, comme pour faire empirer les choses, madame Flagg dit : Tu peux t'en aller, Jeanie, ta retenue a été assez longue. Essaie d'être ponctuelle demain. Et quand elle vit que je m'apprêtai moi aussi à sortir : Pas vous, jeune homme ! Restez où vous êtes ! » me dit-elle. Incapable de me contenir je lui criai : « Non ! Ne la laissez pas sortir, madame Flagg ! Elle ira chercher des sucettes et... ! »
Madame Flagg entra dans une furie noire et tapant sur le banc, m'intima : — Ça suffit ! Je ne veux pas entendre un mot de plus ! À chaque fois que vous ouvrirez la bouche, je vous donnerai une demi-heure de punition !
— Jeanie ! lui hurlai-je. — Ne sors pas ! Attends-moi dans la cour !
Devant ma désobéissance, madame Flagg me menaça : — Si j'entends le son de votre voix une autre fois, je vous ferai expulser du collège pour insubordination ! Je ne l'avais jamais vue aussi en colère.
Le pire, c'était que Jeanie aussi était fâchée, et ... contre moi.
— Traître ! Rapporteuse! siffla-t-elle et elle ferma la porte en sortant.
— Jeanie ira chercher les sucettes et ne reviendra jamais... Comme Millie Adams, et ce sera de votre faute... ! dis-je en pleurant.
Mme Flagg n'était pas dans cette école lorsque l'histoire de Millie est arrivée, elle ne pouvait donc pas comprendre ce que je voulais lui dire. Le résultat de cette petite scène fut que Mme Flagg m'ajouta d'autres demi-heures de punitions que je devais purger en restant à l'école.
Lorsque je sortis, les rues étaient sombres et désertes. Sans m'en rendre compte, je sortis de ma poche un tas de choses : des billes, des clous, des allumettes et un petit morceau de craie. Je me mis à regarder le morceau de craie en me rappelant que Jeanie, toujours... Je commençai à réfléchir et me dis : « Jeanie a acheté une boîte de craies avant hier ; je le sais car j'ai vu qu'elle en avait une entière quand nous sommes sortis à trois heures ». Mais cela ne suffisait pas, elle les finissait très rapidement. Et si aujourd'hui il ne lui en était pas resté du tout ?
Je tournai à l'angle en observant les murs ; pas le moindre signe. Je parcourus tout le pâté de maisons sans trouver de signe, si bien qu'à la fin je me dis : « Peut-ê-tre a-t-elle marché au milieu de la rue, et elle ne pouvait pas laisser de signe dans l'air ».
Soudain je vis une bouche d'irrigation tout autour de laquelle il y avait un trait de craie rouge. Cela signifiait, puisque sa maison se trouvait dans l'autre direction, que Jeanie était passée par là à un moment quelconque de cette journée !
Je me sentis heureux. Je savais bien que la chercher de cette façon mènerait à quelque chose ! «Je parie que je la trouverai ! » Pendant un instant, j'en oubliai même d'avoir peur. Je poursuivis mon chemin le long d'un autre bloc et trouvai un seau poubelle, avec une trace de craie rouge.
Au bloc suivant je ne trouvai rien : Jeanie n'était pas passée par là, aussi je décidai de traverser la rue et d'aller sur l'autre trottoir.
Là, à un endroit éclairé, il y avait un signe presque invisible. La chance était avec moi, j'en étais sûr.
Je parcourus encore plusieurs pâtés de maisons en y trouvant toujours un signe quelconque ; jusqu'à ce que, tout à coup, ils disparaissent. Parce que la craie était usée ? Ou l'avait-il surprise et la lui avait-il enlevée ? Non, jamais Jeanie ne se serait séparée d'un tel trésor, et puis ici c'était l'avenue Allen, une rue très fréquentée dans la journée. L'homme n'aurait jamais osé se comporter brutalement avec elle devant d'autres personnes.
Je commençai à marcher du côté gauche - je sais qu'à gauche il y a le cœur - et je poursuivis dans cette direction. Soudain, je retrouvai son signe ; c'était une ligne qui ne s'interrompait que lorsqu'il y avait une porte ou une fenêtre. C'était une craie jaune. La rose s'était certainement terminée et elle avait recommencé avec la jaune.
C'était si facile de suivre le trait que, au lieu de marcher, je me mis à courir.
Mais, tout à coup les maisons se firent rares ; plus loin il n'y avait plus que des terrains incultes ; il n'y avait même plus d'endroits où faire une marque avec la craie. J'étais arrivé aux limites de la ville ; la route continuait, mais il n'y avait pas de trottoirs. Jamais je ne m'étais trouvé dans des lieux aussi isolés, et j'étais vraiment effrayé.
Un peu plus loin je vis une palissade de bois ; lorsque j'y arrivai, je vis sur les pieux une bande jaune, faite à la craie. Il y avait des lampadaires : tous les poteaux des lampadaires portaient une marque. Je continuai jusqu'à ce que j'atteignisse le bois.
J'y m'y enfonçai sachant que je ne verrais plus la route, mais j'avais trop peur pour m'en préoccuper. De temps en temps il me semblait entrevoir quelque chose et je me mettais à courir. Durant l'une de ces fuites je trébuchai sur un objet qui brillait au clair de lune ; ce que je vis accéléra les battements de mon cœur.
À terre il y avait le panier dans lequel Jeanie emportait son repas à l'école.
J'eus alors la certitude que Jeanie arrivée à cet endroit, avait refusé de continuer. L'homme avait certainement bavardé tout au long du chemin pour la distraire et pour qu'elle ne se rende pas compte qu'ils s'enfonçaient, toujours plus avant, dans le bois. Mais ici Jeanie avait compris que quelque chose n'allait pas. En plus du panier, je trouvai d'autres choses : j'eus un peu de mal, mais je trouvai deux morceaux de craie cassés sur lesquels quelqu'un avait marché. Je trouvai aussi le ruban que Jeanie portait noué à la taille ; le lacet était cassé, comme s'il s'était accroché à quelque chose pendant qu'elle essayait de s'échapper.
— Oh, Jeanie, pensai-je, il ne t'aura pas assassinée! Un peu au-delà de l'endroit sombre où je me trouvais, j'entrevis un endroit éclairé par le clair de lune ; je courus dans cette direction, serrant dans mes mains les affaires de Jeanie. Lorsque j'y arrivai, je sus que c'était là l'endroit.
Je ne voyais ni n'entendais rien qui me l'indiquât, mais je le sus ; cet endroit semblait m'attendre.
C'était un endroit plus vaste que le précédent et au milieu il y avait une vieille maison abandonnée ; les fenêtres n'avaient plus de vitres et elle semblait inhabitée depuis longtemps.
Je m'approchai d'une fenêtre pour écouter ; mon cœur battait si fort que je ne pouvais rien entendre.
Avec un filet de voix je murmurai : Jeanie, tu es là ?
Je n'eus pratiquement plus de salive après avoir parlé, mais je n'entendis rien. Je n'osais pas aller à la porte principale car le clair de lune donnait en plein dessus ; et puis sous le porche il faisait noir comme dans un four.
Sans trop réfléchir, je grimpai sur une fenêtre essayant de ne pas faire de bruit. À califourchon sur la fenêtre, je lançai un petit caillou pour voir ce qui se passerait, mais rien ne se passa et je me décidai à entrer dans cette pièce quelle qu'elle soit.
Je m'attendais à ce qu'une main m'attrape, mais rien ne se produisit ; peu à peu je vis que le clair de lune éclairait la façade de la maison : il me montra le chemin.
Je passai par une ouverture où autrefois il y avait eu une porte, et je me trouvai dans une sorte de hall bien éclairé par l'ouverture de la porte et la lucarne du toit ; sur le côté je vis un escalier délabré qui se perdait dans l'obscurité.
M'armant de courage, je posai la main sur le montant de la balustrade ; je montai lentement, m'arrêtant à chaque marche. Elles craquaient, et à un moment il me sembla que cette maudite maison allait s'écrouler, mais rien ne se passa et personne n'apparût ; je tirais la langue de peur.
Quand j'arrivai en haut, je trouvai, d'un côté, une porte fermée ; je la poussai pour l'ouvrir. Je me disais que, s'il y avait quelqu'un derrière, il m'avait déjà entendu depuis un moment. Je me faisais ces réflexions pour me rassurer.
Enfin je regardai à l'intérieur de la pièce et me hasardai à murmurer: — Jeanie, tu es là ?
Je posai cette question de pièce en pièce ; dans la dernière, quelqu'un répondit par un toussotement. Cela ressemblait à la toux d'un petit enfant et, rassemblant le peu de courage qu'il me restait, je m'appuyai contre la porte pour retenir mon envie de m'enfuir par les escaliers.
Par terre il y avait un tas de saletés, ou je ne sais quoi ; à nouveau j'appelai un peu plus fort : — Jeanie !

Au plus profond de mon désespoir, le paquet, ou quoi que ce fût, qui était par terre, se mit à bouger. Il me semblait que de ce tas sortiraient des souris ... ou des vipères Je me tins fermement à la porte pour ne pas m'écrouler par terre.
Ce qui déboucha de cet amoncellement ce furent deux pieds ; deux petits pieds.
L'un était noir, car il portait une chaussette ; l'autre était blanc sans chaussette. La peur me quitta d'un coup, car je savais. Bien que dans la semi-obscurité, je pouvais distinguer la blouse ; elle avait toussé car elle avait un bâillon.
J'allumai une allumette : dans la pièce il n'y avait personne, sauf nous. Les yeux de Jeanie brillaient, mais ils étaient cernés d'avoir tant pleuré.
Je regardai attentivement le nœud du bâillon puis j'éteignis l'allumette ; j'avais besoin de mes deux mains pour défaire le nœud.
Jeanie avait les deux mains attachées derrière le dos et les pieds étroitement liés ; mes mains étaient trop petites pour cette tâche, il me semblait que des siècles s'écoulaient tandis que je le menais à bien, et à chaque instant j'avais le pressentiment que deux mains se saisissaient de mon cou.
Faisant passer un bras derrière son dos, je l'aidai à se lever.
— Où est-il allé ? lui demandai-je.
Entre deux hoquets un filet de voix sortit de ses lèvres.
— Je ne... sais pas, me répondit-elle enfin.
— Cela fait longtemps que tu ne l'as pas vu ? — Depuis que la lune s'est levée. — Il est sorti de la maison ? — Il m'a semblé entendre ses pas, à l'extérieur. — Peut-être est-il parti pour toujours, dis-je plein d'espoir.
— Non... Il a dit qu'il allait creuser une fosse et... qu'il reviendrait ensuite... ». Nous regardâmes tous deux derrière nous, saisis d'une terreur inimaginable.
«Sortons d'ici. Tu peux marcher ? dis-je tout à coup.
— J'ai les jambes engourdies, dit Jeanie.
Tandis qu'elle se levait, une de ses jambes se plia et je la soutins pour qu'elle ne tombe pas.
— Appuie-toi sur moi,» l’exhortai-je.
Nous sortîmes de la pièce, puis nous descendîmes l'escalier arrivant jusqu'à l'entrée que la lune éclairait. Et si nous réussissions à nous en tirer !
Nous marchâmes aussi silencieusement que possible.
— Pas de bruit, il se peut qu'il nous attende, l'avertis-je.
D’improvviso successe ciò che temevo. Uno scoppio che sembrava lo sparo di un revolver ci paralizzò. La tavola sulla quale stavamo in piedi si piegò spezzandosi in due. Il peggio fu che uno dei miei piedi rimase imprigionato e non riuscivo a liberarlo.
Lavorammo come un reggimento10, Jeanie e io, per tirar fuori il mio piede dal ceppo in cui era rimasto intrappolato; era incastrato in modo tale che non potevo tirarlo fuori neppure togliendomi la scarpa.
Alla fine rinunciammo e ci sedemmo sul penultimo scalino rassegnandoci alla nostra sorte e… aspettando.
«Jeanie, vattene», io le dicevo. «Vattene finché puoi, se segui la strada alla luce della luna…».
Jeanie mi si attaccava come fosse di colla e mi diceva: «No, no! Non me ne vado senza di te. Non sarebbe giusto».
Restammo un po’ senza parlare, ascoltando… ascoltando con tutta la nostra attenzione. Di tanto in tanto cercavamo di farci coraggio dicendo cose che sapevamo non vere.
«Forse non tornerà finché non farà giorno, e per allora qualcuno ci avrà trovato».
Ma chi poteva arrivare, in una casa abbandonata in mezzo al bosco?
Lui solo ne conosceva l’esistenza.
«Forse non tornerà più».
Ma se non pensava di tornare, non si sarebbe preso la briga di legarla in quel modo; lo sapevamo benissimo entrambi.
Sentimmo dei passi sulla ghiaia fuori della casa, e ci abbracciammo tanto forte da sembrare una sola persona. Poi il pavimento scricchiolò un poco e ciò ci fece capire che l’uomo era entrato in casa. Si stava avvicinando a noi passo a passo.
D’un tratto, l’uomo si fermò e rimase immobile. Certo aveva visto la blusa di Jeanie. Udimmo uno schiocco e una luce giallastra ci illuminò; non era molto brillante, ma sufficiente perché ci vedesse.
Avevo ragione; era l’uomo che si fermava sotto la tenda. Il tipo sorrise e disse: «Così, mentre sono stato via è arrivato un ragazzino? E non siete riusciti a scappare…! Ah, ah! Già che si è preso la briga di venire, dovrò fare la fossa un po’ più grande».
Facendo uno sforzo, trovai la voce per dire: «Se ne vada, ci lasci soli! Esca!».
L’uomo si avvicinò ancor più e stava già chinandosi su di noi quando gridai: «Aiuto! Aiuto!».
Io non sapevo più quel che facevo. Cominciai a colpire l’uomo con la gamba libera, mentre tenevo Jeanie tra le braccia. Il mio piede lo raggiunse allo stomaco. Non se l’aspettava. Scivolò e cadde rotolando per la scala, sollevando una nuvola di polvere. Quando, infine, riuscii a veder qualcosa, mi accorsi che mancava un bel tratto di scala, anche se non tanto da non poterlo scavalcare; la ringhiera penzolava e la cosa più bella era che il mio piede era finalmente libero.
«Presto, Jeanie, il mio piede è libero!», le gridai, ed entrambi fuggimmo via.
Ci infilammo nella stanza in cui si trovava prima Jeanie e chiudemmo la porta. L’uomo doveva salire lentamente perché la scala non crollasse, così avemmo il tempo di cercare delle cose pesanti con cui puntellare la porta; per sfortuna non c’era niente che pesasse molto: trovammo soltanto due casse vuote. Le mettemmo una sull’altra e ci appoggiammo contro di loro per far peso. Potevamo sentire l’uomo salire cautamente, mentre imprecava e ci malediceva. Giunto di sopra scoppiò in una risata agghiacciante e cominciò a spingere la porta che un poco cedette; ma noi la puntellavamo con tutte le nostre forze. Le diede un altro spintone e questa volta non riuscimmo a chiuderla del tutto; sentivo già il suo respiro, tanto ci era vicino.
«Non dovremmo pregare?», mi chiese Jeanie.
«Sì», le risposi, mentre continuavo a spingere. Jeanie cominciò a pregare: «Se morissi prima di svegliarmi, prego Dio che…».
L’uomo spinse più forte e stavolta si poteva dire che la porta si fosse aperta quasi del tutto; io non ce la facevo più. Una delle braccia di quel mostro passò attraverso l’apertura, come per raggiungerci.
«Prega più forte! Oh, Jeanie, prega perché ti sentano! Non ce la faccio più…!» La voce di Jeanie si alzò in un grido.
«Se io morissi prima di svegliarmi…!» Con l’ultimo spintone venne la fine. Rotolammo al suolo, Jeanie, io, le casse, la porta… Ciò ci diede un momento di respiro, perché l’uomo andò a finire al centro della stanza e perse qualche attimo prima di rialzarsi.
Afferrai una delle casse e gliela lanciai contro con tutte le mie forze; lo colpì alla nuca e per un momento rimase come intontito. Ma la cassa era vuota e non pesava molto. Si voltò verso di me, furioso e roteò le braccia cercando d’acchiapparmi.
Con il dorso della mano riuscì a darmi un colpo in testa, e per il colpo sbattei contro la parete. Mentre scivolavo a terra, vidi una cometa con una coda lunghissima. L’ultima cosa che riuscii a vedere fu l’uomo che copriva la testa di Jeanie con un sacco. La cometa si fece sempre più brillante finché parve frantumarsi e moltiplicarsi, ma questa volta la vedevo attraverso l’apertura della porta; poi vidi degli uomini che portavano lanterne. Ma no, era impossibile; era tutto frutto della vertigine. Caddi addormentato sperando di svegliarmi in tempo per salvare Jeanie.
Quando mi svegliai, mi sembrò di ondeggiare tra il suolo e il soffitto; e lo stesso faceva Jeanie. Mi pareva che stessimo galleggiando nell’aria. Pensai che eravamo morti e ci eravamo trasformati in angeli.
La realtà era diversa. Un uomo portava Jeanie tra le braccia e un altro portava me.
«Attento alle scale», disse uno di loro.
Ci portarono subito dal medico, Jeanie e io, non appena giungemmo in città; disse che stavamo bene, ma che, per un certo periodo, avremmo avuto degli incubi.
Ah! Quasi mi scordo: il mostro fu catturato e a Jeanie non piacciono più i lecca-lecca.
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SE MORISSI PRIMA DI SVEGLIARMI.
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unit 2
CORNELL WOOLRICH.
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unit 3
La piccola che occupava il banco davanti al mio in quinta A si chiamava Millie Adams.
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unit 8
«Dove li hai presi?», le chiesi.
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«Qualcuno me li ha dati», rispose Millie.
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unit 10
«È un segreto».
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«Scommetto che li hai rubati!», dissi.
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«No!», esclamò Millie indignata.
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«Ti dico che me li ha dati un uomo!
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unit 18
Si coprì in fretta la bocca con la mano ed esclamò: «Oh!
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Me ne sono dimenticata!
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Mi ha avvisato di non dirlo a nessuno, se no non mi darà più lecca-lecca».
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«Fammeli assaggiare», le dissi, «e non lo dirò a nessuno».
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«Lo giuri?».
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«Lo giuro», risposi.
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Naturalmente mi incollai al suo fianco e dividemmo i lecca-lecca.
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«Hum!», mi disse in un momento in cui era in vena di confidenze.
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«È un uomo simpaticissimo; ha occhi enormi e si guarda sempre intorno.
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Domani mi darà un lecca-lecca alla cannella.
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Mi ha detto che, se se ne dimenticava, dovevo ricordarglielo.
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E poi, posso andare con lui e prendere quello che voglio.
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«Guarda», sussurrò, «ecco lì l’uomo che mi dà i lecca-lecca.
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È sotto quella tenda, lo vedi?
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unit 35
Mi credi, adesso?» Guardai, e non vidi nulla di straordinario.
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Così le dissi brontolando: «Uff!
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Che mi interessa!
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Eddie, tirami la palla!».
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Fu tutto.
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Il giorno dopo, Millie non venne a scuola.
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Non abbiamo più visto Millie.
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In genere, le bambine sono egoiste, ma lei era proprio come un buon compagno.
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«Tommy Lee, sei davvero meraviglioso!», mi disse.
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Era verde, cioè al limone, uno dei miei preferiti.
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Egoista!».
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«Non me lo sono comprato!», mi rispose.
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«Me l’ha regalato un uomo questa mattina, mentre venivo a scuola».
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«Sì!
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E da quando in qua i grandi regalano lecca-lecca ai bambini?», le chiesi.
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«Eppure questo lo ha fatto!
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Ha un emporio pieno di lecca-lecca e basta che io vada a prenderli.
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Non mi farà pagare nulla».
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Una sensazione strana si impadronì di me, per un istante.
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Cercai in tutti i modi di ricordare, ma inutilmente.
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Dopo aver succhiato per un po’ il lecca-lecca, Jeanie me ne diede la metà.
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Era davvero molto simpatica.
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Tornati in classe, mi sedetti accanto a lei e così dividemmo quella delizia.
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Di tanto in tanto fissavo la lavagna, sulla quale non c’era scritto nulla.
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Avevo la sensazione d’aver già vissuto questi momenti.
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Alle tre suonò la campana, e tutti i bambini se ne andarono, meno lei.
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Non sapevo che cosa, ma certo era qualcosa di brutto.
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Mi spaventai tanto che smisi di giocare a palla, corsi verso la scuola ed entrai.
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Cerchi di essere puntuale, domani».
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E quando vide che anch’io mi preparavo a uscire: «Lei no, giovincello!
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Rimanga dov’è!», mi disse.
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Incapace di contenermi le gridai: «No!
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Non la lasci uscire, signora Flagg!
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Andrà in cerca di lecca-lecca e…!».
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Non voglio sentire una parola di più!
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Per ogni volta che aprirà la bocca, le darò mezz’ora di castigo!».
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«Jeanie!» le gridai.
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«Non uscire!
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Aspettami nel cortile!».
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Non l’avevo mai vista così arrabbiata.
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La cosa peggiore era che anche Jeanie era arrabbiata, e… con me.
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«Traditore!
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Pettegolo!», sibilò e uscì chiudendo la porta.
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Quando uscii, le strade erano buie e deserte.
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Però ciò non bastava, lei li consumava molto in fretta.
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E se oggi non gliene fosse rimasto neppure un po’?
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Girai l’angolo osservando le pareti; non c’era nessun segno.
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Mi sentii contento.
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Sapevo che cercarla in quel modo avrebbe portato a qualcosa!
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«Scommetto che la troverò!» Per un momento, dimenticai perfino d’aver paura.
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Lì, in un posto illuminato, c’era un segno quasi invisibile.
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La fortuna era dalla mia parte, ne ero sicuro.
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Che il gessetto fosse finito?
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O lui l’aveva scoperta e glielo aveva portato via?
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Era un gessetto giallo.
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Le era sicuramente finito quello rosa e aveva ricominciato con il giallo.
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Era così facile seguirlo che, anziché camminare, cominciai a correre.
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Non ero mai stato in luoghi così fuori mano, ed ero abbastanza spaventato.
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C’erano dei lampioni: tutti i pali dei lampioni erano segnati.
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Proseguii finché arrivai al bosco.
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Di tanto in tanto mi sembrava di scorgere qualcosa e mi mettevo a correre.
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Per terra c’era il cestino nel quale Jeanie portava a scuola il suo pranzo.
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Ma qui Jeanie aveva capito che qualcosa non andava.
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Quando vi giunsi, seppi che quello era il luogo.
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Con un filo di voce sussurrai: «Jeanie, sei qui?».
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Restai quasi secco dopo aver parlato, ma non sentii nulla.
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Senza pensarci troppo, mi arrampicai su una finestra cercando di non far rumore.
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Quando arrivai in cima, trovai, da una parte, una porta chiusa; la spinsi per aprirla.
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Mi dicevo che, se dietro c’era qualcuno, mi doveva aver già sentito da un pezzo.
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Facevo queste riflessioni per tranquillizzarmi.
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Infine guardai dentro la stanza e mi azzardai a sussurrare: «Jeanie, sei lì?».
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Feci questa domanda di stanza in stanza; nell’ultima, qualcuno tossì in risposta.
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Mi sembrava che da quel mucchio sbucassero topi… o vipere.
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Mi sostenni saldamente alla porta per non stramazzare al suolo.
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Ciò che sbucò da quel mucchio erano due piedi; due piedi piccoli.
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Uno era nero, perché c’era infilata una calza; l’altro era bianco e senza calza.
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La paura mi passò di colpo, perché sapevo.
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Accesi un fiammifero: nella stanza non c’era nessuno, tranne noi.
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Gli occhi di Jeanie brillavano, ma avevano le occhiaie dal tanto piangere.
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Passandole un braccio intorno alla schiena, l’aiutai ad alzarsi.
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«Dove è andato?», le chiesi.
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unit 195
Tra singhiozzo e singhiozzo le uscì un filino di voce.
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«N-on… so», mi rispose alla fine.
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«Usciamo di qui.
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Puoi camminare?», dissi a un tratto.
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«Ho le gambe addormentate9», disse Jeanie.
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Mentre si alzava, una gamba le si piegò e io la sostenni perché non cadesse.
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unit 203
«Appoggiati a me», la esortai.
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unit 204
Uscimmo dalla stanza e poi scendemmo le scale giungendo fino all’atrio illuminato dalla luna.
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unit 205
Se fossimo riusciti a cavarcela!
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unit 206
Camminammo il più silenziosamente possibile.
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unit 207
«Non far rumore, può darsi che ci stia aspettando», la avvertii.
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unit 208
D’improvviso successe ciò che temevo.
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unit 209
Uno scoppio che sembrava lo sparo di un revolver ci paralizzò.
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La tavola sulla quale stavamo in piedi si piegò spezzandosi in due.
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«Jeanie, vattene», io le dicevo.
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«Vattene finché puoi, se segui la strada alla luce della luna…».
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Jeanie mi si attaccava come fosse di colla e mi diceva: «No, no!
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Non me ne vado senza di te.
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Non sarebbe giusto».
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Ma chi poteva arrivare, in una casa abbandonata in mezzo al bosco?
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Lui solo ne conosceva l’esistenza.
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«Forse non tornerà più».
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Si stava avvicinando a noi passo a passo.
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Certo aveva visto la blusa di Jeanie.
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Avevo ragione; era l’uomo che si fermava sotto la tenda.
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E non siete riusciti a scappare…!
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Ah, ah!
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Esca!».
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Aiuto!».
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Io non sapevo più quel che facevo.
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Il mio piede lo raggiunse allo stomaco.
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Non se l’aspettava.
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«Non dovremmo pregare?», mi chiese Jeanie.
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«Sì», le risposi, mentre continuavo a spingere.
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«Prega più forte!
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Oh, Jeanie, prega perché ti sentano!
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Non ce la faccio più…!» La voce di Jeanie si alzò in un grido.
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Ma la cassa era vuota e non pesava molto.
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Mentre scivolavo a terra, vidi una cometa con una coda lunghissima.
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Ma no, era impossibile; era tutto frutto della vertigine.
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Caddi addormentato sperando di svegliarmi in tempo per salvare Jeanie.
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Mi pareva che stessimo galleggiando nell’aria.
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Pensai che eravamo morti e ci eravamo trasformati in angeli.
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La realtà era diversa.
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Un uomo portava Jeanie tra le braccia e un altro portava me.
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«Attento alle scale», disse uno di loro.
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Ah!
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SE MORISSI PRIMA DI SVEGLIARMI.

CORNELL WOOLRICH.

La piccola che occupava il banco davanti al mio in quinta A si chiamava
Millie Adams. Di lei non ricordo molto, perché allora avevo
nove anni; adesso sto per compierne dodici. Ciò che ricordo con
molta chiarezza sono le sue caramelle e che, d’improvviso, non ci vedemmo
più.
Millie Adams aveva l’abitudine di consumare il suo spuntino in classe,
anziché nel cortile. Un giorno, mentre mi apprestavo a uscire di
classe, aprì il cestino in cui portava il suo pranzo e io riuscii a vedere,
all’interno, i lecca-lecca verdi, i miei preferiti. «Dove li hai presi?», le chiesi.
«Qualcuno me li ha dati», rispose Millie. «È un segreto».
Naturalmente non le credetti; Millie non aveva soldi per i lecca-lecca,
e il signor Beiderman, proprietario della pasticceria, non li dava
mai a credito, e tanto meno lo avrebbe fatto trattandosi di lecca-lecca
da cinque centesimi, avvolti in carta incerata.
«Scommetto che li hai rubati!», dissi.
«No!», esclamò Millie indignata. «Ti dico che me li ha dati un uomo!
È molto simpatico; l’ho incontrato all’angolo, questa mattina,
mentre stavo venendo a scuola. Mi ha chiamato e, tirando fuori
qualche lecca-lecca di tasca, mi ha detto: “Senti, piccola, vuoi un
dolce?”. Mi ha detto che ero la bambina più bella che avesse visto
passare quella mattina, mentre lui...».
Si coprì in fretta la bocca con la mano ed esclamò: «Oh! Me ne sono
dimenticata! Mi ha avvisato di non dirlo a nessuno, se no non mi
darà più lecca-lecca».
«Fammeli assaggiare», le dissi, «e non lo dirò a nessuno».
«Lo giuri?».
«Lo giuro», risposi.
Il giorno dopo, quando Millie aprì il suo cestino del mezzogiorno,
aveva un lecca-lecca all’arancio; e anche questi sono i miei preferiti.
Naturalmente mi incollai al suo fianco e dividemmo i lecca-lecca.
«Hum!», mi disse in un momento in cui era in vena di confidenze.
«È un uomo simpaticissimo; ha occhi enormi e si guarda sempre intorno.
Domani mi darà un lecca-lecca alla cannella. Mi ha detto
che, se se ne dimenticava, dovevo ricordarglielo. E poi, posso andare
con lui e prendere quello che voglio. Ha una grande casa nel bosco,
piena di lecca-lecca, pastiglie di gomma e gessi colorati… posso
prendere tutto ciò che voglio».
Il giorno dopo, quando uscimmo, alle tre del pomeriggio, badai bene
a tenermi lontano da lei; non volevo che i miei compagni pensassero
che mi stavo affezionando alle bambocce; ma Millie mi si avvicinò
proprio mentre cominciavo a giocare a palla con Eddie Riley.

«Guarda», sussurrò, «ecco lì l’uomo che mi dà i lecca-lecca. È sotto
quella tenda, lo vedi? Mi credi, adesso?»
Guardai, e non vidi nulla di straordinario. L’uomo aveva un abito liso
e braccia così lunghe da arrivargli alle ginocchia; mi ricordava le
scimmie dello zoo. L’ombra azzurrina della tenda gli nascondeva a
metà il volto e le spalle, ma quegli occhi sporgenti brillavano nell’ombra.
Si stava stuzzicando3 un dito con un temperino, e si guardava
continuamente intorno, come non volesse che qualcuno vedesse
ciò che stava facendo.
Ebbi vergogna che Eddie Riley mi vedesse parlare con una bambina;
e poi Millie aveva finito i lecca-lecca. Così le dissi brontolando:
«Uff! Che mi interessa! Eddie, tirami la palla!».
Per due volte Eddie non riuscì a parare i miei tiri e, mentre correva
dietro alla palla, approfittai per guardarmi intorno; Millie e l’uomo,
mano nella mano, camminavano giù per la strada. Improvvisamente
l’uomo si staccò da lei e si incamminò in direzione opposta, come
chi ha dimenticato qualcosa. Proprio allora arrivò il signor Murphy,
l’agente del traffico, e si fermò davanti alla scuola come faceva sempre
all’ora in cui uscivano gli alunni. Fu tutto.
Il giorno dopo, Millie non venne a scuola. Due giorni dopo aspettai
ansiosamente l’arrivo di Millie con tutti i lecca-lecca che, a quanto
mi aveva detto, avrebbe diviso con me; ma il suo banco restò vuoto.
Non abbiamo più visto Millie. Un giorno, circa tre mesi dopo gli avvenimenti
di cui ho appena parlato, vedemmo la signora Hammer,
la nostra maestra, con gli occhi rossi come avesse pianto; in quel
momento suonava la campana.
In V B, in VI A e in VI B fui fortunato, perché nessuna bambina occupò
il banco davanti al mio. Ma in VII A arrivò una ragazzina nuova,
che proveniva da un’altra scuola; si chiamava Jeanie Myers. Portava
sempre una blusa bianca e i suoi capelli erano una massa di boccoli
castani trattenuti dietro, sulla nuca.
Mi piacque subito, perché prendeva buoni voti e oltretutto mi era
molto utile: mi lasciava guardare sopra le sue spalle, così potevo copiare
le risposte giuste. In genere, le bambine sono egoiste, ma lei
era proprio come un buon compagno. Per questo, quando uno dei
miei amici cominciò a infastidirla, gli diedi un pugno sul naso; da allora,
si comportarono tutti come si deve.
«Tommy Lee, sei davvero meraviglioso!», mi disse.
Jeanie andava pazza per i gessetti colorati; ne portava sempre qualcuno
con sé e quando ci si imbatteva in una parete o in una inferriata
segnata di strisce rosse e gialle si poteva esser certi che era passata
di lì. Sembrava incapace di andare da qualche parte senza lasciare
una traccia del suo passaggio.
Siccome Jeanie spendeva in gessetti tutti i soldi che le davano, mi
sorpresi di vederla un giorno, durante la ricreazione, scartocciare un
lecca-lecca da cinquanta centesimi.

Era verde, cioè al limone, uno dei miei preferiti.
«Ieri sera», la rimproverai, «non mi hai voluto prestare un centesimo
per i lecca-lecca e adesso vedo che te ne sei comprato uno da cinquanta.
Egoista!».
«Non me lo sono comprato!», mi rispose. «Me l’ha regalato un uomo
questa mattina, mentre venivo a scuola».
«Sì! E da quando in qua i grandi regalano lecca-lecca ai bambini?»,
le chiesi.
«Eppure questo lo ha fatto! Ha un emporio pieno di lecca-lecca e
basta che io vada a prenderli. Non mi farà pagare nulla».
Una sensazione strana si impadronì di me, per un istante. Mi sembrava
che anche qualcun altro di mia conoscenza riuscisse ad avere
lecca-lecca gratis. Cercai in tutti i modi di ricordare, ma inutilmente.
Dopo aver succhiato per un po’ il lecca-lecca, Jeanie me ne diede la
metà. Era davvero molto simpatica.
Il giorno dopo, durante la ricreazione, mi si avvicinò e mi disse sottovoce:
«Fermati un momento, dopo; ne ho un altro».
Tenne il suo cestino chiuso fin che gli altri se ne andarono; allora l’aprì
e mi mostrò un lecca-lecca color arancio, anch’esso tra i miei preferiti.
Tornati in classe, mi sedetti accanto a lei e così dividemmo
quella delizia.
Di tanto in tanto fissavo la lavagna, sulla quale non c’era scritto nulla.
Volevo a tutti i costi imprigionare un ricordo fuggevole: qualcosa
che si riferiva a un lecca-lecca al limone, seguito da uno all’arancio.
Avevo la sensazione d’aver già vissuto questi momenti.
Alle tre suonò la campana, e tutti i bambini se ne andarono, meno
lei.
Io rimasi a giocare a palla con me stesso; la prendevo a calci, la lanciavo
in aria e cercavo di colpirla quando ricadeva. Così rincorrendola
mi allontanai di quasi due isolati dalla scuola senza rendermene
conto. Improvvisamente, la palla si fermò ai piedi di una persona
che stava impalata sotto a una tenda, sul marciapiede.
Mi chinai per raccoglierla e, alzandomi, vidi che era un uomo; stava
in piedi, quasi immobile, sotto l’ombra azzurra della tenda. Aveva gli
occhi grandi e scrutatori e le braccia sembravano quelle di uno scimpanzé
che avevo veduto allo zoo. Non riuscii a capire che cosa significasse
il movimento che faceva con le dita: le apriva e le chiudeva
come volesse afferrare qualcosa che gli sfuggiva.
Mi guardò appena; io lo guardai per un attimo e mi sembrò d’averlo
visto prima, da qualche parte; soprattutto quei suoi occhi sporgenti.
Me ne andai con la mia palla, e lui rimase immobile: solo le
sue dita si muovevano, così come ho detto.
Tirai la palla molto in alto e improvvisamente, insieme a lei, un nome
sembrò cadermi dal cielo: Millie Adams! Ora ricordavo dove
avevo visto quegli occhi sporgenti e chi aveva diviso con me i lecca-
lecca verdi e arancioni. Glieli dava lui, e come risultato di questi regali…
Millie non era più tornata a scuola. Sapevo che cosa dovevo
dire a Jeanie: che non si avvicinasse più a quell’uomo perché, se lo
faceva, le sarebbe successo qualcosa. Non sapevo che cosa, ma certo
era qualcosa di brutto.
Mi spaventai tanto che smisi di giocare a palla, corsi verso la scuola
ed entrai. Guardando da una finestra vidi che Jeanie era al suo banco
e stava facendo i compiti, mentre la signora Flagg, di fronte a lei,
correggeva qualcosa. Senza saper che cosa fare, battei alcuni colpetti
sui vetri per richiamare l’attenzione di Jeanie; lei mi vide, ma mi
vide anche la Flagg che mi fece entrare in classe.
«Bene, Tom», mi disse acida come un limone, «giacché sembra incapace
di allontanarsi dalla scuola, sarà meglio che si sieda e si metta
a studiare.»
Dopo qualche minuto, come a peggiorare le cose, la signora Flagg
disse: «Può andarsene, Jeanie, s’è trattenuta abbastanza. Cerchi di
essere puntuale, domani». E quando vide che anch’io mi preparavo
a uscire: «Lei no, giovincello! Rimanga dov’è!», mi disse. Incapace
di contenermi le gridai: «No! Non la lasci uscire, signora Flagg! Andrà
in cerca di lecca-lecca e…!».
La signora Flagg andò su tutte le furie e, battendo sul banco, mi inchiodò4:
«Basta! Non voglio sentire una parola di più! Per ogni volta che
aprirà la bocca, le darò mezz’ora di castigo!».
«Jeanie!» le gridai. «Non uscire! Aspettami nel cortile!».
Davanti alla mia disobbedienza, la signora Flagg mi minacciò:
«Se sento un’altra volta la sua voce, la farò espellere dal collegio per
insubordinazione5!». Non l’avevo mai vista così arrabbiata.
La cosa peggiore era che anche Jeanie era arrabbiata, e… con me.
«Traditore! Pettegolo!», sibilò e uscì chiudendo la porta.
«Jeanie andrà a cercare i lecca-lecca e non tornerà più… Come Millie
Adams, e la colpa sarà sua…!», dissi piangendo.
La signora Flagg non era in quella scuola quando successe il caso di
Millie, così non poteva certo capire ciò che volevo dirle. Il risultato
di questa scenata fu che la signora Flagg mi aggiunse altre mezze ore
di castigo che dovetti scontare rimanendo a scuola.
Quando uscii, le strade erano buie e deserte. Senza rendermene conto,
tirai fuori dalla tasca un mucchio di cose: palline, chiodi, fiammiferi
e un pezzetto di gesso. Mi misi a guardare il gessetto ricordando
che Jeanie, sempre… Cominciai a riflettere e mi dissi: «Jeanie
ha comprato una scatola di gessetti l’altro ieri; lo so perché ho visto
che ne aveva un pezzo intero quando siamo usciti alle tre». Però
ciò non bastava, lei li consumava molto in fretta. E se oggi non gliene
fosse rimasto neppure un po’?
Girai l’angolo osservando le pareti; non c’era nessun segno. Percorsi
tutto l’isolato senza trovare segni, così che alla fine mi dissi: «For-
se ha camminato in mezzo alla strada, e non poteva certo lasciar segni
nell’aria».
A un tratto vidi una bocca d’irrigazione6 che aveva tutt’intorno un
segno di gesso color rosa. Voleva dire che, poiché la sua casa si trovava
in direzione opposta, Jeanie era passata per di là a qualche ora
di quello stesso giorno!
Mi sentii contento. Sapevo che cercarla in quel modo avrebbe portato
a qualcosa! «Scommetto che la troverò!»
Per un momento, dimenticai perfino d’aver paura. Continuai a camminare
per un altro isolato e trovai un secchio per le immondizie,
con un segno di gesso color rosa.
Nell’isolato seguente non trovai nulla; Jeanie non era passata di là,
così decisi di attraversare la strada e portarmi sull’altro marciapiede.
Lì, in un posto illuminato, c’era un segno quasi invisibile. La fortuna
era dalla mia parte, ne ero sicuro.
Percorsi ancora vari isolati trovando sempre un qualche segno; finché,
di colpo, scomparvero. Che il gessetto fosse finito? O lui l’aveva
scoperta e glielo aveva portato via? No, Jeanie non si sarebbe mai
separata da tanto tesoro, e poi quello era viale Allen, una strada molto
frequentata di giorno. L’uomo non avrebbe mai osato comportarsi
rudemente con lei davanti ad altre persone.
Cominciai a camminare dalla parte sinistra – so che a sinistra c’è il
cuore – e continuai in quella direzione. Improvvisamente, trovai di
nuovo il suo segno; era una striscia che s’interrompeva soltanto
quando c’era una porta o una finestra. Era un gessetto giallo. Le era
sicuramente finito quello rosa e aveva ricominciato con il giallo.
Era così facile seguirlo che, anziché camminare, cominciai a correre.
Però, d’un tratto le case si diradarono; più in là c’erano soltanto terreni
incolti; non c’erano neppure più posti da poter segnare con il
gesso. Ero arrivato ai confini della città; la strada continuava, ma
non c’erano marciapiedi. Non ero mai stato in luoghi così fuori mano,
ed ero abbastanza spaventato.
Un po’ più lontano vidi una palizzata di legno; quando vi arrivai, vidi
sui pali una striscia gialla, di gesso. C’erano dei lampioni: tutti i
pali dei lampioni erano segnati. Proseguii finché arrivai al bosco.
Mi addentrai sapendo che non avrei più visto la strada, ma ero troppo
spaventato per preoccuparmene. Di tanto in tanto mi sembrava
di scorgere qualcosa e mi mettevo a correre. In una di queste fughe
inciampai in una cosa che brillava alla luce della luna; ciò che vidi
accelerò i battiti del mio cuore.
Per terra c’era il cestino nel quale Jeanie portava a scuola il suo pranzo.
Ebbi allora la certezza che Jeanie, giunta a quel punto, s’era rifiutata
di andare avanti. Indubbiamente, l’uomo aveva chiacchierato
lungo tutta la strada per distrarla e perché non si rendesse conto
che si stavano addentrando nel bosco, sempre più lontano. Ma qui
Jeanie aveva capito che qualcosa non andava. Oltre al cestino, trovai
altre cose: dovetti faticare un po’, ma trovai due pezzi di gesso che
qualcuno aveva calpestato e s’erano rotti. Trovai anche il nastro che
Jeanie portava legato intorno alla vita; il laccio era rotto, come se le
si fosse impigliato in qualcosa mentre cercava di scappare.
«Oh, Jeanie», pensai, «non ti avrà mica ammazzata!»
Un po’ più avanti del buio in cui mi trovavo, scorsi un posto illuminato
dalla luce della luna; corsi in quella direzione, stringendo tra le
mani le cose di Jeanie. Quando vi giunsi, seppi che quello era il luogo.
Non vedevo nulla né sentivo nulla che me lo indicasse, ma lo
seppi; sembrava che quel posto mi stesse aspettando.
Era un posto più spazioso del precedente e nel mezzo c’era una vecchia
casa in stato d’abbandono; le finestre erano senza vetri e sembrava
disabitata da molto.
Mi avvicinai a una delle finestre per ascoltare; non potevo sentir nulla,
tanto il cuore mi batteva.
Con un filo di voce sussurrai: «Jeanie, sei qui?».
Restai quasi secco dopo aver parlato, ma non sentii nulla. Non osavo
raggiungere la porta principale perché la luce della luna ci batteva
su in pieno; e poi il portico era scuro come la bocca di un lupo.
Senza pensarci troppo, mi arrampicai su una finestra cercando di
non far rumore. A cavalcioni sulla finestra, tirai un sassolino per vedere
che cosa succedeva, ma non successe nulla e mi decisi a entrare
in quella stanza, o quel che era.
Mi aspettavo che una mano mi afferrasse, ma non successe nulla; a
poco a poco vidi che la luce della luna illuminava la facciata della casa:
mi fece da guida.
Passai attraverso un buco nel quale una volta c’era stata una porta,
e mi trovai in una specie di atrio molto illuminato dall’apertura della
porta e dal lucernario8 che c’era nel tetto; di fianco vidi una scala
sgangherata che si perdeva nell’oscurità.
Armandomi di coraggio, misi la mano sulla colonnina della ringhiera;
salii lentamente, fermandomi su ogni gradino. Scricchiolavano, e
a un certo punto sembrò che quella maledetta casa dovesse crollare,
ma non successe nulla e nessuno comparve; avevo la lingua fuori
dalla paura.
Quando arrivai in cima, trovai, da una parte, una porta chiusa; la
spinsi per aprirla. Mi dicevo che, se dietro c’era qualcuno, mi doveva
aver già sentito da un pezzo. Facevo queste riflessioni per tranquillizzarmi.
Infine guardai dentro la stanza e mi azzardai a sussurrare:
«Jeanie, sei lì?».
Feci questa domanda di stanza in stanza; nell’ultima, qualcuno tossì
in risposta. Sembrava la tosse di un bambino piccolo e, radunando
il poco coraggio che mi rimaneva, mi poggiai alla porta per trattenere
la voglia di scappare giù per le scale.
Per terra c’era un mucchio di immondizie, o chissà cosa; chiamai di
nuovo un po’ più forte: «Jeanie!».

Nel colmo della mia disperazione, i fagotti, o quel che fosse, che erano
per terra, cominciarono a muoversi. Mi sembrava che da quel
mucchio sbucassero topi… o vipere. Mi sostenni saldamente alla
porta per non stramazzare al suolo.
Ciò che sbucò da quel mucchio erano due piedi; due piedi piccoli.
Uno era nero, perché c’era infilata una calza; l’altro era bianco e senza
calza. La paura mi passò di colpo, perché sapevo. Pur nella semioscurità
potevo vedere la blusa; aveva tossito perché aveva un bavaglio.
Accesi un fiammifero: nella stanza non c’era nessuno, tranne noi. Gli
occhi di Jeanie brillavano, ma avevano le occhiaie dal tanto piangere.
Guardai bene il nodo del bavaglio e poi spensi il fiammifero; avevo
bisogno delle due mani per disfare il nodo.
Jeanie aveva le mani legate dietro la schiena e i piedi strettamente
immobilizzati; le mie mani erano troppo piccole per questo lavoro,
mi sembrava passassero secoli mentre lo finivo, e a ogni istante avevo
il presentimento che due mani si impadronissero del mio collo.
Passandole un braccio intorno alla schiena, l’aiutai ad alzarsi.
«Dove è andato?», le chiesi.
Tra singhiozzo e singhiozzo le uscì un filino di voce.
«N-on… so», mi rispose alla fine.
«È molto che non lo vedi?»
«Da quando è comparsa la l-u-n-a.»
«È uscito dalla casa?»
«Mi è sembrato di sentire i suoi passi, fuori.»
«Forse se ne è andato per sempre», dissi speranzoso.
«No… Ha detto che andava a scavare una fossa e… che poi sarebbe
tornato…»
Guardammo entrambi dietro a noi, invasi da un terrore inimmaginabile.
«Usciamo di qui. Puoi camminare?», dissi a un tratto.
«Ho le gambe addormentate9», disse Jeanie.
Mentre si alzava, una gamba le si piegò e io la sostenni perché non
cadesse.
«Appoggiati a me», la esortai.
Uscimmo dalla stanza e poi scendemmo le scale giungendo fino all’atrio
illuminato dalla luna. Se fossimo riusciti a cavarcela!
Camminammo il più silenziosamente possibile.
«Non far rumore, può darsi che ci stia aspettando», la avvertii.
D’improvviso successe ciò che temevo. Uno scoppio che sembrava
lo sparo di un revolver ci paralizzò. La tavola sulla quale stavamo in
piedi si piegò spezzandosi in due. Il peggio fu che uno dei miei piedi
rimase imprigionato e non riuscivo a liberarlo.
Lavorammo come un reggimento10, Jeanie e io, per tirar fuori il mio
piede dal ceppo in cui era rimasto intrappolato; era incastrato in modo
tale che non potevo tirarlo fuori neppure togliendomi la scarpa.
Alla fine rinunciammo e ci sedemmo sul penultimo scalino rassegnandoci
alla nostra sorte e… aspettando.
«Jeanie, vattene», io le dicevo. «Vattene finché puoi, se segui la strada
alla luce della luna…».
Jeanie mi si attaccava come fosse di colla e mi diceva:
«No, no! Non me ne vado senza di te. Non sarebbe giusto».
Restammo un po’ senza parlare, ascoltando… ascoltando con tutta
la nostra attenzione. Di tanto in tanto cercavamo di farci coraggio
dicendo cose che sapevamo non vere.
«Forse non tornerà finché non farà giorno, e per allora qualcuno ci
avrà trovato».
Ma chi poteva arrivare, in una casa abbandonata in mezzo al bosco?
Lui solo ne conosceva l’esistenza.
«Forse non tornerà più».
Ma se non pensava di tornare, non si sarebbe preso la briga di legarla
in quel modo; lo sapevamo benissimo entrambi.
Sentimmo dei passi sulla ghiaia fuori della casa, e ci abbracciammo
tanto forte da sembrare una sola persona. Poi il pavimento scricchiolò
un poco e ciò ci fece capire che l’uomo era entrato in casa. Si
stava avvicinando a noi passo a passo.
D’un tratto, l’uomo si fermò e rimase immobile. Certo aveva visto la
blusa di Jeanie. Udimmo uno schiocco e una luce giallastra ci illuminò;
non era molto brillante, ma sufficiente perché ci vedesse.
Avevo ragione; era l’uomo che si fermava sotto la tenda. Il tipo sorrise
e disse:
«Così, mentre sono stato via è arrivato un ragazzino? E non siete riusciti
a scappare…! Ah, ah! Già che si è preso la briga di venire, dovrò
fare la fossa un po’ più grande».
Facendo uno sforzo, trovai la voce per dire:
«Se ne vada, ci lasci soli! Esca!».
L’uomo si avvicinò ancor più e stava già chinandosi su di noi quando
gridai:
«Aiuto! Aiuto!».
Io non sapevo più quel che facevo. Cominciai a colpire l’uomo con
la gamba libera, mentre tenevo Jeanie tra le braccia. Il mio piede lo
raggiunse allo stomaco. Non se l’aspettava. Scivolò e cadde rotolando
per la scala, sollevando una nuvola di polvere. Quando, infine,
riuscii a veder qualcosa, mi accorsi che mancava un bel tratto di scala,
anche se non tanto da non poterlo scavalcare; la ringhiera penzolava
e la cosa più bella era che il mio piede era finalmente libero.
«Presto, Jeanie, il mio piede è libero!», le gridai, ed entrambi fuggimmo
via.
Ci infilammo nella stanza in cui si trovava prima Jeanie e chiudemmo
la porta. L’uomo doveva salire lentamente perché la scala non
crollasse, così avemmo il tempo di cercare delle cose pesanti con cui
puntellare la porta; per sfortuna non c’era niente che pesasse molto:
trovammo soltanto due casse vuote. Le mettemmo una sull’altra e ci
appoggiammo contro di loro per far peso. Potevamo sentire l’uomo
salire cautamente, mentre imprecava e ci malediceva. Giunto di sopra
scoppiò in una risata agghiacciante e cominciò a spingere la porta
che un poco cedette; ma noi la puntellavamo con tutte le nostre
forze. Le diede un altro spintone e questa volta non riuscimmo a
chiuderla del tutto; sentivo già il suo respiro, tanto ci era vicino.
«Non dovremmo pregare?», mi chiese Jeanie.
«Sì», le risposi, mentre continuavo a spingere. Jeanie cominciò a
pregare: «Se morissi prima di svegliarmi, prego Dio che…».
L’uomo spinse più forte e stavolta si poteva dire che la porta si fosse
aperta quasi del tutto; io non ce la facevo più. Una delle braccia
di quel mostro passò attraverso l’apertura, come per raggiungerci.
«Prega più forte! Oh, Jeanie, prega perché ti sentano! Non ce la faccio
più…!»
La voce di Jeanie si alzò in un grido.
«Se io morissi prima di svegliarmi…!»
Con l’ultimo spintone venne la fine. Rotolammo al suolo, Jeanie, io,
le casse, la porta… Ciò ci diede un momento di respiro, perché
l’uomo andò a finire al centro della stanza e perse qualche attimo
prima di rialzarsi.
Afferrai una delle casse e gliela lanciai contro con tutte le mie forze;
lo colpì alla nuca e per un momento rimase come intontito. Ma la
cassa era vuota e non pesava molto. Si voltò verso di me, furioso e
roteò le braccia cercando d’acchiapparmi.
Con il dorso della mano riuscì a darmi un colpo in testa, e per il colpo
sbattei contro la parete. Mentre scivolavo a terra, vidi una cometa
con una coda lunghissima. L’ultima cosa che riuscii a vedere fu
l’uomo che copriva la testa di Jeanie con un sacco. La cometa si fece
sempre più brillante finché parve frantumarsi e moltiplicarsi, ma
questa volta la vedevo attraverso l’apertura della porta; poi vidi degli
uomini che portavano lanterne. Ma no, era impossibile; era tutto
frutto della vertigine. Caddi addormentato sperando di svegliarmi in
tempo per salvare Jeanie.
Quando mi svegliai, mi sembrò di ondeggiare tra il suolo e il soffitto;
e lo stesso faceva Jeanie. Mi pareva che stessimo galleggiando
nell’aria. Pensai che eravamo morti e ci eravamo trasformati in angeli.
La realtà era diversa. Un uomo portava Jeanie tra le braccia e
un altro portava me.
«Attento alle scale», disse uno di loro.
Ci portarono subito dal medico, Jeanie e io, non appena giungemmo
in città; disse che stavamo bene, ma che, per un certo periodo,
avremmo avuto degli incubi.
Ah! Quasi mi scordo: il mostro fu catturato e a Jeanie non piacciono
più i lecca-lecca.