Rosso malpelo - Giovanni Verga
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Publiée en 1880 dans la collection "Vie dans les champs", cette nouvelle est considérée comme la plus représentative du Vérisme verganien. Dans celle-ci l'écrivain, à travers le vécu du protagoniste Rosso Malpelo, un pauvre garçon orphelin, aux cheveux roux, qui travaille dans une carrière de sable de la Sicile, décrit la dureté des conditions de vie et la réalité de l'exploitation de la population sicilienne.

Malpelo s'appelait ainsi parce qu'il avait les cheveux roux; et il avait les cheveux roux parce que c'était un garçon malicieux et méchant, qui promettait de devenir la fine fleur des canailles. Si bien que tous, à la carrière du sable rouge, l'appelaient Malpelo, et même sa mère, jusqu'à l'entendre dire toujours à quel point il avait quasiment oublié son prénom de baptême .
Du reste, elle le voyait seulement le samedi soir, quand il rentrait à la maison avec les quelques sous gagnés pendant la semaine, et, puisqu'il était de mauvais poil, il y avait encore à craindre qu'il ait soustrait un peu de cet argent: dans le doute, pour ne pas se tromper, sa grande soeur lui faisait l'addition avec des taloches.
Mais le patron de la carrière avait confirmé que c'était bien son salaire et rien de plus ; et que, en conscience, c'était encore trop pour Malpelo, un mauvais garçon que personne n'aurait voulu voir devant lui, que tous évitaient comme un chien galeux et le caressaient avec les pieds lorsqu'ils le trouvaient à proximité.
C'était vraiment un type louche, torve, hargneux et sauvage. Á midi, pendant que tous les ouvriers de la carrière mangeaient leur soupe en groupe et se reposaient un peu, lui allait se cacher, son panier entre les jambes, pour ronger un peu de pain noir, comme le font les bêtes, ses pairs ; chacun à son tour se moquait de lui, ils lui jetaient des pierres, jusqu'à ce que le surveillant le renvoie au travail avec un coup de pied. Il était nourri de tous ces coups de pieds, se laissant charger mieux qu'un âne gris, sans oser se plaindre.
Il était toujours déguenillé et sali par le sable rouge, car sa soeur s'était mariée, et le dimanche elle avait autre chose en tête que de penser à le nettoyer à nouveau.
Néanmoins il était connu comme le loup blanc par tout Montserrato et la Carvana, à tel point qu'ils appelaient la carrière où il travaillait "la carrière de Malpelo",et cela embêtait beaucoup le patron. En somme, ils le gardaient carrément par charité et parce que Maître Misciu, son père , était mort dans cette même carrière. [...] Après la mort de son père, il a semblé que le diable était entré en lui, il avait travaillé comme ces buffles dangereux qu'on contrôle grâce à un anneau de fer dans le nez. Sachant qu'il était maudit, il s'attendait toujours au pire, et s'il arrivait un malheur, qu'un ouvrier perde ses outils, qu'un âne se casse une patte ou qu'un bout de galerie ne s'effondre, on disait toujours que c'était à cause de lui ; en effet il prenait des coups sans protester, exactement comme les ânes en reçoivent, l'échine courbée, mais continuant à n'en faire qu'à leur tête. Avec les autres garçons il était devenu réellement cruel, en apparence il voulait se venger sur les plus faibles de tout le mal qu'il imaginait que les autres lui auraient fait, à lui et à son père. Par pure méchanceté, il semblait avoir pris en charge un pauvre garçonnet, venu travailler à la carrière depuis peu ; celui-ci s'était luxé la hanche en chutant d'un pont et ne pouvait plus faire le manoeuvre. Le pauvret, quand il portait son panier de sable sur le dos, se traînait tellement que les autres l'appelaient Crapaud ;mais tout crapaud qu'il était, il gagnait son pain. Malpelo lui donnait aussi de son pain, pour pouvoir le tyranniser disait-on.
En effet, il le tourmentait de multiples manières. Parfois il le battait sans raison ni pitié, et s'il ne se défendait pas, il le frappait encore plus fort, avec beaucoup d' acharnement, lui disant : «Toi ! La Bête !
Tu es un imbécile ! Si tu n'as pas le courage de te défendre contre moi qui ne te veux aucun mal, cela signifie que tu te laisserais casser la gueule par n'importe qui !»
Ou quand Ranocchio essuyait le sang coulant de sa bouche et de son nez : « Comme les coups vont te faire bien mal, tu apprendras à en donner toi aussi ! » Parfois, au niveau de la sortie abrupte du souterrain, il pourchassait un âne chargé, car, dès qu'il en voyait un pointer le bout de ses sabots, épuisé, l'oeil éteint, il le frappait sans pitié avec le manche de sa pioche ; les coups pleuvaient sur les jarrets et les flancs de la pauvre bête. Parfois, l'animal, ployant sous les coups, à bout de forces, ne pouvait plus avancer et tombait sur les genoux. Mais il y en avait un, aussi, qui était tombé tant de fois qu'il avait deux plaies sur les jambes. Malpelo avait l'habitude de dire à Ranocchio : « L'âne se fait frapper parce qu' il ne peut pas frapper, lui ; et s'il pouvait le faire, il nous aurait passés à tabac et déchiquetés à pleines dents ».
Il lui disait aussi : « S'il t'arrive de donner des coups, arrange toi pour qu'ils soient le plus forts possible ; ainsi les autres te considéreront, et par conséquent, tu en recevras d'autant moins ».
Travaillant avec la pioche ou la houe, utilisant ses mains avec acharnement, à la façon de quelqu'un qui aurait un compte à régler avec le sable, il tapait et tapait, les dents serrées, en faisant de ces ah ! ah! ah ! pareils à ceux que faisait son père. « Le sable est un traître, » disait-il à Ranocchio à voix basse ; « il est comme les autres ; si tu es plus faible il te piétine,alors que si tu es plus fort ou si vous êtes nombreux il se laisse vaincre. Mon père le combattait toujours, et il ne se battait pas seulement avec le sable, c'est pourquoi on l'appelait la Bête ; mais ensuite le sable l'a eu en traître car il était plus fort que lui ».
Chaque fois que Ranocchio écopait d'une tâche trop pénible, qu'il pleurnichait comme une fillette, Malpelo lui tapait sur dos en lui criant : «Tais toi, poussin ! ». Par contre lorsque Ranocchio n'y arrivait pas, il lui donnait un coup de main en lui disant avec un certain orgueil : « Laisse-moi faire, je suis plus fort que toi ». Quelquefois il lui donnait sa moitié d'oignon, se contentant de manger du pain sec. Tout en l'étreignant il ajoutait : « J'en ai l'habitude ».
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Egli era davvero un brutto ceffo, torvo, ringhioso, e selvatico.
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unit 18
Malpelo gliene dava anche del suo, per prendersi il gusto di tiranneggiarlo, dicevano.
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unit 19
Infatti egli lo tormentava in cento modi.
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unit 21
Bestia sei!
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unit 29
ah!
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unit 30
che aveva suo padre.
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natacha02 • 20  translated  unit 29  3 months, 3 weeks ago

Pubblicata nel 1880 nella raccolta Vita dei campi, questa novella è considerata la più rappresentativa del Verismo verghiano. In essa
lo scrittore, attraverso la vicenda del protagonista Rosso Malpelo, un povero ragazzo orfano dai capelli rossi che lavora in una
cava di sabbia della Sicilia, descrive la durezza delle condizioni di vita e la realtà di sfruttamento della gente siciliana.

Malpelo si chiamava così perché aveva i capelli rossi; e aveva i capelli
rossi perché era un ragazzo malizioso e cattivo, che prometteva
di riescire un fior di birbone. Sicché tutti alla cava della rena rossa
lo chiamavano Malpelo, e persino sua madre, col sentirgli dir sempre
a quel modo aveva quasi dimenticato il suo nome di battesimo.
Del resto, ella lo vedeva soltanto il sabato sera, quando tornava a casa
con quei pochi soldi della settimana; e siccome era malpelo c’era
anche a temere che ne sottraesse un paio, di quei soldi: nel dubbio,
per non sbagliare, la sorella maggiore gli faceva la ricevuta a scapaccioni.
Però il padrone della cava aveva confermato che i soldi erano tanti
e non più; e in coscienza erano anche troppi per Malpelo, un monellaccio
che nessuno avrebbe voluto vederselo davanti, e che tutti
schivavano come un can rognoso, e lo accarezzavano coi piedi, allorché
se lo trovavano a tiro.
Egli era davvero un brutto ceffo, torvo, ringhioso, e selvatico. Al
mezzogiorno, mentre tutti gli altri operai della cava si mangiavano in
crocchio la loro minestra, e facevano un po’ di ricreazione, egli andava
a rincantucciarsi col suo corbello fra le gambe, per rosicchiarsi
quel po’ di pane bigio, come fanno le bestie sue pari, e ciascuno
gli diceva la sua, motteggiandolo, e gli tiravan dei sassi, finché il soprastante
lo rimandava al lavoro con una pedata. Ei c’ingrassava,
fra i calci, e si lasciava caricare meglio dell’asino grigio, senza osar di
lagnarsi.
Era sempre cencioso e sporco di rena rossa, ché la sua sorella s’era
fatta sposa, e aveva altro pel capo che pensare a ripulirlo la domenica.
Nondimeno era conosciuto come la bettonica per tutto Monserrato
e la Carvana, tanto che la cava dove lavorava la chiamavano
«la cava di Malpelo», e cotesto al padrone gli seccava assai. Insomma
lo tenevano addirittura per carità e perché mastro Misciu, suo padre, era morto in quella stessa cava. [...]
Dopo la morte del babbo pareva che gli fosse entrato il diavolo in
corpo, e lavorava al pari di quei bufali feroci che si tengono coll’anello
di ferro al naso. Sapendo che era malpelo, ei si acconciava a esserlo
il peggio che fosse possibile, e se accadeva una disgrazia, o
che un operaio smarriva i ferri, o che un asino si rompeva una gamba, o che crollava un tratto di galleria, si sapeva sempre che era stato
lui; e infatti ei si pigliava le busse senza protestare, proprio come
se le pigliano gli asini che curvano la schiena, ma seguitano a fare a
modo loro. Cogli altri ragazzi poi era addirittura crudele, e sembrava
che si volesse vendicare sui deboli di tutto il male che s’immaginava
gli avessero fatto gli altri, a lui e al suo babbo. [...]
Per un raffinamento di malignità sembrava aver preso a proteggere
un povero ragazzetto, venuto a lavorare da poco tempo nella cava, il
quale per una caduta da un ponte s’era lussato il femore, e non poteva
far più il manovale. Il poveretto, quando portava il suo corbello
di rena in spalla, arrancava in modo che gli avevano messo nome
Ranocchio; ma lavorando sotterra, così ranocchio com’era, il suo pane
se lo buscava. Malpelo gliene dava anche del suo, per prendersi
il gusto di tiranneggiarlo, dicevano.
Infatti egli lo tormentava in cento modi. Ora lo batteva senza un motivo
e senza misericordia, e se Ranocchio non si difendeva, lo picchiava
più forte, con maggiore accanimento, dicendogli: «To’, bestia!
Bestia sei! Se non ti senti l’animo di difenderti da me che non
ti voglio male, vuol dire che ti lascerai pestare il viso da questo e da
quello!».
O se Ranocchio si asciugava il sangue che gli usciva dalla bocca e
dalle narici: «Così come ti cuocerà il dolore delle busse, imparerai a
darne anche tu!». Quando cacciava un asino carico per la ripida salita
del sotterraneo, e lo vedeva puntare gli zoccoli, rifinito, curvo
sotto il peso, ansante e coll’occhio spento, ei lo batteva senza misericordia,
col manico della zappa, e i colpi suonavano secchi sugli
stinchi e sulle costole scoperte. Alle volte la bestia si piegava in due
per le battiture, ma stremo di forze, non poteva fare un passo, e cadeva
sui ginocchi, e ce n’era uno il quale era caduto tante volte, che
ci aveva due piaghe alle gambe. Malpelo soleva dire a Ranocchio:
«L’asino va picchiato, perché non può picchiar lui; e s’ei potesse
picchiare, ci pesterebbe sotto i piedi e ci strapperebbe la carne a
morsi».
Oppure: «Se ti accade di dar delle busse, procura di darle più forte
che puoi; così gli altri ti terranno da conto, e ne avrai tanti di meno
addosso».
Lavorando di piccone o di zappa poi menava le mani con accanimento,
a mo’ di uno che l’avesse con la rena, e batteva e ribatteva coi denti stretti, e con quegli ah! ah! che aveva suo padre. «La rena
è traditora», diceva a Ranocchio sottovoce; «somiglia a tutti gli altri,
che se sei più debole ti pestano la faccia, e se sei più forte, o siete in
molti, allora si lascia vincere. Mio padre la batteva sempre, ed egli
non batteva altro che la rena, perciò lo chiamavano Bestia, e la rena
se lo mangiò a tradimento, perché era più forte di lui».
Ogni volta che a Ranocchio toccava un lavoro troppo pesante, e il
ragazzo piagnucolava a guisa di una femminuccia, Malpelo lo pic-
chiava sul dorso, e lo sgridava: «Taci, pulcino!», e se Ranocchio non
la finiva più, ei gli dava una mano, dicendo con un certo orgoglio:
«Lasciami fare; io sono più forte di te». Oppure gli dava la sua mezza
cipolla, e si contentava di mangiarsi il pane asciutto, e si stringeva
nelle spalle, aggiungendo: «Io ci sono avvezzo».