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Antonia Buizza - Amies. "Quelle heure est-il ?"
"Déjà neuf heures et quart".
"Qu'est-ce qu'on fait ? On commande ?".
"Tout à fait ! Il me semble que nous l'avons déjà trop attendue"
"Cheng! Trois cappucinos et trois brioches".
Le garçon apparut brusquement près du guéridon occupé, comme chaque dimanche, par trois vieilles dames.
"Comment désirez-vous les brioches?".
"Qu'est-ce que vous en dites, les filles? Toutes natures?"
Carla jeta un rapide regard de regret aux pâtes brisées qui, derrière la vitrine du comptoir, présentaient un cœur de Nutella.
La réponse fut un soupir de résignation: "Bien sûr….natures".
Le Chinois s'éloigna, avalé par la foule dominicale. Il servirait ces cappucinos et ces brioches avec un flegme tout oriental : il savait, d' expérience, que les clientes resteraient ancrées là jusqu'à l'heure de la messe quand, après avoir sustenté leur corps, elles penseraient à nourrir leurs âmes.

"Quest-ce qu'on fait ? On l'appelle ?". Emilia dégaina de son sac à main son smartphone sur lequel se détachait le visage gras et renfrogné d'un enfant de cinq ou six ans.
"Il n'est pas beau mon petit chou?" demanda-t-elle rayonnante, en contemplant le portrait de son florissant petit fils .
Une fois faites les remarques de rigueur sur la bonne santé plus qu'apparente de l'enfant, en dépit des qualités culinaires discutables de la belle-fille, les amies revinrent se concentrer sur leur dilemme.
" Moi je ne l'appellerais pas" fit Carla dogmatique. " Il y a des années que nous nous retrouvons le dimanche à neuf heures pour le petit déjeuner. Si elle arrive en retard, ma chère, cela signifie que ça ne l'intéresse pas vraiment".
" Fais au moins sonner une fois" l'interrompit Laura. "Nous le savons toutes, que Bice, dernièrement, n'est plus la même. Depuis qu'elle a perdu sa maman ...".
"Disons qu'elle a toujours été un peu bizarre" l'interrompit Carla, qui aimait la précision. "On a toutes eu des malheurs : et même si mon mari n'a pas passé son temps dans les hôpitaux, et si je n'ai pas eu à soigner ma mère, je ne m'en suis pas pour autant mieux portée avec ma diverticulite, ma chère".

"Moi, de toute façon, j'aurais perdu la tête avec cette vieille autocrate" fit Emilia, en détachant finalement les yeux de son petit fils pour arrêter le chapelet des maladies de son amie. "Et puis, les filles, avouons-le : nous commençons à avoir un âge certain et la mémoire n'est plus ce qu'elle était, elle aura oublié. Du reste, elle n'est plus toute jeune. Quel âge a-telle ? Elle a déjà passé les soixante-dix ?".
"Et comment, elle les a passés, ma chère ! Enlève-lui la couche de fond de teint et tu réaliseras qu'elle a aussi passé les soixante-quinze ".
Il faut dire que tout ce maquillage, à notre âge, c'est un peu déplacé", et Laura regarda ses ongles roses coupés très court.

"Si ce n'était que le maquillage ! Mais vous avez vu comme comme elle est fagotée pour sortir ? Je ne dis pas qu'elle doit s'habiller en grand-mère, mais ces bariolages c'est vraiment trop, et Carla regarda complaisamment sa robe de lin bleu, qui lui bridait un peu les hanches, mais qui faisait vraiment Jackie O.
"Je continue de penser que tout dépend de la mort de sa maman : elle et Bice n'étaient que deux cœurs pour une seule âme" pontifia Laura qui se piquait de psychologie. "J'ai presque regretté de l'avoir poussée vers de nouveaux centres d'intérêt : tout cet art ne lui fait pas de bien".
"Bien sûr, tu espérais trouver une autre paire de bras pour la Caritas, mais elle a préféré les pinceaux au crochet".

"Rien à voir avec la Caritas" fit Laura piquée au vif. "Je dis seulement qu'à notre âge le bénévolat est une très bonne chose : on bavarde un peu, on s'éloigne pendant quelques heures de la télé et on donne un coup de main à son prochain". Elle soupira et poursuivit : "Pour une femme comme moi qui n'a pas de petits-enfants, c'est un manne du ciel".

"Pour toi ! Mais Bice elle en a des petits enfants" précisa Carla, en tournant les yeux vers les pâtes brisées et en se demandant s'il ne faudrait pas changer la commande.
"De toute façon j'ai vu Gabri il y deux jours" annonça Emilia en baissant la voix et en regardant à la dérobée les deux autres, qui attendaient avidement un peu de piment sur les médisances dominicales. "Elle aussi la trouve bizarre. Ma mère n'est plus la même... textuellement. Vous savez qu'elle ne veut plus garder les enfants parce que, dit-elle, elle doit peindre ?"
Un moment de stupeur silencieuse fit suite à la révélation.

"Tu parles sérieusement ? Mais alors la chose est grave. Si une grad-mère ne veut plus garder ses petits-enfants, il y a vraiment quelque chose qui ne va pas..."
"Il y a plus" reprit Emilia, satisfaite de l'attention des deux autres, qui d'habitude tenaient le devant de la scène. "Gabri a déjà pris rendez-vous avec un neurologue, car elle veut voir clair dans cette affaire".
— Bien sûr, si les choses se passent comme ça, elle a bien fait.
"Mais elle, je veux dire Bice, elle ira ?".
"Qui sait ...".
"Bonjour, les filles, namasté. Vous m'attendez depuis longtemps ?" L'apparition en coton indien et sandales de cuir interrompit la conspiration.
"Bice, enfin !".

La femme, qui à ce moment affectait un air désolé, semblait déplacée à ce guéridon, où l'attendait la dernière chaise vide. Elle portait un ample pantalon multicolore et un collier de perles tout aussi bariolé, qui s'enroulait sur un cou défraîchi. Le visage coloré, sans être bronzé, trahissait un âge plus proche des soixante-dix que des soixante, tandis que ses cheveux, coupés très court, étaient d'une indubitable couleur bleue.
— Bice, mais qu'as-tu fait à tes cheveux ?
— Ils sont beaux, n'est-ce pas ? Je me suis dit : pourquoi pas ? J'hésitais entre le bleu électrique et le vert pétrole, mais ensuite j'ai pensé que le bleu serait plus sobre.
"Et pourquoi es-tu arrivée si tard ?" fit Carla, sans détourner les yeux de la chevelure de son amie.

"Tu sais que, lorsque l'art appelle, je n'ai pas d'horaire Je plaisante : hier soir j'ai veillé tard et ce matin je n'ai pas entendu le réveil"
"Tu t'es couchée tard hier soir ?" fit Emilia sans dissimuler sa curiosité. "Il y a quelque chose que nous devons savoir ?".
Bice rit. "Rien de romantique, malheureusement. Je suis allée à une exposition avec la Boutique de la Peinture et nous sommes rentrés tard. "D'ailleurs, Laura, je ne te remercierai jamais assez de m'avoir convaincue de reprendre les pinceaux".
"Madame Beatrice, qu'est-ce que je vous sers ?". Cheng avait reparu près du guéridon et il répartissait les cappuccinos et les brioches.

— Enfin, quelqu’un qui m’appelle par mon prénom. Merci, Cheng ! Un thé vert et cette belle douceur au Nutella ! Le garçon s’eloigna et Bice le suivit du regard en souriant.
— Qu’il est craquant ! Depuis qu’il l’a pris en gérance, ce bar est devenu un petit coin sympa et aussi plus économique. Emilia interrompit le panégyrique du chinois pour revenir aux sujets qui l'intéressaient le plus : — Comment va Gabri ?
Une ombre rapide passa sur le visage de Bice : — Bien. — Elle est un peu fâchée avec moi pour l'histoire des enfants ...
— Quelle histoire ?
— Je lui ai dit que je ne suis plus disposée à les garder tous les après-midi, mais seulement un jour par semaine.
— Et pourquoi cette décision ? Si j'en avais, moi, deux petits-enfants, je les mangerais de baisers à chaque instant" fit Laura.

"J'adore mes petits-enfants, mais ma fille et mon gendre doivent grandir une bonne fois et se décider à être des parents". Elle semblait davantage se parler à elle-même qu'à ses amies, tandis qu'elle faisait tinter les nombreux bracelets qui ornaient ses poignets squelettiques. — Ils ont tout à fait la possibilité de travailler un peu moins et de se consacrer à leur famille, s'ils le veulent. De toute façon, ma décision est prise. De plus j'ai un tas de projets et j'ai besoin d'un peu de temps pour moi, et levant les yeux, elle adressa un sourire aux trois femmes.
— Ma chère, à notre âge, si nous ne jouons pas les grand-mères, que nous reste-t-il ?
— Un tas de choses ! rétorqua Bice, tandis que le Chinois lui servait le thé et la tartelette. — J'adore le Nutella, et c'est encore meilleur que le sexe !

— Mais que dis-tu ? fit Carla avec un petit ricanement. — Ma chère, à notre âge le sexe doit définir le genre !
— Pas nécessairement ! Bref, changeons de sujet, que je ne perturbe pas vos oreilles virginales. Alors, qui vient avec moi à l'exposition des préraphaélites ?".
— Quand a-t-elle lieu ?
— Jusqu'au mois prochain. Allez, les filles, ne faites pas vos grand-mères ...
— C'est qu'en matière d'art, je ne comprends pas grand chose... protesta faiblement Laura.
"Mais c'est justement ça qui est bien ! Allez, on va s'amuser : il y a une éternité qu'on ne fait rien ensemble !".

Emilia regarda son portable. " Il est quelle heure ? Les filles, il faut lever l'ancre, la messe est sur le point de commencer".
Bice resta assise. "Vous ne vous fâcherez pas si aujourd'hui je ne suis pas de la partie, pas vrai ? De toute façon, Don Cesare est au courant que je suis devenue une catholique ... un peu sportive.
— Un peu sportive ? — Il faut que je m'en souvienne de celle-là ; lui adressant un sourire, Laura l'embrassa sur la joue.
— Namasté, chéries. Nous nous voyons dimanche.
Les trois payèrent leurs notes et sortirent du bar. Bice observa les trois silhouettes disparaître sur la place inondée de soleil, et il lui semblait déjà entendre les mesquineries de Carla sur ses cheveux, les commentaires acides d'Emilia et les banalités de Laura sur le déroulement du deuil.
Elle soupira : cela prendrait du temps et de la patience, mais finalement, elle réussirait à les ramener à la vie.

Sirotant son thé vert et jouissant du calme du bar, qui s'était magiquement vidé, elle entrevit la silhouette maigre et dégingandée de Pablo traverser la place (mais se prénommait-il vraiment Pablo ? Ou son surnom était-il un hommage à son talent ?) Tôt ou tard, elle devrait se décider et se rendre dans son magasin, peut-être même le lendemain. Elle avait toujours aimé les tatouages, et peut-être était-ce le moment de s'en faire un : une petite chose, discrète, sur le poignet droit. Le symbole de l'om était peut-être une idée, mais au fond elle savait déjà ce que Pablo, le tatoueur lettré, lui aurait dessiné, le panache d'un train à vapeur*.

*Référence à la nouvelle de Luigi Pirandello Le train a sifflé (N.D.L.R.)
https://www.inkroci.it/racconti-brevi/i-racconti/racconti-brevi-scrittori-emergenti/antonia-buizza-amiche-racconto.html
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Antonia Buizza – Amiche «Che ore sono?».
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«Già le nove e un quarto».
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«Che facciamo?
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Ordiniamo?».
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«Direi proprio di sì!
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Mi pare che l’abbiamo aspettata anche troppo».
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«Cheng!
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Tre cappuccini e tre brioche».
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Il cameriere si materializzò al tavolino presidiato, come ogni domenica, da tre anziane signore.
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«Come desidera le brioche?».
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«Che dite, ragazze?
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Tutte vuote?».
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La risposta fu un sospiro di rassegnazione: «Certo… vuote».
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Il cinese si allontanò, inghiottito dalla ressa domenicale.
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«Che facciamo?
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La chiamiamo?».
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«Io non la chiamerei» fece Carla dogmatica.
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«Sono anni che ci troviamo la domenica alle nove per la colazione.
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Se arriva tardi, cara mia, significa che non le interessa più di tanto».
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«Falle almeno uno squillo» la interruppe Laura.
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«Lo sappiamo tutte che negli ultimi tempi Bice non è più la stessa.
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Da quando le è morta la mamma…».
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«Diciamo che un po’ strana lo è sempre stata» la interruppe Carla, che amava la puntualità.
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Del resto non è mica più tanto giovane.
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Quanto ha?
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Ha già passato i settanta?».
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«Eccome se li ha passati, cara mia.
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Toglile lo strato di fondotinta e ti accorgi che ha passato anche i settantacinque».
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«Fosse solo il trucco!
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Ma avete visto come se ne va conciata in giro?
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«Macché Caritas» fece Laura punta sul vivo.
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Fece un sospiro e proseguì: «Per una come me, che non ha nipoti, è una manna dal cielo».
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«Per te!
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«Anche lei la vede strana.
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Mia madre non è più lei… testuali parole.
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Sapete che non vuole più tenerle i bambini perché, dice, deve dipingere?».
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Un istante di sbigottito silenzio fece seguito alla rivelazione.
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«Dici sul serio?
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Ma allora la cosa è grave.
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Se una nonna non vuole più tenere i nipoti, c’è davvero qualcosa che non va…».
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«Certo, se le cose stanno così, ha fatto bene».
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«Ma lei, Bice intendo, ci andrà?».
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«Chissà…».
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«Buongiorno, ragazze, namasté.
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Mi state aspettando da tanto?».
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L’apparizione in cotone indiano e sandali di cuoio interruppe la cospirazione.
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«Bice, finalmente!».
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«Bice, ma che hai fatto ai capelli?».
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«Belli, vero?
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Mi sono detta: perché no?
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«Lo sai che, quando l’arte chiama, io non ho orari.
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Sto scherzando: ieri sera ho fatto le ore piccole e stamattina non ho sentito la sveglia».
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«Hai fatto tardi ieri sera?» fece Emilia senza dissimulare la curiosità.
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«C’è qualcosa che dobbiamo sapere?».
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Bice rise.
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«Nulla di romantico, purtroppo.
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Sono andata a una mostra con la Bottega della Pittura e abbiamo fatto tardi.
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«Signora Beatrice, cosa le porto?».
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Cheng era ricomparso al tavolino e stava smistando cappuccini e brioche.
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«Finalmente qualcuno che mi chiama col mio nome.
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Grazie, Cheng!
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Un tè verde e quella bella frolla alla nutella!».
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Il cameriere si allontanò e Bice lo osservò sorridendo.
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«Ma che carino!
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Sul viso di Bice passò una rapida ombra: «Bene.
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È un po’ arrabbiata con me per la storia dei bimbi…».
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«Quale storia?».
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«E perché questa decisione?
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Li avessi io due nipotini, me li mangerei ogni momento di baci» fece Laura.
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Comunque la mia decisione è presa.
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«Ma cara, alla nostra età, se non facciamo i nonni, che ci rimane?».
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«Adoro la Nutella, è anche meglio del sesso!».
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«Ma che dici?» fece Carla con un risolino.
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«Cara mia, alla nostra età sesso deve significare genere!».
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«Non necessariamente!
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Comunque cambiamo argomento, che non voglio turbare le vostre verginali orecchie.
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Allora, chi viene con me alla mostra dei Preraffaelliti?».
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«Quand’è?».
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«Fino al mese prossimo.
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Dai, ragazze, non fate le nonne…».
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«È che io di arte non ci capisco molto…» protestò debolmente Laura.
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«Ma è proprio questo il bello!
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Dai, che ci divertiamo: è una vita che non facciamo qualcosa insieme!».
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Emilia guardò il cellulare.
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«Che ore abbiamo fatto?
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Ragazze, bisogna levare le ancore, che sta per iniziare la messa».
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Bice rimase seduta.
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«Non vi offendete se oggi non sono della partita, vero?
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Tanto don Cesare lo sa che sono diventata una cattolica… un po’ sportiva».
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«Un po’ sportiva?
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Questa me la devo segnare» le sorrise Laura baciandola sulla guancia.
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«Namasté, care.
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Ci vediamo domenica».
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Le tre pagarono i loro conti e uscirono dal bar.
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O il soprannome era un omaggio al suo talento?).
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* Riferimento alla novella di Luigi Pirandello Il treno ha fischiato (ndr).
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Antonia Buizza – Amiche
«Che ore sono?».
«Già le nove e un quarto».
«Che facciamo? Ordiniamo?».
«Direi proprio di sì! Mi pare che l’abbiamo aspettata anche troppo».
«Cheng! Tre cappuccini e tre brioche».
Il cameriere si materializzò al tavolino presidiato, come ogni domenica, da tre anziane signore.
«Come desidera le brioche?».
«Che dite, ragazze? Tutte vuote?».
Carla gettò un fugace sguardo di rimpianto alle frolle che, dietro la vetrina del bancone, esibivano un cuore di Nutella.
La risposta fu un sospiro di rassegnazione: «Certo… vuote».
Il cinese si allontanò, inghiottito dalla ressa domenicale. Avrebbe servito quei cappuccini e quelle brioche con orientale flemma: sapeva, per esperienza, che le clienti sarebbero rimaste ancorate lì fino all’ora della messa quando, rifocillato il corpo, avrebbero pensato a nutrire le loro anime.

«Che facciamo? La chiamiamo?». Emilia sfoderò dalla borsetta lo smartphone su cui campeggiava il viso grasso e imbronciato di un bambino di cinque o sei anni.
«Ditemi se non è bello il mio patatino?» domandò raggiante, contemplando il ritratto del florido nipote.
Fatti i doverosi apprezzamenti sull’aspetto quantomeno sano del pargolo, a dispetto delle discutibili qualità culinarie della nuora, le amiche tornarono a concentrarsi sul loro dilemma.
«Io non la chiamerei» fece Carla dogmatica. «Sono anni che ci troviamo la domenica alle nove per la colazione. Se arriva tardi, cara mia, significa che non le interessa più di tanto».
«Falle almeno uno squillo» la interruppe Laura. «Lo sappiamo tutte che negli ultimi tempi Bice non è più la stessa. Da quando le è morta la mamma…».
«Diciamo che un po’ strana lo è sempre stata» la interruppe Carla, che amava la puntualità. «Di disgrazie ne sono capitate a tutte: e anche se io non ho avuto il marito fuori e dentro dagli ospedali, e la mamma da accudire, non è che me la sia passata meglio con la mia diverticolite, cara».

«Io, comunque, sarei andata giù di testa con quella vecchia tiranna» fece Emilia, staccando finalmente gli occhi dal nipotino per scongiurare il rosario di malanni dell’amica. «E poi, ragazze, diciamocelo: cominciamo ad avere una certa età e la memoria non è più quella di una volta, se ne sarà scordata. Del resto non è mica più tanto giovane. Quanto ha? Ha già passato i settanta?».
«Eccome se li ha passati, cara mia. Toglile lo strato di fondotinta e ti accorgi che ha passato anche i settantacinque».
«C’è da dire che tutto quel trucco, alla nostra età, è un po’ fuori luogo», e Laura si guardò le unghie rosee e tagliate cortissime.

«Fosse solo il trucco! Ma avete visto come se ne va conciata in giro? Non dico vestirsi da nonna, ma quelle arlecchinate sono davvero troppo», e Carla si rimirò l’abito blu di lino, che le tirava un po’ sui fianchi, ma che faceva tanto Jackie O.
«Io rimango del parere che tutto dipenda dalla morte della mamma: lei e Bice erano due cuori e un’anima sola» sentenziò Laura, che si dilettava di psicologia. «Mi sono quasi pentita di averla spinta a cercarsi nuovi interessi: tutta quell’arte non le fa mica bene».
«Certo, tu speravi di trovare un altro paio di braccia per la Caritas, ma lei ha preferito i pennelli all’uncinetto».

«Macché Caritas» fece Laura punta sul vivo. «Dico solo che alla nostra età il volontariato è una gran bella cosa: si fanno due chiacchiere, ci si toglie per qualche ora dalla tivù e si dà una mano al prossimo». Fece un sospiro e proseguì: «Per una come me, che non ha nipoti, è una manna dal cielo».

«Per te! Ma Bice i nipoti ce li ha» specificò Carla, volgendo gli occhi alle frolle e interrogandosi se non fosse il caso di cambiare l’ordinazione.
«Comunque ho visto la Gabri due giorni fa», annunciò Emilia abbassando la voce e sogguardando le altre due, che aspettavano bramose un po’ di pepe sulle maldicenze domenicali. «Anche lei la vede strana. Mia madre non è più lei… testuali parole. Sapete che non vuole più tenerle i bambini perché, dice, deve dipingere?».
Un istante di sbigottito silenzio fece seguito alla rivelazione.

«Dici sul serio? Ma allora la cosa è grave. Se una nonna non vuole più tenere i nipoti, c’è davvero qualcosa che non va…».
«Vi dico di più» riprese Emilia, gratificata dall’attenzione delle due, che solitamente tenevano banco. «La Gabri ha già preso appuntamento con un neurologo, perché vuole andare a fondo della faccenda».
«Certo, se le cose stanno così, ha fatto bene».
«Ma lei, Bice intendo, ci andrà?».
«Chissà…».
«Buongiorno, ragazze, namasté. Mi state aspettando da tanto?». L’apparizione in cotone indiano e sandali di cuoio interruppe la cospirazione.
«Bice, finalmente!».

La donna, che in quel momento si stava sforzando di assumere un’aria mortificata, pareva una nota stonata a quel tavolino, dove l’attendeva l’ultima sedia vuota. Indossava ampi pantaloni multicolori da odalisca e una collana di perline altrettanto variopinte, che le si avvolgeva su un collo avvizzito. Il viso colorito, senza essere abbronzato, tradiva un’età più vicina ai settanta che ai sessanta, mentre i capelli, tagliati cortissimi, erano di un inequivocabile colore blu.
«Bice, ma che hai fatto ai capelli?».
«Belli, vero? Mi sono detta: perché no? Ero indecisa fra il blu elettrico e il verde petrolio, ma poi ho pensato che il blu è più sobrio».
«E perché sei arrivata così tardi?» fece Carla, senza distogliere gli occhi dalla capigliatura dell’amica.

«Lo sai che, quando l’arte chiama, io non ho orari. Sto scherzando: ieri sera ho fatto le ore piccole e stamattina non ho sentito la sveglia».
«Hai fatto tardi ieri sera?» fece Emilia senza dissimulare la curiosità. «C’è qualcosa che dobbiamo sapere?».
Bice rise. «Nulla di romantico, purtroppo. Sono andata a una mostra con la Bottega della Pittura e abbiamo fatto tardi. Anzi, Laura, non ti ringrazierò mai abbastanza per avermi convinta a riprendere in mano il pennello».
«Signora Beatrice, cosa le porto?». Cheng era ricomparso al tavolino e stava smistando cappuccini e brioche.

«Finalmente qualcuno che mi chiama col mio nome. Grazie, Cheng! Un tè verde e quella bella frolla alla nutella!». Il cameriere si allontanò e Bice lo osservò sorridendo.
«Ma che carino! Da quando l’ha preso in gestione, questo bar è diventato un bel posticino, e anche più economico!». Emilia interruppe il panegirico del cinese per tornare ad argomenti che più la interessavano: «Come sta la Gabri?».
Sul viso di Bice passò una rapida ombra: «Bene. È un po’ arrabbiata con me per la storia dei bimbi…».
«Quale storia?».
«Le ho detto che non sono più disposta a tenerli tutti i pomeriggi, ma solo un giorno alla settimana».
«E perché questa decisione? Li avessi io due nipotini, me li mangerei ogni momento di baci» fece Laura.

«Io adoro i miei nipoti, ma mia figlia e mio genero devono crescere una buona volta e decidere di fare i genitori». Sembrava parlare più a se stessa che con le amiche, mentre faceva tintinnare i numerosi braccialetti che adornavano i polsi ossuti. «Hanno tutte le possibilità di lavorare un po’ meno e di dedicarsi alla famiglia, se vogliono. Comunque la mia decisione è presa. Inoltre ho un sacco di progetti e ho bisogno di un po’ di tempo per me», e sollevò lo sguardo, abbracciando le tre donne in un sorriso.
«Ma cara, alla nostra età, se non facciamo i nonni, che ci rimane?».
«Un sacco di cose!» fece Bice di rimando, mentre il cinese le serviva il tè e la frolla. «Adoro la Nutella, è anche meglio del sesso!».

«Ma che dici?» fece Carla con un risolino. «Cara mia, alla nostra età sesso deve significare genere!».
«Non necessariamente! Comunque cambiamo argomento, che non voglio turbare le vostre verginali orecchie. Allora, chi viene con me alla mostra dei Preraffaelliti?».
«Quand’è?».
«Fino al mese prossimo. Dai, ragazze, non fate le nonne…».
«È che io di arte non ci capisco molto…» protestò debolmente Laura.
«Ma è proprio questo il bello! Dai, che ci divertiamo: è una vita che non facciamo qualcosa insieme!».

Emilia guardò il cellulare. «Che ore abbiamo fatto? Ragazze, bisogna levare le ancore, che sta per iniziare la messa».
Bice rimase seduta. «Non vi offendete se oggi non sono della partita, vero? Tanto don Cesare lo sa che sono diventata una cattolica… un po’ sportiva».
«Un po’ sportiva? Questa me la devo segnare» le sorrise Laura baciandola sulla guancia.
«Namasté, care. Ci vediamo domenica».
Le tre pagarono i loro conti e uscirono dal bar. Bice osservò le tre sagome rimpicciolirsi sulla piazza inondata dal sole, e già le pareva di udire le malignità di Carla sui suoi capelli, i commenti acidi di Emilia e le banalità di Laura sull’elaborazione del lutto.
Sospirò: ci sarebbero voluti tempo e pazienza, ma alla fine ce l’avrebbe fatta a riportarle in vita.

Sorseggiando il tè verde e godendosi la pace del bar, che si era magicamente svuotato, intravvide la figura magra e allampanata di Pablo attraversare la piazza (ma si chiamava davvero Pablo? O il soprannome era un omaggio al suo talento?). Prima o poi avrebbe dovuto decidersi e andare nel suo negozio, magari proprio l’indomani. Le erano sempre piaciuti i tatuaggi, e forse era venuto il momento di farsene uno: un cosa piccolina, discreta, sul polso destro. Il simbolo dell’om poteva essere un’idea, ma in fondo sapeva già che cosa le avrebbe disegnato Pablo, tatuatore letterato: lo sbuffo di un treno a vapore*.

* Riferimento alla novella di Luigi Pirandello Il treno ha fischiato (ndr).
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