en-fr  Anne of Green Gables (1908) / CHAPTER XXXII Medium
CHAPITRE XXXII La liste d'admission est publiée.
La fin du mois de juin annonça la fin du trimestre, ainsi que le terme de l'affectation de Mlle Stacy à l'école d'Avonlea. Anne et Diana prirent le chemin de la maison sans aucun entrain ce soir-là. Les yeux rouges et les mouchoirs mouillés portaient des preuves indiscutables du fait que l'émotion soulevée par le discours d'adieu de Mlle Stacy avait du être aussi poignante que celle produite par celui de M. Phillips dans des circonstances similaires trois ans auparavant. Diana jeta un regard derrière elle sur le bâtiment de l'école depuis le bas de la colline aux épicéas et poussa un profond soupir.
— On dirait que c'est la fin du monde, n'est-ce pas ? dit-elle sur un ton pitoyable.
— Ton chagrin devrait être deux fois moins lourd que le mien, dit Anne qui cherchait en vain un coin sec sur son mouchoir. Tu seras de retour l'hiver prochain ; mais je suppose que j'ai quitté pour toujours notre bonne vieille école... si j'ai de la chance, cela dit.
— Ce ne sera pas tout à fait pareil. Mlle Stacy ne sera plus là, ni toi, ni Jane et ni Ruby probablement. Je devrai m'asseoir seule, car, après toi, je ne pourrai pas supporter de partager mon pupitre. Oh, nous avons passé de joyeux moments, n'est-ce pas, Anne? C'est affreux de penser qu'ils ont pris fin.
Deux grosses larmes roulèrent le long du nez de Diana.
— Si tu arrêtais de pleurer, je m'arrêterais aussi, dit Anne d'un ton implorant. — À peine ai-je rangé mon mouchoir que je vois tes larmes déborder et mes pleurs reprennent de plus belle. Comme dit Mme Lynde : « Si vous ne pouvez pas être joyeux, soyez aussi joyeux que vous le pouvez. » Après tout, je suis certaine que je serai de retour l’an prochain. C'est un de ces moments où je suis sûre de n'être pas admise. Ils deviennent extrêmement fréquents.
— Mais, tu as magnifiquement réussi les tests que Mlle Stacy a fait passer.
— Oui, mais ces tests ne m'avaient pas stressée. Quand je pense à la véritable épreuve, tu ne peux pas imaginer à quel point une horrible chape de glace emprisonne mon cœur. Et puis, j'ai le numéro treize et Josie Pye dit que ça porte malheur. Je ne suis pas superstitieuse et je sais que ça n'a pas d'importance. Mais j’aimerais quand même ne pas avoir le numéro treize.
— J'aimerais bien venir avec toi, déclara Diana. Ne passerions-nous pas de très bons moments ? Mais je suppose que tu devras reviser le soir.
— Non; Mlle Stacy nous a fait promettre de ne pas ouvrir le moindre livre. Elle dit que cela ne ferait que nous fatiguer et nous embrouiller, que nous devions sortir marcher, ne pas penser aux examens du tout et nous coucher tôt. C’est un bon conseil, mais j'imagine qu’il sera difficile à suivre ; un bon conseil l'est toujours, d'ailleurs. Prissy Andrews m'a dit qu'elle restait éveillée la moitié de la soirée chaque nuit de sa semaine d'entrée et qu'elle a revisé de toutes mes forces ; et j'ai décidé de rester assise au moins aussi longtemps qu'elle. C’était si gentil de la part de ta tante Joséphine de m'avoir invitée à rester à Beechwood pendant mon séjour en ville.
— Tu m'écriras quand tu seras là-bas, n'est-ce pas ?
— J'écrirai mardi soir pour te dire comment se sera déroulé le premier jour, promit Anne.
— Je ne bougerai pas du bureau de poste mercredi, assura Diana.
Anne partit pour la ville le lundi suivant et, le mercredi, Diana se rendit au bureau de poste comme convenu, et reçut la lettre.
«Chère Diana», écrivait Anne, «C'est la soirée de mardi et j'écris ceci dans la bibliothèque de Beechwood. Hier soir, je me sentais horriblement seule dans ma chambre et j'aurais tant souhaité que tu sois là avec moi. Je ne pouvais pas réviser parce que je l'avais promis à Mlle Stacy mais j'ai eu autant de mal à me retenir d'ouvrir mon livre d'histoire que j'en avais dans le temps à ne pas lire une histoire avant d'avoir fini d'apprendre mes leçons.
Ce matin,Mlle Stacy est venue me chercher et nous sommes allées à l'académie, après être passées prendre Jane, Ruby et Josie. Ruby m'a demandé de toucher ses mains et elles étaient aussi froides que de la glace. Josie a dit que j'avais l'air de ne pas avoir fermé l’œil et qu'elle ne pensait pas que je serai assez solide pour supporter la pression des études pour le professorat, même si je passais l'examen. Encore aujourd'hui, je n'ai pas l'impression d'avoir fait de réel progrès depuis des lustres dans mes efforts pour apprécier Josie Pye !
Quand nous avons atteint l'académie, il y avait là des dizaines d'élèves venus de toute l'île. La première personne que j'ai vue, c'était Moody Spurgeon qui marmonnait tout seul, assis sur les marches. Jane lui a demandé ce qu'il pouvait bien faire et il a dit qu'il répétait en boucle sa table de multiplication pour se calmer les nerfs et qu'il ne fallait pas l'interrompre, pour l'amour de Dieu, parce que s'il arrêtait un instant, il prenait peur et il oubliait tout ce qu'il savait mais que la table de multiplication permettait à toutes ses connaissances de rester exactement où elles le devaient !
Lorsque nos places nous furent attribuées, Mlle Stacy dut nous quitter. Jane et moi étions assises côte à côte et j'enviais le calme total de Jane. Nul besoin de table de multiplication pour la sage, solide et sensée Jane. Je me demandais si mon trouble était visible et s'ils pouvaient entendre mon cœur tambouriner dans la salle. Puis un homme entra et commença à distribuer les feuilles d'examen d'anglais. À ce moment-là, mes mains devinrent glacées puis ma tête se mit à tourner assez rapidement lorsque je pris la mienne. Quel affreux moment — Diana, j'ai ressenti exactement la même chose qu'il y a quatre ans lorsque j'avais demandé à Marilla si je pouvais rester aux Pignons Verts—, puis tout s'est éclairci dans mon esprit et mon cœur a recommencé à battre — j'ai oublié de te dire qu'il s'était complètement arrêté ! — car j'ai compris que de toute façon j'allais tirer quelque chose de cette feuille d'examen.
À midi, nous sommes rentrées pour déjeuner puis nous sommes reparties pour l'épreuve d'histoire de l'après-midi. L'épreuve d'histoire était assez dure et je me suis terriblement emmêlée dans les dates. Toutefois, je pense que je me suis bien débrouillée aujourd'hui. Mais oh, Diana, demain on aura l'examen de géométrie et quand j'y pense, il me faut mobiliser toute la détermination à ma disposition pour ne pas ouvrir mon Euclide. Si je pensais que la table de multiplication pouvait m'aider, je la réciterais bien jusqu'à demain matin.
Ce soir je suis descendue voir les autres filles. En route je suis tombée sur Moody Spurgeon qui trainait par là. Il a dit qu'il savait qu'il s'était planté en histoire, et qu'il était né pour faire le désespoir de ses parents, qu'il allait rentrer à la maison par le train du matin, et que de toutes façons, il était plus facile de devenir menuisier que ministre. Je lui ai remonté le moral et l'ai convaincu de rester jusqu'à la fin, car ce ne serait pas correct vis à vis de Mlle Stacy d'abandonner. J'ai parfois regretté de ne pas être née garçon, mais en voyant Moody Spurgeon je suis contente d'être une fille, et de ne pas être sa sœur.
Ruby était dans tous ses états quand je suis rentrée à la pension ; elle venait de découvrir qu'elle avait fait une terrible bourde en anglais. Quand elle s'en est remise, nous sommes allées en ville prendre une glace. Comme on aurait aimé que tu sois avec nous.
Oh, Diana, si seulement l'épreuve de géométrie était terminée ! Mais là, comme dirait Mme Lynde, que je réussisse ou non la géométrie, la terre tournera quand même. C'est vrai, mais pas vraiment rassurant. Je crois qu'elle s'arrêterait si j'échouais !
Ton Anne dévouée. » L'épreuve de géométrie et les autres se terminèrent dans les temps, et Anne rentra à la maison le vendredi soir, épuisée, mais avec un petit air de triomphe modeste. Quand elle arriva, Diana était déjà à aux Pignons verts, et elles se retrouvèrent comme si elles ne s'étaient pas vues depuis des années.
— Oh ma douce, c'est vraiment merveilleux de te voir de retour ici. Cela semble faire une éternité depuis que tu es allée en ville et oh, Anne, comment t'en es-tu sortie ?
– Plutôt bien, je crois, dans toutes les matières sauf en géométrie. Je ne sais pas si j'ai réussi ou pas et le sentiment effrayant d'avoir échoué me taraude. Oh ! comme c'est bon d'être de retour ! Les Pignons Verts est l'endroit le plus agréable, le plus beau du monde.
– Et comment ça a marché pour les autres ?
– Les filles affirment avoir échoué, mais je pense qu'elles ont bel et bien réussi. Josie trouve que l'examen de géométrie était si facile qu'un enfant de dix ans aurait pu le réussir ! Moody Spurgeon persiste à penser qu'il a échoué en histoire et Charlie dit qu'il a raté l'algèbre. Mais nous ne savons pas vraiment ce qu'il en est et nous ne le saurons pas tant que la liste des admis ne sera pas arrêtée. Ce qui ne sera pas fait avant une quinzaine de jours. Il faut avoir envie de vivre quinze jours dans un tel suspense ! J'aimerais pouvoir dormir et ne pas me réveiller jusqu'à que ce soit fini.
Diana savait qu'il ne servirait à rien de demander comment ça s'était passé pour Gilbert Blythe aussi se contenta-t-elle de dire : – Oh ! tu seras reçue haut la main. Ne t'inquiète pas.
– Je préférerais ne pas passer du tout que d'être mal classée sur la liste, s'exclama Anne, ce en quoi elle pensait - et Diana savait que c'était là son opinion - que la réussite serait incomplète et amère si elle ne devançait pas Gilbert Blythe.
Cet objectif en tête, Anne avait mis tout son cœur à l'œuvre pendant l'examen. Gilbert avait agi de même. Ils s'étaient vus et croisés dans la rue une bonne douzaine de fois sans manifester aucun signe de connivence et, chaque fois, Anne avait relevé un peu plus haut le menton et s'en était sincèrement voulu de ne pas s'être liée d'amitié avec lui lorsqu'il le lui avait demandé, et s'était juré, bien déterminée, qu'elle le surpasserait à l'examen. Anne savait que toute la jeunesse d'Avonlea se demandait qui serait en tête ; elle savait même que Jimmy Glover et Ned Wright avaient parié sur le résultat et que Josie Pye avait déclaré qu'il n'y avait aucun doute sur le fait que Gilbert serait le premier ; elle sentait bien que son humiliation serait insupportable si elle échouait.
Mais elle avait un autre motif, plus noble, de vouloir bien faire. Elle voulait être « admise dans une bonne école » pour Matthew et Marilla, en particulier Matthew. Matthew lui avait fait part de sa conviction qu'elle « battrait toute l'île ». Mais ça, pour Anne, c'était quelque chose qu'il serait insensé d'espérer, même dans les rêves les plus fous. Mais elle espérait ardemment qu’elle figurerait au moins parmi les dix premiers, de manière à pouvoir voir les gentils yeux bruns de Matthew briller de fierté. Cela, pensait-elle, serait une douce récompense pour son travail acharné et son obstination patiente avec les équations et les conjugaisons si totalement dépourvues de fantaisie.
Quand la quinzaine se fut écoulée, Anne commença également à « hanter » le bureau de poste, y partageant l'anxiété de Jane, Ruby et Josie ; elle ouvrait les quotidiens de Charlottetown d'une main tremblante éprouvant des sensations de froid glacial et d'oppression aussi douloureuses que celles qu'elle avait vécues pendant la semaine d'examens. Charlie et Gilbert n'étaient pas au-dessus de ça eux non plus, mais Moody Spurgeon se tint résolument à l'écart.
— Je n’ai pas le courage d’aller là-bas et de regarder les journaux sans trembler, avait-il dit à Anne. Je vais juste attendre que quelqu'un vienne et me dise franchement si j'ai réussi ou pas.
Trois semaines plus tard, alors que la liste des admis se faisait toujours attendre, Anne commença à percevoir qu'elle ne supporterait pas la pression plus longtemps. Elle perdit son appétit et son intérêt dans les affaires à Avonlea languit. Mme Lynde clamait « à quoi d’autre s'attendre quand c'est un directeur général de l’éducation Conservateur qui est à la tête des affaires », et Matthew, remarquant la pâleur et l'apathie d’Anne ainsi que son pas traînant au retour du bureau de poste chaque après-midi, se demanda sérieusement s'il n'aurait pas intérêt à voter pour les Libéraux à la prochaine élection.
Mais un soir les nouvelles arrivèrent. Anne était assise à sa fenêtre ouverte, oubliés pour l'heure les angoisses des examens et les soucis du monde, tandis qu'elle se pénétrait de la beauté du crépuscule d'été,des douces senteurs des fleurs du jardin en bas, des sibilances et des bruissements de l'ondulation des peupliers. Au-dessus des sapins, vers l'est, le ciel reflétait légèrement les teintes rose pâle du couchant ; Anne se demandait rêveusement si l’esprit des couleurs ressemblait à cela, quand elle vit Diana filer à travers les sapins, franchir le pont en rondins et avaler la colline ; dans sa main, les pages d'un journal flottaient au vent.
Anne se leva d'un bond, ayant immédiatement deviné le contenu de ces feuilles. La liste d'admission était publiée ! Sa tête se mit à tourner et son cœur à battre à tout rompre. Elle était incapable de faire un pas. Cela lui parut durer des heures avant que Diana ne traverse le couloir pour faire irruption dans la chambre sans-même frapper, tellement elle était excitée.
— Anne, tu es reçue hurla-t-elle, tu es première— toi et Gilbert ensemble—mais c'est ton nom qui est en premier. — Oh, je suis tellement fière !
Diana envoya le papier sur la table en se jetant sur le lit d'Anne, complètement à bout de souffle, incapable d'ajouter le moindre mot. Anne alluma la lampe en renversant la boite et en craquant une demi-douzaine d'allumettes avant que sa tremblotte ne lui permette de le faire. Puis elle s'empara du papier. Oui, elle était reçue—son nom était en toute première place sur une liste de deux cents ! La vie valait la peine d'être vécue pour cet instant.
— Tu as magnifiquement réussi, Anne, haleta Diana, recouvrant suffisamment son souffle pour s'asseoir et parler, car Anne, les yeux remplis d'étoiles, ravie, n'avait pas prononcé un mot. Papa a ramené le journal à la maison depuis Bright River voici à peine dix minutes. Il l'a rapporté par le train de cet après-midi et on ne l'aura pas avant demain au courrier. Quand j'ai vu la liste des reçus, je me suis précipitée ici comme une folle. Vous avez tous été reçus, chacun de vous, Moody Spurgeon, bien que son résultat soit soumis à commission en histoire, et tous les autres. Jane et Ruby s’en sont bien tirées — elles sont au milieu de la liste — et Charlie aussi. Josie est passée de justesse avec trois points au-dessus de la moyenne mais tu vas voir elle va se pavaner comme si elle était la première. Mlle Stacy ne doit-elle pas être aux anges ? Oh ! Anne, quel effet cela te fait-il de lire ainsi ton nom en tête de la liste des reçus ? Si c'était moi, je serais folle de bonheur. Je suis au bord de l'hystérie et toi tu es calme et sereine comme une soirée de printemps.
— Ma joie intense est tout intérieure, répondit Anne — Je voudrais dire mille choses mais je ne trouve pas les mots pour les exprimer. Je n'avais jamais rêvé à ça... si, juste une fois, j'y ai rêvé ! Je me suis laissée aller à y penser une fois: « et si je finissais première ? », j'ai pris peur, car il m'a semblé si vain et présomptueux de croire que je pourrais devenir la vedette de l’île. Excuse-moi une minute, Diana. Je dois aller trouver Matthew au pré pour le lui dire. Ensuite, on prendra la route et on annoncera la bonne nouvelle aux autres.
Elles se ruèrent vers la prairie, en bas de la grange où Matthew mettait le foin en bottes et, comme par hasard, Mme Lynde discutait avec Marilla le long de la barrière du chemin.
— Oh, Matthew, s’exclama Anne, j'ai réussi et je suis première... enfin, première ex-æquo ! Ce n'est pas de la vanité, mais je suis bien contente.
— Eh bien, je l'avais toujours dit, fit Matthew, en regardant avec gourmandise la liste des reçus. Je savais que tu pouvais tous les battre aisément.
— Je dois dire que tu as très bien réussi, Anne, déclara Marilla en essayant de dissimuler au regard critique de Mme Rachel l'extrême fierté qu'elle éprouvait à l'égard de la réussite d'Anne. Mais cette bonne âme sortit de tout son cœur : — Je crois volontiers qu'elle a bien réussi et loin de moi l'idée de le dire avec des arrière-pensées Tu fais honneur à tes amis, Anne, c’est vrai, et nous sommes tous fiers de toi.
Cette nuit-là, Anne, qui avait conclu la soirée par une petite conversation sérieuse avec Mme Allan au presbytère, s’agenouilla doucement devant sa fenêtre ouverte sous un brillant clair de lune et murmura une prière emplie de gratitude et d'espoir qui émanait directement du fond de son cœur. . Il y avait de la gratitude pour le passé et une supplique respectueuse pour l'avenir ; et lorsqu'elle s'endormit sur son oreiller blanc, ses rêves furent aussi beaux et purs qu'une jeune fille vertueuse peut le souhaiter.
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CHAPTER XXXII.
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The Pass List Is Out.
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Anne and Diana walked home that evening feeling very sober indeed.
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Diana looked back at the schoolhouse from the foot of the spruce hill and sighed deeply.
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“It does seem as if it was the end of everything, doesn’t it?” she said dismally.
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“It won’t be a bit the same.
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Miss Stacy won’t be there, nor you nor Jane nor Ruby probably.
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I shall have to sit all alone, for I couldn’t bear to have another deskmate after you.
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Oh, we have had jolly times, haven’t we, Anne?
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It’s dreadful to think they’re all over”.
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Two big tears rolled down by Diana’s nose.
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“If you would stop crying I could,” said Anne imploringly.
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“Just as soon as I put away my hanky I see you brimming up and that starts me off again.
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This is one of the times I know I’m not going to pass.
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They’re getting alarmingly frequent”.
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“Why, you came out splendidly in the exams Miss Stacy gave”.
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“Yes, but those exams didn’t make me nervous.
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And then my number is thirteen and Josie Pye says it’s so unlucky.
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I am not superstitious and I know it can make no difference.
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But still I wish it wasn’t thirteen”.
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“I do wish I was going in with you,” said Diana.
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“Wouldn’t we have a perfectly elegant time?
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But I suppose you’ll have to cram in the evenings”.
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“No; Miss Stacy has made us promise not to open a book at all.
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It’s good advice, but I expect it will be hard to follow; good advice is apt to be, I think.
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It was so kind of your Aunt Josephine to ask me to stay at Beechwood while I’m in town”.
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“You’ll write to me while you’re in, won’t you"?
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“I’ll write Tuesday night and tell you how the first day goes,” promised Anne.
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“I’ll be haunting the post office Wednesday,” vowed Diana.
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Last night I was horribly lonesome all alone in my room and wished so much you were with me.
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Ruby asked me to feel her hands and they were as cold as ice.
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“When we reached the Academy there were scores of students there from all over the Island.
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The first person we saw was Moody Spurgeon sitting on the steps and muttering away to himself.
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“When we were assigned to our rooms Miss Stacy had to leave us.
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Jane and I sat together and Jane was so composed that I envied her.
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No need of the multiplication table for good, steady, sensible Jane!
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Then a man came in and began distributing the English examination sheets.
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My hands grew cold then and my head fairly whirled around as I picked it up.
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“At noon we went home for dinner and then back again for history in the afternoon.
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The history was a pretty hard paper and I got dreadfully mixed up in the dates.
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Still, I think I did fairly well today.
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“I went down to see the other girls this evening.
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On my way I met Moody Spurgeon wandering distractedly around.
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When she recovered we went uptown and had an ice cream.
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How we wished you had been with us.
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“Oh, Diana, if only the geometry examination were over!
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That is true but not especially comforting.
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I think I’d rather it didn’t go on if I failed!
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“You old darling, it’s perfectly splendid to see you back again.
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It seems like an age since you went to town and oh, Anne, how did you get along "?
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“Pretty well, I think, in everything but the geometry.
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Oh, how good it is to be back!
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Green Gables is the dearest, loveliest spot in the world”.
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“How did the others do”?
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“The girls say they know they didn’t pass, but I think they did pretty well.
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Josie says the geometry was so easy a child of ten could do it!
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But we don’t really know anything about it and won’t until the pass list is out.
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That won’t be for a fortnight.
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Fancy living a fortnight in such suspense!
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I wish I could go to sleep and never wake up until it is over”.
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Don’t worry”.
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With this end in view Anne had strained every nerve during the examinations.
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So had Gilbert.
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But she had another and nobler motive for wishing to do well.
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Her appetite failed and her interest in Avonlea doings languished.
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unit 108
But one evening the news came.
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Anne sprang to her feet, knowing at once what that paper contained.
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unit 112
The pass list was out!
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unit 113
Her head whirled and her heart beat until it hurt her.
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unit 114
She could not move a step.
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Oh, I’m so proud”!
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unit 120
Then she snatched up the paper.
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unit 121
Yes, she had passed—there was her name at the very top of a list of two hundred!
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unit 122
That moment was worth living for.
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unit 126
Jane and Ruby did pretty well—they’re halfway up—and so did Charlie.
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unit 128
Won’t Miss Stacy be delighted?
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If it were me I know I’d go crazy with joy.
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unit 131
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“I’m just dazzled inside,” said Anne.
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unit 133
“I want to say a hundred things, and I can’t find words to say them in.
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I never dreamed of this—yes, I did too, just once!
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unit 136
Excuse me a minute, Diana.
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I must run right out to the field to tell Matthew.
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Then we’ll go up the road and tell the good news to the others”.
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I’m not vain, but I’m thankful”.
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unit 142
“Well now, I always said it,” said Matthew, gazing at the pass list delightedly.
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unit 143
“I knew you could beat them all easy”.
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francevw 17503  translated  unit 1  4 months, 1 week ago
francevw 17503  commented  4 months, 1 week ago

Update: Thank to Gaby and her watching the movie, we now know that:
1. Anne only use the formal form ("vous") at the start, but later (we agreed for Chapter XI) she will say "tu" to Marilla and Matthew, and the formal form with everybody else but her classmates. Marilla and Rachel are friends and they use "tu".
2. She likes overstatements and superlatives.
3. We need to translate "green gables" by "les pignons verts" as it is done in the movie.
https://en.wikisource.org/wiki/Anne_of_Green_Gables_(1908)Voici la liste des lieux (et leurs traductions) fréquemment utilisés dans cet ouvrage.
The Idlewild = le Havre Sauvage
The White Sands = les Dunes Blanches
The Birch Path = le Sentier/Chemin des Bouleaux
The Haunted Wood = le Bois hanté
Orchard Slope = la Colline au Verger
Lover’s Lane = le Chemin des Amoureux

Anne of Green Gables (1908)

Written for all ages, it has been considered a children's novel since the mid-twentieth century. It recounts the adventures of Anne Shirley, an 11-year-old orphan girl who is mistakenly sent to Matthew and Marilla Cuthbert, a middle-aged brother and sister who had intended to adopt a boy to help them on their farm in Prince Edward Island. The novel recounts how Anne makes her way with the Cuthberts, in school, and within the town. Since publication, Anne of Green Gables has sold more than 50 million copies and has been translated into 20 languages. It has been adapted as film, made-for-television movies, and animated and live-action television series. — Excerpted from Anne of Green Gables (1908) on Wikipedia, the free encyclopedia.

by francevw 4 months, 1 week ago

CHAPTER XXXII. The Pass List Is Out.
WITH the end of June came the close of the term and the close of Miss Stacy’s rule in Avonlea school. Anne and Diana walked home that evening feeling very sober indeed. Red eyes and damp handkerchiefs bore convincing testimony to the fact that Miss Stacy’s farewell words must have been quite as touching as Mr. Phillips’s had been under similar circumstances three years before. Diana looked back at the schoolhouse from the foot of the spruce hill and sighed deeply.
“It does seem as if it was the end of everything, doesn’t it?” she said dismally.
“You oughtn’t to feel half as badly as I do,” said Anne, hunting vainly for a dry spot on her handkerchief. “You’ll be back again next winter, but I suppose I’ve left the dear old school forever—if I have good luck, that is”.
“It won’t be a bit the same. Miss Stacy won’t be there, nor you nor Jane nor Ruby probably. I shall have to sit all alone, for I couldn’t bear to have another deskmate after you. Oh, we have had jolly times, haven’t we, Anne? It’s dreadful to think they’re all over”.
Two big tears rolled down by Diana’s nose.
“If you would stop crying I could,” said Anne imploringly. “Just as soon as I put away my hanky I see you brimming up and that starts me off again. As Mrs. Lynde says, ‘If you can’t be cheerful, be as cheerful as you can.’ After all, I dare say I’ll be back next year. This is one of the times I know I’m not going to pass. They’re getting alarmingly frequent”.
“Why, you came out splendidly in the exams Miss Stacy gave”.
“Yes, but those exams didn’t make me nervous. When I think of the real thing you can’t imagine what a horrid cold fluttery feeling comes round my heart. And then my number is thirteen and Josie Pye says it’s so unlucky. I am not superstitious and I know it can make no difference. But still I wish it wasn’t thirteen”.
“I do wish I was going in with you,” said Diana. “Wouldn’t we have a perfectly elegant time? But I suppose you’ll have to cram in the evenings”.
“No; Miss Stacy has made us promise not to open a book at all. She says it would only tire and confuse us and we are to go out walking and not think about the exams at all and go to bed early. It’s good advice, but I expect it will be hard to follow; good advice is apt to be, I think. Prissy Andrews told me that she sat up half the night every night of her Entrance week and crammed for dear life; and I had determined to sit up at least as long as she did. It was so kind of your Aunt Josephine to ask me to stay at Beechwood while I’m in town”.
“You’ll write to me while you’re in, won’t you"?
“I’ll write Tuesday night and tell you how the first day goes,” promised Anne.
“I’ll be haunting the post office Wednesday,” vowed Diana.
Anne went to town the following Monday and on Wednesday Diana haunted the post office, as agreed, and got her letter.
“Dearest Diana” [wrote Anne],
“Here it is Tuesday night and I’m writing this in the library at Beechwood. Last night I was horribly lonesome all alone in my room and wished so much you were with me. I couldn’t ‘cram’ because I’d promised Miss Stacy not to, but it was as hard to keep from opening my history as it used to be to keep from reading a story before my lessons were learned.
“This morning Miss Stacy came for me and we went to the Academy, calling for Jane and Ruby and Josie on our way. Ruby asked me to feel her hands and they were as cold as ice. Josie said I looked as if I hadn’t slept a wink and she didn’t believe I was strong enough to stand the grind of the teacher’s course even if I did get through. There are times and seasons even yet when I don’t feel that I’ve made any great headway in learning to like Josie Pye!
“When we reached the Academy there were scores of students there from all over the Island. The first person we saw was Moody Spurgeon sitting on the steps and muttering away to himself. Jane asked him what on earth he was doing and he said he was repeating the multiplication table over and over to steady his nerves and for pity’s sake not to interrupt him, because if he stopped for a moment he got frightened and forgot everything he ever knew, but the multiplication table kept all his facts firmly in their proper place!
“When we were assigned to our rooms Miss Stacy had to leave us. Jane and I sat together and Jane was so composed that I envied her. No need of the multiplication table for good, steady, sensible Jane! I wondered if I looked as I felt and if they could hear my heart thumping clear across the room. Then a man came in and began distributing the English examination sheets. My hands grew cold then and my head fairly whirled around as I picked it up. Just one awful moment—Diana, I felt exactly as I did four years ago when I asked Marilla if I might stay at Green Gables—and then everything cleared up in my mind and my heart began beating again—I forgot to say that it had stopped altogether!—for I knew I could do something with that paper anyhow.
“At noon we went home for dinner and then back again for history in the afternoon. The history was a pretty hard paper and I got dreadfully mixed up in the dates. Still, I think I did fairly well today. But oh, Diana, tomorrow the geometry exam comes off and when I think of it it takes every bit of determination I possess to keep from opening my Euclid. If I thought the multiplication table would help me any I would recite it from now till tomorrow morning.
“I went down to see the other girls this evening. On my way I met Moody Spurgeon wandering distractedly around. He said he knew he had failed in history and he was born to be a disappointment to his parents and he was going home on the morning train; and it would be easier to be a carpenter than a minister, anyhow. I cheered him up and persuaded him to stay to the end because it would be unfair to Miss Stacy if he didn’t. Sometimes I have wished I was born a boy, but when I see Moody Spurgeon I’m always glad I’m a girl and not his sister.
“Ruby was in hysterics when I reached their boardinghouse; she had just discovered a fearful mistake she had made in her English paper. When she recovered we went uptown and had an ice cream. How we wished you had been with us.
“Oh, Diana, if only the geometry examination were over! But there, as Mrs. Lynde would say, the sun will go on rising and setting whether I fail in geometry or not. That is true but not especially comforting. I think I’d rather it didn’t go on if I failed!
“Yours devotedly,
“Anne”
The geometry examination and all the others were over in due time and Anne arrived home on Friday evening, rather tired but with an air of chastened triumph about her. Diana was over at Green Gables when she arrived and they met as if they had been parted for years.
“You old darling, it’s perfectly splendid to see you back again. It seems like an age since you went to town and oh, Anne, how did you get along "?
“Pretty well, I think, in everything but the geometry. I don’t know whether I passed in it or not and I have a creepy, crawly presentiment that I didn’t. Oh, how good it is to be back! Green Gables is the dearest, loveliest spot in the world”.
“How did the others do”?
“The girls say they know they didn’t pass, but I think they did pretty well. Josie says the geometry was so easy a child of ten could do it! Moody Spurgeon still thinks he failed in history and Charlie says he failed in algebra. But we don’t really know anything about it and won’t until the pass list is out. That won’t be for a fortnight. Fancy living a fortnight in such suspense! I wish I could go to sleep and never wake up until it is over”.
Diana knew it would be useless to ask how Gilbert Blythe had fared, so she merely said:
“Oh, you’ll pass all right. Don’t worry”.
“I’d rather not pass at all than not come out pretty well up on the list,” flashed Anne, by which she meant—and Diana knew she meant—that success would be incomplete and bitter if she did not come out ahead of Gilbert Blythe.
With this end in view Anne had strained every nerve during the examinations. So had Gilbert. They had met and passed each other on the street a dozen times without any sign of recognition and every time Anne had held her head a little higher and wished a little more earnestly that she had made friends with Gilbert when he asked her, and vowed a little more determinedly to surpass him in the examination. She knew that all Avonlea junior was wondering which would come out first; she even knew that Jimmy Glover and Ned Wright had a bet on the question and that Josie Pye had said there was no doubt in the world that Gilbert would be first; and she felt that her humiliation would be unbearable if she failed.
But she had another and nobler motive for wishing to do well. She wanted to “pass high” for the sake of Matthew and Marilla—especially Matthew. Matthew had declared to her his conviction that she “would beat the whole Island.” That, Anne felt, was something it would be foolish to hope for even in the wildest dreams. But she did hope fervently that she would be among the first ten at least, so that she might see Matthew’s kindly brown eyes gleam with pride in her achievement. That, she felt, would be a sweet reward indeed for all her hard work and patient grubbing among unimaginative equations and conjugations.
At the end of the fortnight Anne took to “haunting” the post office also, in the distracted company of Jane, Ruby, and Josie, opening the Charlottetown dailies with shaking hands and cold, sinkaway feelings as bad as any experienced during the Entrance week. Charlie and Gilbert were not above doing this too, but Moody Spurgeon stayed resolutely away.
“I haven’t got the grit to go there and look at a paper in cold blood,” he told Anne. “I’m just going to wait until somebody comes and tells me suddenly whether I’ve passed or not”.
When three weeks had gone by without the pass list appearing Anne began to feel that she really couldn’t stand the strain much longer. Her appetite failed and her interest in Avonlea doings languished. Mrs. Lynde wanted to know what else you could expect with a Tory superintendent of education at the head of affairs, and Matthew, noting Anne’s paleness and indifference and the lagging steps that bore her home from the post office every afternoon, began seriously to wonder if he hadn’t better vote Grit at the next election.
But one evening the news came. Anne was sitting at her open window, for the time forgetful of the woes of examinations and the cares of the world, as she drank in the beauty of the summer dusk, sweet-scented with flower breaths from the garden below and sibilant and rustling from the stir of poplars. The eastern sky above the firs was flushed faintly pink from the reflection of the west, and Anne was wondering dreamily if the spirit of color looked like that, when she saw Diana come flying down through the firs, over the log bridge, and up the slope, with a fluttering newspaper in her hand.
Anne sprang to her feet, knowing at once what that paper contained. The pass list was out! Her head whirled and her heart beat until it hurt her. She could not move a step. It seemed an hour to her before Diana came rushing along the hall and burst into the room without even knocking, so great was her excitement.
“Anne, you’ve passed,” she cried, “passed the very first—you and Gilbert both—you’re ties—but your name is first. Oh, I’m so proud”!
Diana flung the paper on the table and herself on Anne’s bed, utterly breathless and incapable of further speech. Anne lighted the lamp, oversetting the match safe and using up half a dozen matches before her shaking hands could accomplish the task. Then she snatched up the paper. Yes, she had passed—there was her name at the very top of a list of two hundred! That moment was worth living for.
“You did just splendidly, Anne,” puffed Diana, recovering sufficiently to sit up and speak, for Anne, starry eyed and rapt, had not uttered a word. “Father brought the paper home from Bright River not ten minutes ago—it came out on the afternoon train, you know, and won’t be here till tomorrow by mail—and when I saw the pass list I just rushed over like a wild thing. You’ve all passed, every one of you, Moody Spurgeon and all, although he’s conditioned in history. Jane and Ruby did pretty well—they’re halfway up—and so did Charlie. Josie just scraped through with three marks to spare, but you’ll see she’ll put on as many airs as if she’d led. Won’t Miss Stacy be delighted? Oh, Anne, what does it feel like to see your name at the head of a pass list like that? If it were me I know I’d go crazy with joy. I am pretty near crazy as it is, but you’re as calm and cool as a spring evening”.
“I’m just dazzled inside,” said Anne. “I want to say a hundred things, and I can’t find words to say them in. I never dreamed of this—yes, I did too, just once! I let myself think once, ‘What if I should come out first?’ quakingly, you know, for it seemed so vain and presumptuous to think I could lead the Island. Excuse me a minute, Diana. I must run right out to the field to tell Matthew. Then we’ll go up the road and tell the good news to the others”.
They hurried to the hayfield below the barn where Matthew was coiling hay, and, as luck would have it, Mrs. Lynde was talking to Marilla at the lane fence.
“Oh, Matthew,” exclaimed Anne, “I’ve passed and I’m first—or one of the first! I’m not vain, but I’m thankful”.
“Well now, I always said it,” said Matthew, gazing at the pass list delightedly. “I knew you could beat them all easy”.
“You’ve done pretty well, I must say, Anne,” said Marilla, trying to hide her extreme pride in Anne from Mrs. Rachel’s critical eye. But that good soul said heartily:
“I just guess she has done well, and far be it from me to be backward in saying it. You’re a credit to your friends, Anne, that’s what, and we’re all proud of you”.
That night Anne, who had wound up the delightful evening with a serious little talk with Mrs. Allan at the manse, knelt sweetly by her open window in a great sheen of moonshine and murmured a prayer of gratitude and aspiration that came straight from her heart. There was in it thankfulness for the past and reverent petition for the future; and when she slept on her white pillow her dreams were as fair and bright and beautiful as maidenhood might desire.