en-fr  Twenty Days with Julian and Little Bunny Part 2 Medium
Samedi 2 août.

Ce matin, nous nous sommes levés à six heures et demie ; une fois la toilette de Julian faite — ainsi que la mienne — et sa tignasse démêlée, sommes partis au lait. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, on a eu une matinée vraiment agréable, pas un nuage en vue, à l'exception de quelques rares traînées blanches et lumineuses, très loin au sud. Monument Mountain, cependant, était enveloppée d'une toison de brume ensoleillée qui la recouvrait entièrement sauf sa pointe ouest qui émergeait. Des bancs de brume s'étiraient également sur la côte ouest et recouvraient la cime des arbres, et des pans de brume s'élevaient dans le ciel pour y former de vrais nuages. Ces nuées s'étaient rapidement évaporées et, le temps que nous rentrions après avoir fait nos courses, elles avaient complètement disparu.

J'ai oublié de mentionner, dans mon compte-rendu d'hier, que Herman Melville m'avait proposé de passer quelques jours chez lui avec Julian quand E. A. Duyckink et son frère y séjourneraient également. J'ai accepté pour au moins une nuit et donc Melville doit passer nous prendre.

A dix heures, j'ai envoyé Julian à Highwood avec Bunny dont il va faire cadeau à Ellen. À vrai dire, notre maison est trop petite et son agencement ne convient pas à ce charmant Bunny, pour lequel j'ai une grande estime, mais dont les habitudes ne sont pas appropriées pour vivre en permanence dans le salon. Notre tapis de corde a commencé à souffrir sérieusement de son comportement. À Highwood, ils pourront lui donner un endroit pour lui tout seul, s'ils le désirent... ou, en somme, faire ce qu'ils veulent avec lui. J'ai beaucoup apprécié Bunny, qui a des petites manies très agréables, et une personnalité qui valait vraiment la peine d'être observée. Il s'était parfaitement habitué à nous, semblait rechercher notre compagnie, il s'asseyait toujours près de nous et était attentif au moindre de nos mouvements. Il a, je pense, beaucoup de curiosité, une disposition naturelle à chercher à comprendre et il est très attentif à ce qui se passe autour de lui. Je ne connais pas d'autre animal et peu d'êtres humains qui, en étant toujours là et fourrant leur nez dans toutes les petites affaires quotidiennes, pourraient être, en même temps, si parfaitement discrets.

Je ne peux que regretter son départ, tant pour nous que pour lui, j'ai peur qu'Ellen ne l'étreigne et ne le tourmente, et qu'il ne trouve personne à Highwood aussi attentif à ses habitudes que je l'étais. Quel dommage que, sur certains points, il n'ait pas pu se soumettre à une certaine retenue et à certaines règles. Julian, lui aussi, a semblé à moitié désolé de se séparer de Bunny, mais il était tellement ravi à l'idée de le donner à Ellen qu'il n'a fait aucune objection. Il n'est pas encore rentré pour dire comment son cadeau a été accepté.

Onze heures et quart : Julian est rentré et a rapporté qu'on ne l'avait pas remercié pour Bunny et qu'Ellen avait commencé à le serrer très fort dès la première minute. Il a vu Deborah, Caroline et Ellen. Au début, elles n'ont pas compris que Bunny devait rester chez elles et, lorsque Julian s'en est allé, elles lui ont demandé s'il allait laisser Bunny là. Mais, a dit le petit homme, il est à Ellen ! Ce à quoi elles n'ont pas répondu. Toutefois, il a dit qu'elles semblaient heureuses de l'avoir. Je crains que le pauvre Bunny ne soit condamné à souffrir jusqu'à la fin de ses jours.

Aux dires de Julian, Ellen a saisi le pauvre petit animal par la fourrure et la patte arrière, l'a tenu en l'air et lui a infligé d'autres odieux outrages. J'aurais peut-être mieux fait de le noyer. Peut-être aurais-je encore une chance de le faire, car je ne serais pas surpris si elles me le renvoyaient. Julian dit qu'il a eu une forte envie de le prendre sous le bras et de courir jusqu'à la maison.

Avant le dîner, nous nous sommes promenés en direction du lac où nous avons trouvé un bateau amarré sur le rivage. S'il n'avait pas été attaché et cadenassé à la racine d'un arbre, je pense que nous aurions pu faire un voyage dans des régions étrangères. Le petit homme est monté dans la barque et s’est beaucoup amusé, surtout quand il a découvert un petit poisson mort, à l'évidence échoué au fond du bateau depuis un bon moment.

Après le dîner, M. Farley est venu, comme il m'avait plus ou moins promis hier en le croisant. Il avait envie d'attraper quelques poissons ; aussi sommes-nous tous les trois descendus au lac. Julian était dans tous ses états. Il est inutile d'essayer de l'empêcher de devenir pêcheur, cet instinct authentique est en lui et tôt ou tard, la chose se fera. Je ne vois pas non plus pourquoi il ne devrait pas en être ainsi, c'est une prédisposition aussi inoffensive qu'il en est. Cependant, rien dans notre chance de cet après-midi n'a pu le motiver à entretenir sa vocation. Nous n’avons attrapé que quelques brèmes et quelques perches que le vieux monsieur a immédiatement saisies par la queue. Il les a examinées avec un intérêt tout à fait ravi, les agaçant sans arrêt comme s'il était sensible aux frétillements des pauvres poissons. Au bout d'un moment, M. Farley et moi avons ressenti de la fatigue et nous sommes repartis à la maison.

L'après-midi était aussi parfait que possible pour la beauté et le confort ; juste assez chaud, rien à ajouter ou à enlever. Il n'est pas resté prendre le thé, mais est rentré chez lui, emportant avec lui « White Jacket » (« la veste blanche ») d'Herman Melville.

J'ai couché Julian vers sept heures ou à peu près et je suis sorti pour cueillir des groseilles. Pendant que j'étais occupé, Mme Tappan a longé l'extrémité du jardin vers la grange d'en bas et je lui ai demandé si Julian avait fait cadeau de son lapin à Ellen de bonne grâce. Elle a ri et a répondu que oui, mais qu'ils trouvaient la présence de Bunny assez problématique, qu'Ellen le maltraitait et que le chien essayait toujours de l'attraper... et, qu'en bref, il s'avérait que Bunny n'était pas une acquisition judicieuse. Elle a parlé de le donner au petit Marshall Butler et a suggéré également (en réponse à quelque chose que j'avais dit à propos d'une fin prématurée), qu'il pourrait rejoindre la forêt et y vivre sa vie. Il y a quelque chose de particulier dans cette idée. Elle indique une forme de sensibilité qui se trouve incommodée par la douleur et la misère des autres, comme par une mauvaise odeur, mais qui est parfaitement décontractée lorsqu'elle chasse au loin cette source de désagrément. Je suppose qu'elle n'aurait, pour rien au monde, tué Bunny, mais elle l'aurait assurément et sans scrupule ni remords laissé mourir de faim. Ne voyant rien d'autre à faire, j'ai proposé de reprendre Bunny et elle a promis de le ramener demain.

Mme Peters est passée ici immédiatement après le dîner. Au cours de la soirée, j'ai lu « Pendennis », j'ai mangé environ un kilo de cassis broyés et me suis couché à dix heures.

Dimanche 3 août.

J'ai mis longtemps à me rendormir et je ne me suis réveillé que vers six heures et demie, alors que Julian semblait être réveillé depuis un temps considérable. Je l'ai lavé puis ç'a été mon tour et, comme d'habitude, j'ai allumé le feu dans la cuisine et je suis allé au lait. C'était une matinée idéale, avec un soleil éclatant et, il me semble, pas le moindre nuage à l’horizon, à l'exception de quelques brumes éparses accrochées aux flancs des collines lointaines. Le lac était lisse comme du verre et reflétait l’image figée des bois et des collines. Cette surface réfléchissante sied à merveille à cette petite étendue d'eau. Chez Luther Butler, nous avons rencontré son beau-père, le vieux Barnes, en train de couper les cheveux d'un jeune gars. Le patient était assis sur une chaise à la porte de la cuisine, et le vieil homme semblait réaliser l'opération de main de maître, il avait bien égalisé toute la chevelure à une longueur d'environ deux centimètres et demi.

Ai dit à Julian qu'il irait chercher Bunny après le petit déjeuner. Le visage de mon petit bonhomme s'est illuminé de joie, mais pourtant il semblait ne pas comprendre. Mais Papa, m'a-t-il répondu, tu sais que j'ai déposé Bunny là-bas pour en faire cadeau à Ellen, je ne peux donc pas le reprendre sauf s'ils n'en veulent plus. Ai apaisé ses craintes en lui répétant les paroles de Mme Tappan, et sans plus attendre il a voulu partir récupérer Bunny. Vers neuf heures, je l'ai laissé partir et, une demi-heure plus tard, il est rentré avec Bunny dans sa petite maison. Le pauvre Bunny semblait avoir perdu une bonne partie de sa confiance dans la nature humaine, il se tenait recroquevillé dans un coin de sa caisse, sans répondre à mes avances, ni prendre la feuille de laitue que je lui tendais. Je pense plutôt qu'il a vécu dans un grand tourment pendant son absence. Julian a dit qu'il a fallu attendre longtemps avant qu'il ne puisse partir avec celui-ci, à cause de Bruin, tant ce chien méchant avait envie d'attaquer le pauvre petit lapin.

J'ai lu « Pendennis » jusqu'à midi, pendant que le vieux garçon s'amusait ça et là ; puis, le voyant dans la vallée, je l'ai rejoint et me suis couché sous un pommier. Julian est monté sur l'arbre et s'est mis à califourchon à cheval sur une branche. Son visage rond et joyeux est apparu parmi les feuilles vertes, et un flot continu de babillage coulait sur moi comme une pluie d'été. Il a dit qu'il aimerait vivre pour toujours dans l'arbre et faire un nid de feuilles. Ensuite, il a souhaité être un oiseau pour pouvoir s'envoler très loin, aller dans un trou profond et me rapporter un sac d'or, pour voler jusqu'à West Newton et ramener maman à la maison sur son dos, pour aller chercher le courrier au bureau de poste et prendre des haricots, des courges et des pommes de terre.

Au bout d'un moment, je l'ai descendu de l'arbre. En nous éloignant un peu, il y avait un écho remarquable. Il renvoyait chaque mot de la petite voix claire de Julian, sur le ton de sa conversation habituelle ; et quand l'un de nous appelait très fort, nous pouvions entendre jusqu'à trois ou quatre répercutions — la dernière venant apparemment de très loin au-delà de la forêt, avec une étrange et formidable similitude avec la voix d'origine, comme si des êtres un peu semblables à nous étaient en train de crier par-delà la distance invisible. Julian a crié « Maman », « Una » et bien d'autres mots encore ; puis il a lancé son propre nom, et quand le son est revenu sur nous, il a dit que maman l'appelait. Quelle singulière étrangeté que l'écho, assurément !

À deux heures, toute la famille a déjeuné : d'un bout de pain pour Julian, d'une tarte à la crème pour moi et de quelques miettes de la croûte pour Bunny. Bonhomme et moi avons marché jusqu'au lac. La croisade contre les chardons a repris et les molènes aussi ont pris une belle raclée. Après avoir flâné un moment le long du lac, nous sommes rentrés à la maison en passant par le champ de M. Wilcox et par sa grande pinède. Je me suis allongé sur le dos, regardant le ciel à travers les branches, tandis que Julian a passé près d'un quart d'heure, à vue de nez, à batailler contre une redoutable tige de molène. Parfois, il fait vraiment preuve de persévérance. Nous nous sommes promenés à travers le bois entre les hauts fûts de ces pins ancestraux, et nous sommes ensuite rentrés chez nous en longeant un marais dans lequel j'ai cueilli une brassée de quenouilles, ces roseaux que les anglophones nomment « queues de chat ». Ceci nous amène au sujet du moment, à quelques minutes à peine de cinq heures.

Soit j'ai moins de patience aujourd'hui que d'ordinaire, soit le petit homme impose à celle-ci de plus grandes exigences ; mais il semble vraiment qu'il m'ait énervé avec plus de questions, de renseignements et d'observations qu'un père, simple mortel, ne puisse s'attendre à supporter. Il me fait presque sortir de mes gonds, est toujours dans mes jambes et vient, quand je lis, continuellement discourir entre chaque proposition de chaque phrase brisant ainsi chaque tentative de réflexion en mille fragments.

L'ai mis au lit à sept heures, ai cueilli et écrasé quelques groseilles, ai médité en faisant les cent pas derrière la maison, contemplant le lac et les collines, ai mangé les groseilles, ai lu le journal d'un bout à l'autre (ayant fini le premier volume de "Pendennis") et me suis couché avant dix heures.

Lundi 4 août

Nous sommes levés vers six heures et demie et Mme Peters est arrivée avant nos ablutions. Quand je suis allé au lait, le soleil, voilé par des nuées qui envahissaient tout le ciel, diffusait sa chaleur. Le petit homme semblait être débordant d'énergie, bien que durant la nuit il avait fait des cabrioles au point de me réveiller à plusieurs reprises. Après le petit déjeuner, j'ai rempli tout un plat avec des haricots verts du jardin et Julian a rempli un pot avec des légumes de son petit potager.

Mon bonhomme avait calculé l'âge de sa maman et annoncé qu'elle avait vingt ans.

« Si petite, s'est-il exclamé, et déjà vingt ans !»

Au fur et à mesure que la journée avançait, le temps est devenu plus frisquet, soufflé par un vent d'est. Oh, d'un vent d'est avec un brin de mer salée ! Évidemment, ce climat abominable m'a enrhumé ; et je suis resté assis toute la journée à frissonner, avec la ferme intention de ne pas bouger. Toute la journée, plutôt jusqu’à quatre heures, je veux dire, quand Julian et moi sommes partis pour le village. Le petit homme a gardé le moral, a martelé et limé quelque ouvrage de menuiserie ou autre, au grand dam de ma tête ; bien que je sois tombé dans un demi-sommeil au beau milieu de celui-ci.

En chemin vers le village, il est parti comme un jeune poulain, sur ses courtes, mais infatigables jambes. Arrivés au bureau de poste nous n’avons trouvé aucune lettre ; le courrier de la côte Est n'étant pas arrivé : fâcheuse malchance. Après être entrés dans le tribunal pour voir M. Farley et nous être assis quelque temps dans son bureau, sommes retournés vers la maison ; le vieux monsieur m'a harcelé pour avoir une orange — ce que je ne pouvais raisonnablement pas satisfaire à moins d'une longue balade à l'autre bout du village. Il semblait toujours aussi actif et plus fringant que jamais sur la route du retour ; alors que j'étais morne, abattu et sans le moindre tonus. Ai pris l'avenue vers Highwood, avec une lettre et un journal pour Willy Barney, et, comme la fenêtre du bureau était ouverte, suis entré et ai pris le "Home Journal" auquel j'ai jeté un œil, assis sur une chaise, sous le porche.

J'ai mis Julian au lit à sept heures, puis je me suis enroulé dans ma robe de chambre et me suis assis dans le boudoir. J'ai pris un peu de nux vomica et suis allé me coucher avant dix heures.

Mardi 5 août.

J'ai assez bien dormi, tout comme le vieux monsieur; bien qu'il m'ait réveillé une fois avec ses culbutes et ses gesticulations. Nous nous sommes levés, comme d'habitude, à six heures et demie ; mon rhume étant apparemment en voie de guérison. Le temps, comme nous l'avons constaté en allant chercher le lait, était moins frais que la veille ; mais le ciel était entièrement parsemé de nuages, reposant ça et là sur les crêtes des collines. Pas de vent du tout ; le lac parfaitement lisse.
En rentrant de chez Luther, le petit homme a lambiné en arrière pour cueillir des fleurs, puis s’est mis à courir et a fait une terrible chute.

À présent il est onze heures moins le quart. Jusque là, le seul événement remarquable a été une visite J'étais assis dans le boudoir, quand on a frappé à la porte et Mme Peters a dit qu'une dame souhaitait me voir ; alors je suis monté sur la pointe des pieds et je me suis fait le plus beau possible, au pied levé, et suis descendu à la salle à manger. Le visiteur était une dame, plutôt jeune et assez belle, avec des yeux charmants et intelligents, vêtue d'une jolie robe de Quaker.

Elle m'a tendu la main et m'a parlé très simplement, quoiqu'avec beaucoup de distinction, de l'intérêt qu'elle portait à mes travaux, et dit qu'elle n'avait pu résister à l'envie de me voir, alors qu'elle se trouvait dans le voisinage. L'ai invitée au salon afin de profiter de la vue sur l'arrière, et avons discuté du paysage, de différentes personnes et de sujets variés. Avons plus ou moins parlé de Lowell, de Whittier, de M. James et de Herman Melville, elle semblait être particulièrement proche de Whittier, et avait entendu parler de ses commentaires à mon sujet deux ou trois ans plus tôt. Sa façon d'être était d'ailleurs particulièrement agréable : La simplicité de quaker avec sa petite touche de phraséologie quakerienne ajoutait du piquant à son air raffiné et à sa distinction. Elle avait un sourire agréable, un regard qui reflétait facilement ses pensées— de sorte qu'il n'était pas difficile de lui parler—, une liberté singulière, bien qu'en douceur d'exprimer sa propre opinion et une totale absence d'affectation. Voilà les traits qui m'ont impressionné ; et, en fin de compte, ce fut la seule visite agréable que j'aie jamais eue en tant qu'auteur. Elle ne m'a pas ennuyé en louangeant mes propres écrits, mais a simplement dit qu'il y avait certains auteurs avec lesquels nous ressentions l'honneur de faire connaissance, par la nature de notre sympathie pour leurs écrits, ou quelque chose du genre, etc., etc., etc. Pendant tout ce temps, Julian n'a cessé de grimper sur mes genoux. Il portait un gilet de laine, que j’ai jugé prudent de lui faire porter le matin à cause du vent d’est. Gilet, toutefois, que je lui ai ôté, en présence de la dame. Après avoir pris le petit déjeuner, j'avais brossé et frisé ses cheveux, mais c'était comme si j'avais sifflé dans un violon. Elle lui a souri, a loué sa bonne mine et lui a demandé s'il ressemblait à sa mère — ayant remarqué qu'il ne me ressemblait aucunement. Finalement, elle s'est levée pour partir et je l'ai reconduite à la porte où, lorsqu'elle a pris congé, elle m'a dit son nom — Elizabeth Lloyd —, et m'a fait ses adieux. A continué son chemin et ne l'ai plus revue. Elle n'était pas venue jusqu'ici à cheval, mais était à pied. Elle réside à Philadelphie. Julian a accepté qu'elle l'embrasse.

Ai lu Fourier aujourd'hui, quand j'ai pu lire quelque chose. Après souper, nous sommes descendus au lac. Temps toujours incertain, pluie toujours menaçante, et n'arrivant jamais. On pourrait plutôt parler de promesse que de menace, car le temps est vraiment aussi terriblement sec.
La berge autour du lac fait cinq à six pieds de plus que j'aie jamais vu, et la plupart de canaux du ruisseau sont à sec La conséquence de la sècheresse se voit sur le feuillage des arbres ; il s'est racorni en quelques jours, de sorte que l'ombre qu'il procure a perdu de sa densité. Ce manque d'humidité peut être une des raisons qui fait pâlir et jaunir les feuilles, et on commence même à voir les branches. Mais on peut à présent constater de nombreuses caractéristiques automnales ; les fleurs jaunes, la coloration en blond des champs de céréales, l'herbe non plus juteuse, mais craquante — tout raconte l'histoire d'un point culminant passé. Et quand est-ce arrivé ? Je suis sûr de ne pas le savoir.

Sur le chemin de retour, Julian a été piqué à la jambe par une guêpe, et il hurlé outrageusement. C'est arrivé en passant par-dessus la clôture du champ d'avoine de M. Tappan. Au début, il semblait avoir atrocement mal, mais il était si bien rétabli avant d'arriver à la maison qu'il a demandé avec la plus grande ardeur un morceau de pain et un verre d'eau plutôt que n'importe quel remède pour sa piqûre. Ai d'abord désinfecté sa jambe avec de l'arnica, puis lui ai donné à manger. Tout cela nous a amenés à cinq heures et quart. Il continue de me harceler avec ses questions. Par exemple, tout à l’heure, alors qu’il se servait de mon couteau de poche : — Père, si tu avais acheté tous les couteaux du magasin, comment ferais-tu pour en avoir un autre si tu les avais tous cassés ? Lui ai dit : — J'irais voir ailleurs. Mais cela ne l'a pas démonté. — Si tu avais acheté tous les couteaux du monde, que ferais-tu ? Et là, ma patience fiche le camp et je le prie de ne plus me déranger avec de stupides questions. Je pense vraiment qu'une bonne fessée lui ferait du bien pour faire cesser cette habitude.

L'ai fourré au lit entre six et sept et mon rhume n'étant pas guéri, me suis couché à neuf heures.

Mercredi 6 août

Nous sommes levés à l'heure habituelle. La jambe et le pied de mon petit bonhomme étaient enflés et enflammés suite à la piqûre de guêpe de la veille et il se plaignait lorsqu'on touchait l'endroit douloureux, mais pour le reste tout semblait bien aller. Je lui ai donné deux granules d'aconit et lui ai conseillé de ne pas venir avec moi au lait, mais il a insisté et tout s'est passé sans problème.

C'était une matinée claire et douce, avec quelques nuages, et une atmosphère particulièrement cristalline. Nous avons eu du beurre de chez Luther ; et étant déjà moi-même chargé avec le lait, je l'ai donné au vieux monsieur. Il a répliqué, d'une voix forte, vive et aiguë, ressemblant beaucoup au cliquetis d'un écureuil en colère ; mais lorsque j'ai discuté avec lui et souligné le fait que je portais deux fardeaux alors qu'il n'en avait pas, il a immédiatement cédé ; et a refusé de me laisser prendre le beurre quand j'ai estimé qu'il l'avait porté suffisamment.

Après le petit déjeuner, nous avons cueilli quelques courges d'été, les premières que notre jardin a produites. Puis j'ai démêlé sa perruque, un art dans lequel je ne perçois aucune amélioration. Il était moins de dix heures, je crois, lorsque nous nous sommes promenés vers le lac ; ça a été une belle matinée avec de la chaleur au soleil et de la fraîcheur dans les brises du vent. Au bord du lac, le petit homme s’est muni d’une vieille branche d'arbre sèche, au bout de laquelle il a attaché un brin de paille et s’est mis à pêcher avec conviction c'était vraiment pitoyable de le voir. Ensuite, nous avons traversé le bois vert lumineux jusqu’à la plage située près de la route de Stockbridge, où nous nous sommes amusés à mettre des brindilles et des fragments de bois à flotter. Pour ma part, je me suis senti très passif avec cette indolence, cet engourdissement dû au rhume qui dure plus longtemps que d’habitude. Je n'ai pas été un bon camarade de jeu pour ce petit monstre infatigable. Il était midi quand nous sommes rentrés à la maison.

Après le déjeuner, sommes allés à la grange et nous sommes délassés dans le foin nouveau. En rentrant, ai trouvé deux lettres : une de Phoebe, résumant brièvement sa fatigue, l'autre de Pike, concernant un projet de résidence en bord de mer. Comme nous avions l'intention d'aller au village cet après-midi, sommes partis vers quatre heures et quart.. Le soleil était brûlant, avec de temps en temps une petite brise fraîche : le même climat pénible que nous avons si souvent eu cet été, néanmoins la brise était agréable. N'ai rien trouvé au bureau, sauf le « Musée » et une lettre d'un collectionneur d'autographes. Julian a été remarquablement agité au village, de sorte que je suis parti sans acheter de pain de sucre, ce que nous désirions pourtant depuis belle lurette. Ses mouvements étaient si désordonnés que je l'ai soupçonné d'être — selon son jargon personnel — « embarrassé », mais il a farouchement nié. Sommes arrêtés à Love Grove, et là, de nouveau, je l'ai interrogé sur ce point, mais il a renouvelé ses dénégations.
Toutefois, il était si agité que je lui ai conseillé de partir devant : il a filé sans demander son reste.

L'ai couché vers sept heures. En ce momen, il est entre huit et neuf heures. Comme la nuit tombait, tout à l'heure, Mme Tappan est venue emprunter des œufs (je lui en ai donné sept) et m'a demandé si j'avais prévu d'écrire encore une fois à Sophia avant son retour. Le cas échéant, elle souhaiterait avoir dix livres de riz moulu.

Ai jeté un œil au journal pendant la soirée et me suis couché avant dix heures.
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August 2nd Saturday.
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I accepted for at least one night, and so Melville is to come for us.
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Our straw carpet was beginning to suffer seriously from some of his proceedings.
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I really liked Bunny, who has very pleasant little ways, and a character well worth observing.
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He has not yet returned to say how the offering was accepted.
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He saw Deborah and Caroline and Ellen.
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Why," said the little man, " he is to be Ellen's own!"
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Whereat they said nothing.
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He says, however, that they seemed to be glad to have it.
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Poor Bunny, I am afraid, is doomed to be a sufferer for the rest of his life.
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Perhaps I had better have drowned him.
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Possibly I may yet have a chance to do so, for I should not wonder if they were to send him back.
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Julian says he had a great mind to snatch him away and run home.
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After dinner came Mr. Farley, as he had partly given me to expect when I saw him yesterday.
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He came with the purpose of trying to catch some fish; so all three of us went down to the lake.
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Julian was quite in ecstasy.
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However, there was nothing in our luck, this afternoon, to make him enamoured of the pursuit.
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After a while, Mr. Farley and I became tired, and we set out for home.
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He did not stay to tea, but went home, taking Herman Melville's " White Jacket " with him.
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I put Julian to bed at seven, or thereabouts, and went out to pick some currants.
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Bunny turned out not to be a desirable acquisition.
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There is something characteristic in this idea.
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Mrs. Peters went home immediately after supper.
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August 3rd Sunday.
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I bathed him and myself, as usual, made a fire in the kitchen, and went for the milk.
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The lake was as smooth as glass, and gave motionless reflections of the woods and hills.
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This glassy surface is the best aspect of so small a sheet of water.
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At Luther Butler's we found his father-in-law, old Mr. Barnes, cutting a young man's hair.
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I told Julian that I was going to send him to get Bunny after breakfast.
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The little man's face quite glowed with delight, but yet he seemed confused. "
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I rather think he has lived in great torment during his absence.
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Julian climbed up into the tree, and sat astride of a branch.
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He said how he should like to live always in the tree, and make a nest of leaves.
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What a strange weird thing is an echo, to be sure !
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The little man and I walked down to the lake.
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He certainly does evince a persevering purpose, sometimes.
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This brings the history up to the present time, within a few minutes of five o'clock.
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August 4th Monday.
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We got up at about half-past six ; and before the bathing was over Mrs. Peters arrived.
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The little man had been speculating about his mother's age, and saying she is twenty years old.
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"So very small," he exclaims, " and twenty years old!"
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The weather grew very chill as the day advanced, with the wind from the eastward.
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Oh, for an east wind with a breath of the salt sea in it!
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All day, I mean, until somewhat past four, when Julian and I set out for the village.
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August 5th Tuesday.
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We got up, as usual, at half-past six ; my cold being apparently on the mending hand.
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No wind at all; the lake perfectly smooth.
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It now lacks a quarter of eleven o'clock.
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The only remarkable event, thus far, has been a visit.
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This, however, I took off, in the lady's presence.
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I had brushed and frizzled his hair, after breakfast; but it only looked the worse for my pains.
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she went on her way, and I saw her no more.
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She had not ridden hither, but was on a walk.
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She resides in Philadelphia.
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Julian allowed her to kiss him.
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I have read Fourier today, when I have read anything.
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After dinner, we set out on a walk down to the lake.
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The weather is still uncertain, threatening rain all the time, and never fulfilling its threat.
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And when did it pass?
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I am sure I don't know.
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On our way home Julian was stung on the leg by a wasp, and squealed outrageously.
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This was getting over the fence by Mr. Tappan's oatfield.
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I first bathed his leg in arnica, and then fed him.
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All this has brought us to a quarter past five.
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He continues to pester me with his inquisitions.
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"I would go somewhere else," say I.
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But there is no suppressing him! "
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If you had bought all the jack-knives in the world, what would you do? "
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I really think it would do him good to spank him, apropos of this habit.
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August 6th Wednesday.
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We got up about the usual time.
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After breakfast, we gathered some summer squashes, the first our garden has produced.
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It made me no fit playmate for this frisky little monster.
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It was after twelve when we got home.
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I put him to bed at about seven.
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It is now between eight and nine.
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In that case, she wishes her to get ten pounds of ground rice.
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I looked over the newspaper during the evening, and to bed before ten.
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Gabrielle • 14118  commented on  unit 12  2 days, 16 hours ago
francevw • 14822  commented on  unit 111  2 days, 16 hours ago
Gabrielle • 14118  commented on  unit 112  2 days, 16 hours ago
francevw • 14822  commented on  unit 64  4 days, 15 hours ago
CommeuneTexane • 1739  commented  1 week, 3 days ago

Dès le début de la première partie,
Rachel, Gabrielle, France et moi, ci-devant Pierre,
avons (après un petit tâtonnement) choisi une narration au passé composé (c'est un journal intime) et on a même adopté,
(QUAND C'ÉTAIT POSSIBLE)
un style télégraphique du genre :

« Ai vu le facteur /
Sommes rentrés en courant /
Avons cueilli des champignons/
etc. »

Donc, on range le passé simple et c'est Rachel qui fait : « Ouf ! »

by Oplusse 2 days ago

By Nathaniel Hawthorne

"ABOUT TWENTY DAYS WITH JULIAN & LITTLE BUNNY BY PAPA
On July 28, 1851, Nathaniel Hawthorne’s wife Sophia and daughters Una and Rose left their house in Western Massachusetts to visit relatives near Boston. Hawthorne and his five-year-old son Julian stayed behind. How father and son got along over the next three weeks is the subject of this tender and funny extract from Hawthorne’s notebooks.

"At about six o’clock I looked over the edge of my bed and saw that Julian was awake, peeping sideways at me." Each day starts early and is mostly given over to swimming and skipping stones, berry-picking and subduing armies of thistles. There are lots of questions ("It really does seem as if he has baited me with more questions, references, and observations, than mortal father ought to be expected to endure"), a visit to a Shaker community, domestic crises concerning a pet rabbit, and some poignant moments of loneliness ("I went to bed at about nine and longed for Phoebe"). And one evening Mr. Herman Melville comes by to enjoy a late-night discussion of eternity over cigars."

by CommeuneTexane 1 week, 3 days ago

August 2nd Saturday.

In the morning we got up at about half -past six, and, Julian being bathed, and also myself, and Julian's wool duly frizzled, we set out for the milk. For the first time since some immemorial date, it was really a pleasant morning; not a cloud to be seen, except a few white and bright streaks, far off to the southward. Monument Mountain, however, had a fleece of sun-brightened mist, entirely covering it except its western summit, which emerged. There were also mists along the western side, hovering on the tree-tops, and portions of the same mist had flitted upward, and become real clouds in the sky. These vapors were rapidly passing away; and by the time we had done our errand, and returned, they had wholly disappeared.

I forgot to say, in the record of last night, that Herman Melville invited me to bring Julian and spend several days at his house, next week, when E. A. Duyckinck and his brother are to be there. I accepted for at least one night, and so Melville is to come for us.

At ten o'clock I sent Julian over to Highwood with Bunny, whom he is going to offer as a present to Ellen. The truth is, our house is too small, and we have not the proper accommodations for the excellent Bunny, for whom I have a great regard, but whose habits do not exactly fit him to be a constant occupant of the sitting-
room. Our straw carpet was beginning to suffer seriously from some of his proceedings. At Highwood they can give him a room to himself, if they like — or, in short, do what they please with him. I really liked Bunny, who has very pleasant little ways, and a character well worth observing. He had grown perfectly familiar with us, and seemed to show a fondness for our society, and would always sit himself near us, and was attentive to all our motions. He has, I think, a great deal of curiosity, and an investigating disposition, and is very observant of what is going on around him. I do not know any other beast, and few human beings, who, always present, and thrusting his little paw into all the business of the day, could at the same time be so perfectly unobtrusive.

I cannot but regret his departure, both for our sakes and his own ; for I am afraid Ellen will squeeze and otherwise torment him, and that
he will find nobody at Highwood so attentive to his habits as I was. What a pity that he could not have put himself under some restraint and rule, as to certain matters. Julian, too, seemed half -sorry to part with Bunny, but was so pleased with the idea of giving him to Ellen that he made no objection. He has not yet returned to say how the offering was accepted.

Quarter of eleven, Julian has come back, and reports that they did not thank him for Bunny, and that Ellen began to squeeze him very hard the first minute. He saw Deborah and Caroline and Ellen. They did not understand, at first, that Bunny was to remain there, and when Julian was coming away, they asked him if he was going
to leave Bunny. " Why," said the little man, " he is to be Ellen's own!" Whereat they said nothing. He says, however, that they seemed to be glad to have it. Poor Bunny, I am afraid, is doomed to be a sufferer for the rest of his life.

Ellen, according to Julian's account, took the poor little fellow up by his fur, and by his hind leg, keeping him dangling in the air, and committed odious other outrages. Perhaps I had better have drowned him. Possibly I may yet have a chance to do so, for I should not wonder if they were to send him back. Julian says he had a great mind to snatch him away and run home.

Before dinner we took a walk to the lake, where we found a boat drawn up on the shore, and if it had not been fastened to the root of a tree and locked, I think we should have taken a trip to foreign parts. The little man got into the boat, and enjoyed himself greatly, especially when he discovered some little old fish, evidently of some days' continuance, in the bottom of the boat.

After dinner came Mr. Farley, as he had partly given me to expect when I saw him yesterday. He came with the purpose of trying to catch some fish; so all three of us went down to the lake. Julian was quite in ecstasy. There is no use in trying to keep him from becoming a fisherman; there is the genuine instinct in him, and sooner or later it will gratify itself. Neither do I perceive any reason why it should not; it is as harmless a propensity as he could have. However, there was nothing in our luck, this afternoon, to make him enamoured of the pursuit. We caught only a few bream and perch, each of which the old gentleman immediately took up by the tail, surveying
it with most delighted interest, and frisking all the while as if in sympathy with the frisky movements of the poor fish. After a while, Mr. Farley and I became tired, and we set out for home.

The afternoon was as perfect as could be, as to beauty and comfort; just warm enough, nothing to be added or taken away. He did not stay to tea, but went home, taking Herman Melville's " White Jacket " with him.

I put Julian to bed at seven, or thereabouts, and went out to pick some currants. While thus engaged, Mrs. Tappan passed by the edge of the garden, towards the lower barn; and I asked her whether Julian made his offering of the rabbit to Ellen with due grace. She laughed, and said that he did, but said that they found Bunny quite troublesome, and that Ellen maltreated him and that the dog was always trying to get him — and, in short. Bunny turned out not to be a desirable acquisition. She spoke of giving him to little Marshall Butler, and suggested, moreover (in reply to something that I said about putting him out of existence), that he might be turned out into the woods, to shift for himself. There is something characteristic in this idea. It shows the sort of sensitiveness that finds the pain and misery of other people disagreeable, just as it would a bad scent, but is perfectly at ease when once they
are removed from her sphere. I suppose she would not for the world have killed Bunny, although she would have exposed him to the certainty of lingering starvation without scruple or remorse. Seeing nothing else to be done, I proposed to take Bunny back, and she promised to bring him to-morrow.

Mrs. Peters went home immediately after supper. I read " Pendennis " during the evening, ate about a quart of crushed currants, and went to bed at ten.

August 3rd Sunday.

It was long before I fell asleep again; and then I did not awake till half -past six, when he appeared to have been awake a considerable time. I bathed him and myself, as usual, made a fire in the kitchen, and went for the milk. It was a perfect morning, with broad and bright sunshine, and, I believe, not a single cloud over the whole sky; unless it were a few mist wreaths here and there on the distant hill-sides. The lake was as smooth as glass, and gave motionless reflections of the woods and hills. This glassy surface is the best aspect of so small a sheet of water. At Luther Butler's we found his father-in-law, old Mr. Barnes, cutting a young man's hair. The patient was seated in a chair at the kitchen door ; and the old fellow seemed to perform the operation with a good deal of skill, and had made a pretty even surface all over his head, leaving the hair about an inch long.

I told Julian that I was going to send him to get Bunny after breakfast. The little man's
face quite glowed with delight, but yet he seemed confused. " Why, papa," said he, " you see I left Bunny there to be Ellen's own; so I can't take him, unless they should send him back." I quieted his scruples by telling him what Mrs. Tappan had said; and he immediately became very desirous to go and get Bunny. At about nine o'clock I let him go; and in half an hour or so he came back with Bunny, in his little house. Poor Bunny seemed to have lost a good deal of his confidence in human nature, and kept himself as close as he could in a corner of the box, and made no response to my advances, nor would take a lettuce leaf which I offered him. I rather think he has lived in great torment during his absence. Julian says it was a great while before he
could come away with him, on account of Bruin; so desirous was that naughty dog to get poor little Bunny.

I read " Pendennis " till twelve, while the old boy amused himself hither and thither ; then, seeing him down in the valley, I went and lay under an apple tree. Julian climbed up into the tree, and sat astride of a branch. His round merry face appeared among the green leaves, and a continual stream of babble came dripping down
upon me, like a summer shower. He said how he should like to live always in the tree, and make a nest of leaves. Then he wanted to be a bird, so that he might fly far away ; and he would go to a deep hole, and bring me back a bag of gold ; and he would fly to West Newton, and bring home mamma on his back ; and he would fly to the Post Office for letters, and he would get beans and squashes and potatoes.

After a while, I took him down from the tree; and removing a little way from the spot, we chanced upon a remarkable echo. It repeated every word of his clear little voice, at his usual elevation of talk; and when either of us called loudly, we could hear as many as three or four repetitions— the last coming apparently from far away beyond the woods, with a strange fantastic similitude to the original voice, as if beings somewhat like ourselves were shouting in the invisible distance. Julian called "Mamma," "Una," and many other words; then he shouted his own name, and when the sound came back upon us, he said that mamma was calling him. What a strange weird thing is an echo, to be sure !

At two o'clock the whole family had dinner: Julian an end of bread, myself a custard pie, and Bunny some nibblings of the crust. The little man and I walked down to the lake. The crusade against thistles still continues; and the mulleins, likewise, come in for their share of the blows. After loitering awhile on the shore of the lake, we came homeward through Mr. Wilcox's field and through his tall pine wood. I lay on my back, looking upward through the branches of the trees, while Julian spent nearly a quarter of an hour, I should think, beating down a single great mullein-stalk. He certainly does evince a persevering purpose, sometimes. We strolled through the wood among the tall pillars of those primaeval pines, and thence home along the margin of a swamp, in which I gathered a sheaf of cat-tails. This brings the history up to the present time, within a few minutes of five
o'clock.

Either I have less patience to-day than ordinary, or the little man makes larger demands upon it; but it really does seem as if he had baited me with more questions, references, and observations, than mortal father ought to be expected to endure. He does put me almost beside my propriety, never quitting me, and continually thrusting in his word between the clauses of every sentence of all my reading, and smashing
every attempt at reflection into a thousand fragments.

I put him to bed at seven ; gathered and crushed some currants; took a meditative walk to-and-fro, behind the house, looking out on the lake and hills; ate the currants; pored over a paper (having finished the first volume of "Pendennis "), and went to bed before ten.

August 4th Monday.

We got up at about half-past six ; and before the bathing was over Mrs. Peters arrived. Going for the milk, the sun shone, warm but not bright, through a thin cloudiness that was diffused over the whole sky. The little man seemed to be sprightly and in good condition, although he had tumbled about, during the night, to a degree that often woke me up. After breakfast, I gathered a tray full of string beans from my garden, and Julian a tin pail full for his own individual domain.

The little man had been speculating about his mother's age, and saying she is twenty years old.

"So very small," he exclaims, " and twenty years old!"

The weather grew very chill as the day advanced, with the wind from the eastward. Oh, for an east wind with a breath of the salt sea in it! Of course, this infernal atmosphere has given me a cold; and I have sat shivering all day, with an
utter disinclination to move. All day, I mean, until somewhat past four, when Julian and I set out for the village. The little man has kept up his spirits, and has hammered and pounded at some carpenter work or other, greatly to the discomfort of my head; although I fell into a half drowse in the midst of it.

On our road to the village, he trotted off like a young colt, on his short, but unweariable legs. Reaching the office, we found no letter; the Eastern mail had somehow or other failed to arrive — a miserable mischance. After stepping into the courthouse to see Mr. Farley, and sitting awhile in his office, we turned our faces homeward ; the old gentleman pestering me sorely to get him an orange — which, however, I could not have done without a long walk to the other end of the village. He seemed just as active and frisky as ever on our homeward road; while I was grim, gloomy, and utterly without elasticity. I turned up the avenue to Highwood, with a letter and paper for Willy Barney; and finding the study window open, I stepped in and took the " Home Journal," which I looked over, in a chair, under the porch.

I put Julian to bed at seven, and then wrapt myself in my wadded gown, and sat in the boudoir, — took some nux vomica and went to bed before ten.

August 5th Tuesday.

I SLEPT pretty well, and so did the old gentleman; although he woke me once with his tumblings and tossings. We got up, as usual, at half-past six ; my cold being apparently on the mending hand. The weather, as we found on going for the milk, was rather less chill than yesterday ; but there were clouds over the whole sky, here
and there resting on the ridges of the hills. No wind at all; the lake perfectly smooth.
Coming home from Luther's, the little man lingered behind to gather some flowers, and then setting out to run, he came down with a terrible tumble.

It now lacks a quarter of eleven o'clock. The only remarkable event, thus far, has been a visit. I was sitting in the boudoir, when a knock came to the front door; and Mrs. Peters said that a lady wished to see me ; so I went up-stairs on tiptoe, and made myself as presentable as I could, at short notice, and came down to the dining room. The visitor was a lady, rather young, and quite comely, with pleasant and intelligent eyes, in a pretty Quaker dress.

She offered me her hand, and spoke with much simplicity, but yet in a ladylike way, of her interest in my works, and her not being able to resist a desire to see me, on finding herself in my vicinity. I asked her into the sitting-room to enjoy our back view; and we talked of the scenery and of various persons and matters. Lowell, Whittier, Mr. James, and Herman Melville were more or less discussed; she seemed to be a
particular friend of Whittier, and had heard of his calling on me, two or three years ago. Her manners were very agreeable indeed; — the Quaker simplicity, and the little touch of Quaker phraseology, gave piquancy to her refinement and air of society. She had a pleasant smile, and eyes that readily responded to one's thought; so
that it was not difficult to talk with her — a singular, but yet a gentle freedom in expressing her own opinions — an entire absence of affectation. These were the traits that impressed me; and, on the whole, it was the only pleasant visit I ever experienced in my capacity as author. She did not bore me with laudations of my own writings, but merely said that there are some authors with whom we felt ourselves privileged to be acquainted, by the nature of our sympathy with their writings, or something to that effect, &c., &c., &c.

All this time, Julian was climbing into my lap. He had on a knit jacket, which I had thought it prudent to endue him with, in the morning, on account of the east wind. This, however, I took off, in the lady's presence. I had brushed and frizzled his hair, after breakfast; but it only looked the worse for my pains. She smiled on him, and praised his healthy aspect, and inquired whether he looked like his mother — observing that he had no resemblance to myself. Finally she rose to depart, and I ushered her to the gate, where, as she took leave, she told me her
name— "Elizabeth Lloyd"— and bidding me " Farewell ! " she went on her way, and I saw her no more. She had not ridden hither, but was on a walk. She resides in Philadelphia. Julian allowed her to kiss him.

I have read Fourier today, when I have read anything. After dinner, we set out on a walk down to the lake. The weather is still uncertain, threatening rain all the time, and never fulfilling its threat. It might more properly be called a promise now than threat; for it is an exceedingly dry time indeed.
There are five or six feet more of margin to the lake than I ever saw before; and the brook is quite dry along a great part of its channels. The effect of the drought is visible in the foliage of the woods; it has shrunken within a few days, so that the shade which it cast is not so dense as before. This lack of moisture may be one reason that withered and yellow leaves, and even branches, begin to be seen. But mam^' autumnal characteristics may now be detected; the yellow flowers, the yellow hue of grain-fields, the no longer juicy, but crispy herbage — everything tells a story of a past climax. And when did it pass? I am sure I don't know.

On our way home Julian was stung on the leg by a wasp, and squealed outrageously. This was getting over the fence by Mr. Tappan's oatfield. He seemed quite in an agony, at first, but was so far recovered, before we reached the house, that he asked for a piece of bread and some water more earnestly than a cure for the bite. I first bathed his leg in arnica, and then fed him. All this has brought us to a quarter past five. He continues to pester me with his inquisitions. For instance, just now, while he is whittling with my jack-knife: "Father, if you had bought all the jack-knives at the shop, what would you do for another, when you broke them all?" "I would go somewhere else," say I. But there is no suppressing him! " If you had bought all the jack-knives in the world, what would you do? " And here my patience gives way, and I entreat him not to trouble me with any more foolish questions. I really think it would do him good to spank him, apropos of this habit.

I put him to bed between six and seven ; and my cold being not quite well, went to bed myself at nine.

August 6th Wednesday.

We got up about the usual time. The little man's leg and foot were swollen and inflamed, in consequence of the wasp-bite yesterday; and he complained of pain when the part was touched, though otherwise it seemed to be comfortable enough. I gave him two globules of aconite, and advised him not to go with me for the milk ;
but he insisted, and got along without any inconvenience.

It was a clear, mild morning, with some clouds, but a singularly transparent atmosphere. We got some butter at Luther's ; and being myself burthened with the milk, I gave it to the old gentleman to carry. He remonstrated, in a sharp, quick, high voice, sounding very much like the chattering of an angry squirrel ; but when I reasoned with him, and pointed out the impropriety of my carrying two burthens, while he had none, he yielded at once; and refused to let me take the butter when I thought he had carried it far enough.

After breakfast, we gathered some summer squashes, the first our garden has produced. Then I frizzled his wig, an art in which I do not perceive that I make any improvement. It was before ten, I think, when we set forth on a walk to the lake; it being a beautiful forenoon with warmth in the sun and coolness in the breaths of wind. At the lake the little man provided himself with an old dry branch of a tree, to the end of which he fastened a straw, and began to fish, with a faith that it was really piteous to behold. Afterwards, we went through the green, glimmering wood to the beach near the Stockbridge road, where we both amused ourselves setting sticks and chips afloat. For my part, I felt very inactive with this lazy, benumbing cold, which hangs on longer than usual. It made me no fit playmate for this frisky little monster. It was after twelve when we got home.

After dinner, we went out to the barn, and refreshed ourselves among the new hay; and when we came in, I found two letters — one from Phoebe, giving a brief summary of her wearinesses; the other from Pike, concerning a plan for a seashore residence. Having previously intended to go to the village this afternoon, we set out at a little past four. It was a hot sun, with now and then a puff of cool breeze : the same poisonous weather that we have had so much of, this summer; but the breeze was enjoyable, nevertheless. I found nothing at the office, save the " Museum," and a letter from an autograph collector. Julian was remarkably uneasy in the village, insomuch that I came away without purchasing some loaf-sugar, which we have wanted ever so long. He was so restless in his movements, that I suspected him to be, in his technical phrase, "uncomfortable"; but he positively denied it. We stopped at Love Grove; and then again I made inquisition as to this point; but he still said no.
He was so restless, however, that I advised him to go home before me, and he accordingly started at a great pace.

I put him to bed at about seven. It is now between eight and nine. In the dusk of the
evening, just now, came Mrs. Tappan to borrow some eggs (I lent her seven) and to ask if I were to write again to Sophia, before her return. In that case, she wishes her to get ten pounds of ground rice.

I looked over the newspaper during the evening, and to bed before ten.