en-fr  THREE MEN IN A BOAT by JEROME K. JEROME. CHAPTER IX. Medium
CHAPITRE IX

On a mis George au travail, maintenant qu'on l'avait sous la main. Bien évidemment, inutile de le préciser, il n'avait aucune envie de travailler. Il nous a expliqué qu'il en avait bavé à la City. Harris, qui est d'une nature insensible et peu enclin à la compassion, a dit : — Ah ! et maintenant, pour changer, tu vas en baver sur la rivière, le changement est bon pour tout le monde. Allez, en avant !
Impossible en toute conscience... même pas celle de George... de refuser, mais il a suggéré que peut-être il serait préférable pour lui de monter dans le bateau et de préparer le thé, pendant que Harris et moi remorquions l'embarcation, car préparer le thé est une telle corvée et Harris et moi avions l'air si fatigué. Pour toute réponse, nous lui avons lancé le filin de remorquage, il l'a attrapé et s'est mis en route.
Il y a quelque chose de très curieux et d'inexplicable avec les filins de remorquage Vous l'enroulez avec autant de patience et de soin qu'il vous en faudrait pour plier un nouveau pantalon, et cinq minutes plus tard, lorsque vous le ramassez, c'est un enchevêtrement épouvantable et intolérable.
Je ne veux pas être offensant, mais je suis persuadé que si vous preniez un filin d'une longueur moyenne, que vous l'étendiez en plein milieu d'un champ et que vous lui tourniez ensuite le dos pendant trente secondes, vous verriez qu'il s'est mis en boule au beau milieu du champ, qu'il s'est torsadé et noué, a perdu ses deux extrémités et s'est transformé en un paquet de nœuds et que ça vous prendrait une bonne demi-heure pour le démêler, assis dans l'herbe et en poussant sans cesse des jurons.
C'est en général mon point de vue sur les filins de remorquage. Bien sûr, il peut exister quelques notables exceptions, je ne prétends pas le contraire. Il peut bien exister des filins qui font honneur à leur fonction... consciencieux et respectables... des filins qui n'imaginent pas être un ouvrage de dames et qui n'essaient de se transformer en macramé dès qu'ils sont livrés à eux-mêmes Ce genre de filins doit sans doute exister, je le souhaite de tout mon cœur. Mais je n'en ai jamais rencontré.
Je m'étais chargé de prendre ce filin moi-même avant de nous rendre à l'écluse. Je n'avais pas laissé Harris y toucher parce qu'il n'est pas soigneux. Je l'avais enroulé lentement et avec précaution, attaché en son centre, plié en deux et déposé délicatement au fond du bateau. Harris l'avait soulevé avec science et remit à George. George l'avait saisi fermement en le maintenant à distance et avait commencé à le dérouler comme s'il enlevait les langes d'un nouveau-né ; en définitive, avant même qu'il ait fait une dizaine de mètres, l'objet ressemblait plus à un paillasson de mauvaise facture qu'à autre chose.
C'est toujours pareil, le même genre de chose se reproduit toujours ainsi. L'homme qui est sur la rive et qui essaie de le démêler, pense que la faute incombe à l'homme qui l'a enroulé. Et quand un marinier pense quelque chose, il le dit.
— Qu'est-ce que tu as voulu foutre avec ce machin, un filet de pêche ? Le bordel que tu as foutu ; tu ne pouvais pas l'enrouler correctement, sombre crétin de la Tamise ? grogne-t-il de temps à autre tout en se débattant sauvagement avec le filin, alors il le jette à terre sur le chemin de halage, tourne autour et essaie d'en trouver le bout.
De son côté, l’homme qui l’a enroulé pense que c’est à celui qui essaie de le dérouler que revient la responsabilité de l'embrouillamini.
— Il était correct quand tu l'as pris, s'exclame-t-il indigné. — Fais donc attention à ce que tu fais ! Tu fais tout à la va-vite. Tu ferais des nœuds avec un mât d’échafaudage !
Et la colère monte tellement en eux que chacun en arrive à souhaiter que l'autre soit pendu au bout de cette fichue corde. Au bout de dix minutes, le premier pousse un cri et pète un câble (c'est le cas de le dire), amorce une danse sauvage sur le filin, essaie de démêler le sac de nœuds en empoignant la première boucle qui lui tombe sous la main et s'acharne dessus. Bien sûr, cela ne fait que renforcer, plus que jamais, l'emberlificotage. Ensuite, le deuxième homme sort du bateau et vient l’aider. Ils se gênent l'un l'autre et s'empêtrent réciproquement Ils attrapent le même bout du filin, le tirent dans des directions opposées et se demandent bien où il est coincé. En fin de compte, les choses s'éclairent, alors ils se retournent et constatent que le bateau a dérivé et file droit vers le barrage.
La chose est vraiment arrivée une fois à une de mes connaissances. C'était en amont de Boveney, par un matin assez venteux. Nous descendions le courant et, en abordant le virage, nous avons remarqué deux hommes sur la rive. Ils se regardaient avec une expression aussi ahurie que désespérément lamentable — que je n'avais jamais vue sur un visage humain auparavant ni même revue depuis, et ils tenaient un long filin de remorquage entre eux deux. Il était clair que quelque chose était arrivé, alors nous avons ralenti et leur avons demandé ce qui se passait.
Eh bien, notre bateau s'est fait la belle ! ont-ils répondu d'un ton indigné. Nous venons juste de parvenir à démêler le filin de remorquage et, lorsque nous avons regardé autour de nous... plus de bateau !
Et ils semblaient offensés par ce qu'ils considéraient à l'évidence comme un acte mesquin et ingrat de la part du bateau.
Nous avons retrouvé le bateau à l'âme buissonnière un demi-kilomètre plus loin, retenu par des joncs, et nous le leur avons ramené. Je parie qu'ils n'ont pas donné une autre chance à ce bateau pendant au moins une semaine.
Je n'oublierai jamais l'image de ces deux hommes marchant le long de la rive, un filin de halage à la main, cherchant des yeux leur bateau.
Il est fréquent de voir des incidents amusants sur la Tamise en rapport avec le remorquage. Un des plus communs est de voir une paire de mastards, avançant à vive allure, plongés dans une discussion animée, tandis qu'une centaine de mètres derrière eux, l'homme dans le bateau leur hurle d'arrêter en brandissant frénétiquement un aviron en signe de détresse. Il est arrivé quelque malheur : le gouvernail s'est fait la malle, la gaffe est passée par-dessus bord,ou alors sa casquette est passée à l'eau et file rapidement emportée par le courant.
Il leur demande de s'arrêter, au début assez calmement et poliment.
Ho ! — Arrêtez un instant, voulez-vous ?, lance-t-il nonchalamment. J'ai envoyé ma casquette par-dessus bord
Puis : Ho ! Tom... Dick ! Vous m'écoutez ? moins aimablement cette fois.
Puis : Ho ! Que le diable vous emporte, bande de c... ! Ho ! Stop ! Hé vous... !
Après cela, il bondit, trépigne et, rouge de colère, hurle et maudit toute la création. Sur le bord, les gosses s’arrêtent et se moquent de lui et lui lancent des pierres au moment où il passe devant eux, à six kilomètres heure, sans aucune échappatoire.
Une grande partie de ce genre d'incidents serait évitée si ceux qui remorquent voulaient bien se souvenir qu'ils tractent et s'ils jetaient un coup d'œil régulier en arrière pour surveiller la progression de leur collègue. Il est préférable de laisser une seule personne remorquer. Quand il y en a deux, elles bavardent et oublient de se retourner, et le bateau lui-même, n'offrant, comme c'est souvent le cas, que très peu de résistance, ne fait rien pour se rappeler à elles.
Pour illustrer à quel point deux haleurs peuvent être complètement indifférents à leur tâche, George nous a raconté, plus tard dans la soirée, alors que nous abordions ce sujet après le souper, une histoire très curieuse.
Un soir, lui et trois autres hommes, a-t-il raconté, étaient en train de manœuvrer à la godille un bateau très lourdement chargé et, après avoir passé Maidenhead et un peu au-dessus de l'écluse de Cookham, ils ont remarqué un gars et une fille, marchant sur le chemin de halage et plongés tous les deux dans une conversation apparemment captivante et fascinante. Chacun tenait l'extrémité d'une gaffe à laquelle était attaché un filin de remorquage qui trainait derrière eux et dont le bout pendait dans l'eau. Aucun bateau à proximité ni en vue. À un moment ou un autre, il avait dû y avoir une embarcation attachée à ce filin, c'est sûr, mais ce qu'il était advenu, quel horrible destin s'était abattu sur lui et sur ceux qui se trouvaient à bord, était profondément mystérieux. Cependant, peu importe quel accident s'était produit, il n'avait en rien dérangé le jeune homme et la jeune fille qui continuaient, imperturbables, de haler le filin. Ils avaient la gaffe et le filin. Cela leur semblait amplement suffisant pour accomplir leur mission.
George était sur le point de les héler pour les ramener à la réalité, mais à ce moment-là, une idée brillante lui avait traversé l'esprit, et il n'en avait rien fait. Au lieu de cela, il a lancé le grappin, a attrapé le filin et en a remonté l'extrémité sur le pont ; ils en ont fait une boucle qu'ils ont attachée à leur mât, puis ils ont rangé les rames, sont allés s'asseoir à la poupe et ont allumé leur pipe.
Et ce jeune homme et cette jeune femme ont remorqué ces quatre types et un lourd bateau jusqu'à Marlow.
George a déclaré qu'il n'avait jamais vu auparavant autant d'incompréhension interdite concentrée dans un seul regard, quand, arrivé à l'écluse, ce jeune couple a réalisé qu'il remorquait le mauvais bateau depuis trois bornes. George avait cru que, sans l'influence modératrice de la douce jeune femme à ses côtés, le jeune homme se serait peut-être laissé aller à quelque violence verbale.
La jeune fille a été la première à se remettre de sa surprise et, quand elle l'a fait, elle a joint les mains et a hurlé comme une folle : « Oh, Henry, alors où est tatie » ?
— Ont-ils seulement retrouvé la vieille dame ? a demandé Harris.
George a répondu qu'il n'en savait rien.
George et moi avons observé, un peu en amont de Walton, un autre exemple du dangereux manque de sympathie entre remorqueur et remorqué. C’était là où le chemin de halage s’enfonce doucement dans l’eau, nous campions sur la rive opposée, attentifs à ce qui se passait. À un moment donné, un petit bateau a pointé son nez, remorqué à un rythme effréné par un puissant cheval de trait, sur lequel était assis un très jeune garçon. Répartis un peu partout dans le bateau, cinq types, soit perdus dans leurs rêves soit se reposant, se prélassaient — l'homme qui tenait la barre affichait un air particulièrement benoît.
— J'aimerais bien le voir emprunter la mauvaise trajectoire, a murmuré George, tandis qu'ils passaient. À ce moment précis, c'est ce qu'a fait l'homme... le bateau a été précipité sur la rive dans un bruit semblable à celui de quarante mille draps de lin qu'on aurait déchirés tout ensemble. Deux hommes, un panier et trois avirons ont immédiatement été débarqués par bâbord et se sont vautrés sur la berge. Une seconde et demie plus tard, deux autres hommes ont été débarqués par tribord et se sont retrouvés les fesses par terre entre les grappins, les voiles, les sacs de voyage et les bouteilles. Le dernier lascar est descendu une vingtaine de mètres plus loin... tête la première.
Cela avait eu pour résultat d'alléger le bateau qui glissait rapidement sur l'eau, le jeune garçon hurlant à tue-tête et poussant son coursier au galop. Les gars se sont redressés et ont échangé des regards ahuris. C'était quelques secondes avant qu'ils ne se rendent compte de ce qui leur était arrivé, mais quand ils l'ont compris, ils ont commencé à crier avec véhémence pour que le garçon s'arrête. Mais lui, il était bien trop occupé avec le cheval pour les entendre, et nous les avons regardés se précipiter derrière le gamin jusqu'à ce que la distance les cache à notre vue.
Je ne dirais pas que j'ai été navré de leur mésaventure. Vraiment, je souhaite seulement que tous les jeunes imbéciles qui font remorquer leur bateau de la sorte, et beaucoup le font, puissent vivre de tels épisodes fâcheux. Outre le risque qu'ils courent eux-mêmes, ils représentent un danger et une gêne pour tous les autres bateaux qu'ils croisent. À l'allure à laquelle ils vont, il leur est impossible de s'écarter du chemin des autres et à ceux-ci de s'écarter du leur. Leur filin s'accroche à votre mât et vous renverse, ou il attrape quelqu'un dans le bateau et le jette à l'eau, ou lui balafre le visage. Le meilleur plan consiste à rester sur sa trajectoire et à se tenir prêt à les repousser à l'aide de l'extrémité d'un mât.
De toutes les expériences liées au remorquage, les plus excitantes sont celles où ce sont des filles qui vous remorquent. C'est une sensation qu'on ne devrait épargner à personne. Il faut toujours trois filles pour remorquer : deux qui tiennent la corde et une autre qui gigote dans tous les sens et qui rit bêtement. En général, elles commencent par s'emberlificoter dans le cordage. Elles enroulent le filin autour de leurs jambes et doivent s'asseoir sur le chemin pour s'en défaire les unes les autres ; ensuite, elles l'entortillent autour de leur cou et en viennent presque à s'étrangler.. Enfin, elles parviennent à arranger les choses et partent en courant, entraînant le bateau à une allure plutôt dangereuse. Au bout de cent mètres, elles sont naturellement à bout de souffle et s’arrêtent brusquement. Toutes s'assoient sur l’herbe et éclatent de rire, mais votre bateau est pris par le courant et pivote avant que vous ayez compris ce qui se passe ou que quiconque ait pu donner le moindre coup de rames. Alors elles se relèvent et là... surprise.
Et elles s'étonnent : « Oh, regardez les filles, il est carrément parti au milieu. »
Après cela, elles repartent à allure assez régulière (pour un temps), puis l'une d'elle décide soudainement qu'elle doit réajuster sa robe, alors elles se mettent à l'aise pour ce faire et... le bateau s'échoue.
Vous vous levez d'un bond, repoussez l'embarcation et vous leur criez de ne pas s'arrêter.
« Oui. Qu'y a-t-il ?» demandent-elles en criant.
Vous rugissez : « Ne vous arrêtez pas.»
« Qu'on ne fasse pas quoi ? »
« Ne vous arrêtez pas... allez... allez ! »
« Fais demi-tour, Emily, va voir ce qu'ils veulent », dit l'une, et Emily revient en arrière et demande ce qui se passe
Elle interroge : « Vous voulez quoi ? y'a un problème ? »
Vous répondez : « Non, tout va bien, allez-y, c'est tout, voyez... ne vous arrêtez pas ! »
« Pourquoi pas ? »
« Mais parce qu'on ne peut pas diriger le bateau si vous vous arrêtez sans cesse. Vous devez maintenir le cap du bateau. »
« Maint'nir quoi ? »
« Le cap... vous devez garder le bateau en mouvement. »
« Ah, d'accord, j'vais l'dire aux filles. Sinon, on s'en sort bien ? »
« Oh, oui, parfaitement... oui..., mais... ne vous arrêtez pas. ».
« Ça n'a pas l'air si difficile. Je pensais que c'était terriblement dur.»
« Oh non, c'est plutôt simple. Il suffit de garder la bonne allure, c'est tout.»
« Je vois. Passez-moi mon châle rouge, il est sous le coussin.»
Vous trouvez le châle et vous le lui tendez, et pendant ce temps, une autre fille est revenue sur ses pas, elle souhaite prendre le sien aussi et celui de Marie, au cas où, mais Marie n'en veut pas, alors elles le ramènent et prennent à la place un petit peigne. Il ne faut pas plus de vingt minutes pour qu'elles s'arrêtent à nouveau, au détour d'un méandre, elles aperçoivent une vache et vous devez débarquer pour la houspiller afin qu'elle déguerpisse.
On n'a jamais le temps de s'ennuyer quand ce sont des filles qui remorquent le bateau.
Après un moment, George est parvenu à attraper le filin et nous a remorqués, sans accroc, jusqu'à Penton Hook. Là, nous avons abordé le sujet délicat du camping. Nous avions décidé de passer la nuit à bord, et nous pouvions soit nous arrêter ici, soit un peu après Staines. Il semblait prématuré de penser à jeter l'ancre ici alors que le soleil était encore haut dans le ciel, et nous avons décidé de poursuivre jusqu'à Runnymead, situé trois milles et demi plus loin, un joli coin boisé et tranquille le long de la rivière et offrant un bon abri.
Cependant, par la suite nous avons tous regretté de ne pas nous être arrêtés à Penton Hook. Parcourir trois ou quatre miles, ce n'est rien du tout à faire en début de matinée, mais c'est éreintant à la fin d'une longue journée. Vous n’appréciez absolument pas le paysage au cours de ces derniers miles. Aucun bavardage ni éclat de rire. Chaque demi-mile parcouru compte pour deux. Vous pouvez à peine croire que vous en êtes seulement là où vous en êtes et vous êtes convaincu que la carte doit être erronée, et après vous être traîné sur au moins dix miles, l'écluse n'est toujours pas en vue, vous commencez à redouter que quelqu'un l'ait volée et se soit enfui avec elle.
Une fois, je me souviens d'avoir été terriblement contrarié en amont de la Tamise (au sens figuré, je veux dire). J'étais de sortie avec une jeune femme — une cousine du côté de ma mère — et nous approchions de Goring. Il était un peu tard et nous avions hâte d'arriver. Du moins, elle avait hâte d'arriver. Il était six heures et demie lorsque nous avons atteint l'écluse de Benson. Comme la nuit tombait, elle a commencé à s’énerver. Elle a ronchonné qu'elle devait être rentrée pour dîner. J'ai répondu que c'était également mon cas et j'ai sorti une carte, que j'avais avec moi, pour voir exactement si on était encore loin. J'ai vu qu'il ne restait plus que deux bornes avant la prochaine écluse — Wallingford — et cinq encore jusqu'à Cleeve.
J'ai soufflé : « Oh, c'est bon ! » « On aura passé la prochaine écluse avant sept heures, et il n’y en aura plus qu’une. » Je me suis rassis et me suis activé avec énergie.
Nous avons passé le pont et, peu de temps après, je lui ai demandé si elle voyait l'écluse. Elle a répondu que non, qu'elle ne voyait aucune écluse, j'ai poussé un « Oh ! » et j'ai tiré sur mes rames. Cinq autres minutes se sont écoulées, puis je lui ai demandé de regarder à nouveau.
Elle a lâché : « Non, je ne vois aucune trace d'écluse. »
« Tu... tu es sûre que tu sais reconnaître une écluse quand tu en vois une ? » lui ai-je demandé, sans vouloir l'offenser.
La question l'a froissée, si bien qu'elle m'a suggéré que je ferais mieux de regarder par moi-même ; j'ai donc posé les rames et ai jeté un coup d'œil. Sous le crépuscule, la Tamise s'étendait devant nous sur une distance d'environ un kilomètre et demi ; il n'y avait pas l'ombre d'une écluse.
« Ne me dis pas que nous nous sommes perdus, si ? » m'a demandé ma camarade de navigation
Je ne voyais pas comment c'était possible, cependant, comme je le suggérais, nous avions peut-être pris le bras de dérivation et nous nous dirigions vers les chutes.
Cette hypothèse ne la réconforta pas le moins du monde et elle se mit à pleurer. Elle sanglota que nous allions tous les deux périr noyés et que c'était son châtiment pour m'avoir accompagné.
Cela me semblait un châtiment excessif, mais ma cousine pensait différemment de moi et espérait que tout se finisse très vite.
J'ai essayé de la rassurer et de faire la lumière sur toute cette affaire. Je lui ai dit qu'à l'évidence je ne ramais pas aussi vite que je le croyais mais que nous devrions bientôt atteindre l'écluse, et j'ai ramé sur encore quinze cents mètres..
Puis, à mon tour, j'ai commencé à m'inquiéter. J'ai à nouveau regardé la carte. L'écluse de Wallingford y était très clairement notée, deux kilomètres en aval de celle de Benson. C'était une bonne carte, fiable, et, de plus, j'avais un souvenir très net de l'écluse. Je l'avais franchie par deux fois. Où étions-nous ? Que nous était-il arrivé ? Je commençais à penser que tout cela n'était qu'un rêve, que je dormais profondément, que j'allais me réveiller dans une minute et que quelqu'un me dirait qu'il était dix heures passées.
J'ai demandé à ma cousine si elle pensait que tout cela pouvait n'être qu'un rêve et elle a répondu qu'elle était sur le point de me poser la même question. Ensuite nous nous sommes demandés si nous étions tous les deux endormis et, dans l’affirmative, qui était celui qui rêvait et qui était celui qui était dans le rêve, ça devenait très intéressant.
Cependant, j'ai continué à ramer sans qu'aucune écluse n'apparaisse. La Tamise est devenue de plus en plus sombre et mystérieuse envahie par les ombres nocturnes ; les choses semblaient devenir étranges et fantastiques. J'ai songé aux elfes et aux dames blanches, aux farfadets et à ces méchantes sorcières qui s’asseyaient toute la nuit sur des rochers et attiraient les gens dans des tourbillons et autres joyeusetés ; j'aurais voulu être un homme meilleur et savoir davantage de prières, quand, au milieu de ces réflexions, j’ai entendu l'air béni de « He's got 'em on », mal joué sur un concertina et j'ai su que nous étions sauvés.
En règle générale, je n'apprécie guère les accents du concertina, mais, oh! comme cette musique nous a semblé belle alors — bien plus belle que la voix d'Orphée ou le luth d'Apollon, ou quoi que ce soit d'autre du même registre. Une mélodie céleste, dans l'état d'esprit où nous nous trouvions, n'aurait fait que nous malmener davantage. Une harmonie émouvante, correctement interprétée, nous l'aurions prise comme un avertissement divin et aurions renoncé à tout espoir. Mais les accords de « On les a mis en déroute », exhalés par intermittence et avec des changements de rythme involontaires par un accordéon asthmatique, cela avait quelque chose de singulièrement humain et rassurant.
Les doux sons se sont rapprochés et bientôt le bateau d'où ils s'échappaient s'est retrouvé à côté du nôtre.
À l'intérieur, se trouvait une bande de « ploucs » de province venus faire une petite croisière au clair de lune. (Il n'y avait pas de lune, mais ce n'était pas leur faute.) Je n'ai jamais vu de gens plus sympathiques et plus aimables de toute ma vie. Je les ai salués et leur ai demandé s'ils pouvaient m'indiquer le chemin de l'écluse de Wallingford en expliquant que je la cherchais en vain depuis deux heures.
Ils se sont exclamés : « L'écluse de Wallingford ! » « Que l'bon Dieu vous bénisse, m'sieur, ça fait bien un an qu'elle a été supprimée. Maint'nant, il n'y a plus d'écluse Wallingford, m'sieur. Vous z'êtes tout près de Cleeve à présent. Hé Bill, j'veux bien êt'e pendu si c'était pas un milord qui cherchait l'écluse de Wallingford. »
Je n'avais jamais imaginé cela. J'aurais voulu leur tomber dans les bras et les congratuler; mais le courant était trop fort à cet endroit pour le permettre, alors j'ai dû me contenter de simples mots de gratitude.
Nous les avons remerciés encore et encore et leur avons dit que c'était une nuit exquise. Nous leur avons souhaité un bon voyage. Je pense que je les ai tous invités à venir passer une semaine chez moi et ma cousine a dit que sa mère serait tellement heureuse de faire leur connaissance. Nous avons entonné le chœur des soldats de Faust et sommes finalement rentrés à la maison pour l'heure du souper.
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CHAPTER IX.
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We made George work, now we had got him.
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He did not want to work, of course; that goes without saying.
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He had had a hard time in the City, so he explained.
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Harris, who is callous in his nature, and not prone to pity, said: “Ah!
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Out you get”!
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There is something very strange and unaccountable about a tow-line.
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That is my opinion of tow-lines in general.
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Of course, there may be honourable exceptions; I do not say that there are not.
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I say there may be such tow-lines; I sincerely hope there are.
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But I have not met with them.
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unit 18
This tow-line I had taken in myself just before we had got to the lock.
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I would not let Harris touch it, because he is careless.
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unit 21
Harris had lifted it up scientifically, and had put it into George’s hand.
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“What have you been trying to do with it, make a fishing-net of it?
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unit 28
“It was all right when you took it!” he exclaims indignantly.
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“Why don’t you think what you are doing?
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You go about things in such a slap-dash style.
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You’d get a scaffolding pole entangled you would”!
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Of course, this only gets it into a tighter tangle than ever.
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unit 38
This really happened once to my own knowledge.
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unit 39
It was up by Boveney, one rather windy morning.
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unit 43
“Why, our boat’s gone off!” they replied in an indignant tone.
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unit 47
I bet they did not give that boat another chance for a week.
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unit 49
One sees a good many funny incidents up the river in connection with towing.
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unit 52
He calls to them to stop, quite gently and politely at first.
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unit 53
“Hi!
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unit 54
stop a minute, will you?” he shouts cheerily.
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unit 55
“I’ve dropped my hat over-board”.
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unit 56
Then: “Hi!
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unit 57
Tom—Dick!
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unit 58
can’t you hear?” not quite so affably this time.
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unit 59
Then: “Hi!
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unit 60
Confound you, you dunder-headed idiots!
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unit 61
Hi!
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unit 62
stop!
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unit 63
Oh you—”!
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unit 67
It is best to let one person tow.
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unit 72
No boat was near, no boat was in sight.
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unit 82
“Did they ever recover the old lady”?
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unit 83
asked Harris.
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unit 84
George replied he did not know.
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unit 89
unit 92
The last man went on twenty yards further, and then got out on his head.
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unit 94
The fellows sat up and stared at one another.
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unit 97
I cannot say I was sorry at their mishap.
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unit 103
unit 104
It is a sensation that nobody ought to miss.
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unit 106
They generally begin by getting themselves tied up.
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unit 110
Then they stand up, and are surprised.
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unit 111
“Oh, look!” they say; “he’s gone right out into the middle”.
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unit 113
You jump up, and push it off, and you shout to them not to stop.
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unit 114
“Yes.
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unit 115
What’s the matter”?
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unit 116
they shout back.
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unit 117
“Don’t stop,” you roar.
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unit 118
“Don’t what”?
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unit 119
“Don’t stop—go on—go on”!
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unit 121
“What do you want?” she says; “anything happened”?
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unit 122
“No,” you reply, “it’s all right; only go on, you know—don’t stop”.
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“Why not”?
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“Why, we can’t steer, if you keep stopping.
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You must keep some way on the boat”.
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“Keep some what”?
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“Some way—you must keep the boat moving”.
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“Oh, all right, I’ll tell ’em.
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Are we doing it all right”?
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“Oh, yes, very nicely, indeed, only don’t stop”.
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“It doesn’t seem difficult at all.
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I thought it was so hard”.
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“Oh, no, it’s simple enough.
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You want to keep on steady at it, that’s all”.
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“I see.
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unit 136
Give me out my red shawl, it’s under the cushion”.
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There is never a dull moment in the boat while girls are towing it.
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George got the line right after a while, and towed us steadily on to Penton Hook.
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There we discussed the important question of camping.
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We all wished, however, afterward that we had stopped at Penton Hook.
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You take no interest in the scenery during these last few miles.
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unit 147
You do not chat and laugh.
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unit 148
Every half-mile you cover seems like two.
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unit 150
I remember being terribly upset once up the river (in a figurative sense, I mean).
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unit 152
unit 154
She said she must be in to supper.
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unit 157
“Oh, it’s all right!” I said.
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unit 159
We passed the bridge, and soon after that I asked if she saw the lock.
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unit 160
She said no, she did not see any lock; and I said, “Oh!” and pulled on.
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unit 161
Another five minutes went by, and then I asked her to look again.
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unit 162
“No,” she said; “I can’t see any signs of a lock”.
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unit 163
“You—you are sure you know a lock, when you do see one”?
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I asked hesitatingly, not wishing to offend her.
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“You don’t think we have lost our way, do you”?
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unit 168
asked my companion.
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unit 170
This idea did not comfort her in the least, and she began to cry.
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unit 173
I tried to reassure her, and to make light of the whole affair.
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Then I began to get nervous myself.
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unit 176
I looked again at the map.
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unit 177
There was Wallingford lock, clearly marked, a mile and a half below Benson’s.
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unit 178
It was a good, reliable map; and, besides, I recollected the lock myself.
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unit 179
I had been through it twice.
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unit 180
Where were we?
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unit 181
What had happened to us?
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unit 186
I do not admire the tones of a concertina, as a rule; but, oh!
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unit 188
Heavenly melody, in our then state of mind, would only have still further harrowed us.
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unit 191
The sweet sounds drew nearer, and soon the boat from which they were worked lay alongside us.
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unit 192
It contained a party of provincial ’Arrys and ’Arriets, out for a moonlight sail.
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unit 193
(There was not any moon, but that was not their fault.)
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unit 194
I never saw more attractive, lovable people in all my life.
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unit 196
“Wallingford lock!” they answered.
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unit 197
“Lor’ love you, sir, that’s been done away with for over a year.
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unit 198
There ain’t no Wallingford lock now, sir.
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unit 199
You’re close to Cleeve now.
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Blow me tight if ’ere ain’t a gentleman been looking for Wallingford lock, Bill”!
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unit 201
I had never thought of that.
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unit 204
And we sang the soldiers’ chorus out of Faust, and got home in time for supper, after all.
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tontonjl • 11124  translated  unit 62  1 week, 6 days ago
tontonjl • 11124  translated  unit 61  1 week, 6 days ago
tontonjl • 11124  translated  unit 53  1 week, 6 days ago

Bonjour les amis !
Voici un petit résumé trouvé sur Babelio. Petite précision, nous avons décidé d'utiliser le passé composé plutôt que le passé simple pour rendre nos traductions plus vivantes et modernes.

Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien) est un roman comique de Jerome K. Jerome, publié en 1889. Il narre les aventures de George, Harris, Jérôme et Montmorency (le chien), entreprenant un voyage sur la Tamise.
Las de la vie qu'ils mènent à Londres, trois amis décident de prendre des vacances. Malgré les protestations du chien Montmorency, les voilà partis en bateau sur la Tamise, bien résolus à mener une vie saine, heureux de découvrir les charmes de la campagne anglaise. Mais ils n'avaient pas compté avec ces événements capables de transformer le moindre voyage en une pittoresque aventure... et un simple récit en chef-d'œuvre de l'humour anglais.
Le livre est parsemé d'anecdotes comiques, mais aussi de réflexions sur la philosophie de l'existence, les illusions que nous entretenons volontiers sur le monde et sur nous-mêmes, et la nécessité de ne pas trop charger de luxe la barque de sa vie.

by francevw 2 weeks ago

CHAPTER IX.

We made George work, now we had got him. He did not want to work, of course; that goes without saying. He had had a hard time in the City, so he explained. Harris, who is callous in his nature, and not prone to pity, said:
“Ah! and now you are going to have a hard time on the river for a change; change is good for everyone. Out you get”!
He could not in conscience—not even George’s conscience—object, though he did suggest that, perhaps, it would be better for him to stop in the boat, and get tea ready, while Harris and I towed, because getting tea was such a worrying work, and Harris and I looked tired. The only reply we made to this, however, was to pass him over the tow-line, and he took it, and stepped out.
There is something very strange and unaccountable about a tow-line. You roll it up with as much patience and care as you would take to fold up a new pair of trousers, and five minutes afterwards, when you pick it up, it is one ghastly, soul-revolting tangle.
I do not wish to be insulting, but I firmly believe that if you took an average tow-line, and stretched it out straight across the middle of a field, and then turned your back on it for thirty seconds, that, when you looked round again, you would find that it had got itself altogether in a heap in the middle of the field, and had twisted itself up, and tied itself into knots, and lost its two ends, and become all loops; and it would take you a good half-hour, sitting down there on the grass and swearing all the while, to disentangle it again.
That is my opinion of tow-lines in general. Of course, there may be honourable exceptions; I do not say that there are not. There may be tow-lines that are a credit to their profession—conscientious, respectable tow-lines—tow-lines that do not imagine they are crochet-work, and try to knit themselves up into antimacassars the instant they are left to themselves. I say there may be such tow-lines; I sincerely hope there are. But I have not met with them.
This tow-line I had taken in myself just before we had got to the lock. I would not let Harris touch it, because he is careless. I had looped it round slowly and cautiously, and tied it up in the middle, and folded it in two, and laid it down gently at the bottom of the boat. Harris had lifted it up scientifically, and had put it into George’s hand. George had taken it firmly, and held it away from him, and had begun to unravel it as if he were taking the swaddling clothes off a new-born infant; and, before he had unwound a dozen yards, the thing was more like a badly-made door-mat than anything else.
It is always the same, and the same sort of thing always goes on in connection with it. The man on the bank, who is trying to disentangle it, thinks all the fault lies with the man who rolled it up; and when a man up the river thinks a thing, he says it.
“What have you been trying to do with it, make a fishing-net of it? You’ve made a nice mess you have; why couldn’t you wind it up properly, you silly dummy?” he grunts from time to time as he struggles wildly with it, and lays it out flat on the tow-path, and runs round and round it, trying to find the end.
On the other hand, the man who wound it up thinks the whole cause of the muddle rests with the man who is trying to unwind it.
“It was all right when you took it!” he exclaims indignantly. “Why don’t you think what you are doing? You go about things in such a slap-dash style. You’d get a scaffolding pole entangled you would”!
And they feel so angry with one another that they would like to hang each other with the thing. Ten minutes go by, and the first man gives a yell and goes mad, and dances on the rope, and tries to pull it straight by seizing hold of the first piece that comes to his hand and hauling at it. Of course, this only gets it into a tighter tangle than ever. Then the second man climbs out of the boat and comes to help him, and they get in each other’s way, and hinder one another. They both get hold of the same bit of line, and pull at it in opposite directions, and wonder where it is caught. In the end, they do get it clear, and then turn round and find that the boat has drifted off, and is making straight for the weir.
This really happened once to my own knowledge. It was up by Boveney, one rather windy morning. We were pulling down stream, and, as we came round the bend, we noticed a couple of men on the bank. They were looking at each other with as bewildered and helplessly miserable expression as I have ever witnessed on any human countenance before or since, and they held a long tow-line between them. It was clear that something had happened, so we eased up and asked them what was the matter.
“Why, our boat’s gone off!” they replied in an indignant tone. “We just got out to disentangle the tow-line, and when we looked round, it was gone”!
And they seemed hurt at what they evidently regarded as a mean and ungrateful act on the part of the boat.
We found the truant for them half a mile further down, held by some rushes, and we brought it back to them. I bet they did not give that boat another chance for a week.
I shall never forget the picture of those two men walking up and down the bank with a tow-line, looking for their boat.
One sees a good many funny incidents up the river in connection with towing. One of the most common is the sight of a couple of towers, walking briskly along, deep in an animated discussion, while the man in the boat, a hundred yards behind them, is vainly shrieking to them to stop, and making frantic signs of distress with a scull. Something has gone wrong; the rudder has come off, or the boat-hook has slipped overboard, or his hat has dropped into the water and is floating rapidly down stream.
He calls to them to stop, quite gently and politely at first.
“Hi! stop a minute, will you?” he shouts cheerily. “I’ve dropped my hat over-board”.
Then: “Hi! Tom—Dick! can’t you hear?” not quite so affably this time.
Then: “Hi! Confound you, you dunder-headed idiots! Hi! stop! Oh you—”!
After that he springs up, and dances about, and roars himself red in the face, and curses everything he knows. And the small boys on the bank stop and jeer at him, and pitch stones at him as he is pulled along past them, at the rate of four miles an hour, and can’t get out.
Much of this sort of trouble would be saved if those who are towing would keep remembering that they are towing, and give a pretty frequent look round to see how their man is getting on. It is best to let one person tow. When two are doing it, they get chattering, and forget, and the boat itself, offering, as it does, but little resistance, is of no real service in reminding them of the fact.
As an example of how utterly oblivious a pair of towers can be to their work, George told us, later on in the evening, when we were discussing the subject after supper, of a very curious instance.
He and three other men, so he said, were sculling a very heavily laden boat up from Maidenhead one evening, and a little above Cookham lock they noticed a fellow and a girl, walking along the towpath, both deep in an apparently interesting and absorbing conversation. They were carrying a boat-hook between them, and, attached to the boat-hook was a tow-line, which trailed behind them, its end in the water. No boat was near, no boat was in sight. There must have been a boat attached to that tow-line at some time or other, that was certain; but what had become of it, what ghastly fate had overtaken it, and those who had been left in it, was buried in mystery. Whatever the accident may have been, however, it had in no way disturbed the young lady and gentleman, who were towing. They had the boat-hook and they had the line, and that seemed to be all that they thought necessary to their work.
George was about to call out and wake them up, but, at that moment, a bright idea flashed across him, and he didn’t. He got the hitcher instead, and reached over, and drew in the end of the tow-line; and they made a loop in it, and put it over their mast, and then they tidied up the sculls, and went and sat down in the stern, and lit their pipes.
And that young man and young woman towed those four hulking chaps and a heavy boat up to Marlow.
George said he never saw so much thoughtful sadness concentrated into one glance before, as when, at the lock, that young couple grasped the idea that, for the last two miles, they had been towing the wrong boat. George fancied that, if it had not been for the restraining influence of the sweet woman at his side, the young man might have given way to violent language.
The maiden was the first to recover from her surprise, and, when she did, she clasped her hands, and said, wildly:
“Oh, Henry, then where is auntie”?
“Did they ever recover the old lady”? asked Harris.
George replied he did not know.
Another example of the dangerous want of sympathy between tower and towed was witnessed by George and myself once up near Walton. It was where the tow-path shelves gently down into the water, and we were camping on the opposite bank, noticing things in general. By-and-by a small boat came in sight, towed through the water at a tremendous pace by a powerful barge horse, on which sat a very small boy. Scattered about the boat, in dreamy and reposeful attitudes, lay five fellows, the man who was steering having a particularly restful appearance.
“I should like to see him pull the wrong line,” murmured George, as they passed. And at that precise moment the man did it, and the boat rushed up the bank with a noise like the ripping up of forty thousand linen sheets. Two men, a hamper, and three oars immediately left the boat on the larboard side, and reclined on the bank, and one and a half moments afterwards, two other men disembarked from the starboard, and sat down among boat-hooks and sails and carpet-bags and bottles. The last man went on twenty yards further, and then got out on his head.
This seemed to sort of lighten the boat, and it went on much easier, the small boy shouting at the top of his voice, and urging his steed into a gallop. The fellows sat up and stared at one another. It was some seconds before they realised what had happened to them, but, when they did, they began to shout lustily for the boy to stop. He, however, was too much occupied with the horse to hear them, and we watched them, flying after him, until the distance hid them from view.
I cannot say I was sorry at their mishap. Indeed, I only wish that all the young fools who have their boats towed in this fashion—and plenty do—could meet with similar misfortunes. Besides the risk they run themselves, they become a danger and an annoyance to every other boat they pass. Going at the pace they do, it is impossible for them to get out of anybody else’s way, or for anybody else to get out of theirs. Their line gets hitched across your mast, and overturns you, or it catches somebody in the boat, and either throws them into the water, or cuts their face open. The best plan is to stand your ground, and be prepared to keep them off with the butt-end of a mast.
Of all experiences in connection with towing, the most exciting is being towed by girls. It is a sensation that nobody ought to miss. It takes three girls to tow always; two hold the rope, and the other one runs round and round, and giggles. They generally begin by getting themselves tied up. They get the line round their legs, and have to sit down on the path and undo each other, and then they twist it round their necks, and are nearly strangled. They fix it straight, however, at last, and start off at a run, pulling the boat along at quite a dangerous pace. At the end of a hundred yards they are naturally breathless, and suddenly stop, and all sit down on the grass and laugh, and your boat drifts out to mid-stream and turns round, before you know what has happened, or can get hold of a scull. Then they stand up, and are surprised.
“Oh, look!” they say; “he’s gone right out into the middle”.
They pull on pretty steadily for a bit, after this, and then it all at once occurs to one of them that she will pin up her frock, and they ease up for the purpose, and the boat runs aground.
You jump up, and push it off, and you shout to them not to stop.
“Yes. What’s the matter”? they shout back.
“Don’t stop,” you roar.
“Don’t what”?
“Don’t stop—go on—go on”!
“Go back, Emily, and see what it is they want,” says one; and Emily comes back, and asks what it is.
“What do you want?” she says; “anything happened”?
“No,” you reply, “it’s all right; only go on, you know—don’t stop”.
“Why not”?
“Why, we can’t steer, if you keep stopping. You must keep some way on the boat”.
“Keep some what”?
“Some way—you must keep the boat moving”.
“Oh, all right, I’ll tell ’em. Are we doing it all right”?
“Oh, yes, very nicely, indeed, only don’t stop”.
“It doesn’t seem difficult at all. I thought it was so hard”.
“Oh, no, it’s simple enough. You want to keep on steady at it, that’s all”.
“I see. Give me out my red shawl, it’s under the cushion”.
You find the shawl, and hand it out, and by this time another one has come back and thinks she will have hers too, and they take Mary’s on chance, and Mary does not want it, so they bring it back and have a pocket-comb instead. It is about twenty minutes before they get off again, and, at the next corner, they see a cow, and you have to leave the boat to chivy the cow out of their way.
There is never a dull moment in the boat while girls are towing it.
George got the line right after a while, and towed us steadily on to Penton Hook. There we discussed the important question of camping. We had decided to sleep on board that night, and we had either to lay up just about there, or go on past Staines. It seemed early to think about shutting up then, however, with the sun still in the heavens, and we settled to push straight on for Runnymead, three and a half miles further, a quiet wooded part of the river, and where there is good shelter.
We all wished, however, afterward that we had stopped at Penton Hook. Three or four miles up stream is a trifle, early in the morning, but it is a weary pull at the end of a long day. You take no interest in the scenery during these last few miles. You do not chat and laugh. Every half-mile you cover seems like two. You can hardly believe you are only where you are, and you are convinced that the map must be wrong; and, when you have trudged along for what seems to you at least ten miles, and still the lock is not in sight, you begin to seriously fear that somebody must have sneaked it, and run off with it.
I remember being terribly upset once up the river (in a figurative sense, I mean). I was out with a young lady—cousin on my mother’s side—and we were pulling down to Goring. It was rather late, and we were anxious to get in—at least she was anxious to get in. It was half-past six when we reached Benson’s lock, and dusk was drawing on, and she began to get excited then. She said she must be in to supper. I said it was a thing I felt I wanted to be in at, too; and I drew out a map I had with me to see exactly how far it was. I saw it was just a mile and a half to the next lock—Wallingford—and five on from there to Cleeve.
“Oh, it’s all right!” I said. “We’ll be through the next lock before seven, and then there is only one more;” and I settled down and pulled steadily away.
We passed the bridge, and soon after that I asked if she saw the lock. She said no, she did not see any lock; and I said, “Oh!” and pulled on. Another five minutes went by, and then I asked her to look again.
“No,” she said; “I can’t see any signs of a lock”.
“You—you are sure you know a lock, when you do see one”? I asked hesitatingly, not wishing to offend her.
The question did offend her, however, and she suggested that I had better look for myself; so I laid down the sculls, and took a view. The river stretched out straight before us in the twilight for about a mile; not a ghost of a lock was to be seen.
“You don’t think we have lost our way, do you”? asked my companion.
I did not see how that was possible; though, as I suggested, we might have somehow got into the weir stream, and be making for the falls.
This idea did not comfort her in the least, and she began to cry. She said we should both be drowned, and that it was a judgment on her for coming out with me.
It seemed an excessive punishment, I thought; but my cousin thought not, and hoped it would all soon be over.
I tried to reassure her, and to make light of the whole affair. I said that the fact evidently was that I was not rowing as fast as I fancied I was, but that we should soon reach the lock now; and I pulled on for another mile.
Then I began to get nervous myself. I looked again at the map. There was Wallingford lock, clearly marked, a mile and a half below Benson’s. It was a good, reliable map; and, besides, I recollected the lock myself. I had been through it twice. Where were we? What had happened to us? I began to think it must be all a dream, and that I was really asleep in bed, and should wake up in a minute, and be told it was past ten.
I asked my cousin if she thought it could be a dream, and she replied that she was just about to ask me the same question; and then we both wondered if we were both asleep, and if so, who was the real one that was dreaming, and who was the one that was only a dream; it got quite interesting.
I still went on pulling, however, and still no lock came in sight, and the river grew more and more gloomy and mysterious under the gathering shadows of night, and things seemed to be getting weird and uncanny. I thought of hobgoblins and banshees, and will-o’-the-wisps, and those wicked girls who sit up all night on rocks, and lure people into whirl-pools and things; and I wished I had been a better man, and knew more hymns; and in the middle of these reflections I heard the blessed strains of “He’s got ’em on,” played, badly, on a concertina, and knew that we were saved.
I do not admire the tones of a concertina, as a rule; but, oh! how beautiful the music seemed to us both then—far, far more beautiful than the voice of Orpheus or the lute of Apollo, or anything of that sort could have sounded. Heavenly melody, in our then state of mind, would only have still further harrowed us. A soul-moving harmony, correctly performed, we should have taken as a spirit-warning, and have given up all hope. But about the strains of “He’s got ’em on,” jerked spasmodically, and with involuntary variations, out of a wheezy accordion, there was something singularly human and reassuring.
The sweet sounds drew nearer, and soon the boat from which they were worked lay alongside us.
It contained a party of provincial ’Arrys and ’Arriets, out for a moonlight sail. (There was not any moon, but that was not their fault.) I never saw more attractive, lovable people in all my life. I hailed them, and asked if they could tell me the way to Wallingford lock; and I explained that I had been looking for it for the last two hours.
“Wallingford lock!” they answered. “Lor’ love you, sir, that’s been done away with for over a year. There ain’t no Wallingford lock now, sir. You’re close to Cleeve now. Blow me tight if ’ere ain’t a gentleman been looking for Wallingford lock, Bill”!
I had never thought of that. I wanted to fall upon all their necks and bless them; but the stream was running too strong just there to allow of this, so I had to content myself with mere cold-sounding words of gratitude.
We thanked them over and over again, and we said it was a lovely night, and we wished them a pleasant trip, and, I think, I invited them all to come and spend a week with me, and my cousin said her mother would be so pleased to see them. And we sang the soldiers’ chorus out of Faust, and got home in time for supper, after all.