en-fr  THREE MEN IN A BOAT by JEROME K JEROME. CHAPTER VII. Medium
CHAPITRE VII
C'est en franchissant l'écluse de Moulsey que Harris m'a raconté son expérience du labyrinthe. Il nous a fallu un peu de temps pour la franchir : nous étions le seul bateau et c’est une grosse écluse. Je ne pense pas avoir jamais vu auparavant l'écluse de Moulsey fonctionner pour un seul bateau. Je crois bien que, sans même excepter celle de Boulter, c'est l’écluse la plus fréquentée de la Tamise.
Parfois, je me déplaçais pour l'admirer : on ne pouvait apercevoir la surface de l'eau, mais seulement une éclatante confusion de clairs blazers, de joyeuses casquettes, de chapeaux délicats, d'ombrelles multicolores, de plaids soyeux, de capes et de cascades de rubans blancs et délicats. En regardant l'écluse vers le bas depuis le quai, on pouvait imaginer que c'était une énorme boîte dans laquelle des fleurs de toutes les couleurs et de toutes les nuances avaient été jetées pêle-mêle et empilées en une masse arc-en-ciel qui couvrait le moindre espace.
Certains dimanches radieux, elle conservait cette apparence toute la journée alors qu'en amont ou en aval du passage de longues files de bateaux, toujours plus nombreux, se formaient, chacun attendant son tour. Puis les embarcations s'approchaient et passaient l'écluse ponctuant ainsi la rivière ensoleillée, du palais jusqu'à l'église Hampton, de jaune, de bleu, d'orange, de blanc, de rouge et de rose. Tous les habitants de Hampton et Mousley revêtent leur costume de mariniers, ils vont se pavaner et promener leur chiens autour des écluses, fumer et observer les bateaux ; et tout cet ensemble, avec les casquettes et les vestes des hommes, les robes aux couleurs chatoyantes des femmes, l'excitation des chiens, le va et vient des bateaux, les voiles blanches, le beau paysage et le scintillement de l'eau, offre un des spectacles les plus agréables des environs de ce vieil et morne Londres.
La rivière offre une bonne occasion de s'habiller. Pour une fois, nous les hommes, nous pouvons afficher notre goût pour les couleurs, et nous sentir très classe, si vous voyez ce que je veux dire. J'aime toujours mettre un peu de rouge sur mes affaires—du rouge et du noir. Voyez-vous, j'ai une chevelure d'un brun-doré,juste un joli reflet, m'a-t'on dit, et le rouge foncé lui sied à merveille ; aussi je crois qu'une cravate d'un bleu léger va très bien agrémenté de cette paire de chaussures en cuir de Russie et d'un foulard rouge autour de la taille—un foulard est beaucoup plus seyant qu'une ceinture.
Harris s'en tient toujours aux nuances ou aux mélanges d'orange et de jaune, mais je ne crois pas du tout que ce choix soit judicieux. Il a un teint trop mat pour le jaune. Le jaune ne lui va pas, il n'y a aucun doute là-dessus. J'aimerais qu'il prenne le bleu comme base, avec du blanc ou du crème pour rehausser ; mais hélas ! moins une personne a de goût pour se vêtir, plus elle semble s'obstiner. C'est vraiment dommage, car il n'aura jamais de succès habillé de la sorte, alors qu'il y a une ou deux couleurs avec lesquelles il aurait pu ne pas paraître trop mal, avec son chapeau.
George a fait des achats pour ce voyage, mais je ne les apprécie pas vraiment. Le blazer est criard. Je ne voudrais pas que George sache ce que j'en pense, mais il n'y a vraiment pas d'autre mot pour le qualifier. Jeudi soir, il l'avait apporté à la maison et nous l'avait montré. Nous lui avions demandé le nom de cette couleur et il avait répondu qu'il l'ignorait. Il ne pensait pas que cette couleur avait un nom. Le vendeur lui avait dit que c'était un modèle oriental. George l'a enfilé et nous a demandé ce que nous en pensions. Harris a dit que suspendu au-dessus d'un parterre de fleurs au début du printemps pour effrayer les oiseaux, il serait parfait, mais que l'idée qu'il puisse être porté par un être humain, excepté un rigolo de Margate, le rendait malade. George l'a mal pris, mais, comme Harris le lui a dit, s'il ne voulait pas avoir son avis, pourquoi l'avoir demandé ?
Ce qui nous inquiète à cet égard Harris et moi-même, c'est que nous avons peur qu'il attire l’attention sur le bateau.
Les femmes, elles aussi, ne font pas trop mal dans un bateau, si elles sont joliment habillées. À mon avis, rien n’est plus seyant qu’une tenue de marin pour la navigation. Mais une « tenue de marin » serait parfaite si toutes les femmes pouvaient comprendre qu'elle doit être portée sur un bateau, et pas simplement dans une vitrine. Si vous avez des passagers sur le bateau qui pensent tout le temps beaucoup plus à leur toilette qu'à leur voyage, cela gâche l'excursion. Pour mon malheur une fois je suis allé faire un pique-nique sur l'eau avec deux dames de ce genre. Cela a donné lieu à un grand moment !
Elles étaient toutes deux superbes—tout en dentelles et en soieries, pleines de fleurs, de rubans, avec des chaussures de luxe et des gants délicats. Mais c'était une tenue pour un reportage de mode, pas pour un pique-nique en bateau. C'étaient des << costumes marins >> pour gravure de mode à la française. C'était ridicule, totalement idiot que de s'exposer dans ces tenues où que ce soit sur terre, dans l'air ou sur l'eau.
Elles ont tout d'abord pensé que le bateau n'était pas propre. Nous avons essuyé tous les sièges pour elles, puis leur avons garanti que ça avait été fait mais elles n'ont pas voulu nous croire. L'une d'elles a passé le bout de son index ganté sur un coussin et montré le résultat à l'autre, elles ont soupiré en chœur puis se sont assises, à l'image des premiers martyrs chrétiens tentant de se mettre à l'aise sur la croix. Lorsque vous ramez, vous risquez parfois d'éclabousser un peu, mais j'ai bien vite compris qu'une seule goutte d'eau ruinerait ces belles toilettes. Une tache serait indélébile, une auréole subsisterait à jamais sur la robe.
J'étais abattu. Je faisais de mon mieux. Je levais les rames à environ deux pieds de haut puis je faisais une pause pour bien les laisser égoutter avant de les retourner et je choisissais une zone d'eau calme pour y replonger mes rames à chaque fois. ( Au bout d'un moment, Bow m'a dit qu'il ne se sentait pas être lui-même un rameur suffisamment accompli pour ramer avec moi, mais qu'il voulait bien rester tranquillement assis, si je le lui permettais, pour étudier ma technique. Il a dit que ça l'intéresserait.) Mais, nonobstant cela, malgré tout mes efforts, je n'ai pu éviter que d'infimes gouttes d'eau n'aspergent parfois leurs robes.
Elles ne se plaignaient pas mais, blotties l'une contre l'autre, les lèvres serrées, elles se ratatinaient visiblement et frémissaient chaque fois qu'une goutte d'eau les touchait. C'était un tableau très émouvant que de les voir souffrir comme ça en silence, mais en même temps, ça commençait à m'énerver. Je suis trop sensible. Je me suis déchaîné sur mes avirons, mais plus je m'évertuais à ne pas le faire, plus encore j'éclaboussais.
Finalement, j'y ai renoncé ; j'ai déclaré que je rendais les rames. Bow a pensé que cette proposition serait aussi la meilleure, et nous avons échangé nos places. Les dames ont poussé un soupir de soulagement involontaire en me voyant quitter ma place, et se sont égayées un moment. Pauvres femmes ! Elles ne savaient pas ce qu'elles perdaient au change. L'homme dont elles avaient écopé maintenant était un gai-luron, le cœur léger, le genre de type à la tête dure, à peu près aussi sensible qu'un chiot Terre-Neuve. On aurait pu le regarder d'un air menaçant pendant une heure et il ne s'en serait pas rendu compte, et cela ne l'aurait pas dérangé s'il l'avait su. Il a ramé un bon coup, avec fougue et gaieté, aspergeant l'eau comme une fontaine sur tout sur le bateau, et obligeant tout le monde à se redresser en un clin d'œil. Lorsqu'il répandait plus d'une pinte d'eau sur l'une de ces robes, il riait aimablement et disait : — Je vous demande pardon, vraiment ; et il leur tendait son mouchoir pour qu'elles s'essuient.
— Oh, ça n’a aucune importance, ont murmuré les pauvres filles, tout en remontant discrètement des couvertures et des manteaux sur elles et essayant de se protéger avec leurs ombrelles en dentelle.
Pendant le déjeuner, elles ont passé un sale quart d'heure. L'équipage a souhaité qu'elles s'assoient sur l'herbe mais celle-ci était poussiéreuse ; et les troncs d'arbre contre lesquels elles ont été invitées à s'adosser ne semblaient pas avoir été brossés depuis des semaines ; alors elles ont étendu leurs mouchoirs sur le sol et se sont assises dessus, raides comme des piquets Quelqu'un, en marchant avec un plat de tourte à la viande, a trébuché sur une racine et a fait voler la tourte. Heureusement, rien de tout cela ne les a touchées, mais l'incident leur a fait imaginer un nouveau danger et les a stressées ; et, après cela, chaque fois que quelqu'un s'est déplacé avec dans la main tout ce qui aurait pu tomber et causer des dégâts, elles ont observé cette personne avec une anxiété croissante jusqu'à ce qu'il se rassoie.

À la fin, notre ami Bow leur a dit gaiement — Maintenant les filles il faut faire la vaisselle !
Elles ne l'ont pas compris au début. Lorsqu'elles ont saisi l'idée, elles ont dit craindre de ne pas savoir comment la laver.
— Oh, je vais bientôt vous montrer, cria-t-il ; c'est un plaisir rare ! Vous vous allongez sur votre… je veux dire, vous vous penchez sur la rive, vous savez, et vous nettoyez la vaisselle dans l'eau.
La plus âgée des sœurs a dit qu'elle avait peur de ne pas avoir pris de tenues adaptées pour cela.
— Oh mais elles iront très bien a-t-il répondu gaiement, vous n'avez qu'à les retrousser.
Et en plus, il le leur a fait faire. Il leur a dit que c'était ça qui faisait une partie du charme du pique-nique. Elles ont répondu que c'était vraiment intéressant.
Maintenant je me pose la question, ce garçon était-il aussi stupide qu'il en avait l'air ? ou était-il... non, impossible ! il y avait en lui une telle expression de naïveté enfantine !
Harris voulait aller à Hampton Church pour voir la tombe de Mme Thomas.
— Qui est Mme Thomas ? ai-je demandé.
— Comment le saurais-je ? a répondu Harris. C'est une dame qui a une tombe marrante, et je veux aller la voir.
J'ai protesté. Je ne sais pas si je suis anormal, mais je n'ai jamais eu de goût particulier pour les pierres tombales. J'admets que la première chose à faire quand on se rend dans un village ou une ville puisse être de se précipiter au cimetière, et admirer les tombes, mais je dois dire que ce n'est pas ma tasse de thé. Je ne trouve aucun intérêt à trainer autour d'églises ternes et froides derrière des vieillards poussifs pour lire des épitaphes. Même la vue de quelque plaque de laiton fissurée sur une pierre ne me procure ce qu'on pourrait appeler un vrai plaisir.
Je choque les respectables sacristains par l'impassibilité que je suis capable de montrer devant des inscriptions passionnantes, par mon manque d'enthousiasme pour l'histoire des familles locales, tandis que je froisse leurs sentiments par mon impatience mal dissimulée à regagner la sortie.
Une matinée dorée d'une journée ensoleillée, allongé sur le mur bas qui entourait l'église d'un petit village, j'ai fumé et bu dans un bonheur calme et profond devant cette scène paisible : la vieille église grise avec son lierre grimpant et son porche en bois sculpté au charme désuet, la ruelle blanche serpentant jusqu'au bas de la colline entre de hautes rangées d'ormes, les cottages au toit de chaume dépassant de haies bien entretenues, la rivière d'argent dans la vallée et, au-delà, les collines boisées!
C'était un charmant paysage. L'endroit était idyllique, poétique, et m'a inspiré. Je me sentais bon et respectable. Je ressentais que je ne voulais plus être immoral et malfaisant désormais. J'aimerais vivre ici, ne plus jamais causer de tort, mener une belle vie irréprochable, avoir des cheveux gris quand je vieillirai, et tout ce genre de chose.
À ce moment-là, j'ai accordé le pardon à tous mes amis et connaissances pour leurs méchanceté et perversité, et je les ai bénis. Ils n'ont pas su que je leur accordais ma bénédiction. Ils ont poursuivi leur chemin solitaire, parfaitement inconscients de ce que j'avais fait pour eux, il y a bien longtemps, dans ce village paisible ; mais je l'avais fait et j'espérais que je pourrais le leur faire savoir car je souhaitais les rendre heureux. Je me laissai aller à ces pensées élevées et affectueuses lorsque j'ai été interrompu dans ma rêverie par une voix aigüe et stridente qui glapissait : – Très bien, Môssieur, j'arrive, j'arrive. Tout va bien, Môssieur, ne vous pressez pas.
J'ai levé les yeux et vu un vieillard au crâne chauve clopiner à travers le cimetière dans ma direction, il portait un gros trousseau de clés à la main qui s'entrechoquaient et tintaient à chacun de ses pas.
Je lui ai fait signe de s'éloigner d'un geste plein de dignité silencieuse, mais il continuait à avancer en glatissant : – J'arrive, môssieur, j'arrive. Je suis un peu estropié. Je ne suis plus aussi fringant que je l'ai été. Par ici, Môssieur.
– Allez-vous en, misérable vieillard, je me suis écrié.
– Je suis venu aussi vite que possible, Môssieur, il a répondu. – Ma bourgeoise ne s'est aperçue que vous étiez là qu'à l'instant. Suivez-moi, Môssieur.
– Allez-vous en, j'ai repris, laissez-moi avant que je ne descende du mur et que je vous massacre.
Il a semblé surpris.
– Vous ne voulez pas voir les tombes ? m'a-t-il interrogé.
– Non, j'ai répondu, je ne veux pas. Je veux rester ici, allongé sur ce bon vieux mur granuleux. Allez-vous en et ne me dérangez pas. J'ai la tête remplie de belles et nobles pensées, et je veux rester là-dessus, car c'est agréable et ça me fait du bien. Arrêtez de m'emmerder, de me rendre fou et d'anéantir toutes mes bonnes résolutions avec vos conneries sur cette foutue pierre tombale. Fichez-moi le camp, et puisse quelqu'un vous enterrer pour pas cher, je payerai la moitié de la dépense.
Il est resté un instant déconcerté. Il s'est frotté les yeux et m'a fixé du regard. J'avais pourtant une apparence humaine : il n'y comprenait rien.
Il a balbutié : — Zêtes pas du coin ? Vous ne vivez pas ici ?
— Non, ai-je répliqué, je ne suis pas d'ici. Vous ne seriez pas là si je n'y étais pas.
— Eh bien alors, a-t-il dit, vous devez souhaiter voir des tombes... des cercueils... des gens enterrés, vous savez ... des sarcophages !
— Vous êtes un menteur, ai-je rétorqué énervé ; je n'ai pas envie de voir de tombes , pas les vôtres. Pourquoi en aurais-je envie ? Nous avons nos propres tombes, celles de notre famille. Eh bien mon oncle Podger possède une tombe dans le cimetière de Kensal Green, c’est la fierté de tout le patelin ; et le caveau de mon grand-père, à Bow est capable d'accueillir huit visiteurs, tandis que ma grand-tante Susan a une tombe en briques dans le cimetière de Finchley, avec une pierre tombale ornée d'une sorte de cafetière en bas-relief et d'une bordure de six pouces de la meilleure pierre tout autour, ça coûte un paquet de fric. Lorsque l'envie me prend de voir des tombes, c'est vers ces endroits que je vais chercher la quiétude. Je ne veux pas de celles des autres gens. Quand vous serez enterré, je viendrai voir la vôtre. C'est tout ce que je peux faire pour vous.
Il éclata en sanglots. Il a dit qu'une des tombes était recouverte d'un morceau de pierre que certains avaient prétendu faire probablement partie des restes de la figure d'un homme et qu'une autre avait des mots gravés dessus, que personne n'avait jamais pu déchiffrer.
Je suis resté sur mes positions, et il soupira d'une voix blanche — Vous n'irez donc pas voir le vitrail commémoratif ?
Je n'irai même pas voir ça, il a alors sorti son dernier argument. Il s'est approché et a murmuré d'une voix rauque : — J'ai quelques crânes dans la crypte, dit-il ; venez voir ceux-là. Oh, venez voir les crânes ! Vous êtes un jeune homme en vacances et vous voulez vous amuser. Venez voir les crânes !
J'ai alors fait demi-tour et je me suis enfui, et tandis que je m'en allais à toutes jambes je l'entendais m'appeler : — Oh, Venez voir les crânes, revenez donc voir les crânes !
Harris, par contre, se délectait des tombeaux, des tombes, des épitaphes et des inscriptions monumentales, aussi l'idée de ne pas avoir trouvé la tombe de Mme Thomas le rendait fou. Il a dit qu'il avait pour projet de voir la tombe de Mme Thomas dès le début du projet de voyage...et qu'il n'y aurait pas participé s'il n'avait pas eu dans l'idée de voir le tombeau de Mme Thomas.
Je lui ai rappelé George, que nous devions ramener le bateau à Shepperton vers cinq heures pour l'y retrouver, alors, il s'en est pris à George. Pourquoi George passait-il toute la journée à s'amuser et nous laissait-il trimballer cette vieille barcasse trop lourde du haut en bas de la rivière, tout seuls, pour venir le retrouver ? Pourquoi George ne venait-il pas et ne faisait-il pas sa part du travail ? Pourquoi n'avait-il pas pu avoir de congé et venir avec nous ? Maudite banque ! Qu'est-ce qu'il lui trouvait à cette banque ?
– Je ne l'ai jamais vu y faire quoi que ce soit, a continué Harris, quel que soit le moment où j'y allais. Il est assis derrière une vitre toute la journée, il essaye de faire semblant de faire quelque chose. A quoi peut bien être utile un homme derrière un morceau de verre ? Je dois travailler pour vivre. Pourquoi ne peut-il pas travailler ? À quoi il sert là-bas et à quoi servent leurs banques ? Elles te prennent ton argent puis, quand tu fais un chèque, elles te le renvoient avec étalé dessus "Sans provision", "Retour au signataire". C'est quoi, l'intérêt de tout ça ? C'est le genre de sornette qu'ils m'ont servie deux fois la semaine dernière. Je ne vais pas l'accepter plus longtemps. Je vais clôturer mon compte. S'il était ici, on pourrait aller voir cette tombe. Je ne crois pas du tout qu'il soit à la banque. Il est en train de s'amuser quelque part, voilà ce qu'il fait et il nous laisse faire tout le boulot. Je vais sortir et je vais aller boire un coup.
Je lui ai fait remarquer qu'on était à des kilomètres d'un pub, et il s'en est pris à la rivière, se demandant à quoi elle pouvait bien servir si ceux qui naviguaient dessus devaient y mourir de soif.
Il vaut toujours mieux laisser Harris soulager sa colère quand ça lui prend. Sa mauvaise humeur retombe et ensuite il est tout calme.
Je lui ai rappelé qu'il y avait du sirop pour limonade dans le panier, ainsi qu'un bidon de dix litres d'eau à l'avant du bateau et qu'il suffisait de les mélanger pour obtenir une boisson rafraichissante.
Il s'est alors emporté contre la limonade, et autres « saloperies de patronage », comme il les appelait, l'eau gazeuse au gingembre, le sirop de framboise, ainsi de suite. Il disait que tout ça donnait de la dyspepsie, ruinait autant le corps que l'âme, et était la cause de la moitié des crimes d'Angleterre.
Il a dit que de toutes façons il fallait qu'il boive, il est monté sur le siège et s'est penché pour prendre la bouteille. Elle était tout au fond du panier, et paraissait difficile à trouver ; il a dû se pencher de plus en plus loin, et,comme il essayait de barrer en même temps, et qu'il voyait les choses à l'envers, il a tiré la barre du mauvais bord et envoyé la bateau sur un banc de sable, il a basculé sous le choc, a plongé tête première dans le panier, et il est resté là, tristement cramponné aux rebords du bateau, en agitant les jambes en l'air. Il n'osait pas bouger de peur de passer par dessus-bord, et il est resté comme ça jusqu'à ce que je puisse le saisir par les jambes pour le tirer en arrière, ce qui l'a rendu plus furieux que jamais.
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CHAPTER VII.
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It was while passing through Moulsey Lock that Harris told me about his maze experience.
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It took us some time to pass through, as we were the only boat, and it is a big lock.
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I don’t think I ever remember to have seen Moulsey Lock, before, with only one boat in it.
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It is, I suppose, Boulter’s not even excepted, the busiest lock on the river.
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The river affords a good opportunity for dress.
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I always like a little red in my things—red and black.
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His complexion is too dark for yellows.
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Yellows don’t suit him: there can be no question about it.
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the less taste a person has in dress, the more obstinate he always seems to be.
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George has bought some new things for this trip, and I’m rather vexed about them.
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The blazer is loud.
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He brought it home and showed it to us on Thursday evening.
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We asked him what colour he called it, and he said he didn’t know.
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He didn’t think there was a name for the colour.
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The man had told him it was an Oriental design.
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George put it on, and asked us what we thought of it.
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Girls, also, don’t look half bad in a boat, if prettily dressed.
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Nothing is more fetching, to my thinking, than a tasteful boating costume.
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It was my misfortune once to go for a water picnic with two ladies of this kind.
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We did have a lively time!
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But they were dressed for a photographic studio, not for a river picnic.
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They were the “boating costumes” of a French fashion-plate.
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It was ridiculous, fooling about in them anywhere near real earth, air, and water.
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The first thing was that they thought the boat was not clean.
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The mark never came out, and a stain was left on the dress for ever.
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I was stroke.
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I did my best.
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He said it interested him.)
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It was a noble sight to see them suffering thus in silence, but it unnerved me altogether.
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I am too sensitive.
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I got wild and fitful in my rowing, and splashed more and more, the harder I tried not to.
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I gave it up at last; I said I’d row bow.
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Bow thought the arrangement would be better too, and we changed places.
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Poor girls!
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they had better have put up with me.
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At lunch they had a very bad time of it.
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They didn’t understand him at first.
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When they grasped the idea, they said they feared they did not know how to wash up.
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“Oh, I’ll soon show you,” he cried; “it’s rare fun!
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The elder sister said that she was afraid that they hadn’t got on dresses suited to the work.
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“Oh, they’ll be all right,” said he light-heartedly; “tuck ’em up”.
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And he made them do it, too.
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He told them that that sort of thing was half the fun of a picnic.
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They said it was very interesting.
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Now I come to think it over, was that young man as dense-headed as we thought?
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or was he—no, impossible!
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there was such a simple, child-like expression about him!
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Harris wanted to get out at Hampton Church, to go and see Mrs. Thomas’s tomb.
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“Who is Mrs. Thomas?” I asked.
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“How should I know?” replied Harris.
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“She’s a lady that’s got a funny tomb, and I want to see it”.
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I objected.
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It was a lovely landscape.
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It was idyllic, poetical, and it inspired me.
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I felt good and noble.
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I felt I didn’t want to be sinful and wicked any more.
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They did not know that I blessed them.
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It’s all right, sur; don’t you be in a hurry”.
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I’m a little lame.
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I ain’t as spry as I used to be.
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This way, sur".
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“Go away, you miserable old man,” I said.
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“I’ve come as soon as I could, sur,” he replied.
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“My missis never see you till just this minute.
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You follow me, sur”.
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“Go away,” I repeated; “leave me before I get over the wall, and slay you”.
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He seemed surprised.
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“Don’t you want to see the tombs?” he said.
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unit 114
“No,” I answered, “I don’t.
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unit 115
I want to stop here, leaning up against this gritty old wall.
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unit 116
Go away, and don’t disturb me.
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Go away, and get somebody to bury you cheap, and I’ll pay half the expense”.
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He was bewildered for a moment.
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unit 121
He rubbed his eyes, and looked hard at me.
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unit 122
I seemed human enough on the outside: he couldn’t make it out.
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unit 123
He said: “Yuise a stranger in these parts?
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unit 124
You don’t live here?
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unit 125
“No,” I said, “I don’t.
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unit 126
You wouldn’t if I did”.
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unit 129
Why should I?
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unit 130
We have graves of our own, our family has.
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unit 132
When I want graves, it is to those places that I go and revel.
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unit 133
I do not want other folk’s.
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unit 134
When you yourself are buried, I will come and see yours.
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That is all I can do for you”.
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He burst into tears.
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I would not even see that, so he fired his last shot.
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Oh, do come and see the skulls!
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unit 142
You are a young man out for a holiday, and you want to enjoy yourself.
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unit 143
Come and see the skulls!
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Why couldn’t George come and do some work?
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Why couldn’t he have got the day off, and come down with us?
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Bank be blowed!
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What good was he at the bank?
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“I never see him doing any work there,” continued Harris, “whenever I go in.
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He sits behind a bit of glass all day, trying to look as if he was doing something.
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What’s the good of a man behind a bit of glass?
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unit 156
I have to work for my living.
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Why can’t he work.
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unit 158
What use is he there, and what’s the good of their banks?
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That’s the sort of trick they served me twice last week.
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I’m not going to stand it much longer.
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I shall withdraw my account.
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unit 163
If he was here, we could go and see that tomb.
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I don’t believe he’s at the bank at all.
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He’s larking about somewhere, that’s what he’s doing, leaving us to do all the work.
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unit 166
I’m going to get out, and have a drink”.
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I pointed out to him that we were miles away from a pub.
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It is always best to let Harris have his head when he gets like this.
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Then he pumps himself out, and is quiet afterwards.
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francevw • 14015  commented on  unit 91  1 week, 6 days ago
Gabrielle • 13906  commented on  unit 63  1 week, 6 days ago
tontonjl • 10803  commented on  unit 74  1 week, 6 days ago
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Gabrielle • 13906  commented on  unit 29  2 weeks, 1 day ago
francevw • 14015  commented  2 weeks, 1 day ago

Bonjour les amis !
Voici un petit résumé trouvé sur Babelio. Petite précision, nous avons décidé d'utiliser le passé composé plutôt que le passé simple pour rendre nos traductions plus vivantes et modernes.

Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien) est un roman comique de Jerome K. Jerome, publié en 1889. Il narre les aventures de George, Harris, Jérôme et Montmorency (le chien), entreprenant un voyage sur la Tamise.
Las de la vie qu'ils mènent à Londres, trois amis décident de prendre des vacances. Malgré les protestations du chien Montmorency, les voilà partis en bateau sur la Tamise, bien résolus à mener une vie saine, heureux de découvrir les charmes de la campagne anglaise. Mais ils n'avaient pas compté avec ces événements capables de transformer le moindre voyage en une pittoresque aventure... et un simple récit en chef-d'œuvre de l'humour anglais.
Le livre est parsemé d'anecdotes comiques, mais aussi de réflexions sur la philosophie de l'existence, les illusions que nous entretenons volontiers sur le monde et sur nous-mêmes, et la nécessité de ne pas trop charger de luxe la barque de sa vie.

http://www.gutenberg.org/files/308/308-h/308-h.htm

by francevw 2 weeks, 1 day ago

CHAPTER VII.
It was while passing through Moulsey Lock that Harris told me about his maze experience. It took us some time to pass through, as we were the only boat, and it is a big lock. I don’t think I ever remember to have seen Moulsey Lock, before, with only one boat in it. It is, I suppose, Boulter’s not even excepted, the busiest lock on the river.
I have stood and watched it, sometimes, when you could not see any water at all, but only a brilliant tangle of bright blazers, and gay caps, and saucy hats, and many-coloured parasols, and silken rugs, and cloaks, and streaming ribbons, and dainty whites; when looking down into the lock from the quay, you might fancy it was a huge box into which flowers of every hue and shade had been thrown pell-mell, and lay piled up in a rainbow heap, that covered every corner.
On a fine Sunday it presents this appearance nearly all day long, while, up the stream, and down the stream, lie, waiting their turn, outside the gates, long lines of still more boats; and boats are drawing near and passing away, so that the sunny river, from the Palace up to Hampton Church, is dotted and decked with yellow, and blue, and orange, and white, and red, and pink. All the inhabitants of Hampton and Moulsey dress themselves up in boating costume, and come and mouch round the lock with their dogs, and flirt, and smoke, and watch the boats; and, altogether, what with the caps and jackets of the men, the pretty coloured dresses of the women, the excited dogs, the moving boats, the white sails, the pleasant landscape, and the sparkling water, it is one of the gayest sights I know of near this dull old London town.
The river affords a good opportunity for dress. For once in a way, we men are able to show our taste in colours, and I think we come out very natty, if you ask me. I always like a little red in my things—red and black. You know my hair is a sort of golden brown, rather a pretty shade I’ve been told, and a dark red matches it beautifully; and then I always think a light-blue necktie goes so well with it, and a pair of those Russian-leather shoes and a red silk handkerchief round the waist—a handkerchief looks so much better than a belt.
Harris always keeps to shades or mixtures of orange or yellow, but I don’t think he is at all wise in this. His complexion is too dark for yellows. Yellows don’t suit him: there can be no question about it. I want him to take to blue as a background, with white or cream for relief; but, there! the less taste a person has in dress, the more obstinate he always seems to be. It is a great pity, because he will never be a success as it is, while there are one or two colours in which he might not really look so bad, with his hat on.
George has bought some new things for this trip, and I’m rather vexed about them. The blazer is loud. I should not like George to know that I thought so, but there really is no other word for it. He brought it home and showed it to us on Thursday evening. We asked him what colour he called it, and he said he didn’t know. He didn’t think there was a name for the colour. The man had told him it was an Oriental design. George put it on, and asked us what we thought of it. Harris said that, as an object to hang over a flower-bed in early spring to frighten the birds away, he should respect it; but that, considered as an article of dress for any human being, except a Margate nigger, it made him ill. George got quite huffy; but, as Harris said, if he didn’t want his opinion, why did he ask for it?
What troubles Harris and myself, with regard to it, is that we are afraid it will attract attention to the boat.
Girls, also, don’t look half bad in a boat, if prettily dressed. Nothing is more fetching, to my thinking, than a tasteful boating costume. But a “boating costume,” it would be as well if all ladies would understand, ought to be a costume that can be worn in a boat, and not merely under a glass-case. It utterly spoils an excursion if you have folk in the boat who are thinking all the time a good deal more of their dress than of the trip. It was my misfortune once to go for a water picnic with two ladies of this kind. We did have a lively time!
They were both beautifully got up—all lace and silky stuff, and flowers, and ribbons, and dainty shoes, and light gloves. But they were dressed for a photographic studio, not for a river picnic. They were the “boating costumes” of a French fashion-plate. It was ridiculous, fooling about in them anywhere near real earth, air, and water.
The first thing was that they thought the boat was not clean. We dusted all the seats for them, and then assured them that it was, but they didn’t believe us. One of them rubbed the cushion with the forefinger of her glove, and showed the result to the other, and they both sighed, and sat down, with the air of early Christian martyrs trying to make themselves comfortable up against the stake. You are liable to occasionally splash a little when sculling, and it appeared that a drop of water ruined those costumes. The mark never came out, and a stain was left on the dress for ever.
I was stroke. I did my best. I feathered some two feet high, and I paused at the end of each stroke to let the blades drip before returning them, and I picked out a smooth bit of water to drop them into again each time. (Bow said, after a while, that he did not feel himself a sufficiently accomplished oarsman to pull with me, but that he would sit still, if I would allow him, and study my stroke. He said it interested him.) But, notwithstanding all this, and try as I would, I could not help an occasional flicker of water from going over those dresses.
The girls did not complain, but they huddled up close together, and set their lips firm, and every time a drop touched them, they visibly shrank and shuddered. It was a noble sight to see them suffering thus in silence, but it unnerved me altogether. I am too sensitive. I got wild and fitful in my rowing, and splashed more and more, the harder I tried not to.
I gave it up at last; I said I’d row bow. Bow thought the arrangement would be better too, and we changed places. The ladies gave an involuntary sigh of relief when they saw me go, and quite brightened up for a moment. Poor girls! they had better have put up with me. The man they had got now was a jolly, light-hearted, thick-headed sort of a chap, with about as much sensitiveness in him as there might be in a Newfoundland puppy. You might look daggers at him for an hour and he would not notice it, and it would not trouble him if he did. He set a good, rollicking, dashing stroke that sent the spray playing all over the boat like a fountain, and made the whole crowd sit up straight in no time. When he spread more than pint of water over one of those dresses, he would give a pleasant little laugh, and say:
“I beg your pardon, I’m sure;” and offer them his handkerchief to wipe it off with.
“Oh, it’s of no consequence,” the poor girls would murmur in reply, and covertly draw rugs and coats over themselves, and try and protect themselves with their lace parasols.
At lunch they had a very bad time of it. People wanted them to sit on the grass, and the grass was dusty; and the tree-trunks, against which they were invited to lean, did not appear to have been brushed for weeks; so they spread their handkerchiefs on the ground and sat on those, bolt upright. Somebody, in walking about with a plate of beef-steak pie, tripped up over a root, and sent the pie flying. None of it went over them, fortunately, but the accident suggested a fresh danger to them, and agitated them; and, whenever anybody moved about, after that, with anything in his hand that could fall and make a mess, they watched that person with growing anxiety until he sat down again.

“Now then, you girls,” said our friend Bow to them, cheerily, after it was all over, “come along, you’ve got to wash up!
They didn’t understand him at first. When they grasped the idea, they said they feared they did not know how to wash up.
“Oh, I’ll soon show you,” he cried; “it’s rare fun! You lie down on your—I mean you lean over the bank, you know, and sloush the things about in the water”.
The elder sister said that she was afraid that they hadn’t got on dresses suited to the work.
“Oh, they’ll be all right,” said he light-heartedly; “tuck ’em up”.
And he made them do it, too. He told them that that sort of thing was half the fun of a picnic. They said it was very interesting.
Now I come to think it over, was that young man as dense-headed as we thought? or was he—no, impossible! there was such a simple, child-like expression about him!
Harris wanted to get out at Hampton Church, to go and see Mrs. Thomas’s tomb.
“Who is Mrs. Thomas?” I asked.
“How should I know?” replied Harris. “She’s a lady that’s got a funny tomb, and I want to see it”.
I objected. I don’t know whether it is that I am built wrong, but I never did seem to hanker after tombstones myself. I know that the proper thing to do, when you get to a village or town, is to rush off to the churchyard, and enjoy the graves; but it is a recreation that I always deny myself. I take no interest in creeping round dim and chilly churches behind wheezy old men, and reading epitaphs. Not even the sight of a bit of cracked brass let into a stone affords me what I call real happiness.
I shock respectable sextons by the imperturbability I am able to assume before exciting inscriptions, and by my lack of enthusiasm for the local family history, while my ill-concealed anxiety to get outside wounds their feelings.
One golden morning of a sunny day, I leant against the low stone wall that guarded a little village church, and I smoked, and drank in deep, calm gladness from the sweet, restful scene—the grey old church with its clustering ivy and its quaint carved wooden porch, the white lane winding down the hill between tall rows of elms, the thatched-roof cottages peeping above their trim-kept hedges, the silver river in the hollow, the wooded hills beyond!
It was a lovely landscape. It was idyllic, poetical, and it inspired me. I felt good and noble. I felt I didn’t want to be sinful and wicked any more. I would come and live here, and never do any more wrong, and lead a blameless, beautiful life, and have silver hair when I got old, and all that sort of thing.
In that moment I forgave all my friends and relations for their wickedness and cussedness, and I blessed them. They did not know that I blessed them. They went their abandoned way all unconscious of what I, far away in that peaceful village, was doing for them; but I did it, and I wished that I could let them know that I had done it, because I wanted to make them happy. I was going on thinking away all these grand, tender thoughts, when my reverie was broken in upon by a shrill piping voice crying out:
“All right, sur, I’m a-coming, I’m a-coming. It’s all right, sur; don’t you be in a hurry”.
I looked up, and saw an old bald-headed man hobbling across the churchyard towards me, carrying a huge bunch of keys in his hand that shook and jingled at every step.
I motioned him away with silent dignity, but he still advanced, screeching out the while:
“I’m a-coming, sur, I’m a-coming. I’m a little lame. I ain’t as spry as I used to be. This way, sur".
“Go away, you miserable old man,” I said.
“I’ve come as soon as I could, sur,” he replied. “My missis never see you till just this minute. You follow me, sur”.
“Go away,” I repeated; “leave me before I get over the wall, and slay you”.
He seemed surprised.
“Don’t you want to see the tombs?” he said.
“No,” I answered, “I don’t. I want to stop here, leaning up against this gritty old wall. Go away, and don’t disturb me. I am chock full of beautiful and noble thoughts, and I want to stop like it, because it feels nice and good. Don’t you come fooling about, making me mad, chivying away all my better feelings with this silly tombstone nonsense of yours. Go away, and get somebody to bury you cheap, and I’ll pay half the expense”.
He was bewildered for a moment. He rubbed his eyes, and looked hard at me. I seemed human enough on the outside: he couldn’t make it out.
He said:
“Yuise a stranger in these parts? You don’t live here?
“No,” I said, “I don’t. You wouldn’t if I did”.
“Well then,” he said, “you want to see the tombs—graves—folks been buried, you know—coffins!
“You are an untruther,” I replied, getting roused; “I do not want to see tombs—not your tombs. Why should I? We have graves of our own, our family has. Why my uncle Podger has a tomb in Kensal Green Cemetery, that is the pride of all that country-side; and my grandfather’s vault at Bow is capable of accommodating eight visitors, while my great-aunt Susan has a brick grave in Finchley Churchyard, with a headstone with a coffee-pot sort of thing in bas-relief upon it, and a six-inch best white stone coping all the way round, that cost pounds. When I want graves, it is to those places that I go and revel. I do not want other folk’s. When you yourself are buried, I will come and see yours. That is all I can do for you”.
He burst into tears. He said that one of the tombs had a bit of stone upon the top of it that had been said by some to be probably part of the remains of the figure of a man, and that another had some words, carved upon it, that nobody had ever been able to decipher.
I still remained obdurate, and, in broken-hearted tones, he said:
“Well, won’t you come and see the memorial window?
I would not even see that, so he fired his last shot. He drew near, and whispered hoarsely:
“I’ve got a couple of skulls down in the crypt,” he said; “come and see those. Oh, do come and see the skulls! You are a young man out for a holiday, and you want to enjoy yourself. Come and see the skulls!
Then I turned and fled, and as I sped I heard him calling to me:
“Oh, come and see the skulls; come back and see the skulls!
Harris, however, revels in tombs, and graves, and epitaphs, and monumental inscriptions, and the thought of not seeing Mrs. Thomas’s grave made him crazy. He said he had looked forward to seeing Mrs. Thomas’s grave from the first moment that the trip was proposed—said he wouldn’t have joined if it hadn’t been for the idea of seeing Mrs. Thomas’s tomb.
I reminded him of George, and how we had to get the boat up to Shepperton by five o’clock to meet him, and then he went for George. Why was George to fool about all day, and leave us to lug this lumbering old top-heavy barge up and down the river by ourselves to meet him? Why couldn’t George come and do some work? Why couldn’t he have got the day off, and come down with us? Bank be blowed! What good was he at the bank?
“I never see him doing any work there,” continued Harris, “whenever I go in. He sits behind a bit of glass all day, trying to look as if he was doing something. What’s the good of a man behind a bit of glass? I have to work for my living. Why can’t he work. What use is he there, and what’s the good of their banks? They take your money, and then, when you draw a cheque, they send it back smeared all over with ‘No effects,’ ‘Refer to drawer.’ What’s the good of that? That’s the sort of trick they served me twice last week. I’m not going to stand it much longer. I shall withdraw my account. If he was here, we could go and see that tomb. I don’t believe he’s at the bank at all. He’s larking about somewhere, that’s what he’s doing, leaving us to do all the work. I’m going to get out, and have a drink”.
I pointed out to him that we were miles away from a pub.; and then he went on about the river, and what was the good of the river, and was everyone who came on the river to die of thirst?
It is always best to let Harris have his head when he gets like this. Then he pumps himself out, and is quiet afterwards.
I reminded him that there was concentrated lemonade in the hamper, and a gallon-jar of water in the nose of the boat, and that the two only wanted mixing to make a cool and refreshing beverage.
Then he flew off about lemonade, and “such-like Sunday-school slops,” as he termed them, ginger-beer, raspberry syrup, &c., &c. He said they all produced dyspepsia, and ruined body and soul alike, and were the cause of half the crime in England.
He said he must drink something, however, and climbed upon the seat, and leant over to get the bottle. It was right at the bottom of the hamper, and seemed difficult to find, and he had to lean over further and further, and, in trying to steer at the same time, from a topsy-turvy point of view, he pulled the wrong line, and sent the boat into the bank, and the shock upset him, and he dived down right into the hamper, and stood there on his head, holding on to the sides of the boat like grim death, his legs sticking up into the air. He dared not move for fear of going over, and had to stay there till I could get hold of his legs, and haul him back, and that made him madder than ever.