en-fr  THREE MEN IN A BOAT by JEROME K. JEROME. CHAPTER VI.
CHAPITRE VI

C’était un matin splendide — à la fin du printemps ou au début de l’été, comme vous voudrez —, quand le lustre délicat de l’herbe et des feuilles se pare d’un vert plus profond et où la nature semble être une belle jeune fille frissonnant aux battements tout neufs de sa féminité en éveil.
Les délicieuses vieilles rues de Kingston, celles qui s'étirent jusqu'au bord de l'eau, semblaient fort pittoresques sous le soleil étincelant, la rivière miroitante avec ses barges qui dérivaient, le chemin de halage bordé d'arbres, les coquettes villas de l'autre côté, Harris, vêtu d'un blazer rouge et orange, ahanant aux avirons, le vieux château aux pierres grises des Tudors apparaissant au loin, tout cela créait un tableau ensoleillé, si lumineux mais si calme, si vivant mais cependant paisible que, malgré l'heure matinale, je fus bercé d'une douce rêverie.
Je méditais sur Kingston, ou " Kyningestun " , comme on l'avait appelé parfois à l'époque où les "kinges "(rois) saxons y avaient été couronnés. Le grand César y avait franchi la rivière, et les légions romaines avaient campé sur les pentes de ses monts. César, comme plus tard Élisabeth, semble s'être arrêté partout; par contre il avait été plus respectable que la bonne reine Bess ; lui n'avait pas fait le tour des tavernes.
Elle raffolait des tavernes, notre Reine vierge d'Angleterre. Il n'y avait guère de taverne de quelque intérêt dans un rayon de dix miles autour de Londres qu'elle n'avait visitée, dans laquelle elle ne s'était attardée ou avait passé la nuit, un jour ou l'autre. Je me demande maintenant, à supposer que, se métamorphosant, Harris devienne un homme exemplaire et se hisse au rang de premier ministre puis qu'il meure, je me demande donc si on poserait des plaques commémoratives sur tous les bistrots qu'il aurait fréquentés : « Harris a bu deux scotchs en ce lieu en l'été 88 », « Harris a été viré de cet établissement en décembre 1886 ».
Non ! Il y en aurait trop ! Ce seraient les maisons dans lesquelles il ne serait jamais entré qui deviendraient célèbres. « Seul établissement du Sud de Londres dans lequel Harris n'est jamais venu boire un gorgeon »! Les gens s'y précipiteraient pour voir ce qui justifiait cela.
Comme le pauvre roi Edwy, simple d'esprit, a dû détester Kyningestum ! Le festin du couronnement avait été trop pour lui. Peut-être n'avait-il pas apprécié la hure de sanglier farcie aux pruneaux (je peux vous dire que ce serait mon cas), et qu'ayant bu plus qu'assez de vin de Xérès et d'hydromel, il s'était éclipsé de la fête bruyante pour jouir d'une heure de tranquillité, au clair de lune, au côté de son Elgiva adorée.
Sans doute depuis la croisée, main dans la main, contemplaient-ils le clair de lune se refléter sur la rivière tandis que, s'échappant des salles lointaines, leur parvenaient des bribes du tumulte et de l'agitation du festin.
Soudain, l'affreux Odo et St Dunstan sont entrés violemment dans la paisible pièce, ont hurlé des insultes au visage de la douce reine et ont entraîné de force le pauvre Edwy vers les clameurs avinées et tumultueuses.
Des années plus tard, alors que les chants guerriers s'étaient tus, que les rois saxons et leurs festivités avaient été ensevelis côte à côte, la splendeur de Kingston avait faibli un temps, pour renaître quand Hampton Court était devenu le palais des Tudor et des Stuart, que les embarcations royales jetaient leurs amarres le long des rives du fleuve et que des damoiseaux bien mis se pavanaient le long des quais en s'écriant : « Oh, quelle embarcation ! Diantre, bonté divine.»
Aux alentours, de nombreuses vieilles maisons évoquent parfaitement l'époque où Kingston était une cité royale, où les nobles et les courtisans y vivaient près de leur roi, et où la longue route menant aux grilles du palais était animée toute la journée, avec ses tintements métalliques, ses fringants palefrois, ses bruissements de soie et de velours et ses mines réjouies. Les grandes maisons spacieuses, avec leurs fenêtres à encorbellement, leurs ouvertures grillagées, leurs cheminées monumentales et leurs toits à pignons, nous parle de l'époque des bas et des pourpoints des jabots brodés de perles, et des serments compliqués. Elles ont été construites à une époque « où les hommes savaient bâtir. » Avec le temps, la solidité des briques rouges s'est accrue plus encore et leurs escaliers de chêne ne craquent ni ne grincent lorsque vous essayez de les descendre sans faire de bruit.
En parlant d'escaliers en chêne, ça me fait penser qu'il y a un magnifique escalier de chêne en colimaçon dans une des maisons de Kingston. C'est maintenant une boutique, mais il est évident que ça a été autrefois la demeure de quelque grand personnage. Un de mes amis qui habite Kingston y est entré un jour pour acheter un chapeau, et, dans un moment d'égarement, il a mis la main à la poche pour l'acheter séance tenante.
Le boutiquier (il connaissait mon ami) a d'abord été interloqué ; mais en se reprenant rapidement et sentant qu'il fallait faire quelque chose pour encourager ce genre de situation, a demandé à notre héros s'il ne voulait pas voir quelque superbe chêne sculpté. Mon ami a répondu qu'il le voulait bien, et le vendeur lui a sur le champ fait traverser la boutique pour lui faire monter l'escalier de la maison. Les balustres étaient de magnifiques pièces de menuiserie, et le mur était entièrement recouvert d'une boiserie de chêne qui n'aurait pas dépareillé dans un palace.
De l'escalier, ils se sont dirigés vers le salon, vaste et lumineux, tapissé d'un papier d'un bleu quelque peu voyant mais gai. Cependant, il n'y avait rien d'exceptionnel et mon ami s'est demandé pourquoi il y avait été amené. Le propriétaire s'est approché de la tapisserie et l'a tapotée. Elle a sonné comme du bois.
— Du chêne, a-t-il expliqué. Tout en chêne sculpté, jusqu'au plafond, exactement le même que vous avez vu dans l'escalier.
— Mais, grand Dieu ! monsieur, s'est écrié mon ami ; vous ne voulez pas dire que vous avez recouvert du chêne sculpté avec du papier peint bleu ?
— Si, a-t-il répondu, et ça m'a coûté un bras. Il m'a fallu tout recouvrir de planches avant, évidemment. Mais la pièce a l'air gaie maintenant. C'était horriblement sombre avant.
Je ne peux pas vraiment blâmer cet homme (ce qui doit le soulager sans aucun doute). De son point de vue, celui d'un chef de famille ordinaire, qui désirait se rendre la vie la plus agréable possible, et non de celui de l'amateur d'antiquités, la raison est de son côté. Le chêne sculpté est très beau à voir, et il est très agréable d'en avoir un peu, mais il est sans doute un peu déprimant pour ceux qui n'en ont pas envie. Ce serait comme vivre dans une église.
Non, ce qui était triste dans son cas, c’est que lui, qui ne se souciait aucunement de chêne sculpté, devait supporter que son salon en soit lambrissé, alors que les amateurs passionnés devaient payer des sommes extravagantes pour en acquérir. Cela semble être la règle de ce monde. Chaque personne possède ce qu'elle ne désire pas et ce qu'elle veut réellement c'est une autre qui l'a.
Les hommes mariés ont des épouses, et ne semblent pas les désirer ; les jeunes types célibataires se plaignent de ne pas en avoir. Les pauvres qui peuvent difficilement subvenir à leurs besoins ont huit bouches à nourrir.. Les vieux couples fortunés, qui n'ont personne à qui laisser leur argent, meurent sans enfants.
Et puis il y a des filles avec leurs amoureux. Les filles qui ont des amants n'en veulent pas. Elles disent qu'elles seraient mieux sans eux, qu'ils les agacent, et pourquoi ne vont-ils pas courtiser Mlle Smith ou Mlle Brown, qui sont vieilles filles, et qui ne trouvent pas d'amant. Elles-mêmes ne veulent pas d'amants.. Elles n'ont pas du tout envie de mariage.
Mais ne nous attardons pas sur ces choses, c'est bien trop triste.
Il y avait un garçon dans notre école que nous appelions Sandford et Merton. En réalité il s'appelait Stivvings. C'était le gars le plus extraordinaire que j'aie jamais rencontré. Je crois qu'il aimait réellement étudier. Il avait l'habitude de se faire sévèrement réprimander pour s'être relevé la nuit afin d'étudier le grec, quant aux verbes irréguliers français, il n'y avait tout simplement pas moyen de l'en écarter. Il avait la tête farcie d'idées bizarres et farfelues sur le fait d'être une fierté pour ses parents et de faire honneur à son école, il aspirait à gagner des prix, à devenir un adulte intelligent et toute une série d'idées ahurissantes de cet acabit. Je n'ai jamais connu un personnage aussi étrange ni aussi inoffensif, tel un nouveau-né.
Eh bien, ce garçon tombait malade à peu près deux fois par semaine, de sorte qu'il ne pouvait pas se rendre à l'école. Je n'ai jamais vu un garçon qui tombait aussi souvent malade que ce Sanford et Merton. Dès qu'on entendait parler d'une maladie sévissant dans un rayon de dix milles, il l'avait et dans sa forme sévère. Il faisait des bronchites en pleine canicule et avait le rhume des foins à Noël. Après une période de six semaines de sécheresse, il a souffert de rhumatisme articulaire aigu ; puis il est sorti dans un brouillard de novembre et est rentré chez lui avec une insolation.
Une année, pauvre gars, Ils l'ont mis sous gaz hilarant, puis ont arraché toutes ses dents parce qu'il souffrait de terribles rages de dents ; ensuite il lui ont posé un dentier, et alors ça s'est transformé en névralgies et otites. Il était éternellement enrhumé, sauf une année où pendant neuf semaines il a eu la scarlatine ; et il avait en permanence des'engelures. Pendant la grande épidémie de choléra de 1871 , notre quartier fut singulièrement épargné. Il y eut un seul cas rapporté dans la paroisse : c'était le cas du jeune Stivving.
Quand il était malade il devait rester alité, il mangeait du poulet, de la crème anglaise et des raisins de serre ; et il restait là à sangloter parce qu'on ne voulait pas le laisser faire ses exercices de latin et qu'on lui confisquait sa grammaire allemande.
Et nous les autres garçons, qui aurions sacrifié dix trimestres de notre vie d'écolier pour le plaisir d'être malade une journée, bien que, n'ayant aucune envie de donner à nos parents un prétexte pour les avoir sur le dos, nous ne pouvions attraper au plus qu'un torticolis. Nous nous sommes exposés aux courants d'air et ça nous a fait du bien, ça nous a rafraîchis ; nous avons pris des choses pour tomber malades, elles nous ont fait grossir et nous ont ouvert l'appétit. Rien de ce à quoi nous avions pu penser ne semblait nous rendre malade avant le début des vacances. Puis, le jour des vacances, nous avons attrapé des rhumes, la coqueluche et toutes sortes de troubles qui ont duré jusqu'au début du trimestre ; quand, en dépit de toutes nos tentatives pour l'éviter, nous nous rétablissions soudainement, et étions plus que jamais en pleine forme.
C'est la vie ; et nous sommes pareils à l’herbe que l’on coupe, et que l’on met au four pour la dessécher.
Pour en revenir au chêne sculpté, nos arrière-arrière-grands-pères devaient avoir de très hautes conceptions artistiques et esthétiques. Mais, il y a trois au quatre cents ans, tous nos trésors artistiques actuels, sortis de terre, n'étaient que des objets très ordinaires. Je me demande s’il y a une réelle beauté intrinsèque dans toutes ces vieilles assiettes à soupe, ces cruches à bière, et ces éteignoirs que nous prisons tant aujourd’hui, ou si c’est seulement l’aura du passé qui leur confère du charme à nos yeux. Les faïences « bleu ancien » que nous accrochons à nos murs en guise d’ornements étaient les ustensiles ménagers quotidiens d’il y a quelques siècles. Les bergers roses et les bergères jaunes que nous invitons nos amis à admirer (ce qu'ils font semblant de faire) étaient les bibelots sans valeur qui ornaient la cheminée, qu’une mère du XVIIIe siècle aurait donnés à sucer à son bébé pour l’apaiser quand il pleurait.
Sera-ce la même chose dans le futur ? Les précieux trésors du present sont-ils toujours les babioles de la veille ? Des rangées de nos assiettes à fleurs viendront-elles s'aligner au-dessus des cheminées des nantis dans les années 2000 et quelques ? Les tasses blanches aux bords dorés et à la belle fleur de même couleur à l'intérieur (espèce inconnue), qu'aujourd'hui notre Fée du Logis brise d'un cœur léger, seront-elles soigneusement disposées et exposées sur un présentoir, la maîtresse de maison ayant seule l'honneur de les épousseter ?
Tiens ! par exemple, ce chien de porcelaine qui orne la chambre de mon meublé. C'est un chien blanc. Ses yeux sont bleus. Sa truffe d'un délicat rouge tacheté. Sa tête est douloureusement dressée, son expression aimable frise l'imbécillité. Franchement, on ne peut pas dire que je l'admire. D'un point de vue artistique, je pourrais dire qu'il m'énerve. Des amis irrespectueux se moquent de lui et même ma logeuse n'a aucune espèce de considération pour lui mais justifie sa présence par la circonstance qu'il lui a été offert par sa tante.
Mais dans 200 ans, il est plus que probable que ce chien sera exhumé de quelque endroit, amputé de ses pattes, la queue brisée et sera vendu comme porcelaine ancienne pour être exposé dans une vitrine. Les gens le feront circuler et l'admireront. Ils seront frappés par la merveilleuse profondeur de la couleur de la truffe, ils spéculeront sur le morceau de queue perdu qui avait dû être, sans aucun doute, une splendeur.
Nous, en tant que contemporains, nous ne percevons pas la beauté de ce chien. Il nous est trop familier. Il va de même avec le coucher de soleil et les étoiles, nous ne sommes pas impressionnés par leur splendeur parce qu'ils sont communs à nos yeux. C'est pareil avec ce chien de porcelaine. En 2288, les gens s’extasieront devant lui. La fabrication de tels chiens sera devenu un art oublié. Nos descendants se demanderont comment nous avons fait, et diront combien nous étions intelligents. Ils parleront affectueusement de nous « comme ces anciens et grands artistes qui existaient au dix-neuvième siècle, et fabriquaient ces chiens en porcelaine ».
L'« abécédaire » que la fille aînée a fait à l'école sera décrit comme une « tapisserie de l'ère victorienne », et d'une valeur presque inestimable. Les chopes bleu et blanc, toutes fissurées et ébréchées, des auberges actuelles en bord de route seront recherchées et vendues à prix d'or ; les gens très riches les utiliseront comme verres à cocktails et les voyageurs venus du Japon rafleront tous ces « Cadeaux de Ramsgate » et autres « Souvenirs de Margate » qui auront échappé à la destruction pour les ramener à Tokyo comme autant d'authentiques curiosités d'Angleterre.
À cet instant, Harris a lâché les avirons, s'est dressé hors de son siège, a roulé sur le dos et s'est retrouvé les jambes en l'air. Montmorency hurla et exécuta un saut périlleux ; le panier de dessus sauta en l’air, répandant tout son contenu.
J'ai été un peu surpris, mais je ne me suis pas énervé. D'une voix plutôt aimable, j'ai dit : — Holà ! Qu'y a-t-il ?
Qu'y a-t-il ? Mais ...
Non, à la réflexion, je ne vais pas répéter ce qu'a dit Harris. Peut-être que j'ai été à blâmer, je l'avoue ; mais rien n'excuse ni la violence de langage ni la vulgarité d'expression, surtout chez un homme qui a bénéficié d'une éducation de qualité, comme je sais que ça a été le cas pour Harris. Je pensais à autre chose et j'avais oublié, comme chacun peut facilement comprendre, que je tenais la barre, en conséquence nous nous sommes très mêlés avec le chemin de halage. Il était à cet instant difficile de distinguer entre nous et la rive du fleuve Middlesex ; mais nous y sommes finalement parvenus et nous nous en sommes éloignés.
Harris, cependant, déclara qu'il en avait fait assez pour le moment et me proposa que je prenne le relai ; ainsi, alors que nous étions à l'intérieur, je sortis et je pris le filin de remorque et halai le bateau au-delà de Hampton Court. Ce bon vieux mur qui longe la rivière ! Je ne passe jamais devant sans me sentir mieux à sa vue. Ce vieux mur, nuancé, lumineux ; quel charmant tableau il ferait, envahi par le lichen, et couvert de mousse, avec une petite treille timide qui jette un regard par endroit, pour voir ce qu'il se passe sur cette rivière encombrée, et le vieux lierre discret qui se blottit un peu plus loin en bas. Chaque mètre du vieux mur présente cinquante nuances d'ombres et de couleurs. Si seulement j'avais su dessiner, et peindre, j'aurais pu faire un joli tableau de ce vieux mur, c'est sûr. J'ai souvent pensé que j'aurais aimé vivre à Hampton Court. C'est si calme et si tranquille, et c'est un vieil endroit si agréable pour s'y balader le matin de bonne heure avant qu'il n'y ait du monde.
Toutefois, si la chose devait réellement se faire, je ne crois pas que j'apprécierais d'y vivre. Ce serait si effrayant et déprimant que, le soir, votre lampe projette des ombres étranges sur les murs lambrissés, que l'écho de pas lointains retentisse dans les froids couloirs de pierre, se rapprochent puis disparaissent et que, hors le battement de votre propre cœur, ne règne qu'un silence de mort.
Nous, hommes et femmes, sommes des êtres solaires. Nous aimons la lumière et la vie. C'est pourquoi nous nous entassons dans les villes et que la campagne devient chaque année plus déserte. À la lumière du jour, quand la nature palpite tout autour de nous, nous apprécions les collines dégagées et les forêts profondes, mais la nuit, quand notre Mère nature s'est endormie et nous laisse éveillé, oh ! le monde semble si solitaire et nous avons peur, comme des enfants dans une maison silencieuse. Nous demeurons alors sanglotants, nostalgiques des becs de gaz, de la musique des voix humaines et de l'écho frémissant de la vie. Nous nous sentons si impuissants et si minuscules dans le grand silence, lorsque les arbres sombres bruissent dans le vent nocturne. Il y a tant de fantômes qui nous environnent et leurs soupirs silencieux nous rendent si tristes. Rassemblons-nous dans les grandes villes et allumons d'énormes feux de joie d'un million de becs de gaz et crions, chantons ensemble, et sentons-nous ragaillardis.
Harris m'a demandé si j'étais déjà allé dans le labyrinthe de Hampton Court. Il a dit qu'il y était allé une fois pour indiquer le chemin à quelqu'un. Il en avait étudié le plan sur une carte, qui était si simple voire imbécile qu'il lui avait paru relever de la plaisanterie, justifiant difficilement les deux pence du prix de l'entrée. Harris a dit que cette carte avait dû être conçue comme une farce, car il n'y avait pas la moindre chose juste, seulement des erreurs. C'était un cousin de la campagne que Harris y avait amené. Il avait dit : — Nous allons juste entrer, ainsi tu pourras dire que tu y es allé, mais c'est très banal. C'est idiot d'appeler ça un labyrinthe. Tu n'as qu'à toujours tourner à droite. Nous tournerons en rond une dizaine de minutes, puis nous repartirons manger un morceau.
Une fois à l'intérieur ils ont rencontré quelques personnes qui ont dit qu'ils y étaient depuis trois quarts d'heure, et qu'ils commençaient à en avoir marre. Harris leur a dit qu'ils pouvaient le suivre, s'ils le voulaient, qu'il venait juste d'entrer et qu'il devait juste faire un tour avant de ressortir. Ils lui ont dit que c'était très aimable à lui, ils lui ont emboité le pas et l'ont suivi.
Ils ont ramassé en chemin beaucoup de gens qui voulaient ressortir, jusqu'à ce qu'ils aient récupéré tout le monde dans le labyrinthe. Des gens qui avaient abandonné tout espoir d'entrer ou sortir, ou de revoir jamais leur maison et leurs amis, reprenaient courage à la vue de Harris et de son groupe, se joignaient à la procession en le remerciant. Harris a dit qu'il estimait à une vingtaine en tout ceux qui le suivaient ; et qu'une femme avec un bébé, qui y était restée toute la matinée, avait tenu à lui prendre le bras, de peur de le perdre.
Harris a continué à prendre à droite, mais le chemin semblait long, et son cousin dit que ce devait être un très grand labyrinthe.
— Oh, un des plus grands d'Europe, a dit Harris.
— Oui, ce doit être vrai, a répondu son cousin, parce que nous avons déjà marché deux bons miles.
Harris aussi avait commencé à trouver ça plutôt bizarre, mais il s'était entêté jusqu'à ce que finalement la troupe remarque sur le sol la moitié d'un petit pain que le cousin de Harris avait juré avoir déjà vu sept minutes auparavant. Harris avait rétorqué : — Oh, impossible ! mais la femme avec le bébé s'était exclamée : — Pas du tout, car c'est elle qui l'avait pris des mains de l'enfant et l'avait jeté là, juste avant de rencontrer Harris. Elle avait également ajouté qu'elle aurait préféré ne jamais avoir rencontré Harris et avait exprimé l'idée que c'était un guignol. Harris avait vu rouge, il avait exhibé sa carte et exposé sa théorie.
— La carte pourrait bien nous aider si nous savions où nous nous situons maintenant, avait déclaré un membre du groupe.
Harris l'ignorait et avait dit qu'à ses yeux le mieux était de retourner à l'entrée et de recommencer le parcours. L'idée de recommencer le parcours n'avait pas suscité l'enthousiasme, mais celle de retourner à l'entrée avait fait l'unanimité, et donc ils avaient fait demi-tour et avaient à nouveau suivi Harris dans la direction opposée. Après environ une nouvelle dizaine de minutes, ils se sont retrouvés au centre du labyrinthe.
Dans un premier temps, Harris a pensé prétendre que c'était ce qu'il avait voulu faire, mais la foule semblant menaçante il a décidé de considérer cela comme un accident.
Toutefois, ils avaient désormais un endroit d'où partir. Ils savaient où ils se trouvaient et la carte ayant été consultée une fois encore la chose semblait plus simple que jamais, alors ils sont repartis pour la troisième fois.
Et trois minutes plus tard, ils étaient de retour au centre.
Dès lors, ils ne purent tout simplement plus arriver autre part. Où qu'ils aillent, ça les ramenait toujours au centre. C'était devenu une telle routine qu'à la longue, certains se sont arrêtés, se contentant d'attendre que les autres aient fini leur virée et reviennent vers eux. Après un certain temps, Harris sortit de nouveau sa carte, mais sa vue a rendu tout le monde furieux et ils lui ont dit d'aller se faire cuire un œuf. Harris déclara qu'il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était devenu dans une certaine mesure impopulaire.
À la fin ils sont tous devenus fous et ont appelé le gardien ; l'homme est accouru, a grimpé sur une échelle à l'extérieur et leur a crié des indications. Mais tous, à ce moment-là, étaient dans une telle confusion d'esprit qu’ils étaient incapables de piger quoi que ce soit, l’homme leur a donc dit de rester où ils étaient et qu’il allait les rejoindre. Ils se sont serrés les uns contres les autres et ont attendu, l'homme est descendu de son échelle et est entré dans le labyrinthe.
Le hasard a voulu que ce soit un jeune gardien, nouveau dans l'entreprise. Quand il est entré, il n'a pas pu les retrouver, il s'est égaré en essayant de les rejoindre et pour finir il s'est perdu. Ils l'apercevaient de temps en temps, se précipitant de l'autre côté de la haie, il les voyait et se précipitait pour les rejoindre. Ils attendaient là environ cinq minutes, puis il réapparaissait à nouveau exactement au même endroit, et leur demandait où ils avaient été.
Ils ont dû attendre que l'un des vieux gardiens revienne de son dîner avant de pouvoir sortir.
Harris a déclaré qu'il pensait que c'était un très chouette labyrinthe, autant qu'il puisse en juger ; et nous avons convenu que nous allions essayer d'y entraîner George, sur le chemin du retour.
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CHAPTER VI.
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She was nuts on public-houses, was England’s Virgin Queen.
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There’s scarcely a pub.
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No, there would be too many of them!
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It would be the houses that he had never entered that would become famous.
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How poor weak-minded King Edwy must have hated Kyningestun!
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The coronation feast had been too much for him.
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Gadzooks, gramercy.
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The proprietor went up to the paper, and tapped it.
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It gave forth a wooden sound.
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“Oak,” he explained.
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“All carved oak, right up to the ceiling, just the same as you saw on the staircase.
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“But, great Cæsar!
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“Yes,” was the reply: “it was expensive work.
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Had to match-board it all over first, of course.
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But the room looks cheerful now.
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It was awful gloomy before.
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I can’t say I altogether blame the man (which is doubtless a great relief to his mind).
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It would be like living in a church.
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It seems to be the rule of this world.
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Each person has what he doesn’t want, and other people have what he does want.
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Poor people who can hardly keep themselves have eight hearty children.
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Rich old couples, with no one to leave their money to, die childless.
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Then there are girls with lovers.
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The girls that have lovers never want them.
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They themselves don’t want lovers.
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They never mean to marry.
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It does not do to dwell on these things; it makes one so sad.
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There was a boy at our school, we used to call him Sandford and Merton.
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His real name was Stivvings.
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He was the most extraordinary lad I ever came across.
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I believe he really liked study.
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I never knew such a strange creature, yet harmless, mind you, as the babe unborn.
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Well, that boy used to get ill about twice a week, so that he couldn’t go to school.
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There never was such a boy to get ill as that Sandford and Merton.
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If there was any known disease going within ten miles of him, he had it, and had it badly.
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He would take bronchitis in the dog-days, and have hay-fever at Christmas.
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During the great cholera scare of 1871, our neighbourhood was singularly free from it.
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There was only one reputed case in the whole parish: that case was young Stivvings.
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Nothing we could think of seemed to make us ill until the holidays began.
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Such is life; and we are but as grass that is cut down, and put into the oven and baked.
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Will it be the same in the future?
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Will the prized treasures of to-day always be the cheap trifles of the day before?
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That china dog that ornaments the bedroom of my furnished lodgings.
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It is a white dog.
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Its eyes blue.
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Its nose is a delicate red, with spots.
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Its head is painfully erect, its expression is amiability carried to verge of imbecility.
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I do not admire it myself.
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Considered as a work of art, I may say it irritates me.
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unit 97
And people will pass it round, and admire it.
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unit 99
We, in this age, do not see the beauty of that dog.
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We are too familiar with it.
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So it is with that china dog.
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In 2288 people will gush over it.
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The making of such dogs will have become a lost art.
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Our descendants will wonder how we did it, and say how clever we were.
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I was somewhat surprised, but I did not lose my temper.
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I said, pleasantly enough: “Hulloa!
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what’s that for?
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“What’s that for?
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Why—.
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No, on second thoughts, I will not repeat what Harris said.
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What a dear old wall that is that runs along by the river there!
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I never pass it without feeling better for the sight of it.
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There are fifty shades and tints and hues in every ten yards of that old wall.
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unit 126
I’ve often thought I should like to live at Hampton Court.
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But, there, I don’t suppose I should really care for it when it came to actual practice.
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We are creatures of the sun, we men and women.
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We love light and life.
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the world seems so lonesome, and we get frightened, like children in a silent house.
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There are so many ghosts about, and their silent sighs make us feel so sad.
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unit 139
Harris asked me if I’d ever been in the maze at Hampton Court.
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unit 140
He said he went in once to show somebody else the way.
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It was a country cousin that Harris took in.
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He said: “We’ll just go in here, so that you can say you’ve been, but it’s very simple.
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unit 145
It’s absurd to call it a maze.
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unit 146
You keep on taking the first turning to the right.
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unit 147
We’ll just walk round for ten minutes, and then go and get some lunch.
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unit 150
They said it was very kind of him, and fell behind, and followed.
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unit 155
“Oh, one of the largest in Europe,” said Harris.
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unit 156
“Yes, it must be,” replied the cousin, “because we’ve walked a good two miles already.
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unit 160
That made Harris mad, and he produced his map, and explained his theory.
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unit 164
About ten minutes more passed, and then they found themselves in the centre.
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unit 166
Anyhow, they had got something to start from then.
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unit 168
And three minutes later they were back in the centre again.
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unit 169
After that, they simply couldn’t get anywhere else.
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unit 170
Whatever way they turned brought them back to the middle.
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Harris said that he couldn’t help feeling that, to a certain extent, he had become unpopular.
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unit 176
They huddled together, and waited; and he climbed down, and came in.
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They had to wait till one of the old keepers came back from his dinner before they got out.
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Bouchka • 3709  commented  1 month ago

Merci France pour être attention👌

by Bouchka 1 month ago

Bonjour les amis !
Voici un petit résumé trouvé sur Babelio. Petite précision, nous avons décidé d'utiliser le passé composé plutôt que le passé simple pour rendre nos traductions plus vivantes et modernes.

Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien) est un roman comique de Jerome K. Jerome, publié en 1889. Il narre les aventures de George, Harris, Jérôme et Montmorency (le chien), entreprenant un voyage sur la Tamise.
Las de la vie qu'ils mènent à Londres, trois amis décident de prendre des vacances. Malgré les protestations du chien Montmorency, les voilà partis en bateau sur la Tamise, bien résolus à mener une vie saine, heureux de découvrir les charmes de la campagne anglaise. Mais ils n'avaient pas compté avec ces événements capables de transformer le moindre voyage en une pittoresque aventure... et un simple récit en chef-d'œuvre de l'humour anglais.
Le livre est parsemé d'anecdotes comiques, mais aussi de réflexions sur la philosophie de l'existence, les illusions que nous entretenons volontiers sur le monde et sur nous-mêmes, et la nécessité de ne pas trop charger de luxe la barque de sa vie.

by francevw 1 month ago

http://www.gutenberg.org/files/308/308-h/308-h.htm

by francevw 1 month ago

CHAPTER VI.

It was a glorious morning, late spring or early summer, as you care to take it, when the dainty sheen of grass and leaf is blushing to a deeper green; and the year seems like a fair young maid, trembling with strange, wakening pulses on the brink of womanhood.
The quaint back streets of Kingston, where they came down to the water’s edge, looked quite picturesque in the flashing sunlight, the glinting river with its drifting barges, the wooded towpath, the trim-kept villas on the other side, Harris, in a red and orange blazer, grunting away at the sculls, the distant glimpses of the grey old palace of the Tudors, all made a sunny picture, so bright but calm, so full of life, and yet so peaceful, that, early in the day though it was, I felt myself being dreamily lulled off into a musing fit.
I mused on Kingston, or “Kyningestun,” as it was once called in the days when Saxon “kinges” were crowned there. Great Cæsar crossed the river there, and the Roman legions camped upon its sloping uplands. Cæsar, like, in later years, Elizabeth, seems to have stopped everywhere: only he was more respectable than good Queen Bess; he didn’t put up at the public-houses.
She was nuts on public-houses, was England’s Virgin Queen. There’s scarcely a pub. of any attractions within ten miles of London that she does not seem to have looked in at, or stopped at, or slept at, some time or other. I wonder now, supposing Harris, say, turned over a new leaf, and became a great and good man, and got to be Prime Minister, and died, if they would put up signs over the public-houses that he had patronised: “Harris had a glass of bitter in this house;” “Harris had two of Scotch cold here in the summer of ’88;” “Harris was chucked from here in December, 1886.
No, there would be too many of them! It would be the houses that he had never entered that would become famous. “Only house in South London that Harris never had a drink in!” The people would flock to it to see what could have been the matter with it.
How poor weak-minded King Edwy must have hated Kyningestun! The coronation feast had been too much for him. Maybe boar’s head stuffed with sugar-plums did not agree with him (it wouldn’t with me, I know), and he had had enough of sack and mead; so he slipped from the noisy revel to steal a quiet moonlight hour with his beloved Elgiva.
Perhaps, from the casement, standing hand-in-hand, they were watching the calm moonlight on the river, while from the distant halls the boisterous revelry floated in broken bursts of faint-heard din and tumult.
Then brutal Odo and St. Dunstan force their rude way into the quiet room, and hurl coarse insults at the sweet-faced Queen, and drag poor Edwy back to the loud clamour of the drunken brawl.
Years later, to the crash of battle-music, Saxon kings and Saxon revelry were buried side by side, and Kingston’s greatness passed away for a time, to rise once more when Hampton Court became the palace of the Tudors and the Stuarts, and the royal barges strained at their moorings on the river’s bank, and bright-cloaked gallants swaggered down the water-steps to cry: “What Ferry, ho! Gadzooks, gramercy.
Many of the old houses, round about, speak very plainly of those days when Kingston was a royal borough, and nobles and courtiers lived there, near their King, and the long road to the palace gates was gay all day with clanking steel and prancing palfreys, and rustling silks and velvets, and fair faces. The large and spacious houses, with their oriel, latticed windows, their huge fireplaces, and their gabled roofs, breathe of the days of hose and doublet, of pearl-embroidered stomachers, and complicated oaths. They were upraised in the days “when men knew how to build.” The hard red bricks have only grown more firmly set with time, and their oak stairs do not creak and grunt when you try to go down them quietly.
Speaking of oak staircases reminds me that there is a magnificent carved oak staircase in one of the houses in Kingston. It is a shop now, in the market-place, but it was evidently once the mansion of some great personage. A friend of mine, who lives at Kingston, went in there to buy a hat one day, and, in a thoughtless moment, put his hand in his pocket and paid for it then and there.
The shopman (he knows my friend) was naturally a little staggered at first; but, quickly recovering himself, and feeling that something ought to be done to encourage this sort of thing, asked our hero if he would like to see some fine old carved oak. My friend said he would, and the shopman, thereupon, took him through the shop, and up the staircase of the house. The balusters were a superb piece of workmanship, and the wall all the way up was oak-panelled, with carving that would have done credit to a palace.
From the stairs, they went into the drawing-room, which was a large, bright room, decorated with a somewhat startling though cheerful paper of a blue ground. There was nothing, however, remarkable about the apartment, and my friend wondered why he had been brought there. The proprietor went up to the paper, and tapped it. It gave forth a wooden sound.
“Oak,” he explained. “All carved oak, right up to the ceiling, just the same as you saw on the staircase.
“But, great Cæsar! man,” expostulated my friend; “you don’t mean to say you have covered over carved oak with blue wall-paper?
“Yes,” was the reply: “it was expensive work. Had to match-board it all over first, of course. But the room looks cheerful now. It was awful gloomy before.
I can’t say I altogether blame the man (which is doubtless a great relief to his mind). From his point of view, which would be that of the average householder, desiring to take life as lightly as possible, and not that of the old-curiosity-shop maniac, there is reason on his side. Carved oak is very pleasant to look at, and to have a little of, but it is no doubt somewhat depressing to live in, for those whose fancy does not lie that way. It would be like living in a church.
No, what was sad in his case was that he, who didn’t care for carved oak, should have his drawing-room panelled with it, while people who do care for it have to pay enormous prices to get it. It seems to be the rule of this world. Each person has what he doesn’t want, and other people have what he does want.
Married men have wives, and don’t seem to want them; and young single fellows cry out that they can’t get them. Poor people who can hardly keep themselves have eight hearty children. Rich old couples, with no one to leave their money to, die childless.
Then there are girls with lovers. The girls that have lovers never want them. They say they would rather be without them, that they bother them, and why don’t they go and make love to Miss Smith and Miss Brown, who are plain and elderly, and haven’t got any lovers? They themselves don’t want lovers. They never mean to marry.
It does not do to dwell on these things; it makes one so sad.
There was a boy at our school, we used to call him Sandford and Merton. His real name was Stivvings. He was the most extraordinary lad I ever came across. I believe he really liked study. He used to get into awful rows for sitting up in bed and reading Greek; and as for French irregular verbs there was simply no keeping him away from them. He was full of weird and unnatural notions about being a credit to his parents and an honour to the school; and he yearned to win prizes, and grow up and be a clever man, and had all those sorts of weak-minded ideas. I never knew such a strange creature, yet harmless, mind you, as the babe unborn.
Well, that boy used to get ill about twice a week, so that he couldn’t go to school. There never was such a boy to get ill as that Sandford and Merton. If there was any known disease going within ten miles of him, he had it, and had it badly. He would take bronchitis in the dog-days, and have hay-fever at Christmas. After a six weeks’ period of drought, he would be stricken down with rheumatic fever; and he would go out in a November fog and come home with a sunstroke.
They put him under laughing-gas one year, poor lad, and drew all his teeth, and gave him a false set, because he suffered so terribly with toothache; and then it turned to neuralgia and ear-ache. He was never without a cold, except once for nine weeks while he had scarlet fever; and he always had chilblains. During the great cholera scare of 1871, our neighbourhood was singularly free from it. There was only one reputed case in the whole parish: that case was young Stivvings.
He had to stop in bed when he was ill, and eat chicken and custards and hot-house grapes; and he would lie there and sob, because they wouldn’t let him do Latin exercises, and took his German grammar away from him.
And we other boys, who would have sacrificed ten terms of our school-life for the sake of being ill for a day, and had no desire whatever to give our parents any excuse for being stuck-up about us, couldn’t catch so much as a stiff neck. We fooled about in draughts, and it did us good, and freshened us up; and we took things to make us sick, and they made us fat, and gave us an appetite. Nothing we could think of seemed to make us ill until the holidays began. Then, on the breaking-up day, we caught colds, and whooping cough, and all kinds of disorders, which lasted till the term recommenced; when, in spite of everything we could manœuvre to the contrary, we would get suddenly well again, and be better than ever.
Such is life; and we are but as grass that is cut down, and put into the oven and baked.
To go back to the carved-oak question, they must have had very fair notions of the artistic and the beautiful, our great-great-grandfathers. Why, all our art treasures of to-day are only the dug-up commonplaces of three or four hundred years ago. I wonder if there is real intrinsic beauty in the old soup-plates, beer-mugs, and candle-snuffers that we prize so now, or if it is only the halo of age glowing around them that gives them their charms in our eyes. The “old blue” that we hang about our walls as ornaments were the common every-day household utensils of a few centuries ago; and the pink shepherds and the yellow shepherdesses that we hand round now for all our friends to gush over, and pretend they understand, were the unvalued mantel-ornaments that the mother of the eighteenth century would have given the baby to suck when he cried.
Will it be the same in the future? Will the prized treasures of to-day always be the cheap trifles of the day before? Will rows of our willow-pattern dinner-plates be ranged above the chimneypieces of the great in the years 2000 and odd? Will the white cups with the gold rim and the beautiful gold flower inside (species unknown), that our Sarah Janes now break in sheer light-heartedness of spirit, be carefully mended, and stood upon a bracket, and dusted only by the lady of the house?
That china dog that ornaments the bedroom of my furnished lodgings. It is a white dog. Its eyes blue. Its nose is a delicate red, with spots. Its head is painfully erect, its expression is amiability carried to verge of imbecility. I do not admire it myself. Considered as a work of art, I may say it irritates me. Thoughtless friends jeer at it, and even my landlady herself has no admiration for it, and excuses its presence by the circumstance that her aunt gave it to her.
But in 200 years’ time it is more than probable that that dog will be dug up from somewhere or other, minus its legs, and with its tail broken, and will be sold for old china, and put in a glass cabinet. And people will pass it round, and admire it. They will be struck by the wonderful depth of the colour on the nose, and speculate as to how beautiful the bit of the tail that is lost no doubt was.
We, in this age, do not see the beauty of that dog. We are too familiar with it. It is like the sunset and the stars: we are not awed by their loveliness because they are common to our eyes. So it is with that china dog. In 2288 people will gush over it. The making of such dogs will have become a lost art. Our descendants will wonder how we did it, and say how clever we were. We shall be referred to lovingly as “those grand old artists that flourished in the nineteenth century, and produced those china dogs.
The “sampler” that the eldest daughter did at school will be spoken of as “tapestry of the Victorian era,” and be almost priceless. The blue-and-white mugs of the present-day roadside inn will be hunted up, all cracked and chipped, and sold for their weight in gold, and rich people will use them for claret cups; and travellers from Japan will buy up all the “Presents from Ramsgate,” and “Souvenirs of Margate,” that may have escaped destruction, and take them back to Jedo as ancient English curios.
At this point Harris threw away the sculls, got up and left his seat, and sat on his back, and stuck his legs in the air. Montmorency howled, and turned a somersault, and the top hamper jumped up, and all the things came out.
I was somewhat surprised, but I did not lose my temper. I said, pleasantly enough:
“Hulloa! what’s that for?
“What’s that for? Why—.
No, on second thoughts, I will not repeat what Harris said. I may have been to blame, I admit it; but nothing excuses violence of language and coarseness of expression, especially in a man who has been carefully brought up, as I know Harris has been. I was thinking of other things, and forgot, as any one might easily understand, that I was steering, and the consequence was that we had got mixed up a good deal with the tow-path. It was difficult to say, for the moment, which was us and which was the Middlesex bank of the river; but we found out after a while, and separated ourselves.
Harris, however, said he had done enough for a bit, and proposed that I should take a turn; so, as we were in, I got out and took the tow-line, and ran the boat on past Hampton Court. What a dear old wall that is that runs along by the river there! I never pass it without feeling better for the sight of it. Such a mellow, bright, sweet old wall; what a charming picture it would make, with the lichen creeping here, and the moss growing there, a shy young vine peeping over the top at this spot, to see what is going on upon the busy river, and the sober old ivy clustering a little farther down! There are fifty shades and tints and hues in every ten yards of that old wall. If I could only draw, and knew how to paint, I could make a lovely sketch of that old wall, I’m sure. I’ve often thought I should like to live at Hampton Court. It looks so peaceful and so quiet, and it is such a dear old place to ramble round in the early morning before many people are about.
But, there, I don’t suppose I should really care for it when it came to actual practice. It would be so ghastly dull and depressing in the evening, when your lamp cast uncanny shadows on the panelled walls, and the echo of distant feet rang through the cold stone corridors, and now drew nearer, and now died away, and all was death-like silence, save the beating of one’s own heart.
We are creatures of the sun, we men and women. We love light and life. That is why we crowd into the towns and cities, and the country grows more and more deserted every year. In the sunlight—in the daytime, when Nature is alive and busy all around us, we like the open hill-sides and the deep woods well enough: but in the night, when our Mother Earth has gone to sleep, and left us waking, oh! the world seems so lonesome, and we get frightened, like children in a silent house. Then we sit and sob, and long for the gas-lit streets, and the sound of human voices, and the answering throb of human life. We feel so helpless and so little in the great stillness, when the dark trees rustle in the night-wind. There are so many ghosts about, and their silent sighs make us feel so sad. Let us gather together in the great cities, and light huge bonfires of a million gas-jets, and shout and sing together, and feel brave.
Harris asked me if I’d ever been in the maze at Hampton Court. He said he went in once to show somebody else the way. He had studied it up in a map, and it was so simple that it seemed foolish—hardly worth the twopence charged for admission. Harris said he thought that map must have been got up as a practical joke, because it wasn’t a bit like the real thing, and only misleading. It was a country cousin that Harris took in. He said:
“We’ll just go in here, so that you can say you’ve been, but it’s very simple. It’s absurd to call it a maze. You keep on taking the first turning to the right. We’ll just walk round for ten minutes, and then go and get some lunch.
They met some people soon after they had got inside, who said they had been there for three-quarters of an hour, and had had about enough of it. Harris told them they could follow him, if they liked; he was just going in, and then should turn round and come out again. They said it was very kind of him, and fell behind, and followed.
They picked up various other people who wanted to get it over, as they went along, until they had absorbed all the persons in the maze. People who had given up all hopes of ever getting either in or out, or of ever seeing their home and friends again, plucked up courage at the sight of Harris and his party, and joined the procession, blessing him. Harris said he should judge there must have been twenty people, following him, in all; and one woman with a baby, who had been there all the morning, insisted on taking his arm, for fear of losing him.
Harris kept on turning to the right, but it seemed a long way, and his cousin said he supposed it was a very big maze.
“Oh, one of the largest in Europe,” said Harris.
“Yes, it must be,” replied the cousin, “because we’ve walked a good two miles already.
Harris began to think it rather strange himself, but he held on until, at last, they passed the half of a penny bun on the ground that Harris’s cousin swore he had noticed there seven minutes ago. Harris said: “Oh, impossible!” but the woman with the baby said, “Not at all,” as she herself had taken it from the child, and thrown it down there, just before she met Harris. She also added that she wished she never had met Harris, and expressed an opinion that he was an impostor. That made Harris mad, and he produced his map, and explained his theory.
“The map may be all right enough,” said one of the party, “if you know whereabouts in it we are now.
Harris didn’t know, and suggested that the best thing to do would be to go back to the entrance, and begin again. For the beginning again part of it there was not much enthusiasm; but with regard to the advisability of going back to the entrance there was complete unanimity, and so they turned, and trailed after Harris again, in the opposite direction. About ten minutes more passed, and then they found themselves in the centre.
Harris thought at first of pretending that that was what he had been aiming at; but the crowd looked dangerous, and he decided to treat it as an accident.
Anyhow, they had got something to start from then. They did know where they were, and the map was once more consulted, and the thing seemed simpler than ever, and off they started for the third time.
And three minutes later they were back in the centre again.
After that, they simply couldn’t get anywhere else. Whatever way they turned brought them back to the middle. It became so regular at length, that some of the people stopped there, and waited for the others to take a walk round, and come back to them. Harris drew out his map again, after a while, but the sight of it only infuriated the mob, and they told him to go and curl his hair with it. Harris said that he couldn’t help feeling that, to a certain extent, he had become unpopular.
They all got crazy at last, and sang out for the keeper, and the man came and climbed up the ladder outside, and shouted out directions to them. But all their heads were, by this time, in such a confused whirl that they were incapable of grasping anything, and so the man told them to stop where they were, and he would come to them. They huddled together, and waited; and he climbed down, and came in.
He was a young keeper, as luck would have it, and new to the business; and when he got in, he couldn’t find them, and he wandered about, trying to get to them, and then he got lost. They caught sight of him, every now and then, rushing about the other side of the hedge, and he would see them, and rush to get to them, and they would wait there for about five minutes, and then he would reappear again in exactly the same spot, and ask them where they had been.
They had to wait till one of the old keepers came back from his dinner before they got out.
Harris said he thought it was a very fine maze, so far as he was a judge; and we agreed that we would try to get George to go into it, on our way back.