en-fr  The Island of Doctor Moreau/Ch 19 Medium
L'île du docteur Moreau d'H. G. Wells.
Chapitre 19.



« MONTGOMERY TIRE SA RÉVÉRENCE ». Quand cela fut accompli, nous nous lavâmes et mangeâmes, Montgomery et moi nous rendîmes dans ma petite chambre et discutâmes sérieusement de notre situation pour la première fois. Il était alors près de minuit. Il était à peu près sobre mais très perturbé mentalement. Il avait singulièrement subi l'influence de la personnalité de Moreau : je ne crois pas qu'il ait jamais imaginé que celui-ci pût mourir. Ce désastre signifiait l'effondrement soudain des habitudes qui étaient devenues une partie de sa nature au cours des dix années monotones ou plus qu'il avait passées sur l'île. Il parla vaguement, répondit à mes questions de travers, se perdit dans des questions générales.

— Quel monde fou, dit-il, quel désordre que tout cela ! Je n'ai pas eu de vie. Je me demande quand cela va commencer. Seize ans d'intimidations par des nourrices et des maîtres d'école, à me plier leur bon vouloir ; cinq à Londres, à trimer pendant mes études de médecine, de nourriture infâme, de logement minable, de vêtements élimés , de misérable débauche, d'erreur ... je ne connaissais pas mieux... puis je me suis précipité vers cette île inhumaine. Dix ans ici ! À quoi cela aura-t-il servi, Pendrick ? Sommes-nous des bulles soufflées par un bébé ? Il était difficile de faire face à de tels délires. — Ce à quoi nous devons penser maintenant, dis-je, c’est comment sortir de cette île. — À quoi bon s'enfuir ? Je suis un paria. Où aller ? C’est très bien pour toi, Prendick. Pauvre vieux Moreau ! Nous ne pouvons pas le laisser ici pour que ses os soient aissés en pâture aux bêtes sauvages. Telles que sont les choses... d'ailleurs que va-t-il advenir des Hommes-Bêtes qui sont gentils ? — Eh bien, répliquai-je, on verra ça demain. Je pensais que nous pourrions transformer ces broussailles en bûcher et brûler son corps, et ces autres choses. Et alors que se passera-t-il pour les Hommes-Bêtes ? — Je ne sais pas. Je suppose que ceux qui ont été créés à partir de prédateurs vont déraper tôt ou tard. Nous ne pouvons pas tous les massacrer, n'est-ce pas ? Je présume que c’est ce que votre humanité suggérerait ? Mais ils changeront. Ils changeront forcément. Il parla ainsi de manière peu concluante jusqu'à ce que je prenne le mors aux dents.

Nom de Dieu ! s'exclama-t-il après l'un de mes emportements ; ne voyez-vous pas que je suis dans une bourbier pire que le vôtre ? Et il se leva pour aller chercher le brandy. Buvez ! dit-il en revenant, vous saint d'un athée, au visage crayeux, hachant des arguments, buvez ! — Pas moi, dis-je, et m'assis tristement en regardant son visage sous la fusée de paraffine jaune, alors qu'il se buva dans une misère tapageuse.

J'ai le souvenir d'un ennui infini. Il s'égara dans une défense larmoyante des Hommes-Bêtes et de M’ling. M’ling, a-t-il dit, était la seule chose qui s'était occupée de lui. Et soudain une idée lui vint.

— Et puis merde ! s'écria-t-il en titubant et en empoignant la bouteille de brandy.

En un éclair j'eus l'intuition de savoir où il voulait en venir. — Vous ne donnez pas à boire à cette bête ! dis-je en me redressant et en lui faisant face.

— Une bête ! dit-il. C'est vous la bête. Il prend son alcool en bon chrétien. Fichez le camp, Prendick ! — Pour l'amour de Dieu , dis-je,

— Foutez le camp ! rugit-il, et il sortit soudain son révolver.

— Très bien, dis-je, en m'écartant, envisageant de me jeter sur lui au moment où il poserait la main sur le loquet, mais y renonçant à la pensée de mon bras invalide. — Vous vous êtes vous-même transformé en bête,—vous devez retourner chez les bêtes. Il ouvrit la porte en grand et se tint à moitié face à moi entre la lumière jaune de la lampe et la clarté pâle de la lune ; les orbites noircies sous ses sourcils broussailleux.

Vous êtes un modèle de vertu; Prendick, un sale con ! Vous êtes toujours craintif et en train de vous faire des idées. Nous sommes au bord du gouffre. Je n’ai plus qu’à me trancher la gorge demain. Ce soir ça va être la fiesta. Il se retourna et sortit au clair de lune. M’ling ! cria-t-il, M'ling, mon vieux copain ! Trois créatures sombres se découpèrent dans la lumière argentée au bord de la plage blafarde : une créature enveloppée de blanc, les deux autres, simples silhouettes noires à sa suite. Ils s'arrêtèrent en regardant. Puis je vis les épaules voutées de M’ling au coin de la maison.

— Buvez cria Montgomery, buvez, espèces de brutes ! Buvez et soyez des hommes ! Bon Dieu, je suis le plus fort ! Moreau a négligé ça. C'est la touche finale. Buvez, vous dis-je ! Et brandissant la bouteille il commença un pas de trot en direction de l’est, M’ling se plaçant entre lui et les créatures qui suivaient.

Je me dirigeai vers la porte. On ne les distinguait presque plus dans la brume du clair de lune avant que Montgomery ne s’arrête. Je le vis administrer une dose de brandy pur à M’ling, et je vis les cinq créatures se fondre en une tache floue.

— Chantez ! entendis-je Montgomery crier, chantez tous ensemble, « Au Diable le vieux Prendick ! » c'est ça, encore une fois, « Au Diable le vieux Prendick ! » Le groupe sombre se sépara en cinq silhouettes distinctes et s’éloigna lentement de moi le long d'une bande de sable scintillant. Chacun s'en alla en hurlant à sa guise, criant des insultes à mon encontre, ou donnant libre cours à n'importe quelle autre excentricité inspirée par le brandy. Bientôt, j’entendis la voix de Montgomery crier : «Tournez à droite ! » et ils pénétrèrent avec leurs cris et leurs hurlements dans la noirceur des arbres vers la terre ferme. Lentement, très lentement, ils disparurent dans le silence.

La paisible splendeur de la nuit se referma de nouveau sur moi. La lune avait à présent dépassé le méridien et se dirigeait vers l'ouest. Elle était pleine et très lumineuse dans l'azur d'un ciel dépourvu d'étoiles. L'ombre du mur, large d'un mètre et d'un noir d'encre. gisait à mes pieds. La mer à l'est était d'un gris sans nuance, sombre et mystérieux ; et entre la mer et l'ombre, le sable gris (de verre et de cristaux volcaniques) étincelait et luisait comme une plage de diamants. Derrière moi, la lampe à pétrole flambait chaude et rouge.

Puis je fermai la porte, la verrouillai et pénétrai dans l'enceinte où Moreau était étendu à côté de ses dernières victimes... les chiens, le lama et quelques autres pauvres brutes — son énorme visage, calme même après sa terrible mort et ses yeux cruels ouverts, fixaient la lune blanche inanimée au-dessus de lui. Je m'assis sur le bord de l'évier et, les yeux rivés sur cet abominable amas de lumière argentée et d'ombres menaçantes commencai à repenser mes plans. Dans la matinée je rassemblerais des provisions dans le canot et, après avoir mis le feu au bûcher devant moi, je me retrouverais une fois encore dans la désolation de la haute mer. Je sentis que pour Montgomery il n'y avait rien à faire, qu'il était, à dire vrai, à moitié semblable à ces Hommes-Bêtes, impropre à toute bonne intelligence avec l'humanité.

Je ne sais pas combien de temps je restai assis là à manigancer. Probablement une heure ou deux. Ensuite, mes projets furent interrompus par le retour de Montgomery dans le voisinage. J’entendis des cris émanant de nombreuses gorges, un tumulte de hurlements enthousiastes qui descendaient vers la plage, des braillements, des grognements et des cris exaltés qui semblèrent s'interrompre une fois au bord de l’eau. La clameur montait et tombait ; je perçus des coups violents et le fracas du bois qui se fendille, mais cela ne me dérangea pas. Un chant discordant commença.

Mes pensées revinrent à mes moyens d’évasion. Je me levai, apportai la lampe et allai dans un cabanon pour aller voir des fûts que j'avais vus là-bas par le passé. Ensuite, je m'intéressai au contenu de certaines boîtes de biscuits et en ouvris une. J'aperçus quelque chose du coin de l'œil, une silhouette rouge, et me retournai brusquement. Derrière moi se trouvait la cour, intensément noire et blanche au clair de lune, et le tas de bois et de fagots sur lequel reposaient Moreau et ses victimes mutilées les unes sur les autres. Elles semblaient s'agripper entre elles dans une dernière prise vengeresse. Ses blessures étaient ouvertes, noires comme la nuit, et le sang qui avait coulé formait des plaques noires sur le sable. Puis j'observai sans comprendre, l'origine de mon fantôme — une lueur rougeoyante qui surgissait, dansait et disparaissait sur le mur d'en face. Je l'interprétai mal, pensai qu'il s'agissait d'un reflet de ma lampe vacillante et me tournai à nouveau vers les provisions du cabanon. Je farfouillai parmi elles, autant qu'un homme avec un seul bras le pouvait, en trouvant telle chose ou telle autre qui convenait et les mettant de côté pour la mise à l'eau du lendemain. Mes mouvements étaient lents et le temps passait rapidement. Imperceptiblement, je me fis surprendre par la lumière du jour qui se levait..

Les chants s'atténuèrent, remplacés par un brouhaha ; puis ils recommençèrent et éclatèrent en une agitation soudaine. J'entendis des cris « Encore ! encore ! » un bruit de querelle et soudain un cri perçant et sauvage. Le niveau des sons changeait tellement qu'il attira mon attention. Je sortis dans la cour et j'écoutai. Puis, tranchant comme un couteau à travers cette confusion, retentit la déflagration d’un revolver.

Je me précipitai immédiatement vers la petite entrée en passant par ma chambre. Ce faisant, j'entendis certaines des caisses de rangement derrière moi glisser et se briser dans un fracas de verre sur le sol du cabanon. Mais je n'y prêtai pas attention. J'ouvris la porte et jetai un coup d'œil.

Sur la plage, près du hangar à bateaux, brûlait un feu de camp, qui faisait pleuvoir des étincelles dans l’indifférence de l’aube. Autour de lui se battait une masse de silhouettes noires. J'entendis Montgomery crier mon nom. Je commençai brusquement à courir vers ce feu, révolver en main. Je vis la langue de feu du pistolet de Montgomery s'étirer alors près du sol. Il était à terre. Je criai de toutes mes forces et tirai en l'air. J'entendis quelqu'un crier : " Le Maître ! " L'enchevêtrement noir des combattants se brisa en éléments éparpillés, le feu s'embrasa et retomba. La foule des Hommes-Bêtes s'envola devant moi dans un brusque mouvement de panique , plus haut sur la plage. Sous l'emprise de mon excitation je tirai en direction des fuyards tandis qu'ils disparaissaient parmi les buissons. Puis je me tournai vers les tas noirs sur le sol.

Montgomery gisait sur le dos, l'Homme-Bête aux poils gris affalé en travers de son corps. La brute était morte, mais elle serrait encore la gorge de Montgomery dans ses griffes recourbées À côté gisait M'ling face contre terre, immobile, une plaie ouverte au cou, le goulot cassé de la bouteille de brandy à la main. Deux autres corps gisaient près du feu - l'un immobile, l'autre gémissant par intermittence, levant la tête par instants avant de la laisser retomber lentement puis recommençant.

J'attrapai l'homme gris et le retirai du corps de Montgomery; ses griffes tirèrent à terre le manteau déchiré qui résistait alors que je le traînais. Montgomery avait le visage gris et respirait à peine. J'aspergeai son visage d'eau de mer et lui posai la tête sur mon manteau roulé en boule. Mling était mort. La créature blessée qui gisait près du feu — c'était un Homme-Loup à la face grise et barbue — avait la partie supérieure du corps sur les braises encore rougeoyantes. Le malheureux était si terriblement atteint que par pitié je lui fis sauter la cervelle sans attendre. L'autre bête sauvage était l'un des Hommes-Taureaux vêtu de blanc. Lui aussi était mort. Le reste des non-humains avait disparu de la plage.

Je retournai vers Montgomery et m'agenouillai à son côté, maudissant mon ignorance de la médecine. Le feu à côté de moi mourait, il ne restait que des bûches carbonisées rougeoyant encore au centre du foyer et mêlées aux cendres grises des broussailles. Incidemment je me demandais où Montgomery avait trouvé ce bois. Puis je vis que l'aube s'était levée. Le ciel était devenu plus clair, la lune paraissait plus pâle et opaque dans le bleu lumineux du jour. À l'est, le ciel était bordé de rouge.

Soudain, j'entendis derrière moi un bruit sourd et un sifflement et, regardant aux alentours, me relevai d'un bond avec un cri d'horreur. Contre l'aube brûlante de grosses masses tumultueuses de fumée noire s'échappaient de l'enclos et, à travers leur obscurité orageuse, jaillissaient des traits vacillants de flammes rouge-sang. Puis le toit de chaume prit feu. Je vis l'attaque ondulante des flammes à travers l'inclinaison du chaume. Une langue de feu s'échappa de la fenêtre de ma chambre.

Je compris immédiatement ce qui s'était produit. Je me souvins du fracas que j'avais entendu. Quand j'avais couru au secours de Montgomery, j'avais renversé la lampe.

L'impossibilité de sauver le moindre contenu de l'enclos me sauta à la figure. Je repensai à mon projet de fuite, et en me retournant rapidement je regardai pour voir où se trouvaient les bateaux restés sur la plage. Ils n'étaient plus là ! Sur le sable, non loin de moi, reposaient deux haches ; des copeaux et des échardes étaient largement éparpillés et les cendres du feu de camp fumaient et noircissaient sous la clarté de l’aube. Montgomery avait brûlé les bateaux pour se venger de moi et empêcher notre retour à l'humanité !

Une soudaine convulsion de rage me secoua. J'eus presque envie de frapper sa tête stupide, alors qu'il était étendu, impuissant, à mes pieds. Puis tout à coup sa main bougea si faiblement, si pitoyablement que ma colère disparut. Il gémit et ouvrit les yeux un instant. Je m'agenouillai à côté de lui et relevai sa tête. Il rouvrit les yeux, fixant silencieusement l'aube, puis ils rencontrèrent les miens. Ses paupières retombèrent.

— Désolé, dit-il alors dans un effort. Il paraissait tenter de réfléchir. La fin, murmura-t-il, la fin de cet univers fou. Quel gâchis... J'écoutai. Sa tête retomba sans force sur le côté. Je pensai qu'un peu d'eau pourrait le ranimer ; mais il n'y avait ni boisson ni récipient dans lequel le faire boire. Il parut soudain plus lourd. Mon cœur se glaça. Je me penchai vers son visage, posai la main sous sa chemise. Il était mort ; et tandis qu'il s'éteignait, un trait de chaleur pâle, le limbe du disque solaire, surgit à l'est dans le prolongement de la baie, illuminant le ciel de son éclat et baignant la mer sombre d'une effervescence de lumière éblouissante. Il semblait planer comme un air de triomphe sur son visage figé par la mort.

Je laissai retomber sa tête doucement sur l'oreiller rudimentaire que je lui avais fait, et me remis debout. Devant moi, la mer étincelante et désolée, cette affreuse solitude sur laquelle j'avais déjà tant souffert ; derrière moi, l'île, tapie au creux de l'aube, avec ses Hommes-Bêtes, silencieux et invisibles. L'enclos avec toutes ses provisions et ses munitions, brûlait bruyamment, avec des bouffées de flammes soudaines, un craquement tremblant et, de temps en temps, un effrondement. La lourde fumée s'éloigna de la plage et roula au-dessus des cimes des arbres vers les cabanes du ravin. À côté de moi se trouvaient les vestiges calcinés des bateaux et ces quatre cadavres.

Puis, trois Hommes-Bêtes sortirent des buissons, les épaules voutées, la tête en avant, les mains difformes maladroitement balancées, des yeux inquisiteurs et hostiles, et s'avançèrent vers moi avec des gestes hésitants.
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The Island of Doctor Moreau by H. G. Wells.
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Chapter 19.
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It was then near midnight.
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He was almost sober, but greatly disturbed in his mind.
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He talked vaguely, answered my questions crookedly, wandered into general questions.
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“This silly ass of a world,” he said; “what a muddle it all is!
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I haven’t had any life.
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I wonder when it’s going to begin.
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Ten years here!
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What’s it all for, Prendick?
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Are we bubbles blown by a baby?” It was hard to deal with such ravings.
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I’m an outcast.
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Where am I to join on?
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It’s all very well for you, Prendick.
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Poor old Moreau!
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We can‘t leave him here to have his bones picked.
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Then what will happen with the Beast Folk?” “I don‘t know.
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We can’t massacre the lot—can we?
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I suppose that’s what your humanity would suggest?
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But they’ll change.
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They are sure to change.” He talked thus inconclusively until at last I felt my temper going.
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I have a memory of infinite tedium.
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He wandered into a maudlin defence of the Beast People and of M’ling.
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M’ling, he said, was the only thing that had ever really cared for him.
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And suddenly an idea came to him.
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“I’m damned!” said he, staggering to his feet and clutching the brandy bottle.
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By some flash of intuition I knew what it was he intended.
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“You don’t give drink to that beast!” I said, rising and facing him.
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“Beast!” said he.
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“You’re the beast.
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He takes his liquor like a Christian.
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Come out of the way, Prendick!” “For God’s sake,” said I.
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“Get—out of the way!” he roared, and suddenly whipped out his revolver.
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“You’re a solemn prig, Prendick, a silly ass!
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You‘re always fearing and fancying.
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We’re on the edge of things.
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I’m bound to cut my throat to-morrow.
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I’m going to have a damned Bank Holiday to-night.” He turned and went out into the moonlight.
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They halted, staring.
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Then I saw M’ling’s hunched shoulders as he came round the corner of the house.
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“Drink!” cried Montgomery, “drink, you brutes!
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Drink and be men!
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Damme, I’m the cleverest.
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Moreau forgot this; this is the last touch.
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I went to the doorway.
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They were already indistinct in the mist of the moonlight before Montgomery halted.
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Slowly, very slowly, they receded into silence.
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The peaceful splendour of the night healed again.
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The moon was now past the meridian and travelling down the west.
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It was at its full, and very bright riding through the empty blue sky.
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The shadow of the wall lay, a yard wide and of inky blackness, at my feet.
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Behind me the paraffine lamp flared hot and ruddy.
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I do not know how long I sat there scheming.
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It must have been an hour or so.
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Then my planning was interrupted by the return of Montgomery to my neighbourhood.
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A discordant chanting began.
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My thoughts went back to my means of escape.
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Then I became interested in the contents of some biscuit-tins, and opened one.
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I saw something out of the tail of my eye,—a red figure,—and turned sharply.
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They seemed to be gripping one another in one last revengeful grapple.
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My movements were slow, and the time passed quickly.
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Insensibly the daylight crept upon me.
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I heard cries of, “More!
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more!” a sound like quarrelling, and a sudden wild shriek.
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The quality of the sounds changed so greatly that it arrested my attention.
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I went out into the yard and listened.
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Then cutting like a knife across the confusion came the crack of a revolver.
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I rushed at once through my room to the little doorway.
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But I did not heed these.
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I flung the door open and looked out.
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Around this struggled a mass of black figures.
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I heard Montgomery call my name.
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I began to run at once towards this fire, revolver in hand.
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I saw the pink tongue of Montgomery’s pistol lick out once, close to the ground.
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He was down.
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I shouted with all my strength and fired into the air.
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The crowd of Beast People fled in sudden panic before me, up the beach.
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Then I turned to the black heaps upon the ground.
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Montgomery lay on his back, with the hairy-grey Beast-man sprawling across his body.
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The brute was dead, but still gripping Montgomery’s throat with its curving claws.
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Montgomery was dark in the face and scarcely breathing.
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unit 121
I splashed sea-water on his face and pillowed his head on my rolled-up coat.
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unit 122
M’ling was dead.
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The other brute was one of the Bull-men swathed in white.
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unit 126
He too was dead.
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unit 127
The rest of the Beast People had vanished from the beach.
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unit 128
I went to Montgomery again and knelt beside him, cursing my ignorance of medicine.
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I wondered casually where Montgomery had got his wood.
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Then I saw that the dawn was upon us.
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The sky to the eastward was rimmed with red.
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Then the thatched roof caught.
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I saw the curving charge of the flames across the sloping straw.
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A spurt of fire jetted from the window of my room.
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unit 139
I knew at once what had happened.
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unit 140
I remembered the crash I had heard.
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unit 141
When I had rushed out to Montgomery’s assistance, I had overturned the lamp.
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unit 142
unit 144
They were gone!
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unit 147
A sudden convulsion of rage shook me.
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unit 148
unit 149
Then suddenly his hand moved, so feebly, so pitifully, that my wrath vanished.
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unit 150
He groaned, and opened his eyes for a minute.
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unit 151
I knelt down beside him and raised his head.
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unit 152
He opened his eyes again, staring silently at the dawn, and then they met mine.
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unit 153
The lids fell.
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unit 154
“Sorry,” he said presently, with an effort.
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unit 155
He seemed trying to think.
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unit 156
“The last,” he murmured, “the last of this silly universe.
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What a mess—” I listened.
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His head fell helplessly to one side.
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He seemed suddenly heavier.
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My heart went cold.
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I bent down to his face, put my hand through the rent in his blouse.
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It fell like a glory upon his death-shrunken face.
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unit 165
I let his head fall gently upon the rough pillow I had made for him, and stood up.
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unit 169
Beside me were the charred vestiges of the boats and these four dead bodies.
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https://en.m.wikisource.org/wiki/The_Island_of_Doctor_Moreau

by Gabrielle 1 month ago

Roman d'anticipation écrit par l'écrivain anglais H. G. Wells et publié en 1896.
RÉSUMÉ
 Suite au naufrage de son bateau, Prendick, le seul survivant, est recueilli par Montgomery à bord d'un navire qui transporte une étrange cargaison et qui se dirige vers une île sauvage (avant de poursuivre sa route) : celle du docteur Moreau. Montgomery ne veut pas que Prendick se rende sur l'île mais il finit quand même par accepter sa venue.

Lorsqu'il débarque sur l'île, Prendick se rend rapidement compte qu'il s'y passe des choses extraordinaires. Ainsi, il découvre des créatures étranges qui ressemblent à la fois à des animaux et à des hommes. Il est aussi dérangé par de terribles hurlements continus qui proviennent d'un endroit fermé et inaccessible. Il comprend progressivement que les créatures qu'il a vues sont le résultat des expériences menées par le docteur Moreau. Ce dernier lui explique alors son projet : il s'agit de créer des hommes à partir d'animaux en réalisant des greffes et de multiples interventions chirurgicales – qui se révèlent très douloureuses pour les cobayes. Une fois créées, ces créatures sont lâchées dans l'île et doivent vivre selon la loi établie par le docteur Moreau. Cette loi est un ensemble de règles qui contraignent les créatures à adopter des comportements humains (marcher debout, par exemple).
Un jour, en se promenant, les trois hommes découvrent qu'une des lois a été enfreinte lorsqu'ils trouvent le cadavre d'un lapin (il est interdit de tuer et de consommer de la viande). Ils partent à la recherche du prédateur et se rendent compte que le comportement des créatures a changé : elles sont devenues agressives et respectent de moins en moins les lois. Moreau est capturé par l’une d'entre elles et, plus tard, Montgomery et Pendrick découvrent son cadavre. Peu à peu, les créatures redeviennent des bêtes et adoptent un comportement violent. Montgomery, voyant que les hommes sont en train de perdre le contrôle de la situation, devient fou et meurt à son tour.

Prendick reste le seul être humain sur l'île. Un homme-chien lui tient compagnie. Dans un premier temps, il se laisse envahir par la peur mais finalement il réussit à se faire respecter. Un jour, l'homme-chien est tué par une des créatures. Pendrick décide de quitter l'île. Il construit un radeau et parvient à s'échapper et à retourner à la civilisation. A partir de ce moment, il s'isole et vit à l'écart des hommes en se consacrant à l'étude de l'astronomie.

by Gabrielle 1 month ago

Roman d'anticipation écrit par l'écrivain anglais H. G. Wells et publié en 1896.
RÉSUMÉ
 Suite au naufrage de son bateau, Prendick, le seul survivant, est recueilli par Montgomery à bord d'un navire qui transporte une étrange cargaison et qui se dirige vers une île sauvage (avant de poursuivre sa route) : celle du docteur Moreau. Montgomery ne veut pas que Prendick se rende sur l'île mais il finit quand même par accepter sa venue.

Lorsqu'il débarque sur l'île, Prendick se rend rapidement compte qu'il s'y passe des choses extraordinaires. Ainsi, il découvre des créatures étranges qui ressemblent à la fois à des animaux et à des hommes. Il est aussi dérangé par de terribles hurlements continus qui proviennent d'un endroit fermé et inaccessible. Il comprend progressivement que les créatures qu'il a vues sont le résultat des expériences menées par le docteur Moreau. Ce dernier lui explique alors son projet : il s'agit de créer des hommes à partir d'animaux en réalisant des greffes et de multiples interventions chirurgicales – qui se révèlent très douloureuses pour les cobayes. Une fois créées, ces créatures sont lâchées dans l'île et doivent vivre selon la loi établie par le docteur Moreau. Cette loi est un ensemble de règles qui contraignent les créatures à adopter des comportements humains (marcher debout, par exemple).
Un jour, en se promenant, les trois hommes découvrent qu'une des lois a été enfreinte lorsqu'ils trouvent le cadavre d'un lapin (il est interdit de tuer et de consommer de la viande). Ils partent à la recherche du prédateur et se rendent compte que le comportement des créatures a changé : elles sont devenues agressives et respectent de moins en moins les lois. Moreau est capturé par l’une d'entre elles et, plus tard, Montgomery et Pendrick découvrent son cadavre. Peu à peu, les créatures redeviennent des bêtes et adoptent un comportement violent. Montgomery, voyant que les hommes sont en train de perdre le contrôle de la situation, devient fou et meurt à son tour.

Prendick reste le seul être humain sur l'île. Un homme-chien lui tient compagnie. Dans un premier temps, il se laisse envahir par la peur mais finalement il réussit à se faire respecter. Un jour, l'homme-chien est tué par une des créatures. Pendrick décide de quitter l'île. Il construit un radeau et parvient à s'échapper et à retourner à la civilisation. A partir de ce moment, il s'isole et vit à l'écart des hommes en se consacrant à l'étude de l'astronomie.

by Gabrielle 1 month ago

The Island of Doctor Moreau by H. G. Wells.
Chapter 19.

MONTGOMERY’S “BANK HOLIDAY.”

WHEN this was accomplished, and we had washed and eaten, Montgomery and I went into my little room and seriously discussed our position for the first time. It was then near midnight. He was almost sober, but greatly disturbed in his mind. He had been strangely under the influence of Moreau’s personality: I do not think it had ever occurred to him that Moreau could die. This disaster was the sudden collapse of the habits that had become part of his nature in the ten or more monotonous years he had spent on the island. He talked vaguely, answered my questions crookedly, wandered into general questions.

“This silly ass of a world,” he said; “what a muddle it all is! I haven’t had any life. I wonder when it’s going to begin. Sixteen years being bullied by nurses and schoolmasters at their own sweet will; five in London grinding hard at medicine, bad food, shabby lodgings, shabby clothes, shabby vice, a blunder,—I didn‘t know any better,—and hustled off to this beastly island. Ten years here! What’s it all for, Prendick? Are we bubbles blown by a baby?”

It was hard to deal with such ravings. “The thing we have to think of now,” said I, “is how to get away from this island.”

“What’s the good of getting away? I’m an outcast. Where am I to join on? It’s all very well for you, Prendick. Poor old Moreau! We can‘t leave him here to have his bones picked. As it is— And besides, what will become of the decent part of the Beast Folk?”

“Well,” said I, “that will do to-morrow. I’ve been thinking we might make that brushwood into a pyre and burn his body—and those other things. Then what will happen with the Beast Folk?”

“I don‘t know. I suppose those that were made of beasts of prey will make silly asses of themselves sooner or later. We can’t massacre the lot—can we? I suppose that’s what your humanity would suggest? But they’ll change. They are sure to change.”

He talked thus inconclusively until at last I felt my temper going.

“Damnation!” he exclaimed at some petulance of mine; “can’t you see I’m in a worse hole than you are?” And he got up, and went for the brandy. “Drink!” he said returning, “you logic-chopping, chalky-faced saint of an atheist, drink!”

“Not I,” said I, and sat grimly watching his face under the yellow paraffine flare, as he drank himself into a garrulous misery.

I have a memory of infinite tedium. He wandered into a maudlin defence of the Beast People and of M’ling. M’ling, he said, was the only thing that had ever really cared for him. And suddenly an idea came to him.

“I’m damned!” said he, staggering to his feet and clutching the brandy bottle.

By some flash of intuition I knew what it was he intended. “You don’t give drink to that beast!” I said, rising and facing him.

“Beast!” said he. “You’re the beast. He takes his liquor like a Christian. Come out of the way, Prendick!”

“For God’s sake,” said I.

“Get—out of the way!” he roared, and suddenly whipped out his revolver.

“Very well,” said I, and stood aside, half-minded to fall upon him as he put his hand upon the latch, but deterred by the thought of my useless arm. “You’ve made a beast of yourself,—to the beasts you may go.”

He flung the doorway open, and stood half facing me between the yellow lamp-light and the pallid glare of the moon; his eye-sockets were blotches of black under his stubbly eye-brows.

“You’re a solemn prig, Prendick, a silly ass! You‘re always fearing and fancying. We’re on the edge of things. I’m bound to cut my throat to-morrow. I’m going to have a damned Bank Holiday to-night.” He turned and went out into the moonlight. “M’ling!” he cried; “M’ling, old friend!”

Three dim creatures in the silvery light came along the edge of the wan beach,—one a white-wrapped creature, the other two blotches of blackness following it. They halted, staring. Then I saw M’ling’s hunched shoulders as he came round the corner of the house.

“Drink!” cried Montgomery, “drink, you brutes! Drink and be men! Damme, I’m the cleverest. Moreau forgot this; this is the last touch. Drink, I tell you!” And waving the bottle in his hand he started off at a kind of quick trot to the westward, M’ling ranging himself between him and the three dim creatures who followed.

I went to the doorway. They were already indistinct in the mist of the moonlight before Montgomery halted. I saw him administer a dose of the raw brandy to M’ling, and saw the five figures melt into one vague patch.

“Sing!” I heard Montgomery shout,—“sing all together, ‘Confound old Prendick!’ That‘s right; now again, ‘Confound old Prendick!’”

The black group broke up into five separate figures, and wound slowly away from me along the band of shining beach. Each went howling at his own sweet will, yelping insults at me, or giving whatever other vent this new inspiration of brandy demanded. Presently I heard Montgomery‘s voice shouting, “Right turn!” and they passed with their shouts and howls into the blackness of the landward trees. Slowly, very slowly, they receded into silence.

The peaceful splendour of the night healed again. The moon was now past the meridian and travelling down the west. It was at its full, and very bright riding through the empty blue sky. The shadow of the wall lay, a yard wide and of inky blackness, at my feet. The eastward sea was a featureless grey, dark and mysterious; and between the sea and the shadow the grey sands (of volcanic glass and crystals) flashed and shone like a beach of diamonds. Behind me the paraffine lamp flared hot and ruddy.

Then I shut the door, locked it, and went into the enclosure where Moreau lay beside his latest victims,—the staghounds and the llama and some other wretched brutes,—with his massive face calm even after his terrible death, and with the hard eyes open, staring at the dead white moon above. I sat down upon the edge of the sink, and with my eyes upon that ghastly pile of silvery light and ominous shadows began to turn over my plans. In the morning I would gather some provisions in the dingey, and after setting fire to the pyre before me, push out into the desolation of the high sea once more. I felt that for Montgomery there was no help; that he was, in truth, half akin to these Beast Folk, unfitted for human kindred.

I do not know how long I sat there scheming. It must have been an hour or so. Then my planning was interrupted by the return of Montgomery to my neighbourhood. I heard a yelling from many throats, a tumult of exultant cries passing down towards the beach, whooping and howling, and excited shrieks that seemed to come to a stop near the water‘s edge. The riot rose and fell; I heard heavy blows and the splintering smash of wood, but it did not trouble me then. A discordant chanting began.

My thoughts went back to my means of escape. I got up, brought the lamp, and went into a shed to look at some kegs I had seen there. Then I became interested in the contents of some biscuit-tins, and opened one. I saw something out of the tail of my eye,—a red figure,—and turned sharply. Behind me lay the yard, vividly black-and-white in the moonlight, and the pile of wood and faggots on which Moreau and his mutilated victims lay, one over another. They seemed to be gripping one another in one last revengeful grapple. His wounds gaped, black as night, and the blood that had dripped lay in black patches upon the sand. Then I saw, without understanding, the cause of my phantom,—a ruddy glow that came and danced and went upon the wall opposite. I misinterpreted this, fancied it was a reflection of my flickering lamp, and turned again to the stores in the shed. I went on rummaging among them, as well as a one-armed man could, finding this convenient thing and that, and putting them aside for to-morrow‘s launch. My movements were slow, and the time passed quickly. Insensibly the daylight crept upon me.

The chanting died down, giving place to a clamour; then it began again, and suddenly broke into a tumult. I heard cries of, “More! more!” a sound like quarrelling, and a sudden wild shriek. The quality of the sounds changed so greatly that it arrested my attention. I went out into the yard and listened. Then cutting like a knife across the confusion came the crack of a revolver.

I rushed at once through my room to the little doorway. As I did so I heard some of the packing-cases behind me go sliding down and smash together with a clatter of glass on the floor of the shed. But I did not heed these. I flung the door open and looked out.

Up the beach by the boathouse a bonfire was burning, raining up sparks into the indistinctness of the dawn. Around this struggled a mass of black figures. I heard Montgomery call my name. I began to run at once towards this fire, revolver in hand. I saw the pink tongue of Montgomery’s pistol lick out once, close to the ground. He was down. I shouted with all my strength and fired into the air. I heard some one cry, “The Master!” The knotted black struggle broke into scattering units, the fire leapt and sank down. The crowd of Beast People fled in sudden panic before me, up the beach. In my excitement I fired at their retreating backs as they disappeared among the bushes. Then I turned to the black heaps upon the ground.

Montgomery lay on his back, with the hairy-grey Beast-man sprawling across his body. The brute was dead, but still gripping Montgomery’s throat with its curving claws. Near by lay M’ling on his face and quite still, his neck bitten open and the upper part of the smashed brandy-bottle in his hand. Two other figures lay near the fire,—the one motionless, the other groaning fitfully, every now and then raising its head slowly, then dropping it again.

I caught hold of the grey man and pulled him off Montgomery’s body; his claws drew down the torn coat reluctantly as I dragged him away. Montgomery was dark in the face and scarcely breathing. I splashed sea-water on his face and pillowed his head on my rolled-up coat. M’ling was dead. The wounded creature by the fire—it was a Wolf-brute with a bearded grey face—lay, I found, with the fore part of its body upon the still glowing timber. The wretched thing was injured so dreadfully that in mercy I blew its brains out at once. The other brute was one of the Bull-men swathed in white. He too was dead. The rest of the Beast People had vanished from the beach.

I went to Montgomery again and knelt beside him, cursing my ignorance of medicine. The fire beside me had sunk down, and only charred beams of timber glowing at the central ends and mixed with a grey ash of brushwood remained. I wondered casually where Montgomery had got his wood. Then I saw that the dawn was upon us. The sky had grown brighter, the setting moon was becoming pale and opaque in the luminous blue of the day. The sky to the eastward was rimmed with red.

Suddenly I heard a thud and a hissing behind me, and, looking round, sprang to my feet with a cry of horror. Against the warm dawn great tumultuous masses of black smoke were boiling up out of the enclosure, and through their stormy darkness shot flickering threads of blood-red flame. Then the thatched roof caught. I saw the curving charge of the flames across the sloping straw. A spurt of fire jetted from the window of my room.

I knew at once what had happened. I remembered the crash I had heard. When I had rushed out to Montgomery’s assistance, I had overturned the lamp.

The hopelessness of saving any of the contents of the enclosure stared me in the face. My mind came back to my plan of flight, and turning swiftly I looked to see where the two boats lay upon the beach. They were gone! Two axes lay upon the sands beside me; chips and splinters were scattered broadcast, and the ashes of the bonfire were blackening and smoking under the dawn. Montgomery had burnt the boats to revenge himself upon me and prevent our return to mankind!

A sudden convulsion of rage shook me. I was almost moved to batter his foolish head in, as he lay there helpless at my feet. Then suddenly his hand moved, so feebly, so pitifully, that my wrath vanished. He groaned, and opened his eyes for a minute. I knelt down beside him and raised his head. He opened his eyes again, staring silently at the dawn, and then they met mine. The lids fell.

“Sorry,” he said presently, with an effort. He seemed trying to think. “The last,” he murmured, “the last of this silly universe. What a mess—”

I listened. His head fell helplessly to one side. I thought some drink might revive him; but there was neither drink nor vessel in which to bring drink at hand. He seemed suddenly heavier. My heart went cold. I bent down to his face, put my hand through the rent in his blouse. He was dead; and even as he died a line of white heat, the limb of the sun, rose eastward beyond the projection of the bay, splashing its radiance across the sky and turning the dark sea into a weltering tumult of dazzling light. It fell like a glory upon his death-shrunken face.

I let his head fall gently upon the rough pillow I had made for him, and stood up. Before me was the glittering desolation of the sea, the awful solitude upon which I had already suffered so much; behind me the island, hushed under the dawn, its Beast People silent and unseen. The enclosure, with all its provisions and ammunition, burnt noisily, with sudden gusts of flame, a fitful crackling, and now and then a crash. The heavy smoke drove up the beach away from me, rolling low over the distant tree-tops towards the huts in the ravine. Beside me were the charred vestiges of the boats and these four dead bodies.

Then out of the bushes came three Beast People, with hunched shoulders, protruding heads, misshapen hands awkwardly held, and inquisitive, unfriendly eyes, and advanced towards me with hesitating gestures.