en-fr  Meet the Cultural Illuminati Guarding France’s Most Sacrosanct Asset: The French Language
Rencontrez les Illuminati culturels qui protègent l'atout le plus sacro-saint de la France : la langue française.

De James Reginato, photographies de Jonathan Becker, Vanity Fair, 12 septembre 2018.

La caractère sacré et la pertinence de la langue française sont entre les mains des membres intrépides de l’Académie francaise, une société séculaire de cape et d'épée qui s’emploie à préserver la langue maternelle de la France.

Lorsque vous êtes connus comme « les immortels », comme le sont les 40 membres de l’Académie française, il est difficile de vous prendre à la légère. Au cours des cinq siècles écoulés, quelque 732 académiciens ont parcouru le monde et ont régné en tant que gardiens du bien le plus sacro-saint de la France : sa langue. Une sorte de service secret linguistique, ils projettent une aura presque sacerdotale quand ils revêtent leurs habits verts — un frac noir brodé de motifs végétaux — accompagné d'une épée de cérémonie ouvragée. Issue du monde des arts et de l'académie ainsi que du clergé et du gouvernement, l'Académie est renommée pour compter en son sein les plus grands esprits du pays et est dès lors une vénérable institution. C'est après tout le club le plus exclusif de France.

Ces dernières années, cependant, ces augustes savants (âgés de 60 à 99 ans), qui sont élus à vie par les membres, ont commencé à faire face à certains défis du XXIe siècle—à commencer par reconstituer leurs effectifs. À l’intérieur de leur palais en forme de temple sur la rive gauche de la Seine, face au Louvre, dans la majestueuse sale sous la coupole où ils se réunissent, une bonne partie des fauteuils numérotés est restée inoccupée pendant de longues périodes (six étaient inoccupés en 2017), tandis que l’Académie entame son laborieux processus électoral. En mai, elle a choisi son cinquième immortel féminin vivant et le neuvième au total. Les opinions sur des sujets d'actualité tels que « l’écriture inclusive », qui vise à rendre la grammaire française plus neutre en termes de genre, ont suscité une émotion culturelle.

L'Académie française reste une combinaison unique de faste et de véritable pouvoir intellectuel - un bastion dans tous les sens - comme j'ai pu le voir une semaine de mai, lorsque les pouvoirs de l'Académie, historiquement hostiles à la presse, m'ont accordé des interviews et un accès à l'intérieur du palais . La question qui se pose : est-ce que l'Académie obscure et archaïque pourrait être revigorée par du sang neuf, de l'attention et de l’énergie ? Et que font-ils exactement ?

Depuis 1635, date de sa fondation par le cardinal Richelieu, premier ministre de Louis XIII, l’Académie avait pour tâche principale d’écrire le dictionnaire officiel de la langue française. L'élaboration de la première édition a pris 56 ans. Une nouvelle édition est lancée dès que la précédente est terminée et nécessite généralement des décennies de travail. Les travaux de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, entamée en 1986, ont progressé (au mois d’août) jusqu’à surhomme. Chaque jeudi matin, les 15 membres du comité du dictionnaire se réunissent autour d’une table ovale, comme leurs prédécesseurs l’ont fait pendant des siècles, et procèdent mot à mot. « Nous couvrirons 20 à 30 si tout se passe bien », déclare un membre. Cet après-midi-là, tous les membres se rassemblent pour de savantes discussions et elles sont plus animées que vous ne le pensez.

« Nous nous amusons ; ce n'est pas guindé. Nous avons des discussions, pas des querelles. Je n’ai jamais eu à recourir à l’épée », raconte le dramaturge René de Obaldia, occupant le fauteuil 22 depuis 1999 et qui aura 100 ans en octobre. « C’est un plaisir de s'y rendre parce que les gens ont une façon de se parler emprunte d'une telle politesse. C’est complètement hors du temps », dit l'historien d'art Pierre Rosenberg, ancien directeur du Louvre et élu au fauteuil 23 depuis 1995. « Nous ne sommes pas là pour arrêter le changement », explique l’auteur Sir Michael Edwards, le seul immortel britannique (fauteuil 31 depuis 2013), « mais pour pousser la langue dans la voie de la plus grande éloquence, de la débrouillardise et de la beauté ; pour le diriger vers le meilleur français possible ». La controverse peut éclater en cours de route. À l'occasion, l'Académie publie des édits publics, des injonctions et des alarmes, dont beaucoup visent à empêcher que des mots étrangers pernicieux, en particulier un anglicisme, ne gagnent en popularité dans le discours français. Certains de leurs efforts prennent racine—le courriel est largement utilisé au lieu du « e-mail » —mais beaucoup d’autres, comme « le prêt hypothécaire à risque élevé » au lieu de « subprime », ne sont jamais pris en compte.

Et puis, il y a une écriture inclusive, une demande difficile pour une langue où le genre est une caractéristique centrale. Les noms français sont soit masculins, soit féminins, dictant leurs adjectifs, et le masculin l'emporte toujours sur le féminin : si un seul infirmier apparaissait dans un groupe de 99 infirmières, ils seraient tous appelés infirmiers et non infirmières. Le haut-commissariat français à l'égalité des sexes a récemment condamné cette pratique comme « une forme de tyrannie sexuelle ». Mais pour les immortels, changer les règles grammaticales produirait une infraction plus grave une langue maladroite, inélégante et finalement moins belle. En octobre 2017, selon le Telegraph, ils ont publié une déclaration sévère qui disait simplement non. L'inclusion du genre « conduit à un langage fragmenté, disparate dans son expression, créant une confusion qui est illisible. . . . Face à l'aberration « inclusive », la langue française est en danger de mort, pour laquelle notre nation est responsable devant les générations futures. Beaucoup de féministes ont été scandalisées par la position ; d'autres francophones considèrent également l'Académie comme élitiste et démodée. Le journaliste François Busnel a fustigé l’organisation, la comparant à « une baleine suicidaire, aveugle et obstinément déterminée à se maintenir sur une côte rocheuse avec tout le monde qui regarde ». Mais l'Académie a toujours des amis haut placés. En mars, le président Emmanuel Macron a bousculé l'assemblée avec un discours vibrant, le premier discours jamais prononcé par un président français en exercice. « La grammaire, le vocabulaire, l'étymologie et. . . la littérature sont le terreau où nos vies prennent racine », a-t-il déclaré. Quelques mois plus tôt, dans la cour des Invalides, où se trouve le tombeau de Napoléon, Macron et son épouse, Brigitte, accompagnés des anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, ont présidé les grandes funérailles d'État de Jean d'Ormesson, un auteur chéri qui est décédé à l'âge de 92 ans, après un mandat de 44 ans à l'Académie. « Nous sommes ici, différents selon l'âge, le passé, les emplois et les opinions politiques, mais unis sur ce qui constitue l'essence de la France : l'amour de la littérature », a déclaré Macron avant de placer un crayon sur le cercueil de d'Ormesson, recouvert du drapeau tricolore.

Ces dernières années, l'Académie s'est consacrée à remplir ses sièges vacants. Après l'élection du médiéviste Michel Zink en décembre 2017, le romancier Patrick Grainville et la philologue Barbara Cassin l'ont rejointe cette année. La sélection de cette dernière est particulièrement remarquable car elle est considérée comme une gauchiste, même radicale pour certains—et, oui, c'est une femme, portant la population féminine actuelle de l’Académie à cinq. Lors de la première nomination d'une femme, Marguerite Yourcenar, en 1980, le président Valéry Giscard d'Estaing—qui est devenu un immortel en 2003 et l'est toujours aujourd'hui à 92 ans—lui a envoyé un télégramme dans lequel il présentait ses « félicitations déférentes pour votre brillante élection qui consacre la place éminente des femmes dans la littérature française. » Plus tard, dans son discours d'entrée, Mme Yourcenar a déclaré : « On ne peut pas dire que dans la société française, si imprégnée d'influences féminines, l'Académie ait été d'une misogynie notable. Elle se conformait simplement à la coutume qui place volontairement une femme sur un piédestal mais ne se permettait pas de lui offrir officiellement un siège. Les élections du 21 juin ont été moins tournées vers l'avenir, lorsque les membres se sont réunis pour choisir un successeur au défunt romancier Michel Déon. Parmi les plusieurs candidats, Bruno Racine, 66 ans, fonctionnaire estimé qui avait été récemment directeur de la Bibliothèque nationale de France, et Frédéric Mitterrand, 71 ans, écrivain-cinéaste et ancien ministre français de la culture. Neveu du défunt président Mitterrand, Frédéric est aussi ouvertement gay.

L'élection d'un immortel a été comparée à celle d'un pape, mais avec certaines distinctions. « Chaque [académicien] est convaincu qu'il est plus important que le pape », dit en riant Xavier Darcos, chancelier de l'Institut de France et immortel. Le directeur d’un musée parisien décrit l’Académie comme « un croisement entre le Vatican et le Jockey Club », en référence au club masculin le plus chic de Paris. Et comme pour les conclaves, l'Académie peut rester bloquée pendant de longues périodes. Le 21 juin, après qu’aucun candidat n’a obtenu la majorité des voix (Mitterrand en a remporté 11 lors de chacun des trois tours, tandis que Racine en comptait en moyenne 8), une élection blanche a été déclarée ; une autre tentative était prévue pour le 11 octobre, mais pas nécessairement avec les mêmes candidats. L'analyse d'un éminent intellectuel français hétérosexuel à qui j'ai parlé était la suivante : « Mitterrand a eu le soutien d'un important courant à l’Académie : les homosexuels. En tant que groupe, leur influence est assez forte—pas assez forte pour que Mitterrand soit élu, mais assez forte pour bloquer Racine. » (L'historien et romancier Dominique Fernandez, 89 ans, élu au fauteuil 25 en 2007, est le seul académicien actuel à s'identifier publiquement comme homosexuel.)

Un auteur éminent a toutefois exprimé des doutes sur le fait que l’orientation sexuelle des membres ait joué un rôle ici. « J'aurais pensé qu'ils refuseraient Mitterrand parce qu'il est socialiste », dit-il. Cette même source a attribué la défaite de Racine à son manque de style : « C’est un bon bureaucrate, mais pas quelqu'un de distingué. Il est ce que ma mère aurait appelé commun ». Et les apparences comptent quand il faut faire appel aux votes des immortels. Le cardinal Richelieu affirmait avoir fondé l'Académie pour « fixer la langue française, lui donner des règles, et la rendre pure et compréhensible par tous ». La normalisation et la mise au point de la langue—et l'abolition des dialectes régionaux—ont apporté l'unité et la gloire à la France et à son empire. Aujourd’hui, alors que la Grande-Bretagne qui va adopter le Brexit et que les Etats-Unis qui sont sous l’influence de Trump, deviennent de plus en plus isolationnistes, la langue est un outil essentiel pour les ambitions mondiales de la France, ce qui représente une mission renouvelée pour l’Académie. (Dans son discours, Macron a annoncé son intention de faire du français qui est la cinquième langue la plus parlée au monde—avec près de 300 millions de locuteurs—la troisième langue la plus répandue.)

Initialement installé au Louvre, ce « parlement des savants » a déménagé en 1805, sous les ordres de Napoléon, dans son palais actuel, un chef-d'œuvre commandé à grands frais en 1661 par le cardinal Mazarin et conçu dans un mélange hybride de styles baroques et classiques par l'architecte Louis Le Vau, avant qu’il ait commencé à travailler pour le palais de Versailles de Louis XIV. Dans son nouveau foyer, l’Académie est placée sous l’égide de l’Institut de France, récemment créé par Napoléon, qui regroupe quatre autres sociétés savantes : l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; l’Académie des sciences ; l’Académie des Beaux-Arts ; et l’Académie des sciences morales et politiques. Chaque académie continue de fonctionner de manière indépendante sous l'égide de l'Institut; ensemble, ils distribuent chaque année environ 25 millions de dollars en récompenses.

Lors de la réunion annuelle de la Séance solennelle, organisée conjointement par les cinq académies pour distribuer des prix, les immortels ont défilé dans la coupole dans leur parure après un défilé de la garde républicaine française. La conception de leurs habits verts emblématiques est le fruit d'un comité nommé par Napoléon qui comprenait le peintre Jacques-Louis David et le sculpteur Jean-Antoine Houdon. Les vêtements sur mesure sont brodés à la main avec de délicates broderies représentant des formes botaniques et sont élaborés dans des maisons de couture telles que Lanvin, Balmain et, plus récemment, Christian Lacroix et Pierre Cardin. Chaque académicien porte également une épée qui reflète des aspects de sa vie à travers des inscriptions et des dessins. La plupart des membres ont des pièces fabriquées sur mesure par des bijoutiers, tels que Cartier, Arthus-Bertrand, Chopard et Lorenz Bäumer.

Inutile de dire que les deux, l'habit comme l'épée, coûtent très cher. Un habit sur mesure peut coûter 60 000 $ et une épée—eh bien, il n'y a aucune limite. Traditionnellement, de riches mécènes forment un comité chargé de recueillir des fonds pour faire don de ces pièces de valeur à un nouvel académicien.

De nombreuses épées étonnantes ont été commandées, mais il serait difficile de dépasser celle que Cartier a créée en 1955 pour le regretté écrivain français Jean Cocteau. Conçu par Cocteau en personne, elle présente les principaux thèmes de son univers artistique ; le profil d’Orphée, sa muse, est tracé sur la poignée curviligne, tandis que le pommeau est couronné par une version en ivoire de la lyre d’Orphée—ornée d’une émeraude de 2,84 carats offerte par Coco Chanel. Le quillon d'épée a pris la forme d’un fusain, évoquant ses dessins, tandis que sur le fourreau, un motif évoquant la calandre du Palais-Royal faisait allusion à la maison de Cocteau.

« La langue française est-elle sexiste ? Oui ! Mais . . . si vous essayez de créer une langue non sexiste, je ne sais pas si ce sera une langue. » Une visite à la maison du dernier immortel a révélé que ce n’est plus l’Académie du temps de votre grand-père. Barbara Cassin, 71 ans, une des plus grandes philologues du monde, est une ancienne directrice de recherche du Centre national français de la recherche scientifique qui a consacré sa brillante carrière à l’étude du sophisme, de la rhétorique et de leur relation avec la philosophie. Son travail a été décrit comme « une synthèse de la pensée d'Heidegger avec un tournant linguistique ». En d'autres termes, comme on dit à Boston, elle est vachement intelligente. Même si Cassin se décrit comme féministe, elle désapprouve l'écriture inclusive. « La langue française est-elle sexiste ? Oui ! » s'exclame-t-elle. « Mais ce n’est pas une question pertinente de se demander si une langue est sexiste ou non—tout est sexiste. Si vous essayez de créer une langue non sexiste, je ne sais pas si, finalement, ce sera une langue. » En ouvrant la porte de son appartement agréablement bohème, rempli de livres, rempli de plantes dans le cinquième arrondissement, elle est aussi très énergique et de d'humeur joviale et semble beaucoup plus jeune que ses 71 ans. « Je suis juste élue ! » dit-elle frivolement. « Mais je n'y suis pas encore ! » Cassin ne deviendra pas officiellement immortel avant le printemps 2019 au plus tôt ; un nouvel académicien doit d'abord être officiellement reçu—et approuvé—par le président français lors d'une réunion privée à l'Élysée. Mais l'éloge d'un nouveau membre élu au sujet de son prédécesseur demande beaucoup de temps. Ces discours, qui peuvent durer jusqu'à une heure, constituent l’énoncé définitif de la carrière de l’académicien décédé ; pour s'y préparer, il est entendu que l’auteur doit lire pratiquement tout ce que son prédécesseur a écrit. Les discours qui en résultent, généralement publiés plus tard sous forme de livre, sont des exemples éblouissants de prouesses intellectuelles françaises.

« Il y a aussi la robe et l’épée », ajoute Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie, expliquant la préparation à la pré-inauguration : les maisons de couture et les bijoutiers ont besoin de plusieurs mois pour réaliser de main de maître ces réels chefs-d’œuvre.

Mais c'est une tradition qu'il faudra peut-être repenser. « Je ne peux pas supporter l'idée que cela coûte tellement cher, que je suis censée demander à des amis de payer pour cela. Certainement pas ! » dit Mme Cassin. « Je veux avoir une épée virtuelle du bon côté de la Force comme celui de mon petit-fils. » Plus tard, je me rends à l'imposant bureau lambrissé de Xavier Darcos, devenu chancelier de l'Institut en décembre dernier, succédant au prince Gabriel de Broglie, 87 ans, dont le titre de famille provient du Saint-Empire romain germanique. L’arrivée de Darcos, 71 ans, haut fonctionnaire et politicien de haut rang, est considérée comme un autre signe de modernisation ; la manière ancient-monde de de Broglie était courtoise mais autocratique, et ce chancelier semble concentré sur l’orientation de l’organisation vers le XXIe siècle.

« La langue est le pouvoir », dit-il fermement. « Richelieu avait raison—c’est un outil politique ». L’épée brillante de Darcos (fabriquée par Lorenz Bäumer), qu’il montre fièrement, apparaît également comme un outil puissant, avec son superbe manche en or. « J’ai des amis très généreux », note-t-il.

Le chancelier conteste toute suggestion que l’Académie soit hors de propos ou élitiste— même s’il comprend pourquoi certaines personnes aient cette impression. « Parfois, les gens pensent que nous sommes un peu dépassés parce que nos membres ont tendance à être élus à la fin de leur carrière », dit-il. « Mais je dirais que nous sommes le contraire du passé. Nous sommes là pour soutenir la création. Quand il est temps de chercher un nouveau membre, nous recherchons des personnes qui ne sont pas enfermées dans leurs propres espaces, mais des personnes qui traversent différents niveaux de la société—une personne articulée, sensible à la culture, avec un appétit pour cela. » Et si un candidat propose sa propre candidature, a-t-il une chance ? Darcos mesure sa réponse avec soin : « La prudence dicte qu'il est préférable que l'on vous demande. La chose prudente est d'être sur notre radar. Mais il y a des casse-cous . . . » dit-il, en haussant ses remarquables sourcils.

On suppose que l'Académie est excessivement riche grâce à d'innombrables dons et cadeaux magnifiques datant de plusieurs siècles. Les rumeurs sont nombreuses, mais les chiffres sont difficiles à obtenir— « Les finances n'ont jamais été très transparentes », a déclaré le directeur du musée. Cela dit, des dons plus récents ont été bien connus, comme le legs de 20 millions d'euros de Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, décédée en 2017, pour la construction d’un nouvel auditorium.

Le journaliste français Daniel Garcia a enquêté sur l’institution dans le livre de 2014, « Coupole et dépendances » et a rapporté que l’Académie et l’Institut de France possèdent à eux seuls environ 1 milliard d’euros de titres et beaucoup plus en propriétés et en terrains, y compris une grande partie de Paris (environ 40 bâtiments de premier choix), des hectares de terres forestières et de nombreux châteaux historiques, dont certains sont remplis d'art incroyable. Parmi ces derniers, l'extraordinaire Chateau de Chantilly, dont la collection de peintures est la deuxième en importance en France après celle du musée du Louvre.

Selon Garcia, « l’opacité règne en maître » à l’Académie en ce qui concerne ses rapports financiers ; il s'est également demandé si sa vaste dotation avait été gérée de manière suffisamment efficace (bien qu'il n'ait découvert aucune malversation). De Broglie n’a pas répondu aux demandes d’interview de Garcia.

« Il est devenu une institution très riche », reconnaît Darcos. Mais quand je lui demande des détails, il dit délicatement « C’est très compliqué ». Plusieurs des actifs et des propriétés de son portefeuille drainent les liquidités plutôt que de les générer, explique-t-il en citant, à titre d'exemple, Chantilly, qui a été légué à l'Institut par le duc d'Aumale en 1886. En 2005, l'Institut a conclu un partenariat à long terme avec Son Altesse l'Aga Khan pour financer les coûts énormes de son entretien et de sa restauration.

Sur ce point, comme sur tout, l'Académie adopte une vision à long terme. « Nous sommes appelés immortels, mais c'est une blague, bien sûr. Qui se souviendra de nous ? » dit Pierre Rosenberg. « C’est l’institution qui est immortelle ». Carrère d’Encausse dit simplement : « Nous sommes appelés les immortels parce que nous devons nous assurer que la langue française ne meurt jamais ». Cependant, il y a parfois des échéances à prendre en compte. Sir Michael Edwards est prudemment optimiste quant au fait que les travaux sur la neuvième édition du Dictionnaire, commencés en 1986, seront achevés en 2021. « Mais on ne le saurait qu’après un long moment », dit-il. Parlé comme un vrai immortel.

https://www.vanityfair.com/style/2018/09/academie-francaise-members-france
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By James Reginato, Photographs by Jonathan Becker, Vanity Fair, September 12, 2018.
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It is, after all, the most exclusive club in France.
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In May, it chose its fifth living female immortal, and the ninth ever.
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And just what, exactly, do they do?
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The first edition took 56 years to complete.
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A new edition is embarked upon as soon as one is finished, and typically requires decades of labor.
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“We’ll cover 20 to 30 if all goes well,” says one member.
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“We have fun; it’s not stuffy.
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We have discussions, not arguments.
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And then there’s inclusive writing, a tough ask for a language where gender is a central feature.
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In October 2017, according to The Telegraph, they issued a stern declaration that just said non.
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“Grammar, vocabulary, etymology, and .
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literature are the breeding ground where our lives take root,” he said.
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In the past few years the Académie has been furiously devoted to filling its empty seats.
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A nephew of the late president Mitterrand, Frédéric is also openly gay.
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And like papal conclaves, the Académie can remain deadlocked for long periods.
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“I would think they would refuse Mitterrand because he’s a socialist,” he says.
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Both the threads and the blades are, needless to say, cher.
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A custom suit can run $60,000, and a sword—well, the sky’s the limit.
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“Is French sexist?
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Yes!
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But .
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Although Cassin describes herself as a feminist, she disapproves of inclusive writing.
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“Is the French language sexist?
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Yes!” she exclaims.
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“I’m just elected!” she says giddily.
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But this is one tradition that may have to be rethought.
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Certainly not!” says Cassin.
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“Language is power,” he says firmly.
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“I have very generous friends,” he notes.
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“But I would say we are the opposite of passé.
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We are here to support creation.
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Darcos measures his response carefully: “Caution dictates it is better to be asked.
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The prudent thing is to be on our radar.
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But there are daredevils .
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.” he says, raising his prominent eyebrows.
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De Broglie did not respond to Garcia’s interview requests.
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“It has grown to be a very wealthy institution,” Darcos acknowledges.
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On this, as on everything, the Académie takes the long view.
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“We’re called immortals, but it’s a joke, of course.
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Who will remember us?” says Pierre Rosenberg.
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“But time will tell,” he says.
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Spoken like a true immortal.
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Meet the Cultural Illuminati Guarding France’s Most Sacrosanct Asset: The French Language.

By James Reginato, Photographs by Jonathan Becker, Vanity Fair, September 12, 2018.

The sanctity—and relevance—of the French language lies in the hands of the intrepid members of the Académie Française, a centuries-old cloak-and-dagger society working to preserve France’s mother tongue.

When you’re known as “the immortals,” as are the 40 members of the Académie Française, it’s hard to take yourselves lightly. Over the course of five centuries, 732 of them have walked the earth and reigned as the guardians of France’s most sacrosanct asset: its language. A linguistic secret service, if you like, they project an almost priestly aura when they don their habits verts—long black cloaks embroidered with leafy-green botanical motifs—accessorized with elaborate ceremonial swords. Drawn from the arts and academia as well as the clergy and government, the Académie is considered to include the nation’s finest minds, and is revered accordingly. It is, after all, the most exclusive club in France.

In recent years, however, these august savants (ranging in age from a sprightly 60 up to 99), who serve for life after being elected by the membership, have begun to face some distinctly 21st-century challenges—for starters, replenishing their ranks. Inside their temple-like palace on the left bank of the Seine, opposite the Louvre, in the majestic coupole-topped chamber where they convene, a good portion of the numbered fauteuils have sat vacant for long stretches (six were unoccupied in 2017) while the Académie goes through its laborious election process. In May, it chose its fifth living female immortal, and the ninth ever. Opinions on hot-button issues such as “inclusive writing,” which aims to make French grammar more gender-neutral, have created a cultural stir.

The Académie Française remains a unique combination of pomp and real intellectual power—a bastion, in every sense—as I was able to witness one week in May, when the historically press-averse powers of the Académie granted me interviews and access inside their palace. The question at hand: could the arcane, archaic Académie be re-invigorated by new blood, attention, and energy? And just what, exactly, do they do?

Since 1635, when it was founded by Cardinal Richelieu, Louis XIII’s chief minister, the Académie’s primary task has been to write the official dictionary of the French language. The first edition took 56 years to complete. A new edition is embarked upon as soon as one is finished, and typically requires decades of labor. Work on the ninth edition of the Dictionnaire de l’Académie française, commenced in 1986, has progressed (as of August) up to surhomme. Each Thursday morning, the 15 members of the dictionary committee convene around an oval table, as their predecessors have for centuries, and proceed word by word. “We’ll cover 20 to 30 if all goes well,” says one member. That afternoon, the entire membership assembles for learned discourse, and it’s livelier than you might think.

“We have fun; it’s not stuffy. We have discussions, not arguments. I’ve never had to resort to the sword,” says playwright René de Obaldia, occupant of fauteuil 22 since 1999, who will turn 100 in October. “It is a pleasure to go there because people have a way of speaking to each other with such politeness. It is completely out of today’s time,” says art historian Pierre Rosenberg, the former director of the Louvre, and fauteuil 23 since 1995. “We are not here to stop change,” says author Sir Michael Edwards, the only British immortal (fauteuil 31 since 2013), “but to push language in the way of greatest eloquence, resourcefulness, and beauty; to steer it in the direction of the best French possible.”

Controversy can erupt along the way. Occasionally the Académie issues public edicts, injunctions, and alarms, many of which are intended to suppress some pernicious foreign word, particularly an Anglicism, from gaining traction in French discourse; in its place the members proffer a more desirable French equivalent. Some of their efforts take root—courriel is widely used instead of “e-mail”—but many others, such as prêt hypothécaire à risque élevé in place of “subprime mortgage,” just never catch on.

And then there’s inclusive writing, a tough ask for a language where gender is a central feature. French nouns are either masculine or feminine, dictating their adjectives, and the masculine always trumps the feminine: if one male nurse appeared in a group of 99 female nurses, they would all be called infirmiers, not infirmières. The French high commission for gender equality recently condemned this practice as “a form of sexual tyranny.” But to the immortals, changing the grammatical rules would produce a worse offense: a clumsy, inelegant, and ultimately less beautiful language. In October 2017, according to The Telegraph, they issued a stern declaration that just said non. Gender inclusivity “leads to a fragmented language, disparate in its expression, creating confusion that borders on being unreadable. . . . Faced with the ‘inclusive’ aberration, the French language is in mortal danger, for which our nation is accountable to future generations.”

Many feminists were outraged by the stand; other French speakers, too, have come to view the Académie as elitist and old-fashioned. Journalist François Busnel blasted the organization, likening it to “a fat, blind, suicidal whale stubbornly determined to beach itself on a rocky coast with everyone watching.”

But the Académie still has friends in high places. In March, President Emmanuel Macron rocked the house with a rousing speech, the first address ever given there by a sitting French president. “Grammar, vocabulary, etymology, and . . . literature are the breeding ground where our lives take root,” he said. A few months earlier, in the courtyard of Les Invalides, which contains Napoleon’s tomb, Macron and his wife, Brigitte, flanked by former presidents Nicolas Sarkozy and François Hollande, presided over the grand state funeral of Jean d’Ormesson, a beloved author who had died at age 92, after a 44-year tenure in the Académie. “We’re here, different by age, background, jobs, [and] political opinions, but united over what [constitutes] the essence of France: the love of literature,” said Macron, before he placed a pencil on d’Ormesson’s tricolor-draped coffin.

In the past few years the Académie has been furiously devoted to filling its empty seats. After the election of the medievalist Michel Zink in December 2017, this year it tapped novelist Patrick Grainville and philologist Barbara Cassin to join. The selection of the latter was particularly notable, as she is considered a leftist, even a radical by some—and, oh yes, she’s a woman, raising the Académie’s current female population to five. At the time of the first female appointment, Marguerite Yourcenar, in 1980, President Valéry Giscard d’Estaing—who became an immortal in 2003 and remains one today at 92—sent her a telegraph in which he offered his “deferential congratulations upon your brilliant election, which consecrates the eminent place of women in French literature.” Later, in her acceptance address, Yourcenar said, “One cannot say that in French society, so impregnated with feminine influences, the Académie has been a notable misogynist. It simply conformed to the custom that willingly places a woman on a pedestal but did not permit itself to officially offer her a chair.”

Less forward-looking was the election held on June 21, when the membership gathered to choose a successor to the late novelist Michel Déon. Among the several candidates, the front-runners were Bruno Racine, 66, an esteemed civil servant who had most recently been the director of the Bibliothèque Nationale de France, and Frédéric Mitterrand, 71, a polymath writer-filmmaker and former French minister of culture. A nephew of the late president Mitterrand, Frédéric is also openly gay.

The election of an immortal has been compared to the election of a Pope, but with certain distinctions. “Each [Academician] is convinced he is more important than the Pope,” Xavier Darcos, chancellor of the Institut de France and an immortal, says with a laugh. The director of a Paris museum describes the Académie as “a cross between the Vatican and the Jockey Club,” referring to the poshest men’s club in Paris. And like papal conclaves, the Académie can remain deadlocked for long periods. On June 21, after no candidate received a majority of votes (Mitterrand garnered 11 in each of the three rounds, while Racine averaged 8), an election blanche was declared; another try was scheduled for October 11—though not necessarily with the same candidates. The analysis of one eminent, heterosexual French intellectual I spoke to was this: “Mitterrand got the support of an important current in the Académie: the gays. As a group their influence is rather strong—not strong enough to have Mitterrand elected, but strong enough to block Racine.” (Historian and novelist Dominique Fernandez, 89, elected to fauteuil 25 in 2007, is the only current Academician who publicly identifies as gay.)

A prominent writer, however, expressed doubt that the members’ sexual orientation was at play here. “I would think they would refuse Mitterrand because he’s a socialist,” he says. This same source chalked up Racine’s loss to his lack of style: “He’s a nice bureaucrat, but not anybody’s idea of distinguished. He’s what my mother would have called common.” And appearances count when you have to call on the immortals to solicit their vote.”

Cardinal Richelieu claimed he had founded the Académie to “fix the French language, giving it rules, rendering it pure and comprehensible by all.” Standardizing and perfecting the language—and tamping down on regional dialects—brought unity and glory to France and its empire. Today, with Brexit-bound Britain and Trump-mired America becoming more isolationist, language is a key tool for France’s global ambitions, which presents a renewed mission to the Académie. (In his address there, Macron announced his plan to make French, now the world’s fifth-most-spoken language, with nearly 300 million speakers, the third-most-common one.)

Initially installed in the Louvre, this “parliament of the learned” moved in 1805, on Napoleon’s orders, to its present palace, a masterpiece commissioned at great expense in 1661 by Cardinal Mazarin and designed in a hybrid of Baroque and classical styles by architect Louis Le Vau, before he commenced work on Versailles for Louis XIV. In its new home, the Académie came under the aegis of Napoleon’s newly chartered Institut de France, which encompasses four other learned societies: l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; l’Académie des sciences; l’Académie des Beaux-Arts; and l’Académie des sciences morales et politiques. Each academy continues to operate independently under the umbrella of the Institut; together they distribute a hefty $25 million or so in awards each year.

At the annual Séance solennelle, a meeting held jointly by the five academies to distribute prizes, the immortals paraded into the coupole in their finery after a procession of France’s Republican Guard. The design of their signature habits verts originates from a committee appointed by Napoleon that included the painter Jacques-Louis David and the sculptor Jean-Antoine Houdon. The bespoke garments are hand-embroidered with delicate needlework depicting botanical forms, and have been made at couture houses such as Lanvin, Balmain, and, more recently, Christian Lacroix and Pierre Cardin. Each Academician also carries a sword that reflects aspects of his or her life through inscriptions and designs. Most members have pieces that have been custom-made by jewelers, such as Cartier, Arthus-Bertrand, Chopard, and Lorenz Bäumer.

Both the threads and the blades are, needless to say, cher. A custom suit can run $60,000, and a sword—well, the sky’s the limit. Traditionally, wealthy patrons have formed a committee to raise funds for gifting these items to a new Academician.

Many astonishing swords have been commissioned, but it would be hard to top the one that Cartier crafted in 1955 for the late French writer Jean Cocteau. Designed by Cocteau himself, it featured the main themes of his artistic universe; the profile of Orpheus, his muse, is traced in the curvilinear hilt, while the pommel is crowned by an ivory version of Orpheus’s lyre—adorned with a 2.84-carat emerald contributed by Coco Chanel. The crossguard took the form of a stick of charcoal, evoking his drawings, while, on the scabbard, a pattern evoking the grille of the Palais-Royal alluded to Cocteau’s home there.

“Is French sexist? Yes! But . . . if you try to make a language not sexist, I don’t know if it will be a language.”

As a visit to the home of the newest immortal revealed, it’s not your grandfather’s Académie anymore. Barbara Cassin, 71, one of the world’s leading philologists, is a former research director of the French National Center for Scientific Research who has spent her distinguished career studying sophism, rhetoric, and their relation to philosophy. Her work has been described as “a synthesis of Heideggerian thought with a linguistic turn.” In another words, as they say in Boston, she’s wicked smart. Although Cassin describes herself as a feminist, she disapproves of inclusive writing. “Is the French language sexist? Yes!” she exclaims. “But it’s not a pertinent question to ask if a language is sexist or not—everything is sexist. If you try to make a language not sexist, I don’t know if, in the end, it will be a language.” Opening the door to her pleasantly bohemian, book-crammed, plant-filled apartment in the Fifth Arrondissement, she’s also high-energy and good-humored, and seems much younger than 71. “I’m just elected!” she says giddily. “But I’m not yet in!”

Cassin will not officially become an immortal until the spring of 2019 at the earliest; a new Academician must first be officially received—and approved—by the French president in a private meeting at the Élysée Palace. But the more time-consuming business is the eulogy a newly elected member is expected to write about his or her predecessor. These speeches, lasting up to an hour, stand as the definitive statement about the late Academician’s career; in preparation, the author is expected to read virtually everything their predecessor ever wrote. The resulting orations, generally published later in book form, are dazzling examples of French intellectual prowess.

“There is also the dress, and the sword,” Hélène Carrère d’Encausse, the Académie’s secrétaire perpétuelle, adds, explaining the pre-inauguration prep: couture houses and jewelers require many months to execute the exquisite elements of their crafts.

But this is one tradition that may have to be rethought. “I can’t stand the idea it costs so much, that I am to ask friends to pay for it. Certainly not!” says Cassin. “I want to have a virtual sword, like my grandson has, from the good side of the Force.”

Later I report to the imposing, paneled office of Xavier Darcos, who became chancellor of the Institut last December, succeeding Prince Gabriel de Broglie, 87, whose family title comes from the Holy Roman Empire. The arrival of Darcos, 71, a highly regarded career civil servant and politician, is being seen as another sign of modernization; de Broglie’s old-world manner was courtly but autocratic, and this chancellor seems focused on leading the organization into the 21st century.

“Language is power,” he says firmly. “Richelieu was right—it is a political tool.” Darcos’s gleaming sword (made by Lorenz Bäumer), which he proudly displays, appears a powerful tool, too, with its stunning gold handle. “I have very generous friends,” he notes.

The chancellor disputes any suggestions that the Académie is irrelevant or elitist—though he understands why some people have that impression. “Sometimes people think we are a bit passé because our members tend to be elected in the latter parts of their careers,” he says. “But I would say we are the opposite of passé. We are here to support creation. When it is time to look for a new member, we search for people who are not enclosed in their own spaces, for people who moved through different parts of society—someone articulate, sensitive to culture, with an appetite for it.” And if a candidate puts his own hat in the ring, does he stand a chance? Darcos measures his response carefully: “Caution dictates it is better to be asked. The prudent thing is to be on our radar. But there are daredevils . . .” he says, raising his prominent eyebrows.

It has been speculated that, thanks to innumerable magnificent bequests and gifts over many centuries, the Académie is colossally rich. Rumors are rife, but figures are hard to come by—”It has never been very transparent about its finances,” I was told by the museum director. That said, gifts in more recent times have been well disclosed, such as a 20-million-euro bequest from Liliane Bettencourt, France’s wealthiest woman when she died, in 2017, to construct a new auditorium.

The French journalist Daniel Garcia investigated the institution in the 2014 book Coupole et dépendances, and reported that the Académie and the Institut de France possess around 1 billion euros in securities alone, and much more than that in properties and land, including a good chunk of Paris (about 40 prime buildings), hectares of forest land, and numerous historic chateaux, some stocked with staggering art. Foremost among them is the extraordinary Chantilly, whose painting collection is second in importance in France only to that of the Louvre.

According to Garcia, “opacity reigns supreme” at the Académie when it comes to its financial reports; he also questioned whether its vast endowment has been managed efficiently enough (though he did not uncover any malfeasance). De Broglie did not respond to Garcia’s interview requests.

“It has grown to be a very wealthy institution,” Darcos acknowledges. But when I ask for details, he says, delicately, “C’est très compliqué.” Many of the assets and properties in its portfolio drain cash rather than generate it, he explains, citing, as an example, Chantilly, which was bequeathed to the Institut by the Duc d’Aumale in 1886. In 2005, the Institut entered into a long-term partnership with His Highness the Aga Khan to finance the huge costs for its maintenance and restoration.

On this, as on everything, the Académie takes the long view. “We’re called immortals, but it’s a joke, of course. Who will remember us?” says Pierre Rosenberg. “It’s the institution that’s immortal.” Carrère d’Encausse says simply, “We are called the immortals because we have to make sure the French language never dies.”

Still, there are occasionally deadlines to consider. Sir Michael Edwards is cautiously optimistic that work on the ninth edition of the Dictionnaire, begun in 1986, will be completed in 2021. “But time will tell,” he says. Spoken like a true immortal.

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