en-fr  The Woman in White by Wilkie Collins - First Epoch - Chapter IX.
Ainsi s'acheva ma première journée intense à Limmeridge House.
Mlle Halcombe et moi avons gardé notre secret. Après la découverte de la ressemblance, aucun nouvel éclairage ne semblait devoir briser le mystère de la femme en blanc. En toute sécurité, à la première occasion, Mlle Halcombe amena prudemment sa demi-sœur à parler de leur mère, du passé et d'Anne Catherick. Les souvenirs de Mlle Fairlie sur la petite écolière de Limmeridge n'étaient cependant que des plus vagues et des plus généraux. Elle se rappelait la ressemblance entre elle et l'élève préférée de sa mère, comme quelque chose qui était censé avoir existé dans le passé ; mais elle ne se souvenait pas qu'on lui eût offert des robes blanches, ni de la singulière tournure de phrases avec laquelle l'enfant avait naïvement exprimé sa reconnaissance au sujet de ce cadeau. Elle se rappelait qu'Anne avait séjourné à Limmeridge pendant quelques mois seulement, puis elle l'avait quitté pour retourner chez elle dans le Hampshire, mais elle ne pouvait dire si la mère et la fille étaient revenues, et si on avait jamais entendu parler d'elles par la suite. Aucune des recherches supplémentaires, faites par mademoiselle Halcombe parmi les rares lettres écrites par Mme Fairlie qu'elle n'avait pas encore lues, n'apporta d’éclaircissement sur les incertitudes qui nous laissaient encore perplexes. Nous avions identifié la malheureuse que j'avais croisée la nuit comme étant Anne Catherick — au moins, nous avions progressé en faisant le lien entre l'altération probable de l'esprit de la pauvre créature, le fait qu'elle soit habillée tout de blanc, et le maintien à l'âge adulte de sa gratitude enfantine envers Mme Fairlie — et c'est là, à l'avancée présente de nos connaissances, que s'arrêtaient nos découvertes.

Les jours et les semaines s'écoulèrent ; les couleurs dorées de l'automne se frayaient un chemin lumineux à travers la verdure estivale des arbres. Quels temps heureux et paisibles, rapidement disparus ! Mon histoire s'arrête sur vous à présent, aussi brièvement que vous fûtes autrefois à mes côtés. De tous les trésors de bonheur que vous déversâtes librement dans mon cœur, combien me restent qui aient suffisamment d'importance et de valeur pour être écrits sur ces pages ? Rien sinon la plus triste de toutes les confessions qu'un homme peut faire... la confession de sa propre folie.
Le secret de cette confession devrait être facile à dévoiler car il m'a déjà en partie échappé. Les mots maladroits, qui avaient échoué à décrire Mlle Fairlie, avaient réussi à altérer les sensations qu'elle avait éveillées en moi. Il en va ainsi pour nous tous. Nos paroles sont comme des géants quand elles nous blessent et comme des nains quand elles nous servent.
Je l'aimais.
Ah ! Je connais si bien toute la tristesse et toute la dérision contenues dans ces trois mots. Je peux soupirer devant mon triste aveu à l'idée de la plus douce des femmes qui le lit et a pitié de moi. Je peux en rire aussi amèrement que l'homme le plus dur qui la rejette loin de lui avec mépris. Je l'aimais ! Plaigniez-moi, ou honnissez-moi, j'avoue ce fait avec la même résolution inébranlable de rendre la vérité.
N'avais-je aucune excuse ? Certaines excuses pouvaient se trouver, assurément, dans les conditions dans lesquelles ma période d'emploi à Limmeridge House s'est déroulée.
Mes heures matinales succédaient paisiblement les unes aux autres dans la tranquillité et l'isolement de ma chambre. J'avais juste assez de travail à encadrer les dessins de mon employeur pour garder mes mains et mes yeux plaisamment occupés, tandis que mon esprit vagabond profitait du loisir dangereux de ses pensées insoumises. Une solitude dangereuse, parce qu'elle durait assez longtemps pour m'éreinter, pas assez pour prendre des forces. Une solitude dangereuse, parce que suivie d'après-midi et de soirées passées, jour après jour, semaine après semaine, seul en compagnie de deux femmes, dont l'une personnifiait la grâce, l'esprit, et l'éducation, et dont l'autre possédait tous les charmes de la beauté, de la douceur et de la simple loyauté, qui peuvent purifier et conquérir le cœur d'un homme. Pas un jour ne s'écoulait, dans cette dangereuse intimité d'enseignant à élève, sans que ma main ne touchât presque la sienne ; sans que ma joue, alors que nous nous penchions sur son carnet de croquis, touchât presque le sien. Plus elle observait attentivement chaque mouvement de mon pinceau, plus je respirais le parfum de ses cheveux et l'effluve chaude de son souffle. Cela faisait partie de mes fonctions de vivre dans le rayonnement de son regard - par moments de me pencher sur elle, si près de sa poitrine que je tremblais à l'idée de la toucher ; à d'autres, de la sentir se pencher sur moi, se pencher si près pour voir où j'en étais que sa voix baissait lorsqu'elle me parlait et ses rubans caressaient mes joues dans le vent avant qu'elle ne les ramenât vers elle.
Les soirées qui suivaient les promenades de croquis de l'après-midi diversifiaient, au lieu de canaliser, ces innocentes, ces inévitables familiarités. Mon penchant naturel pour la musique qu'elle jouait avec une telle sensibilité, une délicatesse si féminine, le plaisir spontané qu'elle éprouvait à me retourner, par la pratique de son art, le ravissement que je lui avais offert par la pratique du mien, ne faisaient que tisser des liens qui nous rapprochaient de plus en plus l'un de l'autre. Les incidents de la conversation ; les simples habitudes qui réglaient des choses aussi anodines que la position de nos places à table, les railleries enjouées de mademoiselle Halcombe, toujours dirigées contre mes inquiétudes d'enseignant alors qu'elle s'émerveillait de l'enthousiasme de sa pupille ; l'expression désarmée d'approbation somnolente de la pauvre mademoiselle Vesey, qui nous assimilait mademoiselle Fairlie et moi à deux jeunes gens modèles qui jamais ne la dérangeaient, chacun de ces détails et bien d'autres, contribuaient à nous enliser dans la même atmosphère domestique et à nous conduire tous deux, insensiblement, vers la même impasse.
J'aurais dû me souvenir de ma position et me tenir discrètement sur mes gardes. Je l'ai fait mais trop tard. Toute la discrétion, toute l'expérience qui m'avaient servi avec d'autres femmes, et qui m'avaient protégé d'autres tentations, m'ont fait défaut avec elle. Au cours de toutes ces années, être très proche de jeunes filles de tous âges et de divers degrés de beauté faisait partie de mon travail. J'avais accepté ce poste dans le cadre de ma vocation artistique, je m'étais entraîné à laisser tous les penchants naturels liés à mon âge dans le hall d'entrée de mon employeur, de manière aussi détachée que si j'y avais laissé mon parapluie avant de grimper à l'étage. J'avais depuis longtemps appris à comprendre, avec sérénité et comme allant de soi, que ma position sociale était considérée comme la garantie qu'aucune de mes élèves ne puisse me porter autre chose qu'un intérêt des plus ordinaires, et j'étais admis parmi ces belles et captivantes femmes tel un inoffensif animal domestique. Cette attitude distante, je l'ai acquise très tôt, elle m'a guidée de façon sérieuse et stricte tout au long du chemin étroit et modeste de ma propre vie, sans me laisser une seule fois dévier vers la droite ou vers la gauche. Et maintenant pour la première fois, mon fidèle talisman et moi-même étions divisés. Oui, mon flegme durement acquis s'effondra totalement comme si je ne l'eus jamais possédé, perdu pour moi comme il l'est chaque jour pour d'autres hommes, dans des situations critiques différentes, où des femmes sont impliquées. Je sais, à présent, que j'aurais dû, dès alors, me questionner. J'aurais dû me demander pourquoi n'importe quelle pièce de la maison devenait, chaque fois qu'elle y pénétrait, meilleure qu'un chez soi et vide comme le désert lorsqu'elle en ressortait - pourquoi je remarquai et mémorisai le moindre changement de sa tenue que je n'avais jamais ni mémorisé ni retenu pour aucune autre femme auparavant - pourquoi je la voyais, l'entendais, la touchais (quand nous nous serrions la main soir et matin) comme jamais je n'avais vu, entendu et touché aucune autre femme de ma vie ? J'aurais dû sonder mon propre cœur et, y découvrant ces prémices jaillissantes, j'aurais dû les arracher alors qu'elles étaient encore jeunes. Pourquoi ce travail si facile, si simple de maîtrise de soi était-il hors d'atteinte pour moi ? L'explication en avait déjà été écrite dans les trois mots, bien assez nombreux et suffisamment clairs, de ma confession. Je l'aimais.
Les jours passaient, les semaines s'écoulaient ; nous approchions du troisième mois de mon séjour dans le Cumberland. La monotonie délicieuse de la vie dans notre isolement paisible glissait sur moi, comme un nageur se laissant emporter par le courant d'un ruisseau tranquille. Tout souvenir du passé, toute préoccupation pour l'avenir, tout sentiment de duperie et de futilité de ma propre situation étaient étouffés en moi par ce repos trompeur. Bercé par le chant des sirènes murmuré par mon cœur, les yeux incapables de voir, les oreilles sourdes au bruit de danger, je me suis approché de plus en plus près des écueils fatals. L'alarme qui m'éveilla enfin et qui me fit soudainement prendre conscience de ma propre faiblesse, était le plus clair, le plus vrai, le plus gentil de tous les avertissements, car il émanait silencieusement d'elle.
Un soir, nous nous étions séparés comme à l'ordinaire. Nulle parole n'avait franchi mes lèvres, ni alors ni auparavant, qui eût pu me trahir ou lui faire prendre conscience soudain de la vérité. Mais lorsque nous nous retrouvâmes le matin, quelque chose avait changé en elle... un changement qui me révéla tout.
Je refusai alors - je refuse toujours - d'envahir le sanctuaire le plus intime de son cœur, de l'ouvrir aux autres comme j'avais ouvert le mien. Il suffit de dire que le moment où elle surprit mon secret pour la première fois fut, j'en suis convaincu, celui où elle prit pour la première fois conscience du sien et celui, aussi, où elle changea à mon égard en l'espace d'une nuit. Sa nature, trop loyale pour tromper les autres, était trop noble pour se tromper elle-même. Lorsque le soupçon que j'avais étouffé pesa vraiment pour la première fois sur son cœur, la vérité supplanta tout et elle dit, à sa manière simple et directe – Je suis désolée pour lui, je suis désolée pour moi-même.
Voici ce que sa sincérité la conduisit à exprimer et bien davantage, que je ne pus alors interpréter. Je ne compris que trop bien son changement d'attitude, à sa gentillesse accrue et sa disponibilité plus prompte à interpréter tous mes désirs, avant les autres, à sa façon, dès qu'il nous arrivait de nous retrouver seuls, de se forcer à regret à s'absorber dans la première occupation qu'elle trouvait. Je comprenais pourquoi ses douces et délicates lèvres souriaient si rarement, et avec tant de retenue maintenant, et pourquoi ses yeux clairs me regardaient, parfois avec la pitié d'un ange, parfois avec l'innocente perplexité d'un enfant. Mais ce changement d'attitude en disait plus encore. Il y avait de la froideur dans ses gestes, une impassibilité sur son visage, et dans tous ses mouvements l'expression silencieuse d'une peur constante et de reproches personnels enfouis. Ce n'étaient pas là les sensations que je pouvais lire en elle et en moi, les sensations inconnues que nous ressentions tous les deux. Certains aspects de ce changement continuaient secrètement à nous attirer l'un vers l'autre, d'autres, tout aussi secrètement, commençaient à nous séparer.
Dans le doute et la perplexité, soupçonnant vaguement que quelque chose m'était dissimulé que je devais découvrir par moi-même sans aide aucune, pour m'éclairer j'observai avec attention l'apparence et les manières de mademoiselle Halcombe. Vivant dans une intimité telle que la nôtre, aucun changement sérieux en aucun d'entre nous ne pouvait se produire sans affecter les autres ipso facto. Le changement de Mlle Fairlie se reflétait chez sa demi-sœur. Bien que Mlle Halcombe ne proférât pas la moindre parole, son attitude à mon égard suggérait ce changement, son regard pénétrant perpétuellement fixé sur moi. Parfois son regard semblait empreint de colère contenue, parfois de terreur refoulée, parfois ni de l'un ni de l'autre, enfin, d'après ce que je pouvais comprendre. Une semaine s'écoula, nous laissant tous les trois dans cette situation de trouble secret et mutuel. Ma situation, aggravée par la conscience que j'avais d'avoir été misérablement faible et désinvolte, qui se réveillait désormais trop tard en moi, me devenait intolérable. Je sentis que je devais m'extraire du sentiment d'oppression dans lequel je vivais, une fois pour toute - pourtant, comment agir au mieux ou que dire en premier lieu, tout cela me semblait insoluble.
Ce fut mademoiselle Halcombe qui me sauva de cette situation d'impuissance et d'humiliation. Ses lèvres me livrèrent l'amère, nécessaire, inattendue vérité ; sa bonté chaleureuse atténua en moi le choc de l'entendre ; sa sensibilité et son courage tirèrent le meilleur parti d'un évènement qui aurait pu avoir les pires conséquences, pour moi et pour d'autres, à Limmeridge House.
unit 1
So ended my eventful first day at Limmeridge House.
1 Translations, 4 Upvotes, Last Activity 2 months, 1 week ago
unit 2
Miss Halcombe and I kept our secret.
1 Translations, 4 Upvotes, Last Activity 2 months, 1 week ago
unit 11
Peaceful, fast-flowing, happy time!
1 Translations, 2 Upvotes, Last Activity 2 months, 1 week ago
unit 12
my story glides by you now as swiftly as you once glided by me.
1 Translations, 1 Upvotes, Last Activity 2 months, 1 week ago
unit 14
Nothing but the saddest of all confessions that a man can make—the confession of his own folly.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 17
It is so with us all.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 18
Our words are giants when they do us an injury, and dwarfs when they do us a service.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 19
I loved her.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 20
Ah!
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 21
how well I know all the sadness and all the mockery that is contained in those three words.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 22
I can sigh over my mournful confession with the tenderest woman who reads it and pities me.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 23
I can laugh at it as bitterly as the hardest man who tosses it from him in contempt.
2 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 24
I loved her!
1 Translations, 4 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 25
Feel for me, or despise me, I confess it with the same immovable resolution to own the truth.
2 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 26
Was there no excuse for me?
1 Translations, 4 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 28
My morning hours succeeded each other calmly in the quiet and seclusion of my own room.
2 Translations, 4 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 30
A perilous solitude, for it lasted long enough to enervate, not long enough to fortify me.
1 Translations, 2 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 38
I should have remembered my position, and have put myself secretly on my guard.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 39
I did so, but not till it was too late.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 45
And now I and my trusty talisman were parted for the first time.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 47
I know, now, that I should have questioned myself from the first.
1 Translations, 2 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 50
Why was this easiest, simplest work of self-culture always too much for me?
2 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 52
I loved her.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 53
The days passed, the weeks passed; it was approaching the third month of my stay in Cumberland.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 58
We had parted one night as usual.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 60
But when we met again in the morning, a change had come over her—a change that told me all.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 63
Her nature, too truthful to deceive others, was too noble to deceive itself.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 65
It said this, and more, which I could not then interpret.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 68
But the change meant more than this.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 74
The change in Miss Fairlie was reflected in her half-sister.
2 Translations, 4 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
unit 77
unit 80
From this position of helplessness and humiliation I was rescued by Miss Halcombe.
2 Translations, 4 Upvotes, Last Activity 1 month, 3 weeks ago
francevw • 14086  commented on  unit 76  1 month, 3 weeks ago
francevw • 14086  commented on  unit 15  2 months, 1 week ago
gaelle044 • 5140  commented on  unit 27  2 months, 1 week ago
gaelle044 • 5140  commented on  unit 25  2 months, 1 week ago
gaelle044 • 5140  translated  unit 20  2 months, 1 week ago
gaelle044 • 5140  commented on  unit 8  2 months, 1 week ago
gaelle044 • 5140  commented on  unit 1  2 months, 1 week ago
francevw • 14086  commented  2 months, 1 week ago

Pour plus d'informations:
http://www.gutenberg.org/files/583/583-h/583-h.htm

The Woman in White by Wilkie Collins

CONTENTS
First Epoch

THE STORY BEGUN BY WALTER HARTRIGHT

THE STORY CONTINUED BY VINCENT GILMORE

THE STORY CONTINUED BY MARIAN HALCOMBE

Second Epoch

THE STORY CONTINUED BY MARIAN HALCOMBE.

THE STORY CONTINUED BY FREDERICK FAIRLIE, ESQ.

THE STORY CONTINUED BY ELIZA MICHELSON

THE STORY CONTINUED IN SEVERAL NARRATIVES
1. THE NARRATIVE OF HESTER PINHORN

2. THE NARRATIVE OF THE DOCTOR

3. THE NARRATIVE OF JANE GOULD

4. THE NARRATIVE OF THE TOMBSTONE

5. THE NARRATIVE OF WALTER HARTRIGHT

Third Epoch

THE STORY CONTINUED BY WALTER HARTRIGHT

THE STORY CONTINUED BY MRS. CATHERICK

THE STORY CONTINUED BY WALTER HARTRIGHT

THE STORY CONTINUED BY ISIDOR, OTTAVIO, BALDASSARE FOSCO

THE STORY CONCLUDED BY WALTER HARTRIGHT

by francevw 2 months, 1 week ago

So ended my eventful first day at Limmeridge House.
Miss Halcombe and I kept our secret. After the discovery of the likeness no fresh light seemed destined to break over the mystery of the woman in white. At the first safe opportunity Miss Halcombe cautiously led her half-sister to speak of their mother, of old times, and of Anne Catherick. Miss Fairlie's recollections of the little scholar at Limmeridge were, however, only of the most vague and general kind. She remembered the likeness between herself and her mother's favourite pupil, as something which had been supposed to exist in past times; but she did not refer to the gift of the white dresses, or to the singular form of words in which the child had artlessly expressed her gratitude for them. She remembered that Anne had remained at Limmeridge for a few months only, and had then left it to go back to her home in Hampshire; but she could not say whether the mother and daughter had ever returned, or had ever been heard of afterwards. No further search, on Miss Halcombe's part, through the few letters of Mrs. Fairlie's writing which she had left unread, assisted in clearing up the uncertainties still left to perplex us. We had identified the unhappy woman whom I had met in the night-time with Anne Catherick—we had made some advance, at least, towards connecting the probably defective condition of the poor creature's intellect with the peculiarity of her being dressed all in white, and with the continuance, in her maturer years, of her childish gratitude towards Mrs. Fairlie—and there, so far as we knew at that time, our discoveries had ended.

The days passed on, the weeks passed on, and the track of the golden autumn wound its bright way visibly through the green summer of the trees. Peaceful, fast-flowing, happy time! my story glides by you now as swiftly as you once glided by me. Of all the treasures of enjoyment that you poured so freely into my heart, how much is left me that has purpose and value enough to be written on this page? Nothing but the saddest of all confessions that a man can make—the confession of his own folly.
The secret which that confession discloses should be told with little effort, for it has indirectly escaped me already. The poor weak words, which have failed to describe Miss Fairlie, have succeeded in betraying the sensations she awakened in me. It is so with us all. Our words are giants when they do us an injury, and dwarfs when they do us a service.
I loved her.
Ah! how well I know all the sadness and all the mockery that is contained in those three words. I can sigh over my mournful confession with the tenderest woman who reads it and pities me. I can laugh at it as bitterly as the hardest man who tosses it from him in contempt. I loved her! Feel for me, or despise me, I confess it with the same immovable resolution to own the truth.
Was there no excuse for me? There was some excuse to be found, surely, in the conditions under which my term of hired service was passed at Limmeridge House.
My morning hours succeeded each other calmly in the quiet and seclusion of my own room. I had just work enough to do, in mounting my employer's drawings, to keep my hands and eyes pleasurably employed, while my mind was left free to enjoy the dangerous luxury of its own unbridled thoughts. A perilous solitude, for it lasted long enough to enervate, not long enough to fortify me. A perilous solitude, for it was followed by afternoons and evenings spent, day after day and week after week alone in the society of two women, one of whom possessed all the accomplishments of grace, wit, and high-breeding, the other all the charms of beauty, gentleness, and simple truth, that can purify and subdue the heart of man. Not a day passed, in that dangerous intimacy of teacher and pupil, in which my hand was not close to Miss Fairlie's; my cheek, as we bent together over her sketch-book, almost touching hers. The more attentively she watched every movement of my brush, the more closely I was breathing the perfume of her hair, and the warm fragrance of her breath. It was part of my service to live in the very light of her eyes—at one time to be bending over her, so close to her bosom as to tremble at the thought of touching it; at another, to feel her bending over me, bending so close to see what I was about, that her voice sank low when she spoke to me, and her ribbons brushed my cheek in the wind before she could draw them back.
The evenings which followed the sketching excursions of the afternoon varied, rather than checked, these innocent, these inevitable familiarities. My natural fondness for the music which she played with such tender feeling, such delicate womanly taste, and her natural enjoyment of giving me back, by the practice of her art, the pleasure which I had offered to her by the practice of mine, only wove another tie which drew us closer and closer to one another. The accidents of conversation; the simple habits which regulated even such a little thing as the position of our places at table; the play of Miss Halcombe's ever-ready raillery, always directed against my anxiety as teacher, while it sparkled over her enthusiasm as pupil; the harmless expression of poor Mrs. Vesey's drowsy approval, which connected Miss Fairlie and me as two model young people who never disturbed her—every one of these trifles, and many more, combined to fold us together in the same domestic atmosphere, and to lead us both insensibly to the same hopeless end.
I should have remembered my position, and have put myself secretly on my guard. I did so, but not till it was too late. All the discretion, all the experience, which had availed me with other women, and secured me against other temptations, failed me with her. It had been my profession, for years past, to be in this close contact with young girls of all ages, and of all orders of beauty. I had accepted the position as part of my calling in life; I had trained myself to leave all the sympathies natural to my age in my employer's outer hall, as coolly as I left my umbrella there before I went upstairs. I had long since learnt to understand, composedly and as a matter of course, that my situation in life was considered a guarantee against any of my female pupils feeling more than the most ordinary interest in me, and that I was admitted among beautiful and captivating women much as a harmless domestic animal is admitted among them. This guardian experience I had gained early; this guardian experience had sternly and strictly guided me straight along my own poor narrow path, without once letting me stray aside, to the right hand or to the left. And now I and my trusty talisman were parted for the first time. Yes, my hardly-earned self-control was as completely lost to me as if I had never possessed it; lost to me, as it is lost every day to other men, in other critical situations, where women are concerned. I know, now, that I should have questioned myself from the first. I should have asked why any room in the house was better than home to me when she entered it, and barren as a desert when she went out again—why I always noticed and remembered the little changes in her dress that I had noticed and remembered in no other woman's before—why I saw her, heard her, and touched her (when we shook hands at night and morning) as I had never seen, heard, and touched any other woman in my life? I should have looked into my own heart, and found this new growth springing up there, and plucked it out while it was young. Why was this easiest, simplest work of self-culture always too much for me? The explanation has been written already in the three words that were many enough, and plain enough, for my confession. I loved her.
The days passed, the weeks passed; it was approaching the third month of my stay in Cumberland. The delicious monotony of life in our calm seclusion flowed on with me, like a smooth stream with a swimmer who glides down the current. All memory of the past, all thought of the future, all sense of the falseness and hopelessness of my own position, lay hushed within me into deceitful rest. Lulled by the Syren-song that my own heart sung to me, with eyes shut to all sight, and ears closed to all sound of danger, I drifted nearer and nearer to the fatal rocks. The warning that aroused me at last, and startled me into sudden, self-accusing consciousness of my own weakness, was the plainest, the truest, the kindest of all warnings, for it came silently from her.
We had parted one night as usual. No word had fallen from my lips, at that time or at any time before it, that could betray me, or startle her into sudden knowledge of the truth. But when we met again in the morning, a change had come over her—a change that told me all.
I shrank then—I shrink still—from invading the innermost sanctuary of her heart, and laying it open to others, as I have laid open my own. Let it be enough to say that the time when she first surprised my secret was, I firmly believe, the time when she first surprised her own, and the time, also, when she changed towards me in the interval of one night. Her nature, too truthful to deceive others, was too noble to deceive itself. When the doubt that I had hushed asleep first laid its weary weight on her heart, the true face owned all, and said, in its own frank, simple language—I am sorry for him; I am sorry for myself.
It said this, and more, which I could not then interpret. I understood but too well the change in her manner, to greater kindness and quicker readiness in interpreting all my wishes, before others—to constraint and sadness, and nervous anxiety to absorb herself in the first occupation she could seize on, whenever we happened to be left together alone. I understood why the sweet sensitive lips smiled so rarely and so restrainedly now, and why the clear blue eyes looked at me, sometimes with the pity of an angel, sometimes with the innocent perplexity of a child. But the change meant more than this. There was a coldness in her hand, there was an unnatural immobility in her face, there was in all her movements the mute expression of constant fear and clinging self-reproach. The sensations that I could trace to herself and to me, the unacknowledged sensations that we were feeling in common, were not these. There were certain elements of the change in her that were still secretly drawing us together, and others that were, as secretly, beginning to drive us apart.
In my doubt and perplexity, in my vague suspicion of something hidden which I was left to find by my own unaided efforts, I examined Miss Halcombe's looks and manner for enlightenment. Living in such intimacy as ours, no serious alteration could take place in any one of us which did not sympathetically affect the others. The change in Miss Fairlie was reflected in her half-sister. Although not a word escaped Miss Halcombe which hinted at an altered state of feeling towards myself, her penetrating eyes had contracted a new habit of always watching me. Sometimes the look was like suppressed anger, sometimes like suppressed dread, sometimes like neither—like nothing, in short, which I could understand. A week elapsed, leaving us all three still in this position of secret constraint towards one another. My situation, aggravated by the sense of my own miserable weakness and forgetfulness of myself, now too late awakened in me, was becoming intolerable. I felt that I must cast off the oppression under which I was living, at once and for ever—yet how to act for the best, or what to say first, was more than I could tell.
From this position of helplessness and humiliation I was rescued by Miss Halcombe. Her lips told me the bitter, the necessary, the unexpected truth; her hearty kindness sustained me under the shock of hearing it; her sense and courage turned to its right use an event which threatened the worst that could happen, to me and to others, in Limmeridge House.