en-fr  The Island of Doctor Moreau/Chapter 14
LE DOCTEUR MOREAU S'EXPLIQUE.


— Et maintenant, Prendick, je vais vous expliquer, déclara le docteur Moreau, dès que nous eûmes mangé et bu. Je dois avouer que vous êtes l'invité le plus dictatorial que j'ai jamais diverti. Je vous préviens que c'est la dernière fois que je fais quelque chose pour vous obliger. Au prochain évènement au sujet duquel vous menacerez de vous suicider, je ne ferai rien... dût-il m'en coûter. Il s'installa dans ma chaise longue, un cigare à demi consumé entre les doigts blancs agiles. La lumière de la lampe suspendue baignait sa chevelure blanche ; il observa par la petite fenêtre la lumière des étoiles. Je m'assis le plus loin possible de lui, la table entre nous et les révolvers dans les mains. Montgomery n'était pas là. Je ne tenais pas à être avec eux deux dans une si petite pièce.

— Vous admettez que le seul être humain, comme vous l'appelez, à subir une vivisection, n'est après tout, que le puma ? dit Moreau Il m'avait fait visiter cette horreur dans la pièce intérieure, pour me prouver qu'il ne s'agissait pas d'humain.

— C'est bien le puma, dis-je, encore vivant, mais tailladé et mutilé au point que je prie pour ne plus jamais revoir de chair vivante, aussi abîmée. – Ne t'inquiète pas de ça, dit Moreau, au moins, épargne-moi ces horreurs de jeunesse. Montgomery était comme vous. Vous admettez que c'est le puma. Maintenant, silence, pendant que je vous débite mon cours de physiologie. Et aussitôt, commençant avec le ton d'un homme qui s'ennuie à mourir, mais bientôt un peu animé, il m'expliqua son travail. Il était très simple et convaincant. De temps en temps, il y avait une touche de sarcasme dans sa voix. Bientôt, je me sentis très honteux face à nos positions communes.

Les créatures que j'avais vues n'étaient pas des hommes, et n'en avaient jamais été. C'étaient des animaux, des animaux humanisés, des hommages à la vivisection.

— Vous oubliez tout ce qu'un vivisecteur talentueux peut accomplir avec des êtres vivants, déclara Moreau. Pour ma part, je ne comprends pas pourquoi les choses que j'ai faites ici ne l'ont pas été auparavant. De petits efforts, bien sûr, ont été faits... des amputations, des langues coupées, des ablations. Bien sûr, vous n'ignorez pas qu'un strabisme peut être provoqué ou guéri par la chirurgie ? Alors, dans le cas des ablations, vous avez toutes sortes de modifications secondaires, des perturbations pigmentaires, des modifications de tempéraments, des altérations de la sécrétion des tissus adipeux. Je suis persuadé que vous avez entendu parler de ces choses ? — Bien entendu, répondis-je. Mais ces affreuses créatures que vous avez engendrées… — Chaque chose en son temps, dit-il en agitant la main vers moi. Je ne fais que commencer. Ce sont de vulgaires cas de mutation. La chirurgie peut faire mieux que cela. Il y a de la reconstruction, de l'ablation et du remplacement. Peut-être avez-vous entendu parler d'une opération courante pratiquée en cas de destruction du nez : on incise un lambeau de peau du front, on le retourne sur le nez, et il cicatrise dans cette nouvelle position. C'est une sorte de greffon dans une nouvelle position venant d'un animal sur lui-même. La greffe de matériau fraichement prélevé sur un autre animal est aussi possible,—le cas d'une dent, par exemple. La greffe de peau et d'os est faite pour faciliter la cicatrisation : le chirurgien place au milieu de la partie lésée des morceaux de peau prélevés sur un autre animal, ou des fragments osseux provenant d'une victime fraîchement tuée. L'ergot de coq des chasseurs— peut-être en avez-vous entendu parler—prolifèrent sur les cous des buffles ; et on peut y inclure aussi les rats-rhinocéros des zouaves algériens, des monstres fabriqués en transférant la queue d'un rat ordinaire sur son museau, et qui peut l'amener à cicatriser à cet endroit. — Des monstres fabriqués répondis-je ! Alors vous voulez me dire... — Oui. Ces créatures que vous avez vues sont des animaux sculptés et modelés en des formes nouvelles. À cela, à l'étude de la plasticité des formes vivantes, j'ai consacré ma vie. J'ai étudié pendant des années, accumulant des connaissances au fur et à mesure. Je vois votre regard horrifié, et pourtant je ne vous apprends rien. Tout cela était dans les traités d'anatomie pratique depuis des années, mais personne n'avait eu la témérité d'y toucher. Ce n’est pas simplement la forme extérieure d’un animal que je peux changer. La physiologie, le rythme chimique de la créature, peuvent aussi être amenés à subir une modification durable, —dont la vaccination et les autres méthodes d'inoculation avec des matières vivantes ou mortes sont des exemples qui vous seront sans doute familiers. Une opération similaire est la transfusion de sang, —sujet par lequel, en effet, j'ai commençé. Ce sont tous des cas familiers. Moins donc et probablement plus importantes, étaient les opérations de ces praticiens médiévales qui fabriquaient des nains et des mendiants infirmes, des monstres des exhibitions, mais dont quelques vestiges de l'art sont encore présents dans la manipulation préliminaire du jeune charlatan ou du contorsionniste. Victor Hugo en donne un compte-rendu dans « L’Homme qui Rit ». —.Mais peut-être ma pensée s'éclaircit-elle maintenant. Vous commencez à voir qu'il est possible de transplanter des tissus d'une partie d'un animal à un autre ou d'un animal à un autre ; modifier ses réactions chimiques et ses méthodes de croissance ; modifier les articulations de ses membres ; et, en effet, de le changer dans sa structure la plus intime.

Et pourtant cette branche extraordinaire du savoir n'a jamais été considérée comme une fin en soi, ni de manière systématique, par les chercheurs modernes jusqu'à ce je m'y intéresse ! Quelques unes de ces pratiques ont eu lieu dans la chirurgie de dernier recours ; la plupart des témoignages semblables qui vous viennent à l'esprit sont considérés comme accidentels, — par des tyrans, des criminels, des éleveurs de chevaux ou de chiens, par toutes sortes d'hommes malhabiles et sans formation qui travaillent à des fins personnelles et immédiates. J'ai été le premier à m'atteler à cette question armé d'une asepsie chirurgicale, et avec une réelle connaissance scientifique des lois de la croissance. Encore peut-on imaginer que j'ai dû d'abord pratiquer en secret. Des créatures comme les siamois... Et dans les annales de l'Inquisition. Il ne fait aucun doute que leur première motivation était l'art de la torture, mais quelques uns au moins des inquisiteurs avaient un peu de curiosité scientifique. — Mais, dis-je, ces choses... ces animaux parlent ! Il dit qu'en effet, et continua à exposer que les possibilités de la vivisection ne s'arrêtaient pas à une simple métamorphose physique. On peut éduquer un porc. La structure mentale est moins déterminée que le physique. Dans notre science de l'hypnose en plein développement nous trouvons la promesse d'une possibilité de substituer aux vieux instincts inhérents de nouvelles suggestions, se greffant sur ou remplaçant notre héritage d'idées reçues. En revanche, beaucoup de ce que nous appelons l'éducation morale, dit-il, n'est que modification et perversion de l'instinct, la pugnacité est transformée en don de soi courageux et la sexualité annihilée dans le sentiment religieux. Et la grande différence entre homme et singe est le larynx, continua-t-il... l'incapacité à articuler avec délicatesse des symboles sonores par lesquels la pensée pourrait être exprimée. Sur ce point, j'échouai à être d'accord avec lui mais, avec une certaine impolitesse, il refusa de prendre en compte mon objection. Il répéta que les choses étaient ainsi et continua à décrire son travail.

Je lui demandai pourquoi il avait choisi la forme humaine comme modèle. Il me semblait qu'il y avait là - et il me semble encore - une étrange méchanceté dans ce choix.

Il avoua avoir choisi cette forme par hasard. — Je pourrais tout aussi bien pu transformer des moutons en lamas et des lamas en moutons. Je suppose qu'il y a quelque chose dans la forme humaine qui appelle davantage à la création artistique que ne le peut n'importe quelle forme animale. Mais je ne me suis pas limité à la création humaine. Une ou deux fois ... Il se tut, peut-être une minute. — Ces années ! Comme elles se sont écoulées ! Et là j'ai perdu une journée à vous sauver la vie, et je perds maintenant une heure à m'expliquer ! — Mais, dis-je, je n'ai toujours pas compris. Où est votre justification pour infliger toute cette douleur ? La seule chose qui pourrait excuser la vivisection à mes yeux serait quelque application... — Exactement, dit-il. Mais vous voyez, je suis constitué différemment. Nous nous situons dans des registres différents Vous êtes un matérialiste. — Je ne suis pas un matérialiste, commençais-je vivement.

– À mon avis... à mon avis. Car c'est juste la question de la douleur qui nous divise. Tant que la douleur visible ou audible vous rend malade ; tant que vos propre douleurs vous commandent ; tant que la douleur sous-tend votre approche du péché... pendant ce temps, vous dis-je, vous êtes un animal pensant à peine plus clairement qu'un animal ne ressent. Cette douleur... Je haussai les épaules impatiemment devant un tel sophisme.

– Oh ! mais c'est une si petite chose ! Un esprit vraiment ouvert à ce que la science a à nous apprendre doit s'apercevoir qu'il s'agit d'une chose insignifiante. Il se peut que hormis sur cette petite planète, ce grain de poussière cosmique, invisible longtemps avant que l'étoile la plus proche puisse être atteinte, il se peut, dis-je, que nulle part ailleurs cette chose appelée douleur n'advienne. Mais les lois que nous tentons d'élaborer - enfin, même sur cette terre, même parmi les êtres vivants, quelle douleur y-a-t-il ? Alors qu'il parlait il sortit un petit canif de sa poche, en ouvrit la plus petite lame et déplaça sa chaise de manière à ce que je puisse voir sa cuisse. Puis, choisissant délibérément l'emplacement, il planta la lame dans sa jambe et la retira.

– Aucun doute, dit-il, vous avez vu ça auparavant. Ça ne fait pas plus mal qu'une piqûre d'épingle. Mais qu'est-ce que ça démontre ? La capacité de ressentir la douleur n’est pas requise dans le muscle, et elle n’est pas placée là — mais elle n’est pas très nécessaire dans la peau, et un point donné n'est capable de ressentir la douleur qu'ici et là sur la cuisse. La douleur est simplement notre conseiller médical intérieur visant à nous préventir et à nous stimuler. Toute la chair vivante n'est pas douloureuse ; ni tous les nerfs, pas plus que tous les nerfs sensitifs. Il n'y a pas de douleur, de vraie douleur, dans les sensations du nerf optique. Si vous abîmez le nerf optique, vous verrez tout simplement des éclairs de lumière... tout comme les maladies du nerf auditif n'entraînent qu'un bourdonnement dans nos oreilles. Les plantes ne ressentent pas la douleur, ni les espèces animales peu évoluées ; il est possible que des animaux comme les étoiles de mer et les écrevisses ne ressentent pas de tout la douleur. Ainsi avec les hommes, plus ils deviennent intelligents, plus ils veilleront intelligemment à leur propre bien être et moins il auront besoin d'être avertis du danger pour se protéger. Je n'ai jamais encore entendu qu'une chose inutile n'ait pas disparu, tôt ou tard, par le jeu des lois de l'évolution. Et vous ? Et la douleur devient inutile.

Et puis, je suis croyant, Prendick, comme tout homme sensé doit l'être. Il se pourrait, j'imagine, que je sois plus au fait que vous des voies du Créateur de ce monde, car j'ai cherché ses lois, à ma façon, toute ma vie, tandis que vous, d'après ce que je comprends, avez collectionné des papillons. Et je vous le dis, le plaisir et la souffrance n'ont rien à voir avec le paradis ou l'enfer. Plaisir et souffrance... bah ! Qu'est ce que l'extase de votre théologien si ce n'est la houri de Mahomet dans l'obscurité ? Cette boutique où hommes et femmes exposent plaisir et douleur, Pendrick, est la marque de la bête sur eux... la marque de la bête dont ils sont issus. Souffrance, souffrance et plaisir, n'existent pour nous que tant que nous nous tortillons dans la poussière.

Vous voyez, j'ai poursuivi cette recherche exactement dans la voie où elle m'a conduit. C'est la seule manière de mener de véritables recherches dont j'ai jamais entendu parler. Je posais une question, imaginais une méthode pour obtenir la réponse et parvenais à une nouvelle question. Ceci ou cela était-il possible ? Vous n'imaginez pas ce que cela signifie pour un chercheur, quelle passion intellectuelle grandit en lui ! Vous ne pouvez pas imaginer les délices étranges, sans couleurs de ces quêtes intellectuelles ! La chose devant vous n'est plus un animal, un compagnon mais un problème ! La compassion... tout ce que j'en sais c'est le souvenir d'une chose dont je souffrais il y a des années. Je voulais - c'était la seule chose que je voulais - découvrir la limite extrême de la plasticité d'un être vivant. – Mais, dis-je, c'est une abomination ! – À ce jour, je n'ai jamais été perturbé par l'éthique en la matière, poursuivi-t-il. L'étude de la nature rend l'homme aussi dénué de remords que la nature elle-même. J'ai continué, sans m'arrêter à autre chose qu'au but que je poursuivais ; et le matériau je l'avais - en provenance des huttes là-bas. Il y a bien onze ans que nous sommes arrivée ici, moi, Montgomery, et six Kanakas. Je me souviens de la verdure paisible de l'île et de l'océan vide devant nous, comme si c'était hier. L'endroit paraissait m'attendre.

Les provisions furent débarquées et la maison construite. Les Kanakas installèrent quelques huttes près du ravin. Je me suis mis à travailler sur ce que j'avais amené avec moi. Il y a eu au début quelques déconvenues. J'ai débuté avec un mouton, et l'ai tué après une journée suite à un coup de bistouri malheureux. Je pris un autre mouton et créai un être fait de douleur et de crainte ; puis je le bandai pour qu'il cicatrise. Il avait l'air assez humain quand j'en eus fini ; mais quand je l'approchai, je ne fus pas satisfait du résultat. Il se souvenait de moi et était terrifié au-delà de ce que l'on peut imaginer ; et il n'avait guère plus que l'intelligence d'un mouton. Plus je le regardais, plus il avait l'air gauche, jusqu'à ce que j'abrège ses souffrances. Ces animaux sans courage, hantés par la peur, conduits par la doulour, sans une étincelle d'énergie pugnace pour faire face au tourment — ne sont d'aucune utilité pour faire des homes.

Puis je pris un gorille que j'avais ; et à partir de cela, travaillant avec un soin infini et surmontant difficulté après difficulté, je créai mon premier homme. Toute cette semaine-là, nuit et jour, je le façonnai. Avec lui, c'était principalement le cerveau qui avait besoin d'être modelé ; il fallut beaucoup ajouter, beaucoup changer. Quand je l'eus treminé, je trouvais face à moi un bon spécimen de type négroïde ; il était allongé recouvert de bandages, attaché et immobile. Ce n'est que lorsque je fus assuré de sa survie que je le quittai et revins dans cette pièce, pour trouver Montgomery dans le même état que vous. Il avait entendu certains cris de la créature pendant sa transformation humaine, — comme ceux qui vous ont tant perturbé. Au début, je n'avais pas confiance en lui. Et les Kanakas aussi, avaient compris quelque chose. Ils étaient terrorisés à ma vue. Je pris Montgomery avec moi... d'une certaine façon ; mais le plus difficile pour lui et moi était d'empêcher les Kanakas de déserter. Ce qu'ils firent finalement ; c'est ainsi que nous avons perdu le voilier. J'ai passé pas mal de temps à éduquer la brute, —je l'ai eue pendant trois ou quatre mois. Je lui ai appris des rudiments de l'anglais ; lui a donné des rudiments du calcul ; et même appris à lire l'alphabet. Malgré cela il était lent, même si j'ai rencontré des idiots plus lents. Mentalement, il partait d'une page blanche ; il n'avait aucun souvenir de ce qu'il avait été. Quand il eut suffisamment cicatrisé, qu'il ne fût plus rien d'autre qu'un être endolori et raide, capable de parler un peu, je l'emmenai là-bas et le présentai aux Kanakas comme un intéressant passager clandestin.

Au début, ils avaient terriblement peur de lui, bizarrement, ce qui me contrariait plutôt, car j'étais fier à son sujet ; mais ses manières paraissaient si douces et il était si misérable, qu'après un certain temps, ils l'accueillirent et se chargèrent son éducation. Il apprenait vite, était très doué pour l'imitation, l'adaptation, et il se construisit une masure plutôt mieux, il me sembla, que leurs propres cabanes. Parmi les garçons, Il s'en trouvait un au tempérament un peu missionnaire, et il apprit à lire à la créature, ou du moins à reconnaître des lettres, et lui inculqua quelques notions rudimentaires de morale ; mais il apparaît que les manières de la bête laissaient à désirer.

Je me reposai de mon labeur pendant quelques temps, animé par l'envie d'écrire le récit de toute cette entreprise afin de sortir la physiologie anglaise de sa torpeur. Puis je tombai sur la créature accroupie dans un arbre en train de bafouiller des paroles à deux Kanakas qui le taquinaient. Je le menaçai, lui expliquai l'inhumanité d'un tel comportement, j'éveillai son sentiment de honte et je rentrai chez moi, résolu à m'améliorer avant de ramener mon travail en Angleterre. J'ai progressé. Mais d'une certaine façon, les choses régressent à nouveau : la chair bestiale tenace reprend de jour en jour le dessus. Mais je veux encore m'améliorer. Je veux parvenir à mes fins. Ce puma... Mais c’est l’histoire. Tous les Kanakas sont morts maintenant ; l'un d'entre eux est tombé de la chaloupe par-dessus bord, un autre d'une blessure au talon qu'il a infectée avec du jus de plante. Trois sont partis à bord du voilier, et je suppose et je l'espère, furent noyés. Le dernier a été tué. Alors, je les ai remplacés. Montgomery a continué comme vous êtes disposé à le faire au début, et ensuite… — Qu'est-il arrivé à l'autre ? dis-je, d'un ton abrupt, le dernier Kanaka qui a été tué ? — Le fait est, qu'après avoir créé un certain nombre de créatures humaines, j'ai mis au point une Chose. Il hésita.

— Oui, dis-je

Il a été tué. — Je ne comprends pas, dit-je ; vous voulez dire que…— Elle a tué les Kanakas... oui. Elle a tué plusieurs autres individus qu'elle a attrapés. Nous l'avons pourchassée pendant deux jours. Ce n'est que par accident qu'elle s'est échappée... je ne voulais jamais qu'elle s'enfuirait. Elle n'était pas achevée. C'était purement une expérience. C'était une chose sans membre, avec une tête horrible, qui se tordait au sol comme un serpent. Elle était extrêmement forte et rendue folle furieuse par la douleur. Elle s'est tapie dans les bois pendant quelques jours, jusqu'à ce que nous la pourchassions ; et puis elle s'est traînée dans le nord de l'île, et notre groupe s'est séparé pour la traquer. Montgomery a insisté pour venir avec moi L'homme avait un fusil, et quand son corps a été retrouvé, l'un des canons avait été tordu en forme de S et presque percé d'un coup de dent. Montgomery tua la chose. Après cela, je suis resté fidèle à l'idéal de l'humanité, sauf pour les petites choses. Il se tut. Je me suis assis en silence, examinant son visage.

— Ainsi, depuis vingt ans au total, en comptant neuf ans en Angleterre, j'ai continué ; et il y a toujours quelque chose dans tout ce que je fais qui me vainc, qui me tient en échec, me rend de faire des efforts supplémentaires. Parfois je m'élève au-dessus de mon niveau, parfois je retombe en dessous ; mais jamais je ne parviens à atteindre ce dont je rêve. Je peux créer la forme humaine maintenant, presque avec facilité, pour qu'elle soit souple et gracieuse, ou épaisse et forte; mais souvent il y a des problèmes avec les mains et les griffes — des choses pénibles que je n'ose pas façonner trop librement. Mais c'est dans la subtilité de la greffe et du remodelage qu'il faut faire au cerveau que mes problèmes se trouvent. L'intelligence est souvent étrangement faible, avec des bouts vides inexplicables, des lacunes inattendues. Et le moins satisfaisant de tous c'est quelque chose que je n'arrive pas à atteindre, quelque part—je ne peux pas déterminer où—dans le siège des émotions. Des fringales, des instincts, des désirs qui nuisent à l'humanité, un étrange réservoir cache, prêt à éclater soudainement et à submerger la créature de colère, de haine ou de peur. Ces créatures façonnées par moi vous ont paru étranges et inquiétantes dès que vous avez commené à les observer ; mais pour moi, juste après que je les ai faites, elles semblaient être indiscutablement des êtres humains. C’est après, quand je les observe, que la conviction s’estompe. Tout d'abord, un trait animal, puis un autre, monte à la surface et m'effraye. Mais je vais en venir à bout, encore ! Chaque fois que je plonge une créature vivante dans un bain de douleur brûlante, je me dis : « Cette fois, je vais éteindre toute son animalité; cette fois, je vais créer de mes mains une créature rationnelle ! » Après tout, qu'est-ce que dix ans ? L'évolution de l'homme a pris cent mille ans. Pensait-il sombrement. — Mais je me rapproche de la rapidité. Ce puma que je ... Après un silence, — Et ils rétrogradent. Dès que je les laisse seuls, la bête commence à resurgir, recommence à s'affirmer. Un autre long silence.

— Alors, dis-je, vous emmenez les choses que vous faites dans ces terriers ?

— Ils y vont. Je les lâche quand je commence à sentir la bête en eux, et bientôt ils gambadent là-bas. Ils redoutent tous cette maison et moi. Il y a une sorte de parodie d'humanité là-bas. Montgomery le sait, car il interfère dans leurs affaires. Il a formé un ou deux d'entre eux pour nous servir. Il en a honte, mais je crois qu’il a une certaine affection pour quelques-unes de ces bêtes. C'est son affaire, pas la mienne. Ils ne me font souffrir que d'un sentiment d'échec. Elles ne m'interessent pas. Je crois qu'elles suivent les règles que le missionnaire Kanaka a indiquées et ont un type de parodie d'une vie rationnelle — les pauvres bêtes ! Il y a quelque chose qu'elles appellent la Loi. Elles chantent des cantiques à propos de « tout à lui ». Elles construisent elles-mêmes leurs terriers, ramassent des fruits et récoltent des herbes — se marient même. Mais je peux tout voir, au plus profond de leurs âmes, et je n'y vois rien d'autre que des âmes de bêtes, des bêtes qui périssent, sont en colère, ont le désir de vivre et de se satisfaire. — Pourtant elles sont étranges ; complexes, comme tout ce qui vit. Il y a en elles une sorte de combat pour s'élever, une part de vanité, d'excitation sexuelle inutile, de vaine curiosité. Cela ne fait que me ridiculiser. J'ai quelque espoir en ce puma. J'ai travaillé dur sur sa tête et son esprit – Et maintenant ? dit-il en se levant après un long silence, durant lequel chacun s'était perdu dans ses propres pensées, qu'en pensez-vous ? Avez-vous toujours peur de moi ? Je le regardai et ne vis qu'un homme au visage et aux cheveux blancs, au regard paisible. Mis à part sa sérénité, la quasi apparente beauté qui résultait de sa tranquillité et de sa magnifique silhouette, il aurait pu passer inaperçu parmi une centaine d'autres vieux messieurs respectables. Puis je frissonnai. Comme réponse à sa deuxieme question je lui remis un revolver avec l'une ou l'autre main.

— Gardez-les, dit-il, et réprima un bâillement. Il se leva, me regarda un instant et sourit. — Vous avez eu deux journées bien remplies, déclara-t-il. Je vous conseillerais un peu de sommeil. Je suis content que tout soit clair. Bonsoir. Il resta pensif un instant, puis sortit par la porte intérieure.

Immédiatement je tournai la clé de la porte extérieur.e Je me rassis à nouveau ; restai pendant un certain temps dans une sorte d'humeur stagnante, si fatigué, émotionnellement, mentalement et physiquement, que je ne pouvais pas penser au-delà du moment où il m'avait quitté. La fenêtre noire me fixait comme un œil. Enfin, avec un effort, j'éteignis la lumière et je montai dans le hamac. Je m'étais très vite endormi.
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DOCTOR MOREAU EXPLAINS.
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“And now, Prendick, I will explain,” said Doctor Moreau, so soon as we had eaten and drunk.
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“I must confess that you are the most dictatorial guest I ever entertained.
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I warn you that this is the last I shall do to oblige you.
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I sat as far away from him as possible, the table between us and the revolvers to hand.
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Montgomery was not present.
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I did not care to be with the two of them in such a little room.
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He had made me visit that horror in the inner room, to assure myself of its inhumanity.
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Of all vile—” “Never mind that,” said Moreau; “at least, spare me those youthful horrors.
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Montgomery used to be just the same.
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You admit that it is the puma.
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He was very simple and convincing.
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Now and then there was a touch of sarcasm in his voice.
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Presently I found myself hot with shame at our mutual positions.
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The creatures I had seen were not men, had never been men.
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They were animals, humanised animals,—triumphs of vivisection.
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“You forget all that a skilled vivisector can do with living things,” said Moreau.
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“For my own part, I’m puzzled why the things I have done here have not been done before.
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Small efforts, of course, have been made,—amputation, tongue-cutting, excisions.
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Of course you know a squint may be induced or cured by surgery?
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I have no doubt you have heard of these things?” “Of course,” said I.
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Those are trivial cases of alteration.
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Surgery can do better things than that.
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There is building up as well as breaking down and changing.
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This is a kind of grafting in a new position of part of an animal upon itself.
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“Then you mean to tell me—” “Yes.
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These creatures you have seen are animals carven and wrought into new shapes.
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To that, to the study of the plasticity of living forms, my life has been devoted.
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I have studied for years, gaining in knowledge as I go.
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I see you look horrified, and yet I am telling you nothing new.
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It all lay in the surface of practical anatomy years ago, but no one had the temerity to touch it.
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It’s not simply the outward form of an animal which I can change.
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A similar operation is the transfusion of blood,—with which subject, indeed, I began.
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These are all familiar cases.
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Yet one would imagine it must have been practised in secret before.
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Such creatures as the Siamese Twins— And in the vaults of the Inquisition.
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A pig may be educated.
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The mental structure is even less determinate than the bodily.
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He repeated that the thing was so, and continued his account of his work.
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I asked him why he had taken the human form as a model.
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unit 64
There seemed to me then, and there still seems to me now, a strange wickedness for that choice.
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unit 65
He confessed that he had chosen that form by chance.
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“I might just as well have worked to form sheep into llamas and llamas into sheep.
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But I’ve not confined myself to man-making.
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Once or twice—” He was silent, for a minute perhaps.
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unit 70
“These years!
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unit 71
How they have slipped by!
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unit 73
Where is your justification for inflicting all this pain?
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unit 75
“But, you see, I am differently constituted.
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unit 76
We are on different platforms.
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unit 77
You are a materialist.” “I am not a materialist,” I began hotly.
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unit 78
“In my view—in my view.
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unit 79
For it is just this question of pain that parts us.
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unit 81
This pain—” I gave an impatient shrug at such sophistry.
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unit 82
“Oh, but it is such a little thing!
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unit 83
A mind truly opened to what science has to teach must see that it is a little thing.
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unit 86
Then, choosing the place deliberately, he drove the blade into his leg and withdrew it.
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unit 87
“No doubt,” he said, “you have seen that before.
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unit 88
It does not hurt a pin-prick.
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unit 89
But what does it show?
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unit 91
Pain is simply our intrinsic medical adviser to warn us and stimulate us.
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unit 92
Not all living flesh is painful; nor is all nerve, not even all sensory nerve.
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unit 93
There’s no tint of pain, real pain, in the sensations of the optic nerve.
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unit 97
unit 98
Did you?
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unit 99
And pain gets needless.
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unit 100
“Then I am a religious man, Prendick, as every sane man must be.
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unit 102
And I tell you, pleasure and pain have nothing to do with heaven or hell.
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unit 103
Pleasure and pain—bah!
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unit 104
What is your theologian’s ecstasy but Mahomet’s houri in the dark?
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unit 106
Pain, pain and pleasure, they are for us only so long as we wriggle in the dust.
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unit 107
“You see, I went on with this research just the way it led me.
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unit 108
That is the only way I ever heard of true research going.
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unit 109
I asked a question, devised some method of obtaining an answer, and got a fresh question.
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unit 110
Was this possible or that possible?
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unit 111
You cannot imagine what this means to an investigator, what an intellectual passion grows upon him!
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unit 112
You cannot imagine the strange, colourless delight of these intellectual desires!
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unit 113
The thing before you is no longer an animal, a fellow-creature, but a problem!
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unit 114
Sympathetic pain,—all I know of it I remember as a thing I used to suffer from years ago.
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unit 116
“The study of Nature makes a man at last as remorseless as Nature.
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unit 118
It is really eleven years since we came here, I and Montgomery and six Kanakas.
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unit 119
unit 120
The place seemed waiting for me.
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unit 121
“The stores were landed and the house was built.
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unit 122
The Kanakas founded some huts near the ravine.
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unit 123
I went to work here upon what I had brought with me.
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unit 124
There were some disagreeable things happened at first.
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unit 125
I began with a sheep, and killed it after a day and a half by a slip of the scalpel.
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unit 126
I took another sheep, and made a thing of pain and fear and left it bound up to heal.
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unit 127
unit 128
unit 129
unit 132
All the week, night and day, I moulded him.
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unit 133
With him it was chiefly the brain that needed moulding; much had to be added, much changed.
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unit 136
He had heard some of the cries as the thing grew human,—cries like those that disturbed you so.
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unit 137
I didn’t take him completely into my confidence at first.
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unit 138
And the Kanakas too, had realised something of it.
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unit 139
They were scared out of their wits by the sight of me.
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unit 141
Finally they did; and so we lost the yacht.
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unit 142
I spent many days educating the brute,—altogether I had him for three or four months.
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unit 143
unit 144
But at that he was slow, though I’ve met with idiots slower.
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unit 145
He began with a clean sheet, mentally; had no memories left in his mind of what he had been.
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unit 153
I have been doing better.
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unit 154
But somehow the things drift back again: the stubborn beast-flesh grows day by day back again.
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unit 155
But I mean to do better things still.
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unit 156
I mean to conquer that.
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unit 157
This puma— “But that‘s the story.
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unit 159
Three went away in the yacht, and I suppose and hope were drowned.
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unit 160
The other one—was killed.
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Well, I have replaced them.
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“Yes,” said I.
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It killed several other things that it caught.
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unit 166
We chased it for a couple of days.
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unit 167
It only got loose by accident—I never meant it to get away.
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It wasn’t finished.
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It was purely an experiment.
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unit 170
unit 171
It was immensely strong, and in infuriating pain.
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unit 173
Montgomery insisted upon coming with me.
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unit 175
Montgomery shot the thing.
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unit 176
After that I stuck to the ideal of humanity—except for little things.” He became silent.
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unit 177
I sat in silence watching his face.
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unit 181
unit 182
The intelligence is often oddly low, with unaccountable blank ends, unexpected gaps.
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unit 186
It’s afterwards, as I observe them, that the persuasion fades.
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unit 187
First one animal trait, then another, creeps to the surface and stares out at me.
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unit 188
But I will conquer yet!
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unit 190
Men have been a hundred thousand in the making.” He thought darkly.
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unit 191
“But I am drawing near the fastness.
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unit 192
This puma of mine—” After a silence, “And they revert.
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unit 194
“Then you take the things you make into those dens?” said I.
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unit 195
“They go.
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unit 196
I turn them out when I begin to feel the beast in them, and presently they wander there.
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unit 197
They all dread this house and me.
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unit 198
There is a kind of travesty of humanity over there.
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unit 199
Montgomery knows about it, for he interferes in their affairs.
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He has trained one or two of them to our service.
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unit 201
He’s ashamed of it, but I believe he half likes some of those beasts.
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unit 202
It’s his business, not mine.
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unit 203
They only sicken me with a sense of failure.
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unit 204
I take no interest in them.
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unit 206
There’s something they call the Law.
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It only mocks me.
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I have some hope of that puma.
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unit 215
Then I shivered.
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By way of answer to his second question, I handed him a revolver with either hand.
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“Keep them,” he said, and snatched at a yawn.
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He stood up, stared at me for a moment, and smiled.
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“You have had two eventful days,” said he.
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“I should advise some sleep.
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I’m glad it’s all clear.
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Good-night.” He thought me over for a moment, then went out by the inner door.
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I immediately turned the key in the outer one.
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The black window stared at me like an eye.
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At last with an effort I put out the light and got into the hammock.
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Very soon I was asleep.
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DOCTOR MOREAU EXPLAINS.

“And now, Prendick, I will explain,” said Doctor Moreau, so soon as we had eaten and drunk. “I must confess that you are the most dictatorial guest I ever entertained. I warn you that this is the last I shall do to oblige you. The next thing you threaten to commit suicide about, I sha’n’t do,—even at some personal inconvenience.”

He sat in my deck chair, a cigar half consumed in his white, dexterous-looking fingers. The light of the swinging lamp fell on his white hair; he stared through the little window out at the starlight. I sat as far away from him as possible, the table between us and the revolvers to hand. Montgomery was not present. I did not care to be with the two of them in such a little room.

“You admit that the vivisected human being, as you called it, is, after all, only the puma?”

said Moreau. He had made me visit that horror in the inner room, to assure myself of its inhumanity.

“It is the puma,” I said, “still alive, but so cut and mutilated as I pray I may never see living flesh again. Of all vile—”

“Never mind that,” said Moreau; “at least, spare me those youthful horrors. Montgomery used to be just the same. You admit that it is the puma. Now be quiet, while I reel off my physiological lecture to you.”

And forthwith, beginning in the tone of a man supremely bored, but presently warming a little, he explained his work to me. He was very simple and convincing. Now and then there was a touch of sarcasm in his voice. Presently I found myself hot with shame at our mutual positions.

The creatures I had seen were not men, had never been men. They were animals, humanised animals,—triumphs of vivisection.

“You forget all that a skilled vivisector can do with living things,” said Moreau. “For my own part, I’m puzzled why the things I have done here have not been done before. Small efforts, of course, have been made,—amputation, tongue-cutting, excisions. Of course you know a squint may be induced or cured by surgery? Then in the case of excisions you have all kinds of secondary changes, pigmentary disturbances, modifications of the passions, alterations in the secretion of fatty tissue. I have no doubt you have heard of these things?”

“Of course,” said I. “But these foul creatures of yours—”

“All in good time,” said he, waving his hand at me; “I am only beginning. Those are trivial cases of alteration. Surgery can do better things than that. There is building up as well as breaking down and changing. You have heard, perhaps, of a common surgical operation resorted to in cases where the nose has been destroyed: a flap of skin is cut from the forehead, turned down on the nose, and heals in the new position. This is a kind of grafting in a new position of part of an animal upon itself. Grafting of freshly obtained material from another animal is also possible,—the case of teeth, for example. The grafting of skin and bone is done to facilitate healing: the surgeon places in the middle of the wound pieces of skin snipped from another animal, or fragments of bone from a victim freshly killed. Hunter’s cock-spur—possibly you have heard of that—flourished on the bull’s neck; and the rhinoceros rats of the Algerian zouaves are also to be thought of,—monsters manufactured by transferring a slip from the tail of an ordinary rat to its snout, and allowing it to heal in that position.”

“Monsters manufactured!” said I. “Then you mean to tell me—”

“Yes. These creatures you have seen are animals carven and wrought into new shapes. To that, to the study of the plasticity of living forms, my life has been devoted. I have studied for years, gaining in knowledge as I go. I see you look horrified, and yet I am telling you nothing new. It all lay in the surface of practical anatomy years ago, but no one had the temerity to touch it. It’s not simply the outward form of an animal which I can change. The physiology, the chemical rhythm of the creature, may also be made to undergo an enduring modification,—of which vaccination and other methods of inoculation with living or dead matter are examples that will, no doubt, be familiar to you. A similar operation is the transfusion of blood,—with which subject, indeed, I began. These are all familiar cases. Less so, and probably far more extensive, were the operations of those mediæval practitioners who made dwarfs and beggar-cripples, show-monsters,—some vestiges of whose art still remain in the preliminary manipulation of the young mountebank or contortionist. Victor Hugo gives an account of them in ‘L’Homme qui Rit.’—But perhaps my meaning grows plain now. You begin to see that it is a possible thing to transplant tissue from one part of an animal to another, or from one animal to another; to alter its chemical reactions and methods of growth; to modify the articulations of its limbs; and, indeed, to change it in its most intimate structure.

“And yet this extraordinary branch of knowledge has never been sought as an end, and systematically, by modern investigators until I took it up! Some of such things have been hit upon in the last resort of surgery; most of the kindred evidence that will recur to your mind has been demonstrated as it were by accident,—by tyrants, by criminals, by the breeders of horses and dogs, by all kinds of untrained clumsy-handed men working for their own immediate ends. I was the first man to take up this question armed with antiseptic surgery, and with a really scientific knowledge of the laws of growth. Yet one would imagine it must have been practised in secret before. Such creatures as the Siamese Twins— And in the vaults of the Inquisition. No doubt their chief aim was artistic torture, but some at least of the inquisitors must have had a touch of scientific curiosity.”

“But,” said I, “these things—these animals talk!”

He said that was so, and proceeded to point out that the possibility of vivisection does not stop at a mere physical metamorphosis. A pig may be educated. The mental structure is even less determinate than the bodily. In our growing science of hypnotism we find the promise of a possibility of superseding old inherent instincts by new suggestions, grafting upon or replacing the inherited fixed ideas. Very much indeed of what we call moral education, he said, is such an artificial modification and perversion of instinct; pugnacity is trained into courageous self-sacrifice, and suppressed sexuality into religious emotion. And the great difference between man and monkey is in the larynx, he continued,—in the incapacity to frame delicately different sound-symbols by which thought could be sustained. In this I failed to agree with him, but with a certain incivility he declined to notice my objection. He repeated that the thing was so, and continued his account of his work.

I asked him why he had taken the human form as a model. There seemed to me then, and there still seems to me now, a strange wickedness for that choice.

He confessed that he had chosen that form by chance. “I might just as well have worked to form sheep into llamas and llamas into sheep. I suppose there is something in the human form that appeals to the artistic turn more powerfully than any animal shape can. But I’ve not confined myself to man-making. Once or twice—” He was silent, for a minute perhaps. “These years! How they have slipped by! And here I have wasted a day saving your life, and am now wasting an hour explaining myself!”

“But,” said I, “I still do not understand. Where is your justification for inflicting all this pain? The only thing that could excuse vivisection to me would be some application—”

“Precisely,” said he. “But, you see, I am differently constituted. We are on different platforms. You are a materialist.”

“I am not a materialist,” I began hotly.

“In my view—in my view. For it is just this question of pain that parts us. So long as visible or audible pain turns you sick; so long as your own pains drive you; so long as pain underlies your propositions about sin,—so long, I tell you, you are an animal, thinking a little less obscurely what an animal feels. This pain—”

I gave an impatient shrug at such sophistry.

“Oh, but it is such a little thing! A mind truly opened to what science has to teach must see that it is a little thing. It may be that save in this little planet, this speck of cosmic dust, invisible long before the nearest star could be attained,—it may be, I say, that nowhere else does this thing called pain occur. But the laws we feel our way towards— Why, even on this earth, even among living things, what pain is there?”

As he spoke he drew a little penknife from his pocket, opened the smaller blade, and moved his chair so that I could see his thigh. Then, choosing the place deliberately, he drove the blade into his leg and withdrew it.

“No doubt,” he said, “you have seen that before. It does not hurt a pin-prick. But what does it show? The capacity for pain is not needed in the muscle, and it is not placed there,—is but little needed in the skin, and only here and there over the thigh is a spot capable of feeling pain. Pain is simply our intrinsic medical adviser to warn us and stimulate us. Not all living flesh is painful; nor is all nerve, not even all sensory nerve. There’s no tint of pain, real pain, in the sensations of the optic nerve. If you wound the optic nerve, you merely see flashes of light,—just as disease of the auditory nerve merely means a humming in our ears. Plants do not feel pain, nor the lower animals; it’s possible that such animals as the starfish and crayfish do not feel pain at all. Then with men, the more intelligent they become, the more intelligently they will see after their own welfare, and the less they will need the goad to keep them out of danger. I never yet heard of a useless thing that was not ground out of existence by evolution sooner or later. Did you? And pain gets needless.

“Then I am a religious man, Prendick, as every sane man must be. It may be, I fancy, that I have seen more of the ways of this world’s Maker than you,—for I have sought his laws, in my way, all my life, while you, I understand, have been collecting butterflies. And I tell you, pleasure and pain have nothing to do with heaven or hell. Pleasure and pain—bah! What is your theologian’s ecstasy but Mahomet’s houri in the dark? This store which men and women set on pleasure and pain, Prendick, is the mark of the beast upon them,—the mark of the beast from which they came! Pain, pain and pleasure, they are for us only so long as we wriggle in the dust.

“You see, I went on with this research just the way it led me. That is the only way I ever heard of true research going. I asked a question, devised some method of obtaining an answer, and got a fresh question. Was this possible or that possible? You cannot imagine what this means to an investigator, what an intellectual passion grows upon him! You cannot imagine the strange, colourless delight of these intellectual desires! The thing before you is no longer an animal, a fellow-creature, but a problem! Sympathetic pain,—all I know of it I remember as a thing I used to suffer from years ago. I wanted—it was the one thing I wanted—to find out the extreme limit of plasticity in a living shape.”

“But,” said I, “the thing is an abomination—”

“To this day I have never troubled about the ethics of the matter,” he continued. “The study of Nature makes a man at last as remorseless as Nature. I have gone on, not heeding anything but the question I was pursuing; and the material has—dripped into the huts yonder. It is really eleven years since we came here, I and Montgomery and six Kanakas. I remember the green stillness of the island and the empty ocean about us, as though it was yesterday. The place seemed waiting for me.

“The stores were landed and the house was built. The Kanakas founded some huts near the ravine. I went to work here upon what I had brought with me. There were some disagreeable things happened at first. I began with a sheep, and killed it after a day and a half by a slip of the scalpel. I took another sheep, and made a thing of pain and fear and left it bound up to heal. It looked quite human to me when I had finished it; but when I went to it I was discontented with it. It remembered me, and was terrified beyond imagination; and it had no more than the wits of a sheep. The more I looked at it the clumsier it seemed, until at last I put the monster out of its misery. These animals without courage, these fear-haunted, pain-driven things, without a spark of pugnacious energy to face torment,—they are no good for man-making.

“Then I took a gorilla I had; and upon that, working with infinite care and mastering difficulty after difficulty, I made my first man. All the week, night and day, I moulded him. With him it was chiefly the brain that needed moulding; much had to be added, much changed. I thought him a fair specimen of the negroid type when I had finished him, and he lay bandaged, bound, and motionless before me. It was only when his life was assured that I left him and came into this room again, and found Montgomery much as you are. He had heard some of the cries as the thing grew human,—cries like those that disturbed you so. I didn’t take him completely into my confidence at first. And the Kanakas too, had realised something of it. They were scared out of their wits by the sight of me. I got Montgomery over to me—in a way; but I and he had the hardest job to prevent the Kanakas deserting. Finally they did; and so we lost the yacht. I spent many days educating the brute,—altogether I had him for three or four months. I taught him the rudiments of English; gave him ideas of counting; even made the thing read the alphabet. But at that he was slow, though I’ve met with idiots slower. He began with a clean sheet, mentally; had no memories left in his mind of what he had been. When his scars were quite healed, and he was no longer anything but painful and stiff, and able to converse a little, I took him yonder and introduced him to the Kanakas as an interesting stowaway.

“They were horribly afraid of him at first, somehow,—which offended me rather, for I was conceited about him; but his ways seemed so mild, and he was so abject, that after a time they received him and took his education in hand. He was quick to learn, very imitative and adaptive, and built himself a hovel rather better, it seemed to me, than their own shanties. There was one among the boys a bit of a missionary, and he taught the thing to read, or at least to pick out letters, and gave him some rudimentary ideas of morality; but it seems the beast‘s habits were not all that is desirable.

“I rested from work for some days after this, and was in a mind to write an account of the whole affair to wake up English physiology. Then I came upon the creature squatting up in a tree and gibbering at two of the Kanakas who had been teasing him. I threatened him, told him the inhumanity of such a proceeding, aroused his sense of shame, and came home resolved to do better before I took my work back to England. I have been doing better. But somehow the things drift back again: the stubborn beast-flesh grows day by day back again. But I mean to do better things still. I mean to conquer that. This puma—

“But that‘s the story. All the Kanaka boys are dead now; one fell overboard of the launch, and one died of a wounded heel that he poisoned in some way with plant-juice. Three went away in the yacht, and I suppose and hope were drowned. The other one—was killed. Well, I have replaced them. Montgomery went on much as you are disposed to do at first, and then—”

“What became of the other one?” said I, sharply,—“the other Kanaka who was killed?”

“The fact is, after I had made a number of human creatures I made a Thing.” He hesitated.

“Yes,” said I.

“It was killed.”

“I don’t understand,” said I; “do you mean to say—”

“It killed the Kanakas—yes. It killed several other things that it caught. We chased it for a couple of days. It only got loose by accident—I never meant it to get away. It wasn’t finished. It was purely an experiment. It was a limbless thing, with a horrible face, that writhed along the ground in a serpentine fashion. It was immensely strong, and in infuriating pain. It lurked in the woods for some days, until we hunted it; and then it wriggled into the northern part of the island, and we divided the party to close in upon it. Montgomery insisted upon coming with me. The man had a rifle; and when his body was found, one of the barrels was curved into the shape of an S and very nearly bitten through. Montgomery shot the thing. After that I stuck to the ideal of humanity—except for little things.”

He became silent. I sat in silence watching his face.

“So for twenty years altogether—counting nine years in England—I have been going on; and there is still something in everything I do that defeats me, makes me dissatisfied, challenges me to further effort. Sometimes I rise above my level, sometimes I fall below it; but always I fall short of the things I dream. The human shape I can get now, almost with ease, so that it is lithe and graceful, or thick and strong; but often there is trouble with the hands and the claws,—painful things, that I dare not shape too freely. But it is in the subtle grafting and reshaping one must needs do to the brain that my trouble lies. The intelligence is often oddly low, with unaccountable blank ends, unexpected gaps. And least satisfactory of all is something that I cannot touch, somewhere—I cannot determine where—in the seat of the emotions. Cravings, instincts, desires that harm humanity, a strange hidden reservoir to burst forth suddenly and inundate the whole being of the creature with anger, hate, or fear. These creatures of mine seemed strange and uncanny to you so soon as you began to observe them; but to me, just after I make them, they seem to be indisputably human beings. It’s afterwards, as I observe them, that the persuasion fades. First one animal trait, then another, creeps to the surface and stares out at me. But I will conquer yet! Each time I dip a living creature into the bath of burning pain, I say, ‘This time I will burn out all the animal; this time I will make a rational creature of my own!’ After all, what is ten years? Men have been a hundred thousand in the making.” He thought darkly. “But I am drawing near the fastness. This puma of mine—” After a silence, “And they revert. As soon as my hand is taken from them the beast begins to creep back, begins to assert itself again.” Another long silence.

“Then you take the things you make into those dens?” said I.

“They go. I turn them out when I begin to feel the beast in them, and presently they wander there. They all dread this house and me. There is a kind of travesty of humanity over there. Montgomery knows about it, for he interferes in their affairs. He has trained one or two of them to our service. He’s ashamed of it, but I believe he half likes some of those beasts. It’s his business, not mine. They only sicken me with a sense of failure. I take no interest in them. I fancy they follow in the lines the Kanaka missionary marked out, and have a kind of mockery of a rational life, poor beasts! There’s something they call the Law. Sing hymns about ‘all thine.’ They build themselves their dens, gather fruit, and pull herbs—marry even. But I can see through it all, see into their very souls, and see there nothing but the souls of beasts, beasts that perish, anger and the lusts to live and gratify themselves.— Yet they’re odd; complex, like everything else alive. There is a kind of upward striving in them, part vanity, part waste sexual emotion, part waste curiosity. It only mocks me. I have some hope of that puma. I have worked hard at her head and brain—

“And now,” said he, standing up after a long gap of silence, during which we had each pursued our own thoughts, “what do you think? Are you in fear of me still?”

I looked at him, and saw but a white-faced, white-haired man, with calm eyes. Save for his serenity, the touch almost of beauty that resulted from his set tranquillity and his magnificent build, he might have passed muster among a hundred other comfortable old gentlemen. Then I shivered. By way of answer to his second question, I handed him a revolver with either hand.

“Keep them,” he said, and snatched at a yawn. He stood up, stared at me for a moment, and smiled. “You have had two eventful days,” said he. “I should advise some sleep. I’m glad it’s all clear. Good-night.” He thought me over for a moment, then went out by the inner door.

I immediately turned the key in the outer one. I sat down again; sat for a time in a kind of stagnant mood, so weary, emotionally, mentally, and physically, that I could not think beyond the point at which he had left me. The black window stared at me like an eye. At last with an effort I put out the light and got into the hammock. Very soon I was asleep.