en-fr  THREE MEN IN A BOAT by JEROME K. JEROME. CHAPTER II.
TROIS HOMMES DANS UN BATEAU de JEROME K. JEROME

CHAPITRE II
Nous avons déplié les cartes et arrêté nos plans.
Nous avions prévu de partir le samedi suivant depuis Kingston. Harris et moi allions descendre le matin et prendre le bateau jusqu'à Chertsey et George, qui ne pouvait quitter la City avant l'après-midi (George va dormir à la banque de dix heures du matin jusqu'à seize heures, sauf le samedi où il est réveillé et mis dehors à quatorze heures), nous y retrouverait.
Allions-nous camper à la belle étoile ou dormir à l'auberge ?
George et moi étions pour le camping. Nous disions que ce serait si sauvage, si libre, à l'ancienne.
Lentement, le souvenir doré de l'astre solaire éteint s'efface du cœur des nuages froids et tristes. Silencieux, comme des enfants en peine, les oiseaux ont cessé de chanter, et seul le cri plaintif de la poule d'eau et le dur croassement du râle des marais font vibrer le silence autour du lit des eaux, où les dernières lueurs du jour expirent.
De la sombre forêt qui enserre les deux rives, l'armée fantomatique de la Nuit, ombres grises, sort en rampant silencieusement pour chasser l'arrière-garde de la lumière et passer, pieds nus silencieux, au-dessus des herbes aquatiques ondulantes et parmi les soupirs des roseaux ; et la Nuit, sur son trône sombre, déplie ses ailes noires au-dessus du monde obscur et, depuis son palais fantôme, éclairé par les pâles étoiles, elle règne dans le calme.
Alors nous dirigeons notre bateau vers un coin tranquille, nous montons la tente et un frugal repas est préparé et avalé. Ensuite, nous bourrons et allumons nos pipes et notre agréable conversation prend une tonalité musicale pendant que, lorsque nous nous taisons, la rivière ondoyant autour du bateau, racontant d'étranges histoires et secrets, chante tout bas une vieille ritournelle enfantine qu'elle chante depuis des milliers d'années.... et chantera pendant des milliers d'autres à venir, avant que sa voix ne devienne dure et éraillée... une mélodie que nous, qui avons appris à aimer son visage changeant, qui avons si souvent trouvé refuge sur ses rives généreuses, pensons comprendre, d'une certaine manière, bien que nous ne serions pas capable de vous narrer en quelques mots simples l'histoire que nous écoutons.
Assis là sur la rive, tandis que la lune, amoureuse elle aussi, se penche pour lui donner un chaste baiser et l'enserre de ses bras d'argent, nous le regardons couler, chantant, chuchotant sans cesse, à la rencontre de sa reine, la mer, jusqu'à ce que nos voix et nos pipes s'éteignent peu à peu, et que nous, jeunes hommes banals, nous sentions étrangement envahis de pensées, tantôt tristes, tantôt douces, sans que cela nous inquiète ou nous incite à parler... jusqu'à ce que nous riions de bon cœur et, en nous levant, secouions les cendres de nos pipes consumées et nous souhaitions une bonne nuit, alors, bercés par le clapotis de l'eau et le bruissement des arbres, nous nous endormons sous les grandes étoiles muettes et rêvons que la terre est redevenue jeune, jeune et charmante comme elle l'était auparavant, avant que les siècles d'inquiétude et de préoccupations n'aient ravagé son beau visage, avant que les péchés et les folies de ses enfants n'aient tourmenté son cœur aimant... douce comme elle l'était dans ces temps passés où, jeune maman, elle nous a abreuvés, nous ses enfants, à son sein fécond, avant que les stratagèmes de la civilisation artificieuse ne nous aient attirés loin de ses tendres bras, et que les ricanements empoisonnés du monde artificiel ne nous aient fait tourner le dos à la vie simple que nous menions avec elle, et à la maison simple et majestueuse où l'humanité est née il y a des milliers et des milliers d'années.
— Et on fait quoi s'il pleut ? a laissé tomber Harris
Rien ne peut enthousiasmer Harris. Harris est imperméable à la poésie : aucun désir ardent pour l'inaccessible. Harris ne « pleure jamais, ne sachant pas pourquoi ». Si les yeux de Harris se remplissent de larmes, vous pouvez parier que c'est parce que Harris a mangé des oignons crus, ou a mis trop de sauce Worcester sur sa côtelette.
Si vous vous trouvez vous la nuit au bord de la mer avec Harris et disiez : « Ecoute ! N'entends-tu pas ? Est-ce le chant des sirènes montant des profondeurs marines, ou des chants funèbres, entonnés par des esprits attristés, pour les dépouilles décharnées retenues prisonnières des algues ? Harris te prendrait par le bras et dirait : « Je sais ce que c'est, mon vieux, tu as pris froid. Maintenant, viens avec moi. Je connais un endroit au coin de la rue où l'on peut se faire servir une rasade du meilleur whisky écossais que l'on n'ait jamais goûté... en un rien de temps ».
Harris connaît toujours un endroit au coin de la rue où vous pouvez trouver quelque chose d'exceptionnel en matière de boisson. Je crois que si vous rencontriez Harris au Paradis (en supposant qu'une telle chose soit possible), il vous accueillerait immédiatement en vous disant : « Heureux que tu sois venu, mon vieux, j'ai dégotté un chouette endroit au coin de la rue, où tu pourras déguster un nectar de première classe ».
Toutefois ici, à propos de dormir à la belle étoile, sa vision pratique de la question ne manquait pas de pertinence. Camper sous le crachin n'a rien d'agréable.
C'est le soir. Vous êtes trempés, il y a au moins cinq centimètres d'eau dans le bateau et toutes les affaires sont mouillées. Vous trouvez un endroit sur la rive un rien moins boueux que les autres endroits que vous avez vus, vous amarrez le bateau et trimballez la tente et les deux autres commencent à la monter.
Elle est dégoulinante, lourde, toute molle, elle vous retombe dessus, s'abat sur votre tête et vous rend fou furieux. La pluie dégringole sans arrêt. Ce n'est déjà pas simple de monter une tente par temps sec, quand il pleut c'est un vrai travail herculéen. Plutôt que de vous aider, vous avez l'impression que l'autre gars ne fait que des conneries. À peine êtes-vous parvenu à fixer convenablement votre côté qu'il tire du sien et tout dégringole.
« Hé ! qu'est-ce que tu fiches ? ” vous lui criez.
« Et toi, qu'est-ce que tu fiches » il répond, « tu peux t'y mettre maintenant ?»
Vous criez, « Ne tire pas, tu fais tout de travers, tu es un crétin !».
— Non, même pas vrai, il braille en retour, toi, donne du mou !
Vous rugissez « je te dis que, toi, tu fais tout de travers » en souhaitant vous en prendre à lui, et vous tirez un grand coup sur vos cordes ce qui arrache tous les piquets de son côté.
— Ah, le crétin de la Tamise, l'entendez-vous marmonner dans sa barbe, puis à la suite d'un violent à-coup tout votre côté part en quenouille. Vous posez le maillet et commencez à faire le tour de la tente pour lui dire ce que vous pensez de tout ce fourbi, et au même moment, tournant dans le même sens que vous, il vient vous expliquer son point de vue. Et vous vous poursuivez en vous mordant la queue, vous abreuvant d'injures, jusqu'à ce que la tente se vautre lamentablement et vous regardant enfin par-dessus le champ de ruines, tous les deux indignés, dans un même souffle, vous lâchez : « Et voilà ! qu'est-ce que je t'avais dit ? »
Pendant ce temps, le troisième homme, qui vient juste de finir d'écoper le bateau tout en remplissant ses manches de flotte et qui s’est agoni d'injures avec constance tout au long de ces dix dernières minutes, veut savoir à quel tonnerre de Brest de jeu vous jouez, et pourquoi cette putain de tente n'est pas encore montée.
Enfin, tant bien que mal, la tente s'érige et vous débarquez votre matériel. Il est illusoire d'essayer de faire un feu de bois, de sorte que vous allumez le réchaud à alcool et vous faites cercle autour.
L'eau de pluie est le principal ingrédient de votre menu du soir. Le pain est aux deux-tiers imbibé d'eau de pluie, la tourte de bœuf en est extrêmement riche, et la confiture, le beurre et le sel, ainsi que le café se sont combinés avec elle pour faire de la soupe.
Après le souper, vous constatez que votre tabac est humide et que vous ne pouvez pas fumer. Heureusement, vous avez une bouteille de cette substance qui réchauffe les cœurs et les âmes, si on en prend juste la quantité appropriée, et cela vous redonne suffisamment le goût de l'existence pour vous inciter à aller vous coucher.
Et là, dans votre sommeil, vous rêvez qu'un éléphant s'est soudain assis sur vos côtes et qu'un volcan est entré en éruption et vous a projeté au fond de la mer, l'éléphant dormant toujours paisiblement sur votre poitrine. Vous vous réveillez et comprenez que quelque chose de terrible est vraiment arrivé. Votre première impression est que la fin du monde est arrivée, puis vous réalisez que cela ne se peut pas, que ce sont des voleurs et des assassins, ou bien un incendie, et vous manifestez cette opinion selon la méthode habituelle. Personne ne vient à votre aide, cependant, ce dont vous êtes sûr c’est que des milliers de personnes vous frappent et que vous allez mourir étouffé.
Quelqu'un d'autre également semble avoir des problèmes. Vous pouvez entendre ses faibles cris venant de sous votre lit. Déterminé, en tout cas, à vendre chèrement votre peau, vous vous débattez frénétiquement en frappant à droite et à gauche avec les bras et les jambes tout en criant vigoureusement à tout moment, enfin, quelque chose flanche sous votre poids et vous vous retrouvez la tête à l'air libre. À deux pas de là, vous apercevez vaguement un voyou à moitié dévêtu, prêt à vous tuer, et vous vous préparez à lutter contre lui à la vie et à la mort, quand commence à germer l'idée que c'est peut-être Jim.
Oh ! c'est toi ? il s'exclame, vous reconnaissant au même moment.
Tout en vous frottant les yeux, vous lui répondez : « Oui, que s'est-il passé ? »
Il vous répond : « On dirait que cette putain de tente s'est effondrée. Où est Bill ? »
Alors ensemble et d'une voix forte vous appelez « Bill » et le sol sous vos pieds se soulève et remue et une voix étouffée que vous aviez entendue auparavant sort de cet amas et dit : « Peux-tu cesser de me marcher sur la tête ? »
Et Bill émerge de cet amas, une pauvre chose toute boueuse, piétinée, d'une humeur excessivement agressive... il est persuadé que nous l'avons fait exprès.
Au petit matin, vous êtes tous les trois aphones parce que vous avez attrapé un énorme rhume pendant la nuit, vous n'êtes pas à prendre avec des pincettes, et tout au long du petit déjeuner, vous vous envoyez des noms d'oiseaux en croassant.
Nous avons donc décidé que nous camperions par beau temps et que nous dormirions à l'hôtel, dans une auberge et au pub, comme des gens respectables, lorsqu'il ferait pluvieux ou que nous aurions envie de changement.
Montmorency a accueilli cette proposition alternative avec enthousiasme. Il ne trouve aucun attrait au romantisme de la solitude. Plongez-le dans une atmosphère bruyante et même un rien turbulente, et il frétille. À regarder Montmorency vous imagineriez que c'est un ange envoyé sur terre, pour une raison quelconque tenue secrète au commun des mortels, sous l'apparence d'un petit fox-terrier. Il y a dans son expression une sorte de Oh-que-le-monde-est-méchant-et-comme-je-voudrais-pouvoir-faire-quelque-chose-pour-le-rendre-meilleur-et-plus-généreux qui a fait venir les larmes aux yeux de pieuses vieilles dames et de respectueux messieurs.
Au début, quand il a commencé à vivre à mes frais, je n’avais jamais pensé que je le garderais bien longtemps. Je m'asseyais et je le regardais, assis sur le tapis et levant les yeux vers moi ; je pensais alors : « Oh, ce chien ne vivra jamais. Il sera emporté jusqu'aux cieux lumineux dans un char de feu, tel est son destin.
Mais quand j'eus casqué pour environ une douzaine de poulets qu'il avait saignés, que je l'eus traîné, grognant et se débattant, par la peau du cou, hors de cent quatorze combats de rue ; après qu’une femme en colère qui me traitait d’assassin m’eut mis sous le nez un chat crevé afin que j’y jette un œil, après que j’eus été convoqué au tribunal, par un type qui logeait à côté de chez moi, au prétexte que je possédais un chien féroce en liberté, lequel l'avait retenu prisonnier dans sa propre grange, étant trop effrayé pour oser mettre le nez dehors, et ce pendant plus de deux heures et par une nuit glaciale, et après que j’eus appris que le jardinier, que je ne connaissais ni d‘Ève ni d‘Adam, avait gagné trente shillings en pariant sur lui dans un combat clandestin contre des rats, alors je commençai à penser qu'on le laisserait peut-être rester un peu plus longtemps sur terre, après tout.
Traînailler autour des écuries, rameuter une bande de chiens parmi les plus répugnants de la ville, les mener faire des maraudes dans les quartiers louches pour se battre avec d’autres chiens peu recommandables, c’est la conception de la « vraie vie » qu'a Montmorency ; aussi, comme je l’avais fait observer auparavant, il délivra à la suggestion des auberges, des pubs, et des hôtels son approbation la plus emphatique.
Ayant ainsi réglé les modalités du coucher à la satisfaction de tous les quatre, il ne nous restait plus qu'à discuter de ce que nous devrions emporter avec nous, et nous avons commencé à nous disputer, quand Harris a dit qu'il y avait eu assez de palabres pour une nuit, et a proposé que nous sortions et que nous prenions un peu de bon temps, en disant qu'il avait trouvé un endroit, tout près d‘ici, où on pouvait vraiment se faire servir une goutte d'authentique Irlandais* qui valait assurément la peine d’être bu.
George dit qu'il avait soif (je ne l’ai jamais connu qu‘ayant toujours soif) ; et comme j'avais le pressentiment qu'un petit grog, bien chaud, avec une rondelle de citron, serait parfait pour soigner mon affection, le débat fut, d’un commun accord, ajourné à la nuit suivante ; et l'assemblée mit ses chapeaux et sortit.
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CHAPTER II.
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We pulled out the maps, and discussed plans.
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We arranged to start on the following Saturday from Kingston.
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Should we “camp out” or sleep at inns?
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George and I were for camping out.
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We said it would be so wild and free, so patriarchal like.
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Slowly the golden memory of the dead sun fades from the hearts of the cold, sad clouds.
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Harris said: “How about when it rained?
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You can never rouse Harris.
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There is no poetry about Harris—no wild yearning for the unattainable.
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If you were to stand at night by the sea-shore with Harris, and say: “Hark!
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do you not hear?
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Harris would take you by the arm, and say: “I know what it is, old man; you’ve got a chill.
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Now, you come along with me.
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Camping out in rainy weather is not pleasant.
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It is evening.
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The rain is pouring steadily down all the time.
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It is difficult enough to fix a tent in dry weather: in wet, the task becomes herculean.
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Instead of helping you, it seems to you that the other man is simply playing the fool.
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Just as you get your side beautifully fixed, he gives it a hoist from his end, and spoils it all.
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“Here!
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what are you up to?” you call out.
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“What are you up to?” he retorts; “leggo, can’t you?
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“Don’t pull it; you’ve got it all wrong, you stupid ass!” you shout.
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“No, I haven’t,” he yells back; “let go your side!
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what did I tell you?
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At last, somehow or other, it does get up, and you land the things.
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Rainwater is the chief article of diet at supper.
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After supper, you find your tobacco is damp, and you cannot smoke.
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You wake up and grasp the idea that something terrible really has happened.
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Somebody else seems in trouble, too.
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You can hear his faint cries coming from underneath your bed.
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“Oh, it’s you, is it?” he says, recognising you at the same moment.
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“Yes,” you answer, rubbing your eyes; “what’s happened?
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“Bally tent’s blown down, I think,” he says.
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“Where’s Bill?
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We therefore decided that we would sleep out on fine nights; and hotel it, and inn it, and pub.
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it, like respectable folks, when it was wet, or when we felt inclined for a change.
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Montmorency hailed this compromise with much approval.
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He does not revel in romantic solitude.
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Give him something noisy; and if a trifle low, so much the jollier.
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When first he came to live at my expense, I never thought I should be able to get him to stop long.
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He will be snatched up to the bright skies in a chariot, that is what will happen to him.
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THREE MEN IN A BOAT
by
JEROME K JEROME.

CHAPTER II.
We pulled out the maps, and discussed plans.
We arranged to start on the following Saturday from Kingston. Harris and I would go down in the morning, and take the boat up to Chertsey, and George, who would not be able to get away from the City till the afternoon (George goes to sleep at a bank from ten to four each day, except Saturdays, when they wake him up and put him outside at two), would meet us there.
Should we “camp out” or sleep at inns?
George and I were for camping out. We said it would be so wild and free, so patriarchal like.
Slowly the golden memory of the dead sun fades from the hearts of the cold, sad clouds. Silent, like sorrowing children, the birds have ceased their song, and only the moorhen’s plaintive cry and the harsh croak of the corncrake stirs the awed hush around the couch of waters, where the dying day breathes out her last.
From the dim woods on either bank, Night’s ghostly army, the grey shadows, creep out with noiseless tread to chase away the lingering rear-guard of the light, and pass, with noiseless, unseen feet, above the waving river-grass, and through the sighing rushes; and Night, upon her sombre throne, folds her black wings above the darkening world, and, from her phantom palace, lit by the pale stars, reigns in stillness.
Then we run our little boat into some quiet nook, and the tent is pitched, and the frugal supper cooked and eaten. Then the big pipes are filled and lighted, and the pleasant chat goes round in musical undertone; while, in the pauses of our talk, the river, playing round the boat, prattles strange old tales and secrets, sings low the old child’s song that it has sung so many thousand years—will sing so many thousand years to come, before its voice grows harsh and old—a song that we, who have learnt to love its changing face, who have so often nestled on its yielding bosom, think, somehow, we understand, though we could not tell you in mere words the story that we listen to.
And we sit there, by its margin, while the moon, who loves it too, stoops down to kiss it with a sister’s kiss, and throws her silver arms around it clingingly; and we watch it as it flows, ever singing, ever whispering, out to meet its king, the sea—till our voices die away in silence, and the pipes go out—till we, common-place, everyday young men enough, feel strangely full of thoughts, half sad, half sweet, and do not care or want to speak—till we laugh, and, rising, knock the ashes from our burnt-out pipes, and say “Good-night,” and, lulled by the lapping water and the rustling trees, we fall asleep beneath the great, still stars, and dream that the world is young again—young and sweet as she used to be ere the centuries of fret and care had furrowed her fair face, ere her children’s sins and follies had made old her loving heart—sweet as she was in those bygone days when, a new-made mother, she nursed us, her children, upon her own deep breast—ere the wiles of painted civilization had lured us away from her fond arms, and the poisoned sneers of artificiality had made us ashamed of the simple life we led with her, and the simple, stately home where mankind was born so many thousands years ago.
Harris said: “How about when it rained?
You can never rouse Harris. There is no poetry about Harris—no wild yearning for the unattainable. Harris never “weeps, he knows not why.” If Harris’s eyes fill with tears, you can bet it is because Harris has been eating raw onions, or has put too much Worcester over his chop.
If you were to stand at night by the sea-shore with Harris, and say: “Hark! do you not hear? Is it but the mermaids singing deep below the waving waters; or sad spirits, chanting dirges for white corpses, held by seaweed? Harris would take you by the arm, and say: “I know what it is, old man; you’ve got a chill. Now, you come along with me. I know a place round the corner here, where you can get a drop of the finest Scotch whisky you ever tasted—put you right in less than no time.
Harris always does know a place round the corner where you can get something brilliant in the drinking line. I believe that if you met Harris up in Paradise (supposing such a thing likely), he would immediately greet you with:
“So glad you’ve come, old fellow; I’ve found a nice place round the corner here, where you can get some really first-class nectar.
In the present instance, however, as regarded the camping out, his practical view of the matter came as a very timely hint. Camping out in rainy weather is not pleasant.
It is evening. You are wet through, and there is a good two inches of water in the boat, and all the things are damp. You find a place on the banks that is not quite so puddly as other places you have seen, and you land and lug out the tent, and two of you proceed to fix it.
It is soaked and heavy, and it flops about, and tumbles down on you, and clings round your head and makes you mad. The rain is pouring steadily down all the time. It is difficult enough to fix a tent in dry weather: in wet, the task becomes herculean. Instead of helping you, it seems to you that the other man is simply playing the fool. Just as you get your side beautifully fixed, he gives it a hoist from his end, and spoils it all.
“Here! what are you up to?” you call out.
“What are you up to?” he retorts; “leggo, can’t you?
“Don’t pull it; you’ve got it all wrong, you stupid ass!” you shout.
“No, I haven’t,” he yells back; “let go your side!
“I tell you you’ve got it all wrong!” you roar, wishing that you could get at him; and you give your ropes a lug that pulls all his pegs out.
“Ah, the bally idiot!” you hear him mutter to himself; and then comes a savage haul, and away goes your side. You lay down the mallet and start to go round and tell him what you think about the whole business, and, at the same time, he starts round in the same direction to come and explain his views to you. And you follow each other round and round, swearing at one another, until the tent tumbles down in a heap, and leaves you looking at each other across its ruins, when you both indignantly exclaim, in the same breath:
“There you are! what did I tell you?
Meanwhile the third man, who has been baling out the boat, and who has spilled the water down his sleeve, and has been cursing away to himself steadily for the last ten minutes, wants to know what the thundering blazes you’re playing at, and why the blarmed tent isn’t up yet.
At last, somehow or other, it does get up, and you land the things. It is hopeless attempting to make a wood fire, so you light the methylated spirit stove, and crowd round that.
Rainwater is the chief article of diet at supper. The bread is two-thirds rainwater, the beefsteak-pie is exceedingly rich in it, and the jam, and the butter, and the salt, and the coffee have all combined with it to make soup.
After supper, you find your tobacco is damp, and you cannot smoke. Luckily you have a bottle of the stuff that cheers and inebriates, if taken in proper quantity, and this restores to you sufficient interest in life to induce you to go to bed.
There you dream that an elephant has suddenly sat down on your chest, and that the volcano has exploded and thrown you down to the bottom of the sea—the elephant still sleeping peacefully on your bosom. You wake up and grasp the idea that something terrible really has happened. Your first impression is that the end of the world has come; and then you think that this cannot be, and that it is thieves and murderers, or else fire, and this opinion you express in the usual method. No help comes, however, and all you know is that thousands of people are kicking you, and you are being smothered.
Somebody else seems in trouble, too. You can hear his faint cries coming from underneath your bed. Determining, at all events, to sell your life dearly, you struggle frantically, hitting out right and left with arms and legs, and yelling lustily the while, and at last something gives way, and you find your head in the fresh air. Two feet off, you dimly observe a half-dressed ruffian, waiting to kill you, and you are preparing for a life-and-death struggle with him, when it begins to dawn upon you that it’s Jim.
“Oh, it’s you, is it?” he says, recognising you at the same moment.
“Yes,” you answer, rubbing your eyes; “what’s happened?
“Bally tent’s blown down, I think,” he says. “Where’s Bill?
Then you both raise up your voices and shout for “Bill!” and the ground beneath you heaves and rocks, and the muffled voice that you heard before replies from out the ruin:
“Get off my head, can’t you?
And Bill struggles out, a muddy, trampled wreck, and in an unnecessarily aggressive mood—he being under the evident belief that the whole thing has been done on purpose.
In the morning you are all three speechless, owing to having caught severe colds in the night; you also feel very quarrelsome, and you swear at each other in hoarse whispers during the whole of breakfast time.
We therefore decided that we would sleep out on fine nights; and hotel it, and inn it, and pub. it, like respectable folks, when it was wet, or when we felt inclined for a change.
Montmorency hailed this compromise with much approval. He does not revel in romantic solitude. Give him something noisy; and if a trifle low, so much the jollier. To look at Montmorency you would imagine that he was an angel sent upon the earth, for some reason withheld from mankind, in the shape of a small fox-terrier. There is a sort of Oh-what-a-wicked-world-this-is-and-how-I-wish-I-could-do-something-to-make-it-better-and-nobler expression about Montmorency that has been known to bring the tears into the eyes of pious old ladies and gentlemen.
When first he came to live at my expense, I never thought I should be able to get him to stop long. I used to sit down and look at him, as he sat on the rug and looked up at me, and think: “Oh, that dog will never live. He will be snatched up to the bright skies in a chariot, that is what will happen to him.
But, when I had paid for about a dozen chickens that he had killed; and had dragged him, growling and kicking, by the scruff of his neck, out of a hundred and fourteen street fights; and had had a dead cat brought round for my inspection by an irate female, who called me a murderer; and had been summoned by the man next door but one for having a ferocious dog at large, that had kept him pinned up in his own tool-shed, afraid to venture his nose outside the door for over two hours on a cold night; and had learned that the gardener, unknown to myself, had won thirty shillings by backing him to kill rats against time, then I began to think that maybe they’d let him remain on earth for a bit longer, after all.
To hang about a stable, and collect a gang of the most disreputable dogs to be found in the town, and lead them out to march round the slums to fight other disreputable dogs, is Montmorency’s idea of “life;” and so, as I before observed, he gave to the suggestion of inns, and pubs., and hotels his most emphatic approbation.
Having thus settled the sleeping arrangements to the satisfaction of all four of us, the only thing left to discuss was what we should take with us; and this we had begun to argue, when Harris said he’d had enough oratory for one night, and proposed that we should go out and have a smile, saying that he had found a place, round by the square, where you could really get a drop of Irish worth drinking.
George said he felt thirsty (I never knew George when he didn’t); and, as I had a presentiment that a little whisky, warm, with a slice of lemon, would do my complaint good, the debate was, by common assent, adjourned to the following night; and the assembly put on its hats and went out.