en-fr  The People Keeping Bees on Paris’s Most Famous Landmarks
Des gens élèvent des abeilles sur les monuments les plus célèbres de Paris.

Les abeilles font du miel sur les toits de Notre Dame et du musée d'Orsay.

de Courtney Lichterman, Atlas Obscura, 10 août 2018.

L'histoire de Jean Paucton, l'apiculteur parisien, se lit comme un croisement entre un livre pour enfants et une légende urbaine. Cela commence dans les années 1980, lorsque l'apiculteur novice—qui est aussi le chef accessoiriste du célèbre Opéra Garnier—reçoit son premier kit d'apiculture. Surpris d'apprendre que les abeilles ne peuvent être maintenues vivantes dans une ruche scellée pendant 48 heures, il se rend compte qu'il va devoir trouver un logement temporaire jusqu'à ce qu'il puisse les conduire à leur domicile, sa maison de campagne hors de Paris.

Ensuite, un collègue de Paucton, qui avait apparemment élevé des truites à l'intérieur du célèbre réservoir de l'Opéra, lui a recommandé de placer ses ruches sur le toit de l'immeuble. Là, la ruche pourrait être ouverte et les abeilles seraient libres de bourdonner sans blesser personne. Paucton l'a fait, et il est rapidement devenu une figure prééminente de l'apiculture française, vendant son miel fait maison dans la boutique du théâtre à côté de porte-clés souvenirs et d'enregistrements de « Carmen ». Bien qu'il ait enlevé ses ruches des toits de l'Opéra en 2013, il semble avoir contribué à rendre l'apiculture sur les toits des monuments parisiens attractive.

Depuis lors, les apiculteurs parisiens ont discrètement gardé des centaines de ruches sur les toits de certains des édifices les plus célèbres de Paris, souvent sans que le grand public en ait connaissance. L'Opéra Garnier, le musée d'Orsay, l'École militaire, Notre-Dame, le Grand Palais et l'Institut de France ne sont que quelques-uns des principaux monuments où les apiculteurs de la région élèvent leurs colonies. Les bâtiments privés, tels que la célèbre bijouterie Boucheron et La Tour d'Argent (le restaurant qui prétend avoir introduit la fourchette en France), permettent également aux apiculteurs de pratiquer leur métier ou activité sur leurs toits.

« Chaque site est différent », explique Audric de Campeau, apiculteur du Miel de Paris dans un courriel. « Pour la plupart d’entre eux, surtout au début, je les ai approchés et leur ai demandé. Pour certains d'entre eux, je me suis contenté d'une poignée de main, pour d'autres, d'un contrat. » Cela dit, la pratique croissante n'est pas sans obstacles. Plus l'apiculture est populaire, plus elle est réglementée et les apiculteurs des villes modernes sont confrontés à une bureaucratie démodée.

Comme beaucoup de ces ruches sont situées en hauteur sur des toits qui sont propriétés publiques, la paperasse et la bureaucratie deviennent un véritable frein, si ce n'est une dissuasion pure et simple pour les autres apiculteurs. « Il est beaucoup plus rapide et facile de traiter avec des entreprises privées qui, de plus, achètent souvent le miel récolté dans leur établissement », écrit Bruno Petit, de Un Apiculteur Près De Chez Vous. « Le secteur public n'a que des inconvénients ». Ceci dit, l'apiculture a incontestablement la cote. Selon Mathilde Wadoux, responsable des relations publiques pour l'un de ces sites apicoles, le Grand Palais, il y avait environ 300 ruches à Paris au début de cette décennie, alors qu'il y en a plus de 700 aujourd'hui.

Mais l'empressement des gens à devenir des apiculteurs urbains a également posé son proper lot de problèmes. « Certains quartiers de Paris et de Montreuil sont totalement saturés en ruches », ajoute Petit. « Cela représente un risque de famine pour les ruches de ces quartiers. La flore ne suffit plus à les nourrir. » Et puis, il y a la question des abeilles elles-mêmes. Petit se rappelle comment certains de ses apiculteurs ont été invités à enlever leurs ruches du toit du Fouquet's, l'un des restaurants les plus célèbres de la ville, lorsque leurs abeilles ont commencé à boire dans les vases de fleurs qui ornaient les tables du restaurant. Petit dit que l’Institut Pasteur lui a demandé de retirer ses abeilles d’un toit quand elles ont été trouvées en train de boire de l’eau stagnante. Étonnamment, la pollution n’est pas un problème pour les apiculteurs parisiens et, comme le note Petit, la pollution de l’air ne semble pas affecter la qualité du miel urbain. « Nous avons eu des ruches sur les toits de deux magasins Monoprix à Paris », ajoute-t-il. « À chaque récolte (sur une période de trois ans), ils ont analysé environ 30 polluants et n'ont rien trouvé d'anormal dans le miel. » Les abeilles urbaines ont tendance à être plus performantes, produisant des rendements de miel plus élevés que leurs congénères rurales. On pense que cela est dû au fait que les abeilles parisiennes se nourrissent principalement de fleurs de jardinières, de feuillages en terrasse et de flore dans les parcs locaux. Cela signifie qu'ils ne sont pas en contact avec les mêmes pesticides néonicotinoïdes auxquels leurs cousines de la campagne ont été exposées pendant des années. Un autre facteur est la température de la ville, qui tend à être légèrement supérieure à celle des zones rurales environnantes.

Fidèle à elle-même, Paris propose également à ses abeilles une variété exceptionnelle d'options de repas, ce qui contribue grandement à l'augmentation de la production. « La différence de rendement provient principalement de la diversité florale à Paris », dit M. Petit. « Sur les terrasses parisiennes, on trouve des orangers, du jasmin et d’autres plantes exotiques ». On dit aussi que cette diversité est à l’origine du goût inhabituel du miel produit à Paris que les gens ont comparé à la cerise et au malabar.

Malheureusement, alors que les rendements sont élevés, les prix le sont aussi. Bien que les abeilles parisiennes soient des productrices de miel plus prolifiques, elles sont moins nombreuses qu'à la campagne. Ce qui signifie que le miel de la ville peut coûter environ 122 euros le kilo, ou environ 65 dollars la livre En comparaison, le coût moyen du miel de haute qualité produit à la campagne s’élève à environ 23 à 50 euros le kilo (ou environ 12 à 23 dollars la livre).

Au cours des dernières années, le miel de la ville est passé du rang de nouveauté dans les boutiques de cadeaux à celui de valeur sûre dans la culture parisienne, un phénomène qui se reflète par son entrée dans les salles à manger notoirement respectées et raffinées de la ville. De Campeau a travaillé avec Guy Savoy et Thierry Marx, et en 2016, le chef étoilé Michelin, Jérôme Banctel a commencé à intégrer son miel dans les plats qu'il sert dans les restaurants de l'hôtel La Réserve. « Les parisiens aiment de plus en plus acheter des produits locaux », déclare M. de Campeau. « Et le miel est vraiment délicieux, ce n'est pas une affaire de marketing ... c'est une reconnaissance prestigieuse de notre travail. » Cette reconnaissance n'est pas un mince exploit dans une ville qui compte des rayons entiers de supermarchés consacrés au miel. Les visiteurs de La Grande Épicerie de Paris au Bon Marché, un magasin qui est à l'alimentation ce qu’une salle d’exposition est aux voitures, peuvent maintenant trouver des variétés de miel locales sur les étagères. L'an dernier, le grand magasin Au Printemps a installé des ruches sur ses toits et prévoit de vendre son miel au Printemps du Goût, son nouveau departement gastronomique dédié aux produits alimentaires français.

L'engouement est complet puisque l'abeille est un symbole de la France depuis que Napoléon l'a adoptée comme emblème personnel. Le minuscule insecte orne tout, de la façade du musée du Louvre aux flacons de parfum de Guerlain, une maison de parfum française qui a lancé en 2017 l'Université des abeilles et tenu une conférence pour discuter des populations d'abeilles en déclin et des solutions potentielles. Maintenant, grâce à des personnes très dévouées, les parisiens ont autant apprécié le miel que l'insecte emblématique qui le produit.

https://www.atlasobscura.com/articles/urban-beekeeping-in-paris?utm_source=Gastro+Obscura+Weekly+E-mail&utm_campaign=971bd30ac6-EMAIL_CAMPAIGN_2018_08_11&utm_medium=email&utm_term=0_2418498528-971bd30ac6-67195293&ct=t()&mc_cid=971bd30ac6&mc_eid=f9d06596e2
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The People Keeping Bees on Paris’s Most Famous Landmarks.
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Bees make honey on the rooftops of the Notre Dame and Musée d’Orsay.
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by Courtney Lichterman, Atlas Obscura, August 10, 2018.
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“For most of them, mostly at the beginning, I just approached them and asked.
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“This represents a risk of famine for the hives of these neighborhoods.
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“We had hives on the roofs of two Monoprix stores in Paris,” he adds.
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Unfortunately, while the yields are high, so are the prices.
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“Parisians love more and more to buy local,” de Campeau says.
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The People Keeping Bees on Paris’s Most Famous Landmarks.

Bees make honey on the rooftops of the Notre Dame and Musée d’Orsay.

by Courtney Lichterman, Atlas Obscura, August 10, 2018.

The story of Jean Paucton, the Parisian beekeeper, reads like a cross between a children’s book and an urban legend. It starts in the 1980s when the novice beekeeper—who also happens to be the property master for the famed Opéra Garnier—gets his first beekeeping kit. Surprised to learn that the bees can only be kept alive in a sealed hive for 48 hours, he realizes he’s going to have to find temporary accommodations for them until he can drive them to their intended home, his country house outside Paris.

Then, a colleague of Paucton’s, who had apparently been raising trout inside the Opéra’s famed reservoir, recommended he keep the bees on the building’s roof. There, the hive could be opened and the bees would be free to buzz around without hurting anyone. Paucton did, and he soon became a preeminent figure of the French beekeeping set, selling his homemade honey in the theater’s gift shop alongside souvenir keychains and recordings of “Carmen.” Although he packed up his Opéra rooftop hives in 2013, he seems to have helped make beekeeping on the roofs of Paris landmarks a bit of a thing.

Since then, Parisian beekeepers, or apiculteurs, have quietly kept hundreds of hives on the rooftops of some of the most famous buildings in Paris—often without the general public knowing anything about it. The Opéra Garnier, the Musée d’Orsay, the École Militaire, Notre Dame, the Grand Palais, and the Institut de France are just a handful of major monuments where area beekeepers raise their colonies. Privately owned buildings, such as the famed jewelry store Boucheron and La Tour d’Argent (the restaurant that claims to have introduced the fork to the French), also allow beekeepers to practice their métier, or job, on their roofs.

“Each site is different,” Audric de Campeau, a beekeeper of Le Miel de Paris (The Honey of Paris) explains in an email. “For most of them, mostly at the beginning, I just approached them and asked. For some of them I just have a handshake, for some others, a contract.” That said, the growing practice is not without its obstacles. The more popular beekeeping becomes, the more regulated it gets, and modern-day urban beekeepers are encountering old-fashioned bureaucracy.

As many of the marquee hives are situated on publicly owned rooftops, paperwork and red tape are becoming a serious nuisance, if not an outright deterrent for other beekeepers to join the fold. “It is much faster and easier to deal with private companies, who in addition often buy crops made on their establishment,” writes Bruno Petit, of Un Apiculteur Près Chez Vous (A Beekeeper Near You). “The public sector has only disadvantages.” That said, beekeeping is unquestionably on the upswing. According to Mathilde Wadoux, a PR representative for one of these beekeeping landmarks, the Grand Palais, there were approximately 300 hives in Paris at the start of this decade, while there are over 700 today.

But people’s eagerness to become urban beekeepers has also posed its own set of problems. “Certain districts of Paris and Montreuil are totally saturated in hives,” Petit adds. “This represents a risk of famine for the hives of these neighborhoods. The flora is no longer sufficient to feed [them].”

And then there’s the question of the bees themselves. Petit recalls how some of his fellow beekeepers were asked to remove hives from the roof of Fouquet’s, one of the city’s most famous restaurants, when their bees started drinking out of the flower vases adorning dining tables. Petit says he was asked by the Pasteur Institute to take his bees off a roof when they were found drinking stagnant water. Surprisingly, pollution isn’t an issue for Parisian beekeepers and, as Petit notes, air pollution doesn’t appear to affect urban honey’s quality. “We had hives on the roofs of two Monoprix stores in Paris,” he adds. “For each crop (over a period of three years), they analyzed about 30 pollutants and found nothing abnormal in the honey.”

Urban bees tend to be overachievers, producing higher honey yields than their rural counterparts. This is thought to be due to the fact that Parisian bees feed mostly on window box flowers, apartment terrace foliage, and flora in local parks. That means they’re not privy to the same neonicotinoid pesticides that their country cousins have been exposed to for years. Another factor is the city temperature, which tends to run slightly higher than surrounding rural areas.

True to form, Paris also offers its bees an exceptional variety of meal options, which greatly contributes to the increase in production. “The difference in yield comes mainly from the floral diversity in Paris,” Petit says. “Orange trees, jasmine, and other exotic plants can be found on the Paris terraces.” That diversity is also said to be responsible for Paris-produced honey’s unusual taste, which people have likened to cherry and bubble gum.

Unfortunately, while the yields are high, so are the prices. Although Parisian bees are more prolific honey producers, there are fewer of them than in the country. Which means that city honey can run about 122 Euros per kilogram, or approximately $65 per pound. In comparison, the average cost of high-quality honey produced in the country goes for about 23 to 50 Euros per kilogram (or around $12 to $23 per pound).

In recent years, city honey has gone from being a gift shop novelty to engrained in Parisian culture, a phenomenon that can be traced in its acceptance by the town’s notoriously revered and discerning dining rooms. De Campeau has worked with the likes of Guy Savoy and Thierry Marx, and in 2016, Michelin-starred chef Jérôme Banctel started incorporating his honey in the dishes he serves at the restaurants of La Réserve hotel. “Parisians love more and more to buy local,” de Campeau says. “And the honey is really delicious, it’s not a marketing thing … [it’s] a real prestigious recognition of our work.”

This acceptance is no small feat in a city that boasts entire supermarket aisles devoted to honey. Visitors to Le Bon Marché’s La Grande Épicerie Paris food hall, a store that is to food what a showroom is to cars, can now find local honey varieties on the shelves. The department store Au Printemps installed hives on their roofs last year and plans to sell its honey in Printemps du Goût, their new gastronomy department dedicated to French food products.

The craze comes full circle, given that the bee has been a symbol of France since Napoleon adopted it as his personal emblem. The tiny insect adorns everything from the façade of the Musée de Louvre to the perfume bottles of Guerlain, a storied French perfume house that started a “Bee University” conference in 2017 to discuss declining bee populations and potential solutions. Now, thanks to some very dedicated people, Parisians have come to value the honey as much as the iconic insect that makes it.

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