en-fr  THREE MEN IN A BOAT (to say nothing of the dog). by JEROME K JEROME. Chapter 1. Medium
PRÉFACE.
La principale beauté de ce livre ne réside pas tant dans son style littéraire ou dans la quantité et l'intérêt des informations qu'il communique que dans sa parfaite sincérité. Ces pages contiennent le récit d’évènements réellement survenus. Tout ce qui a été fait, ce fut de les mettre en lumière et ceci sans rien y ajouter. George, Harris et Montmorency ne sont pas des idéaux poétiques, mais des choses de chair et de sang - surtout George, qui pèse environ douze pierres. D'autres œuvres peuvent exceller en profondeur dans la pensée et la connaissance de la nature humaine : d'autres livres peuvent rivaliser par leur originalité et leur taille ; mais en ce qui concerne la véracité la plus déprimante et la plus implacable qui fût, rien n'a encore été publié qui puisse la dépasser. Cela, plus que tous ses autres charmes, rendra le volume précieux aux yeux du lecteur sérieux; et donnera un poids supplémentaire à la leçon que le récit délivre.
Londres, août 1889.

CHAPITRE I.
Nous étions quatre, George, William Samuel Harris, Montmorency et moi-même. Nous étions assis dans ma chambre, en train de fumer, et nous disions combien nous nous sentions mal — d'un point de vue purement médical veux-je dire, bien sûr.
Nous nous sentions tous patraque et cela nous rendait assez nerveux.. Harris dit qu'il avait parfois de telles crises de vertige qu'il savait à peine ce qu'il faisait à ces moments-là, et George dit que lui aussi avait des crises de vertige et savait à peine ce qu'il faisait alors. Pour moi, c'était le foie qui était détraqué. Je savais que c'était mon foie qui était détraqué parce que je venais de lire la posologie d'un médicament pour le foie dans laquelle étaient repris les divers symptômes qui permettaient à un homme de savoir quand son foie était malade. Je les avais tous.
C'est une chose absolument incroyable, mais je n'ai jamais lu une posologie sans être intimement convaincu de souffrir de la maladie spécifique concernée, sous sa forme la plus virulente. Le diagnostic semblait pour chaque cas correspondre exactement à l'ensemble des sensations que j'avais toujours ressenties.
Je me souviens d'être allé un jour au British Museum pour tout lire sur les traitements relatifs à un léger malaise dont je souffrais... le rhume des foins, je crois. J'ai pris le livre et lu tout ce que j'étais venu lire, puis, sans trop y penser, j'ai tourné les pages et, nonchalamment, j'ai commencé à étudier les maladies en général. J'ai oublié le nom de la première maladie sur laquelle j'étais tombé... un fléau effrayant et dévastateur, je m'en souviens... et, avant d'avoir jeté un œil à la moitié de la liste des "signes avant-coureurs", il m'était clairement apparu que je l'avais sans aucun doute contractée.
Je me suis assis un moment, pétrifié d'horreur, puis, au comble du désespoir, je me remis à tourner les pages. J'ai tourné les pages jusqu'à la fièvre typhoïde... j'ai lu les symptômes... et découvert que j'avais la fièvre typhoïde, que je devais l'avoir depuis des mois, sans le savoir... je me suis demandé ce que j'avais d'autre, j'ai continué ma lecture jusqu'à la danse de Saint-Guy et... comme je m'y attendais, je l'avais aussi... j'ai commencé à m'intéresser à mon cas, j'ai décidé de passer le livre au peigne fin, et j'ai donc repris ma lecture par ordre alphabétique... je me suis penché sur l'aphasie, j'ai découvert que j'en souffrais et que la phase aiguë commencerait dans une quinzaine de jours. Je fus soulagé de constater que je ne souffrais de la maladie de Bright que dans sa forme atténuée, et que dans mon cas, je pourrais encore vivre des années. J'avais le choléra avec des complications graves et la diphtérie, semble-t-il, depuis la naissance. Je parcourus consciencieusement les vingt-six lettres, et arrivai à la conclusion que la seule chose dont je ne souffrais pas c'était la maladie des cireuses de parquet.
J'en fus d'abord un peu offusqué, cela semblait être comme un affront. Pourquoi n'avais-je pas les genoux cagneux ? Pourquoi ce manque injuste ? Cependant, après un moment, des sentiments moins négatifs refirent surface. Je songeai que j'avais toutes les maladies reprises dans la pharmacopée, je décidai de me montrer moins égoïste et de faire une croix sur les genoux cagneux. Sans m'en rendre compte, je souffrais, semble-t-il, de la goutte dans sa forme la plus maligne et de la maladie zymotique, manifestement depuis l'enfance. La maladie zymotique était la dernière de la liste, j'en conclus donc que je ne souffrais pas d'autres maux.
Je m'assis et réfléchis. Je pensai quel cas intéressant je devais être d'un point de vue médical, comme je devrais intéresser une classe de médecine ! Avec moi sous la main, les étudiants n'auraient plus à courir les hôpitaux. J'étais un hôpital à moi tout seul. Tout ce qu'ils auraient à faire ce serait de me tourner autour, et ensuite de passer leur examen.
Puis je me suis demandé combien de temps il me restait à vivre. Je tentai de m'ausculter. Je pris mon pouls. Au début, je n'arrivai pas du tout à le prendre. Puis tout à coup, je le sentis. Je sortis ma montre et mesurai le temps. Le pouls montait à cent quarante-sept battements par minute. Je tentai de sentir mon cœur. Je n'y arrivai pas. Il avait cessé de battre. Depuis, j'ai été amené à penser qu'il devait avoir été là depuis toujours et qu'il devait nécessairement battre, mais je n'en ai aucune preuve. Je me suis palpé partout sur le devant du corps, de ce que j'appelle ma taille jusqu'à la tête, et j'ai exploré un peu de chaque côté, et un peu également le haut du dos. Mais je n'ai rien senti ni entendu. J'ai entrepris d'examiner ma langue. Je l'ai tirée autant que possible, j'ai fermé un œil et j'ai essayé de l'examiner avec l'autre. Je ne pouvais en voir que le bout, et la seule chose que j'ai pu en tirer ce fut de renforcer, plus que jamais, la conviction que j'étais atteint de la scarlatine.
J'étais entré dans cette salle de lecture heureux et en bonne santé. J'en sortais comme une épave décrépite.
Je suis allé chez mon médecin. C'est un vieux copain ; quand je crois que je suis malade, il prend mon pouls, regarde ma langue, et parle de la pluie et du beau temps, pour pas un rond ; alors j'ai pensé que je lui jouerais un bon tour en allant le voir maintenant. — Ce dont un docteur a besoin, ai-je dit, c'est de pratiquer son art. Je vais lui faire don de ma personne. Il aura plus de pratique avec moi qu'avec dix-sept cents de ces patients ordinaires et banals, qui n'ont qu'une ou deux pathologies chacun. Alors j'ai filé droit chez lui pour le consulter et il m'a dit : « Eh bien, qu'est-ce qui t'amène ? »
J'ai répondu : « Je ne vais pas te faire perdre ton temps, mon vieux, en te racontant tout ce qui va de travers chez moi. La vie est courte et tu risquerais de passer l'arme à gauche avant que j'en aie fini. Mais je vais te dire ce qui ne va pas de travers. Je n'ai pas la maladie des cireuses de parquet. Pourquoi je n'ai pas la maladie des cireuses de parquet ? je ne puis te le dire, mais le fait est là : je ne l'ai pas. En revanche, tout le reste, je l'ai. » Et je lui ai raconté comment j'avais fait cette découverte.
Puis il a commencé à m'ausculter et il a levé les yeux au ciel, il m'a saisi le poignet et à un moment où je ne m'y attendais pas, il m'a frappé sur la poitrine — j'appelle ça une belle traîtrise — et aussitôt après, il y a apposé son oreille. Après cela, il s'est assis et a rédigé une ordonnance, l'a pliée et me l'a donnée ; je l'ai mise dans ma poche et je suis sorti.
Je ne l'ai pas ouverte. Je l'ai apportée au pharmacien le plus proche et je la lui ai tendue. L'homme l'a lue et me l'a rendue.
Il m'a dit qu'il ne pouvait pas me satisfaire.
— Vous êtes pharmacien ? lui ai-je demandé.
— Je suis pharmacien, a-t-il répondu. Si je gérais conjointement une épicerie coopérative et une pension de famille, je pourrais peut-être vous obliger. Être seulement pharmacien me gêne.
Je lus l'ordonnance. Elle prescrivait : — 1 livre de steak de boeuf, avec 1 pinte de bière amère toutes les 6 heures.
Une marche de seize kilomètres chaque matin.
Coucher à 11 heures tapantes chaque soir.
Et ne vous bourrez pas le crâne de choses que vous ne comprenez pas.

Je suivis les instructions, avec le résultat heureux —pour ma part — que ma vie fut préservée et continue de l'être.
Pour en revenir à la notice d'utilisation de la pilule pour le foie, j'avais tous les symptômes, absolument sans aucun doute, le plus important d'entre eux étant « une réticence générale à effectuer le moindre travail de quelque nature qu'il soit. »
Il n'existe pas de mots pour décrire ma souffrance à ce sujet. Dès ma plus tendre enfance, j'ai enduré le martyre. Un peu plus grand, la maladie ne m'a presque jamais quitté, fût-ce une journée. On ne savait pas, alors, que c'était le foie. La science médicale était beaucoup moins avancée qu'aujourd'hui, et on avait l'habitude d'accuser la paresse.
On disait : « Mais, tu tires au flanc petit démon, debout ! ne vas-tu jamais rien faire de ta vie ? » sans savoir, bien sûr, que j'étais malade. Et on ne m'a pas administré de pilules mais des taloches sur le sommet du crâne. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, ces taloches sur la tête me guérissaient souvent... sur le moment. J'ai vite compris qu'une taloche sur le crâne avait plus d'effet sur mon foie et me rendait plus désireux d'aller de l'avant et d'exécuter ce qu'on attendait de moi, sans perdre un instant, que toute une boîte de pilules n'en a actuellement.
Vous savez, c'est souvent le cas, ces vieux remèdes de grand-mère sont certaines fois plus efficaces que les produits pharmaceutiques.
Nous restâmes assis pendant une demi-heure à décrire les maladies de chacun. J'expliquai à George et William Harris comment je me sentais quand je me levais le matin, et William Harris nous raconta comment il se sentait quand il allait se coucher, et George, sur le tapis devant la cheminée, nous fit une démonstration intelligente et puissante illustrant ce qu'il ressentait durant la nuit.
George imagine qu'il est malade, mais vous savez, il n'a vraiment jamais rien de grave.
C'est alors que Mme Poppets frappa à la porte pour nous demander si nous étions prêts à passer à table. Nous avons échangé des sourires tristes et lui avons répondu qu'effectivement nous ferions bien d'essayer d'avaler quelque chose. Harris dit quelques mots sur l'estomac qui souvent maintenait la maladie en échec et Mme Poppets apporta le plateau. Nous nous sommes installés à table et nous avons chipoté pour manger un peu d'onglet à l'échalote et un petit morceau de tarte à la rhubarbe.
Je devais être bien affaibli à cette époque parce que je sais qu'après environ une demi-heure, la nourriture avait cessé de m'intéresser — chose inhabituelle chez moi —, et que je n"éprouvais même pas l'envie d'un petit morceau de fromage.
Ce devoir accompli, nous avons rempli nos verres, allumé nos pipes et repris la discussion sur notre état de santé. En fait, nous ne savions pas exactement ce qui clochait chez nous, mais nous partagions tous le même avis : ce mal... quel qu'il soit ... était provoqué par le surmenage.
— Nous avons besoin de repos, dit Harris
— Du repos et un dépaysement total, ajouta George. Le surmenage intellectuel a provoqué une dépression générale dans notre organisme. Un changement d'environnement et un repos de l'esprit rétabliront notre équilibre mental.
George a un cousin, qui est généralement qualifié, dans les procès-verbaux, d'étudiant en médecine, de sorte qu'il possède naturellement comme une manière doctorale de famille pour présenter les choses.
D'accord avec George, j'ai suggéré que nous devrions chercher un endroit pittoresque et retiré, éloigné de la foule exaspérante, où nous jouirions d'une semaine ensoleillée au hasard de ses ruelles assoupies, un coin à moitié oublié, tenu caché du commun des mortels par les fées, hors de la portée du monde bruyant, un nid d'aigle perché sur les falaises du Temps, d'où les vagues déferlantes du dix-neuvième siècle sembleraient faibles et lointaines.
Harris a dit qu'il pensait que ce serait déprimant. Il a dit qu'il connaissait le genre d'endroit dont je parlais, où tout le monde est couché à vingt heures, où on ne peut trouver la Gazette sportive même pour tout l'or du monde, et où on doit faire quinze bornes à pinces pour dénicher son tabac. Translated by Oplusse • and by Francevw •
— Non, dit Harris, si nous recherchons le repos et le dépaysement, rien ne sera mieux qu'une croisière.
Je n'étais pas du tout emballé par cette croisière. Un voyage en mer est bénéfique quand vous disposez de deux ou trois mois devant vous, mais pour une semaine, ça n'en vaut pas la peine.
Vous embarquez un lundi, avec ancrée à l'esprit l'idée que vous allez bien vous amuser. Vous faites de grands signes d'adieu aux amis restés à quai, vous allumez votre meilleure pipe et vous déambulez fièrement sur le pont comme si vous étiez le capitaine Cook, Sir Francis Drake et Christophe Colomb, tout à la fois. Dès le mardi, vous regrettez d'être venu. Les mercredi, jeudi et vendredi vous regrettez de ne pas être mort. Le samedi, vous pouvez avaler un peu de bouillon de bœuf, vous asseoir sur le pont et répondre avec un faible sourire aux gens bienveillants qui vous demandent comment vous vous sentez maintenant. Le dimanche, vous recommencez à arpenter le pont et à prendre une nourriture solide. Et le lundi matin, alors que vous vous tenez près du bastingage, votre sac et votre parapluie à la main, attendant de pouvoir débarquer, vous commencez vraiment à aimer ça.
Je me souviens de mon beau-frère qui pour des raisons de santé avait entrepris une petite croisière. Il avait pris une couchette pour une croisière de Londres à Liverpool et retour, et quand il était arrivé à Liverpool, la seule chose qui lui importait, c'était de revendre son billet de retour.
Il avait parcouru toute la ville, bradant le prix de son billet, d'après ce qu'on m'a dit, et l'avait finalement vendu dix-huit pence à un jeune au teint bilieux à qui le corps médical avait conseillé de respirer l'air de la mer et de prendre de l'exercice.
« L'air de la mer ! » avait répété mon beau-frère, pressant affectueusement le billet dans sa main, « mais vous en ferez provision pour toute la vie et pour ce qui est de l'exercice ! eh bien, vous ferez plus d'exercice, assis sur ce navire, qu'en faisant des sauts périlleux sur la terre ferme.»
Mon beau-frère, quant à lui, rentra en train. Il a dit que le chemin de fer de la North-Western était bien assez sain pour lui.
Un autre homme que je connaissais a fait un voyage d'une semaine autour de la côte et, avant le départ, le steward est venu le voir pour lui demander s'il paierait à la fin de chaque repas qu'il prendrait ou s'il accepterait de payer d'avance pour les sept jours..
Le steward a recommandé ce dernier arrangement, car il reviendrait beaucoup moins cher. Il a dit qu'on lui facturerait la semaine deux livres et cinq shillings.. Pour le petit déjeuner, disait-il, il y avait du poisson suivi de grillades. Le déjeuner était à 13 heures et comportait quatre plats. Le dîner à 18 heures : soupe, poisson, entrée chaude, agneau rôti, volaille, salade, douceurs, fromage et dessert. Et un légère collation de viandes à 22 heures pour le souper.
Mon ami a pensé qu'il allait prendre la formule complète à deux livres et cinq shillings (c'est un gros mangeur) et c'est ce qu'il a fait.
Le déjeuner a été servi juste alors qu'ils se trouvaient au large de Sheerness. Il ne se sentait pas aussi affamé qu'il le pensait, il s'est donc contenté d'un peu de bœuf bouilli et de quelques fraises à la crème. L'après-midi, de nombreuses pensées l'ont agité, tantôt il lui semblait qu'il n'avait mangé que du bœuf bouilli pendant des semaines et tantôt il lui semblait qu'il n'avait vécu que de fraises et de crème depuis des années.
D'ailleurs ni le bœuf ni les fraises à la crème ne semblaient être comme des poissons dans l'eau, ni... ils semblaient plutôt comme chien et chat.
À 18 heures, on est venu lui dire que le dîner était servi. L'information n'a suscité aucun enthousiasme en lui, mais il a senti qu'il y avait une partie de ces deux livres et cinq shillings à dépenser, alors il s'est accroché aux filins et à tout ce qu'il pouvait et il est descendu au restaurant. Une agréable odeur d'oignons et de jambon chaud, mêlée à celles de poisson frit et de légumes verts, l'a accueilli au bas de l'échelle ; le steward s'est approché avec un sourire mielleux et a dit : « Qu'est-ce que monsieur prendra ? »
D'une toute petite voix, il a répondu : « Aidez-moi à remonter sur le pont. »
On l'a rapidement fait sortir, en le soutenant, on l'a déposé côté sous le vent et on l'a laissé seul.
Pendant les quatre jours suivants, il s'est nourri exclusivement de biscuits du capitaine, très minces, je veux dire que les biscuits étaient minces, pas le capitaine) et d'eau gazeuse, mais le samedi, il s'est levé et est descendu à la salle de restaurant pour prendre un thé léger et des biscottes, et le lundi, il s'est goinfré de bouillon de poule. Il quitta le navire le mardi et alors que celui-ci s'éloignait du débarcadère, il le regarda s'éloigner avec regret.
« Le voilà qui appareille, dit-il, avec à son bord deux livres de nourriture qui m'appartiennent et que je n'ai pas consommées.»
Il a dit que s'ils lui avaient donné un jour de plus, il pensait bien qu'il aurait pu rattraper son déficit.
Donc je suis opposé à cette croisière. Pas pour des raisons personnelles, comme je l'expliquai. Je n'ai jamais été patraque. Mais je m’inquiète pour George. George a dit que ça devrait aller et qu'il aimerait plutôt faire une croisière, mais il nous conseillait, à Harris et à moi, de ne pas y penser, car il était sûr que nous serions tous les deux malades. Harris a dit que, pour sa part, c'était toujours un mystère de comprendre comment certains réussissaient à avoir le mal de mer... il a dit qu'il pensait que les gens devaient le faire exprès... pour se rendre intéressants, car il avait souvent souhaité ressentir le mal de mer, mais n'y était jamais parvenu.
Puis il nous a raconté plein d'anecdotes sur la traversée de la Manche, la fois où la mer était si mauvaise qu'il avait fallu attacher les gens à leur couchette et que le capitaine et lui étaient les deux seuls à bord à ne pas être malades. Parfois c'était lui et un second qui n'étaient pas malades, mais au final c'était toujours lui et un autre gars. Et si ce n'était pas lui et un autre gars, c'était lui tout seul.
C'est un fait curieux mais jamais personne n'a le mal de mer... sur la terre ferme. En mer, vous rencontrez une foultitude de gens vraiment très malades, des bateaux entiers en sont remplis ; mais je n'ai pourtant jamais rencontré un homme, sur terre, qui ait jamais su ce que c'était que d'avoir le mal de mer. Où se cachent les milliers et les milliers de voyageurs malades qui peuplaient ces navires une fois descendus à terre ? c'est un mystère.
Si la plupart des hommes étaient comme celui que j'ai vu sur le bateau de Yarmouth un jour, je pourrais facilement expliquer cette apparente énigme. Je me souviens que c'était juste après la jetée de Southend, et il se penchait à travers l'un des hublots dans une position très dangereuse. Je suis venu à sa hauteur pour essayer de le sauver.
— Hé ! voulez-vous bien rentrer, lui dis-je en l'agrippant par l'épaule. Vous allez passer par-dessus bord.
— Oh là là ! J'aimerais autant, fut la seule réponse que j'aie pu obtenir, et j'ai dû le laisser là.
Trois semaines plus tard, je l'ai rencontré au bar d'un hôtel de Bath ; il parlait de ses voyages et expliquait avec enthousiasme combien il aimait la mer.
— Un sacré marin ! répondit-il à la question envieuse d'un gentil jeune homme, bon, je me suis senti un peu bizarre une fois, je l'avoue. Nous venions de franchir le cap Horn. Le navire a fait naufrage le lendemain matin.
Je dis : « N'était-ce pas un jour que vous étiez un peu chancelant à Southend Pier et que vous vouliez être jeté à la mer ? »
« Southend Pier ! » répondit-il avec une expression perplexe.
« Oui ; en allant à Yarmouth, voici trois semaines, un vendredi.
« Oh, ah ... oui » répondit-il en s'éclairant ; « Je me rapelle maintenant. J'avais une mal de tête cet après-midi-là. C'étaient les cornichons, vous savez. C'étaient les cornichons les plus scandaleux que j'aie jamais goûtés dans un bateau respectable. En avez-vous mangé ?
Pour ma part, j'ai découvert un excellent moyen de prévenir le mal de mer : je me balance. Vous vous tenez au milieu du pont et, à mesure que le navire se soulève et tangue, vous déplacez votre corps afin de le garder toujours bien droit. Lorsque l'avant du navire se lève, vous vous penchez en avant, jusqu'à ce que le pont touche presque votre nez ; et quand l'arrière se lève, vous vous penchez en arrière. C'est très bien pour une heure ou deux ; mais vous ne pouvez pas faire l'équilibriste pendant une semaine.
George a lancé : — Remontons le cours du fleuve !
Il a dit que nous aurions de l'air frais, de l'exercice et de la tranquillité. Le changement constant de paysage occuperait nos esprits (y compris celui d'Harris), et l'activité physique nous procurerait bon appétit et profond sommeil.
Harris a fait remarquer qu'il ne pensait pas que George devrait faire quelque chose qui aurait tendance à le rendre plus endormi qu'il ne l'avait toujours été, car cela pourrait s'avérer dangereux. Il a dit qu'il ne comprenait pas très bien comment George pourrait dormir davantage que maintenant, étant donné qu'il n'y avait que vingt-quatre heures dans une journée, été comme hiver, il pensait que s'il dormait plus longtemps, il pourrait tout aussi bien être mort, et ainsi économiser le prix de sa pension et de son logement.
Cependant, Harris a déclaré que cette balade sur le fleuve lui siérait en tous points comme la barre sied au T. Je ne vois pas de quel T il parlait (je ne connais que celui à six pence qui comprend des tartines beurrées et du cake à volonté, ce qui n'est vraiment pas cher si vous avez le ventre creux). Toutefois, cette idée plaisait à tout le monde, ce qui était une bonne chose.
Cela m'allait comme un gant aussi, et Harris et moi avons tous les deux dit que George avait eu une excellente idée, et nous l'avons dit d'un ton qui semblait sous-entendre que nous étions surpris que George ait pu trouver quelque chose d'aussi intelligent.
Le seul à ne pas être enthousiasmé par cette proposition c'était Montmorency. Il ne s'était jamais soucié de la navigation fluviale, Montmorency.
— C'est parfait pour vous, les gars, a-t-il dit, vous aimez ça mais pas moi. Je n'en ai rien à faire. Admirer le paysage ce n'est pas mon dada et je ne fume pas. Si je vois un rat, vous ne vous arrêterez pas et si je m'endors, vous ferez les fous avec le bateau et vous me ferez valser par-dessus bord. Si vous voulez mon avis, je trouve que ce projet relève de la folie furieuse.
Néanmoins, à trois contre un, la décision fut prise.
unit 1
PREFACE.
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unit 3
Its pages form the record of events that really happened.
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unit 4
unit 8
London, August, 1889.
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unit 9
CHAPTER I.
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unit 10
There were four of us—George, and William Samuel Harris, and myself, and Montmorency.
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unit 12
We were all feeling seedy, and we were getting quite nervous about it.
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unit 14
With me, it was my liver that was out of order.
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unit 16
I had them all.
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unit 25
unit 27
I felt rather hurt about this at first; it seemed somehow to be a sort of slight.
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unit 28
Why hadn’t I got housemaid’s knee?
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unit 29
Why this invidious reservation?
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unit 30
After a while, however, less grasping feelings prevailed.
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unit 34
I sat and pondered.
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unit 36
Students would have no need to “walk the hospitals,” if they had me.
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unit 37
I was a hospital in myself.
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unit 38
All they need do would be to walk round me, and, after that, take their diploma.
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unit 39
Then I wondered how long I had to live.
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unit 40
I tried to examine myself.
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unit 41
I felt my pulse.
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unit 42
I could not at first feel any pulse at all.
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unit 43
Then, all of a sudden, it seemed to start off.
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unit 44
I pulled out my watch and timed it.
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unit 45
I made it a hundred and forty-seven to the minute.
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unit 46
I tried to feel my heart.
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unit 47
I could not feel my heart.
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unit 48
It had stopped beating.
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unit 51
But I could not feel or hear anything.
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unit 52
I tried to look at my tongue.
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unit 55
I had walked into that reading-room a happy, healthy man.
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unit 56
I crawled out a decrepit wreck.
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unit 57
I went to my medical man.
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unit 59
“What a doctor wants,” I said, “is practice.
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unit 60
He shall have me.
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unit 63
Life is brief, and you might pass away before I had finished.
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unit 64
But I will tell you what is not the matter with me.
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unit 65
I have not got housemaid’s knee.
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unit 67
unit 70
I did not open it.
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unit 71
I took it to the nearest chemist’s, and handed it in.
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unit 72
The man read it, and then handed it back.
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unit 73
He said he didn’t keep it.
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unit 74
I said: “You are a chemist?
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unit 75
He said: “I am a chemist.
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unit 76
unit 77
Being only a chemist hampers me.
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unit 78
I read the prescription.
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unit 79
It ran: “1 lb.
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unit 80
beefsteak, with 1 pt.
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unit 81
bitter beer every 6 hours.
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unit 82
1 ten-mile walk every morning.
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unit 83
1 bed at 11 sharp every night.
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unit 84
And don’t stuff up your head with things you don’t understand”.
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unit 87
What I suffer in that way no tongue can tell.
1 Translations, 3 Upvotes, Last Activity 3 months ago
unit 88
From my earliest infancy I have been a martyr to it.
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unit 89
As a boy, the disease hardly ever left me for a day.
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unit 90
They did not know, then, that it was my liver.
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unit 96
We sat there for half-an-hour, describing to each other our maladies.
1 Translations, 2 Upvotes, Last Activity 3 months ago
unit 99
At this point, Mrs. Poppets knocked at the door to know if we were ready for supper.
1 Translations, 2 Upvotes, Last Activity 3 months ago
unit 100
unit 105
“What we want is rest,” said Harris.
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“Rest and a complete change,” said George.
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unit 111
Harris said he thought it would be humpy.
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“No,” said Harris, “if you want rest and change, you can’t beat a sea trip.
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I objected to the sea trip strongly.
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On Tuesday, you wish you hadn’t come.
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On Wednesday, Thursday, and Friday, you wish you were dead.
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On Sunday, you begin to walk about again, and take solid food.
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He himself—my brother-in-law—came back by train.
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He said the North-Western Railway was healthy enough for him.
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The steward recommended the latter course, as it would come so much cheaper.
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He said they would do him for the whole week at two pounds five.
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He said for breakfast there would be fish, followed by a grill.
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Lunch was at one, and consisted of four courses.
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And a light meat supper at ten.
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Lunch came just as they were off Sheerness.
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At six, they came and told him dinner was ready.
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“Get me out of this,” was the feeble reply.
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And they ran him up quick, and propped him up, over to leeward, and left him.
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So I set my face against the sea trip.
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Not, as I explained, upon my own account.
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I was never queer.
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But I was afraid for George.
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If not he and another man, then it was he by himself.
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It is a curious fact, but nobody ever is sea-sick—on land.
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I went up to him to try and save him.
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“Hi!
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come further in,” I said, shaking him by the shoulder.
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“You’ll be overboard.
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“Oh my!
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I wish I was,” was the only answer I could get; and there I had to leave him.
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It was off Cape Horn.
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The vessel was wrecked the next morning.
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“Southend Pier!” he replied, with a puzzled expression.
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“Yes; going down to Yarmouth, last Friday three weeks.
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“Oh, ah—yes,” he answered, brightening up; “I remember now.
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I did have a headache that afternoon.
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It was the pickles, you know.
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They were the most disgraceful pickles I ever tasted in a respectable boat.
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Did you have any?
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George said: “Let’s go up the river.
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It seems to suit everybody, however, which is greatly to its credit.
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he only one who was not struck with the suggestion was Montmorency.
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He never did care for the river, did Montmorency.
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“It’s all very well for you fellows,” he says; “you like it, but I don’t.
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There’s nothing for me to do.
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Scenery is not in my line, and I don’t smoke.
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If you ask me, I call the whole thing bally foolishness.
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We were three to one, however, and the motion was carried.
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by francevw 3 months, 1 week ago

PREFACE.
The chief beauty of this book lies not so much in its literary style, or in the extent and usefulness of the information it conveys, as in its simple truthfulness. Its pages form the record of events that really happened. All that has been done is to colour them; and, for this, no extra charge has been made. George and Harris and Montmorency are not poetic ideals, but things of flesh and blood—especially George, who weighs about twelve stone. Other works may excel this in depth of thought and knowledge of human nature: other books may rival it in originality and size; but, for hopeless and incurable veracity, nothing yet discovered can surpass it. This, more than all its other charms, will, it is felt, make the volume precious in the eye of the earnest reader; and will lend additional weight to the lesson that the story teaches.
London, August, 1889.

CHAPTER I.
There were four of us—George, and William Samuel Harris, and myself, and Montmorency. We were sitting in my room, smoking, and talking about how bad we were—bad from a medical point of view I mean, of course.
We were all feeling seedy, and we were getting quite nervous about it. Harris said he felt such extraordinary fits of giddiness come over him at times, that he hardly knew what he was doing; and then George said that he had fits of giddiness too, and hardly knew what he was doing. With me, it was my liver that was out of order. I knew it was my liver that was out of order, because I had just been reading a patent liver-pill circular, in which were detailed the various symptoms by which a man could tell when his liver was out of order. I had them all.
It is a most extraordinary thing, but I never read a patent medicine advertisement without being impelled to the conclusion that I am suffering from the particular disease therein dealt with in its most virulent form. The diagnosis seems in every case to correspond exactly with all the sensations that I have ever felt.
I remember going to the British Museum one day to read up the treatment for some slight ailment of which I had a touch—hay fever, I fancy it was. I got down the book, and read all I came to read; and then, in an unthinking moment, I idly turned the leaves, and began to indolently study diseases, generally. I forget which was the first distemper I plunged into—some fearful, devastating scourge, I know—and, before I had glanced half down the list of “premonitory symptoms,” it was borne in upon me that I had fairly got it.
I sat for awhile, frozen with horror; and then, in the listlessness of despair, I again turned over the pages. I came to typhoid fever—read the symptoms—discovered that I had typhoid fever, must have had it for months without knowing it—wondered what else I had got; turned up St. Vitus’s Dance—found, as I expected, that I had that too,—began to get interested in my case, and determined to sift it to the bottom, and so started alphabetically—read up ague, and learnt that I was sickening for it, and that the acute stage would commence in about another fortnight. Bright’s disease, I was relieved to find, I had only in a modified form, and, so far as that was concerned, I might live for years. Cholera I had, with severe complications; and diphtheria I seemed to have been born with. I plodded conscientiously through the twenty-six letters, and the only malady I could conclude I had not got was housemaid’s knee.
I felt rather hurt about this at first; it seemed somehow to be a sort of slight. Why hadn’t I got housemaid’s knee? Why this invidious reservation? After a while, however, less grasping feelings prevailed. I reflected that I had every other known malady in the pharmacology, and I grew less selfish, and determined to do without housemaid’s knee. Gout, in its most malignant stage, it would appear, had seized me without my being aware of it; and zymosis I had evidently been suffering with from boyhood. There were no more diseases after zymosis, so I concluded there was nothing else the matter with me.
I sat and pondered. I thought what an interesting case I must be from a medical point of view, what an acquisition I should be to a class! Students would have no need to “walk the hospitals,” if they had me. I was a hospital in myself. All they need do would be to walk round me, and, after that, take their diploma.
Then I wondered how long I had to live. I tried to examine myself. I felt my pulse. I could not at first feel any pulse at all. Then, all of a sudden, it seemed to start off. I pulled out my watch and timed it. I made it a hundred and forty-seven to the minute. I tried to feel my heart. I could not feel my heart. It had stopped beating. I have since been induced to come to the opinion that it must have been there all the time, and must have been beating, but I cannot account for it. I patted myself all over my front, from what I call my waist up to my head, and I went a bit round each side, and a little way up the back. But I could not feel or hear anything. I tried to look at my tongue. I stuck it out as far as ever it would go, and I shut one eye, and tried to examine it with the other. I could only see the tip, and the only thing that I could gain from that was to feel more certain than before that I had scarlet fever.
I had walked into that reading-room a happy, healthy man. I crawled out a decrepit wreck.
I went to my medical man. He is an old chum of mine, and feels my pulse, and looks at my tongue, and talks about the weather, all for nothing, when I fancy I’m ill; so I thought I would do him a good turn by going to him now. “What a doctor wants,” I said, “is practice. He shall have me. He will get more practice out of me than out of seventeen hundred of your ordinary, commonplace patients, with only one or two diseases each.” So I went straight up and saw him, and he said:
“Well, what’s the matter with you?
I said:
“I will not take up your time, dear boy, with telling you what is the matter with me. Life is brief, and you might pass away before I had finished. But I will tell you what is not the matter with me. I have not got housemaid’s knee. Why I have not got housemaid’s knee, I cannot tell you; but the fact remains that I have not got it. Everything else, however, I have got.”
And I told him how I came to discover it all.
Then he opened me and looked down me, and clutched hold of my wrist, and then he hit me over the chest when I wasn’t expecting it—a cowardly thing to do, I call it—and immediately afterwards butted me with the side of his head. After that, he sat down and wrote out a prescription, and folded it up and gave it me, and I put it in my pocket and went out.
I did not open it. I took it to the nearest chemist’s, and handed it in. The man read it, and then handed it back.
He said he didn’t keep it.
I said:
“You are a chemist?
He said:
“I am a chemist. If I was a co-operative stores and family hotel combined, I might be able to oblige you. Being only a chemist hampers me.
I read the prescription. It ran:
“1 lb. beefsteak, with 1 pt. bitter beer every 6 hours.
1 ten-mile walk every morning.
1 bed at 11 sharp every night.
And don’t stuff up your head with things you don’t understand”.

I followed the directions, with the happy result—speaking for myself—that my life was preserved, and is still going on.
In the present instance, going back to the liver-pill circular, I had the symptoms, beyond all mistake, the chief among them being “a general disinclination to work of any kind”.
What I suffer in that way no tongue can tell. From my earliest infancy I have been a martyr to it. As a boy, the disease hardly ever left me for a day. They did not know, then, that it was my liver. Medical science was in a far less advanced state than now, and they used to put it down to laziness.
“Why, you skulking little devil, you,” they would say, “get up and do something for your living, can’t you?”—not knowing, of course, that I was ill.
And they didn’t give me pills; they gave me clumps on the side of the head. And, strange as it may appear, those clumps on the head often cured me—for the time being. I have known one clump on the head have more effect upon my liver, and make me feel more anxious to go straight away then and there, and do what was wanted to be done, without further loss of time, than a whole box of pills does now.
You know, it often is so—those simple, old-fashioned remedies are sometimes more efficacious than all the dispensary stuff.
We sat there for half-an-hour, describing to each other our maladies. I explained to George and William Harris how I felt when I got up in the morning, and William Harris told us how he felt when he went to bed; and George stood on the hearth-rug, and gave us a clever and powerful piece of acting, illustrative of how he felt in the night.
George fancies he is ill; but there’s never anything really the matter with him, you know.
At this point, Mrs. Poppets knocked at the door to know if we were ready for supper. We smiled sadly at one another, and said we supposed we had better try to swallow a bit. Harris said a little something in one’s stomach often kept the disease in check; and Mrs. Poppets brought the tray in, and we drew up to the table, and toyed with a little steak and onions, and some rhubarb tart.
I must have been very weak at the time; because I know, after the first half-hour or so, I seemed to take no interest whatever in my food—an unusual thing for me—and I didn’t want any cheese.
This duty done, we refilled our glasses, lit our pipes, and resumed the discussion upon our state of health. What it was that was actually the matter with us, we none of us could be sure of; but the unanimous opinion was that it—whatever it was—had been brought on by overwork.
“What we want is rest,” said Harris.
“Rest and a complete change,” said George. “The overstrain upon our brains has produced a general depression throughout the system. Change of scene, and absence of the necessity for thought, will restore the mental equilibrium.
George has a cousin, who is usually described in the charge-sheet as a medical student, so that he naturally has a somewhat family-physicianary way of putting things.
I agreed with George, and suggested that we should seek out some retired and old-world spot, far from the madding crowd, and dream away a sunny week among its drowsy lanes—some half-forgotten nook, hidden away by the fairies, out of reach of the noisy world—some quaint-perched eyrie on the cliffs of Time, from whence the surging waves of the nineteenth century would sound far-off and faint.
Harris said he thought it would be humpy. He said he knew the sort of place I meant; where everybody went to bed at eight o’clock, and you couldn’t get a Referee for love or money, and had to walk ten miles to get your baccy.
“No,” said Harris, “if you want rest and change, you can’t beat a sea trip.
I objected to the sea trip strongly. A sea trip does you good when you are going to have a couple of months of it, but, for a week, it is wicked.
You start on Monday with the idea implanted in your bosom that you are going to enjoy yourself. You wave an airy adieu to the boys on shore, light your biggest pipe, and swagger about the deck as if you were Captain Cook, Sir Francis Drake, and Christopher Columbus all rolled into one. On Tuesday, you wish you hadn’t come. On Wednesday, Thursday, and Friday, you wish you were dead. On Saturday, you are able to swallow a little beef tea, and to sit up on deck, and answer with a wan, sweet smile when kind-hearted people ask you how you feel now. On Sunday, you begin to walk about again, and take solid food. And on Monday morning, as, with your bag and umbrella in your hand, you stand by the gunwale, waiting to step ashore, you begin to thoroughly like it.
I remember my brother-in-law going for a short sea trip once, for the benefit of his health. He took a return berth from London to Liverpool; and when he got to Liverpool, the only thing he was anxious about was to sell that return ticket.
It was offered round the town at a tremendous reduction, so I am told; and was eventually sold for eighteenpence to a bilious-looking youth who had just been advised by his medical men to go to the sea-side, and take exercise.
“Sea-side!” said my brother-in-law, pressing the ticket affectionately into his hand; “why, you’ll have enough to last you a lifetime; and as for exercise! why, you’ll get more exercise, sitting down on that ship, than you would turning somersaults on dry land.
He himself—my brother-in-law—came back by train. He said the North-Western Railway was healthy enough for him.
Another fellow I knew went for a week’s voyage round the coast, and, before they started, the steward came to him to ask whether he would pay for each meal as he had it, or arrange beforehand for the whole series.
The steward recommended the latter course, as it would come so much cheaper. He said they would do him for the whole week at two pounds five. He said for breakfast there would be fish, followed by a grill. Lunch was at one, and consisted of four courses. Dinner at six—soup, fish, entree, joint, poultry, salad, sweets, cheese, and dessert. And a light meat supper at ten.
My friend thought he would close on the two-pound-five job (he is a hearty eater), and did so.
Lunch came just as they were off Sheerness. He didn’t feel so hungry as he thought he should, and so contented himself with a bit of boiled beef, and some strawberries and cream. He pondered a good deal during the afternoon, and at one time it seemed to him that he had been eating nothing but boiled beef for weeks, and at other times it seemed that he must have been living on strawberries and cream for years.
Neither the beef nor the strawberries and cream seemed happy, either—seemed discontented like.
At six, they came and told him dinner was ready. The announcement aroused no enthusiasm within him, but he felt that there was some of that two-pound-five to be worked off, and he held on to ropes and things and went down. A pleasant odour of onions and hot ham, mingled with fried fish and greens, greeted him at the bottom of the ladder; and then the steward came up with an oily smile, and said:
“What can I get you, sir?
“Get me out of this,” was the feeble reply.
And they ran him up quick, and propped him up, over to leeward, and left him.
For the next four days he lived a simple and blameless life on thin captain’s biscuits (I mean that the biscuits were thin, not the captain) and soda-water; but, towards Saturday, he got uppish, and went in for weak tea and dry toast, and on Monday he was gorging himself on chicken broth. He left the ship on Tuesday, and as it steamed away from the landing-stage he gazed after it regretfully.
“There she goes,” he said, “there she goes, with two pounds’ worth of food on board that belongs to me, and that I haven’t had.
He said that if they had given him another day he thought he could have put it straight.
So I set my face against the sea trip. Not, as I explained, upon my own account. I was never queer. But I was afraid for George. George said he should be all right, and would rather like it, but he would advise Harris and me not to think of it, as he felt sure we should both be ill. Harris said that, to himself, it was always a mystery how people managed to get sick at sea—said he thought people must do it on purpose, from affectation—said he had often wished to be, but had never been able.
Then he told us anecdotes of how he had gone across the Channel when it was so rough that the passengers had to be tied into their berths, and he and the captain were the only two living souls on board who were not ill. Sometimes it was he and the second mate who were not ill; but it was generally he and one other man. If not he and another man, then it was he by himself.
It is a curious fact, but nobody ever is sea-sick—on land. At sea, you come across plenty of people very bad indeed, whole boat-loads of them; but I never met a man yet, on land, who had ever known at all what it was to be sea-sick. Where the thousands upon thousands of bad sailors that swarm in every ship hide themselves when they are on land is a mystery.
If most men were like a fellow I saw on the Yarmouth boat one day, I could account for the seeming enigma easily enough. It was just off Southend Pier, I recollect, and he was leaning out through one of the port-holes in a very dangerous position. I went up to him to try and save him.
“Hi! come further in,” I said, shaking him by the shoulder. “You’ll be overboard.
“Oh my! I wish I was,” was the only answer I could get; and there I had to leave him.
Three weeks afterwards, I met him in the coffee-room of a Bath hotel, talking about his voyages, and explaining, with enthusiasm, how he loved the sea.
“Good sailor!” he replied in answer to a mild young man’s envious query; “well, I did feel a little queer once, I confess. It was off Cape Horn. The vessel was wrecked the next morning.
I said:
“Weren’t you a little shaky by Southend Pier one day, and wanted to be thrown overboard?
“Southend Pier!” he replied, with a puzzled expression.
“Yes; going down to Yarmouth, last Friday three weeks.
“Oh, ah—yes,” he answered, brightening up; “I remember now. I did have a headache that afternoon. It was the pickles, you know. They were the most disgraceful pickles I ever tasted in a respectable boat. Did you have any?
For myself, I have discovered an excellent preventive against sea-sickness, in balancing myself. You stand in the centre of the deck, and, as the ship heaves and pitches, you move your body about, so as to keep it always straight. When the front of the ship rises, you lean forward, till the deck almost touches your nose; and when its back end gets up, you lean backwards. This is all very well for an hour or two; but you can’t balance yourself for a week.
George said:
“Let’s go up the river.
He said we should have fresh air, exercise and quiet; the constant change of scene would occupy our minds (including what there was of Harris’s); and the hard work would give us a good appetite, and make us sleep well.
Harris said he didn’t think George ought to do anything that would have a tendency to make him sleepier than he always was, as it might be dangerous. He said he didn’t very well understand how George was going to sleep any more than he did now, seeing that there were only twenty-four hours in each day, summer and winter alike; but thought that if he did sleep any more, he might just as well be dead, and so save his board and lodging.
Harris said, however, that the river would suit him to a “T.” I don’t know what a “T” is (except a sixpenny one, which includes bread-and-butter and cake ad lib., and is cheap at the price, if you haven’t had any dinner). It seems to suit everybody, however, which is greatly to its credit.
It suited me to a “T” too, and Harris and I both said it was a good idea of George’s; and we said it in a tone that seemed to somehow imply that we were surprised that George should have come out so sensible.
he only one who was not struck with the suggestion was Montmorency. He never did care for the river, did Montmorency.
“It’s all very well for you fellows,” he says; “you like it, but I don’t. There’s nothing for me to do. Scenery is not in my line, and I don’t smoke. If I see a rat, you won’t stop; and if I go to sleep, you get fooling about with the boat, and slop me overboard. If you ask me, I call the whole thing bally foolishness.
We were three to one, however, and the motion was carried.