en-fr  The Woman in White by Wilkie Collins - First Epoch - Chapter V - Chapter VI.
Chapitre V. — Elle s'est échappée de ma clinique psychiatrique.
En vérité, je ne puis pas dire que la terrible réalité que sous-entendaient ces paroles me foudroya comme une révélation. Certaines des questions étranges posées par la femme en blanc, après ma promesse irréfléchie de la laisser libre d'agir à sa guise, m'avaient mené à la conclusion qu'elle était soit naturellement frivole et instable soit qu'un récent et terrible traumatisme avait perturbé l'équilibre de ses facultés. Mais pour parler franchement, l'idée de démence absolue liée au nom même de clinique psychiatrique ne m'avait jamais effleuré à son sujet. À ce moment-là, je n'avais rien remarqué dans ses propos ou dans ses gestes qui puisse l'attester, et même avec le nouvel éclairage apporté par les paroles de l'étranger au policier, je ne voyais toujours rien qui puisse l'attester.
Qu'avais-je fait ? Aidé la victime à fuir un horrible enfermement injustfié, ou avais-je lâché dans la vaste communauté de Londres une créature infortunée, dont il était de mon devoir, et du devoir de tout homme, de la contrôler avec clémence ? Je ressentis un spasme lorsque cette question me vint à l'esprit et quand je me fis le reproche de me l'être posée trop tard.
Quand je rejoignis enfin mon appartement au Clement's Inn, il était inutile de songer à aller me coucher dans l'état d'esprit agité où je me trouvais. Dans quelques heures seulement, je devrais me mettre en route pour le Cumberland. Je m'assis, essayant d'abord de dessiner puis de lire... mais la femme en blanc s'interposait entre moi et mon crayon, entre moi et mon livre. Était-il arrivé quelque malheur à cette créature désespérée ? Ce fut ma première pensée sur laquelle, très égoïstement, je refusai de m'attarder. D'autres pensées surgirent sur lesquelles il était moins pénible de s'appesantir. Où avait-elle fait arrêter le fiacre ? Que lui était-il arrivé depuis ? Les hommes dans le cabriolet avaient-ils retrouvé sa trace et l'avaient-ils attrapée ? Ou était-elle encore capable de contrôler ses actes ; et étions-nous tous deux en train de suivre nos routes complètement à l'opposé vers un point de convergence mystérieux où nous devions nous retrouver ?
Ce fut un réel soulagement quand ce fut l'heure de fermer ma porte, de dire adieu aux activités londoniennes, aux élèves de Londres et aux amis londoniens, et d'être de nouveau en mouvement vers de nouveaux centres intérêt et une nouvelle vie. Même l'agitation et le trouble de la gare, si fatigants et déroutants à d'autres moments, me réveillèrent et me firent grand bien.

Mes instructions de voyage me recommandaient d'aller vers Carlisle puis de bifurquer sur une ligne de chemin de fer en direction de la côte. En guise d'ennuis pour commencer, notre moteur tomba en panne entre Lancaster et Carlisle. Le délai occasionné par cet accident me mit trop en retard pour ma correspondance de train, par lequel je devais poursuivre ma route immédiatement. Je devais attendre quelques heures ; et quand, plus tard, un train me déposa finalement à côté de la gare de Limmeridge House, il était dix heures passées et la nuit était si sombre que j'apercevais à peine le chemin pour aller jusqu'au cabriolet auquel monsieur Fairlie avait ordonné de m'attendre.
Le cocher était visiblement contrarié par mon arrivée tardive. Il était dans cet état de bouderie respectueuse particulièrement caractéristique des serviteurs anglais. Nous nous éloignâmes lentement à travers l'obscurité dans un parfait silence. Les routes étaient mauvaises et l'obscurité intense de la nuit accentuait la difficulté à nous déplacer rapidement. Selon ma montre, près d'une heure et demie était passée depuis que nous avions quitté la gare avant que j'entendisse le bruit de la mer au loin et le crissement des roues sur le gravier lisse. Nous passâmes une porte avant d'entrer dans l'allée et en franchîmes une autre avant de nous arrêter devant la maison. Je fus reçu par un domestique solennel sans livrée et informé que la famille s'était retirée pour la nuit, puis je fus conduit dans une pièce grande et haute où mon souper m'attendait, tristement, à une extrémité du long désert solitaire d'acajou qu'était la table à manger.
J'étais trop fatigué et triste pour manger ou boire beaucoup, surtout avec le domestique solennel me surveillant avec autant d'attention que si un dîner en petit comité était organisé alors qu'il n'y avait qu'un homme seul. Après un quart d'heure j'étais prêt à être emmené dans ma chambre. Le domestique solennel me conduisit vers une jolie chambre bien meublée... il dit, le petit déjeuner est à neuf heures, Monsieur, et puis il regarda autour pour voir que tout était en place, et se retira en silence.
— Qu'est-ce que je verrai dans mes rêves ce soir ? me demandais-je pendant que j'éteignais la bougie, la femme en blanc ? ou les habitants inconnus de ce manoir dans le Cumberland ? Quelle étrange sensation de s'endormir dans une maison comme un ami de la famille et pourtant de n'en connaître aucun des habitants, même pas de vue !

Chapitre VI.
Lorsque je me réveillai le lendemain matin et que je relevai mon store, la mer s'épanouissait joyeusement sous le large soleil d'août et la côte lointaine d'Écosse frangeait l'horizon d'un camaïeu de lignes bleues.
La vue fut une telle surprise, un tel changement pour moi après mon ennuyeuse expérience du panorama londonien fait de brique et de mortier, que je me sentis éclore dans une nouvelle vie et une nouvelle façon de penser à l'instant où je la contemplai. Une sensation confuse d'avoir subitement rompu mon lien avec le passé, sans que je n'acquisse pourtant de clairvoyance nouvelle concernant le présent ou l'avenir, s'empara de mon esprit. Des situations qui n'avaient que quelques jours s'étaient évanouies de ma mémoire, comme si les choses s'étaient passées voici des mois et des mois. L'annonce pittoresque de Pesca des moyens par lesquels il m'avait procuré mon emploi actuel ; la soirée d'adieu que j'avais passée avec ma mère et ma sœur ; même mon aventure mystérieuse sur le chemin de retour de Hampstead : tout avait pris l'allure d'évènements qui auraient pu se produire à quelque époque ancienne de mon existence. Bien que la femme en blanc fût encore dans mon esprit, son image semblait s'être ternie et effacée.
Un peu avant neuf heures, je descendis au rez-de-chaussée de la maison. Le domestique solennel de la nuit précédente me rencontra errant dans les couloirs, et me montra avec compassion le chemin de la salle du petit déjeuner.
Le premier coup d'œil que je jetai autour de moi, quand l'homme ouvrit la porte, me fit découvrir une table de petit déjeuner bien garnie, au milieu d'une longue pièce, avec de nombreuses fenêtres. Je portai mon regard de la table à la fenêtre la plus éloignée de moi, près de laquelle je vis une dame debout qui me tournait le dos. Au moment où mes yeux se posèrent sur elle, je fus frappé par la rare beauté de sa silhouette et par la grâce naturelle de son port. Elle était grande, mais pas trop, avenante et bien en chair, mais pas grosse, un port de tête léger à la fois ferme et souple ; sa taille représentait la perfection aux yeux d'un homme, car elle était comme il sied, naturellement arrondie, elle n'était visiblement et délicieusement pas déformée par un corset. Elle ne m’avait pas entendu entrer, et je pris la liberté de l'admirer pendant quelques instants avant de remuer une des chaises près de moi, ce qui m'offrit le moyen le moins gênant d'attirer son attention. Elle se tourna vers moi immédiatement. L'élégance aisée du moindre de ses mouvements dès qu'elle se mit à avancer du fond de la pièce, me fit frémir d'impatience de voir distinctement son visage. Elle s'éloigna de la fenêtre... et je me dis : « Elle est brune.» Elle fit quelques pas... et je me dis : « Elle est jeune.» Elle s'approcha davantage... et je me dis (avec un étonnement que les mots rendent mal) : « Elle est laide !»
Jamais la vieille maxime, la nature ne peut se tromper, ne fut plus catégoriquement contredite : jamais la promesse d'une adorable silhouette ne fut plus étrangement ni plus irrévocablement démentie que par le visage et la tête qui la couronnaient. Le teint de la dame était presque basané et l'ombre sur sa lèvre supérieure formait presque une moustache. Sa bouche et sa mâchoire étaient grandes, fermes ; ses yeux marron, proéminents et perçants ; ses cheveux épais et noirs étaient implantés de manière inhabituellement basse sur son front. Son expression - brillante, franche et intelligente - semblait, alors qu'elle se taisait, dépourvue de tous ces attraits féminins de douceur et de soumission, sans lesquels la beauté de la plus charmante des femmes qui soit n'est qu'incomplète. Découvrir un visage tel que celui-ci sur des épaules qu'un sculpteur aurait aimé modeler, être charmé par les grâces modestes de toutes les parties d'un corps parfaitement symétrique trahissant sa beauté au moindre mouvement, puis être presque repoussé par un visage masculin aux traits virils tellement discordants avec la silhouette parfaite, c'était éprouver une sensation étrangement semblable à ce malaise d'impuissance qui nous est familier dans le sommeil, quand nous reconnaissons les anomalies et les contradictions d'un rêve mais ne parvenons pas à les concilier.
— M. Hartright ? demanda-t-elle d'un air interrogateur, son visage sombre s'éclairant d'un sourire, et s'adoucissant, se féminisant au moment où elle se mit à parler. — Nous avons renoncé à tout espoir de vous accueillir hier soir, et nous nous sommes couchés comme d'habitude. Veuillez accepter mes excuses pour notre manque apparent de prévenances et permettez-moi de me présenter comme l'une de vos élèves. Nous serrons-nous la main ? Je suppose que nous devrons y arriver tôt ou tard, pourquoi pas plus tôt ?
Ces singulières paroles d'accueil furent prononcées d'une voix claire, vibrante et plaisante. La main offerte — plutôt forte, mais magnifiquement modelée — me fut tendue avec l'assurance décontractée et non affectée d'une femme extrêmement bien élevée. Nous nous assîmes à la table du petit déjeuner d'une manière aussi cordiale et coutumière que si nous nous connussions depuis des années, et que nous nous fussions retrouvés à Limmeridge House pour parler d'anciennes rencontres.
— J'espère que vous venez ici en étant particulièrement bien disposé et déterminé à tirer le meilleur parti de votre nouvelle situation, poursuivit la dame. Vous devrez commencer ce matin par devoir ne supporter aucune autre compagnie au petit déjeuner que la mienne. Ma sœur est retenue dans sa chambre par une affection purement féminine : une légère migraine ; et sa vieille gouvernante, Mme Vesey, lui a charitablement servi un thé revigorant. Mon oncle, M. Fairlie, ne se joint jamais à nous pour les repas, il est malade et préfère vivre en célibataire dans ses appartements. Il n'y a personne d'autre dans la maison, en dehors de moi. Deux jeunes femmes ont séjourné ici, mais elles s'en sont allées hier, désespérées, ce qui n'est pas étonnant. Tout au long de leur visite (en raison de l'état de santé de M. Fairlie), nous n'avons pas pu leur offrir la présence d'une personne du sexe masculin invitant au badinage, à la danse, aux petits bavardages. En conséquence, nous n'avons fait que nous quereller, surtout lors des dîners. Comment pouvez-vous espérer que quatre femmes seules dînent ensemble au fil des jours sans se crêper le chignon ? Nous sommes si sottes, incapables de nous divertir mutuellement pendant les repas. Voyez-vous M. Hartright, je n'ai pas une très haute opinion de mon propre sexe... que désirez-vous, thé ou café ? Aucune femme n'a une très haute opinion de son propre sexe, bien que peu d'entre elles l'avouent aussi librement que moi. Mon dieu, vous semblez être déconcerté. Pourquoi ? Hésitez-vous à choisir ce que vous prendrez pour le petit déjeuner ? ou êtes-vous surpris de ma franchise ? Dans le premier cas, je vous conseille, en amie, de ne pas vous laisser tenter pas ce jambon froid près de votre coude et d'attendre l’arrivée de l'omelette. Dans le second cas, je vous donnerai du thé afin que vous puissiez reprendre vos esprits, et ferai tout ce qui est possible à une femme, ce qui est très peu, soit dit en passant, pour tenir ma langue.
Elle me tendit une tasse de thé en riant. Son bavardage léger, et sa familiarité spontanée envers un total étranger, s'accompagnaient d'une telle aisance et d'une telle assurance que celles-ci pouvaient garantir à elles seules le respect du plus audacieux des hommes. S'il était impossible d'être formel et dans la retenue en sa compagnie, il était plus qu'impossible d'enfreindre la bienséance avec elle, ne serait-ce que par la pensée. Je sentis cela instinctivement, tandis que sa brillante gaieté me gagnait et que je faisais de mon mieux pour lui répondre selon sa propre manière franche et vivante.
— Oui, oui, me dit-elle, après que j'eus suggéré la seule explication que je pusse offrir pour justifier mon air embarrassé, je comprends. Vous êtes un si parfait étranger ici que vous êtes intrigué par mes références familières aux dignes habitants de la maison. C'est assez naturel : j'aurais dû y penser avant. Quoi qu'il en soit, je peux le faire maintenant. J'imagine que je dois commencer par moi, afin de clore ce sujet le plus rapidement possible ? Je me nomme Marian Halcombe ; et je suis aussi imprécise que les femmes en général, en appelant M. Fairlie mon oncle, et Mlle Fairlie ma sœur. Ma mère s'est mariée deux fois : la première avec M. Halcombe, mon père ; la seconde avec M. Fairlie, le père de ma demi-sœur. Excepté que nous sommes toutes deux orphelines, nous sommes à tous égards aussi différentes l'une de l'autre que possible. Mon père était pauvre, et celui de Mlle Fairlie était riche. Je n'ai rien, et elle détient une fortune. Je suis brune et laide, et elle est blonde et jolie. Tout le monde me trouve irritable et bizarre (à juste titre d'ailleurs) ; et tout le monde la trouve douce et charmante (avec encore plus de bonnes raisons). Bref, c'est un ange, et je suis... Goûtez cette confiture, M. Hartright et finissez vous-même ma phrase, au nom de la bienséance féminine. Que vous dire au sujet de M. Fairlie ? En toute bonne foi, je l'ignore. Il va sûrement vous faire appeler après le petit déjeuner et vous pourrez en juger par vous-même. En attendant, je dois vous informer, premièrement, qu'il est le frère cadet de feu M. Fairlie ; deuxièmement, que c'est un célibataire ; et troisièmement, qu'il est le tuteur de Mlle Fairlie. Je ne veux pas vivre sans elle, et elle ne peut pas vivre sans moi, et c'est ainsi que je me suis retrouvée à Limmeridge House. Ma sœur et moi nous aimons sincèrement, ce qui, vous me direz, est parfaitement inexplicable dans ces circonstances, et je serai totalement d'accord avec vous, mais c'est ainsi. Vous devez nous plaire à toutes les deux, M. Hartright, ou ne plaire ni à l'une ni à l'autre ; et, plus pénible encore, vous serez tout le temps en notre compagnie. Mme Vesey est une excellente personne, qui possède toutes les vertus cardinales et son avis ne compte pour rien ; quant à M. Fairlie sa santé est trop délicate pour être un compagnon pour qui que ce soit. Je ne sais pas quel est le problème, les médecins ne savent pas ce qu'il en est, et il ne sait pas lui-même ce qui se passe. Nous disons tous que ce sont les nerfs, et aucun de nous ne sait ce à quoi nous pensons en disant cela. Cependant, je vous conseille de flatter ses petites bizarreries, quand vous le verrez aujourd'hui. Admirez sa collection de pièces de monnaie, de gravures et de dessins à l'aquarelle, et vous gagnerez son estime. Ma foi, si vous pouvez vous contenter d'une vie tranquille à la campagne, je ne vois pas pourquoi vous ne vous plairiez pas ici. Du petit déjeuner au déjeuner, les dessins de M. Fairlie vous occuperont. Après le déjeuner, mademoiselle Fairlie et moi prendrons nos carnets de croquis et sortirons pour massacrer la nature, sous votre direction. Le dessin est son coup de tête préféré, pas le mien. Les femmes ne peuvent pas dessiner... les têtes sont en l'air et les yeux sont trop inattentifs. Peu importe... ma sœur aime ça ; donc je gaspille de la peinture et gâche du papier, pour elle, aussi calmement que n'importe quelle femme en Angleterre. Quant à le soir, je pense que nous pouvons vous aider passer le temps. Mlle Fairlie joue délicieusement. Quant à ma pauvre personne, je ne distingue pas une note de musique d'une autre ; mais je peux jouer avec vous aux échecs, au backgammon, à l'écarté et (avec l'inévitable médiocrité féminine) également au billard. Que pensez-vous du programme ? Pourrez-vous vous adapter à notre vie tranquille, monotone ? ou pensez-vous que vous vous ennuierez, que secrètement vous serez assoiffé de changement et d'aventure, dans l'atmosphère monotone de Limmeridge House ?
Elle avait débité tout ceci d'un ton léger et gracieux, sans autres interruptions de ma part que les réponses sans importance que la politesse exigeait de moi. Cependant, le ton de ses paroles dans sa dernière question, ou plutôt le seul mot « aventure » tombé si délicatement de ses lèvres, ramena mes pensées à ma rencontre avec la femme en blanc, et me poussa à découvrir le lien qui, selon les dires de l'étrange femme, existait entre la fugitive anonyme de l'asile d'aliénés et l'ancienne maîtresse de maison de Limmeridge House.
— Même si j'étais le plus agité des hommes, dis-je, il n'y aurait aucun danger que j'aie soif d'aventures pendant un certain temps. Précisément la nuit avant mon arrivée dans cette maison, il m'est arrivé une aventure, l'émerveillement et l'excitation qu'elle a suscités, je puis vous l'assurer Mlle Halcombe, demeurera tout au long de mon séjour à Cumberland, si ce n'est plus longtemps encore.
— Vraiment, M. Hartright ! Puis-je l'entendre ?
Vous pouvez y prétendre. Le personnage principal de cette aventure était une parfaite inconnue pour moi et peut-être pour vous également, mais elle a clairement évoqué feu Mme Fairlie en des termes de gratitude et de considération des plus sincères.
— Elle a prononcé le nom de ma mère ! Vous m'intéressez de façon indicible. Poursuivez, je vous en prie.
Je contai sur le champ les circonstances dans lesquelles j'avais rencontré la femme en blanc, exactement comme elles s'étaient produites, et je lui répétai mot à mot ce qu'elle m'avait dit de Mme Fairlie et de Limmeridge House.
Du début à la fin de mon récit, le regard brillant et hardi de Mlle Halcombe fut intensément plongé dans le mien. Son visage exprimait un vif intérêt et de l'étonnement, mais rien de plus. De toute évidence, elle ne détenait, tout comme moi, aucun indice permettant d'éclaircir ce mystère.
— Êtes-vous certain des paroles prononcées au sujet de ma mère ? demanda-t-elle.
— Absolument certain, répondis-je. Quoi qu'il en soit, cette femme qui a fréquenté autrefois l'école du village de Limmeridge y fut traitée avec une gentillesse toute particulière par Mme Fairlie, et, en souvenir de cette gentillesse, éprouve un intérêt affectueux pour tous les membres de la famille encore en vie. Elle savait que madame Fairlie et son mari étaient morts ; et elle parlait de mademoiselle Fairlie comme si elles s'étaient connues quand elles étaient enfants.
— Vous avez dit, je pense, qu'elle niait avoir habité cet endroit ?
— Oui, elle m'a dit qu'elle venait du Hampshire.
Et vous n'avez pas pu du tout découvrir son nom ?
— Absolument.
— Très bizarre. Selon moi, M. Hartright, vous avez eu raison de permettre à cette pauvre femme de rester en liberté, car elle semble ne rien avoir fait, en votre présence, qui suggérerait qu'elle ne la méritait pas. Mais j'aurais souhaité que vous ayez été à peu plus assidu à découvrir son nom. Vraiment nous devons éclaircir ce mystère, par quelque moyen. Il faudrait que vous n'en parliez pas encore à M. Fairlie ou à ma sœur. Ils sont tous les deux, j'en suis sûre, tout aussi ignorants de qui est cette femme et de ce que peut être son histoire passée, comme je le suis moi-même. Mais ils sont aussi, de manières très différentes, plutôt nerveux et sensibles; et vous ne feriez qu'agiter l'un et alarmer l'autre en vain. Quant à moi, je suis toute brûlante de curiosité, et, à partir de cet instant je vais consacrer toute mon énergie à éclaircir ce mystère. Quand ma mère arriva ici, après son second mariage, elle mit certainement en place l'école du village telle qu'elle existe encore aujourd'hui. Mais les anciens maîtres d'école sont morts, ou partis ailleurs ; et aucun éclaircissement n'est à espérer de ce côté. La seule autre alternative à laquelle je peux penser...
À cet instant, nous fûmes interrompu par l'arrivée d'un serviteur, portant un message de M. Fairlie qui faisait savoir qu'il serait heureux de me voir dès que j'aurais fini mon petit déjeuner.
— Attendez dans le corridor, dit Mme Halcombe, qui répondit au serviteur pour moi, de la manière vive et rapide qui était la sienne. M. Hartright arrive immédiatement. Ce que j'étais sur le point de dire, continua-t-elle, s'adressant à moi de nouveau, c'est que ma sœur et moi possédons un grand nombre de lettres adressées par ma mère à mon père et à ses proches. Faute d'autres moyens pour obtenir des informations, je passerai la matinée à parcourir la correspondance de ma mère avec M. Fairlie. Il adorait Londres, et il n'était jamais à sa maison de campagne ; et elle avait l'habitude, dans ces occasions, de lui écrire et de lui raconter comment les choses se déroulaient à Limmeridge. Ses lettres sont remplies d'anecdotes se rapportant à l'école pour laquelle elle avait un si vif intérêt ; et je pense qu'il y a de grandes chances que j'aurai pu réussir à découvrir quelque chose lorsque nous nous reverrons. Nous déjeunons à deux heures, M. Hartright Avant de ça, j'aurai vous introduit à ma sœur, et nous passerons l’après-midi en nous baladent dans le voisinage, et en vous montrant tous nos points de vue favoris. Alors, jusqu'à deux heures, adieu.
Elle inclina sa tête avec cette grâce vive, cette délicatesse raffinée de connaissance, qui caractérisa tout ce qu'elle faisait et disait, et elle disparut par une porte à l’extrémité inférieure de la pièce. Dès qu'elle m'avait quitté, je tourna vers la salle et suivis le serviteur pour entrer, pour la première fois, la présence de M. Fairlie.
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Chapter V. "She has escaped from my Asylum!
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What had I done?
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Before many hours elapsed it would be necessary to start on my journey to Cumberland.
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Had the forlorn creature come to any harm?
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That was my first thought, though I shrank selfishly from confronting it.
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Other thoughts followed, on which it was less harrowing to dwell.
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Where had she stopped the cab?
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What had become of her now?
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Had she been traced and captured by the men in the chaise?
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As a misfortune to begin with, our engine broke down between Lancaster and Carlisle.
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The driver was evidently discomposed by the lateness of my arrival.
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We drove away slowly through the darkness in perfect silence.
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In a quarter of an hour I was ready to be taken up to my bedchamber.
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"What shall I see in my dreams to-night?"
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I thought to myself, as I put out the candle; "the woman in white?
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or the unknown inhabitants of this Cumberland mansion?"
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Chapter VI.
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A little before nine o'clock, I descended to the ground-floor of the house.
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She turned towards me immediately.
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She left the window—and I said to myself, The lady is dark.
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She moved forward a few steps—and I said to myself, The lady is young.
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The lady's complexion was almost swarthy, and the dark down on her upper lip was almost a moustache.
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"Mr.
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Hartright?"
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"We resigned all hope of you last night, and went to bed as usual.
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Shall we shake hands?
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I suppose we must come to it sooner or later—and why not sooner?
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These odd words of welcome were spoken in a clear, ringing, pleasant voice.
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"You will have to begin this morning by putting up with no other company at breakfast than mine.
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There is nobody else in the house but me.
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Two young ladies have been staying here, but they went away yesterday, in despair; and no wonder.
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How can you expect four women to dine together alone every day, and not quarrel?
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We are such fools, we can't entertain each other at table.
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Dear me, you look puzzled.
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Why?
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Are you wondering what you will have for breakfast?
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or are you surprised at my careless way of talking?
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She handed me my cup of tea, laughing gaily.
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Natural enough: I ought to have thought of it before.
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At any rate, I can set it right now.
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Suppose I begin with myself, so as to get done with that part of the subject as soon as possible?
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Except that we are both orphans, we are in every respect as unlike each other as possible.
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My father was a poor man, and Miss Fairlie's father was a rich man.
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I have got nothing, and she has a fortune.
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I am dark and ugly, and she is fair and pretty.
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What am I to tell you about Mr. Fairlie?
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Upon my honour, I hardly know.
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He is sure to send for you after breakfast, and you can study him for yourself.
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We all say it's on the nerves, and we none of us know what we mean when we say it.
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However, I advise you to humour his little peculiarities, when you see him to-day.
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unit 117
Admire his collection of coins, prints, and water-colour drawings, and you will win his heart.
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From breakfast to lunch, Mr. Fairlie's drawings will occupy you.
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Drawing is her favourite whim, mind, not mine.
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Women can't draw—their minds are too flighty, and their eyes are too inattentive.
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As for the evenings, I think we can help you through them.
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Miss Fairlie plays delightfully.
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What do you think of the programme?
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Can you reconcile yourself to our quiet, regular life?
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"You don't say so, Mr. Hartright!
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May I hear it?
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"You have a claim to hear it.
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"Mentioned my mother's name!
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You interest me indescribably.
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Pray go on.
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Her face expressed vivid interest and astonishment, but nothing more.
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unit 144
She was evidently as far from knowing of any clue to the mystery as I was myself.
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"Are you quite sure of those words referring to my mother?"
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she asked.
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"Quite sure," I replied.
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"You said, I think, that she denied belonging to this place?
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"Yes, she told me she came from Hampshire.
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"And you entirely failed to find out her name?
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"Entirely.
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"Very strange.
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But I wish you had been a little more resolute about finding out her name.
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We must really clear up this mystery, in some way.
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You had better not speak of it yet to Mr. Fairlie, or to my sister.
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The only other alternative I can think of——.
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"Wait in the hall," said Miss Halcombe, answering the servant for me, in her quick, ready way.
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"Mr. Hartright will come out directly.
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The luncheon hour is two, Mr. Hartright.
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Till two o'clock, then, farewell.
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Pour plus d'informations:
http://www.gutenberg.org/files/583/583-h/583-h.htm

The Woman in White by Wilkie Collins

CONTENTS
First Epoch

THE STORY BEGUN BY WALTER HARTRIGHT

THE STORY CONTINUED BY VINCENT GILMORE

THE STORY CONTINUED BY MARIAN HALCOMBE

Second Epoch

THE STORY CONTINUED BY MARIAN HALCOMBE.

THE STORY CONTINUED BY FREDERICK FAIRLIE, ESQ.

THE STORY CONTINUED BY ELIZA MICHELSON

THE STORY CONTINUED IN SEVERAL NARRATIVES
1. THE NARRATIVE OF HESTER PINHORN

2. THE NARRATIVE OF THE DOCTOR

3. THE NARRATIVE OF JANE GOULD

4. THE NARRATIVE OF THE TOMBSTONE

5. THE NARRATIVE OF WALTER HARTRIGHT

Third Epoch

THE STORY CONTINUED BY WALTER HARTRIGHT

THE STORY CONTINUED BY MRS. CATHERICK

THE STORY CONTINUED BY WALTER HARTRIGHT

THE STORY CONTINUED BY ISIDOR, OTTAVIO, BALDASSARE FOSCO

THE STORY CONCLUDED BY WALTER HARTRIGHT

by francevw 5 months ago

Chapter V.
"She has escaped from my Asylum!
I cannot say with truth that the terrible inference which those words suggested flashed upon me like a new revelation. Some of the strange questions put to me by the woman in white, after my ill-considered promise to leave her free to act as she pleased, had suggested the conclusion either that she was naturally flighty and unsettled, or that some recent shock of terror had disturbed the balance of her faculties. But the idea of absolute insanity which we all associate with the very name of an Asylum, had, I can honestly declare, never occurred to me, in connection with her. I had seen nothing, in her language or her actions, to justify it at the time; and even with the new light thrown on her by the words which the stranger had addressed to the policeman, I could see nothing to justify it now.
What had I done? Assisted the victim of the most horrible of all false imprisonments to escape; or cast loose on the wide world of London an unfortunate creature, whose actions it was my duty, and every man's duty, mercifully to control? I turned sick at heart when the question occurred to me, and when I felt self-reproachfully that it was asked too late.
In the disturbed state of my mind, it was useless to think of going to bed, when I at last got back to my chambers in Clement's Inn. Before many hours elapsed it would be necessary to start on my journey to Cumberland. I sat down and tried, first to sketch, then to read—but the woman in white got between me and my pencil, between me and my book. Had the forlorn creature come to any harm? That was my first thought, though I shrank selfishly from confronting it. Other thoughts followed, on which it was less harrowing to dwell. Where had she stopped the cab? What had become of her now? Had she been traced and captured by the men in the chaise? Or was she still capable of controlling her own actions; and were we two following our widely parted roads towards one point in the mysterious future, at which we were to meet once more?
It was a relief when the hour came to lock my door, to bid farewell to London pursuits, London pupils, and London friends, and to be in movement again towards new interests and a new life. Even the bustle and confusion at the railway terminus, so wearisome and bewildering at other times, roused me and did me good.

My travelling instructions directed me to go to Carlisle, and then to diverge by a branch railway which ran in the direction of the coast. As a misfortune to begin with, our engine broke down between Lancaster and Carlisle. The delay occasioned by this accident caused me to be too late for the branch train, by which I was to have gone on immediately. I had to wait some hours; and when a later train finally deposited me at the nearest station to Limmeridge House, it was past ten, and the night was so dark that I could hardly see my way to the pony-chaise which Mr. Fairlie had ordered to be in waiting for me.
The driver was evidently discomposed by the lateness of my arrival. He was in that state of highly respectful sulkiness which is peculiar to English servants. We drove away slowly through the darkness in perfect silence. The roads were bad, and the dense obscurity of the night increased the difficulty of getting over the ground quickly. It was, by my watch, nearly an hour and a half from the time of our leaving the station before I heard the sound of the sea in the distance, and the crunch of our wheels on a smooth gravel drive. We had passed one gate before entering the drive, and we passed another before we drew up at the house. I was received by a solemn man-servant out of livery, was informed that the family had retired for the night, and was then led into a large and lofty room where my supper was awaiting me, in a forlorn manner, at one extremity of a lonesome mahogany wilderness of dining-table.
I was too tired and out of spirits to eat or drink much, especially with the solemn servant waiting on me as elaborately as if a small dinner party had arrived at the house instead of a solitary man. In a quarter of an hour I was ready to be taken up to my bedchamber. The solemn servant conducted me into a prettily furnished room—said, "Breakfast at nine o'clock, sir"—looked all round him to see that everything was in its proper place, and noiselessly withdrew.
"What shall I see in my dreams to-night?" I thought to myself, as I put out the candle; "the woman in white? or the unknown inhabitants of this Cumberland mansion?" It was a strange sensation to be sleeping in the house, like a friend of the family, and yet not to know one of the inmates, even by sight!

Chapter VI.
When I rose the next morning and drew up my blind, the sea opened before me joyously under the broad August sunlight, and the distant coast of Scotland fringed the horizon with its lines of melting blue.
The view was such a surprise, and such a change to me, after my weary London experience of brick and mortar landscape, that I seemed to burst into a new life and a new set of thoughts the moment I looked at it. A confused sensation of having suddenly lost my familiarity with the past, without acquiring any additional clearness of idea in reference to the present or the future, took possession of my mind. Circumstances that were but a few days old faded back in my memory, as if they had happened months and months since. Pesca's quaint announcement of the means by which he had procured me my present employment; the farewell evening I had passed with my mother and sister; even my mysterious adventure on the way home from Hampstead—had all become like events which might have occurred at some former epoch of my existence. Although the woman in white was still in my mind, the image of her seemed to have grown dull and faint already.
A little before nine o'clock, I descended to the ground-floor of the house. The solemn man-servant of the night before met me wandering among the passages, and compassionately showed me the way to the breakfast-room.
My first glance round me, as the man opened the door, disclosed a well-furnished breakfast-table, standing in the middle of a long room, with many windows in it. I looked from the table to the window farthest from me, and saw a lady standing at it, with her back turned towards me. The instant my eyes rested on her, I was struck by the rare beauty of her form, and by the unaffected grace of her attitude. Her figure was tall, yet not too tall; comely and well-developed, yet not fat; her head set on her shoulders with an easy, pliant firmness; her waist, perfection in the eyes of a man, for it occupied its natural place, it filled out its natural circle, it was visibly and delightfully undeformed by stays. She had not heard my entrance into the room; and I allowed myself the luxury of admiring her for a few moments, before I moved one of the chairs near me, as the least embarrassing means of attracting her attention. She turned towards me immediately. The easy elegance of every movement of her limbs and body as soon as she began to advance from the far end of the room, set me in a flutter of expectation to see her face clearly. She left the window—and I said to myself, The lady is dark. She moved forward a few steps—and I said to myself, The lady is young. She approached nearer—and I said to myself (with a sense of surprise which words fail me to express), The lady is ugly!
Never was the old conventional maxim, that Nature cannot err, more flatly contradicted—never was the fair promise of a lovely figure more strangely and startlingly belied by the face and head that crowned it. The lady's complexion was almost swarthy, and the dark down on her upper lip was almost a moustache. She had a large, firm, masculine mouth and jaw; prominent, piercing, resolute brown eyes; and thick, coal-black hair, growing unusually low down on her forehead. Her expression—bright, frank, and intelligent—appeared, while she was silent, to be altogether wanting in those feminine attractions of gentleness and pliability, without which the beauty of the handsomest woman alive is beauty incomplete. To see such a face as this set on shoulders that a sculptor would have longed to model—to be charmed by the modest graces of action through which the symmetrical limbs betrayed their beauty when they moved, and then to be almost repelled by the masculine form and masculine look of the features in which the perfectly shaped figure ended—was to feel a sensation oddly akin to the helpless discomfort familiar to us all in sleep, when we recognise yet cannot reconcile the anomalies and contradictions of a dream.
"Mr. Hartright?" said the lady interrogatively, her dark face lighting up with a smile, and softening and growing womanly the moment she began to speak. "We resigned all hope of you last night, and went to bed as usual. Accept my apologies for our apparent want of attention; and allow me to introduce myself as one of your pupils. Shall we shake hands? I suppose we must come to it sooner or later—and why not sooner?
These odd words of welcome were spoken in a clear, ringing, pleasant voice. The offered hand—rather large, but beautifully formed—was given to me with the easy, unaffected self-reliance of a highly-bred woman. We sat down together at the breakfast-table in as cordial and customary a manner as if we had known each other for years, and had met at Limmeridge House to talk over old times by previous appointment.
"I hope you come here good-humouredly determined to make the best of your position," continued the lady. "You will have to begin this morning by putting up with no other company at breakfast than mine. My sister is in her own room, nursing that essentially feminine malady, a slight headache; and her old governess, Mrs. Vesey, is charitably attending on her with restorative tea. My uncle, Mr. Fairlie, never joins us at any of our meals: he is an invalid, and keeps bachelor state in his own apartments. There is nobody else in the house but me. Two young ladies have been staying here, but they went away yesterday, in despair; and no wonder. All through their visit (in consequence of Mr. Fairlie's invalid condition) we produced no such convenience in the house as a flirtable, danceable, small-talkable creature of the male sex; and the consequence was, we did nothing but quarrel, especially at dinner-time. How can you expect four women to dine together alone every day, and not quarrel? We are such fools, we can't entertain each other at table. You see I don't think much of my own sex, Mr. Hartright—which will you have, tea or coffee?—no woman does think much of her own sex, although few of them confess it as freely as I do. Dear me, you look puzzled. Why? Are you wondering what you will have for breakfast? or are you surprised at my careless way of talking? In the first case, I advise you, as a friend, to have nothing to do with that cold ham at your elbow, and to wait till the omelette comes in. In the second case, I will give you some tea to compose your spirits, and do all a woman can (which is very little, by-the-bye) to hold my tongue.
She handed me my cup of tea, laughing gaily. Her light flow of talk, and her lively familiarity of manner with a total stranger, were accompanied by an unaffected naturalness and an easy inborn confidence in herself and her position, which would have secured her the respect of the most audacious man breathing. While it was impossible to be formal and reserved in her company, it was more than impossible to take the faintest vestige of a liberty with her, even in thought. I felt this instinctively, even while I caught the infection of her own bright gaiety of spirits—even while I did my best to answer her in her own frank, lively way.
"Yes, yes," she said, when I had suggested the only explanation I could offer, to account for my perplexed looks, "I understand. You are such a perfect stranger in the house, that you are puzzled by my familiar references to the worthy inhabitants. Natural enough: I ought to have thought of it before. At any rate, I can set it right now. Suppose I begin with myself, so as to get done with that part of the subject as soon as possible? My name is Marian Halcombe; and I am as inaccurate as women usually are, in calling Mr. Fairlie my uncle, and Miss Fairlie my sister. My mother was twice married: the first time to Mr. Halcombe, my father; the second time to Mr. Fairlie, my half-sister's father. Except that we are both orphans, we are in every respect as unlike each other as possible. My father was a poor man, and Miss Fairlie's father was a rich man. I have got nothing, and she has a fortune. I am dark and ugly, and she is fair and pretty. Everybody thinks me crabbed and odd (with perfect justice); and everybody thinks her sweet-tempered and charming (with more justice still). In short, she is an angel; and I am—— Try some of that marmalade, Mr. Hartright, and finish the sentence, in the name of female propriety, for yourself. What am I to tell you about Mr. Fairlie? Upon my honour, I hardly know. He is sure to send for you after breakfast, and you can study him for yourself. In the meantime, I may inform you, first, that he is the late Mr. Fairlie's younger brother; secondly, that he is a single man; and thirdly, that he is Miss Fairlie's guardian. I won't live without her, and she can't live without me; and that is how I come to be at Limmeridge House. My sister and I are honestly fond of each other; which, you will say, is perfectly unaccountable, under the circumstances, and I quite agree with you—but so it is. You must please both of us, Mr. Hartright, or please neither of us: and, what is still more trying, you will be thrown entirely upon our society. Mrs. Vesey is an excellent person, who possesses all the cardinal virtues, and counts for nothing; and Mr. Fairlie is too great an invalid to be a companion for anybody. I don't know what is the matter with him, and the doctors don't know what is the matter with him, and he doesn't know himself what is the matter with him. We all say it's on the nerves, and we none of us know what we mean when we say it. However, I advise you to humour his little peculiarities, when you see him to-day. Admire his collection of coins, prints, and water-colour drawings, and you will win his heart. Upon my word, if you can be contented with a quiet country life, I don't see why you should not get on very well here. From breakfast to lunch, Mr. Fairlie's drawings will occupy you. After lunch, Miss Fairlie and I shoulder our sketch-books, and go out to misrepresent Nature, under your directions. Drawing is her favourite whim, mind, not mine. Women can't draw—their minds are too flighty, and their eyes are too inattentive. No matter—my sister likes it; so I waste paint and spoil paper, for her sake, as composedly as any woman in England. As for the evenings, I think we can help you through them. Miss Fairlie plays delightfully. For my own poor part, I don't know one note of music from the other; but I can match you at chess, backgammon, ecarte, and (with the inevitable female drawbacks) even at billiards as well. What do you think of the programme? Can you reconcile yourself to our quiet, regular life? or do you mean to be restless, and secretly thirst for change and adventure, in the humdrum atmosphere of Limmeridge House?
She had run on thus far, in her gracefully bantering way, with no other interruptions on my part than the unimportant replies which politeness required of me. The turn of the expression, however, in her last question, or rather the one chance word, "adventure," lightly as it fell from her lips, recalled my thoughts to my meeting with the woman in white, and urged me to discover the connection which the stranger's own reference to Mrs. Fairlie informed me must once have existed between the nameless fugitive from the Asylum, and the former mistress of Limmeridge House.
"Even if I were the most restless of mankind," I said, "I should be in no danger of thirsting after adventures for some time to come. The very night before I arrived at this house, I met with an adventure; and the wonder and excitement of it, I can assure you, Miss Halcombe, will last me for the whole term of my stay in Cumberland, if not for a much longer period.
"You don't say so, Mr. Hartright! May I hear it?
"You have a claim to hear it. The chief person in the adventure was a total stranger to me, and may perhaps be a total stranger to you; but she certainly mentioned the name of the late Mrs. Fairlie in terms of the sincerest gratitude and regard.
"Mentioned my mother's name! You interest me indescribably. Pray go on.
I at once related the circumstances under which I had met the woman in white, exactly as they had occurred; and I repeated what she had said to me about Mrs. Fairlie and Limmeridge House, word for word.
Miss Halcombe's bright resolute eyes looked eagerly into mine, from the beginning of the narrative to the end. Her face expressed vivid interest and astonishment, but nothing more. She was evidently as far from knowing of any clue to the mystery as I was myself.
"Are you quite sure of those words referring to my mother?" she asked.
"Quite sure," I replied. "Whoever she may be, the woman was once at school in the village of Limmeridge, was treated with especial kindness by Mrs. Fairlie, and, in grateful remembrance of that kindness, feels an affectionate interest in all surviving members of the family. She knew that Mrs. Fairlie and her husband were both dead; and she spoke of Miss Fairlie as if they had known each other when they were children.
"You said, I think, that she denied belonging to this place?
"Yes, she told me she came from Hampshire.
"And you entirely failed to find out her name?
"Entirely.
"Very strange. I think you were quite justified, Mr. Hartright, in giving the poor creature her liberty, for she seems to have done nothing in your presence to show herself unfit to enjoy it. But I wish you had been a little more resolute about finding out her name. We must really clear up this mystery, in some way. You had better not speak of it yet to Mr. Fairlie, or to my sister. They are both of them, I am certain, quite as ignorant of who the woman is, and of what her past history in connection with us can be, as I am myself. But they are also, in widely different ways, rather nervous and sensitive; and you would only fidget one and alarm the other to no purpose. As for myself, I am all aflame with curiosity, and I devote my whole energies to the business of discovery from this moment. When my mother came here, after her second marriage, she certainly established the village school just as it exists at the present time. But the old teachers are all dead, or gone elsewhere; and no enlightenment is to be hoped for from that quarter. The only other alternative I can think of——.
At this point we were interrupted by the entrance of the servant, with a message from Mr. Fairlie, intimating that he would be glad to see me, as soon as I had done breakfast.
"Wait in the hall," said Miss Halcombe, answering the servant for me, in her quick, ready way. "Mr. Hartright will come out directly. I was about to say," she went on, addressing me again, "that my sister and I have a large collection of my mother's letters, addressed to my father and to hers. In the absence of any other means of getting information, I will pass the morning in looking over my mother's correspondence with Mr. Fairlie. He was fond of London, and was constantly away from his country home; and she was accustomed, at such times, to write and report to him how things went on at Limmeridge. Her letters are full of references to the school in which she took so strong an interest; and I think it more than likely that I may have discovered something when we meet again. The luncheon hour is two, Mr. Hartright. I shall have the pleasure of introducing you to my sister by that time, and we will occupy the afternoon in driving round the neighbourhood and showing you all our pet points of view. Till two o'clock, then, farewell.
She nodded to me with the lively grace, the delightful refinement of familiarity, which characterised all that she did and all that she said; and disappeared by a door at the lower end of the room. As soon as she had left me, I turned my steps towards the hall, and followed the servant, on my way, for the first time, to the presence of Mr. Fairlie.