en-fr  The cost of changing an entire Country’s alphabet
Le coût du changement de tout l'alphabet d'un pays.

La nation d'Asie centrale du Kazahstan est en train de changer son alphabet d'écriture cyrillique pour un style basé sur le latin privilégié à l'ouest. Quelles sont les conséquences économiques d'un tel changement ?

Par Dene-Hern Chen, BBC News, le 25 avril 2018.

Le changement, annoncé par un mardi matin venteux de mi-février, était petit mais important, et il suscitait une grande réponse.

— Celle-ci est magnifique, s'écria Asset Kaipiyev avec étonnement. Le cofondateur d'un petit restaurant d'Astana, la capitale du Kazakhstan, Kaipiyev à qui l'on venait juste de montrer la dernière version du nouvel alphabet, approuvé par le président Nursultan Nazarbayev plus tôt dans la journée.

Le gouvernement a signé, en octobre, pour un nouvel alphabet, basé sur l'écriture latine à la place de celle en cyrillique d'usage habituel au Kazakhstan. Mais il a fait face à des critiques véhémentes de la part de la population, une occasion rare dans ce pays soit-disant démocratique, dirigé par la poigne de fer de Nazarbayev depuis presque trois décennies.

Dans cette première version du nouvel alphabet, des apostrophes étaient utilisées pour souligner les sons spécifiques à la langue kazakh, encourageant les critiques à l'appeler "horrible".

La deuxième variante, que Kaipiyev aimait mieux, fait usage d'accents aigus au-dessus des lettres nouvelles. Ainsi, par exemple, la République du Kazakhstan, qui aurait été dans la première version Qazaqstan Respy'bli'kasy, est à présent Qazaqstan Respýblikasy, éliminant les apostrophes.

— C'est plus joli que la variante précédente, dit Kaipiyev. Je n'aime pas l'ancienne version car l'apostrophe ressemble à un têtard. Par la suite, il s'en est rendu compte. Son restaurant, qui a ouvert en décembre, s'appelle Sa'biz, écrit en utilisant la première version de l'alphabet. Tout son matériel promotionnel, les étiquettes sur les porte-serviettes et les menus et même l'enseigne massive à l'extérieur du bâtiment ont du être remplacées.

Dans sa tentative d'aller de l'avant en lançant le nouvel alphabet, Kaipiyev n'avait pas prédit que le gouvernement le réviserait. Il pense qu'il en coûtera environ 3000 $ pour changer l'orthographe du nom sur tout à la nouvelle version, Sábiz.

Ce que Kaipiyev et d'autres propriétaires de petites entreprises traversent se produira à plus grande échelle alors que le gouvernement vise à faire une transition complète vers le scénario basé sur le latin d'ici 2025. C'est un objectif ambitieux dans un pays où la majorité de la population parle plus couramment le russe que le kazakh.

La langue maternelle.
Selon le recensement de 2016, les Kazakhs représentent environ les deux tiers de la population, alors que les Russes ethniques représentent environ 20%. Mais des années sous la domination soviétique signifient que le russe est parlé par presque tout le monde dans le pays - environ 94% des plus de 18 millions de citoyens le parlent couramment. L'aisance du kazakh est à la deuxième place, avec 74%.

La fréquence d'utilisation dépend de l'environnement. Dans les provinces du nord et les centres-villes influencés par la Russie, comme Almaty et la capitale Astana, le russe est utilisé à la fois dans la rue et dans les bureaux de l'Etat. Mais dans le sud et l'ouest, le kazakh est plus régulièrement utilisé.

Le fait que la langue kazakhe est actuellement écrite en cyrillique — et l'utilisation persistante du russe dans les cercles d'élite — est un héritage de la domination de l'Union soviétique, que certains de ses pays voisins ont cherché à combler après l'effondrement de l'Union en 1991. L'Azerbaïdjan, par exemple, a commencé à introduire des manuels en caractères latins l'année suivante, tandis que le Turkménistan a emboîté le pas en 1993. Le Kazakhstan fait la transition presque trois décennies plus tard, dans un environnement économique différent qui rend les coûts difficiles à prévoir.

Le coût du changement.

À ce jour, les medias officiels ont rapporté que le budget total du gouvernement pour une transition sur sept ans, qui a été divisée en trois étapes, se monterait environ à 218 milliards de tenge ( 664 millions de dollars). Environ 90% de ce montant est destiné aux programmes d'éducation et à la publication de manuels scolaires dans la nouvelle écriture en latin, y compris pour les classes littéraires.

Selon les informations des médias officiels, le gouvernement a alloué environ 300 illion de tenge (922 000 $) pour chaque année 2018 et 2019 ; cet argent ira directement à l'éducation dans les écoles primaires et secondaires, dit Eldar Madumarov, économiste et professeur à l'université KIMEP à Almaty.

En attendant, la traduction des outils pédagogiques et des manuels scolaires commencera cette année, selon les médias officiels, pendant que les professeurs au niveau national, débuteront l'enseignement du nouvel alphabet en 2020 aux étudiants des écoles maternelles et élémentaires, ajoutant un niveau chaque année jusqu'en 2025, lorsque tous les niveaux de la maternelle aux classes terminales auront fait la transition.

Il y a également un budget pour développer un programme de convertisseur de langage pour recoder l'écriture cyrillique en latin dans le troisième trimestre de 2018 (environ 166 000 $), améliorant les compétences des enseignants de l'école secondaire (33,2 millions $), et en recrutant des blogueurs influents pour faire avancer une campagne de sensibilisation lors de l'étape finale de la transition début 2024 (1,4 million $).

Mais sans une répartition claire fournie par le gouvernement, de nombreux économistes ont eu du mal à évaluer correctement le coût direct de cette entreprise énorme. (Les ministères des Affaires Étrangères, de l'Éducation et de la Culture n'ont pas répondu aux demandes de commentaires et de clarification).

Des coûts dissimulés.

Les informations parcellaires sur la manière dont se passera la transition, ont fait qu'un économiste s'est inquiété au sujet de coûts imprévus.

— Si cette réforme n'est pas correctement exécutée, le risque est important que les personnes hautement qualifiées de la majorité parlant le russe, ce qui inclue également des kazakhs, pourraient envisager d'émigration, dit Madumarov. Le risque peut être que certaines de leurs opportunités seraient réduites. Fin février, l'étendue du problème était exposée lorsque Nazarbayev, qui est complètement bilingue, ordonna que toutes les réunions de cabinet soit tenues en kazakh. Puisque le russe est depuis longtemps la langue commune des affaires d'état, la maîtrise du russe des gouvernements officiels surpasse souvent le kazakh. Une réunion fut diffusée sur la TV et elle montrait des officiels ayant eux-mêmes du mal à s'exprimer. Certains optant même pour porter des écouteurs audio de traduction.

Personnages bureaucratiques.

C'est aussi le coût du changement de langage dans les affaires publiques. Papiers d'identité, passeports, lois et réglementations écrites, tous les documents de travail dont ont besoin les gouvernements pour leur fonctionnement devront être traduits. Tandis que ceci devrait, d'après certaines informations, faire partie de la seconde et dernière étape de la transition, le montant de cette dépense n'a pas été évalué, dit Kassymkhan Kapparov, directeur du Bureau de recherche économique du Kazakhstan basé à Almaty.

Pour les choses comme les passeport et les pièces d'identité, il y a déjà un prix fixé pour le renouvellement. Ainsi la seule chose qui va changer sont les lettres qui seront modifiées dans le logiciel, dit Kapparov, ajoutant qu'un nouveau passeport coûte environ 60$ alors qu'une carte d'identité coûte autour de 1,50$. Le gouvernement a laissé un blanc. Je pense que la logique voudrait que cela ne coûte rien. Mais il reste plus curieux de la troisième étape, qui, d'après certaines informations, commence en 2024 et comprend la traduction des documents des affaires interieures avec les corps d'état centraux et locaux, tandis que les médias officiels auront aussi besoin d'appliquer le nouvel alphabet.

« Pour que les médias de l'État utilisent le nouvel alphabet, il faut d'abord former les gens, ensuite il faut changer toute l'infrastructure informatique pour intégrer ce script. Et puis vous devez changer toutes les planches [les panneaux], les en-têtes, les timbres et les signes », dit-il « Pour ce faire, ils n'ont pas fourni l'évaluation [...] et à mon avis, cela se situerait entre 15 et 30 millions [dollars] ». Ce chiffre ne concerne que le secteur public. "Pour le secteur privé, bien sûr, ils devraient le faire eux-mêmes. Cela pourrait être le double, cela pourrait être dix fois plus », dit Kapparov. « Cela dépend avec quelle vitesse le gouvernement le fait, auraient-ils ont besoin le changer en une seule année? C'est possible. Avec notre gouvernement, on ne sait jamais. » Kapparov s'inquiète aussi que les gens, en particulier la génération plus âgée, auraient du mal à lire et écrire dans le nouveau script latin, donc les communications dans le secteur public peuvent être en plusieurs langues à la fois.

« Vous pouvez appeler cela le fardeau de la langue, parce que quand vous écrivez une lettre dans le secteur public, vous devez l'écrire en russe, en kazakh, et en kazakh dans le nouveau script ... et pour cela vous devrez employer des traducteurs, » il dit. « Cela crée des coûts supplémentaires et des inefficacités supplémentaires et bien sûr le gouvernement ne le montre pas dans son budget. Mais cela créera un fardeau supplémentaire pour le gouvernement. » Mais en ce qui concerne les coûts directs, Kapparov est confiant que ses estimations — qu'il a faites en 2007 après la première étude de faisabilité a été publiée en janvier de cette année lorsque les informations budgétaires ont commencé à couler via les médias d'Etat — ne seraient pas plus de 1 milliard de dollars pour toute la transition.

Mais le directeur du Centre de recherche macroéconomique du Kazakhstan, Olzhas Khudaibergenov, estime que toute la transition coûtera beaucoup moins cher que l'estimation de Kapparov. Il pense que tous les coûts des documents papier seront simplement intégrés dans le budget habituel du gouvernement. « Les dépenses réelles seront seulement pour les programmes d'information et d'explication pour soutenir la transition.

« J'estime que le budget annuel ne dépassera pas deux à trois milliards de tenge [entre 6,1 et 9,2 millions de dollars] entre 2018 et 2025. » Des retombées économiques?

Kapparov dit que cette transition de l'alphabet est « difficile à vendre » pour le gouvernement, et qu'il n'y aura pas de retour direct sur l'investissement.

Plutôt, il « devrait être considéré comme plus d'un programme de développement social et culturel du gouvernement », dit-il.

Khudaibergenov est d'accord. « C'est plus une question d'identité nationale que nous essayons de trouver et nous sommes prêts à payer pour cela. » Le professeur de l'Université KIMEP, Madumarov, pense que l'économie pourrait être ralentie par les ramifications politiques du changement de langue. « C'est plus une question d'identité nationale que nous essayons de trouver et nous sommes prêts à payer pour cela. » Le professeur de l'Université KIMEP, Madumarov, pense que l'économie pourrait être ralentie par les ramifications politiques du changement de langue.

Actuellement, jusqu'à 10% du flux commercial actuel entre la Russie, le Kazakhstan et l'Ukraine peut s'expliquer par la commodité d'une langue commune qui, d'une certaine manière, se traduit par une culture et une mentalité partagées, dit Madumarov. Cela signifie également que les Kazakhs russophones ont plus de mobilité économique entre les pays. Entre-temps, l'Azerbaïdjan et la Géorgie, des pays qui ne parlent pas aussi bien le russe, ont des liens commerciaux plus faibles.
Inversement, il dit que les avantages d'avoir un alphabet de latin-manuscrit signifie être mieux intégré avec la plupart du monde occidental. A titre d'exemple, la Turquie, qui a opté pour un alphabet latin à partir de son ancien alphabet arabe en 1928, a réussi à former des alliances avec l'Union européenne et était en négociation – jusqu'à récemment, quand le gouvernement se dirigeait vers une direction plus autocratique – être membre.

La Turquie a longtemps été utilisée comme un exemple de la façon dont la modernisation de la langue et des systèmes juridiques a conduit à sa position actuelle de puissance économique, affirme Barbara Kellner-Heinkele, experte berlinoise des langues turques et de l'histoire turque. Mais elle dit que ce progrès est dû davantage à l'alphabétisation croissante et à l'emprise ferme du Ataturk, fondateur de la république, sur tous les aspects de la société.

Le passage de la Turquie à un script latin en 1928 « a été fait en un rien de temps », mais à l'époque, peu de Turcs pouvaient lire et écrire: Ataturk avait besoin de gens instruits pour que son pays soit au même niveau que l'Europe et les Etats-Unis, « et part de la campagne d'éducation était le nouvel alphabet », dit-elle.

Une nation indépendante.

« La transition du Kazakhstan vise davantage à se démarquer de son passé soviétique que l'alphabétisation ou l'économie, » dit Kellner-Heinkele. « C'est un argument politique pour montrer qu'ils sont un Etat indépendant et qu'ils sont modernes et qu'ils sont une nation. » Fazylzhanova Muratkyzy, une linguiste qui a travaillé avec le gouvernement pour créer le nouvel alphabet, fait écho à cette évaluation, et dit de nombreux Kazakhs associent le script en cyrillique au contrôle soviétique.

Les jeunes, en particulier, accueillent le changement.

Sur la base des enquêtes menées par son institut linguistique au cours de la dernière décennie, Muratkyzy indique que 47% de la jeune génération – âgée de 18 à 25 ans – a soutenu le passage à un script basé sur le latin en 2007; ce nombre a grimpé à 80% en 2016.

<< C'est le choix du peuple, de la nation. Et avec ce nouvel alphabet, il est connecté à nos rêves et à notre avenir >>, dit-elle. << Cela montre que notre histoire indépendante commence enfin >>. Munalbayeva Daurenbekovna, chef de la bibliothèque académique nationale a organisé des cours ouverts pour les bibliothécaires et autres parties intéressées afin de les aider à s'habituer à l'écriture latine. Elle est optimiste que les jeunes n'auront pas de difficulté à apprendre le nouveau script.

<< Les enseignants devraient apprendre tous les jours pendant un mois Pour les enfants, cela ne prendrait que 10 leçons, car les enfants apprennent plus vite que les adultes. » Pour Kaipiyev, le propriétaire de Sa'biz, s'éloigner de l'alphabet cyrillique - aussi ennuyeux que cela puisse être pour lui en tant que propriétaire d'une petite entreprise - quelque chose qu'il soutient pleinement. << Nous voulons connecter avec l'Europe et l'Amérique, et avec d'autres pays étrangers. Cela nous aidera à tourner la page au chapitre suivant », dit-il.

Quant à changer son matériel de restaurant pour refléter la dernière version de l'alphabet ?

<< Je pense que je vais laisser la même chose pour l'instant, >> dit Kaipiyev, après un moment de réflexion. << Nous allons le changer quand les gens peuvent le lire. >> Rapports supplémentaires par Makhabbat Kozhabergenova. Recherche supplémentaire par Miriam Quick.

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The cost of changing an entire Country’s alphabet.
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What are the economics of such a change?
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By Dene-Hern Chen, BBC News, 25 April 2018.
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“This one is more beautiful!” Asset Kaipiyev exclaims in surprise.
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“It is more beautiful than the former variant,” says Kaipiyev.
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“I don’t like the old one because it looks like a tadpole.” Then it hit him.
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Mother tongue.
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Kazakh fluency is at second place, at 74%.
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Frequency of usage depends on the environment.
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But in the south and west, Kazakh is more regularly used.
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The cost of change.
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Hidden costs.
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One meeting was broadcast over TV, and it showed officials struggling to express themselves.
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Some even opted to wear translation headsets.
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Bureaucratic characters.
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There’s also the cost of changing the language of government affairs.
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“The government left it blank.
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“For the private sector, of course they would have to do it themselves.
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It could be double, it could be ten times,” Kapparov says.
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It’s possible.
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He thinks all paper documents costs will just be folded into the government’s usual budget.
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Khudaibergenov agrees.
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An independent nation.
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Young people, especially, are welcoming the change.
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“It is the choice of the people, of the nation.
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And with this new alphabet, it is connected to our dreams and our future,” she says.
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She is optimistic the that young people especially will have no trouble learning the new script.
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“Teachers would have to learn every day for one month.
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“We want to connect with Europe and America, and with other foreign countries.
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This will help us turn the page to the next chapter,” he says.
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As for changing his restaurant material to reflect the latest version of the alphabet?
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“I think I will leave it the same for now,” Kaipiyev says, after a moment’s consideration.
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Additional research by Miriam Quick.
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The cost of changing an entire Country’s alphabet.

The Central Asian nation of Kazakhstan is changing its alphabet from Cyrillic script to the Latin-based style favoured by the West. What are the economics of such a change?

By Dene-Hern Chen, BBC News, 25 April 2018.

The change, announced on a blustery Tuesday morning in mid-February, was small but significant – and it elicited a big response.

“This one is more beautiful!” Asset Kaipiyev exclaims in surprise. The co-founder of a small restaurant in Kazakhstan’s capital Astana, Kaipiyev had just been shown the latest version of the new alphabet, approved by President Nursultan Nazarbayev earlier in the day.

The government signed off on a new alphabet, based on a Latin script instead of Kazakhstan’s current use of Cyrillic, in October. But it has faced vocal criticism from the population – a rare occurrence in this nominally democratic country ruled by Nazarbayev’s iron fist for almost three decades.

In this first version of the new alphabet, apostrophes were used to depict sounds specific to the Kazakh tongue, prompting critics to call it “ugly”.

The second variation, which Kaipiyev liked better, makes use of acute accents above the extra letters. So, for example, the Republic of Kazakhstan, which would in the first version have been Qazaqstan Respy’bli’kasy, is now Qazaqstan Respýblıkasy, removing the apostrophes.

“It is more beautiful than the former variant,” says Kaipiyev. “I don’t like the old one because it looks like a tadpole.”
Then it hit him. His restaurant, which opened in December, is called Sa’biz –spelt using the first version of the alphabet. All his marketing materials, the labelling on napkin holders and menus, and even the massive sign outside the building will have to be replaced.

In his attempt to get ahead by launching in the new alphabet, Kaipiyev had not predicted that the government would revise it. He thinks it will cost about $3,000 to change the spelling of the name on everything to the new version, Sábiz.

What Kaipiyev and other small business owners are going through will be happening at a larger scale as the government aims to transition fully to the Latin-based script by 2025. It’s an ambitious goal in a nation where the majority of the population are more fluent in Russian than in Kazakh.

Mother tongue.
According to the 2016 census, ethnic Kazakhs make up about two-thirds of the population, while ethnic Russians are about 20%. But years under Soviet rule mean Russian is spoken by nearly everyone in country – roughly 94% of the more than 18 million citizens are fluent in it. Kazakh fluency is at second place, at 74%.

Frequency of usage depends on the environment. In the Russian-influenced northern provinces and city centres, like Almaty and the capital Astana, Russian is used both on the street and in state offices. But in the south and west, Kazakh is more regularly used.

That the Kazakh language is currently written in Cyrillic – and the persistent use of Russian in elite circles – is a legacy of the Soviet Union’s rule, one that some of its neighbouring countries sought to shed right after the union’s collapse in 1991. Azerbaijan, for example, started introducing textbooks in Latin script the next year, while Turkmenistan followed suit in 1993. Kazakhstan is making the transition almost three decades on, in a different economic environment that makes the costs hard to predict.

The cost of change.

So far, state media has reported that the government’s total budget for the seven-year transition – which has been divided into three stages – will amount to roughly 218 billion tenge ($664m). About 90% of that amount is going to education programmes the publication of textbooks for education programmes in the new Latin script, including for literature classes.

According to state news media, the government has allocated roughly 300 million tenge each ($922,000) for 2018 and 2019; this money will go towards education in primary and secondary schools, says Eldar Madumarov, an economist and professor at KIMEP University in Almaty.

Meanwhile, the translation of teaching kits and textbooks will begin this year, according to state media, while teachers nationwide will start teaching pre-school and first grade students the new alphabet in 2020, adding a grade each year until 2025, when all levels from pre-school to the final grade will have fully transitioned.

There is also budget for developing a language converter IT program to recode Cyrillic script into Latin in the third quarter of 2018 (approximately $166,000), improving the qualifications of secondary school teachers ($33.2m), and hiring influential bloggers to push forward an awareness campaign for the final stage of the transition, beginning in 2024 ($1.4 million).

But without a clear breakdown provided by the government, some economists have found it difficult to properly assess the direct costs of this massive undertaking. (The ministries of foreign affairs, education, and culture did not respond to requests for comment and clarification).

Hidden costs.

The piecemeal reporting of how the transition will happen makes one economist worried about the unexpected costs.

“If this reform is not properly implemented, the risks are high that highly qualified people from the Russian-speaking majority, which includes also ethnic Kazakhs, may want to consider emigration,” says Madumarov. “The risks may be that some of their opportunities would be cut.”

In late February, the extent of the issue was on display when Nazarbayev – who is comfortably bilingual – ordered that all cabinet meetings be held in Kazakh. Since Russian has long been the lingua franca of state affairs, government officials’ command of Russian often surpasses their Kazakh. One meeting was broadcast over TV, and it showed officials struggling to express themselves. Some even opted to wear translation headsets.

Bureaucratic characters.

There’s also the cost of changing the language of government affairs. IDs, passports, printed laws and regulations – all the paperwork that governments need in order to function will have to be translated. While this has been reportedly part of the second and final stage of the transition, there has been no listed amount for this expense, says Kassymkhan Kapparov, director of the Almaty-based Bureau for Economic Research of Kazakhstan.

For things like passports and IDs, there is already a fixed fee to renew, “so the only thing that would change is that the letters would just change in the software,” Kapparov says, adding that a new passport costs roughly $60 while an ID card is about $1.50. “The government left it blank. I think the logic is that it would not cost anything.”

But he remains most curious about the third stage, which reportedly begins in 2024 and includes the translation of internal business documents within the central and local state bodies, while state media would also need to implement the new alphabet.

“For the state’s own media to use the new alphabet, you have to train people first of all, then you have to change all the IT infrastructure to embed this script. And then you have to change all the planks [signboards] and the letterheads and stamps and signs,” he says. “For that, they didn’t provide the estimate… based on my estimates, it would be somewhere between 15 to 30 million [dollars].”

That number is only for the public sector, though. “For the private sector, of course they would have to do it themselves. It could be double, it could be ten times,” Kapparov says. “It depends on how hard the government goes about it, like would they require it to change in a single year? It’s possible. With our government, you never know.”

Kapparov also worries that people, especially the older generation, would struggle to read and write in the new Latin script, so communications within the public sector may have to be in several languages at once.

“You can call it the language burden, because when you write a letter inside the public sector, you would have to write it in Russian, in Kazakh, and in Kazakh in the new script… and for that you would need to employ translators,” he says. “This creates additional costs and additional inefficiencies and of course the government doesn’t show it in their budget. But it will create an additional burden on the government.”

When it comes to direct costs, Kapparov is confident that his estimates – which he did in 2007 after the first feasibility study came out and again in January of this year when budgetary information started trickling out via state media – would not be more than $1bn for the entire transition.

But the director of Kazakhstan’s Centre for Macroeconomic Research, Olzhas Khudaibergenov, believes the whole transition will cost far less than Kapparov’s estimate. He thinks all paper documents costs will just be folded into the government’s usual budget. “Real expenses will be only for informational and explanatory programmes to support the transition.

“I estimate that the annual budget will not exceed two to three billion tenge [$6.1m-$9.2m] within 2018 to 2025.”

Economic benefits?

Kapparov says this alphabet transition is “hard to sell” for the government, and there won’t be a direct return on investment.

Rather, it “should be seen as more of a social and cultural development programme of the government,” he says.

Khudaibergenov agrees. “It is more a question of national identity which we are trying to find and are ready to pay for that.”

KIMEP University professor Madumarov believes the economy could be slowed by political ramifications of the language change. While some have speculated that Nazarbayev’s decision to switch might signal cooling ties with Russia, the gradual shift to a Latin-script language could also weaken trade relations with post-Soviet countries.

Currently, up to 10% of the current trade flow between Russia, Kazakhstan and Ukraine can be explained by the convenience of a shared language, which in some ways translates to a shared culture and mentality, says Madumarov. This also means that Russian-speaking Kazakhs have more economic mobility between countries. Meanwhile, Azerbaijan and Georgia, nations that are not as fluent in Russian, have weaker trade links.
Inversely, he says that the benefits to having a Latin-script alphabet means being better integrated with most of the Western world. As an example, Turkey, which switched to a Latin-based alphabet from its former Arabic script in 1928, has managed to form alliances with the European Union and was in negotiations – up until recently, when the government moved towards a more autocratic direction – to be a member.

Turkey has long been used as an example of how modernisation of the language and legal systems led to its position today as an economic power, says Barbara Kellner-Heinkele, a Berlin-based expert in Turkic languages and Turkic history. But she says this progress is due more to growing literacy and republic founder Ataturk’s firm grip over every aspect of society.

Turkey’s 1928 switch to a Latin script “was done in no time”, but back then, few Turks could read and write: Ataturk needed educated people for his country to be on the same level as Europe and the US, “and part of the education drive was the new alphabet”, she says.

An independent nation.

Kazakhstan’s transition is more about setting itself apart from its Soviet past than literacy or economics, Kellner-Heinkele says. “It is a political argument to show that they are an independent state and they are modern and they are a nation.”

Fazylzhanova Muratkyzy, a linguist who worked with the government to create the new alphabet, echoes this assessment, and says many Kazakhs associate the Cyrillic-based script to Soviet control.

Young people, especially, are welcoming the change.

Based on surveys that her linguistic institute have conducted over the last decade, Muratkyzy says that 47% of the younger generation – aged 18 to 25 – supported a switch to a Latin-based script in 2007; that number jumped to 80% in 2016.

“It is the choice of the people, of the nation. And with this new alphabet, it is connected to our dreams and our future,” she says. “It shows that our independent history is finally beginning.”

Munalbayeva Daurenbekovna, head of the National Academic Library, has been holding open classes for librarians and other interested parties to help them get used to the Latin script. She is optimistic the that young people especially will have no trouble learning the new script.

“Teachers would have to learn every day for one month. For children, it would only take 10 lessons, because children learn faster than adults.”

For Kaipiyev, the owner of Sa’biz, moving away from the Cyrillic script – no matter how tedious it is for him as a small business owner – is something he fully supports. “We want to connect with Europe and America, and with other foreign countries. This will help us turn the page to the next chapter,” he says.

As for changing his restaurant material to reflect the latest version of the alphabet?

“I think I will leave it the same for now,” Kaipiyev says, after a moment’s consideration. “We will change it when the people can actually read it.”

Additional reporting by Makhabbat Kozhabergenova. Additional research by Miriam Quick.

http://www.bbc.com/capital/story/20180424-the-cost-of-changing-an-entire-countrys-alphabet?ocid=ww.social.link.email